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lundi 17 juillet 2017

V comme...

V pour Victoire, n'est-ce pas Winston, mais V aussi pour Valeurs, et ces musiciens en ont !, et elles sont avant tout musicales... Mais pas seulement. De la Vérité nue de Townes aux Vrombissantes explorations de Voivod, c'est un Voyage tout sauf Vain auquel je vous convie cette semaine. Enjoie !

V comme...
VAN DER GRAAF GENERATOR "Live in Concert at Metropolis Studios, London" (2012)
VdGG is Alive!

Il est de ces groupes qui se soucient si peu du commerce qu'ils finissent par avoir une réputation très en deçà de celle qu'ils auraient justement méritée. Van der Graaf Generator, chevalier imputrescible d'un rock progressif libre et (donc) changeant, est de ceux-ci. Longtemps rare en lives enregistrés, le désormais trio toujours mené par l'habité Peter Hammill, y est devenu plus présent, signe de temps où il est plus simple d'obtenir une captation professionnelle à moindre coût et où, en toute logique, les misfits en tous genres (dont les trois papys surpuissants ici présents font définitivement partie), saisissent l'aubaine avec l'appétit créatif qu'on leur connait habituellement.
Evidemment, comme sur les précédentes aventures live du trio (Live At The Paradiso, 2009), les chagrins iront regretter l'absence d'un David Jackson (saxophone) devenu si ingérable pour Hammill & Co qu'ils durent s'en débarrasser pour vital fut-il à leur son. Décidant, courageusement, de continuer sans cet élément décisif, les trois membres restants s'en sortent, ici comme précédemment, merveilleusement bien. On s'en doute, le répertoire conçu pour cette formation resserrée fonctionne parfaitement, on est plus surpris de constater que les classiques inoxydables du groupe (de Lemmings à Childlike Faith en passant par Man-Erg) y résistent si bien à l'amputation d'une partie à priori si soniquement indispensable. C'était sans compter sur la rouerie et l'expérience accumulée au cours de leur chaotique carrière par Hammill, Banton et Evans qui n'y font décidément pas leur soixantaine et donnent, l'air de rien, quelque cours d'énergie et d'intensité dramatique à la jeune concurrence.
Enregistré devant un petit nombre d'heureux privilégiés au Metropolis Studios de Londres, comme son titre on ne peut plus explicite l'indique, le présent live nous offre non seulement une prestation hantée comme seuls VdGG en ont le secret mais aussi une captation parfaite qui permettra de saisir et d'apprécier toutes les nuances d'interprétations perfectibles mais passionnées... et donc passionnantes. Un petit (et réel) bonheur présentement agréablement complété d'une captation vidéo de belle tenue pour un lot, vous l'aurez compris, indispensable à tout amateur du groupe.

CD 1
1. Interference Patterns 4:22
2. Nutter Alert 5:35
3. Your Time Starts Now 4:25
4. Lemmings 14:26
5. Lifetime 5:24
6. Bunsho 5:38
7. Childlike Faith 12:14

CD 2
1. Mr. Sands 5:22
2. Over The Hill 12:21
3. We Are Not Here 4:54
4. Man-Erg 11:50

Peter Hammill: chant, claviers, guitare
Hugh Banton: orgue, basses pédales
Guy Evans: batterie


V comme...


VAN HALEN "1984" (1984)
Big Big Rock!

