mardi 31 décembre 2013

Et pour finir l'année en beauté...

Jazz Jamaica All Stars "Massive" (2004)
ou "Dancing the Year Away"


Un album festif pour un réveillon incandescent et enjoué ? Voici !

Avec les Jazz Jamaica All Stars, big band anglo-jamaïcain de jazz reggae (à moins que ce ne soit de reggae jazzy), c'est un bon gros rayon de soleil qui vient illuminer nos petit encéphales surgelés. Le répertoire, composé de standards de jazz et de rock steady/reggae, est connu de tous... Si ce n'est de nom au moins d'oreille. Les arrangements sont évidemment ce qui fait tout le sel de l’entreprise. Tout en cuivres rutilants et rythmiques chaloupées ils créent une passerelle parfaite entre les deux genres ici représentés.

De fait, tout ceci coule naturellement de source et fait nonchalamment dodeliner du chef et tressauter du popotin l’auditeur. On n'en demande pas plus.


1. Ball Of Fire 7:50
2. My Boy Lollipop 5:04
3. Dolphin Dance 8:46
4. Again 4:41
5. Footprints 8:52
6. Confucius 8:13
7. Vitamin A 5:20
8. Walk On By 5:25
9. Liquidator 8:31
10. Capullito De Aleli 5:09
11. Medley: [Love Theme from] The Godfather/Al Capone 6:42


Gary Crosby: contrebasse
Alex Wilson: piano, claviers
Alan Weekes: guitare
Tony Uter: percussions
Orphy Robinson: vibraphone
Kenrick Rowe: batterie
Juliet Roberts: vocals
Denys Baptiste, Andy Sheppard, Michael Rose, Patrick Clahar, Adam Bishop, Jason Yarde, Sowetop Kinch, Tony Kofi, Ray Carless: saxophone
Kevin Robinson, Guy Barker, Edward Thorntorn, Claude Deppa, Sean Crosby, Colin Graham: trompette
Henry Brown, Ashley Slater, Annie Whitehead, Barnaby Dickinson, Fayyaz Virji, Winston Rollins, Dennis Rollins: trombone
Andy Grabby: tuba

.Recyclé de l'Année du Dragon.
GjMdD01

lundi 30 décembre 2013

La Complainte du Pauvre Bill

Bill Fay "Life Is People" (2012)
ou "Gloom on You"


Il est de ces artistes dont quelques maniaques obsessionnels vantent ardemment les multiples mérites, de ces losers magnifiques qu'on croyait irrémédiablement broyés entre les mâchoires impitoyables d'une industrie qui détruit ce qu'elle ne comprend pas, ne sais pas vendre.

Bill Fay, historiquement, ce sont deux albums (l'éponyme et Time of the Last Persecution, son chef d'œuvre) sortis en catimini aux finissantes 60s et naissantes 70s et déroulant une folk sombre et habitée qui ne fit dont pas florès malgré ses indéniables et louables qualités. Puis une disparition, 40 années (!) de disparition aussi incompréhensibles que malvenues. Pas un cas unique en l'espèce, juste un beau gâchis supplémentaire... Et puis non, le revoilà le Bill pour vieilli, blanchi et dégarni qu'on le retrouve, il est bien là. Est-ce le souffle de la rumeur "webbique" qui aura ravivé l'intérêt ou juste un coup d'anges malicieux ? Allez savoir... Toujours est-il qu'en 2012, Mister Fay sort son 3ème album... Enfin !

Autant le dire, Bill n'est pas un rigolo et ceux qui cherchent de la légèreté seront bien inspirés de prendre la porte, de la fermer à double tour et de se visser presto l'ipode sur les feuilles pour déguster un petit Mika et évacuer prestement le souvenir de la sinistre rencontre qu'ils ont failli faire. Les autres découvriront (ou redécouvriront) une belle âme fêlée, un souffreteux magnifique déroulant les déchirants pathos d'une vie pas souvent rose. Certainement pas un comeback (Bill le refuse disant qu'il faudrait d'abord être arrivé quelque part pour revenir et l'album n'est de toute façon pas de la tonalité "pimpino-triomphante" qui sied à ce genre d'évènement), une continuation, la reprise d'un ouvrage trop longtemps abandonné comme on le croirait exprimé par la pochette au recueillement concentré, Life Is People ne fait pas dans le racolage opportuniste et ne propose, en définitive, que l'honnête travail d'un artisan appliqué qui a bien pris son temps (c'est le moins que l'on puisse dire !). Et comme tout travail d'artisan appliqué, et inspiré en l'occurrence, il vaut surtout par ses chansons, une collection largement downtempo qui frise la perfection magnifiée, qu'elle est d'arrangements dont l'intemporalité le dispute à la délicatesse (et prouve, conséquemment, la compétence, la richesse et la justesse du line-up présentement réuni). Et si on ressortira volontiers quelques highlights, quelques moments où la grâce atteint son paroxysme, avec, par exemple, en cerise diamant sur le gâteau d'or, le bouleversant Cosmic Concerto, épique et intime à la fois, une des plus belles chansons de l'an, rien que ça, chaque titre atteint son but, son rôle...

Avec des mots simples et justes, reflets de la longue expérience de leur vieux et sage galérien d'auteur, une intimité, tant vocale que musicale, tellement compatible avec son inclinaison rêveuse (...jamais loin d'être cafardeuse), une mise en son, aussi, permettant à l'auditeur de s'y croire, Life Is People est un trésor dont on sait immédiatement qu'on reviendra souvent se délecter à sa mélancolique source... Une pleine et entière réussite, tout simplement, qui nous fait espérer que, cette fois, Bill Fay ne nous abandonnera pas au milieu de la route et qu'enfin il rencontrera une reconnaissance originellement méritée. Vu le concert de louange qui a accueilli l'album, c'est plutôt bien parti.


1. There Is A Valley 4:15
2. Big Painter 3:59
3. Never Ending Happening 3:43
4. This World 3:43
5. The Healing Day 5:14
6. City of Dreams 6:10
7. Be At Peace With Yourself 5:00
8. Jesus, Etc. 4:17
9. Empires 3:23
10. Thank You Lord 3:14
11. Cosmic Concerto (Life Is People) 7:56
12. The Coast No Man Can Tell 3:06


Bill Fay: piano, chant
Ray Russell: guitare
Tim Weller, Alan Rushtown: batterie, percussions
Matt Deighton: guitare, chœurs
Mikey Rowe: piano, orgue, synthétiseurs
Matt Armstrong: basse
Ian Burdge: violoncelle
Jeff Tweedy: chant sur "This World"
The London Community Gospel Choir, Travis Cole, Wendi Rose, Waleed Isaacs: choeurs
Vulcan String Quartet
Andrew Walters, Joanna Walters: violon
Dr. Bernard Kane: viola
Nathan Stone: violoncelle

.Recyclé de la Caverne d'Ali Baba.

dimanche 29 décembre 2013

Rory in Frisco

Rory Gallagher "Notes from San Francisco" (2011)
ou "Album perdu et Live retrouvé"


Comme le dit Elliott Mazer, producteur de l'album, dans les intéressantes notes du livret (un vrai mélodrame cet album, je ne vous raconte pas !), cet album a été conçu comme un "Rory Gallagher américain" avec une plus grande emphase sur l'aspect rythmique, les arrangements et un plus important recours aux claviers ainsi qu'à quelques invités pour bonne mesure. Ce n'est pas à dire qu'on n'y reconnait pas la voix inimitable et le jeu de guitare imparable du bluesman irlandais. Ils sont partout ici et c'est heureux d'ailleurs.

C'est sur la fin de 1977 et le début de 1978 que Rory tente l'aventure américaine, à San Francisco comme l'indique le titre de l'album. Naturellement, il y a un indélébile côté « blue collar » chez Rory Gallagher, pas étonnant, à partir de là, qu'on soit souvent tenté de comparer, dans l'esprit, sa tentative américaine avec un Bob Seger ou un Creedence Clearwater Revival tout en retenant, évidemment, les fondamentaux blues si profondément marqués dans le cuir de l'irlandais qu'on ne l'imagine pas s'en défaire. De fait, Rory l'irishmen n'a pas de mal à se glisser dans le costume glitter que lui taille une production anormalement clinquante dans la discographie du guitariste/chanteur. Bien sûr, les soli rageurs sont ici nombreux et forcément bien troussé par un expert du genre et, fondamentalement, c'est à un Gallagher classique auquel on a affaire, classique outre le polish précédemment évoqué de la mise en son et une certaine langueur qu'on n'a pas l'habitude d'entendre chez lui. Ca n'empêche en aucun cas de goûter à un répertoire de qualité, c'est juste un peu... étrange, inattendu. Mais bon, le matériau inédit de Rory est suffisamment rare pour qu'on ne fasse pas la fine-bouche d'autant qu'il n'y a vraiment pas de quoi sauf à être un puriste (intégriste) de la chose « Gallagherienne » comme l'était Rory qui, finalement, refusa de sortir ces chansons et repartit en Europe pour y enregistrer le brut de décoffrage Photo-Finish (avec grosso modo la même tracklist).

