jeudi 31 octobre 2013

Nick & the Wild Seeds

Grinderman "Grinderman" (2007)
ou "Rock en Cave"


C’est un peu un retour aux sources d’un rock  affreux, sale, méchant et sans compromis qui avait fait sa renommée à l’époque de Birthday Party ou des débuts de ses Bad Seeds… Entre temps, Nick Cave s’était calmé, presque embourgeoisé même si son exigence artistique était restée intacte. C’est donc avec un réel plaisir qu’on retrouve Mister Cave en mode « vraiment pas content ».

Pour se faire, il n’a pas bouleversé ses habitudes, recrutant 3 Bad Seeds pour l’accompagner dans ce nouveau projet. Si l’effet de surprise en est notablement diminué, c’est au bénéfice d’un esprit de corps qui, c’est un fait, est essentiel à l’exercice. A partir de là, on n’est pas surpris de retrouver Nick en forme olympique, crachant sa colère sur des chansons agressives et percutantes, pleines de distorsion et de larsens… Et de mélodies aussi. Forcément, il y a quelques moments plus soniquement pondérés dans les quarante minutes de ce premier Grinderman -  on citera, par exemple, le psychédélisant Electric Alice – et ces respirations (sous tension) sont d’ailleurs les bienvenues et participent à l’exceptionnelle dynamique d’un ensemble « rétro-primitif » et arty.

Evidemment, c’est une réussite même si ceux qui aiment Cave « baladin » en seront pour leurs frais. L’australien ici démontre que sa palette n’a pas tant changée que ça, elle s’est juste étendue… Pour le plus grand bonheur de tous ses fans.


1. Get It On 3:07
2. No Pussy Blues 4:20
3. Electric Alice 3:15
4. Grinderman 4:33
5. Depth Charge Ethel 3:47
6. Go Tell The Woman 3:24
7. (I Don't Need You To) Set Me Free 4:06
8. Honey Bee (Let's Fly to Mars) 3:18
9. Man In The Moon 2:10
10. When My Love Comes Down 3:32
11. Love Bomb 4:26


Nick Cave: chant, guitare, orgue, piano
Warren Ellis: guitare, mandoline, viola, violon, bouzouki, choeurs
Martyn Casey: basse, guitare, choeurs
Jim Sclavunos: batterie, percussions, chœurs


.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD080
 
Et puis...
 

Le jeu sans frontières revient enfin pour une septième saison que l'on espère riche en folie. Pour cette nouvelle édition, c'est Toorsch, tout seul et en toute humilité, qui a concocté les thèmes.
 
RDV du 18 au 30 Novembre 2013, sauf changement.
 
Pour plus d'infos et/ou pour s’inscrire, c'est ici! 

mercredi 30 octobre 2013

Vlam! Bang! Crash! Cockadoodledoo!

Guillaume Perret & the Electric Epic "Guillaume Perret & the Electric Epic" (2012)
ou "Jazz Creature"


Il y a des albums qui donnent des envies de cocoricos, l'opus inaugural de la jazzy et libre formation Guillaume Perret & the Electric Epic est de ceux-ci, indéniablement. On y retrouve un jeune trentenaire saxophoniste savoyard, le leader, accompagné d’une belle bande de pointures en devenir produire un jazz qu’on pourra aisément qualifier de moderne (il prospecte régulièrement en terres inconnues) et de fusion de part la large palette d’influences dans lequel il puise ses inspirations et son tempérament de feu.

Dès le premier morceau, l’explosif Kakoum, on comprend que ces oiseaux-ci ne plaisantent pas. Sur une rythmique tantôt groovy, tantôt plombée, un duo de solistes (Perret, évidemment avec son sax lyrique trafiqué à coup de pédales d’effets, et Médéric Collignon, invité de marque sur cinq des sept titres, à la voix hululante et au cornet milesien) habitent à merveille une composition devant autant à John Coltrane qu’à Weather Report ou Meshuggah, une hybridation jazzo-fusionno-metallante qu’on s’enfile avec joie, fait absolument mouche et augure d’un festin de tous les instants.
Et la suite ne déçoit pas ! Tout le contraire, en fait. Y apparaissent de nouveaux univers (un peu de world, un peu d’electro, un peu de prog, etc.) qui s’imbriquent idéalement dans cette musique audacieuse et accomplie, toujours trippante, où la mélodie n’est pas qu’un accessoire mais bien le centre d’un passionnant débat.

Bien balancé (car jamais bêtement avant-gardiste), impeccablement produit et mixé, forcément pourvu d’une interprétation exempte du moindre reproche, l’éponyme de Guillaume Perret & the Electric Epic est une merveilleuse surprise. De celles qu’on a absolument envie de partager avec le monde parce que, c’est sûr, on tient là un (déjà et futur) grand, tout simplement.


1. Kakoum 8:24
2. Légo 7:58
3. Ethiopic Vertigo 4:46
4. Circé 8:46
5. Chamo 5:42
6. Thème Pour Le Rivage Des Morts 12:34
7. Massacra 8:43


Guillaume Perret: saxophones, effets
Philippe Bussonnet: basse, effets
Jim Grandcamp: guitare, effets
Yoann Serra: batterie, samples
&
Médéric Collignon
: voix, cornet, effets (1, 3-6)
Sir Alice: voix (5)

.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD166

mardi 29 octobre 2013

Low & High

The Kinks "Low Budget" (1979)
ou "Ray can't do wrong"


Low Budget pourrait avoir, pour ceux peu aguerris au massif répertoire du groupe de Ray Davies, des allures de petit miracle. En l’occurrence, troisième d’une série d’albums forts recommandables de la fin des 70s (avec Sleepwalker et Misfits), c’est surtout la confirmation de la belle forme de Kinks sans doute redynamisés par l’explosion d’une scène punk finalement pas si éloignée des leurs préoccupations originelles.

Pas, cependant, qu’on puisse assimiler Low Budget à une quelconque récupération punk. Il y a bien quelques furieuses montées de sève (Attitude, par exemple, où Davies rivalise de hargne avec les Rotten et autres Strummer), mais, dans l’ensemble, c’est plus à un album de hard rock auquel nous avons affaire. Rock parce que ça riffe, ça bat la mesure avec énergie, ça chante comme si ça avait 15 ans… La patate quoi ! Hard parce que, c’est évident, ces guitares sont les plus tranchantes que les Kinks aient affichées depuis longtemps et ce ne sont pas les obligatoires petites bizarreries (l’excellent et proto-Talking Headsien National Health ou l’amusant disco rock ((Wish I Could Fly Like) Superman) qui viendront démentir la tendance à la fois « sévèrement burnée » quoique presque « Arena rockante », l’aérer plutôt, ce qui est admirablement bien vu, d’ailleurs.  Textuellement, comme à son habitude, Ray Davies a eu recours au concept et, cette fois, c’est le choc pétrolier et la crise qui s’en suivit qui l’ont inspiré, et inspiré, il l’est ce qui lui vaudra le plus gros succès étatsunien de sa carrière.

On n’ira pas jusqu’à dire que Low Budget égale les grands chefs d’œuvres passés du groupe (Face to Face, Something Else, Village Green ou Arthur… Leur catalogue n’en manque pas), ni même leur miraculeuse résurgence des early seventies (Muswell Hillbillies, album trop souvent oublié et pourtant fameux). Pas loin cependant. Solide, Inspiré, Low Budget, un album digne de la réputation de Ray Davies et ses Kinks, porte, qui plus est, admirablement bien ses 33 ans… Et toutes ses dents !


1. Attitude 3:47
2. Catch Me Now I'm Falling 5:58
3. Pressure 2:27
4. National Health 4:02
5. (Wish I Could Fly Like) Superman 3:36
6. Low Budget 3:50
7. In a Space 3:44
8. Little Bit of Emotion 4:51
9. A Gallon of Gas 2:45
10. Misery 2:57
11. Moving Pictures 3:47
Bonus
12. A Gallon of Gas (US Single Extended Edit) 3:52
13. Catch Me Now I'm Falling (Original Extended Edit) 6:49
14. (Wish I Could Fly Like) Superman (Disco Mix Extended Edit) 5:59


Ray Davies: guitare, claviers, chant
Dave Davies: guitare, choeurs
Jim Rodford: basse, choeurs
Mick Avory: batterie
Nick Newall: saxophone

.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD208

lundi 28 octobre 2013

Lou y est plus...

LOU REED
(1942-2013)
 
En attendant les lives, les compilations et autres albums posthumes qui ne manqueront pas d'envahir bientôt les rayonnages de "l'espace culturel" (je pouffe) de votre hyper, revenons sur les ultimes exactions d'un grand disparu dont on a pas fini de tresser les louanges : Lou Reed.