Ils ne savent pas encore la tuile qui va leur tomber dessus une grosse année plus tard quand en 1983, quand l'album fut conçu, Van Halen se préparait au second souffle qui avait tant tardé à venir. C'est donc, pour le moment, une formation inchangée qui s'avance avec un album... différent.
Différent parce que, bravant les conseils de son chanteur et de son producteur (David Lee Roth et Ted Templeman) qui lui déconseillaient fermement de faire du clavier un instrument central au son de son Van Halen, Eddie le compositeur (les crédits collectifs ne trompent personne) et leader naturel décide de n'en faire qu'à sa tête, à raison vu l'impressionnant succès rencontrée par 1984 et ses 12 millions d'albums fourgués rien qu'aux States ! Et ça commence donc, gros pieds de nez aux amis mécréants, par un instrumental au synthétiseur, une introduction au gros tube Jump que vous connaissez forcément tous et qui, lui aussi, laisse une part non négligeable aux agissement claviéristiques d'un Eddie qui, tout de même, troque le synthé pour la guitare pour un bon gros solo dont il a le secret. Si, par la suite, l'apport de l'instrument honni est plus discret, il n'en est pas moins présent, texturant régulièrement des compositions d'une diabolique efficacité. C'est évidemment le cas des trois autres singles, l'accrocheur Panama, le nerveux et paillard Hot for Teacher, et la ballade synth-rock I'll Wait mais, substantiellement, de l'ensemble d'un album sans faille (si ce n'est sa trop courte durée...) où Van Halen joue même avec le blues électrique (l'excellent Top Jimmy), s'inspire de grooves typique de Led Zeppelin (Drop Dead Legs et un Alex Van Halen se la jouant à la Bonham), ou délivre simplement une version updatée et réussie de son gros rock qui tâche (Girl Gone Bad, House of Pain).
Tout ça nous fait un album qui, bien produit par le metteur en son de toujours du groupe, Ted Templeman (qui suivra David Lee Roth dans les débuts de sa carrière en solo délaissant Van Halen, guéguerre intestine oblige), et appartenant indubitablement à son époque, s'écoute encore avec beaucoup de plaisir aujourd'hui, si tant est qu'on est amateur du genre, et un authentique classique du hard rock des années 80, un immanquable, quoi !

1. 1984 1:07
2. Jump 4:04
3. Panama 3:32
4. Top Jimmy 2:59
5. Drop Dead Legs 4:14
6. Hot for Teacher 4:42
7. I'll Wait 4:41
8. Girl Gone Bad 4:35
9. House of Pain 3:19

Eddie Van Halen – guitar, keyboards, backing vocals
David Lee Roth – lead vocals
Alex Van Halen – drums, percussion, backing vocals
Michael Anthony – bass guitar, backing vocals


V comme...
VAN ZANDT, TOWNES "Texas Troubadour" (2002)
Somme d'Homme

On ne devrait plus avoir à présenter Townes Van Zandt. Artiste essentiel de la country folk de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix qui connut par la suite une carrière plus erratique avant de s'éteindre en 1997 des nombreux abus qui affaiblirent son organisme (alcool, drogues, comme d'habitude, hélas). Dans la première partie de sa carrière, de 1968 à 1973, il sortit une assez incroyable série d'albums de tout premier ordre dont on ressent l'influence jusque dans la country musique dite progressive et l'americana d'aujourd'hui. Le dernier album de ce coffret (où manque hélas l'essentiel du live enregistré en 1973 et sorti en 1977, « Live At The Old Quarter, Houston, Texas », pour que le bonheur soit complet), enregistré et sorti en 1978 n'est qu'une parenthèse (dorée) pour un artiste brûlé qui ne réapparaîtra ensuite qu'en 1987, avec peu de succès commercial (encore !) mais une grâce post-traumatique qu'on se doit de souligner.
Concrètement, le coffret se déroule comme suit :

CD 1 :
- For the Sake of the Song (1968)
Premier album du poète Texan et pas la moindre hésitation dans sa country folk douce amère. Le songwriting de Townes s'est déjà affirmé dans les années précédentes (voir ses « early recordings » sur le cd In the Beginning). C'est donc un artiste complet qui se présente ici et déroule 11 compositions confondantes de maturité pour un jeune homme de 24 ans. Tout juste peut-on reprocher des arrangements un peu trop datés qui marquent l'âge de cette galette sinon totalement réussie.
- Our Mother the Mountain (1969)
Moins surproduit que son devancier (et c'est heureux !), Our Mother the Mountain y gagne autant en authenticité et intemporalité. Townes nous propose ici une belle collection de chansons dont il est, encore une fois, le seul et unique responsable. Une réussite malgré, une fois de plus, des arrangements parfois douteux, la faute à un Townes trop confiant dans son producteur, mais la qualité des chansons rattrape facilement ce petit défaut.