Ce bonheur suffirait mais, ô joie !, ne vient pas seul. En l'occurrence, un second CD live (capté fin 1979, toujours à « Good Ole Frisco ») avec, cette fois, Rory de retour en trio classique, s'ajoute à ces sessions perdues et c'est à une heure de blues rock suant et sincère que nous sommes conviés. Comme chacun sait que Rory, sur scène, encore plus qu'en studio, connaissait son affaire, il n'est donc aucunement besoin de "faire l'article" sur ce qui n'égale pas un Irish Tour (sommet live de Gallagher) mais rajoute une très jolie page à un catalogue jamais suffisamment important.

Au final, Notes from San Francisco est un vrai plaisir (de deux heures !). Les sessions inédites se tiennent fort bien, le live itou. Recommandé ? Oui da !


CD 1
1. Rue The Day 4:26
2. Persuasion 4:45
3. B Girl 4:42
4. Mississippi Sheiks 5:56
5. Wheels Within Wheels 3:40
6. Overnight Bag 4:46
7. Cruise On Out 5:19
8. Brute Force & Ignorance 5:45
9. Fuel To The Fire 5:43
10. Wheels Within Wheels (Alternate Version) 3:55
 11. Cut A Dash 3:49
12. Out On The Tiles 4:22

CD 2
1. Follow Me 6:25
2. Shinkicker 3:43
3. Off The Handle 7:01
4. Bought And Sold 4:43
5. I'm Leavin' 4:35
6. Tattoo'd Lady 6:50
7. Do You Read Me 6:11
8. Country Mile 3:51
9. Calling Card 5:51
10. Shadow Play 5:11
11. Bullfrog Blues 5:38
12. Sea Cruise 3:39

Studio:
Rory Gallagher: chant, guitare, harmonion
Lou Martin: claviers
Rod de 'Ath: batterie, percussions
Gerry McAvoy: basse
Joe O'Donnell: violon (4)
Martin Piero: saxophone (1, 8)

Live:
Rory Gallagher: chant, guitare
Ted McKenna: batterie
Gerry McAvoy: basse

.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD222

samedi 28 décembre 2013

Le party metal du IIIème millénaire !

Kvelertak "Meir" (2013)
ou "Meir de tous les excès"


L'effet de surprise d'un premier album osant une fusion de hardcore, de black metal et d'énergie typiquement rock'n'rollesque passée, les norvégiens de Kvetertak continuent de tracer leur propre petit chemin. Analyse d'un phénomène en danger de banalisation.

Indéniablement, il y a deux ans, le premier album de Kvertalak fit son petit effet proposant une musique jusqu'alors inédite et, surtout !, d'excellentes chansons pour véhiculer cette nouvelle conception du metal. Autant dire que la formation était sérieusement attendue au tournant. L'exploit d'une musique à la fois sombre et entraînante serait-il pérennisé ? Avec Meir (plus en norvégien) on peut se rassurer, la formule n'a pas été perdue dans l'expectative créée par la si difficile conception d'un second album. Pour mettre toutes les chances de leur côtés, le groupe a de nouveau fait appel aux services du producteur Kurt Ballou (metteur en son émérite mais également six-cordistes des vénérés Converge) et de John Dyer Bayzley (chanteur et guitariste de Baroness) pour un artwork encore une fois tout à fait réussi (le lascar est, il faut dire, coutumier du fait). Mais si cette continuité est, fondamentalement, une bonne nouvelle, elle est aussi la limite d'un opus reproduisant peu ou prou la même recette et n'ayant, par conséquent, pas l'impact novateur de son devancier.
Quoiqu'il en soit, on ne peut que reconnaître à Kvelertak une réelle efficacité compositionnelle, une capacité à accrocher la feuille sans commune mesure avec la masse des metalleux laborieux qu'on rencontre habituellement. Ca lui vaut d'ailleurs sans doute de passer pour un groupe de vendus chez les plus intégristes des chevelus cuir-et-cloutés. Fi de ce mauvais esprit de chapelle, de ce sectarisme bas du front qui les fit, par exemple, exclure de l'Encyclopaedia Metallum, site connu pour son double standard d'acceptation puisqu'on y retrouve un Mötley Crüe, un Scorpions ou un Def Leppard (formations pas franchement habités par la fonderie lourde) mais pas les groupes lorgnant sur le "core" ou le "nu" à la crédibilité pourtant plus évidente... Bref, revenons à nos (furieux) moutons et à leur seconde galette et constatons qu'écoute après écoute, même avec toute la mauvaise foi du monde, on ne peut reprocher à Meir que son suivisme de l'œuvre originelle. Parce que, mes amis, c'est une belle enfilade de folie riffeuse, d'agression percussive, de vocalises écorchées ET de mélodies accrocheuses (oui, tout ça !) qui nous est offerte avec, en sus, un vrai don pour affiner le propos certes épisodiquement mais de façon suffisamment marquante pour que cela fut mentionné, c'est fait.

Reste qu'on souhaite au groupe de vite trouver le sésame de son évolution s'il ne veut pas s'auto-parodier à l'instar d'un Volbeat aujourd'hui usé jusqu'à l'élastique du slip. En l'occurrence, on n'en est pas encore là et on peut donc apprécier sans arrière-pensée une galette certes convenue, pour Kvelertak, mais d'une implacable efficacité. Kvelertak ? Le "party metal" du IIIème millénaire devrait sonner comme ça et il n'y a qu'à sampler l'impeccable single, Bruane Brenn (un exemple parmi tant d'autres !), pour s'en convraincre. En un mot comme en mille, Kvelertak a la classe et si les petits cochons ne les mangent pas, etc.


1. Åpenbaring 3:06
2. Spring Fra Livet 3:34
3. Trepan 3:39
4. Bruane Brenn 4:07
5. Evig Vandrar 2:48
6. Snilepisk 2:52
7. Månelyst 3:10
8. Nekrokosmos 6:40
9. Undertro 6:25
10. Tordenbrak 8:53
11. Kvelertak 3:49


Erlend Hjelvik – vocals
Vidar Landa – guitar, piano
Bjarte Lund Rolland – guitar
Maciek Ofstad – guitar, vocals
Marvin Nygaard – bass
Kjetil Gjermundrød – drums

vendredi 27 décembre 2013

Vas-y guitare !

Johnny "Guitar" Watson "The Funk Anthology" (2005)
ou "sexy funk 'n' blues"


Au panthéon des musiciens black qui comptent ou ont compté et dont l'influence n'est plus à vanter (quoique il ne soit jamais inutile de remettre sur l'ouvrage...), Johnny "Guitar" Watson fait trop souvent figure de grand oublié.

Né en 1935 et décédé en 1996, ce chanteur et guitariste, comme son nom l'indique !, mais surtout multi-instrumentiste (il n'était pas rare qu'il joue de presque tout sur ses albums et excellait aux synthétiseurs comme on l'entend souvent sur cette Anthologie) et compositeur est/fut ainsi régulièrement cité en référence par de nombreux musiciens tels que Steve Miller (qui le reprit même à deux reprises dont l'anthémique Gangster Of Love), Etta James (qui se disait autant la Johnny "Guitar" féminine qu'elle considérait Johnny comme l'Etta James masculin... sacré compliment !) ou Frank Zappa (qui de son propre aveu eut envie de jouer de la guitare grâce au Three Hours Past Midnight de 1966)... Etc (n'est-ce pas Mr. Nelson, n'est-ce pas messieurs les hip-hoppers qui le samplez sans vergogne).


Concrètement, cette Funk Anthology couvre la seconde carrière de Johnny - de l'Ain't That a Bitch de 1976 au And The Family Clone de 1981 avec un détour obligatoire par l'éphémère retour des années 90 avec Bow Wow (1994) - où, s'inventant un personnage de Super-Mac et funkisant sa soul'n'blues, Watson produit les plus belles pièces de sa pourtant longue et riche carrière. Il faut dire que ce funk salace injecté de blues licks ô combien maîtrisés a tout pour réjouir. Et la sélection (riche de 31 titres et 2 heures et demie), n'oubliant ni les indispensables ni l'inclusion de quelques savoureuses raretés, est, en l'occurrence, parfaite montrant l'étendue du talent d'un artiste se jouant des frontières entre les genres (et les races), un peu à la manière d'un Sly Stone ou d'un George Clinton (Funkadelic) tous deux, vous l'aurez deviné... Influencés par Johnny "Guitar" Watson.


Incomplète puisqu'elle exclut tout enregistrement antérieur à 1976 (pour une carrière discographique commencée en 1955), la Funk Anthology de Johnny "Guitar" Watson a le mérite de la cohérence stylistique si ce n'est celle du bon goût avec un artwork un poil kitsch (bien rattrapé par un livret riche de moult informations). Evidemment, in fine, seule la musique compte, elle est ici simplement excellente et on ne peut donc que chaudement recommander ce riche double cd à toutes celles et ceux qui n'auraient pas encore croisé la route de ce trublion du funk (et du blues !) qui saura faire blueser les popotins et danser les âmes (ou l'inverse). Diantre !