Et c'est donc avec Metallica que Lou commettra ses derniers méfaits pour un album au rapport amour/haine qui, finalement, résume bien la carrière chaotique du mec. Et voici donc Lulu et sa chronique d'époque (publiée chez Warf, il me semble).

R.I.P. Lou.
 
 
 
Lou Reed and Metallica "Lulu" (2011)
 
 
Si vous vous promenez sur la toile afin d'y lire les réactions à cette collaboration entre Lou Reed et Metallica, vous y trouverez deux camps :
- Celui des majoritaires qui aiment Metallica et ne comprennent simplement pas ce que les Four Horsemen ont été faire dans cette galère. Ceux-ci se trompent souvent considérant Lulu comme un album de Metallica, ce qu'il n'est pas.
- Celui des minoritaires qui aiment Lou Reed et trouvent que, à défaut d'être une complète réussite, il y a dans ce Lulu une fusion bienvenue entre la lourdeur métallique des 4 "jeunes" et l'avant-gardisme "arty" du vieux... Et suffisamment de fulgurances pour qu'on accepte de s'y perdre.
 
Sans doute la vérité sur ce double opus difficilement digeste (comprendre : qui demande un effort, une implication de l'auditeur) se trouve-t-elle quelque part au milieu et sans doute un peu plus du côté des minoritaires que des autres. Ceux-ci ont compris qu'il s'agit d'un album de Lou Reed accompagné par le plus gros groupe de metal de tous les temps: Metallica.
 
Pour tout dire, Lulu est nettement meilleur que ce que sa funeste (et ô combien anticipée) réputation ne l'eût laissé penser et attachant jusque dans ses approximations et longueurs avec, en particulier, un second cd particulièrement goûtu.
 
Et oui, Lou Reed y chante souvent mal... Quelle surprise ! A quelques rares exceptions (drivé par Bowie et Ronson par exemple), Lou a toujours mal chanté... C'est d'ailleurs ce qui fait son charme un peu comme pour un Shane MacGowan ou un Bob Dylan... Par contre il déclame très bien, et il déclame beaucoup ici.
 
A vous maintenant de voir si vous souhaitez vous faire une opinion sur cet OMNI (objet musical non identifié), je vous le conseille vivement... L'esprit grand ouvert bien sûr !
 
Additif octobre 2013 : A y revenir, l'album se tient encore mieux que dans mes souvenirs. Certes, il faut savoir s'y abandonner, ne pas chercher à "comprendre" mais, vraiment !, c'est l'improbable fusion de l'Art Rock New Yorkais le plus sans compromis et du Metal lourd le plus libre qui y est réussie... Ho, et puis zut, quoi !, Lulu rules, et puis c'est tout !
 
 
Cd 1
1. Brandenburg Gate 4:19
2. The View 5:17
3. Pumping Blood 7:24
4. Mistress Dread 6:51
5. Iced Honey 4:36
6. Cheat on Me 11:26
 
Cd 2
7. Frustration 8:34
8. Little Dog 8:01
9. Dragon 11:08
10. Junior Dad 19:29
 
 
Lou Reed – guitar, continuum, lead vocals
James Hetfield – rhythm guitar, additional vocals, lead guitar in "Junior Dad"
Lars Ulrich – drums
Kirk Hammett – lead guitar
Robert Trujillo – bass
&
Sarth Calhoun
– electronics
Jenny Scheinman – violin, viola, string arrangements
Gabe Witcher – violin
Megan Gould – violin
Ron Lawrence – viola
Marika Hughes – cello
Ulrich Maiss – cello on "Little Dog" and "Frustration"
Rob Wasserman – stand up electric bass on "Junior Dad"
Jessica Troy – viola on "Junior Dad"

dimanche 27 octobre 2013

Two Aces (and assorted "Kiss" leftovers)

Ace Frehley "Anomaly" (2009)
ou "L'anomalie, c'est Kiss sans Ace !"

20 ans après le moyen Trouble Walkin', 11 après Psycho Circus de Kiss où il ne fit de toute façon que de la figuration, Ace revient aux affaires avec un nouvel album dont l'hideur de la pochette en ferait fuir plus d'un... Pas facile de glisser la référence à son ancien groupe sans violer les copyrights il faut dire. Dommage parce que la musique, elle !, se défend bien.

Anomaly, donc. La première est le silence récurrent d'Ace Frehley dont, certes, les différentes addictions n'aidèrent pas. La seconde est le calendrier, pas facile de capitaliser sur sa Kiss réputation si longtemps après sa disparition du line-up des maquillés. Et la troisième est la qualité d'un album dont on n'attendait rien et qui délivre, l'air de rien, beaucoup. Parce qu'Anomaly est une foutue bonne collection de hard rock'n'roll ! Une foutue bonne collection pas sans faux-pas (un reprise dispensable du classique de Sweet, Fox on the Run, un Genghis Khan bien troussé mais un peu longuet pour ce qu'il a à proposer, le folk rock agaçant d'A Little Below the Angels avec la fille d'Ace en guest) mais doté de suffisamment de bons morceaux (le ,reste de l'album, consistant en heavy rockers efficaces et de la suite de l'instrumental de l'album de 1978) pour convaincre les plus récalcitrants que Mr. Frehley, le Spaceman, aurait bien toujours sa place dans le Kiss d'aujourd'hui si la paire de leaders n'avait si peur de sa concurrence.

Reste à savoir si cet Anomaly prometteuse aura un jour une descendance, si un Ace enfin sobre et clean trouvera l'énergie et l'inspiration. En attendant, entre sa participation compositionnelle à Kiss, son album solo de 1978 et, donc, cet Anomaly de belle tenue, il y a de bonne raisons de regretter la discrétion d'un guitariste talentueux et sa double éviction du plus grand groupe de Party Rock'n'roll du monde.

1. Foxy & Free 3:43
2. Outer Space 3:48
3. Pain in the Neck 4:18
4. Fox on the Run 3:34
5. Genghis Khan 6:08
6. Too Many Faces 4:22
7. Change the World 4:11
8. Space Bear 5:24
9. A Little Below the Angels 4:17
10. Sister 4:48
11. It's a Great Life 4:00
12. Fractured Quantum 6:19


Ace Frehley – lead vocals, lead guitar, additional bass on tracks 2, 5, 9, 11, and 12
Anthony Esposito – bass
Anton Fig – drums, percussion on all tracks except 4, 10, and 12
Derrek Hawkins – rhythm guitar on track 2
Scot Coogan – drums, percussion on track 10, background vocals on 3 and 10
Marti Frederiksen – keyboards, additional bass and rhythm guitar on 4 and 9, drums on 12
Brian Tichy – drums on track 4



Kiss "Ace Frehley" (1978)
ou "Spaceman's Revenge"


En 1978, les quatre membres de la Maison Kiss décident de s'accorder un petit break solitaire afin d'enregistrer, chacun, son petit album à soi. A ce petit jeu c'est Paul et, surtout !, Ace qui s'en sortent le mieux, c'est à dire, comme par hasard, ceux qui s'éloignent le moins du vocabulaire musical habituel du Baiser.

Il n'est pas à dire, pour autant, qu'Ace Frehley, l'album, n'apporte pas son petit lot de différences à commencer par une technicité, une virtuosité pour ainsi dire absente du répertoire d'un quatuor plus préoccupé par la perfection de leur party rock'n'roll que quelques exploits instrumentaux que ce soit. C'est aussi, audiblement, parce que seul maître à bord (il y a quasiment tout enregistré), Ace cherche avant tout à se faire plaisir... Et, ainsi, conséquemment, il nous fait plaisir, ce n'est pas plus compliqué que ça ! Et ça commence par de bonnes chansons rock où, évidemment !, la guitare du Spaceman se taille la part du lion mais qui n'oublient jamais de délivrer leur quota de fun et de bonne humeur binaire. D'un lot de compositions de qualité, on ressortira l'introductif et dynamique Rip It Out, le heavy rocker de qualité supérieure Snow Blind, le Zeppelinien Ozone, le rigolo New York Groove pas sans rappeler le Lou Reed de Walk on the Wild Side, et le bel instrumental final (Fractured Mirror), sommets d'un album réussi de bout en bout grâce, sans doute, au soutien d'un groupe de musicien dévoué à la cause de leur épisodique patron dont le batteur Anton Fig qui doublera bientôt Peter Criss avant que celui-ci ne soit définitivement viré et continue de collaborer régulièrement avec Ace.

Comme Paul Stanley, Ace délivre sa version du quatuor maquillé, son Kiss à lui. L'album n'est pas parfait mais indéniablement attachant à l'image du personnage et de ses failles (addictions). Et une addition recommandable à la collection de ceux qui aiment (sans ordre), Kiss, Ace, la guitare et le (hard) rock à l'ancienne... Pas mal de monde en fait.