CD 2:
- Townes Van Zandt (1970)
Insatisfait de la production et des arrangements de ses deux premiers albums studio, où trop d'ajouts variétisants avaient corrompu l'identité de sa musique, Townes réenregistre quelques unes des plus belles pièces de son premier album, For the Sake of the Song. Les 7 autres morceaux sont autant de preuves d'un artiste en complète possession de ses moyens et offrant une country folk intelligente et sensible que le dépouillement présent (mais pas encore tout à fait total) rend d'autant plus attractif.
- Delta Momma Blues (1971)
Contrairement à ce que son titre semblerait indiquer, Delta Momma Blues n'est pas un album de blues mais bien une nouvelle offrande country/folk de tout premier ordre. Suivant la logique du très réussi album éponyme l'ayant précédé, Delta Momma Blues reproduit une formule où la voix et les textes de Townes sont l'indéniable vedette. Une fois n'est pas coutume, toutes les compositions ne sont, cette fois, pas toutes signées du seul Van Zandt, un morceau traditionnel et une participation avec d'autres songwriters débutant en effet ici. Ca ne nuit nullement à l'exceptionnelle tenue d'un album indispensable.

CD 3:
- High, Low and In Between (1972)
Comme son prédécesseur et son successeur, High Low and In Between est un indispensable à qui apprécie la folk music. L'instrumentation, juste la viande sur l'os, soutient parfaitement le vague-à-l-âme de Townes. 11 compositions parfaites pour un album sans faille. Du grand Townes Van Zandt, un grand album tout court en vérité.
- The Late Great Townes Van Zandt (1972)
Doté d'un titre prémonitoire, Townes disparaissant quelques années de l'actualité discographique suite à ce long jeu, The Late Great Townes Van Zandt est une merveille de plus dans une suite d'album difficilement attaquables du magnifique texan. Second album de 1972 et seconde totale réussite, celui-ci a pour particularité d'être l'album de Townes pour lequel il écrivit le moins, 5 des 11 compositions venant d'autres auteurs ou étant seulement co-signées par Van Zandt et une, Sad Cinderella, étant un réenregistrement d'une ancienne chanson. Ca n'entame en rien le tour de force d'une country/folk sobre et belle.

CD 4 :
- Flyin' Shoes (1978)
La voix a baissé de quelques tons, les excès sont passés par là, Flyin' Shoes n'en est que plus émouvant. Ici Townes revient après cinq longues années de silence dues à ses multiples addictions et leurs malheureuses conséquences. L'écriture de Townes y est intacte, vibrante et précise comme à ses plus belles oeuvres et est, de plus, « bonussée » de ses nombreuses expériences. Un album vrai et beau qui fait d'autant plus regretter la décade silencieuse qui suivra.
- Titres bonus
4 excellentes outtakes de 1972/73 et 8 extraits du mythique live at the Old Quarter qui comporte dans son édition complète 27 chansons, les ajouts au coffret sont peu nombreux mais néanmoins recommandables. Les extraits donneront probablement envie de goûter au live dans sa version intégrale. Un amuse-bouche, en quelque sorte.

Loser magnifique, mauvais garçon chronique, chanteur et compositeur fin et passionné, Townes Van Zandt a tout d'un personnage de fiction (à quand le bio-pic ?). Cette collection, pour un faible coût, permettra à ceux qui ne connaissent pas encore cette mythique figure de combler une inexcusable lacune. L'ajout d'un livret de 36 pages avec un bel essai biographie augmenté de photographies et des pochettes des albums permettra de creuser plus avant l'histoire peu commune de ce grand oublié quand on en vient à évoquer les plus grands songwriters américains, dont il est, donc.

CD 1
- "For the Sake of the Song" (1968)
1. For the Sake of the Song 4:45
2. Tecumseh Valley 2:41
3. Many a Fine Lady 3:51
4. Quicksilver Daydreams of Maria 3:39
5. Waitin' Around to Die 2:23
6. I'll Be Here in the Morning 2:44
7. Sad Cinderella 4:40
8. The Velvet Voices 3:13
9. All Your Young Servants 2:57
10. Talkin' Karate Blues 3:05
11. Sixteen Summers, Fifteen Falls 2:36
- "Our Mother the Mountain" (1969)
12. Be Here to Love Me 2:36
13. Kathleen 2:45
14. She Came and She Touched Me 4:01
15. Like a Summer Thursday 3:02
16. Our Mother the Mountain 4:20
17. Second Lover's Song 2:14
18. St. John the Gambler 3:03
19. Tecumseh 4:53
20. Snake Mountain Blues 2:37
21. My Proud Mountains 5:02
22. Why She's Acting This Way 5:23

