dimanche 30 novembre 2014

What's new! (Zorn inside!)

De la nouveauté, rien que de la nouveauté ! Mais pas de la nouveauté lambda, pas du tout venant qui s'écoute sur les ondes de France et de Navarre, non !, de l'exceptionnel, de l'événementiel, du barré ! En route !

DeRNièRe LuNe
John Zorn/Moonchild "The Last Judgment"
ou "Final en beauté"

Moonchild c'est fini !, voilà, c'est dit, les amateurs d'Art-Jazz-Core mystique et déjanté devront dorénavant chercher ailleurs leurs frissons musicaux. Mais quel parcours, 7 albums, comprenant le présent The Last Judgment, suite instrumentale et thématique de son prédécesseur, Templars: in Secret Blood puisque cette fois encore dédié à la légende des Templiers.
On y retrouve donc, en toute logique, exactement la formation de 2012 soit le trio de base de la formation; Patton à la voix, Baron à la batterie et Dunn à la basse, augmenté de l'excellent John Medeski à l'orgue; pour un résultat forcément musicalement cousin, frère même avec sa construction en montagnes russes alternant calme théâtralité et psychotiques déluges électroacoustiques en neuf chapitres s'enchainant en une unique pièce conceptuelle, tel un opéra post-apocalyptique. Surpenant ? Sans doute pas mais un satisfaisant opus quoiqu'il en soit parce que des mélodies, nombreuses et inspirées, aux ambiances, réussies et prenantes, c'est tout le charme radical d'une formation d'exception qu'on retrouve, une dernière fois.
Si Ipsissimus restera à jamais la création la plus aboutie de John Zorn pour Moonchild, retournez-y vous ne serez pas déçus, ce Dernier Jugement ne dépare pas dans l'impeccable collection et constitue, ultimement, une fin en presque apothéose d'un projet que, nul doute, on regrettera.

1. Tria Prima 3:28
2. Trinity 5:22
3. Resurrection 4:20
4. Le Tombeau de Jaques de Molay 4:24
5. Sleepy Hollow 2:41
6. Friday the 13th 3:44
7. Misericordia 5:50
8. Incant John 4:28
9. Slipway 6:19

Mike Patton - voice
John Medeski - organ
Trevor Dunn - bass
Joey Baron - drums
&
John Zorn
- composition, direction, production

Moonchild (sans Zorn)

L'iMPRoBaBLe ReNCoNTRe
Scott Walker + Sunn O))) "Soused" (2014)
ou "Duos d'étranges"

Sur le papier on pouvait craindre le pire comme espérer le meilleur. Pensez, la rencontre d'un ex-pop singer passé à l'avant-garde et une formation s'étant fait connaître pour son drone metal sans concession, Scott Walker et Sunn O))), un beau duo d'étranges !
Indubitablement, si on reconnaît régulièrement les drones de Greg Anderson et Stephen O'Malley, textures électriques à l'assumée monotonie héritées des plus ancestrales musiques monacales moyenâgeuses, c'est le ténébreux sexagénaire américain qui domine la galette. Ce qui n'est que logique sachant qu'il en est le compositeur, parolier, arrangeur, producteur, bien assisté par  Mark Warman et Peter Walsh et, donc, les deux de Sun O))) qui sont tout de même plus que de simples musiciens de complément.
Concrètement, ce sont cinq longues plages maladives, suites logiques des explorations musicales de Walker depuis Tilt, qui nous sont proposées. Rien qui ne surprendra les observateurs attentifs de la seconde carrière de Scott, largement de quoi déstabiliser les afficionados des "droneux", plus habitués à un ambient metal tout en fuzz qu'à ces cascades déconstruites. Ceci dit, et c'est peut-être LA surprise de Soused, l'apport du plus extrême des deux, sur le papier au moins, amène une étonnante tempérance à l'art du premier. Il faut dire aussi qu'avec une équipe resserrée, comparativement aux castings imposants de ses précédentes créations, l'album tend à une ascèse à laquelle monsieur Engel (le vrai nom de Walker) ne nous avait jamais habitué, même dans la phase pop de sa (jeune) carrière aux mélodramatiques élans toujours aussi recommandés.
En découle un album pas exactement agréable, ce n'est jamais le but que ce soit pour Walker ou Sun O))) qui, pour le coup, se sont bien trouvés, mais indéniablement plus accessible que ne le fut aucun album de Scott depuis Climate of Hunter. On n'a évidemment toujours pas affaire à des chansons dans le sens classique du terme, et chaque pièce sera mieux considérée comme un mouvement d'un opéra électroacoustique moderne qu'une offre compatible aux ondes radiophoniques où la beauté, souvent, perce la carapace d'ombres angoissantes.
En un mot comme en mille ? Pas facile mais ultimement recommandé !

1. Brando 8:42
2. Herod 2014 11:59
3. Bull 9:21
4. Fetish 9:08
5. Lullaby 9:22

Greg Anderson (Sunn O)))) – guitar, Moog synthesizer
Stephen O'Malley (Sunn O)))) – guitar, Moog synthesizer, feedback, bass, sleeve design, type
Scott Walker – vocals, production, composer, drum programming, mixing
&
Mark Warman - audio manipulation, drum programming, electronic treatments, keyboards, musical director, orchestration, shaker
Peter Walsh - audio manipulation, drum programming, effects, electronic treatments, keyboards, mastering, mixing, producer
Tos Nieuwenhuizen - guitar, introduction, Moog synthesizer
Dot Allison - vocals
Guy Barker - trumpet
G'ast Bouschet - trumpet
Andy Findon - keyboards
Ian Thomas - drums
Sam Walsh - vocals

Sunn O))) et Scott Walker (casquetté)

iL TiNTe eNCoRe !
Gong "I See You" (2014)
ou "Freak Forever!"

Une énième version du plus rigolo des groupes de rock progressif ? Et pourquoi pas !, tant que Daevid Allen est vivant et vibrant, créant encore et toujours, on ne boude pas son plaisir. Et donc, 5 années déjà après le très réussi rassemblement de 2032 (avec Steve Hillage, Didier Malherbe, Miquette Giraudy et Gilli Smyth !), ils sont de retour, Gong !, rien de moins !
Enfin, le retour de Gong... Le retour de Daevid Allen accompagné d'une toute nouvelle équipe où seuls Orlando "Fils-à-Papa" Allen, batteur de son état, et Fabio Golfetti, co-guitariste soliste de l'exercice avec l'ex-Cardiacs et Guapo Kavus Tobabi, avaient déjà fait de précédentes apparitions dans la folie du vieux Daevid, 76 printemps et une imagination intacte.
De fait, on n'a aucune difficulté à rapprocher ce Gong là d'antérieures folies proggo-psyché-spatiales, tant mieux ! Parce que ce Gong ci, toujours autant pris de folie douce et de climats trippo-compatibles, est ultimement inchangé mené qu'il est par la personnalité forte d'un leader sachant s'entourer pour pérenniser son aventure au-delà des incessants changements de personnel, pour habiter de sa voix de vieil alien immédiatement reconnaissable des compositions pleines d'une fantaisie et d'une légèreté à peine updatée d'une approche un poil plus moderne, au moins dans le son, que celles de glorieuses septantes (Ha ! You ! Ha ! Flying Teapot ! Ha ! Camembert Electrique, etc.). Alors certes, les sommets du passé sont inatteignables, distants d'années et de substances désormais remisées mais, franchement, ça tient le choc... Ca le fait ! Des exemples ? L'espèce de comptine introductive déjà, I See You qui donne aussi son titre à l'album, une mélodie simplette certes mais si addictivement démente ! Occupy, qui suit directement avec son gros riff sax/guitare à la (RedKing Crimson et ses décrochages plus légers mais pas moins jazzy. When God Shakes Hands with the Devil où la voix douce-dingue d'Allen, des guitares malines et, surtout !, une flûte baladeuse du plus bel effet font merveilles. The Eternal Wheel Spins où des guitares à la Hillage ne gâchent pas un psychédélisme spatial pas loin de leurs potes de folie d'Hawkwind. Etc., parce que chaque composition, sans jamais tout à fait, donc, égaler le glorieux passé, propose son lot de délicieuses surprises et la preuve que l'âge n'est pas forcément un handicap dans la création de fraiches possibilités, de nouvelles pistes, d'imaginatifs développements.
Réalistement, vu le grand âge de l'irremplaçable maître de cérémonie, I See You sera peut-être le dernier album de Gong, du vrai Gong ! Si tel était le cas, ce qu'on ne souhaite évidemment pas, ce serait vraiment un final en beauté, et en folie aussi ! Pour le moment, c'est uniquement un nouveau chapitre dans la saga protéiforme et passionnante d'une formation dont on ne conseillera jamais trop de se pencher tant sur les grandes heures que sur de récentes aventures valant largement le coup. Dont ce délicieux I See You, donc, vous l'aurez compris.

1. I See You 3:33
2. Occupy 2:54
3. When God Shakes Hands with the Devil 5:40
4. The Eternal Wheel Spins 7:04
5. Syllabub 4:32
6. This Revolution 3:50
7. You See Me 2:40
8. Zion My T-shirt 6:18
9. Pixielation 4:42
10. A Brew of Special Tea 1:22
11. Thank You 10:35
12. Shakti Yoni & Dingo Virgin 9:30

Orlando Allen - drums, vocals (4)
Dave Sturt - bass & computer samples
Kavus Tobabi - neoprog smart guitar
Fabio Golfetti - guitars
Ian East - sax, flute
Daevid Allen - gliss guitar and vocals
&
Gilli Smyth
- sprinkled space whisper
Mark Robson - keyboards (11)

Gong (mais pas le bon line-up)

ô! CaNaDa
Devin Townsend Project/Ziltoid "" (2014)
ou "Double jeu"

Deux albums pour le prix d'un, deux de ses formations pour deux faces d'un même concept, c'est le programme de la cuvée 2014 du canadien Devin Townsend, un gars qui a beaucoup plu avant de quelque peu se perdre dans la multiplication des albums et sous-identités... Pour des fortunes diverses si la qualité n'en était jamais absente.
Or donc, le zigoto rassemble deux albums et deux projets sous la même bannière. Sans doute justifie-t-il l'étrangeté par quelque conceptuelle astuce. Plus pragmatiquement, en ces périodes où les ventes physiques de musique déclinent semble-t-il irrémédiablement, avec deux albums pour (à peine plus que) le prix d'un, c'est une idée plutôt maline d'écouler sa créativité bouillonnante, et une bonne affaire pour l'auditeur/acheteur ce qui ne nuit pas.
Concrètement, nous avons donc affaire à un album du Devin Townsend Project, Sky Blue, et d'un de Ziltoid, Dark Matters, soit deux faces, ombre et lumière, d'une tumultueuse personnalité. Au Devin Townsend Project la proposition d'un metal moderne, racé et mélodique, à Ziltoid celle d'un metal barbare, "science-fictionesque"  et rigolard. Présentement, Sky Blue s'y présente comme la création la moins cohérente du DTP, mais peut-être, du coup, sa plus enthousiasmante parce que, couvrant toujours le spectre d'un metal péri-progressif construit en strates soniques additionnées il propose en plus une plus grande variété que les précédentes offrandes de la formation, et pas mal de chansons mémorables dans une galette fondamentalement sans faux-pas. CD 1, ok, validé, with flying colours comme on dit. Dark Matters, le Ziltoid donc, est une autre histoire. Si l'ambition musicale y est intacte, le setting, l'approche sci-fi post-adolescente pourra déplaire à ceux qui pensent que la musique, c'est sérieux quoi. Si ce n'est pas votre cas et que vous appréciez d'être bringuebalé à coups de chorales spatiales, de riffs lours, de synthés rétro-futuristes et de l'imagination cartoonesque du maître de cérémonie, vous serez servis et bien servis pas le successeur de Ziltoid the Omniscient qui, sans tout à fait reproduire l'exploit de son prédécesseur, offrira suffisamment de grain à moudre aux grand-enfants qu'ils sont. CD 2, ok, validé itou.
Et d'admirer le retour en force de Devin et d'espérer qu'il continue de prendre (un peu) son temps pour nous offrir de ces savoureuses bizarreries dont il s'est fait la spécialité. Et  ? Recommandé aux amateurs de bon metal créatif, tout simplement.