1. Rip It Out 3:39
2. Speedin' Back to My Baby 3:35
3. Snow Blind 3:54
4. Ozone 4:41
5. What's on Your Mind? 3:26
6. New York Groove 3:01
7. I'm in Need of Love 4:36
8. Wiped-Out 4:08
9. Fractured Mirror 5:25


Ace Frehley – lead and backing vocals, lead and rhythm guitar, acoustic guitar, guitar synthesizer, bass guitar
Anton Fig – drums, percussion
Will Lee – bass guitar on "Ozone", "I'm in Need of Love" and "Wiped-Out"
Carl Tallarico – drums on "Fractured Mirror"
David Lasley, Susan Collins – backing vocals on "Speedin' Back to My Baby", "What's On Your Mind?" and "New York Groove"
Larry Kelly – backing vocals on "Rip It Out"
Bill "Bear" Scheniman – bell on "Fractured Mirror"
Bobby McAdams – power mouth on "New York Groove"


EN BREF ET POUR MEMOIRE :

Kiss "Gene Simmons" (1978)
ou "Un dur au cœur tendre"


Sans doute dévoré par l'ambition mais aussi l'envie de sortir du personnage vampirique développé chez Kiss, et souhaitant pleinement profiter de l'opportunité qui s'ouvrait à lui dans le cadre des quatre albums solo de 1978, Gene Simmons surprit son monde... Pas qu'en bien mais pas qu'en mal non plus. Avec le rock groovy et théâtral d'ouverture (Radioactive, entre Kiss et Meat Loaf), le rock carré et typique de Burning Up with FeverTunnel of Love et See You in Your Dreams... Ceci pour faire plaisir à son following habituel parce que, le reste, hou la la dis donc ! C'est à un Gene tous azimuts auquel on a affaire avec de la pop/folk américaine 70s typique (See You Tonite, Mr. Make Believe), du rock "Broadway" (True Confessions ou Living in Sin), du rock symphonique (Man of 1,000 Faces) ou carrément du crooning (When You Wish Upon a Star) ! Certes, avec l'accumulation d'invités prestigieux, de cuivres, de cordes et de l'égo colossal du Maître de Cérémonie, tout n'est pas du meilleur goût mais on s'y amuse plus souvent qu'à son tour ce qui n'est déjà pas si mal pour un album sans unité de style ou de ton mais suffisamment solide et bien troussé pour tenir l'auditeur en haleine, fan du monsieur ou pas.


1. Radioactive 3:50
2. Burning Up with Fever 4:19
3. See You Tonite 2:30
4. Tunnel of Love 3:49
5. True Confessions 3:30
6. Living in Sin 3:50
7. Always Near You/Nowhere to Hide 4:12
8. Man of 1,000 Faces 3:16
9. Mr. Make Believe 4:00
10. See You in Your Dreams 2:48
11. When You Wish upon a Star 2:44


Gene Simmons - vocals, electric and acoustic guitars, co-producer
Neil Jason - bass guitar
Elliot Randall - guitar
Allan Schwartzberg - drums
Sean Delaney - percussion, backing vocals, co-producer
Ron Frangipane - symphonic arrangements and conductor of Members of the New York and Los Angeles Philharmonic Orchestras
Gordon Grody
, Diva Gray, Kate Sagal, Franny Eisenberg, Carolyn Ray - backing vocals
Eric Troyer - piano and vocals on "Radioactive" & "Living in Sin"
Steve Lacey - guitar on "Radioactive"
John Shane Howell - classical guitar, segue between "Radioactive" & "Burning Up with Fever"
Richard Gerstein - piano on "True Confessions" & "Always Near You/Nowhere to Hide"
Joe Perry - guitar on "Radioactive" & "Tunnel of Love"
Bob Seger - backing vocals on "Radioactive" & "Living in Sin"
Rick Nielsen - guitar on "See You in Your Dreams"
Helen Reddy - background vocals on "True Confessions"
Jeff "Skunk" Baxter - guitar on "Burning Up with Fever", "See You Tonite", "Tunnel of Love" & "Mr. Make Believe"
Donna Summer - background vocals on "Burning Up with Fever," & "Tunnel Of Love"
Janis Ian - backing vocals on the "Prelude to Radioactive"
Cher - spoken word phone call on "Living in Sin"
Mitch Weissman & Joe Pecorino (Beatlemania) - backing vocals on "Mr. Make Believe", "See You Tonite" & "Always Near You/Nowhere to Hide"
Michael Des Barres - background vocals on "See You in Your Dreams"
Ritchie Ranno - guitar on "Tunnel of Love"
The Citrus College Singers - chorus on "True Confessions" & "Always Near You/Nowhere to Hide"



Kiss "Peter Criss" (1978)
ou "Le Batteur battu"


Il en fallait bien un.... Il en fallait bien un qui se plante lamentablement dans une collection d'albums solo qui, à y revenir, se défend plutôt bien. Et ce fut Peter Criss qu'on connaissait pour sa ballade tubesque (Beth sur Destroyer, 1976) ou son rock tranquilou (Hard Luck Woman sur Rock'n'roll Over, 1976 itou), le batteur/vocaliste aurait pu (dû ?) se contenter de creuser le sillon d'un soft (hard) rock balladisant qui lui allait parfaitement au teint. Au lieu de ça Peter a la drôle d'idée de nous proposer un album de pop rock sucrée et dramatiquement sans substance, pas mal joué, pas mal chanté, juste totalement inodore et indolore où on ne sauve que le bluesy I'm Gonna Love You et le gentiment doo-wop rock'n'roll Tossin' and Turnin', pas lourd pour un album aussi dispensable qu'anecdotique qu'on ne conseillera qu'aux plus hardcore des fans du Baiser, maniaques de la collectionnite. Au final, le pari de se démarquer est aussi raté que l'album. Dommage, Peter.


1. I'm Gonna Love You 3:18
2. You Matter to Me 3:15
3. Tossin' and Turnin' 3:58
4. Don't You Let Me Down 3:38
5. That's the Kind of Sugar Papa Likes 2:59
6. Easy Thing 3:53
7. Rock Me, Baby 2:50
8. Kiss the Girl Goodbye 2:46
9. Hooked on Rock 'n' Roll 3:37
10. I Can't Stop the Rain 4:25


Peter Criss - lead vocals, drums on side 1, and track 4 on side 2, percussion on track 3, side 2, backing vocals
Allan Schwartzberg - drums on tracks 1, 2 and 5 on side 2
Bill Bodine - bass guitar on side 1, and track 4 on side 2
Neil Jason - bass guitar on tracks 1, 2 and 5 on side 2
Art Munson - guitar on side 1, and track 4 on side 2
Stan Penridge - guitar on side 1, and tracks 3 and 4 on side 2, backing vocals
Elliot Randall - guitar on "Easy Thing" and "I Can't Stop the Rain"
John Tropea - guitar on tracks 1, 2 and 5 on side 2
Brendan Harkin - guitar on "Easy Thing"
Steve Lukather - guitar solo on "That's the Kind of Sugar Papa Likes" and "Hooked on Rock and Roll"
Bill Cuomo - keyboards on side 1, and track 4 on side 2
Richard Gerstein - keyboards on tracks 1, 2, and 5, side 2
Davey Faragher, Tommy Faragher, Danny Faragher, Jimmy Faragher, Maxine Dixon, Maxine Willard, Julia Tillman, Vini Poncia, Annie Sutton, Gordon Grody - backing vocals
Horns arranged by Tom Saviano
Michael Carnahan - saxophone solo on "Tossin' and Turnin'", baritone sax on "Hooked on Rock 'n' Roll"



Kiss "Paul Stanley" (1978)
ou "Kiss me again"


Quand vint le temps des albums solo, Paul Stanley, un garçon simple dans le fond, fit ce qu'il savait faire de mieux : du Kiss ! Du coup, avec un line-up relativement resserré (2 groupes et quelques choristes et invités), pas de star, juste des musiciens choisis par Paul pour donner vie à son "Kiss à lui"... Qui ressemble beaucoup à Kiss tout court et pas seulement du fait de la voix immédiatement reconnaissable de Stanley, du fait de l'inclinaison musicale vers un bon gros party hard rock'n'roll ô combien familier et satisfaisant. C'est d'ailleurs une excellente idée parce que force est de constater que quand le chanteur/guitariste s'éloigne trop de son pré carré, il convainc moins, voir un Ain't Quite Right ramolo tout juste sauvé par un beau écorché vif solo de Bob Kulick (dont le petit frère, Bruce, deviendra quelques années plus tard guitariste de Kiss, comme vous le savez sans doute déjà) ou l'espèce de variété américaine d'Hold Me, Touch Me (Think of Me When We're Apart), seul morceau de l'album sans Kullick, tiens donc... Le reste, même la power ballade Take Me Away (Together As One), s'aligne avec la qualité moyenne du Kiss des 70s. C'est dire si Paul Stanley a bien réussi son affaire proposant, malin qu'il est, un album plaisant et efficace.