CD 2
- "Townes Van Zandt" (1970)
1. For the Sake of the Song 5:18
2. Columbine 2:30
3. Waitin' Around to Die 2:41
4. Don't Take It Too Bad 2:50
5. Colorado Girl 3:15
6. Lungs 2:25
7. I'll Be Here in the Morning 2:57
8. Fare Thee Well, Miss Carousel 5:17
9. Quicksilver Dreams of Maria 4:41
10. None But the Rain 2:23
- "Delta Momma Blues" (1971)
11. F.F.V. 3:32
12. Delta Momma Blues 3:56
13. Only Him or Me 2:27
14. Turnstyled, Junkpiled 3:20
15. Tower Song 4:07
16. Come Tomorrow 2:54
17. Brand New Companion 4:41
18. Where I Lead Me 2:47
19. Rake 4:01
20. Nothin' 2:46

CD 3
- "High, Low and In Between" (1972)
1. Two Hands 2:34
2. You Are Not Needed Now 4:15
3. Greensboro Woman 2:21
4. Highway Kind 2:15
5. Standin' 3:23
6. No Deal 3:13
7. To Live Is to Fly 3:15
8. When He Offers His Hand 3:00
9. Mr. Mudd and Mr. Gold 2:22
10. Blue Ridge Mountains 2:10
11. High, Low and in Between 3:13
- "The Late Great Townes Van Zandt" (1972)
12. No Lonesome Tune 4:20
13. Sad Cinderella 4:15
14. German Mustard (A Clapalong) 2:55
15. Don't Let the Sunshine Fool Ya' 2:26
16. Honky Tonkin' 3:43
17. Snow Don't Fall 2:42
18. Fraulein 2:43
19. Pancho and Lefty 3:40
20. If I Needed You 3:44
21. Silver Ships of Andilar 5:08
22. Heavenly Houseboat Blues 2:40

CD 4
- "Flyin' Shoes" (1978)
1. Loretta 3:50
2. No Place to Fall 3:29
3. Flyin' Shoes 4:23
4. Who Do You Love 4:00
5. When She Don't Need Me 3:11
6. Dollar Bill Blues 3:00
7. Rex's Blues 2:29
8. Pueblo Waltz 3:01
9. Brother Flower 2:55
10. Snake Song 2:35
- Studio Outtakes
11. The Spider Song 2:04
12. Upon My Soul 1:51
13. Buckskin Stallion Blues 2:57
14. At My Window 3:43
- Live Songs from 1973
15. Two Girls 3:48
16. Fraternity Blues 2:51
17. White Freight Liner Blues 3:11
18. Talking Thunderbird Blues 2:35
19. Nine Pound Hammer 3:10
20. Chauffeur's Blues 4:35
21. Cocaine Blues 3:17
22. Only Him or Me 2:32


V comme...
VEGAS "Vegas" (1992)
deux gars biens

Vegas, c'est un peu Eurythmics sans Annie Lennox. Vegas c'est aussi, surtout, la rencontre entre Dave Stewart et Terry Hall (The Specials, Fun Boy Three), un projet à la courte vie mais à l'album, souvent ignoré d'ailleurs, de fort belle facture, pas loin des plus belles exactions de chacun des deux compères de circonstance, en vérité.
Et donc, Vegas c'est un peu Eurythmics sans sa vocaliste soit une pop fourbissant ses armes sur des bases synthétiques et les dépassant souvent. Vegas c'est aussi, surtout, une collection de chansons de qualité par deux grands professionnels audiblement investis dans le projet, y insufflant leur savoir-faire, leur expérience et, bien sûr, leur talent. Et leur talent s'exprime, c'est le moins que l'on puisse dire à l'écoute des neuf compositions confectionnées pas la paire, et accessoirement de la reprise de She de Charles Aznavour qui demeure cependant plus anecdotique, et à laquelle on préfèrera la belle version d'Elvis Costello, que le matériau original qui fusionne avec intelligence et grâce le meilleur de la synthpop, une belle louche de reggae, une nécessaire dose de pop (parce que ces chansons restent en tête, indéniablement, et un soupçon de rock pour épicer le tout. Volontairement, on n'entrera pas trop dans le détail passé cette sommaire description afin de ne pas, trop, déflorer l'exquise surprise.
Bref, un sommet pour Stewart et Hall, ce qui n'est pas peu dire, une galette ô combien méconnue qu'on jubile à l'idée de faire découvrir à de nouvelles oreilles, Vegas, hélas l'unique album de cette fructueuse association, est, si vous arrivez à mettre la main dessus (ma copie est un import australien, c'est dire !), chaudement recommandé.