CD 1:
Sky Blue
1. Rejoice 4:16
2. Fallout 4:30
3. Midnight Sun 4:58
4. A New Reign 4:52
5. Universal Flame 4:39
6. Warrior 3:31
7. Sky Blue 3:52
8. Silent Militia 4:28
9. Rain City 7:45
10. Forever 3:45
11. Before We Die 8:24
12. The Ones Who Love 1:32













CD 2:
Dark Matters
1. Z² 3:59
2. From Sleep Awake 3:00
3. Ziltoidian Empire 6:26
4. War Princess 8:18
5. Deathray 4:43
6. March of the Poozers 6:25
7. Wandering Eye 3:41
8. Earth 7:39
9. Ziltoid Goes Home 6:20
10. Through the Wormhole 3:44
11. Dimension Z 6:13

Devin Townsend – vocals, guitars, keyboards, programming
Dave Young – guitars, keyboards
Brian Waddell – bass
Ryan Van Poederooyen – drums
Mike St-Jean – keyboards, programming
Morgan Ågren – additional percussion
Kat Epple – flute
Anneke van Giersbergen – vocals
Chris Jericho – vocals (as "Captain Spectacular")
Dominique Lenore Persi – vocals (as "War Princess")
Mark Cimino – vocals (as "Poozer")
Chris Devitt – vocals (as "Planet Smasher")
Bill Courage – narrator
Marina Bennett – additional voices
Adyson King - voices on "Warrior"
Maria Werner & Jazz-A-Faire - voices on "" (as "excited women on Earth")
Randy Slaugh – orchestrations, string arranging
Florian Magnus Maier – orchestrations
Eric Severinson – choir and orchestra conducting, additional voices
Prague Philharmonic Orchestra – orchestra
The audience at Utrecht Tivoli, August 5th 2014 – backing vocals on "" and "March of the Poozers"
Universal Choir – additional vocals on "Before We Die", "" and "Dimension Z"

Devin Townsend (yarp!)

TRiBuT'aRTiSTiQue
Nguyên Lê with Michael Gibbs & NDR Bigband "Celebrating The Dark Side of the Moon" (2014)
ou "Jazz Floyd"

Alors que ce qui reste de Pink Floyd se vautre dans le revivalisme le plus commercialement intéressé revisitant de vieilles bandes en un douteux hommage à leur décédé claviériste, il est encore des instrumentistes qui font vivre la musique référentielle que nous connaissons tous. Voici Nguyên Lê et son tribute au légendaire Dark Side of the Moon, une célébration, comme son titre l'indique, une vraie !
On y trouve une relecture respectant son sujet sans oublier cependant de prendre quelques libertés, de pousser l'enveloppe d'une partition connue par cœur. Et il fallait oser !, oser transcrire une pièce ô combien révérée pour big band, gonflé ! Alors, certes, on ne niera pas l'opportunité calendaire qu'a su saisir le label ACT en commissionnant la création dudit tribute - en même temps que le piteux The Endless River et l'anniversaire du demi-siècle de la formation honorée - mais c'est, fondamentalement, d'Art dont il s'agit, et d'une exceptionnelle mais finalement pas surprenante réussite. Pas surprenante parce que Nguyen Lê n'en est pas à ses premiers faits d'armes lui qui a déjà hommagé, et bien !, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, les Beatles ou Bob Marley et sait donc transformer, s'approprier le matériau d'autrui avec brio. Pas surprenante parce que NDR Bigband , l'orchestre jazz de la radio/télévision publique du même nom, est un bel ensemble de professionnels accomplis bien dirigé par un chef talentueux, Jörg Achim Keller, et doté de solistes de qualité, on citera Christof Lauer dont les explorations saxophoniques libres enluminent Time de nouveaux atours ô combien attrayants.
Y reconnaît-on l'œuvre originelle de Pink Floyd ?  Oui. Triturée, déconstruite, reconstruite, manipulée mais toujours mélodiquement vivace et même, et là est peut-être le réel tour de force de la galette, dans les interludes originaux augmentant la tracklist canonique que créa Nguyên  Lê pour l'occasion, c'est fort, et qui plus est souvent fun. Les fans s'y retrouveront-ils ? Ceux ayant un minimum le goût de la chose jazz et l'oreille aventureuse certainement, les intégristes, zélotes de la chose floydienne plus difficilement, forcément, quoique l'emballage technique et émotionnel du guitariste/leader ne devrait pas les laisser indifférents, pas plus que la performance, c'est le mot !, de la vocaliste sud-coréenne Youn Sun Nah en parfaite adéquation avec l'excellence de l'ensemble.
En l'espèce, dans un domaine différent mais avec d'égales volontés transformatrices, Celebrating the Dark Side of the Moon égale le désormais culte Dub Side of the Moon d'Easy-Star All Stars. C'est un compliment et une façon comme une autre de vous dire à quel point le fait est haut et chaudement recommandé. Bravo !

1. Speak to Me 1:56
2. Inspire 2:54
3. Breathe 2:33
4. On the Run 2:41
5. Time 9:51
6. Magic 2:20
7. Hear This Whispering 2:01
8. Great Gig in the Sky 2:16
9. Gotta Go Sometime 3:14
10. Money 6:12
11. Us and Them 7:51
12. Purple or Blue 2:53
13. Any Colour You Like 5:17
14. Brain Damage 4:13
15. Eclipse 2:34

Nguyên Lê - electric guitar, electronics
Youn Sun Nah - vocals
Gary Husband - drums
Jürgen Attig - electric fretless bass
&
NDR Bigband

Conductor: Jörg Achim Keller
Trumpets: Thorsten Benkenstein , Benny Brown , Ingolf Burkhardt , Claus Stötter (solo on 12) & Reiner Winterschladen
Saxophones/reeds: Fiete Felsch (alto & flute/solo on 11), Peter Bolte (alto & flute), Christof Lauer (tenor & soprano/solo on 4), Lutz Büchner (tenor & soprano/solo on 14), Sebastian Gille (tenor & soprano), Marcus Bartelt (baritone & bass clarinet)
Trombones: Dan Gottshall , Klaus Heidenreich , Stefan Lottermann , Ingo Lahme (tuba & bass trombone)
Percussion: Marcio Doctor
Piano & synths: Vladyslav Sendecki (solo on 8)

Nguyên Lê et Youn Sun Nah

vendredi 28 novembre 2014

Bobbie from the South

Après Emilie, Bobbie. Le Zornophage revient sur les dames de classe, qui s'en plaindra. Et donc voici, recyclés de l'Année du Dragon (souvenirs, souvenirs) les trois cd édités par le label australien Raven, une intégrale ou presque de Miss Gentry, youpi !

Bobbie Gentry "Ode to Billie Joe/Touch 'Em With Love" (2008)
ou "Ca commence"

Si on pourra questionner la raison qui fit rapprocher ces deux albums distants de 3 années et séparés par 3 autres long-jeux au label australien Raven, il faut se réjouir d'enfin en trouver une édition cd digne de ce nom.
Le premier des deux albums, Ode to Billie Joe, est évidemment connu pour sa chanson titre (le titre le plus connu de Bobbie) dont les nombreuses reprises (de Joe Dassin à Sinead O'Connor) assurent encore aujourd'hui une renommée - souvent indirecte - à une artiste ayant tiré sa révérence après une courte carrière (même pas 5 ans et tout de même 6 album dont un en duo avec Glen Campbell). En l'occurrence, la musique de Bobbie, navigant librement entre country, folk, rock, blues, jazz, soul, et middle of the road typique des late 60s, est quasiment sans équivalent à son époque. Déjà parce que Mlle Gentry, dont la musique semble vouloir accrocher les charts, est compositrice et auteure en plus d'être interprète, ensuite parce que, même quand la plus grande facilité mélodique se fait jour, une exigence artistique de tous les instants et des arrangements au cordeau emportent aisément le morceau.
Et puis il y a la voix de Bobbie, ce voile qui lui rajoute tant et sa capacité à coller à chaque registre avec un égal bonheur. Et ça vaut aussi pour la seconde partie de ce double set, Touch `Em With Love (encore un petit cran au dessus de son illustre voisin, album d'une rare variété et d'une excellente tenue de bout en bout... Peut-être le meilleur de Bobbie Gentry, ce qui n'est pas peu dire ! Et comme si ça ne suffisait pas (alors que si, on s'en serait contenté), Raven a rajouté 7 ( !) titres bonus dont une seule facilement trouvable ailleurs (sur l'album avec Glen Campbell déjà évoqué)... Royal !
Si certaines compilations donnent une bonne idée de l'étendue de la palette d'une artiste aujourd'hui trop peu rarement citée quand on en vient à évoquer les grandes dames du passé, cette rencontre de deux de ses plus beaux albums les remplacera avantageusement permettant, qui plus est, par son petit livret biographique, de plonger encore plus avant dans l'histoire peu banale d'une artiste qui ne l'était pas moins. Manquent toutefois les paroles pour que cette édition soit parfaite, étant entendu que, musicalement, elle l'est déjà.

- Ode to Billie Joe (1967)
1. Mississippi Delta 3:06
2. I Saw an Angel Die 2:58
3. Chickasaw County Child 2:47
4. Sunday Best 2:45
5. Niki Hoeky 2:47
6. Papa, Won't You Let Me Go to Town with You 2:34
7. Bugs 2:09
8. Hurry, Tuesday Child 3:55
9. Lazy Willie 2:42
10. Ode to Billie Joe 4:15
- Touch 'Em With Love (1969)
11. Touch 'Em with Love 2:03
12. Greyhound Goin' Somewhere 2:23
13. Natural to Be Gone 2:21
14. Seasons Come, Seasons Go 2:50
15. Glory Hallelujah, How They'll Sing 2:35
16. I Wouldn't Be Surprised 3:24
17. Son of a Preacher Man 2:06
18. Where's the Playground, Johnny 2:32
19. I'll Never Fall in Love Again 2:52
20. You've Made Me So Very Happy 3:19
- Bonus Tracks
21. Scarlet Ribbons 2:39
22. The Girl from Cincinnati 3:32
23. You and Me Together 4:00
24. Let It Be Me (With Glenn Campbell) 2:07
25. All I Have to Do Is Dream (With Glenn Campbell) 2:34
26. Walk Right Back (With Glenn Campbell) 2:19
27. En Todas Partes (Here, There and Everywhere) 2:18


Bobbie Gentry "The Delta Sweete/Local Gentry" (2006)
ou "2/3"

Dans la foule des chanteuses s'embarquant dans la mouvance folk/country/pop à la fin des années 60, Bobbie Gentry a un statut bien à part simplement parce qu'en plus d'être une interprète de qualité elle est aussi une fine plume qui sait, mieux qu'à son tour, trousser une chanson.
Sur son tout premier album ça avait donné - entre autres choses - un Ode to Billy Joe toujours solidement ancré dans l'inconscient collectif, on a vu (entendu) bien pire... C'était en 1967 et la suite directe (ces deux albums parus l'année suivante) ne vient pas démentir cette réputation méritée. Le style est toujours le même - une country folk travaillée pour dépasser les clivages - et on ne s'en plaindra pas. De fait, on est souvent étonnamment proche d'un autre artiste : Lee Hazlewood. Les deux partagent le même amour d'un second degré malin, et d'arrangements mariant allègrement une base country folk et des tentations loungesques (cuivres, cordes, etc.) du plus bel effet. Il faut aussi vanter les mérites de la gouaille `gentrienne' et son ton flegmatique et détaché, car oui, la miss s'y entend à merveille pour conter ses petites histoires autant que pour reprendre celles des autres et les faire siennes (et c'est heureux car trois reprises des Beatles sur les 11 titres de Local Gentry, on approche de l'overdose).
En définitive, ce sont deux albums de grande qualité que nous tenons ici - même si Delta Sweete mène clairement la danse - compilées à l'initiative du label australien Raven Records et bonussées pour l'occasion de trois pistes dignes d'intérêt. Que du bonheur (et l'amer regret d'avoir vu une artiste si talentueuse se retirer après quatre petites années de carrière seulement) !