1. Tonight You Belong to Me 4:41
2. Move On 3:12
3. Ain't Quite Right 3:34
4. Wouldn't You Like to Know Me 3:16
5. Take Me Away (Together as One) 5:26
6. It's Alright 3:38
7. Hold Me, Touch Me (Think of Me When We're Apart) 3:40
8. Love in Chains 3:34
9. Goodbye 4:09


Paul Stanley - lead and backing vocals, rhythm guitar, lead guitar, acoustic guitar, E-Bow, all guitars on track 7
Bob Kulick - lead guitar, acoustic guitar
Steve Buslowe - bass guitar on tracks 1-5
Richie Fontana - drums on tracks 1-4
Eric Nelson - bass guitar on tracks 6-9
Craig Krampf - drums on tracks 6-9
Carmine Appice - drums on track 5
Peppy Castro - backing vocals on tracks 3 and 7
Diana Grasselli - backing vocals on track 2
Doug (Gling) Katsaros - piano, Omni string ensemble and backing vocals on track 7
Steve Lacey - electric guitar on track 8
Miriam Naomi Valle - backing vocals on track 2
Maria Vidal - backing vocals on track 2

samedi 26 octobre 2013

Chiefs en double

Secret Chiefs 3 (Traditionalists) "Le Mani Destre Recise Degli Ultimi Uomini"
ou "Music for an imaginary italian horror movie"


Le Mani Destre Recise Degli Ultimi Uomini n'est pas un album de Secret Chiefs 3. Oui mais, Le Mani Destre Recise Degli Ultimi Uomini est bien un album de SC3. Alors ?

Bande originale d'un film d'horreur italien imaginaire des années 70 et, conséquemment, hommage aux talentueux compositeurs qui illustraient ces petits chefs d'aeuvres de mauvais goût sanguinolent et de nudité féminine révélatrice, Le Mani Destre Recise Degli Ultimi Uomini est un album à part et, au jour d'aujourd'hui, l'ultime offrande d'une formation à géométrie variable menée par le guitariste/compositeur/arrangeur Trey Sprunace (ex-Mr Bungle/Faith No More).

Force est de constater qu'avec le support d'un large ensemble de musiciens aussi versatiles que talentueux, la somme des influences jadis manipulées par le groupe et ici distillées, et la révérence au genre « pastiché », la tâche est accomplie avec brio et l'album, vif et addictif, chaudement recommandé aux amateurs de Grand-Huit musicaux.


1. Faith's Broken Mirror 0:59
2. Sophia's Theme 2:14
3. What's Wrong With Cytherea? 1:18
4. Mourning in Ekstasis 1:52
5. He Hates Us 1:04
6. Psychism 1: Cytherea's Possession 1:22
7. Love Spell 1:47
8. Agenda 21 1:49
9. Subcutaneous Solution 0:30
10. Abyss of Psychic Enchantments 2:00
11. Subdermal Sequence (Nano-Correction) 0:30
12. RFID Slaverider 1:53
13. Dionysian Dithyramb (Eros-seed of the Egregore) 0:47
14. Zombievision 1:37
15. Perfectly Reasonable 0:16
16. Psychism 2: Fear is the Great Teacher 1:04
17. Abolish Believers by Abolishing Belief 0:30
18. Funeral for What Might Have Been (Sophia's Theme) 3:03
19. Codex Alimentarius 3:18
20. Putting Forth the Hand to Take 0:22
21. Psychism 3: Sow the Wind, Reap the Whirlwind 1:52
22. Hypnotopia (Obey Your Passion) 0:26
23. Nano-correction / Human Migrations / Faith Realizes 1:33
24. Chapel by the Sea (a Heart That is Broken and Humbled...) 1:16
25. The Strength to Sever 0:20
26. Baby Hedone (Harvest of the Egregore) 0:44
27. Zombievision 2012 1:41
28. The Great Die Off (He Mocks Us All) 1:16
29. Cytherea's Awakening / Martyrdom at Romiou Point / Return to the Foam 1:01
30. To Love God is Sweeter than Life (Sophia's Theme) 2:26


Trey Spruance: orgue, synthétiseur, banjo, basse, guitare, piano, saz, claviers, sitar, chant, clavinet, cheng, santur, rabab
Jennifer Cass: harpe
The Enemy: basse, guitare, sampling
Timb Harris: violon, viola
Danny Heifetz: batterie
Shahzad Ismaily: percussions
Eyvind Kang: viola
Jessica Kinney: chant
Kevin Kmetz: shamisen
Ursula Knudson: scie musicale
Jesse Quattro: chant
Jason Schimmel: guitare
Ches Smith: batterie
Tim Smolens: basse
William Winant: percussions, gong


BONUS !
Secret Chiefs 3 "Path Of Most Resistance"
ou "Le Baistophe des Chefs"


Projet né au beau milieu des années 90 et mené par l'ex-guitariste de Mr Bungle et, plus fugitivement, de Faith No More, Trey Spruance, Secret Chiefs 3 est passé maître dans l'art d'accommoder les restes, de fusionner l'improbable avec l'inattendu. En l'occurrence, cette compilation, reprenant des titres de leurs 4 premiers albums, est une habile et divertissante mise en bouche pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la formation.

Au programme, un cocktail regroupant une bonne grosse louche world-music d'inspiration est-européenne et moyenne orientale, deux mesures de rock progressif dit Rock in Opposition (ou RiO pour les amateurs d'acronymes), un zest de Metal dit progressif, une pincée de concentré de Morricone, et « glacez-moi-tout-ça-d'un-peu-de-surf-guitar » pour une fusion frapadingue mais toujours mélodique, une sorte d'invitation au voyage, lèvres retroussées en un rictus ravi, via les conduits auditifs et dont on ne ressortira par forcément indemne. Un festin qui se suffirait à lui-même mais est, présentement, bonussé de trois titres rares et savoureux.

Bref, si Secret Chiefs 3 vous est encore inconnu, c'est l'endroit où commencer votre exploration et probablement le début d'une sévère addiction.


1. Book T: Exodus 3:56
2. The 4 (Great Ishraqi Sun) 3:37
3. Ship of Fools (Stone of Exile) 3:36
4. Renunciation 4:31
5. The Owl In Daylight 3:56
6. Combat For The Angel 6:02
7. Zulfiqar III 5:13
8. The End Times 4:53
9. Jabalqa/Jabarsa 6:19
10. Mera Pyar Shalimar 4:42
11. Ciocarlia 3:14
bonus
12. I Saw Mommy Kissing Santa Claus 2:35
13. Good Vibrations 4:00
14. Heroes And Villains 4:48


Trey Spruance: guitare, cumbus baglama, sitar, saz, tar, dumbek, zither, claviers, piano, organs, basse, percussions, trompette, programmations, sampler
Danny Heifetz: batterie, dumbek, riq, zils, zil stick
Eyving Kang: viola, violon, erhu, corne eb, kemanche
Shahzad Ismaily: basse, batterie, dhol, mridangam, ghatam
Ches Smith: batterie, vibraphone, percussions
Adam Stacey: claviers
Fatima: santur
Timb Harris: viola, violon
Bar McKinnon: saxophone
Shamou: darbuka, riq
Jason Schimmell: cumbus, mandoline, guitare
Tim Smolens: basse, contrebasse, violoncelle
William Winant: toms, , cymbales, grosse caisse, zil stick, cloches
Rich Doucette: esraj, saranji
Kevin Kmetz: shamaisen
Jennifer Cass: harpe
Jesse Greere: batterie
Ursula Knudson: scie musicale
Unhuman: chant
John Merriman: batterie
Jesse Quattro: chant
Kessica Kinney: chant
The Enemy: guitare, basse, samples

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vendredi 25 octobre 2013

A Bigger Band

John la Barbera Big Band "On the Wild Side" (2002)
ou "Swinging with John"


Connu pour son travail d’arrangeur auprès du Big Band de Buddy Rich mais aussi pour quelques « noms » tels que Dizzy Gillespie, Mel Tormé ou Count Basie, John La Barbera n’est pas franchement un débutant et met son ample expérience au profit d’un Big Band jazz comme on aimerait en entendre plus souvent.