CD 1
1. Ain't That A Bitch 5:01
2. Superman Lover 5:43
3. I Need It 4:42
4. A Real Mother For Ya 5:03
5. I Want To Ta-Ta You Baby 5:47
6. Baby's In Love With The Radio* 3:50
7. Tarzan 4:58
8. Funk Beyond The Call Of Duty 5:13
9. It's About The Dollar Bill 4:12
10. Love That Will Not Die 3:47
11. I'm Gonna Get You Baby 4:05
12. ET (Previously Unreleased) 4:30
13. Miss Frisco (Queen Of The Disco) 5:00
14. You Can Stay But The Noise Must Go 6:08
15. Feel The Spirit Of My Guitar* 3:15
16. Gangster Of Love 3:47


CD 2
1. Don't Be What UC* 4:52
2. What The Hell Is This? 6:10
3. I Don't Want To Be President 3:42
4. Strung Out 7:26
5. Cop & Blow 5:11
6. Booty Ooty 5:23
7. Lone Ranger 6:07
8. Telephone Bill 4:43
9. Love Jones 4:44
10. Before I Let You Go* 5:27
11. Voodoo What You Do 5:19
12. Come And Dance WIth Me 5:16
13. Ain't Nobody's Business* 4:50
14. Bow Wow 4:46
15. Johnny G. Is Back 5:16
*: Previously Unreleased


.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD185

jeudi 26 décembre 2013

Old school (revisited)

Days Between Stations "In Extremis" (2013)
ou "Yesterday and Today"


Toujours prompts à s'esbaudir sur le premier album venu du moment qu'il répond aux canons du genre, les fans de rock progressif se sont emparés du second album de Days Between Stations, duo angeleno accompagné de moult guests, pour le célébrer comme une immense réussite et un des tous meilleurs albums de 2013. Vraiment ?

Première constatation, stylistique celle-ci, In Extremis n'apporte rien de neuf à la galaxie progressive : la construction en est classique, rétro dirait-on, et la production moderne. Rien que de très courant, en fait.
Seconde constatation, formelle cette fois, c'est d'un concept album dont il s'agit. Un concept album dont l'illustration a été confiée à Paul Whitehead, dessinateur des pochettes des premiers albums de Genesis et de Van der Graaf Generator pour Charisma. Personnellement, je trouve l'artwork d'une rare hideur mais bon, les gouts et les couleurs, hein. Et puis, qu'importe le flacon, etc.
Quand on en vient à analyser la musique et ses influences, on ne peut que constater les fantômes de Pink Floyd (une guitare souvent Gilmourienne en diable mais aussi quelques ambiances), de Genesis (le gout de la sinfonietta électrique, voir la suite finale et éponyme), de Yes (les chœurs) ou de Led Zeppelin (pour la lourdeur de la batterie et quelques riffs bien sentis) et même du Marillion de Steve Hogarth pour le parti-pris moderniste de la mise en son (thanks to Billy Sherwood). Rien de neuf donc, mais un cocktail louable et plutôt très cohérent.

Le nerf de la guerre, à partir de là, tient dans la réussite des compositions, leur qualité et la réussite des enchainements et là, il y a à boire et à manger... Déjà on se questionne sur l'utilité d'enquiller deux instrumentaux, certes ils sont de belle tenue mais retardant d'autant l'entrée dans le vif du sujet conceptuel, c'est dommage. Ensuite, il y a les chansons dont on se demande bien ce qu'elles font là et jurent avec le ton de l'album, c'est le cas de The Man Who Died Two Times (avec Colin Moulding, ex-XTC) qui, trop pop, fait décrocher du trip. Idem pour le charmant instrumental qui suit : une respiration ? certes, mais dont l'utilité échappe. Restent quatre belles grosses pièces progressives, en particulier le morceau titre et Eggshell Man et son solo de moog par nul autre que l'ex-Yesman Rick Wakeman, qui, bien construites et regorgeant de prouesses instrumentales heureusement point trop démonstratives ou onanistes, justifient l'intérêt suscité par In Extremis
Côté guests, outre Tony Levin (King Crimson, Peter Gabriel) et Billy Sherwood (Yes, Toto, etc.), l'accumulation des guests ressemble plus à un gadget de communication qu'à un élément décisif dans la réalisation du présent projet. Ceci dit, c'est un bonheur d'avoir, une dernière fois, l'honneur et l'avantage d'entendre le regretté Peter Banks (guitariste des deux premiers albums de Yes) pour lequel un morceau est d'ailleurs dédié ici (Waltz in E Minor, où il n'apparait pas).

Et donc, In Extremis n'est pas la Rolls généralement dépeinte par les zélotes de la chose progressive. Un bon album, sans l'ombre d'un doute, sachant recycler le passé avec une certaine classe, ce qui est déjà beaucoup me direz-vous et vous n'aurez pas tort, mais rien de plus. Evidemment, on continuera de suivre les aventures musicales d'Oscar Fuentes Bills et de Sepand Samzadeh parce qu'il y a ici la promesse de beaux lendemains.


1. No Cause for Alarm (Overture) 3:51
2. In Utero 5:10
3. Visionary 10:40
4. Blackfoot 10:04
5. The Man Who Died Two Times 4:11
6. Waltz in E Minor (dedicated to Peter Banks) 2:04
7. Eggshell Man 11:56
8. In Extremis 21:37


Oscar Fuentes Bills: Piano, Synthesizers, Rhodes, Mellotron, Hammond Organ, Electronic Percussion
Sepand Samzadeh: Guitars
&
Tony Levin: Bass
Billy Sherwood: Drums and Lead Vocals
Peter Banks: 2nd Lead & Rhythm Guitar on Eggshell Man, In Extremis
Matt Bradford: Dobro on Visionary
Colin Moulding: Lead Vocals on The Man Who Died Two Times
Ali Nouri: Tar solo on Eggshell Man
Jeffery Samzadeh: Sonati Vocals on In Extremis
Rick Wakeman: Mellotron Flute, Minimoog Solo on Eggshell Man
The Barbershop Quartet (Pat Claypool, Matt Gray, Eric Orr, David Rakita): on In Extremis
Chris Tedesco & The Angel City Orchestra: No Cause for Alarm, In Utero, Visionary, Waltz in E Minor, In Extremis
Josh Humphrey: Keyboard Effects and Textures on In Utero, Electronic Drums & Programming on Visionary
Chris Tedesco: Trumpet Solo on Visionary, In Extremis

mercredi 25 décembre 2013

Noël Africain

Various Artists "Africa, 50 Years of Music (50 ans d'indépendance, 1960/2010)" (2011)
ou "L'Afrique dans tous ses états"


Une somme !

Certes un peu didactique dans son découpage régional et temporel, Africa 50 Years of Music est un essentiel à qui veut glisser un orteil (et même les deux pieds !) dans la musique d'un continent trop souvent réduit à quelques figures de proue essentielles mais ultimement limitatives. Pas (que) de ça dans cet étalage non-exhaustif mais suffisamment complet pour qu'on loue l'initiative.

Evidemment, toutes les stars et tous les tubes sont là ou presque, de Myriam Makeba et son Pata Pata, de Manu Dibango et Soul Makossa, de le famille Kuti (Seun, Femi et évidemment Fela) à Youssou N'Dour, de Cheb Khaled à Reinette l'Oranaise, de Cesaria Evora à Geoffrey Oryema, etc. (20 CDs, la liste est longue !), c'est un festival ! Mais il y a aussi, revers de la médaille du foisonnement musical d'un continent qui n'a pas fini de nous épater par sa richesse et sa diversité culturelle, des artistes qui ne sont pas forcément parvenus aux oreilles occidentales tout en le méritant autant, c'est surtout là le sel de ce massif coffret.
C'est, qui plus est, un bel objet doté d'un bon gros livret, en anglais ET en français, contenant une mine d'informations utiles pour comprendre et appréhender correctement le contenu sonore et son contexte historique.

Bref, si vous aimez la musique africaine sans vraiment savoir par où ou par quoi commencer, si vous désirez simplement une compilation anthologique de qualité supérieure ou si une saine curiosité intellectuelle vous attire vers ce genre de projet, ne cherchez pas plus loin, Africa, 50 Years of Music est exactement ce qu'il vous faut.