- The Delta Sweete (1968)
1. Okolona River Bottom Band 2:57
2. Big Boss Man 3:00
3. Reunion 2:37
4. Parchman Farm Blues 3:11
5. Mornin' Glory 3:10
6. Sermon 2:36
7. Tobacco Road 2:49
8. Penduli Pendulum 1:57
9. Jessye 'Lisabeth 3:02
10. Refractions 2:30
11. Louisiana Man 2:42
12. Courtyard 2:59
- Local Gentry (1968)
13. Sweete Peony 2:29
14. Casket Vignette 2:35
15. Come Away Melinda 3:25
16. The Fool on the Hill 3:49
17. Papa's Medicine Show 3:51
18. Ace Insurance Man 3:33
19. Recollection 2:11
20. Sittin' Pretty 3:24
21. Eleanor Rigby 2:32
22. Peaceful 2:53
23. Here, There and Everywhere 2:31
- Titres bonus
24. Stormy 3:30
25. Skip Along Sam 2:40
26. Away in a Manger 2:37


Bobbie Gentry "Patchwork/Fancy" (2007)
ou "This is the end"

Des trois sets rééditant les albums de Bobbie Gentry, celui-ci est sans aucun doute le moins essentiel. Y sont proposés les deux derniers albums de la belle avant qu'elle ne disparaisse irrémédiablement de la scène musicale pour ne plus jamais y reparaitre... à tout juste 27 ans !
Les deux albums ici regroupés (Fancy de 1970 Patchwork de 1971) sont, contrairement à ce qu'on avait pu constater des deux autres références du catalogue, proposés dans l'ordre chronologique. Côté son, rien à dire, le travail a été fait et bien fait, c'est donc un remaster de qualité qui nous est proposé avec ses indispensables notes de pochette. Du bon boulot, vraiment. Au passage, on se doit de remercier le label australien Raven de son aeuvre de réédition du catalogue de Miss Gentry étant donné qu'il est le seul à s'y être collé. Merci, donc.
Côté musique, c'est une histoire plus nuancée, inégale. Patchwork, qui ouvre le bal, n'est pas forcément l'album qu'on aurait attendu de Miss Gentry à ce point de sa carrière. Le plus easy-listenning des (vrais) albums de sa courte discographie, c'est un album qui sent le compromis avec des arrangements « middle of the road » qui voient sa country/folk/pop trop souvent empesée de fioritures inutiles ce qui est d'autant plus rageant que le potentiel compositionnel était bien là. Ceci dit, la voix, au voile si sensuel, est toujours présente et si l'album est une relative déception comparé aux précédentes aeuvres de la dame, par lui-même, il se tient plutôt bien, possède quelques très jolies compositions et s'écoute avec perplexité, certes, mais sans déplaisir aucun. A vrai dire, s'il n'y avait ces quelques fautes de goût, il tutoierait le meilleur de Bobbie, ce qui n'est pas rien.
Suit, Fancy, ultime enregistrement longue durée de Gentry qui, quasi-intégralement rempli de compositions d'autrui, est définitivement un album à part dans la carrière de Bobbie. Si le morceau titre, et seule piste signée de son interprète rappelant son désormais standard (Ode to Billie Joe), n'est pas une surprise et fonctionne admirablement le reste est plus inégal. Déjà parce qu'on y sent Bobbie nettement moins à son aise que sur ses propres compositions ensuite parce qu'encore une fois des arrangements « over the top » (imputables au producteur, Rich Hall) s'y déploient sans qu'on en ressente bien la nécessité. De fait, la mayonnaise ne prend que rarement et généralement sur les morceaux les plus épurés et roots (le Rainmaker de Harry Nillson est un bon exemple) nettement moins, au pif, sur les deux reprises de Burt Bacharach (I'll Never Fall in Love Again et Raindrops Keep Falling on My Head).
Pas essentiel (quoique Patchwork, dans ses kitschs exagérations mérite son pesant de cacahouètes), contrairement aux deux précédentes rééditions de la série (Ode to Billie Joe / Touch Em With Love , Delta Sweete / Local Gentry), cette troisième levée sera à réserver en priorité aux complétistes et aux amateurs de variété américaine du début des années 70 de laquelle on pourra stylistiquement rapprocher cette doublette. Pas tout à fait un final en beauté donc mais suffisamment de raisons de regretter la disparition de Miss Gentry, de sa voix et bien sûr de sa plume jamais remplacée.

- Patchwork (1971)
1. Benjamin/Interlude 4:21
2. Marigolds and Tangerines/Interlude 2:43
3. Billy the Kid/Interlude 2:40
4. Beverly/Interlude 3:48
5. Miss Clara/Azusa Sue/Interlude 4:42
6. But I Can't Get Back 3:34
7. Jeremiah/Interlude 6:14
8. Belinda 4:05
9. Mean Stepmama Blues 3:57
10. Your Number One Fan/Interlude 2:54
11. Somebody Like Me 4:07
12. Lookin' In 4:00
- Fancy (1970)
13. Fancy 4:17
14. I'll Never Fall in Love Again 2:54
15. Delta Man 3:02
16. Something In the Way He Moves 2:36
17. Find 'Em, Fool 'Em and Forget 'Em 2:40
18. He Made a Woman Out of Me 2:35
19. Raindrops Keep Falling on My Head 3:11
20. If You Gotta Make a Fool of Somebody 2:23
21. Rainmaker 2:40
22. Wedding Bell Blues 3:13

lundi 24 novembre 2014

Autour d'Émilie

Ha Émilie ! J'en écrirais des tonnes sur la petite montpelliéraine si talentueuse ! Alors plutôt que beaucoup de mots tout de suite (y en a pas mal plus bas), je vous propose de rentrer dans le vif du sujet d'une petite rétrospective en 4 galettes. Enjoie !

ReNaiSSaNCe
Émilie Simon "Mue" (2014)
ou "Changement de peau ?"

Depuis la sortie de son essentiel premier album éponyme, je suis pas à pas la carrière de la petite montpelliéraine devenue grande. De Végétal à La Marche De L Empereur, des Black Sessions, de son Live à l'Olympia à ses tournées, j'ai régulièrement été épaté par ce petit bout de bonne femme à l'angélique voix et aux capacités créatrices très au-dessus de la moyenne. Alors qu'importe la relative déception d'un Big Machine un poil sur-joué ou d'un Franky Knight un peu en pilote automatique, la nouvelle de la sortie d'un nouvel opus de cette artiste chérie m'a mis dans tous mes états. Avec, en plus, une pochette pareille, rappelant celle de son tout premier béni des muses, et un titre semblant promettre une renaissance, vous comprendrez l'enthousiasme initial du zélote "Simonien" que je concède bien volontiers être.
Parce que la musique d'Emilie Simon, c'est quand même quelque chose ! Un hybride de pop supra-efficace et de musique électronique aux qualités organiques rares, un peu plus standardisée les années et les sorties discographiques faisant, mais du travail d'orfèvre, dans tous les cas.
Et donc Mue, cru 2014, 3 ans après Franky Knight, après le deuil... Une renaissance ? Intimement, on la lui souhaite, l'espère accomplie, musicalement, c'est loin d'être évident. Et ce n'est peut-être pas illogique considérant que le style d'Emilie, qui a évolué mais est fondamentalement resté le même, est partie intégrante de son art et que, donc, s'en éloigner trop serait se perdre.
Ceci dit, qui dit style ne dit pas forcément immobilisme, ce que chaque album d'Emilie a prouvé en ayant sa propre personnalité, son propre son. Mue ne fait pas exception à la règle. Présentement, Emilie a décidé de déshabiller ses chansons, de les offrir bien arrangées mais exemptes de cette emphase instrumentale qui avait fini par envahir sa production. Et c'est une bonne nouvelle parce que la voix et les mélodies de la montpelliéraine, et sa propension à créer des arrangements délicats et épurés, se suffisent largement à elles mêmes.
Côté chansons, ça donne une sélection de très belle qualité où, une fois encore, un cousinage mélodique entre Emilie et Kate Bush s'impose comme l'évidence... C'est un compliment. Déjà, il y a une tessiture voisine, ensuite il y a l'emploi d'icelle pour la création d'une musique mélodique mais formellement toujours un peu prospective. Pop forward, dirait-on. parce qu'Emilie, dont on connaît le bagage académique, aime à triturer les éléments formateurs de sa pop, d'ajouter des larmes de cordes à son émoi (Paris j'ai pris perpète), des acrobaties percussives péri-africaines et des guitares funk (Menteur), des ambiances orientalistes et mélodramatiques à la fois (Encre), de délicates constructions acoustiques (The Eye of the Moon)... etc., parce qu'on ne s'ennuie pas une seconde sur un album varié, mélodique, tirant globalement vers la douceur mais se ménageant quelques utiles crescendos. Une vraie belle collection, avec une jolie reprise du Wicked Game de Chris Isaak en prime, plus délicatement maîtrisée que ses deux devancières, un poil plus inspirée aussi, d'où la globale satisfaction.
Plus qu'un changement de peau, Mue donne l'impression d'une remise à zéro des compteurs, d'un redémarrage de la machine. On y retrouve finalement une Emilie inchangée qui a simplement décidé, en apparence en tout cas, de tout simplifier et, ce faisant, de laisser ses chansons respirer. Une excellente idée pour un excellent album !

1. Paris j'ai pris perpète 3:53
2. Menteur 4:03
3. Encre 3:35
4. The Eye Of The Moon 3:53
5. Quand Vient Le Jour 3:11
6. Les Etoiles De Paris 3:43
7. Des Larmes 3:56
8. Le Diamant 3:43
9. Perdue Dans Tes Bras 4:17
10. Les Amoureux De Minuit 3:10
11. Wicked Games 3:58

Emilie Simon - voix, claviers, guitare, lame sonore
Simon Edwards - basse
Martin Barker, Raphaël Seguinier - batterie
Henri-Charles Caget - percussions, harmonium
Nicolas Bauguil - guitares
Tahiti Boy - claviers
Cyrille Brissot - chœurs, programmations additionnelles
Catherine Michel - harpe
Leon Michels - optigan
Gary Barnacle - saxophone soprano et ténor, flûte
Nick Carter - saxophone baryton et alto, clarinette
Jack Birchwood - trompette, flugelhorn
Steven Fuller - trombone
Sally Herbert - direction cordes
Natalia Bonner, Calina de la Mare, Alison Dodd, Richard George, Ian Humphries, Rick Koster, Everton Nelson, Tom Piggot-Smith, Julia Singleton, Lucy Wilkins - violon
Nick Barr, Charlie Cross, Claire Orsier, Bruce White - alto
Ian Burdge, Sophie Harris, Sarah Wilkinson, Chris Worsey - violoncelle
Richard Pryce, Lucy Shaw - contrebasse

regard...

eN DeuiL
Émilie Simon "Franky Knight" (2012)
ou "Oui, mais..."

En préambule, un coming out : j'aime Emilie Simon. Je l'aime depuis presque 10 ans déjà que j'ai découvert avec ravissement son premier et éponyme album, je l'aime malgré les quelques facilités stylistiques venu poindre le bout de leur nez sur sa `Grosse Machine', je l'aime pour son inventivité sonique malgré des tics d'écriture maintenant évidents, je l'aime - enfin - pour l'infini charme de son caressant organe... je parle bien sûr de sa voix.
C'est dire si Franky Knight a été chaudement accueilli. Un album de deuil ? Après tout, pourquoi pas. Verser son cœur et son âme à la mémoire d'un amour trop vite fauché, sans exhibitionnisme ou indécence... Belle idée, bel hommage. Et, de fait, c'est un charmant album que la belle montpelliéraine délivre. Oui mais... Juste charmant. Remarquez, pour un Prince Charmant, c'est plutôt `spot on'... N'empêche - et peut-être en attendais-je trop, après tout - j'en attends plus d'Emilie. Attention, on est loin du mauvais album... Très loin même. Et quelques plages nous emportent irrémédiablement (Mon Chevalier, Something More), mais le souffle épique qui habitait ses trois précédentes offrandes studio est ici - au moins partiellement - envolé. Et ce n'est pas la sugar-pop de I Call It Love ou la Busherie kraftwerkienne de Franky's Princess ou le juste pas très inspiré Walking With You qui viendront me démentir.
Reste qu'un album d'Emilie Simon, même légèrement moins convaincant, reste un rare plaisir qu'on se doit de ne pas bouder... En attendant la suite.