En l’occurrence, avec cinq originaux (dont un signé de son frère et batteur de la formation, Joe) et quelques covers bien senties, le premier long-jeu de La Barbera rivalise avec les grands classiques du genre, à défaut d’innover… Ici, des cuivres, puissants et bien ordonnés, mènent la danse d’une heure de swing maîtrisée et divertissante où soli et accroches mélodiques font tous leur petit effet. Certes, les esprits chagrins regretterons la liberté de ton de certains reprises (il est entendu, par exemple, que l’Eleanor Rigby des Beatles ne sert que de vague point de départ à 10 minutes d’orgie jazzistique) qui, du coup, ressemblent plus à des originaux « rendant hommage à » que des covers stricto-sensu. La fête n’en est aucunement gâchée, c’est bien l’essentiel.

Un peu suranné, c’est le jeu quand on s’adonne à un exercice si peu couramment répandu de nos jours, On the Wild Side est avant tout une galette réussie qui ravira les fans du genre et risque bien de faire dresser une oreille curieuse aux autres.


1. Mayreh 4:23
2. So What 7:22
3. Tiger of San Pedro 4:26
4. Message From Art 7:16
5. Walk On The Wild Side Suite 10:36
6. Cachaça Gotcha 5:19
7. Eleanor Rigby 10:32
8. Clothe of Silver - Threads of Blue 6:17
9. Highland Crossing 6:07


John La Barbera: arrangeur, compositeur, directeur
Wayne Bergeron, Dennis Farias, Clay Jenkins, Bob O'Donnell, Jr.: trompette
Alexander Iles, Andy Martin, Bruce Paulson, Bill Reichenbach Jr.: trombone
Ken Kugler: trombone basse
Bob Carr: clarinette basse, sax bariton
Pat La Barbera, Tom Peterson, Bob Shepard: sax ténor
Kim Richmond, Bud Shank: sax alto
Brian Scanlon: flute, piccolo, sax alto, sax soprano
Bill Cunliffe, Tom Ranier: claviers
Tom Warrington: basse
Scott Breadman: percussions
Joe La Barbera: batterie

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jeudi 24 octobre 2013

Le Massacre de l'Amour

Massacre "Love Me Tender" (2013)
ou "Aime-moi plus fort !"


Bonus beat pour une formation actuellement en hiatus, Love Me Tender est un live enregistré en Europe en 1999. Une bonne occasion de revenir sur Massacre, groupe hors-normes, bouillonnant trio à l'énergie créatrice (et l'énergie tout court !) jamais démentie.

Projet né suite à la relocalisation du guitariste britannique Fred Frith (Henry Cow, Naked City, Material, etc.) dans la Grosse Pomme qui rencontra rapidement le bassiste Bill Laswell et le batteur Fred Maher (Lou Reed, Material) dont le départ provoquera la séparation de Massacre après un seul album (Killing Time, 1981). Reformés à la fin des années 90 avec Charles Hayward (Gong, This Heat, les anarcho-punks de Crass, etc.) pour trois albums très remarqués chez Tzadik, et quelques tournées avant de se séparer de nouveau sans jamais avoir trop dévié d'une esthétique musicale mariant Rock in Opposition, improvisation, dub, rock (etc.) excellemment représentée dans les présents enregistrements.

Et donc, Love Me Tender, enregistré quand Massacre revenait aux affaires, est une bonne nouvelle,  un petit supplément qui se refuse d'autant moins qu'il est essentiellement composé d'inédits. On y retrouve évidemment la basse lourde et sinueuse du sieur Laswell et la guitare foutraque de Frith bien complétées par le faux primitivisme des démonstrations percussives d'Hayward sur ses peaux pour un tout cohérent se jouant des frontières et des étiquettes. Forcément, live oblige, le son est assez cru, c'est au bénéfice de l'énergie du trio et pas au détriment de l'auditeur qui s'y croit vraiment... Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter.

Certes, la musique de Massacre n'est pas à mettre entre toutes les oreilles, chaotique, si elle ne manque ni d'humour ni de petites accroches mélodiques, elle ne satisfera pleinement que les amateurs de musiques "qui cherchent", et trouve ! Pour ceux-ci, Love Me Tender sera un délice avant, on peut toujours rêver !, d'un retour aux fourneaux d'une exceptionnelle formation.


1. Bright Blue 7:42
2. Dot in the Prison 4:07
3. Rosy Good Shook 4:22
4. Shadow When Omitted 5:54
5. In Search of the Nervous System 6:12
6. History Fictions 2:34
7. Between Roof and Bird 2:01
8. Shoe Often Repeated 3:55
9. The North Reaches to the Ankle 4:52
10. Madness is Medicine 8:05
11. Chapter Amber 4:02


Fred Frith: Electric Guitar
Charles Hayward: Drums, Melodica, Voice
Bill Laswell: Electric Bass

mercredi 23 octobre 2013

Apple d'Or

Fiona Apple "The Idler Wheel Is Wiser Than the Driver of the Screw and Whipping Cords Will Serve You More Than Ropes Will Ever Do" (2012)
ou "Croquez la Pomme !"


Il y a déjà 16 ans de ça, quand sortait son premier album, Tidal, Fiona Apple se voyait propulsée dans la catégorie des chanteuses/compositrices à l’avenir supposé radieux. 3 ans plus tard, l’extraordinaire When the Pawn venait confirmer qu’on tenait là un talent hors du commun ce que ne démentira pas  un Extraordinary Machine (2005) pourtant revu et corrigé après qu’Epic en ait refusé le premier jet (que je préfère toujours à la version du commerce produite par Mike Elizondo, soit dit en passant). Cette fois, rien de ça. Sur Idler Wheel, Fiona est en total contrôle de son art et pas prête à quelque compromis que ce soit comme le prouve l’écoute dudit album.

A ceux qui cherchent absolument des chansons dont les mélodies et les arrangements viennent directement se lover dans le cerveau reptilien répondre à nos plus bas instincts à coup de prémâché et prévisible, je conseille de passer leur chemin. The Idler Wheel est un album où, visiblement, Fiona coupe les ponts avec la Pop Music… Pour le meilleur. Clairement, la voix (de Fiona) est la star de l'album. Toutes ces instrumentations, ces manipulations des conventions ne tendent qu'à une chose : servir des compositions, des textes et des interprétations où Fiona verse son âme, répand ses maux et ses (rares) joies comme peu en sont capables. Concrètement, ceci nous donne des chansons peu communes et, à coup sûr, pas le moindre single évident pour un label qui doit tout de même faire la moue.

De fait, commercialement, l’opus reposera surtout sur le nom et la réputation de sa créatrice, et sur des critiques pour le moment globalement très positives. A raison ! Dès le rêveur Every Night, on est pris dans ce tourbillon pas si minimaliste que pourrait le laisser penser un line-up pour le moins spartiate. Contrairement à la concurrence, Fiona ne fait pas que de l’art pour l’art, un peu comme une avenante et féminine version de Tom Waits, elle construit des paysages sonores autour de CHANSONS. Et, du coup, tous les coups sont permis : du percussif à claquettes (Daredevil), du piano ragtime sur battements de cœur « contrebassés » (Valentine), des pas de danse sur le bitume (Periphery) ou une polyphonie exotico-arty sur roulements de tambours tribaux (Hot Knife). Et tout fonctionne avec un égal bonheur ! Elle y est bien aidé par son binôme de l’occasion et frère d’armes (comme revendiqué dans le livret), Charley Drayton, responsable avec elle de la quasi-totalité des sons ici produits. Et quels sons !

Finalement, en s'affranchissant des structures, en optant pour des arrangements ouvertement expérimentaux (mais jamais abscons, ceci doit être souligné), en étant aussi peu en prise avec ce qui se fait de nos jours et qu’on attendrait d’elle, Fiona réussit sa transformation, celle qu'on attendait déjà sur Extraordinary Machine (et qu’on n’eût que partiellement), celle d'une artiste qui cherche, trouve souvent et se moque éperdument de plaire ou non tout en continuant, têtue et sûre d’elle, à affirmer une personnalité aperçue des ses premiers pas. Par la liberté du ton, on la rapprochera d'une Joanna Newsome, d'une Björk, d’une Kate Bush où d'une Joni Mitchell (excusez du peu !) dans sa propension à se soucier de l'accomplissement de son art avant toute chose. Ce faisant, elle crée, l’air de rien, une merveille d’album intemporel, de ceux dont on est sûr que, dans 20 ans, 30 ans, ils garderont leur fraicheur et énergie originelle et qu’on les réécoutera avec ce bonheur nostalgique que procurent les grandes œuvres. Rien que ça !


1. Every Single Night 3:33
2. Daredevil 3:28
3. Valentine 3:32
4. Jonathan 5:03
5. Left Alone 4:50
6. Werewolf 3:12
7. Periphery 4:58
8. Regret 5:16
9. Anything We Want 4:40
10. Hot Knife 4:02

Fiona Apple: chant, celeste, field recordings, clavier basse, loops, percussions, piano, timpani
Charley Drayton: autoharp, baritone, bouzouki, cora, batterie, field recordings, guitare, marimba, percussions
Maude Maggart: hautes harmonies
Sebastian Steinberg: basse, guitare

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mardi 22 octobre 2013

De la confiture aux cochons ?