CD 1
North Africa 1 (1944-1975)
1. Slimane Azem - Algérie Mon Beau Pays (Algeria) 4:06
2. Dahmane El Harrachi - Kifèche Rah (Algeria) 4:12
3. Oum Kalsoum - Ghanili Chweyi (Egypt) 4:49
4. Raoul Journo - Ya Mahfel Houche Khdija (Tunisia) 5:14
5. Cheikha Remitti - Touche Mami Touche (Algeria) 4:43
6. Blond Blond - Wahran el Bahyia (Algeria) 5:56
7. Farid el Atrache - Yigui Youm (Egypt) 4:31
8. M'hamed el Anka - Ya Rabi (Algeria) 5:20
9. Mohamed Abdelwahab - Hirtou (Egypt) 5:10
10. Ahmed Hamza - Jari Ya Hamouda (Tunisia) 5:42
11. Noura - Y Bnet el Houma (Egypt) 5:13
12. Salim Halali - Sidi h'Bibi (Morocco) 3:31

CD 2
North Africa 2 (1965-1998)
1. Abdelaziz Stati - Hakmet Aliha Dorouf (Morocco) 5:07
2. Chérifa - Azwaw (Algeria) 5:26
3. Mohamed Bajdoub - Chems el Aâchia (Morocco) 4:40
4. Abdelhalim Hafez - Al Rissal (Egypt) 6:31
5. Louni Aït-Menguellet - Rouh Adhqimagh (Algeria) 4:59
6. Abdelwahab Doukkati - Almihrab (Morocco) 4:06
7. Reinette L'Oranaise - Reinette L'Oranaise (Algeria) 6:10
8. Nass el Ghiwane - Mahmouna (Morocco) 4:38
9. Hédi Habouba - Tih el Téhi (Tunisia) 5:26
10. Mohamed Mounir - El Leila Ya Smara (Egypt) 5:41
11. Soulef - Rah el Ghali (Tunisia) 7:01

CD 3
North Africa 3 (1982-2004)
1. Hakim - Shoufou (Egypt) 4:04
2. Cheb Mami - Ana Mazel (Algeria) 4:45
3. Takfarinas - Tebbeg Rir (Algeria) 4:30
4. Raïna Raï - Hagda (Algeria) 3:53
5. Najat Aatabou - J'en ai marre (Morocco) 4:32
6. Khalass - Bedeltini Bghiri (Algeria) 5:53
7. City 16 - La Tchitchi (Algeria) 3:50
8. Cheb Hasni - Galou Asni Mèt (Algeria) 6:36
9. Ouled Jouini - Mériam Maria (Tunisia) 4:01
10. Cheb Khaled - La Camel (Algeria) 4:02
11. Orchestre Fayçal - Ana Mélit (Morocco) 4:42
12. C. Fadélac/C. Saharaoui - N'sel Fik (Algeria) 5:52

CD 4
West Africa 1 (1956-1978)
1. E.T. Mensah - Ghana Freedom (Ghana) 2:39
2. Super Eagles - Gambia Su Nous Raew (Gambia) 3:05
3. Bembeya Jazz - Armée Guinéenne (Guinea) 3:55
4. Geraldo Pino - Heavy Heavy Heavy (Sierra Leone) 6:34
5. Sory Kandia Kouyate - Souaressi (Guinea) 4:48
6. Osibisa - Music for Gong Gong (Ghana) 7:57
7. Fela Kuti - Shakara (Nigeria) 13:26
8. Oscar Sulley - Bukom Mashie (Ghana) 5:06
9. Prince Nicomo Mbarga - Sweet Mother (Nigeria) 9:00
10. K Frimpong - Hwehwe Mu Na Yi Mpena (Ghana) 7:51
11. Orchestra Baobab - Jin Ma Jin Ma (Senegal) 5:40

CD 5
West Africa 2 (1978-1992)
1. Salif Keita - Mandjou (Mali) 12:45
2. Gnonnas Pedro - La Musica en Vérité (Benin) 7:11
3. Amadou Balake - Taximen (Burkina Faso) 7:43
4. Touré Kunda - Emma (Senegal) 3:10
5. Alpha Blondy - Brigadier Sabari (Ivory Coast) 4:44
6. Poly Rithmo - Sémessa Zéro + Zéro (Benin) 8:18
7. Youssou N'Dour - Immigrés (Senegal) 6:11
8. Ismaël Lô - Tadieu Bone (Senegal) 4:25
9. Mory Kanté - Yeke Yeke (Guinea) 3:59
10. Baaba Maal - Yiiri Yalo (Senegal) 5:43
11. Oumou Sangaré - Ah Ndiya (Mali) 4:32
12. Ali Farka Touré - Dofana (Mali) 7:27

CD 6
West Africa 3 (1993-2010)
1. Seadou Bori - Bori (Niger) 5:12
2. Africando - Yay Boy (Senegal) 4:04
3. Tiken Jah Fakoly  - Mangercratie (Ivory Coast) 4:14
4. Amadou et Mariam - Baara (Mali) 4:33
5. Salopards - Génération Sacrifiée (Ivory Coast) 4:22
6. Magic System - 1er Gaou (Ivory Coast) 4:53
7. Rokia Traoré - M'Bifo (Mali) 6:15
8. Ba Cissoko - Taouyah (Guinea) 4:41
9. Djelimady Tounkara - Fanta Bourana (Mali) 5:47
10. Makouma - Nebine (Mauritania) 4:45
11. Femi Kuti - Inside Region (Nigeria) 8:49
12. Victor Démé - Djon Maya (Burkina Faso) 4:09
13. Bako Dagnon - Le Guide de la Révolution (Mali) 5:46
14. Mamadou Barry - N'Niyo (Guinea) 6:48
15. Angelique Kidjo - Afia (Benin) 4:13

CD 7
Southern Africa 1 (1968-1991)
1. Letta Mbulu - Welele (South Africa) 2:53
2. Myriam Makeba - Pata Pata (South Africa) 2:47
3. Abdhullah Ibrahim - Liberation Dance (South Africa) 4:35
4. Dr. Daniel Kachamba - Mulunga Adzatembenuza (Malawi) 6:46
5. Jivacort Kathumba - Abate Wanga (Malawi) 5:46
6. Bhundu Boys - Hatisi Tose (Zimbabwe) 4:56
7. Four Brothers - Makorokoto (Zimbabwe) 3:33
8. Oliver Mutukudzi - Ziwere (Zimbabwe) 6:30

CD 8
Southern Africa 2 (1991-2003)
1. Mahlathini & Mahotella Queens - Kazet (South Africa) 5:27
2. Lucky Dube - Slave (South Africa) 4:29
3. Soul Brothers - Abantu (South Africa) 4:34
4. Chiwoniso - Mai (Zimbabwe) 5:53
5. Sipho Mabuse - Jive Soweto (South Africa) 4:43
6. Saleta Phiri & AB Sounds - Imfa Ya Amuna Wanga (Malawi) 6:35
7. Suzana Lubrano - Tudo Pa Po (Madagascar) 4:30
8. Stella Chiweche - Paite Rima (Zimbabwe) 4:35

CD 9
Southern Africa 3 (2004-2010)
1. Joajoby - Indosiko Anao (Madagascar) 3:22
2. Hip Hop Pantsula - O Mang (Bostwana) 8:37
3. Rajery - Safora (Madagascar) 4:02
4. Thomas Madfumo - Shumba (Zimbabwe) 5:11
5. Regis Givazo - Eka Lahy (Madagascar) 5:53
6. Hugh Masekela - Mulungelo (South Africa) 5:54
7. Fatso - Bread and Roses (Zimbabwe) 3:51
8. Tumi & the Volume - Limpopo (South Africa) 4:22
9. The Very Best - The Warm Heart of Africa (Malawi) 3:49

CD 10
East Africa 1 (1964-1977)
1. Fundi Konde - Gari la Punda (Kenya) 4:01
2. Alemayehu Eshete - Feqer Feqer New (Ethiopia) 2:37
3. Matano Juma - Dada (Tanzania) 4:29
4. Testa-Maryama Kidane - Heywete (Ethiopia) 5:16
5. Mulatu Astatqe - Yegelle Tezeta (Ethiopia) 3:17
6. Hirut Begele - Almokerkum Neber (Ethiopia) 3:21
7. Ayalew Mesfin - Hasabe (Ethiopia) 3:58
8. Tiahoun Gessesse - Aykèdashem Lebé (Ethiopia) 4:58
9. Mahmoud Ahmed - Ere Mela Mela (Ethiopia) 4:41
10. Muluqen Melesse - Ete Endenesh Gedawo (Ethiopia) 4:15
11. Slim Ali & the Hodi Boys - Sweet Mother (Kenya) 9:54

CD 11
East Africa 2 (1977-1991)
1. Bzunesh Beqele - Astraqegn (Ethiopia) 2:56
2. D.O. Misiane & Shirati Jazz - Kiseru Parts 1 & 2 (Kenya) 8:42
3. Mlimani Park Orchestra - Kassim Amefilisika (Tanzania) 7:45
4. Super Mazembe - Samba (Kenya) 4:29
5. Orchestra Makassy - Mambo Bado (Kenya) 5:25
6. Nuta Jazz Band - Nipeleke Kwa Baba (Tanzania) 5:06
7. Djemil Jimmy Mahmed - Yeheywete Heywet (Ethiopia) 5:15
8. Geoffrey Oryema - Ye Ye Ye (Uganda) 4:29
9. Abdel Gadir Salim - Sudani (Soudan) 4:22
10. Aster Aweke - Kabu (Ethiopia) 5:52

CD 12
East Africa 3 (1998-2009)
1. Abou Chihabi - Viva Komoro (Comores) 4:03
2. Bi Kidude - Bomwanzani Wa Mahaba (Tanzania) 10:05
3. Western Jazz - Rosa (Tanzania) 5:20
4. Ikhwani Safaa Musical Club - Waache Waseme (Tanzania) 6:19
5. Zainaba - Towa Mo Ina (Comores) 6:07
6. Menwar - Sizann (Maurice) 5:10
7. Nawal - Narizambe (Comores) 4:16
8. Culture Musical Club de Zanzibar - Ni Yeye (Tanzania) 5:16
9. Maalesh - Ngoma (Comores) 5:28