1. Mon Chevalier 4:44
2. I Call It Love 2:29
3. Holy Pool Of Memories 4:00
4. Something More 4:09
5. Bel Amour 2:37
6. Franky's Princess 3:47
7. Sous Les Etoiles 3:19
8. Les Amants Du Même Jour 1:31
9. Walking With You 3:44
10. Jetaimejetaimejetaime 4:32

belle éplorée

FLoRiLèGe
Émilie Simon "Chansons de Toile (baistophe)" (2009)
ou "Résumé des épisodes précédents"

Une petite compilation maison à usage pédagogique réalisée dans le cadre du blog Baistophe il y a déjà 5 ans ! Un résumé des épisodes précédents qui vous emmènera, de 2003 à 2009, d'un éponyme toujours aussi recommandé à un The Big Machine un peu surgonflé mais encore tout à fait satisfaisant, dans le parcours discographique d'une certaine Émilie Simon.
21 chansons pour presque 80 minutes de celle qu'on considère maintenant comme une valeur sûre mais qui faisait alors figure d'alien, premier exemple d'auteure, compositrice, arrangeuse et interprète, diplômée de l'IRCAM de surcroit, à ainsi mêler pop efficace et électronique prospective en un cocktail si réussi et addictif qu'elle fit finalement facilement son trou. C'était mérité.
En l'occurrence, Chansons de Toile fait bien la soudure chronologique avec les deux albums proposés plus haut, des recyclages, j'avoue, mais on m'avais requis le premier, l'occasion était trop belle ! Bref... Enjoie !

1. Ballad of the Big Machine 5:46
2. Fleur de Saison 4:10
3. Flowers 2:10
4. Opium 2:47
5. Ice Girl 2:53
6. Nothing to Do with You 2:54
7. Never Fall in Love 2:52
8. Lise 3:55
9. Song of the Storm 3:12
10. Dreamland 4:15
11. Dernier Lit 3:03
12. In the Lake 3:20
13. Désert 3:04
14. The Devil at My Door 5:01
15. En Cendres 4:34
16. Closer 3:53
17. To the Dancers on the Ice 3:12
18. Le Vieil Amant 4:36
19. The Frozen World 4:20
20. Il Pleut 3:30
21. Chanson de Toile 4:02

ready to rock?

CHeZ LeNoiR
Émilie Simon "Black Sessions" (2003)
ou "Radio Émilie"

...Et pour conclure, la reproduction d'une captation radiophonique, sur France Inter, chez Lenoir, le 7 avril 2003 à la Maison de la Radio, à peine deux mois après la sortie de son inaugural long-jeu.
C'est donc une Émilie Simon débutante mais déjà largement sûre de son fait, et bénéficiant d'un frémissement critique et populaire déjà, qui propose essentiellement les chansons de son premier opus, dans des versions fidèles et maîtrisées, parce que la jeune femme est une musicienne experte si encore une show-woman en devenir.
On remarque deux reprises, I Wanna Be Your Dog des Stooges et Femme Fatale du Velvet Underground & Nico, deux belles versions que les amateurs de reprises de qualité connaissent sans doute déjà, si pas dans leur présente captation.
Une bonne captation qui fait de ce bootleg plus si facile à trouver une belle introduction à une artiste précieuse, si vous ne la connaissez pas encore, une belle addition à votre collection, si vous avez déjà été conquis. Viva Émilie !

1. Intro 2:31
2. Secret 4:20
3. Il Pleut 4:05
4. Flowers 2:26
5. To the Dancers in the Rain 3:05
6. Blue Light 3:27
7. Solane 3:39
8. Lise 5:21
9. Dernier Lit 3:09
10. I Wanna Be Your Dog 4:30
11. Désert 4:20
12. Graine d'Etoiles 4:30
13. Femme Fatale 4:38
14. Flowers (acoustic version) 2:34
15. Chanson de Toile 3:48


live!

samedi 22 novembre 2014

Pepperland Special

Un petit voyage à Pepperland, ça vous tente ? Alors voici quatre albums, l'original en glorieux mono issu de la dernière génération des ressorties et 3 tributes martyrisant la bête. Enjoie !
 
La VRaie SauCe au PoiVRe
The Beatles "Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band" (1967)
ou "Original Pepperland"

Que dire du monument Sgt. Pepper's qui n'ait déjà été écrit ? Que s'il est régulièrement à la tête des listes des meilleurs albums de tous les temps il doit bien y avoir une raison, non ? Qu'il constitue un véritable tournant dans l'histoire de la pop/rock music non seulement stylistiquement mais aussi, surtout ?, par son ambition artistique alors quasi-unique (Pet Sounds, on ne t'oublie pas !) et ses méthodes d'enregistrements révolutionnaires, merci Mr George Martin ? Que même dans ses moments "faibles" (on "guillemette" avant de citer Fixing a Hole, Being for the Benefit of Mr. Kite, Within You Without You, Lovely Rita parce que c'est tout de même extra, Achille avec un talon renforcé), il surpasse la concurrence de la tête et des épaules ? Oui tout ça et sans doute mille autres "fun facts", anecdotes et records. Pas de doute, si le Sergent Poivre et son groupe eut un cœur solitaire, il s'est depuis fait beaucoup d'amis. Et sa étendard  si immédiatement reconnaissable n'a pas dû nuire, en l'occurrence. Si j'osais, j'ose !, je dirais que c'est ce qu'on appelle un album de légende... Que dis-je ?, L'ALBUM DE LEGENDE ! Indéniablement, après le cru 1967 des Beatles, un grand cru qui vieillit admirablement bien, rien ne sera plus jamais pareil.  Obligatoire.

1. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 2:02
2. With a Little Help From My Friends 2:45
3. Lucy in the Sky with Diamonds 3:27
4. Getting Better 2:47
5. Fixing a Hole 2:37
6. She's Leaving Home 3:25
7. Being for the Benefit of Mr. Kite 2:38
8. Within You Without You 5:08
9. When I'm Sixty-Four 2:39
10. Lovely Rita 2:46
11. Good Morning Good Morning 2:34
12. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) 1:18
13. A Day in the Life 5:35

John Lennon – lead, harmony and background vocals; lead, rhythm and acoustic guitars; piano and Hammond organ; harmonica, tape loops, sound effects and comb and tissue paper; handclaps, tambourine and maracas
Paul McCartney – lead, harmony and background vocals; lead and bass guitars; piano, Lowrey and Hammond organs; handclaps; vocalisations, tape loops, sound effects and comb and tissue paper
George Harrison – lead, rhythm and acoustic guitars; sitar; lead, harmony and background vocals; tamboura; harmonica and kazoo; handclaps and maracas
Ringo Starr – drums, congas, tambourine, maracas, handclaps and tubular bells; lead vocals; harmonica; final piano E chord
&
Sounds Incorporated
– the saxophone sextet on "Good Morning, Good Morning"
Neil Aspinall – tamboura and harmonica
Geoff Emerick – audio engineering; tape loops and sound effects
Mal Evans – counting, harmonica, alarm clock and final piano E chord
George Martin – producer and mixer; tape loops and sound effects; harpsichord on "Fixing a Hole", harmonium, Lowrey organ and glockenspiel on "Being for the Benefit of Mr. Kite!", Hammond organ on "With a Little Help from My Friends", and piano on "Getting Better" and the piano solo in "Lovely Rita"; final harmonium chord.
Session musicians
four French horns on "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band": Neill Sanders, James W. Buck, John Burden, Tony Randall
arranged and conducted by Martin and McCartney
string section and harp on "She's Leaving Home" arranged by Mike Leander and conducted by Martin
harmonium, tabla, sitar, dilruba, eight violins and four cellos on "Within You, Without You", arranged and conducted by Harrison and Martin
clarinet trio on "When I'm Sixty-Four": Robert Burns, Henry MacKenzie, Frank Reidy
arranged and conducted by Martin and McCartney
saxophones on "Good Morning, Good Morning" arranged and conducted by Martin and Lennon
forty-piece orchestra, including strings, brass, woodwinds and percussion on "A Day in the Life"
arranged by Martin, Lennon and McCartney and conducted by Martin and McCartney.

THE BEATLES

à La Sauce KeTCHuP
Big Daddy "Sgt. Pepper's" (1992)
ou "50s Pepperland"

Parce qu'on a le droit de casser du mythe, de se jouer des légendes et de faire, un peu, n'importe quoi juste parce que c'est bon de rire, parfois, le tribute irrévérencieux des américains de Big Daddy au Sgt. Pepper's des Fab Four est un album utile, agréable... Si anecdotique (vous ne l'écouterez pas souvent).
En fait, il suffit de jeter un coup d'œil à la pochette pour savoir à quelle sauce le légendaire opus a été accommodé. Cette contrebasse fièrement offerte, ce jukebox si vintage, ce look, aussi, si totalement (comico)rétro, sans oublier tout ce qui les entoure... Bon dieu mais c'est bien sûr, 50's forever ! Autant le dire, tout n'y est pas d'une égale réussite, le pastiche étant parfois maladroitement mené (une version beat de Within You Without You qui ennuie ferme mais heureusement pas longtemps, un Fixing a Hole rockab' qui perd un peu sa cible... et sa mélodie) mais quand ça fonctionne, quand la sauce prend, quand le kitch d'arrangements sévèrement décalés et richement diversifiés, mais toujours circa 1959, sert la grandeur compositionnelle originelle, on obtient quelques jolies perles dont on ferait volontiers un joli collier (le détournement à la Buddy Holly de A Day in the Life, la version croonin' like Johnny Mathis de Little Help, Lucy en piano rock furieux en grosses boules de feu, une Rita qui rencontre Bo Diddley et Elvis the Pelvis, etc., ne dévoilons pas tout !).
Sans doute plus une curiosité qu'un absolu triomphe, on conseillera surtout cette rigolarde relecture aux amateurs de jeux de piste qui s'amuseront à reconnaître à qui le style de chaque chanson est emprunté, à ceux qui n'en n'ont jamais assez du plus grand album de tous les temps (on les comprend !)... Et enfin aux nombreux qui n'ont pas oublié leur sens de l'humour au vestiaire, ça fait du monde et c'est mérité. Sgt Pepper's par Big Daddy ? C'est un peu comme si un passé lointain se voyait hommagé par un autre encore plus distant, et c'est bon !

1. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 2:21
2. With a Little Help From My Friends 2:50
3. Lucy in the Sky with Diamonds 2:21
4. Getting Better 3:47
5. Fixing a Hole 3:05
6. She's Leaving Home 3:32
7. Being for the Benefit of Mr. Kite 2:29
8. Within You Without You 1:55
9. When I'm Sixty-Four 3:20
10. Lovely Rita 1:54
11. Good Morning Good Morning 2:46
12. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) 1:04
13. A Day in the Life 5:00

Marty Kaniger - vocals, acoustic guitar, autoharp
Tom Lee - vocals, bass vocals, electric guitar
Don Raymond - vocals, lead guitar
Bob Wayne - vocals
John Hatton - bass, backing vocals
Tim Bonhomme - piano, organ, celeste
Bob Sandman - saxophone, flute
Damon DeGrignon - drums, percussion
&
Ed Willett
- cello
Kim Wilkins - viola
Betty Byers, Calabria McChesney - violin
Nancy Weckwerth - french horn
Joanne Kurman-Montana - alto vocals
Roberta Wall - soprano vocals
Buddy Wayne, Lonnie Teper - voice actors

BIG DADDY

HoMMaGe MuLTiPLe eN GRaVy
V/A "Mojo Presents: Sgt. Pepper... with a little help from his friends" (2007)
ou "Mojo's Pepperland"

Au petit jeu des tributes multi-artistes, un pari toujours risqué, un résultat généralement mitigé, le Sgt. Pepper... with a little help from his friends, sponsorisé par le magazine Mojo, s'en sort plutôt très bien. Pourtant, à voir les artistes choisis, pas franchement des cadors universellement reconnus, on pouvait douter... mécréants que nous étions !
La tonalité tend ici vers l'indie rock, auquel le son des Beatles sied parfaitement, par un ensemble de formations dont vous n'avez, comme moi, sans doute jamais entendu parler. Mais bon, fomenté par un périodique de chez sa Gracieuse Majesté, l'empire de la hype où on broie du "newcomer" plus vite qu'il ne faut pour l'écrire, ce n'est pas particulièrement surprenant. Bref, je repère Circulus, des folko-progueux rigolos, et Echo and the Bunnymen, pour un bonus qu'on connaissait déjà, bref... ce n'est pas la foule des grands jours, pas un all-star à faire mouiller du slip mais des p'tits gars qui en veulent, indéniablement. De fait le niveau comme l'inclinaison stylistique sont du genre cohérents : Simple Kid a qui ont été confiés les deux versions de Sgt. Pepper's shoegaze pop avec talent, le duo mixte Puerto Muerto americana-ise bien un Little Help urban cowboy, la caressante et acoustique version de Getting Better par un certain Fionn Regan cajole joliment, l'électrisation intelligente d'un She Leaving Home fondamentalement fidèle par Unkle Bob est simplement parfaite (le meilleur moment de tout le tribute, d'ailleurs), la planerie indienne d'Harrison se voit celtisé par le joli timbre fragile et aérien de Stéphanie Dosen, même le mammouth final de l'album, A Day in the Life, habilement transcrit en une sorte de Procol Harum modernisé à coup de Cocoon est tout à fait satisfaisant, ce n'était pourtant pas le plus facile à reprendre. Le reste ? Soit trop fidèle soit un peu à côté de la plaque, Lovely Rita qu'on a l'impression d'entendre chanté par un clone ivre de Lou Reed (ce qui ruine une belle fin bien psychée, dommage !) est un bon exemple, il n'égale pas les réussite précitées.
Au final, avec ses nombreux hauts et ses quelques bas, Sgt. Pepper... with a little help from his friends, initialement sorti en bonus d'une édition spéciale de Mojo de mars 2007, était une excellente affaire. Disponible depuis à la revente via quelques petits malins, il reste une addition plus que recommandée aux fans des Beatles à la collectionnite compulsive, et un joli moment de musique en hommage à l'immense album que nous connaissons tous pour les autres.