1. Possessed 4:51
2. Walk into the Wind 5:17
3. She's Alright 4:13
4. Take Me for What I Am 4:51
5. The Trouble with Lovers 5:25
6. Nothing Alas Alack 5:18
7. The Thought of You 3:39
8. Wise Guy 7:21
9. The Day It Rained Forever 4:46
10. She 3:11

avec
Terry Hall
Dave Stewart
Olle Romo
Manu Guiot


V comme...
VIRGIN PRUNES "Over the Rainbow (A Compilation Of Rarities 1980-1984)"  (1985)
Vive les Fous !

Si la bonne dose d'étrangeté figurant sur leurs albums ne vous suffisait pas, voici une compilation des irlandais déments des Virgin Prunes. Ca va loin !
Et tous azimuts ! D'ambient minimaliste à la Eno (Red Nettle, Mad Bird in the Wood, Jigsawmentallama, Greylight), d'étrangetés punk ou new wave déstructurées et angulaires (Twenty Tens, Moments 'N' Mine, White History Book, Faculties of a Broken Heart), de tribalisme post-punk déjanté (Pagan Lovesong Vibe - Akimbo), de contines post-apocalyptiques (Children Are Crying), de sautillantes chansons synthpop dévoyées (King of Junk), à de totales bizarreries (Happy Dead et ses presque 14 minutes où on se demande souvent où Gavin Friday & Cie vont, un Revenge de douleur), les Virgin Prunes ont indéniablement de l'imagination et une capacité à ne finalement ressembler à personne tout en produisant, à quelques exceptions rencontrées vers la fin de la présente sélection, une musique qui s'écoute avec le bonheur de découvrir un étrange animal dans son milieu d'origine, une jungle urbaine malfamée, peuplée de créatures de tous sexes et de toutes apparences, un cirque des monstres qui n'a rien à envier à celui de Browning.
Tout ça fait d'Over the Rainbow une addition bienvenue à la collection d'albums de ces irlandais pas comme les autres.

CD 1
1. Red Nettle 2:18
2. Twenty Tens 2:27
3. Pagan Lovesong Vibe - Akimbo 6:52
4. Moments 'N' Mine 4:27
5. Mad Bird In the Wood 4:20
6. Children Are Crying 5:12
7. Jigsawmentallama 6:20
8. King of Junk 2:50
9. War 2:06
10. Greylight 4:23

CD 2
1. White History Book 3:43
2. Faculties of a Broken Heart 5:05
3. In the Greylight 2:50
4. Happy Dead 13:41
5. Revenge 3:36
6. Third Secret 4:19
7. Love Lasts Forever 11:26

Gavin Friday - vocals
Guggi - vocals
Dave-id Busarus - vocals
Dik Evans - guitar
Strongman - bass
Mary D'Nellon - drums


V comme...
VISAGE "Visage"1981)
Traits seyants

Un haut fait new romantic/synthpop ?, avec de vraies stars en devenir dedans ? C'est Visage et son premier album éponyme !
En l'occurrence, mené par un Steve Strange quelque part entre Düsseldorf et Berlin, entre Kraftwerk et David Bowie, comprenant la participation de gens aussi recommandables que Midge Ure (futur Ultravox et également metteur en son de l'exercice), John McGeoch (ex-Magazine, futur P.I.L. mais surtout un extraordinaire guitariste), Dave Formula (ex-Magazine itou), Bill Currie (passé par Tubeway Army et évidemment Gary Numan) et Rusty Egan (alors ex-Rich Kids), mais aussi les apparitions de Barry Adamson (ex-Magazine et Luxuria, un garçon dont la carrière solitaire est chaudement conseillée) et Chris Payne et Cedric Shapley de chez une autre formation synthpop prometteuse, Dramatis, c'est du premier super-groupe du genre dont il s'agit.
Avec tant de talent réuni, pas étonnant que l'album soit le triomphe qui nous est offert. Evidemment, il y a l'imparable single, Fade to Grey, mais il n'est pas le majestueux arbre cachant la maigre forêt, simplement l'étendard, le maître-étalon des possibilités de la bande puisqu'on retrouve quasiment les mêmes qualités d'ambiance et de mélodie sur Blocks on Blocks ou Mind of a Toy, deux autres flamboyantes réussites d'électro-pop fin et frais. Mais si Visage sait faire rêver, voir ce qui précède, il sait aussi faire danser sur d'infectieux beats synthétiques ornés de synthétiseurs typiques mais pas toc (Visage, la chanson, The Dancer), amuser sur un hommage au grand Clint infusé d'influences western (Malpaso Man) ou réfléchir sur son hymne tabacophage (Tar), un si beau package qu'on oublie bien vite un instrumental final pas franchement affolant (The Steps).
Par la richesse de sa musique, par la qualité de sa production, par son côté si typique, si tellement de son temps, l'inaugural œuvre de Visage est devenu un classique de plein droit, ce n'est que mérité pour une si belle réussite, de celles qui permettront à l'auditeur débutant dans le style de savoir s'il vaut le coup d'aller plus avant parce que, francehment, si vous n'aimez pas Visage, c'est que la synthpop ne sera jamais votre affaire.