CD 13
Central Africa 1 (1955-1976)
1. Grand Kalle - Indépendance Cha Cha (Congo) 3:06
2. Grand Kalle Ronde - Table Ronde (Democratic Republic of Congo) 2:59
3. Hilarion Nguema -Espoir (Gabon) 5:06
4. Tabu Ley - Mokoloko Nakokufa (Democratic Republic of Congo) 4:53
5. Docteur Nico - Tu m'as déçu (Democratic Republic of Congo) 5:35
6. Bantous de la Capitale - Makombo Mibale (Democratic Republic of Congo) 5:08
7. Franklin Boukaka feat. Manu Dibango - Le Bûcheron (Democratic Republic of Congo) 3:30
8. Zaiko Langa Langa - Fièvre Mondo (Democratic Republic of Congo) 9:35
9. Manu Dibango - Soul Makossa (Cameroun) 4:29
10. Andre Mari Tala - Hot Koki (Cameroun) 5:13
11. Francis Bebey - La Condition Masculine (Cameroun) 3:42
12. Pierre Akendengue - Africa Obota (Gabon) 5:06

CD 14
Central Africa 2 (1981-1988)
1. Bebe Manga - Ami O (Cameroun) 6:59
2. Mbilia Bell - Eswi Yo Wapi (Democratic Republic of Congo) 9:02
3. Moni Bile - Osi Tapa Lambo (Cameroun) 8:33
4. Zao - Ancien Combattant (Congo) 4:06
5. Maître Gazomba - Jaloux Saboteurs (Tchad) 8:28
6. Sam Fantomas - African Typic Collection (Cameroun) 6:37
7. Franco - Mario (Democratic Republic of Congo) 5:32
8. Oliver Ngoma - Bane (Gabon) 5:41
9. Pepe Kalle - Moyibi (Democratic Republic of Congo) 6:11

CD 15
Central Africa 3 (1989-2009)
1. Sam Mangwana - Transberos (Democratic Republic of Congo) 5:02
2. Kanda Bongo Man - Sai (Democratic Republic of Congo) 6:25
3. Papa Wemba - Maman (Democratic Republic of Congo) 5:22
4. Koffi Olomide - Loi (Democratic Republic of Congo) 5:37
5. Konomo N°1 - Paradiso (Democratic Republic of Congo) 6:55
6. Kekele - Ba Kristo (Democratic Republic of Congo) 7:29
7. Fally Ipupa - Liputa (Democratic Republic of Congo) 8:22
8. Kassaï All Star - Analengo (Democratic Republic of Congo) 8:18
9. Mounira Moutchala - Annil (Tchad) 4:06
10. Staff Benda Bilili - Moziki (Democratic Republic of Congo) 4:57

CD 16
Lusophone Africa 1 (1967-1983)
1. Luis Morais - Boas Festas (Cape Verde) 2:34
2. Jose Carlos Schwarz - Estin (Guinea Bissau) 4:19
3. Super Mama Djombo - Dissan Na M'Bera (Guinea Bissau) 5:13
4. Super Mama Djombo - Pamparida (Guinea Bissau) 5:51
5. Bulimundo - Brageru (Cape Verde) 4:07
6. Ze Manel - Nha Guine (Guinea Bissau) 3:17
7. Mendes Mendes - Grito de Bo Fidje (Cape Verde) 4:47
8. Africa Negra - Aninha (Sao Tome Principle) 8:30

CD 17
Lusophone Africa 2 (1990-2001)
1. Pablo Flores - O Povo (Angola) 4:46
2. Césaria Evora - Sodade (Cape Verde) 4:55
3. Bana - Tchan de Pedra (Cape Verde) 3:56
4. Os Tubaroes - Mae Querida (Cape Verde) 6:32
5. Tito Paris - Prete E Mi (Cape Verde) 6:01
6. Bonga - Mulemba Xangola (Angola) 5:21
7. Os Kiezos - Saudades de Luanda (Angola) 2:45
8. Artur Nunes - Kisua Ki Ngui Fuà (Angola) 3:24
9. Tony de Fumo - N'Ginda (Angola) 3:22
10. Tony Von - N'Hoca (Angola) 2:53

CD 18
Lusophone Africa 3 (2001-2007)
1. Tanga - Eme N'Congo Lami (Angola) 3:56
2. Urbano de Castro - N'Vula (Angola) 2:38
3. Luiz Visconde - Chofer de Praça (Angola) 3:32
4. Kapa Dech - Tsuketani (Mozambique) 4:07
5. Tabanka Diaz - Todos Os Sentidos (Guinea Bissau) 4:30
6. Menecas Costa - Paraiso di Gumbe (Guinea Bissau) 4:55
7. Voz de Cabo Verde - Criulinha (Cape Verde) 4:59
8. Rui Sangara - Disgraciado (Guinea Bissau) 4:57

BONUS
CD 19
Africa Now, Latest News from Africa
1. Boubacar Traore - Mondeou (Mali) 3:56
2. Cheikh Lo - Jamm (Senegal) 4:48
3. Sia Tolno - Eh Sangha (Guinea) 4:08
4. Ablaye Thiossane - Amineta Ndiaye (Senegal) 5:39
5. Bombino - Tar Hani (Touareg Nigeria) 6:30
6. Seun Kuti & Egypt 80 - African Soldier (Nigeria) 5:15
7. Terakaft - Ammazagh (Touareg Mali) 3:54
8. Ebo Taylor - Love and Death (Ghana) 6:55

CD 20
Bridges, The Other Side of African Music (2003-2011)
1. Louis 2000 - Kassoumaye 5:42
2. Kouyaté & Neerman - Diétou 4:23
3. Imperial Tiger Orchestra - Lale Lale 4:02
4. AfroCubism - Mali Cuba 5:37
5. Mulatu Astatké & the Heliocentrics - Addis Black Widow 3:37
6. Justin Adams & Judeh Camara - Sahara 6:11
7. Donso - Waati 5:14
8. Orlando Morais/Rivière Noire feat. Kassémady Diabaté - Bate Longe 6:34

mardi 24 décembre 2013

Electrobobo

Gesaffelstein "Aleph" (2013)
ou "Welcome to the Terrorzone"


Le milieu électro n'a que trop bruissé des splendeurs du lyonnais Gesaffelstein sur la foi de quelques EPs bien sentis. Autant dire qu'après des collaborations tapageuses avec Kanye West , moult remixes plus ou moins réussis et remarqués (Depeche Mode, Justice, Moby, Lana del Rey, etc.) ou l'utilisation d'un de ses titres pour une marque automobile française citronnée Mike Levy, le nom de l'homme, était attendu au tournant.

Eventons de suite la nouvelle : Aleph n'est pas lé révélation ultime de 2013, ce n'est que, ce qui est déjà très bien, un bel album de musique électronique noire et futuriste qui doit beaucoup tant à la French Touch qu'aux exactions house mutantes made in Detroit ou qu'à Aphex Twin.
Parce que clairement, entre beats concassées, gimmicks mélodiques accrocheurs et glissements plus sensuels en respirations utiles, il n'y a pas grand chose de révolutionnaire chez Gesaffelstein. De fait, s'il n'y avait eu le soutien de quelques "créateurs de tendance" (Inrocks & co), on serait probablement passé à côté de cet Aleph pourtant bien "sympathique". Oui, des guillemets à sympathique parce que cette techno de salon vise quand même un peu à effrayer le chaland dans une approche finalement assez proche du précédent phénomène hexagonal, Justice, en plus science-fictionesque cependant qu'on imagine d'ailleurs bien ce son illustrer un hypothétique remake de Blade Runner ou de New York 1997. D'ailleurs, en générateur d'images mentales troubles, Aleph fonctionne admirablement.
En fait, s'il fallait trouver un défaut majeur à un album sinon très réussi, c'est sa relative monotonie, la ressemblance entre elles des planeries et des agressions qui, sur la durée de l'album (66 minutes tout de même !) finit par tourner un peu en rond. Il vaut mieux, du coup, déguster le contenu à petites doses pour en optimiser son efficacité et son impact.

Pas un grand album, un bon album Aleph est aussi une promesse pour l'avenir que l'on recommandera à tous ceux qui aiment la musique électronique trippante, sombre et habitée.


1. Out of line 2:36
2. Pursuit 4:09
3. Nameless 4:39
4. Destinations 3:36
5. Obsession 4:09
6. Hellifornia 3:40
7. Aleph 4:46
8. Wall of Memories 3:50
9. Duel 3:59
10. Piece of Future 5:09
11. Hate or Glory 4:48
12. Values 3:59
13. Trans 4:33
14. Perfection 12:17

lundi 23 décembre 2013

The new Arcade is on Fire!

Arcade Fire "Reflektor" (2013)
ou "The Evolution is now"


Arcade Fire revient avec un double album... Diantre ! On sait que l'exercice a souvent été une chausse-trappe où maints groupes et artistes se sont cassés les dents. Quand, en plus, il se combine avec la redéfinition d'une écriture, une nouvelle approche sonore comme c'est le cas des montréalais qui nous intéressent ici, le pire est souvent à craindre...