1. Simple Kid "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band" 2:40 
2. Puerto Muerto "With a Little Help From My Friends" 2:34 
3. Circulus "Lucy in the Sky with Diamonds" 4:58 
4. Fionn Regan "Getting Better" 3:00 
5. 747s "Fixing a Hole" 2:44 
6. Unkle Bob "She's Leaving Home" 3:19 
7. Bikeride Being "For The Benefit of Mr. Kite" 2:30 
8. Stephanie Dosen "Within You Without You" 4:23 
9. Chin Up Chin Up "When I'm Sixty Four" 2:43 
10. Dave Cloud & the Gospel of Power "Lovely Rita" 4:33 
11. The M's "The Good Morning Good Morning" 2:29 
12. Simple Kid "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise)" 1:20 
13. Captain "A Day in the Life" 5:08
Bonus
14. Echo and the Bunnymen "All You Need Is Love" 6:43

(le numéro du tribute)

BeaTLeS' JaMaiCa (WeeDaPPLe SauCe)
Easy Star All-Stars "Easy Star's Lonely Hearts Dub Band" (2009)
ou "Pepperland in Dub"

Ils se sont fait une spécialité de relectures reggae/dub d'artistes ou d'albums rock, ils alors ont déjà bien repris Pink Floyd et Radiohead, ils s'attaquent cette fois au MONUMENT des Beatles, à un jalon essentiel de l'histoire du rock : Sgt. Pepper's. Gonflé. Et réussi ! Voici Easy Star's Lonely Hearts Dub Band, quel titre !
Il faut dire qu'Easy Star All-Stars, la création quelques new yorkais amoureux de riddims intenses, a mis les petits plats dans les grands pour l'évènement entraînant dans son sillage quelques stars jamaïcaines de renom, des Mighty Diamonds à Max Romeo en passant par Sugar Minott, U-Roy ou Steel Pulse, rien que ça ! Evidemment, un casting de rêve ne fait pas tout, il faut tout le savoir-faire, tout le malin chaloupé de ces "quatre garçons dans la fumée" bien entourés pour rondement mener l'affaire. Parce qu'il y avait des chausse-trappes, d'immenses difficultés à s'attaquer à l'entièreté du "précieux" en habits reggae/dub. Là où Pink Floyd et son Dark Side of the Moon, parce qu'ils laisse tant de place, peut-être, paraissaient tomber sous le sens, la préciosité pop dans sa plus belle diversité, de plus connue de tous ou presque, n'étais pas si aisée à dompter. Parce qu'il y a ici la juste proportion entre fidélité et liberté, parce que l'épice jamaïcain s'accorde alors très bien aux compositions de Lennon, McCartney et Harrison (Within You Withou You avec Matisyahu, belle surprise !), aux arrangements et trucs de studio de Sir George Martin CBE, on est rapidement conquis. Et donc, au soleil de Kingston revu et corrigé en la Big Apple, on déguste ce cru dérivé de Londres et Liverpool en oubliant, assez facilement en fait, l'original ou, plutôt, en oubliant de le comparer cette relecture. C'est dire si l'entrain d'un collectif jamais aussi "all-stars" est communicatif !
Parfait ? Sans doute pas, et loin d'égaler son légendaire modèle aussi, à l'impossible nul n'est tenu,  n'en est pas moins un album tribute fort réussi, très fun à écouter et à réécouter offrant, ainsi, une jolie alternative à des versions originales tellement usées de successifs passages qu'on ne boudera pas son plaisir. Recommandé.

1. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (ft. Junior Jazz) 2:22
2. With a Little Help from My Friends (ft. Luciano) 3:13
3. Lucy in the Sky with Diamonds (ft. Frankie Paul) 4:33
4. Getting Better (ft. The Mighty Diamonds) 3:19
5. Fixing a Hole (Extended Dub Mix) (ft. Max Romeo) 4:57
6. She's Leaving Home (ft. Kirsty Rock) 3:09
7. Being for the Benefit of Mr. Kite! (ft. Ranking Roger) 2:34
8. Within You Without You (ft. Matisyahu) 5:13
9. When I'm Sixty-Four (Extended Dub Mix) (ft. Sugar Minott) 5:34
10. Lovely Rita (ft. Bunny Rugs & U-Roy) 4:05
11. Good Morning Good Morning (ft. Steel Pulse) 2:49
12. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) (ft. Junior Jazz) 1:24
13. A Day in the Life (ft. Michael Rose and Menny More) 5:51

Victor Axelrod - clavinet, melodica, organ, piano 
Selwyn Brown - organ, piano, background vocals
Michael Goldwasser - guitar, percussion, synthesizer 
Victor Rice - bass, guitar, string arrangements 
Kirsty Rock - vocals
Patrick Dougher - drums, percussion
Pamela Fleming - trumpet
Buford O'Sullivan - trombone 
Ivan Katz - percussion  
Eddie "Headdie" Ocampo - drums, percussion 
&
Junior Jazz - vocals
Luciano - vocals
Matisyahu - vocals
Menny More - vocals
The Mighty Diamonds - vocals
Sugar Minott- vocals
Frankie Paul - vocals
Ranking Roger - vocals
Max Romeo - vocals
Michael Rose - vocals
Bunny Rugs - vocals
Jennifer Smith - vocals
Steel Pulse - vocals
U-Roy - vocals
Paul Schellack - acoustic guitar
Roger Lipson  Sitar
Antoine Silverman - violin 
Alex Kadvan - cello
Jonathan Dinklage - viola

EASY STAR ALL-STARS

mardi 18 novembre 2014

La POP dans tous ses états

Comme son nom l'indique, le gros billet ci-dessous est consacrée à la pop music, à toutes les pop musics. Enjoie !
 
PoP à DaNSeR
Scissor Sisters "Ta-Dah" (2006)
ou "Le triomphe de la légèreté"

Pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, si il en reste !, les Scissor Sisters sont un quintet New Yorkais ouvertement gay (et quasi-iconique en l'occurrence) ayant produit en 2004 un premier album mêlant pop, funk, disco, rythmes technoïdes et humour ravageur (avec même une reprise club du Comfortably Numb de Pink Floyd qui fit grincer quelques dents, mais pas les miennes !).
Le dit album, contenant des titres aussi imparables que "Laura", Take Your Mama Out ou Mary, n'avait cessé de m'amuser depuis ma découverte d'icelui quelques mois après sa sortie. J'avais cependant les plus grand doutes quand à la possibilité pour le groupe de reproduire une telle performance. Quelle erreur ! Ta-Dah (regardez l'artwork !) est au moins autant une fête pour les sens et l'album "fun" le plus immédiatement accrocheur de l'année en cours.
Passons déjà l'évidence : production et arrangements sont de toute première classe signe d'un budget conséquent en plus d'un vrai talent. L'intemporalité du style (le même astucieux mix que sur leur premier en plus cuivré cependant) n'est plus à prouver mais, et c'est là que réside le tour de force, les compositions sont encore cette fois à la hauteur ! Ainsi nous avons non seulement une impeccable forme mais aussi un fond d'égale qualité. Du futur hit I Don't Feel Like Dancin', hypra addictif !, à la toute dernière piste, Everybody Wants the Same Thing, les Scissor Sisters déroulent une implacable collection de chansons alternant malins penchants dance music (le single précité mais aussi Lights, Kiss You Off, Ooh) et belles ballades/mid-tempi pop (Land Of A Thousand Words, Intermission - qui ne dépareillerait pas sur un le Magical Mystery Tour des Beatles -, Everybody Wants The Same Thing).
Point appréciable : ici pas de machines ! Tout est réellement joué par des musiciens compétents, un soin tout particulier semblant avoir été porté aux guitares qui, pour discrètes, n'en sont pas moins ébouriffantes !
Il y a donc le quintette de base mais aussi des musiciens de studios et invités dont le plus fameux, est, à n'en pas douter Sir Elton John qui vient poser son si reconnaissable piano sur le single inaugural ainsi qu'Intermission. Et, là, LE nom est lâché ! Sans doute la voix de Jake Shears y est-elle pour beaucoup, bien que reposant plus sur un falsetto de bon aloi, mais aussi la tonalité générale de l'album qui rappelle le plus "fun & upbeat" de EJ sans qu'on puisse jamais, cependant, crier au plagiat ou au clone... D'autres influences sont indéniables : The Beatles, The Bee Gees, KC & The Sunshine Band, etc... Hé oui, tout ceci n'est pas très sérieux, mais, bon sang de bois !, qu'est-ce que c'est bon !
A ECOUTER ABSOLUMENT.... A DANSER ABSOLUMENT AUSSI !!!

1. I Don't Feel Like Dancin' 4:48
2. She's My Man 5:31
3. I Can't Decide 2:46
4. Lights 3:35
5. Land Of A Thousand Words 3:50
6. Intermission 2:36
7. Kiss You Off 5:02
8. Ooh 3:29
9. Paul McCartney 3:44
10. The Other Side 4:22
11. Might Tell You Tonight 3:20
12. Everybody Wants The Same Thing 4:22

Jake Shears – vocals
Babydaddy – bass guitar, keyboards, vocals, guitar
Ana Matronic – vocals
Del Marquis – guitar, bass guitar
Paddy Boom – drums, percussion
&
Elton John – piano on "I Don't Feel Like Dancin'" and "Intermission"
J.J. Garden – additional piano on "She's My Man", piano on "I Can't Decide", "Land of a Thousand Words", "The Other Side" and "Everbody Wants the Same Thing"
Gina Gershon – Jew's harp on "I Can't Decide"
Carlos Alomar – additional guitar and bass on "Lights", "Paul McCartney" and "Hair Baby", additional guitar on "Transistor"
Paul Leschen – piano on "Lights", "Ooh" and "Everybody Wants the Same Thing"
Crispin Cioe – saxophone and horn arrangement on "Lights", "Paul McCartney" and "The Other Side"
Bob Funk – trombone on "Lights", "Paul McCartney" and "The Other Side"
Larry Etikn – trumpet on "Lights", "Paul McCartney", "The Other Side"
Joan Wasser – string arrangement and violin on "Land of a Thousand Words"
Jeff Hill – cello on "Land of a Thousand Words"
Van Dyke Parks – string arrangement on "Intermission"
Peter Kent – concert master on "Intermission"

SCISSOR SISTERS

PoP eN aNGLeS
Starlight Mints "The Dream That Stuff Was Made Of" (2000)
ou "Baroque Indie"

Starlight Mints, c'est un peu comme si les Pixies se prenaient pour les Beatles.
La définition est, certes, un peu simpliste, un résumé forcément incomplet, mais définit bien l'indé pop rétro-moderniste de chambre d'un groupe à géométrie variable mené par Allan Vest, principal compositeur à l'écriture fine et imaginative, mais duquel chaque élément semble être une constituante forte. Parce qu'il faut ces guitares parfois "punkement" dissonantes, ces cordes malines sans lesquelles rien ne serait tout à fait pareil, ces voix complémentaires si bien troussées pour obtenir le petit tour de magie d'un premier album à la fois hors norme et pourtant si familier, The Dream That Stuff Was Made Of (le rêve dont ce truc est fait) qu'il s'appelle, bon titre.
Tout ça nous donne 11 compositions et 35 courtes minutes pendant lesquelles on ne s'ennuie pas la une seule seconde. Une collection sans le moindre faux-pas dont on peine à extraire quelque chanson que ce soit tant le niveau d'ensemble est cohérent, et élevé. De fait, bourré de petits hooks mélodiques infectieux, souvent distillés par le violon de James Honderich, fondamentalement fun avec une distance, un second degré sûrement hérités d'un Ray Davis (The Kinks) que ces messieurs dames de si bon goût ne peuvent pas ne pas avoir écouté, l'album atteint invariablement sa cible qu'il groove, qu'il caline ou rentre franchement dans le lard (pour de la pop indé de chambre, hein).
Un beau panel d'ambiances, une production parfaite, une écriture et des arrangements de toute première bourre, c'est la recette du bonheur simple de ces Starlight Mints depuis séparés (en 2009 avec quatre albums de qualité au compteur), et ça s'appelle donc The Dream That Stuff Was Made Of, le titre ne ment pas, une galette ô combien chaudement recommandée, un disque culte, la définition même de l'ear-candy... Enorme !