1. Visage 3:53
2. Blocks on Blocks 4:00
3. The Dancer 3:40
4. Tar 3:32
5. Fade to Grey 4:02
6. Malpaso Man 4:14
7. Mind of a Toy 4:28
8. Moon Over Moscow 4:00
9. Visa-age 4:20
10. The Steps 3:14

Steve Strange – lead vocals
Midge Ure – guitar, backing vocals, synthesizers
John McGeoch – guitar, backing vocals, saxophone
Dave Formula – synthesizer
Billy Currie – electric violin, synthesizer
Rusty Egan – drums, backing vocals, electronic percussion
&
Barry Adamson – bass guitar (1, 2, 4)
Chris Payne – synthesizer (5)
Cedric Sharpley – drums, electronic drums programming (5)
Brigitte Arens – voice (5)


V comme...
VOIVOD "Nothingface" (1989)
CyberAge

Ils avaient déjà transformé leur thrash metal punkoïde en créature progressive et spatiale sur leur précédent opus, l'impeccable Dimension Hätross. Cette fois, en un élan aussi libérateur que décisif, les québécois de Voivod abandonnent une bonne part de leur excès soniques pour commettre l'album qui reste, de l'avis général, leur plus belle réussite, Nothingface.
Mais Nothingface c'est, surtout, un album absolument, complètement unique, une sorte de maverick musical jamais entendu alors, plus jamais entendu depuis, un état de grâce compositionnel à peine croyable, une œuvre dont on ne peut même pas dire qu'elle fut particulièrement influente tant elle ne ressemble à rien ni à personne. Enfin, si, elle ressemble quand même un peu à ce que Voivod sortit précédemment mais, même là, il y a un monde de séparation entre les déchainements thrash progressifs de science-fiction et leur glorieuse succession.
De leur passé, Voivod on retenu un goût de la bizarrerie, d'une certaine énergie d'interprétation aussi parce que, clairement, les québécois ne sont pas venus pour amuser la galerie. C'est évident dès The Unknown Knows où, porté par les parties de guitares juste dissonantes ce qu'il faut de Denis d'Amour, soutenu par les  patterns atypiques d'une section rythmique au diapason, Denis Belanger, vocaliste revenu des cris primaux de sa jeune carrière, peut vocaliser les prémices de son concept "proto-Matrixien". Qu'y constate-t-on ? Que l'approche y est nettement plus mélodique et abordable une fois adapté à la façon dont Voivod fait les choses, à cet emballage rythmique conservant l'énergie de sa musique source pour l'apposer consciencieusement à ce nouvel univers, à ce chant froid et détaché crachant d'étranges paroles, à ces guitares tranchantes et uniques, un peu comme si un guitariste de jazz, sans préparation aucune, se voyait lancé dans le grand bain metallo-progressif, ça surprend !  Evidemment, on se doit de mentionner l'excellente reprise du Pink Floyd de Syd Barrett, cet Astronomy Domine qui semblait absolument destiné à intégrer le répertoire des québécois et qui, de fait, y trouve naturellement sa place devenant même un de ses étendards, c'est dire. Mais c'est tout l'album qui nous porte dans un monde différent où Voivod sait aussi bien envoyer le bois (le précité The Unknown Knows, l'excellente chanson titre, Nothingface, le paranoïde X-Ray Mirror, etc.) que ralentir l'allure, créer des ambiances plus planantes (la reprise du Floyd, bien sûr, mais aussi Missing Sequences ou Into My Hypercube) sans jamais se départir de son identité, de son absolue unicité.
Voilà, pour tout dire, la meilleure façon de savoir exactement de quel alien bois la galette est faite, il n'est pas de meilleure façon que de s'y confronter en se préparant, auparavant, au choc de l'écoute de quelque chose d'encore jamais entendu et, en vérité, d'excellent et de décisif dans la création d'un metal se détachant progressivement de ses racines blues pour créer un ailleurs ô combien attirant.