Pearl Jam "Lightning Bolt" (2013)
ou "Faire le métier"


Des chantres de la déferlante Grunge, peu ont réussi leur transformation comme Pearl Jam. C'est peut-être (sûrement) parce que Pearl Jam, fondamentalement, a toujours été un groupe de classic rock (étiquette que je déteste mais qui dit bien ce qu'elle avance) avec ses racines musicales tant dans Led Zeppelin, Neil Young ou les Who. D'album en album, parcours inégal mais passionnant, le groupe n'a fait que confirmer sa propension à ensevelir encore un peu plus ses racines dans le terreau originel d'un rock 70s adapté au goût du jour mais toujours sans effort, avec un naturel qui fait que ça passe sans qu'on cherche absolument à quel luminaire du passé se référer. C'est donc avec une indéniable classe et une vraie rouerie, en plus d'un savoir-faire en continuel développement, que les natifs de Seattle réussirent à encaisser un surprenant et monumental succès de début de carrière (Ten et ses 10 millions de copies écoulées !).

22 ans plus tard débarque Lightning Bolt, 10ème galette de la bande d'Eddie Vedder, 4 années après le très frais et réussi Backspacer, la plus longue attente que la formation nous ait fait subir. Toujours produit par Brendan O'Brien, une habitude depuis 1993  et Vs. quoique interrompue sur 3 albums au consécutifs au début des années 2000 (dont deux où O'Brien continue de mixer, tout de même !), ce n'est pas un album gorgé de surprises où Pearl Jam ose tout et se remet en question. Non !, classique dans ses compositions, ses arrangements et sa production, c'est l'œuvre de bons ouvriers, désormais accomplis à la tâche et toujours suffisamment passionnés pour y insuffler ce supplément d'âme indispensable à ce genre d'entreprise.

Autant le dire, si vous n'aimiez pas Pearl Jam, ce n'est pas ce coup-ci que vous serez convertis. Si, par contre, vous les appréciez, pas de doute !, vous serez contentés. Parce que, album somme stylistiquement, Lightning Bolt propose toutes les nuances de l'art "Pearlien" d'un dynamique morceau d'ouverture (Getaway; du bête rock fort bien troussé), en passant par des décharges d'adrénaline bienvenues et pas sans rappeler les salves d'un exemplaire Vitalogy (Mind Your Manners, Lightning Bolt), de rocks mid-tempo avec un Vedder quasi-chamanique (My Father's Son, Swallowed Whole), à de belles ballades/power ballades électro-acoustiques comme le groupe en a toujours si bien réussi (Sirens, Pendulum, Yellow Moon), de machins rock et brinquebalants à la fois qu'on imaginerait bien chantés par le vieux Loner canadien mais où le timbre d'Eddie fonctionne très bien aussi (Infaillible), ou de modérées surprises comme Sleeping by Myself et son petit coup de ukulélé !), à un final calme et presque mainstream à la si jolie mélodie qu'on ne boudera pas son plaisir (Future Days)... Une bien belle collection qui sans rien n'apporter de réellement neuf n'en est pas pour autant routinière, à la grâce des belles chansons qui la compose.

Certains regretteront le relatif endormissement de Pearl Jam, groupe désormais installé dans ses certitudes et développant, encore et encore, un vocabulaire familier. Et il y a de ça mais, surtout !, Lightning Bolt est le déroulé implacable du travail honnête et inspiré de musiciens n'ayant plus rien à prouver depuis bien longtemps continuant, audiblement, de se faire bien plaisir... C'est déjà énorme d'autant que le plaisir, en l'occurrence est communicatif. Alors non, Lightning Bolt n'est pas un grandissime album, simplement une fichue bonne galette bourrée jusqu'à la garde de musique de qualité... J'achète !


1. Getaway 3:26
2. Mind Your Manners 2:38
3. My Father's Son 3:07
4. Sirens 5:41
5. Lightning Bolt 4:13
6. Infallible 5:22
7. Pendulum 3:44
8. Swallowed Whole 3:51
9. Let the Records Play 3:46
10. Sleeping by Myself 3:04
11. Yellow Moon 3:52
12. Future Days 4:22


Jeff Ament – bass guitar, background vocals
Matt Cameron – drums, background vocals
Stone Gossard – guitar
Mike McCready – guitar, six string bass
Eddie Vedder – vocals, guitar, ukulele
&
Ann Marie Calhoun – strings
Boom Gaspar – piano, keys
Brendan O'Brien – piano on "Future Days," mixing, production

lundi 21 octobre 2013

the new Macca pop show... Youpi !

Paul McCartney "New (deluxe edition)" (2013)
ou "du New avec du vieux"


Le coup du retour aux sources, ce n'est pas la première fois que Paul McCartney nous le fait, depuis Flowers in the Dirt en fait où il annonçait déjà revenir vers un son des Beatles qu’il n’avait jamais, de toute façon, totalement quitté... 24 ans, une paille ! Alors quand New s'avance, et qu'il est "vendu" comme on l'a vu et entendu (le grand retour, le son Beatles, etc.) on est forcément un peu sceptique, d'autant que Chaos and Creation in the Backyard, concocté avec le producteur ‘in’ du moment, Nigel Godrich (Radiohead, Travis, Beck, Pavement, Air, Natalie Imbruglia, The Divine Comedy, U2, R.E.M, et j'en passe...) avait parfaitement rempli l'office résurrectionnel il n'y a pas si longtemps que ça.

Sur le même modèle, Paul a choisi quelques jeunes producteurs, dont Gilles Martin, fils de qui vous savez, pour l'accompagner dans l'éternel renouvellement de son art propose une offrande à l'ancienne, une sorte de "comfort album"... Ceci dit, qui dit confortable ne dit pas forcément routinier et, c'est l'évidence !, Macca avait présentement une forte envie de se faire chahuter. Ainsi là où Chaos and Creation se contentait de recycler les vieilles recettes pour de nouvelles (et excellentes) chansons, New, qui pour le coup porte admirablement son nom, explore les nuances du style pop-rock embrassant avec enthousiasme les possibles apportés par de jeunes collaborateurs et metteurs en son. Concrètement, ceci se traduit par une galette qu'on qualifierait volontiers de rétro-modernisme si son auteur n'avait été, depuis si longtemps, un chantre de la pop music de qualité.

Bien évidemment, tous ces efforts de mise en forme seraient vains sans bonnes chansons, ce n'est heureusement pas le cas sur New pour lequel on ne peut que vanter la décision de Paul qui a eu bien raison de prendre son temps (6 ans)  depuis le sympathique quoiqu'anecdotique Memory Almost Full, son précédent album de compositions. De fait, dès le dynamique et admirablement troussé Save Us, c'est dans un tourbillon de mélodies et d'arrangements de qualité que l'auditeur est embarqué tant et si bien qu'on peine à sortir quelque titre que ce soit d'un lot d'exception. Evidemment, les références aux Beatles sont légion. C'est par exemple, très évident sur le psychédélisant Queenie Eye, le délicatement folky Early Days ou un New, le titre, aux cuivres rappelant un Got to Get You Out of My Life. Il est heureux que ce lourd héritage n'empêche cependant pas Paul d'essayer d'autres choses, de naviguer dans de nouvelles eaux comme sur les quasi-Trip-Hoppants Appreciate et Road ou le Franz-Fernandinandisant, pour situer, I Can Bet.

New, 2013, un petit miracle d'album pop qui réussit le tour de force de combiner traditionalisme et modernité avec une classe, je vous raconte même pas ! Et un son comme on n'en attendait plus (aujourd'hui c'est hier mais c'est aussi demain), des compos de qualité à la pelle (même les bonus de l'édition deluxe dont le délicieux et rigolo blues Get Me Out of Here, c'est dire !)... Décidément, à 70 ans passés, Macca porte beau... Pourvu que ça dure parce que, franchement, des albums de cette trempe, on en demande encore !