Mais il y a du miracle dans l'air présentement, et James Murphy de LCD Soundsystem à la production et aux apports électroniques et dansants n'y sont  pas pour rien, indéniablement. Un miracle parce que la formation avait fini par tourner un peu en rond, sans jamais trop décevoir cependant mais qui, passé le choc initial d'un Funeral du feu de dieu, ne surprenait plus. Un miracle parce que cette heure et quart passe comme un charme sans moment faible, sans réelle baisse d'inspiration.
Sur le contenu même de l'album, je ne vous révèlerai rien, parce que gâcher la belle surprise serait vraiment dommage et que le tout, avec ses montées de sèves et ses apaisements, ses écarts stylistiques et ses regroupements sur les fondamentaux du groupe s'entend comme un trip global, un peu plus sombre dans sa seconde moitié, très varié et pourtant d'un cohérence folle qui ose, sur les bases de jadis des mélanges osés vers l'électro, le dub et même le rock progressif.
Une chose tout de même : cerise sur le gâteau, déjà bien appétissant sans, la présence du phénix David Bowie sur le morceau introductif et éponyme. C'est plus accessoire qu'autre chose mais on ne boude pourtant pas son plaisir.

Les écoutes successives usent tellement peu la galette qu'on finit par se dire qu'on tient peut-être là la plus belle œuvre des canadiens. Le temps confirmera, ou pas... Quoiqu'il en sera, Reflektor apparait comme un album important pour Arcade Fire, l'opus leur permettant d'envisager le futur avec une nouvelle sérénité, une nouvelle certitude, celle que leur art n'est pas soluble dans les changements stylistiques et que leur capacité à pondre de grandes chansons est intacte, et même nettement ravivée.


CD 1
1. Reflektor 7:34
2. We Exist 5:43
3. Flashbulb Eyes 2:42
4. Here Comes the Night Time 6:30
5. Normal Person 4:22
6. You Already Know 3:59
7. Joan of Arc 5:24

CD 2
1. Here Comes the Night Time II 2:51
2. Awful Sound (Oh Eurydice) 6:13
3. It's Never Over (Hey Orpheus) 6:42
4. Porno 6:02
5. Afterlife 5:52
6. Supersymmetry 11:16
(pas d'extrait, écoutez-le comme un tout !)


Win Butler – vocals, guitar, bass guitar, mandolin, keyboards
Régine Chassagne – vocals, accordion, drums, piano, xylophone, hurdy gurdy, recorders, keyboards
Richard Reed Parry – guitar, bass guitar, double bass, celesta, keyboards, piano, organ, synthesizer, accordion, drums, percussion, backing vocals
William Butler – synthesizer, bass guitar, guitar, percussion, sitar, panpipes, trombone, omnichord, glockenspiel, musical saw, double bass, concertina, clarinet, gadulka
Tim Kingsbury – guitar, bass guitar, double bass, keyboards
Jeremy Gara – drums, guitar, keyboards
&
Owen Pallett – orchestral arrangements, strings
Sarah Neufeld – strings
Marika Anthony-Shaw – strings
FILMharmonic Orchestra Prague – orchestra
Colin Stetson – horn arrangements, saxophones
Stuart Bogie – saxophones
Willinson Duprate – additional percussion
Verrieux Zile – additional percussion
Baptiste Jean Nazaire – additional percussion
Wilkenson Magloire – additional percussion
Dieuveut Marc Thelus – additional percussion
Wichemond Thelus – additional percussion
Joey Lavoie - guitar, keyboard
Rob Gill - guitar, bongos
Kid Koala – sample manipulation (1:1)
David Bowie – vocals (1:1)
Jonathan Ross – vocal sample (1:6)

dimanche 22 décembre 2013

Terry à fond de Cale

John Cale and Terry Riley "Church of Anthrax" (1971)
ou "Minimal Gold"


Voilà une rencontre qui a dû en surprendre plus d'un quand, en 1971, elle apparut dans les bacs des disquaires.

Surprendre surtout ceux qui ne savaient pas qu'avant le Velvet Underground et son premier album solo (l'excellent Vintage Violence), John Cale avait frayé avec quelques olibrius chantres d'un avant-garde minimaliste alors naissant et, en particulier, avec le Theatre of Eternal Music de La Monte Young.
Parce qu'ici, à l'exception de l'accessoire et déplacé The Soul of Patrick Lee (pas un mauvais titre cependant), pas de chansonnettes mais une musique instrumentale habitée où Terry Riley "drone", sa spécialité, et Cale illustre en multi-instrumentiste passionné et passionnant. Et si on sent bien qu'on a affaire à une jam c'est surtout à une création musicale d'une grande beauté qui nous est proposée, une musique qui sait se faire relaxante sans jamais perdre de son ambition et ambitieuse sans jamais se prendre la tête, où les influences world, jazz ou classiques apportent leur lot d'épices à la création, où les univers et acquis de deux Hommes s'imbriquent à la perfection.

Longtemps indisponible, outre quelques versions pirates peu recommandables circulant sous le manteau, il est bon de retrouver ce Church of Anthrax aussi stellaire que possédé, un petit bijou de musique avant-gardiste ET écoutable par deux grands messieurs au riche catalogue. Recommandé !


1. Church of Anthrax 9:05
2. The Hall of Mirrors in the Palace at Versailles 7:59
3. The Soul of Patrick Lee 2:49
4. Ides of March 11:03
5. The Protege 2:52


John Cale – keyboards, bass guitar, harpsichord, piano, guitar, viola, organ
Terry Riley – piano, organ, soprano saxophone
Bobby Colomby – drums
Bobby Gregg – drums
&
Adam Miller
– vocals on The Soul of Patrick Lee

samedi 21 décembre 2013

Joyeux Chaos !

Pet Bottle Ningen "Non-Recyclable" (2013)
ou "Bonne bouteille !"


Un power trio de jazz avant-gardiste new yorkais, ça vous tente ? Oui ? Ne cherchez pas plus loin, Pet Bottle Ningen est pour vous !

Formé en 2009 par la saxophoniste japonaise Nonoko Yoshida, le guitariste Dave Scanlon et le batteur Dave Miller (tous deux de la Grosse Pomme), Pet Bottle Ningen vous décrassera les conduits auditifs de son jazz libre, chaotique, fun et réjouissant expression de musiciens ne manquant ni d'imagination, ni d'humour. Certes, il faudra des oreilles aguerries pour démêler l'écheveau de cette musique sans compromis, mais pas sans fantaisie, tout au contraire.
Evidemment, ce second opus reproduisant peu ou prou la formule inaugurée sur l'album inaugural et éponyme du combo, l'effet de surprise n'est plus tout à fait là mais la qualité edgy, le décalage farceur, la capacité de distiller quelques mélodies bien senties et quelques ambiances plus éthérées (encore plus présentes ici qu'avant) venant tempérer le chaos étant toujours bel et bien présents, on ne se plaindra pas du fait que, clairement, Non-Recyclable (un comble que ce titre !) poursuit l'aventure plus qu'il ne la révolutionne. On s'en réjouira même. Et appréciera les changements marginaux mais pas inutiles, telle l'approche un poil plus minimaliste et contrôlée, presque plus classiquement jazz en fait, ici développée permettant de gouter encore plus à la maîtrise instrumentale de chacun des intervenants... Pour le grand plaisir de l'auditeur !

In fine, force est de constater que Pet Bottle Ningen reproduit la performance et nous sert une bien bel exercice à remuer du neurone qu'on ne saurait trop recommander aux amateurs du genre.


1. Mijinko 1:47
2. Lick Sketches #3 3:15
3. She Divided 3:33
4. Chocolate With 4:05
5. Eleven Months 7:44
6. Konta 4:12
7. Peacock Spider 2:33
8. Creatures of Habit 7:00
9. Ai 2:57
10. Comments 5:29
11. Tiny Sonata 1:36
12. Lick Sketches #4 1:55
13. Glaucus Atlanticus 3:09
14. While Sitting 4:10


Dave Scanlon - guitar
Nonoko Yoshida - alto saxophone
Dave Miller - drums, cymbals


Pet Bottle Ningen "Pet Bottle Ningen" (2011)
ou "Premiers bouchons"


(retour sur le) Premier opus du trio Pet Bottle Ningen, l'album Pet Bottle Ningen ne plaisante pas mais ne se prend pas pour autant au sérieux, dieu merci !

De fait cette musique, bourrée de références cartoonesques et de pastilles mélodiques savamment distillées prête souvent à sourire... Quand elle ne vous déchausse pas l'occiput à coup de saxophone furieux, de patterns de batteries foutraques ou de riffs et soli de guitare d'un autre monde.
S'il est évident que ces trois musiciens ont un bagage technique impressionnant, c'est pas leur imagination fertile et leur sens de l'humour sonique et leur radicalisme bienvenu qu'ils font la différence sur 12 courtes compositions et une odyssée nettement plus ambiante, Tupperware, mais pas si isolée ou anachronique (voir Frogfish), respiration utile dans un album harassant si ultimement satisfaisant... A condition que vous goutiez à ce cocktail il est vrai peu abordable à qui n'a pas planté ses crocs dans les exactions d'un Ornette Coleman, d'un Albert Ayler, d'un Cecil Taylor ou d'un John Zorn. Etc., mais ça situe bien à quel genre de folie on a ici affaire.