1. Submarine Number 3 1:58
2. The Bandit 2:26
3. Sir Prize 3:10
4. Blinded by You 4:01
5. Valerie Flames 3:28
6. Sugar Blaster 3:05
7. Cracker Jack 4:49
8. Matador 2:03
9. The Twilight Showdown 3:04
10. Margarita 3:48
11. Pulling out My Hair 3:53

Allan Vest - vocals, guitar
Andy Nunez - guitar, keyboards, backing vocals
Mariam Love Nunez - backing vocals, keyboards
James Payne, Kevin McHeaney, Dave Sardy - bass
Scott Mason - drums, backing vocals
Larry Mullins - drums, percussion
Mary Beth Leigh - cello
James Honderich - violin

STARLIGHT MINTS

BeDRooM PoP
Onelinedrawing "Visitor" (2002)
ou "...tout seul dans sa chambre"

Quand l'ex et futur Far, un des tous meilleurs groupes d'émo rock mélodique ceci dit en passant, se lance dans la bedroom pop (de celles qu'on fait tout seul ou avec des potes et avec les moyens du bord), ça donne Onelinedrawing et c'est vachement bien.
Il faut dire que Jonah Matranga a le truc pour pondre de petites chansons simples à la mélodie s'incrustant immédiatement dans le cerverlet de l'auditeur et pas besoin de beaucoup de moyens pour parvenir à ses fins, parce que c'est un malin, Jonah, en plus. Prenez le "tube" de l'album (enfin, la chanson qui, si elle avait été dûment promue et clipée aurait pu faire frémir les charts), Smile, une voix, une guitare, une basse, une petite programmation simplette de boîte à rythmes, quelques petits effets robotiques rigolos, une sacrée mélodie bien accrocheuse et le tour est joué ! Avec quelques guests pour varier les climats, du planant et/ou folky (Ulm, But It Was Close, Candle Song, Why Are We Fighting ?, Sixes) où on pense parfois au magicien que fut Elliott Smith au plus rythmé et entrainant (Bitte Ein Kuss,  Yr Letter, Softbelly) sans se départir d'un minimalisme DIY (do it yourself), d'un flair mélodique jamais démenti et bien sûr d'un beau brin de voix toujours passionné, l'homme derrière Onelinedrawing mais aussi son pendant électrique qui viendra bientôt (New End Originals, un anagramme) parvient à réaliser un album fauché qu'on aurait pas voulu entendre autrement qu'en ses habits si finement bricolés. 
Concernant le présent projet, un second album suivra, The Volunteers en 2004, très bon aussi mais manquant sans doute de l'innocence d'un premier jet séminal. Alors, oui, on recommande Visitor, c'est une petite merveille (trop bien) cachée qu'on partage avec bonheur.

1. Um 4:28
2. Bitte Ein Kuss 3:29
3. But It Was Close 3:23
4. Smile 3:24
5. Perfect Pair 2:23
6. Candle Song 2:00
7. Yr Letter 4:01
8. Why Are We Fighting? 3:48
9. Visitor 1:04
10. Softbelly 3:27
11. Sixes 5:37

Jonah Matranga - vocals, guitar, piano
&
Rohner Segnitz - keyboards, drums
Brendan Milburn - keyboards, programmings
Are Too - drums, bass, guitar
Michael Papenberg - guitar


ONELINEDRAWING (Jonah Matranga)

FoLK PoP
Cocoon "My Friends All Died In A Plane Crash" (2007)
ou "Popacoustics"

Un homme, une femme. Ils sont français et font ce qu'il est convenu d'appeler de la folk-pop, ils s'appellent Cocoon et leur premier album My Friends All Died in a Plane Crash, sacré titre !
Et sacré petit album admirablement troussé par deux musiciens (et un compositeur, monsieur) sachant composer, jouer et arranger de charmantes petites chansons qui vous trotte longtemps en tête après que l'écoute soit achevée. Il y a évidemment les deux tubes de l'album, que vous avez forcément entendu meme involontairement quand ils servirent d'illustration sonore à un reportage, une publicité (On My Way, Chupee et son addictif riff de ukulélé), deux petites bombes de délicatesse folk en mélodie pop tout à fait représentatives d'un album, anglophone à raison parce qu'essentiellement influencé par des sonorités anglo-américaines, qui coule dans l'oreille tel le miel le plus doux dans une gorge endolorie. L'équilibre des deux vocalistes, leur complémentarité, des arrangements précieux mais jamais pompeux, une production permettant d'apprécier toutes les finesses, les petites trouvailles d'un album qui n'en manque pas sans jamais, cependant, se départir d'une vraie belle simplicité mélodique, d'une verve communicative rendant chaque chanson immédiatement accessible.
Mark Daumail et Morgane Imbeaud, les deux forces vives de Cocoon, tenteront de reproduire l'exploit sur un second album, Where the Oceans End,  un bon album au demeurant mais manquant de l'innocence attachante du présent long-jeu originel. My Friends All Died in a Plane Crash est un bel album doux comme le câlin de Morgane au minou de la pochette et mélodieux et recommandé à tous, c'est aussi simple que ça.

1. Take Off 2:52
2. Vultures 3:00
3. On My Way 2:51
4. Seesaw 3:22
5. Christmas Song 3:11
6. Tell Me 2:50
7. Owls 3:18
8. Paper Boat 2:58
9. Cliffhanger 3:37
10. Chupee 2:56
11. Hummingbird 3:27
12. Microwave 2:40

Mark Daumail - vocals, guitar, banjo, ukulele, tambourine, beatbox, glockenspiel, cola shaker, handclaps
Morgane Imbeaud - vocals, piano, keyboards, toy piano, glockenspiel, tambourine, mellotron, egg shaker, handclaps
&
Nicolas Stevens, violin, alto
Jeff Assy - cello, woodbrass
Davy Sladek - soparno sax, oboe, English horn, flute
Christophe Pereira - trumpet, french horn
Yann Clavaizolle - drums
Denis Clavaizolle - bass
Fred Mabrut - pedal steel
Seb Martel - cowboy guitar
Vincent Estival, Jack Daumail - lead guitar
Virginie Desfossés - musical saw
Christophe McPherson, Alexandre Bouichou - handclaps

COCOON

PoMP PoP
Aviary "Aviary" (1979)
ou "La volière majestueuse"

C'est l'histoire d'un groupe qui avait tout pour réussir mais arriva trop tard pour que sa chance, son destin même, se concrétise. C'est un peu comme ça qu'on pourrait résumer la brève carrière d'Aviary, un groupe qui - influencé par quelques grands noms tels que Electric Light Orchestra, Ten CC, Queen, Kansas, Styx et même les Beatles - sortit un unique album en 1979 avant de disparaître de la circulation.
Et pourtant, Aviary avait tout pour réussir ! Chaque morceau présent sur cet album est une bombe de pomp rock intelligemment et amoureusement confectionné. Comme c'est nécessaire (voire obligatoire) dans ce genre de musique, tout ici brille de mille feux. La production, déjà, toute en clarté et en puissance (et signée de Gary Lyons), en est l'écrin idéal. Les compositions ensuite et là, mes aïeux, quelle fiesta. Accrocheuses, le mot est faible, supra-mélodiques, pleines de fantaisies et de petites trouvailles mélodiques, sont la preuve que le talent n'est pas ce qui manquait au quintet. Evidemment, l'interprétation est à l'avenant. Le chant de Brad Love rappelle parfois celui de Freddy Mercury mais aussi - plus souvent d'ailleurs - celui de Justin Hawkins de The Darkness (où l'inverse si on suit une logique chronologique) ce qui colle parfaitement à ce que le groupe essaye d'entreprendre.
Musicalement, Aviary n'ont pas réinventé l'eau tiède, ce sont de bons ouvriers qui savent trousser une chanson et, puisqu'ils en possèdent l'assurance technique requise, enluminent chaque titre de leur talent d'instrumentistes qui - croyez-moi - ne sont pas à négliger.
Au final, nous avons donc un album fun à écouter mais qui, si on prend le temps d'en gratter le vernis, a toutes les qualités pour contenter l'amateur de rock progressif qui sait ne pas prendre la musique qu'il écoute trop au sérieux.

NB : Précision biographique pas inutile, Aviary ont depuis sorti un second album en 2003 (Ambition) qui, sans valoir leur galette éponyme, mérite qu'on s'y penche. Les compositions qui y sont présentées furent enregistrées peu de temps après l'album présenté ici et sont donc, en toute logique, dans la même lignée Pomp Rock. Avis aux amateurs.

1. Soaring 5:50
2. Anthem For The U.S.A. 5:09
3. Puddles 3:01
4. As Close As You Can Get 4:23
5. Mystic Sharon 3:15
6. Feel The Heart (Then You'll Be Mine Again) 4:39
7. Average Boy 3:51
8. I Will Hear 2:15
9. Maple Hall 4:48

Brad Love - lead vocals, keyboards, synthesizers
Toby Bowen - electric guitar
Richard Bryans - drums, backing vocals
Paul Madden - keyboards, synthesizers
Ken Steinmonts - bass, backing vocals

AVIARY

PoWeR PoP
HoneyCrack "Prozaic" (1996)
ou "Pop at (wild)hearts"

Formé par l'ex-The Grip, Willie Dowling, et CJ , ex-Wildhearts, HoneyCrack est un quintet power pop qui n'aura eu qu'une carrière éclair d'un album et une poignée de singles. Un groupe qui méritait assurément mieux que la quasi-indifférence qu'il rencontra.
Et pour le coup, c'est à un tour de force de power pop auquel nous avons droit. Les mélodies font mouche, la production est précise et rend admirablement bien la puissance développée par le quintet. Leur musique, à la fois actuelle tout en faisant montre d'un certain charme rétro qui n'est pas sans rappeler la pop/rock anglaise des années soixantes, avait tout pour séduire les plus exigeants.
Alors pourquoi cet échec retentissant ? Une pochette pas franchement attractive ? Une musique trop rock pour les fans de pop et trop pop pour les fans de rock ? Une promotion inadéquate voire inexistante ? La faute à pas de chance ? Sans doute un peu de tout ceci, hélas.
Et donc, si vous aimez votre rock racé et mélodique avec juste ce qu'il faut de pop et de metal pour épicer le tout, Prozaic vous ravira. A noter que l'album est depuis (trop) longtemps épuisé et qu'il vous faudra donc le chercher pour profiter de cette rare opportunité de découvrir ce groupe talentueux et trop méconnu.