1. Save Us 2:39
2. Alligator :27
3. On My Way to Work 3:43
4. Queenie Eye 3:47
5. Early Days 4:07
6. New 2:56
7. Appreciate 4:28
8. Everybody Out There 3:21
9. Hosanna 3:29
10. I Can Bet 3:21
11. Looking at Her 3:05
12. Road 4:36
Bonus
13. Turned Out 2:59
14. Get Me Out of Here 3:27
15. Scared 2:48


Paul McCartney - vocals, guitar, bass, glockenspiel, percussion, synthesizer, piano, celeste, drums, lap steel, mood, mellotron, harpsichord, wurlitzer, tape loops
Paul Epsworth - drums
Abe Laboriel Jr. - drums, percussion, backing vocals
Rusty Anderson - guitar, bouzouki, backing vocals, water bottle
Brian Ray - guitar, dulcimer, congas, drums, backing vocals
Paul "Winx" Wickens - guitar, piano, accordion, organ, keyboards, backing vocals
Tom Pitman - programming, keyboards
Cathy Thompson, Laura Melhush, Patrick Kiernan, Nina Foster - violin
Peter Lale, Rachel Robson - viola
Caroline Dale, Katherine Jenkison, Chris Worley - cello
Richard Price, Steve McManus - bass
Bill Black - bass, harmonium, percussion
Gilles Martin - foot stamp
Eliza Marshall, Anna Noakes - alto flute
Ethan Johns - drums, ipad tampbora app., guitar

dimanche 20 octobre 2013

Ca roule de nouveau bien !

The Rolling Stones "Some Girls (Deluxe Edition)"
ou "Some girls and some more girls...All Beautiful!"


Some Girls était déjà un très bon album, le dernier vrai bon album des Rolling Stones diraient certains, Some Girls Deluxe Edition est un grand album, une démonstration de la créativité parisienne des Rolling Stones de fin 1977, début 1978 et, enfin, une intégrale (ou vendue comme telle) de sessions particulièrement productives.

Déjà il y a ce diable d'album, un inespéré retour en forme pour une formation qui, si elle obtient toujours des succès avec ses singles (Angie et It's Only Rock'n'Roll en tête) déçoit sur la longueur d'albums inégaux où les espoirs de grandeur de Jagger, les addictions de Richards et le débarquement d'une nouvelle génération de rebelles (les punks, alors triomphants en la Prude Albion) sont autant de lourds handicaps qu'on a peine à imaginer contrebalancés par l'arrivée en tant que membre de plein droit du sympathique master-slider Ronnie Wood qui plus est déjà présent depuis les sessions de Black And Blue en 1974 pour palier à l'absence du démissionnaire Mick Taylor. Sans doute l'air parisien et la relative tranquillité qui l'accompagne, un Richards temporairement désintoxiqué ont-ils aidé et puis l'envie d'en découdre avec ces jeunes crêtés qui voudraient bien déloger ces vieux rockers trop riches, trop jet-setters...... Il y a aussi Mick qui, ayant appris la guitare, ne peut résister à mettre son grain de sel. De l'enthousiasme probablement, du temps aussi avec une session double de plus de 5 mois au total, un luxe auquel peu de formations peuvent alors prétendre. Reste qu'on cherche la faille et qu'il n'y a en définitive pas. De l'imparable et discoïde mais finalement si Jaggerien Miss You au Rock bluesy, cru et urbain qui clôt l'album (Shattered), c'est un groupe en grandissime forme, sûr de son fait et déroulant triomphalement son habituelle grammaire, qui se présente tant et si bien que même la tant redoutée intervention vocale de Keith (Before They Make Me Run, où il parle de ses... « problèmes ») passe comme une lettre à la poste. Epatant, on vous dit !

Et encore plus épatant maintenant que sont révélées quelques pépites supplémentaires. Parce que si les Rolling Stones eurent le temps, pendant ces longues sessions au Studio Pathé Marconi, ils y furent aussi admirablement productifs, couchant sur bande deux fois ce qu'il leur était nécessaire d'enregistrer s'offrant ainsi le choix parmi une certes trop large mais rassurante sélection de chansons. Et on imagine volontiers que le choix fut difficile vu la belle qualité de ce qu'il convient de considérer comme les « restes » et qui rivalise presque avec la face officielle de l'album ! Du country rock de qualité ? Il y en a (No Spare Parts). Du boogie agressif avec Père Tranquille Charlie au furieux shuffle ? Il y en a aussi (Claudine). Etc. De fait, le catalogue classique du Stones de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix se voit décliné sur 12 pistes (dont certaines durent être finies pour la sortie du présent deluxe lors d'une session dirigée par Don Was) qui fonctionnent simplement parce que ce sont de bonnes, honnêtes chansons d'artisans appliqués et particulièrement inspirés. Ca parait simple comme ça mais, pour en arriver là, pfiou, ce coup de bol cosmique !

Allez, pour mégoter on dira que le remaster est presque trop beau, trop propre pour être vrai, un poil clinique contrairement à celui de Virgin (masterisé par Bob Ludwig) qui pérennisait la texture originelle de l'album mais à laquelle manquaient les excellents bonus présentement révélés. Bon, c'est vraiment pour trouver à redire parce que, sinon, c'est une fête à laquelle on conviera volontiers ses amis sachant que ni nous, ni eux ne regretteront le rock'n'rollesque voyage.


CD 1
1. Miss You 4:48
2. When The Whip Comes Down 4:21
3. Just My Imagination (Running Away With Me) 4:38
4. Some Girls 4:36
5. Lies 3:11
6. Far Away Eyes 4:24
7. Respectable 3:07
8. Before They Make Me Run 3:25
9. Beast Of Burden 4:25
10. Shattered 3:46

CD 2
1. Claudine 3:42
2. So Young 3:18
3. Do You Think I Really Care 4:22
4. When You're Gone 3:51
5. No Spare Parts 4:30
6. Don't Be A Stranger 4:06
7. We Had It All 2:54
8. Tallahassee Lassie 2:37
9. I Love You Too Much 3:10
10. Keep Up Blues 4:20
11. You Win Again 3:00
12. Petrol Blues 1:35


Mick Jagger: chant, choeurs, guitare, piano sur "Faraway Eyes", "Petrol Blues", "No Spare Parts", harmonica sur "When You're Gone", "Keep Up Blues", handclaps sur "Tallahasse Lassie"
Keith Richards: guitare, choeurs, chant sur "Before They Make Me Run", "We Had It All", basse sur "Some Girls", "Before They Make Me Run", piano sur "Faraway Eyes", "No Spare Parts", "I Love You Too Much", "You Win Again"
Ronnie Wood: guitare, choeurs, basse sur "Shattered"
Charlie Watts: batterie
Bill Wyman: basse, synthétiseur sur "Some Girls", marimba sur "Don't Be a Stranger"
&
Sugar Blue: harmonica sur "Miss You", "Some Girls", "Don't Be a Stranger", "We Had It All"
Ian McLagan: piano sur "Miss You", orgue sur "Just My Imagination"
Mel Collins: saxophone sur "Miss You"
Simon Kirke: congas sur "Shattered"
Ian Stewart: piano sur "Claudine", "So Young", "Do You Think I Really Care?", "Tallahasse Lassie", "You Win Again", "Petrol Blues"
Chuck Leavell: piano solo sur "So Young"
Don Was: basse sur "Don't Be a Stranger", handclaps sur "Tallahasse Lassie"
John Fogerty: handclaps sur "Tallahasse Lassie"
Matt Clifford: percussion sur "Don't Be a Stranger"
 
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samedi 19 octobre 2013

Electric Ponty

Jean-Luc Ponty "Electric Connection/King Kong" (1969/70)
ou "Violon dingue !"


Ladies and gentlemen, le nouveau Ponty est arrivé ! C'est en substance ainsi que pourrait se résumer la période charnière dans la carrière du violoniste de jazz français qui glisse alors vers le jazz électrique, dit fusion, ou "rock" chez nous (sans qu'on sache exactement pourquoi).

C'est aussi la période d'une relocalisation outre-Atlantique et de line-ups qui font venir l'eau à la bouche : Bud Shank, George Duke, Ernie Watts, Ian Underwood, Art Tripp, Frank Zappa... Ha oui, parce que moitié de ce couplage discographique est dédié à Mr. Zappa, repris, adapté et même composant pour Jean-Luc et ses musiciens (dont quelques collaborateurs habituels de Frankie Moustache).