Du jazz fou mais pas (tout à fait) inabordable ? Avec un petit supplément d'humour aidant à faire passer la pilule ? Vous en aviez rêvé ? Pet Bottle Ningen l'a fait !

1. Gluten 1:02
2. Osiris 2:08
3. Cherry Blossom Scandal 2:10
4. 14 or 9 2:24
5. Expire 4:01
6. Tupperware 8:38
7. Lick Sketches #1 2:59
8. Let Arms be Thin 2:26
9. Hide Face 4:39
10. Orange Soda Cigarette 4:10
11. Frogfish 3:08
12. Surgeon Mask 1:54
13. The Insect Enters and Close Door, Please! 0:37


Dave Scanlon - guitar
Nonoko Yoshida - alto saxophone
Dave Miller - drums, cymbals

vendredi 20 décembre 2013

Poetic Zorn

John Zorn "In Lambeth: Visions from the Walled Garden of William Blake" (2013)
ou "Gnostic third"


3ème opus du Gnostic Trio, formation composée du guitariste Bill Frisell, de la harpiste Carol Emanuel et du percussionniste/vibraphoniste Kenny Wollesen. Pour ceux qui connaissent les deux précédentes œuvres de la formation, il n'y a pas plus à en dire, il fonceront sans le moindre doute sur cette nouvelle offrande d'un niveau au moins égal à ses devancières. Pour les autres, je ne saurait trop conseiller de se reporter aux billets écrits pour The Gnostic Preludes et The Mysteries, musicalement ils retrouveront ici le même savant assemblage de mysticisme compositionnel et de mélodies intimistes dans un style qu'on décrira volontiers comme du "jazz contemporain de chambre".

Evidemment, les trois musiciens présents, trois réguliers de la maison Zorn et pas seulement pour ce line-up, y excellent. Tout en retenue et subtilité, ils déroulent leurs capacités à éblouir instrumentalement sans jamais n'en avoir trop l'air. Il faut dire qu'avec les ambiances éthérées crées par l'irremplaçable Wollesen et son vibraphone magique, la guitare douce mais émotionnellement surpuissante de M. Frisell et le "remplissage" (ceci dit sans aucune connotation péjorative) de Mme Emanuel, essentiel pour structurer le tout et faire le lien entre les deux solistes susmentionnés, il y a très nettement matière à se réjouir. Comme, en plus !, les compositions de l'hyper-prolifique John Zorn (encore 10 albums cette sortis en cette année 2013 !) sont au diapason de la grandeur de ses interprètes c'est, cette fois encore, un album gagnant qui nous est proposé. Petite particularité qu'il n'est pas inutile de souligner, In Lambeth voit l'apparition d'une Ikue Mori venue texturer une composition (The Minotaur) de ses découvertes électroniques, et ça le fait !

Qu'importe, à partir de la, si le lien avec ce qui semble bien être la nouvelle obsession de l'avant-gardiste compositeur New Yorkais (voir A Vision in Blakelight paru l'an dernier), j'ai nommé l'œuvre de l'halluciné poète/peintre anglais William Blake, parait ténu, la musique est belle, fine, spirituelle et c'est bien là l'essentiel d'une série qu'on espère voir faire de nombreux petits... Vite, la suite !


1. Tiriel 4:57
2. A Morning Light 4:45
3. America, A Prophecy 6:17
4. Through The Looking Glass 3:55
5. The Ancient of Days 6:55
6. Puck 3:35
7. The Minotaur 3:25
8. The Night of Entharmon's Joy 4:55
9. The Walled Garden 4:32


John Zorn: composition, arrangement, production
Carol Emanuel: Harp
Bill Frisell: Guitar
Kenny Wollesen: Vibraphone, Bells
&
Ikue Mori: Electronics (7)

jeudi 19 décembre 2013

Orchestral Re-Genesis

Tony Banks "Six: Pieces for Orchestra" (2012)
ou "Absolument charmant !"


Ne le nions pas, cet album est absolument charmant et il est aussi rassurant de voir Tony Banks continuer de produire de la musique après l'arrêt - semble-t-il définitif - de Genesis. Ceci dit, un doute m'étreint, le Tony Banks d'aujourd'hui (plus proche de John Williams que de Jean-Sébastien Bach), bon ouvrier d'une pop vaguement progressive, est-il bien équipé pour s'attaquer à une oeuvre orchestrale néo-classique... postromantique, dirons-nous.

En l'occurrence, le jeune et bouillonnant claviériste de Genesis (celui-là même qui trusta musiques et arrangements sur les albums les plus ambitieux du groupe) eût été plus approprié. Il n'empêche, cet album absolument charmant (bis) a tout pour séduire les amateurs de musique orchestrale « facile ». Car enfin, s'il n'est plus l'architecte de la complexité qu'on a connu, Banks reste un excellent mélodiste ce que confirment les six pièces orchestrales composant ce long-jeu. Certes, il n'est pas une « tête chercheuse » et se contente d'appliquer des recettes héritées de ses devanciers - comme par exemple le très anglais Ralph Vaughn Williams dont l'influence se fait particulièrement entendre - mais il le fait avec un talent, un art de la nuance et une fougue qui font plaisir à entendre.

Là où beaucoup des ses pairs se sont cassés les dents (o ne compte plus le nombre de rockeurs s'étant soudainement pris pour des compositeurs classiques pour se retrouver cul par-dessus tête dans le caniveau), Banks, toujours aussi discret, a su se contenter d'écrire, comme il savait pouvoir le faire, une musique à la fois simple et belle reposant avant tout sur la capacité de son compositeur à « pondre de la mélodie ». Ce n'est déjà pas si mal et nous donne - je me répète - un album absolument charmant qu'on ne saurait trop conseiller aux fans de Genesis, aux amateurs de musique classique harmonieuse « traditionnaliste » et aux curieux qui passeraient par là.


1. Siren 8:49
2. Still Waters 6:41
3. Blade 10:20
4. Wild Pilgrimage 8:14
5. The Oracle 5:16
6. City of Gold 12:05


Tony Banks: composition
Charlie Siem: violon (3)
Martin Robertson: saxophone alto (1)
Paul Englishby: direction
Orchestre Philarmonique de la Ville de Prague

.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD088

mercredi 18 décembre 2013

Fiction commentaire

The Buddy Rich Big Band "Mercy, Mercy - Recorded Live at Ceasars Palace" (1968)
ou "Voir Vegas..."


C'était à Las Vegas, en un ardent mois de juillet de 1968, L'air sec et brûlant du désert envahissait jusque les luxury lounges climatisées des établissements les plus chics. La nuit n'avait rien changé à l'affaire, les Cadillac paressaient lentement sur Paradise Road et toujours cette infernale chaleur...

Plus important, nous étions là pour ça, Buddy Rich et son big band s'apprêtaient à prendre possession de la grande scène du Caesars Palace, un évènement fébrilement attendu par les mélomanes en goguette. D'ailleurs, tout le gotha s'était réuni pour l'occasion, que de belles figures : Frankie, Sammy, Dean et leur Rat Pack, bien sûr (les "régionaux" de l'étape), parmi tant d'autres... Les dames avaient revêtu leurs plus belles robes de soirée et les messieurs leurs rutilants tuxedos. C'est que le Buddy et ses musiciens, ce n'était pas n'importe quoi, une sorte de Who's Who du jazz de qualité avec, entres autres, Art Pepper, Joe La Barbera ou John Menza... Et ce n'étaient que les saxophonistes !

C'est dire si la tension était à son comble quand, sans crier gare, le noir se fit. Puis une explosion de lumières... L'orchestre débarquait enfin ! Costumes bien taillés, rasés de près et coiffés comme des premiers communiants, sourires all-brite de circonstance, les gars en jetaient. Mise en place rapide et la musique retentit, un frisson parcouru l'assemblée. Ha ! Quel délice de jazz mélodique où rivalisaient les solistes et excellaient les accompagnateurs ! Il faut dire que la setlist était alléchante : Mercy Mercy Mercy, Channel One Suite, Alfie... Le reste à l'avenant et tous joué à la perfection avec fougue et - cela va sans dire - le patron dans une forme éblouissante, martelant ses peaux et ses cuivres d'une frappe sèche, nerveuse, supersonique, savante ! Barbara, des éclairs pleins les yeux, me fit aussi remarquer l'exceptionnelle qualité sonore du spectacle, l'architecte et le sonorisateur avaient fait du bon boulot.

Nous en voulions encore, toujours plus, toujours plus, toujours plus ! Mais les meilleures choses ont une fin... Alors, évidemment, ce fut trop court - les sets de Buddy l'étaient toujours. Mais quelle classe ! Avec ce Big Band même la plus mièvre des sucreries radiophoniques prendrait des atours épiques et swingants ! C'est la marque des Grands.

Enfin, la nuit était encore jeune, Barbara et moi nous promettions, dans l'ascenseur nous ramenant vers notre suite, que nous le reverrions bientôt et que ce serait bien... Parce que c'était toujours bien avec Buddy et ses p`tits gars !