1. King Of Misery 3:04
2. No Please Don't Go 2:36
3. Go Away 3:51
4. Powerless 2:39
5. Genius Is Loose 5:03
6. Good Good Feeling 3:20
7. If I Had A Life 3:51
8. I Hate Myself And Everybody Else 2:58
9. Animals 4:18
10. Samantha Pope 3:42
11. Paperman 4:07
12. Sitting At Home 3:51
13. Parasite 5:29

Willie Dowling - Vocals, guitar
CJ - Guitar, vocals
Mark McRae - Guitar, vocals
Pete Clarke - Bass, vocals
Hugo Degenhardt - Drums, vocals

HONEYCRACK

SyNTH PoP
The Postal Service "Give Up (Deluxe 10th Anniversary Edition)" (2003/13)
ou "Paquet cadeau"

Quand le chanteur et guitariste de Death Cab for Cutie et l'artiste électronique qu'on connait sour le nom de Dntel s'unissent pour composer un hommage informel à la synth-pop anglaises du début des années 80, ça donne The Postal Service et leur, pour le moment, unique album (qui le restera malheureusement probablement), le délicieux Give Up.
Présentement, c'est de l'édition Deluxe dont il s'agit, celle-là même qui sortit à l'occasion du dixième anniversaire d'un album qui avait marqué lors de son run originel. En toute logique, on retrouve sur le 1er Cd l'intégrale dudit album soit 10 morceaux synthpop revus et corrigés à l'aulne d'une écriture indie rock déjà développée par Benjamin Gibbard chez Death Cab for Cutie ici enluminée des trésors synthétiques d'un Jimmy Tamborello s'en donnant à cœur-joie à réinterpréter les  trucs et astuces de New Order, Depeche Mode, Pet Shop Boys (etc.). Et c'est une splendeur sans la moindre faille pour qui est amateur du genre, une splendeur ou brillent particulièrement quelques chansons encore plus réussies que leurs voisines (c'est dire) que sont The District Sleeps Alone Tonight, le tube Such Great Heights et We Will Become Silhouettes.
Voilà, ça c'est pour l'album, que beaucoup connaissent déjà étant donné qu'il eut un joli succès culte. Mais le "gras" de l'édition, ce qui justifie qu'un groupe n'ayant sorti qu'un album orphelin se voit boosté dans la catégorie des grands à qui les éditions prestigieuses sont permises, se trouve sur un généreux second cd de 15 titres, rien que ça ! Qu'y trouve-t'on ? 4 inédits de belle tenue, 3 reprises assez surprenante et tout à fait réussies (écoutez donc celle d'Against All Odds de Phil Collins, ce n'était pas gagné sur le papier, c'est un triomphe dans les oreilles !), 5 remixes plutôt plus intéressants que la moyenne, 1 live et 2 reprises de deux des plus belles chansons de l'album, Such Great Heights et We Will Become Silhouettes par, respectivement, The Shins et Iron & Wine prouvant que ces compostions, en l'occurrence, tiennent le choc d'un shift d'arrangements assez radical sans perdre de leur qualité.
La collection est en fait l'intégrale du matériel de The Postal Service, ne manquent à cette généreuse sélection complémentaire que les remixes de la formation pour d'autres artistes, sans doute une question de droits qui n'empêche nullement de goûter au talent d'un duo, et de ses quelques guests, dont on aurait bien aimé entendre de nouvelles aventures comme ce fut, en fait, prévu. Las, entre les calendriers respectivement bien remplis des deux leaders et les essais infructueux quand la chance parvint à les réunir, Give Up restera solitaire, et référentiel donc, et recommandé surto !

CD 1 - Album
1. The District Sleeps Alone Tonight 4:43
2. Such Great Heights 4:26
3. Sleeping In 4:21
4. Nothing Better 3:46
5. Recycled Air 4:29
6. Clark Gable 4:54
7. We Will Become Silhouettes 5:00
8. This Place Is a Prison 4:12
9. Brand New Colony 4:12
10. Natural Anthem 5:07

CD 2 - Bonus
1. Turn Around 3:45
2. A Tattered Line of String 2:56
3. Be Still My Heart 3:03
4. There's Never Enough Time 3:32
5. Suddenly Everything Has Changed (The Flaming Lips cover) 3:26
6. Against All Odds (Take a Look at Me Now) (Phil Collins cover) 4:17
7. Grow Old With Me (John Lennon cover) 2:31
8. Such Great Heights (John Tejada Remix) 5:49
9. The District Sleeps Alone Tonight (DJ Downfall Persistent Beat Mix) 6:54
10. Be Still My Heart (Nobody Remix) 3:54
11. We Will Become Silhouettes (Matthew Dear's Not Scared Remix) 5:05
12. Nothing Better (Styrofoam Remix) 3:27
13. Recycled Air (Live on KEXP) 2:59
14. We Will Become Silhouettes (Performed by The Shins) 3:01
15. Such Great Heights (Performed by Iron & Wine) 4:16

Benjamin Gibbard – lead vocals, lyrics, guitars (1, 2, 3, 5, 9), additional keyboards (2, 7) , electric piano (8), drums (6, 8, 9)
Jimmy Tamborello – programming, accordion (8), additional keyboards (8), electric drums, production, glitching
&
Chris Walla – piano (4), production
Jenny Lewis – backing vocals (1, 3, 5, 6, 7, 9)
Jen Wood – backing vocals (2), vocals (4)
The Shins (14)
Iron & Wine (15)

THE POSTAL SERVICE

GiRL PoP
Ephemera "Sun" (2000)
ou "Three in Harmony"

Trois norvégiennes et un second album d'une pop douce et féminine, c'est le programme du Sun d'Ephemera, une galette dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler. Réparons.
Musicalement, la pop des filles d'Ephemera ne réinvente rien, et n'y prétend d'ailleurs pas. Se lovant harmonieusement dans un son rétro-moderniste rappelant autant les brillances d'une damoiselle Sinatra "from the sixties" que quelques valeurs nettement plus contemporaines (on pense par exemple à des La's en version féminisée ou à la divine Suzanne Vega), une pop  toutes en chatoyances vocales harmonisées, électro-acoustique mélodieux augmentée de quelque programmations discrètes et efficaces dans le secteur rythmique. Tout ça est de très bon goût, excellemment joué par trois musiciennes n'ayant besoin d'aucun mâle pour les soutenir. Des highlights ? l'emballage presque swing de Happy Grateful Aware, la douceur presque folk de Perfect, la jolie fêlure des fragiles Bad Deal et Find Your Way, les latineries inspirées de Saddest Day, mais pas l'electro téléphonée d'un Tornado trop maltraité dans ses habits de modernisme forcé, qui n'est même pas mauvais d'ailleurs, et pourtant le moment le moins convaincant d'un album sinon réussi de bout en bout.
Vous ne connaissiez pas Ephemera ? C'est l'occasion, n'hésitez pas !

1. Happy, Grateful, Aware 3:35 
2. Again 2:58 
3. Mrs. T 2:36 
4. Perfect 2:46 
5. Play 3:19 
6. Bad Deal 3:52 
7. Saddest Day 3:25 
8. Morning Sun 3:18 
9. Little Lion 3:09 
10. Tornado 2:58 
11. Close 3:02 
12. Find Your Way 3:48 

Christine Sandtorv – vocal, guitar, keyboards, songwriter
Jannicke Larsen – vocal, guitar, keyboards, percussion
Inger Lise Størksen – vocal, percussion, chimes, songwriter


EPHEMERA

FReNCH PoP (Le RéGioNaL De L'éTaPe)
Michel Polnareff "Polnareff's" (1971)
ou "Polnapop"

S'il y a un album qui représente le triomphe d'une certaine pop à la française, d'une pop ayant su ingérer et digérer les influences anglo-saxonnes pour les accommoder à la sauce camembert (ou plutôt à parvenir à ne pas sentir ledit clacos), c'est bien le cru 71 de Michel Polnareff, le sobrement titré "polnareff's".
Ambitieux est un qualificatif qu'on accolerait volontiers à l'opus s'il ne supportait avec tant de classe compositionnelle la débauche de moyens instrumentaux mise en œuvre pour son exécution. Une preuve ? L'instrumental d'ouverture, Voyages, et son pendant de mi-album (...Mais Encore) où cordes et cuivres complémentent à merveille une superbe mélodie. C'est idem pour le très réussi Né dans un Ice-Cream où un Polnareff heureux comme un poisson dans l'eau peut se laisser aller à ses extravagances, jusqu'à un décrochage jazz big band tout à fait crédible, c'est fort. Et ça continue, tout l'album est de ce divin tonneau où la richesse de la façon n'est jamais là pour cacher la pauvreté du propos. Alors, certes, certains regretteront l'épure précédemment affichée par Michel mais force est de constater que ce déluge, cet ensemble instrumental digne de sessions menées par un certain Phil Spector (dont on sent indéniablement l'ombre) sied admirablement à l'écriture fine mais démonstrative d'un Polna présentement en état de grâce.
Si vous aimez la pop qui n'a pas froid aux yeux, emprunte plus aux Moody Blues qu'à Big Star, Polnareff's, album sans faille dont je ne vous vanterai pas les mérites particuliers mais ou chaque chanson atteint parfaitement son but (en plein cœur !), vous comblera d'aise. Et de comprendre le statut culte, celui du plus bel album de son auteur qu'on lui attribue si régulièrement, c'est largement mérité !

1. Voyages 2:52
2. Né Dans un Ice-Cream 3:21
3. Petite, Petite 3:20
4. Computer's Dream 4:17
5. Le Desert n'Est Plus en Afrique 3:05
6. Nos Mots d'Amour 3:13
7. ...Mais Encore 2:15
8. Qui A Tué Grand' Maman 2:37
9. Monsieur L'Abbé 3:30
10. Hey You Woman 5:20
11. A Minuit, A Midi 3:37

(musiciens inconnus)

MICHEL POLNAREFF

PoP MeTaL
King's X "Out of the Silent Planet" (1988)
ou "les Beatles du Hard Rock"

Quelque part entre le hard rock et la pop music existe un trio américain ayant construit son style sur ce rapprochement à priori contre nature. Sauf que non.
Il faut dire que King's X, puisque c'est de cette cultissime formation dont il s'agit, s'y entend pour faire cohabiter des chœurs harmonieux, de gros riffs bien gras et un groove absolument infectieux dans ce qu'on pourrait décrire, même s'il faut un peu d'imagination, comme l'improbable rencontre des Beatles (plus Lennon que McCartney), de Black Sabbath, de Jimi Hendrix période Experience et de Sly & the Family Stone, rien que ça ! Des premiers ils ont hérité un talent pour des refrains accrocheurs tout en chœurs, des seconds une prédisposition au riff plombé, des trois et quatrièmes une capacité à fusionner le blanc et le noir avec une absolue cohérence.
Parce que ce trio est mené par Doug Pinnick, grand black arborant un fier iroquois, bassiste de surcroit, et que ça s'entend et que ça contrebalance admirablement les deux petits blancs respectivement guitariste et batteur,  instrumentalement comme vocalement. En chansons, ça donne 10 petites merveilles où le trio s'exprime comme une unité solide et indivisible qu'il plonge vers la douceur (Goldilox), un certain progressisme discret et sans pompe (In the New Age, WonderFar Far Away, Visions) ou de sympathiques tourneries efficacement troussées (Power of Love, Sometimes, KingShot of Love). Le tout est, il est vrai, un peu dégriffé par la production "80's slick" de  Sam Taylor (un ancien du ZZ Top estate) mais si glorieusement interprété par des instrumentistes qui, sans jamais donner dans la vaine démonstration, possèdent à l'évidence un solide bagage technique qu'il est impossible de résister.
Evidemment, les deux albums suivants de la formation, Gretchen Goes to Nebraska et Faith Hope Love, perfectionneront, amélioreront encore la formule ici juste naissante mais, indéniablement,cette originelle exploration de leurs capacité hors du commun est indispensable à qui apprécie déjà la formation mais n'aurait pas encore plongé ici ainsi qu'à ceux souhaitant découvrir cet excellent power trio qui, à trop tracer sa propre route, n'aura jamais vraiment le retentissement qu'il méritait. Et vive King's X, donc.