Deux albums, donc. 1969, Electric Connection ou l'apprentissage accéléré et réussi d'un nouveau vocabulaire, d'un nouvel univers sonore où Ponty, violoniste caméléon s'il en fut, se glisse sans effort et, même !, avec une grâce certaine. On n'est pas encore tout à fait dans le jazz fusion, alors tout juste commençant, mais on s'en approche. D'ailleurs, on crédite même l'album d'une véritable influence stylistique de part sa façon de "vulgariser" le jazz pour une nouvelle génération amatrice du secouage de tête au son de la guitare électrique psychédélique qui trouve ici quelques bienvenus ponts vers ses préoccupations tout en restant, fondamentalement, un album de jazz avec une guitare encore timide mais il faut dire que le violon de Ponty prend, logiquement puisque il est le leader, beaucoup de place. Et puis il y a moult cuivres (des sections tour à tour proto-funkées ou big-bandisantes) qui, rythmant, enjolivant la musique méritaient aussi d'être mis en valeur par le mix.
1970, King Kong, c'est tout autre chose ! Déjà parce que le matériau de base (4 reprises du répertoire de Frank Zappa, et un original pour chaque star du disque), en majorité du Zappa donc, s'écarte notablement des canons du jazz classique qu'Electric Connection choyait encore. Ici les amarres sont définitivement larguées ce que Ponty et son violon dingue, et son seul compagnon sur tous les titres qu'il faudrait voir à ne pas oublier d'autant qu'il s'agit du regretté George Duke, ont l'air de particulièrement apprécier. Tout comme les fans du divin moustachu apprécieront la lecture surjazzée et ludique des standards de leur idole ainsi que le solo de Frank, sa seule apparition instrumentale de l'album... Sur la seule composition qu'il ne signe pas ! On mentionnera évidemment la grosse pièce de l'album, Music for Electric Violin and Low-Budget Orchestra et ses presque 20 minutes, où, entre improvisation jazz et classique contemporain prouve la versatilité exceptionnelle tant du compositeur que de son interprète de l'occasion.

Phase exploratoire et démarrage d'une carrière américaine riche qui le verra aussi frayer avec un John McLaughlin et son Mahavishnu Orchestra, la présente doublette, si un peu artificiellement accolée vu l'écart de style, est une réussite à conseiller à tous ceux que le violon jazz meut.


Electric Connection (1969)

1. Summit Soul 4:55
2. Hypomode del Sol 6:27
3. Scarborough Fair/Canticle 3:02
4. The Name of the Game 5:27
5. The Loner 4:29
6. Waltz for Clara 5:09
7. Forget 4:25
8. Eighty-One 6:35

Jean-Luc Ponty – violin
Bud Shank – alto saxophone
Richard Aplan – baritone saxophone
Bob West – bass
Paul Humphrey – drums
Tony Ortega – flute
Wilbert Longmire – guitar
George Duke – piano
Frank Strong, Thurman Green – trombone
Mike Wimberly – bass trombone
William Peterson, Tony Rusch, Larry McGuire, Paul Hubinon – trumpet

King Kong: Plays the Music of Frank Zappa (1970)

9. King Kong 4:54
10. Idiot Bastard Son 4:00
11. Twenty Small Cigars 5:35
12. How Would You Like to Have a Head Like That 7:14
13. Music for Electric Violin and Low-Budget Orchestra 19:20
14. America Drinks and Goes Home 2:39

Jean-Luc Ponty – electric violin, baritone violectra
Frank Zappa – guitar
George Duke – piano, electric piano
Ernie Watts – alto and tenor sax
Ian Underwood – tenor sax
Buell Neidlinger – bass
Wilton Felder – Fender bass
Gene Estes – vibraphone, percussion
John Guerin – drums
Art Tripp – drums
Donald Christlieb – bassoon
Gene Cipriano – oboe, English horn
Vincent DeRosa – French horn, descant
Arthur Maebe – French horn, tuben
Jonathan Meyer – flute
Harold Bemko – cello
Milton Thomas – viola

vendredi 18 octobre 2013

Vapeurs remixées

Rush "Vapor Trails Remixed" (2013)
ou "Sauvé des Eaux"


C'est l'histoire d'un album qui n'a pas eu de bol, pas mauvais du tout au niveau compos mais si mal produit, une sorte de mur du son confus au volume exagéré, une impression si "boueuse" qu'il en devenait profondément désagréable à écouter. On a pu imputer le faux-pas au contexte particulier avec le double deuil récent du batteur, sa fille puis sa femme, et son éloignement bien compréhensif mais heureusement temporaire du groupe qui prenait fin ici, donc. En gros, un Neil Peart encore convalescent dans un Rush qui tente la relance. Bref, ce n'était pas exactement la joie...

Vinrent deux titres remixés pour la compilation de 2009, Retrospective III, One Little Victory et Earthshine nommément, dont le résultat était si satisfaisant qu'il fit piaffer les fans d'impatience ! Disparue la confusion du mix originel, plus oxygéné, plus précis, et fort heureusement moins "loud", la remise en son dépassait les espoirs les plus fous.

Comme toujours avec Rush, qui après un enchainement quasi frénétique de début de carrière prennent nettement plus le temps, il aura fallu s'armer de patience pour qu'enfin, Vapor Trails Remixed arrive dans nos échoppes... 4 ans et demi, une paille ! Mais le jeu en valait indéniablement la chandelle et c'est une redécouverte heureuse, miraculeuse, presque. 11 ans après son apparition originelle, Vapor Trails, tel le phénix, renait de ses cendres et offre enfin les nuances, les détails et les finesses jadis souillées par l'indignité de leur écrin. Ca n'en fait pas un grand Rush, pas l'égal d'un 2112, d'un Hemispheres ou d'un Moving Pictures (des Himalaya inatteignables désormais), mais une bonne galette de hard rock progressif, sorte de relecture du Rush des touts débuts avec le bénéfice de l'expérience. Avec de vrais hauts (One Little Victory, Peacable Kingdom, Secret Touch, Eathshine, et j'en passe) et pas de vrais bas.

Du coup, on est tenté, et on ne va pas se gêner !, de réévaluer sa position dans l'œuvre du trio canadien, quelque part au dessus du pourtant réussi Snakes & Arrows ou du sympathique Presto... Dans sa version "remixed", évidemment !, parce que, c'est dit !, grâce à l'intelligence d'une formation acceptant de remettre sur le métier une pièce défectueuse, nous voici en 2013 avec un vrai bon Rush de plus, on ne s'en plaindra pas !


1. One Little Victory 5:09
2. Ceiling Unlimited 5:28
3. Ghost Rider 5:40
4. Peaceable Kingdom 5:23
5. The Stars Look Down 4:28
6. How It Is 4:05
7. Vapor Trail 4:57
8. Secret Touch 6:34
9. Earthshine 5:38
10. Sweet Miracle 3:40
11. Nocturne 4:49
12. Freeze (Part IV of 'Fear') 6:21
13. Out Of The Cradle 5:03


Geddy Lee - bass guitar, vocals
Alex Lifeson - electric and acoustic guitars, mandola
Neil Peart - drums, percussion

jeudi 17 octobre 2013

Le diamant du Roi Maudit

Mercyful Fate "Don't Break the Oath" (1984)
ou "La Voix du Mal"


On ne présente plus les danois de Mercyful Fate aux spécialistes de la chose metal, pas plus qu'on ne doive leur expliquer les mérites du présent album, d'ailleurs. Pour eux, les spécialistes, il est entendu que ce heavy metal dérivatif d'Iron Maiden, de Judas Priest et de Black Sabbath est une référence et que Don’t Break the Oath est une des deux plus belles pages de leur discographie.

Il faut dire que tout est là, musicalement, pour contenter le chevelu en mal de qualité métallique : tempi galopants, guitares à la tierce, compositions (un poil progressives) de qualité… Pas exactement une formule magique mais on s’en approche diablement et elle fonctionne ici à merveille.

Après, deux camps s’opposent et les raisons de ce schisme sont évidemment les « prouesses » vocales de Kim « King Diamond » Petersen… Pour ceux qui ne les auraient jamais entendues, elles évoquent consécutivement le registre médium d’un Rob Halford (Judas Priest), les feulements d’une vierge sacrificielle et les grognements d’un cochon qu’on conduit à l’abattage... Quand ce n’est pas tout à la fois ! L’effet est assurément théâtral et colle parfaitement à la musique du groupe, il faut cependant avouer que pareille démonstration aura inévitablement un effet répulsif sur ceux qui goûtent peu aux performances « hors norme ».

Classique (et indispensable à qui veut appréhender correctement l’histoire du heavy metal), Don’t Break the Oath l’est, sans la moindre ombre d’un doute. On regrettera simplement que ce remaster (par ailleurs tout à fait correct) joue trop la carte du sur-volume pour booster des enregistrements certes anciens mais qui n’avaient aucunement besoin de cet artificiel lifting. Entre des mains plus expertes (ou plus dévouées ?) on se doute que le résultat eût pu être nettement supérieur. En attendant mieux, on s’en contentera parce que la musique est bonne et que là est bien l’essentiel.


1. A Dangerous Meeting 5:12
2. Nightmare 6:21
3. Desecration of Souls 4:57
4. Night of the Unborn 5:02
5. The Oath 7:34
6. Gypsy 3:10
7. Welcome Princess of Hell 4:06
8. To One Far Away 1:31
9. Come to the Sabbath 5:18
Bonus
10. Death Kiss (Demo) 4:30


King Diamond: chant, claviers, harpsichord
Hank Shermann: guitare
Michael Denner: guitare
Timi "Grabber" Hansen: basse
Kim Ruzz: batterie

.Recyclé de l'Année du Dragon.
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