1. Mercy, Mercy, Mercy 5:34
2. Preach and Teach 4:06
3. Channel One Suite 12:50
4. Big Mama Cass 3:22
5. Goodbye Yesterday 6:18
6. Acid Truth 5:50
7. Alfie 3:49
8. Ode to Billie Joe 3:39
Bonus
9. Chavala 5:20
10. Mr. Lucky 5:47
11. Chelsea Bridge 5:09


Buddy Rich - drums
Walter Namuth - guitar
Gary Walters - double bass, electric bass
Joe Azarello - piano
Charles Owens - alto saxophone
Art Pepper - alto saxophone
Pat LaBarbera - tenor saxophone
Don Menza - tenor saxophone
John Laws - baritone saxophone
Jim Trimble - trombone
Rick Stepton - trombone
Peter Graves - bass trombone
Al Porcino - trumpet
David Culp - trumpet
Kenneth Faulk - trumpet
Bill Prince - trumpet

.Recyclé de l'Année du Dragon.
GJMdD02

mardi 17 décembre 2013

Riffs & Laughs

Melvins "Houdini" (1993)
ou "Fun Sabbath"


Si Black Sabbath avaient de l'humour, ils s'appelleraient les Melvins.

Le résumé est un poil lapidaire mais fait bien la synthèse de l'esprit de ces vétérans, natifs de Portland (Oregon) dont Kurt Cobain était grand fan. Il est d'ailleurs co-producteur d'une partie du présent Houdini et y fait aussi quelques parties de guitare. On se doute aussi que son soutien vocal au groupe n'est pas étranger dans la décision d'Atlantic records de les signer, une partie de la promotion étant faite par un musicien alors quasi-intouchable.

A partir de là, il n'y a pas vraiment de surprise (à l'instar d'un Sonic Youth recruté par Geffen, par exemple) de constater que leur premier album pour une major est aussi, alors, leur plus accessible. Pas que le groupe se soit vendu ou quoique ce soit du genre cependant, on retrouve bien leur son lourd et sale et toujours le sens de l'humour décalé dont ces punk-metalleux émérites ont le secret. En l'occurrence, les Melvins paraissent creuser un sillon préalablement tracé avec un album somme de leurs capacités - pour une fois doté d'une production digne de ce nom (c'était l'un des points faibles des précédents opus du groupe, manque de moyens sans doute) - et une sélection de compositions d'une implacable efficacité.

Il va sans dire qu'Atlantic ne trouva pas, avec ces trois zozos, le potentiel number one de demain. Les Melvins étaient, sont et seront toujours trop décalés pour prétendre à quoique ce soit de plus que le statut culte qu'ils ont depuis gagné et grandement mérité. Il n'en reste pas moins qu'Houdini - une des plus belles références du catalogue Melvinien encore aujourd'hui - et ses auteurs ont largement profité du soutien logistique et financier d'un mastodonte de l'industrie du disque tel qu'Atlantic pour s'établir durablement comme une référence du décalage du ton.

Evidemment, cette musique étrange, toute en riffs et en lourdeurs, ne plaira pas à tous - de toute façon les Melvins ne cherchent pas l'adoubement universel - mais pour ceux qui goûtent à ce genre de chose, Houdini risque fort de devenir un de ces albums référence sur lesquels on revient souvent sans jamais la moindre déception.


1. Hooch 2:49
2. Night Goat 4:41
3. Lizzy 4:43
4. Going Blind 4:32
5. Honey Bucket 3:01
6. Hag Me 7:06
7. Set Me Straight 2:25
8. Sky Pup 3:50
9. Joan Of Arc 3:36
10. Teet 2:51
11. Copache 2:07
12. Pearl Bomb 2:46
13. Spread Eagle Beagle 10:13


King Buzzo - guitar, bass, vocals
Lorax - bass
Dale - drums, bass, vocals
&
Bill Bartell
- Bass and Lead Guitar on track 4
Al Smith - additional percussion on track 13
Mike Supple - additional percussion on track 13

.Recyclé de l'Année du Dragon.
AdD053

lundi 16 décembre 2013

Flou artistique

John Cale "Vintage Violence" (1970)
ou "Le velours déchiré"


Premier album solitaire d'un John Cale en rupture de ban avec ses camarades du Velvet Underground et première belle page d'une carrière féconde, Vintage Violence surprend.

Vintage Violence surprend parce que le gallois y propose une musique apaisée, pop même !, qu'on n'attendait pas considérant le déluge électrique de son ancienne formation et leur virage "tranquilou" sans lui (The Velvet Underground, 1969).  En toute logique, on se dit que Cale devait être la composante "remuante" du groupe, celui qui allait nous décrasser les tympans d'une juste salve... Que nenni !
Présentement, presque uniquement entouré d'illustres inconnus (outre Garland Jeffreys qui fera une belle petite impression solo et le bassiste Harvey Brooks croisé chez Miles, les Doors ou Bob Dylan), Cale est seul maître compositionnel à bord, et même coproducteur avec Lewis Merenstein (Astral Weeks de Van Morrison, entre autres), et, on l'imagine, pas particulièrement sous pression de son label (o tempora o mores), d'autant que le budget du long-jeu est d'ordre lilliputien. C'est donc bien de l'expression volontaire de son art en 1970 dont il s'agit.
Et donc Vintage Violence surprend, et séduit surtout ! Parce que les compositions y sont superbes, bien sûr ! Du dynamique morceau d'ouverture (Hello There), aux penchants blues dévoyés (Adelaide), à la splendeur orchestrale maîtrisée (Big White Cloud), aux tentations country rock savoureuses (Bring It On Up) jusque l'épure la plus torale (Amsterdam), et j'en passe !, tout y atteint son but, rien n'y déçoit ! Cale s'y affirme, ce faisant, comme son propre animal, capable de tout, toujours pour le meilleur (même sur le bonus expérimental aux flaveurs indiennes du présent remaster, Wall, annonciateur de bien des merveilles à venir).

Décrit à sa sortie, dans Rolling Stone Magazine, comme ressemblant à un album des Byrds produit par Phil Spector (une définition qui fait toujours sens aujourd'hui), Vintage Violence n'est pas l'Œuvre essentielle de Cale mais, indéniablement, un premier chapitre d'immense qualité et un album toujours aussi recommandé à ceux qui aiment leur pop/rock avec son supplément d'intelligence, une qualité qui ne manquera jamais au ténébreux gallois.


1. Hello, There 2:48
2. Gideon's Bible 3:24
3. Adelaide 2:22
4. Big White Cloud 3:33
5. Cleo 2:36
6. Please 4:19
7. Charlemagne 5:03
8. Bring It On Up 2:25
9. Amsterdam 3:13
10. Ghost Story 3:47
11. Fairweather Friend 2:33
Bonus
12. Fairweather Friend (alternate version) 2:38
13. Wall 6:07


John Cale – bass guitar, guitar, keyboards, vocals
Harvey Brooks – bass guitar
Sanford Konikoff – drums
Ernire Coralla - guitar
Garland Jeffreys - guitar, backing vocals
Stan Szelest - piano

dimanche 15 décembre 2013

Vocal Zorn

John Zorn "Shir Hashirim" (2013)
ou "L'art de la voix"


Zorn et la voix, ce n'est pas exactement une grande histoire d'amour... A brûle-pourpoint, on rappellera un  Filmworks (The Last Supper) ou un Livre des Anges (Mycale), pas une occurrence folle, donc, plutôt une rareté qu'il faut accueillir comme telle, avec tout le plaisir de croiser un phénomène rarement rencontré.

Formellement, Shir Hashirim est court, trop court : 31 petites minutes qui passent comme un rêve. Concrètement, c'est l'unisson de cinq voix féminines - The Sapphites, déjà croisées sur Frammenti del Sappho en 2004 - d'un compositeur à la fois libre et sous influence et, ne l'oublions pas, de dessins érotiques signés Auguste Rodin (preuve supplémentaire, s'il en fallait, de la francophilie de Zorn) pour illustrer le (bel) objet. Musicalement, c'est une démonstration de plus du rétro-modernisme d'un compositeur n'hésitant pas à allier les madrigaux médiévaux au minimalisme contemporain et à une érotomanie débridée. Le résultat, aussi savant que sensuel, se laisse assez facilement apprivoiser enluminé qu'il est de la grâce palpable de cinq dames de gorge vocalisant passionnément l'imagination de leur compositeur en 8 pistes évocatrices et éthérées. On y retrouve, évidemment !, la faconde mélodique d'un Zorn incroyablement jamais en panne d'inspiration.

Sans paroles, ne vous laissez pas prendre par les titres définissant chaque étape de cet orgasme auditif, si Shri Hashirim n'ouvre pas forcément de nouvelle voie dans l'univers zornien, il satisfait au-delà des espérances par sa grâce et son harmonie jamais démentie. Une réussite (de plus !).


1. Kiss Me 4:08
2. Rose of Sharon 3:10
3. At Night in My Bed 3:45
4. How Beautiful You Are 3:07
5. I Have Come Into My Garden 5:21
6. Where Has Your Lover Gone 3:44
7. Dance Again 3:36
8. O, If You Were Only My Brother 4:07
(pas d'extrait, je vous laisse gouter à l'ensemble dans son entièreté)


Lisa Bielawa: voice
Martha Cluver: voice
Abigail Fischer: voice
Kathryn Mulvehill: voice
Kirsten Sollek: voice
John Zorn: composition, arrangements, production