1. In the New Age 5:23
2. Goldilox 4:41
3. Power of Love 4:57
4. Wonder 4:13
5. Sometimes 3:40
6. King 3:01
7. What Is This? 3:48
8. Far, Far Away 4:14
9. Shot of Love 3:15
10. Visions 5:11

Doug Pinnick - bass/vocals
Ty Tabor - guitar/vocals
Jerry Gaskill - drums/vocals

KING'S X

PoP De RéFéReNCe 1
Colin Blunstone "One Year" (1971)
ou "Perfect pop"

Quand un ex-Zombies se lance en solo, ça donne One Year et c'est un petit miracle de pop raffinée comme on aimerait en entendre beaucoup plus souvent.
Nous sommes en 1971, quelques années après la séparation d'un groupe pop anglais presque oublié aujourd'hui, The Zombies. Paraît One Year, premier album solo de Colin Blunstone, pareil à un rosier sous la pluie, subtil et alangui.
Le rêve de tout critique de rock serait de tomber, au fond d'un grenier, sur la discothèque oubliée par exemple dans une vielle malle, d'un fan de song-writing britannique qui aurait acheté, dans les années soixante, à peu près tout ce qui ce serait fait à l'époque. On peut présumer que les saints vinyles mériteraient presque tous qu'on les écoute avec une nostalgie admirative et One Year, de Colin Blunstone, ne ferait pas exception.
Nous sommes en 1971, quelques années après la séparation d'un groupe pop anglais presque oublié aujourd'hui, The Zombies. Mélodiques et raffinés, ces zombies bien vivants dans les sixties ne survécurent pas au tournant de la décennie la plus rock de l'Histoire, contrairement à leur chanteur, Colin Blunstone. Discret, doté d'une voix de velours froissé, moins sombre et prophétique qu'un Nick Drake, il n'en publie pas moins cette année-là, chez Epic, une petite merveille de délicatesse : One Year.
Très court, une trentaine de minutes, comme beaucoup des galettes de l'époque, One Year parcourt les quatre saisons sentimentales de son auteur. Un ou deux titres mis à part, c'est paré de guitare sèche et de cordes précieuses que l'album s'effeuille, pareil à un rosier sous la pluie, subtil et alangui. Presque tous les titres semblent faits de brume et si l'on devait trouver à la musique une harmonie de couleurs, c'est avec des pastels de rose, de vert et de gris bleuté qu'il faudrait ici l'esquisser. On sent parfois, surtout sur les morceaux plus rythmés, à quel point le temps a marqué son passage sur ce genre de compositions mais hormis cette note mineure, tout y est si harmonieux, si délicieusement susurré qu'on ne peut que s'abandonner, reconnaissant et oublieux, à cette joie empreinte de tristesse qui accompagne le souvenir de ce qui ne reviendra plus.

1. She Loves the Way They Love Her 2:49
2. Misty Roses 5:04
3. Smokey Day 3:13
4. Caroline Goodbye 2:54
5. Though You Are Far Away 3:24
6. Mary Won't You Warm My Bed 3:11
7. Her Song 3:31
8. I Can't Live Without You 3:27
9. Let Me Come Closer to You 2:24
10. Say You Don't Mind 3:20

Colin Blunstone – vocals, guitar
Rod Argent – keyboards
Russ Ballard – guitar
Jim Rodford – bass
Robert Henrit – drums

COLIN BLUNSTONE

PoP De RéFéReNCe 2
The Cardigans "Emmerdale" (1994)
ou "Swing & Dream & Pop!"

De petits suédois à peine sortis de l'adolescence pour une dream pop délicieusement lounge et rétro ? Vous avez sans doute entendu parler des excellents Cardigans mais connaissez-vous leur opus débutant, Emmerdale ?
Oubliez le cocker, oubliez le titre emprunté à un soap britannique, Emmerdale c'est avant tout de la musique, légère comme une bulle de champomy ou de canada dry, du sixties swinging London dans la suède des années 90, un anachronisme charmant.
Et surtout une voix mutine et câline, celle d'une toute jeune Nina Persson (20 ans !) qui a le physique qui va avec, en plus. Et ensuite des compositions et des arrangements (signés Peter Svensson, 20 ans itou) qui ne laissent nullement entrevoir la jeunesse de leur auteur qui maîtrise comme un vieux briscard cette fusion de pop et de swing jusque dans une relecture inspirée du Sabbtath Bloody Sabbath de Black Sabbath qu'on reconnaît mais qui a tout de même subi un ripolinage en règle. Il y a évidemment d'autres très belles chansons, l'emballage joyeux d'un Sick & Tired ou d'un Rise & Shine, la douceur feutrée de Black Letter Day, After All et Celia Inside.
Tout ceci, dont une production (signée Tore Johansson) sachant mettre en valeur les qualités du quintet, de précieux arrangements encore enrichis par d'utiles guests, et un album qui donnera le la de ses deux successeurs qui, cependant, n'en posséderont pas la touchante naïveté si typique des premiers essais. Emmerdale recommandé ? Mais carrément !

1. Sick & Tired 3:24
2. Black Letter Day 4:31
3. In the Afternoon 4:10
4. Over the Water 2:13
5. After All... 2:56
6. Cloudy Sky 4:07
7. Our Space 3:30
8. Rise & Shine 3:28
9. Celia Inside 3:34
10. Sabbath Bloody Sabbath 4:32
11. Seems Hard 3:56
12. Last Song 3:21

Lars-Olof Johansson – acoustic guitar, piano
Bengt Lagerberg – percussion, bassoon, drums, recorder
Nina Persson – vocals
Magnus Sveningsson – bass
Peter Svensson – bass, guitar, percussion, piano, arranger, conductor, vocals, bells, vibraphone
&
David Åhlén – violin
Ivan Bakran – grand piano
Lasse Johansson – guitar, piano
Tore Johansson – trumpet, producer, beats
Jens Lingård – trombone
Anders Nordgren – flute

THE CARDIGANS

PoP De RéFéReNCe 3

The Beatles "Let It Be/Let It Be... Naked" (1970/2003)
ou "Nu et Habillé"

D'un côté l'album telle qu'en son originel habit, production de Spector comprise, remasterisé et tout. De l'autre son pendant épuré, expression des sessions finalement transformées par le précité mal coiffé.
 
Let It Be.
Vous le connaissez tous celui-là ou, au moins, vous en connaissez tous les quatre tubes immortels : Across the Universe, Let It Be, The Long and Winding Road et Get Back, quatre perles entrées de plein droit dans le catalogue des plus immortelles chansons du plus grand groupe de pop (rock) de tous les temps.
Vous connaissez sans doute aussi son histoire : enregistré avec George Martin, remisé et finalement devancé par Abbey Road, retouché avec quelque controverse par Phil Spector et finalement sorti comme ultime opus studio des fabuleux liverpuldiens. On est dans la légende, là. Et la légende est méritée même si force est de constater que Let It Be n'égale aucun de ses prédécesseurs depuis l'arrêt de la scène. Clairement, c'est une œuvre de fin de règne construite de bric et de broc, un album où George Martin, le 5ème Beatle, est presque remisé à un simple rôle d'ingénieur du son, un album où, certes, on retrouve quelques immortels classiques (Across the Universe, Let It Be, The Long and Winding Road et Get Back) et quelques douceurs complémentaires (Two of Us et I've Got a Feeling surtout), un album aussi imparfait, empesé qu'il est parfois de ses oripeaux spectoriens, que les circonstances de son enregistrement et de sa révision par M. Mur-du-Son.
Un classique ? Absolument ! Un indispensable ? Aussi ! Une nouvelle galette sans faille des Fab Four ? Certainement pas mais, allez savoir pourquoi, c'est aussi comme ça qu'on l'aime, Let It Be, encore plus dans la dernière génération de remasters des Beatles (présentement dans son pendant stéréo) qui sont parfaits.
 
Let It Be... Naked.
C'est en 2003 que parait Let It Be... Naked soit la version originale amendée de l'ultime album studio des Fab Four, la version quatuor & guests dépouillées d'oripaux spectoriens controversés. Sur le papier, on en salive d'avance mais ça donne quoi, au fait ?
Ca donne déjà un album incomplet Dig It et Maggie Mae se voyant remplacée par Don't Let Me Down (la face B du single Get Back) qui, selon McCartney, éminence grise du projet, collait mieux au reste de la sélection. Ca donne ensuite un album notablement plus dépouillé ce qui, toujours d'après McCartney, était la volonté du groupe avant qu'il ne soit confié à Phil Spector pour le résultat que l'on sait (et qu'on aime bien aussi). Ca donne, donc, l'album des Beatles le plus direct, franc du collier depuis que la manie de l'expérimentation studio les a gagné. Un album proposant pas mal d'alternate takes d'ailleurs (celles de The Long and Winding Road et de I've Got a Feeling étant particulièrement notables), de prises plus dans l'esprit de ce que Macca envisageait d'obtenir de l'opus le plus live que les Beatles avaient enregistrés depuis longtemps. Et qu'il obtient ! Parce que Let It Be... Naked est une vraie redécouverte d'un album qu'on pensait pourtant avoir épuisé à force d'écoutes intensives. Un vrai petit miracle, en somme.
Et le bonus ? Fly on the Wall ? De petits instantanés pris sur le vif, pas renversant mais une ludique occasion de se glisser dans quelques moments de vie des Beatles en studio.
Et pour tout ça on dit quoi ? On dit merci M. McCartney !
 
Bref, entre le nu et l'habillé, il n'y a pas de choix à faire, il faut les deux même si ce n'est pas forcément pour la même raison.

Let It Be
1. Two of Us 3:37
2. Dig a Pony 3:55
3. Across the Universe 3:48
4. I Me Mine 2:26
5. Dig It 0:50
6. Let It Be 4:03
7. Maggie Mae 0:40
8. I've Got a Feeling 3:38
9. One After 909 2:54
10. The Long and Winding Road 3:38
11. For You Blue 2:32
12. Get Back 3:09

George Harrison – lead and rhythm guitars, acoustic guitar on "For You Blue" and "I Me Mine", tambura on "Across the Universe", tuned-down six-string electric guitar on "Two of Us" and "Maggie Mae", lead vocals on "I Me Mine" and "For You Blue", backing vocals.
John Lennon – lead and backing vocals, rhythm guitar, lead guitar on "Get Back", lap steel guitar on "For You Blue", acoustic guitar on "Two of Us", "Across the Universe" and "Maggie Mae", six-string bass guitar on "Dig It", "Let It Be" and "The Long and Winding Road", whistling on "Two of Us".
Paul McCartney – lead and backing vocals, bass guitar, acoustic guitar on "Two of Us" and "Maggie Mae", piano on "Dig It", "Across the Universe", "Let It Be", "The Long and Winding Road", and "For You Blue", Hammond organ and electric piano on "I Me Mine", maracas on "Let It Be".
Ringo Starr – drums, percussion on "Across the Universe".
&
Richard Anthony Hewson – string and brass arrangements on "I Me Mine" and "The Long and Winding Road"
John Barham – choral arrangements on "Across the Universe", "I Me Mine" and "The Long and Winding Road"
George Martin – shaker on "Dig It", string and brass arrangements on "Let It Be", production
Linda McCartney – backing vocals on "Let It Be"
Billy Preston – electric piano on "Dig a Pony", "I've Got a Feeling", "One After 909", "The Long and Winding Road", and "Get Back", Hammond organ on "Dig It" and "Let It Be"
Brian Rogers – string and brass arrangements on "Across the Universe"

Let It Be... Naked
1. Get Back 2:34
2. Dig a Pony 3:38
3. For You Blue 2:27
4. The Long and Winding Road 3:34
5. Two of Us 3:21
6. I've Got a Feeling 3:30
7. One After 909 2:44
8. Don't Let Me Down 3:18
9. I Me Mine 2:21
10. Across the Universe 3:38
11. Let It Be 3:55

Bonus
Fly on the Wall
"Sun King" 0:12–0:31
"Don't Let Me Down" 0:32–1:05
"One After 909" 1:30–1:38
"Because I Know You Love Me So" 2:42–4:15
"Don't Pass Me By" 5:03–5:06
"Taking a Trip to Carolina" 5:32–5:52
"John's Piano Piece" 5:53–6:13
"Child of Nature" 6:29–6:53
"Back in the U.S.S.R." 6:54–7:06
"Every Little Thing" 7:20–7:30
"Don't Let Me Down" 7:31-7:51/8:00–8:31
"All Things Must Pass" 9:00–9:38
"John's Jam" 10:07–10:26
"She Came In Through the Bathroom Window" 10:58–11:03
"Paul's Bass Jam" 11:16–11:30
"Paul's Piano Piece" 12:59–13:59
"Get Back" 16:01–16:15
"Two of Us" 17:03–17:24
"Maggie Mae" 17:25–17:47
"Fancy My Chances with You" 17:48–18:15
"Can You Dig It?" 18:39–19:10
"Get Back" 19:35–20:08

John Lennon – vocals, guitars, bass guitar, lap steel guitar
Paul McCartney – vocals, bass guitar, acoustic guitars, piano, organ, electric piano
George Harrison – guitars, vocals, sitar, tambura
Ringo Starr – drums
&
George Martin – organ, percussion
Billy Preston – organ, electric piano

THE BEATLES
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