1. Intro 0:54
2. The Unknown Knows 5:01
3. Nothingface 4:14
4. Astronomy Domine 5:30
5. Missing Sequences 5:50
6. X-Ray Mirror 4:28
7. Inner Combustion 3:48
8. Pre-Ignition 5:12
9. Into My Hypercube 5:04
10. Sub-Effect 4:30

Jean-Yves Theriault - bass
Denis d'Amour - guitar
Michel Langevin - drums
Denis Belanger - vocals


MERCI !

lundi 3 juillet 2017

T comme...

Pour le T, il fallait du Tonnerre, de la Tendresse, du Tantrisme, des Tatoués, des Teigneux mais aussi des Tenaces, des qui Tracent leur route vaille que vaille. Et il y a tout ça, ou presque. A jolly good selection, if I do say so myself... Enjoie !

T comme...
TALK TALK "Spirit of Eden" (1988)
Prog Talk

Quand ils apparurent au début des années 80, rien ne laissait entrevoir ce que Mark Hollis & Cie allait devenir quelques années plus tard : un groupe de rock progressif qui ne veut pas dire son nom, une entreprise arty et prospective menée de main de maître par un Mark Hollis ô combien créatif, ô combien différent de la masse des new-waveux dont il semblait pourtant être issu. Evidemment, tout ne s'est pas mis en place du jour au lendemain, il n'y aura pas eu de génération spontanée d'une nouvelle approche sonore et compositionnelle mais, tout de même, quel coup de tonnerre que ce Spirit of Eden.
Evidemment, vous en trouverez toujours pour dire que Laughing Stock, le successeur du présent, est l'accomplissement définitif de la formation. Musicalement, compositionnellement, ce n'est pas faux, au niveau de la facilité d'accès par contre... Il faut être patient et particulièrement amateur de musique classique contemporaine minimaliste pour y accéder pleinement. Et c'est donc ici, sur leur 4ème album que se trouve le meilleur compromis entre accessibilité et prospective artistique, ici que les mélodies accrocheuses complimentent le mieux la liberté prise par le groupe avec les structures traditionnelles de la pop music, ici que l'instrumentation précieuse complémente le plus efficacement l'écriture conjointe de Mark Hollis et Tim Friese-Greene (membre toujours pas officiel mais ô combien précieux en tant que producteur, compositeur et multi-instrumentiste), ici, par conséquent, que le progressisme s'exprime avec le plus de grâce.
Concrètement, poussant le son déjà établi de la formation, cette lente évolution vers le divin débutée dès leur second album, It's My Life, et encore plus évidemment présente sur son successeur, The Colour of Spring, se rapprochant, de ce fait, de ce dont est capable, par exemple, un Robert Wyatt au meilleur de sa force (Rock Bottom, Shleep), le trio transformé en collectif bicéphale épate. Ce n'est pas que nous ayons affaire, comme c'est trop souvent le cas dans le prog', sorte de cache-misère d'une incapacité compositionnelle suppléée par une belle si un franchement envahissante technique instrumentale, à des prodiges virtuoses, là n'est pas le propos d'une musique construite sur des climats, des nuances plutôt que sur une quelconque volonté d'épater la galerie, et c'est ce qu'il advient, forcément, parce que d'une grâce pareille, la galerie ne s'est toujours pas remise.
Allez, pour ne point trop dévoiler la merveille à ceux qui ne l'auraient pas encore découverte, et qui ont tort, et qui devront s'y coller dès la fin de la lecture du présent billet, on dira seulement que, indéniablement un des 10 meilleurs albums progressifs des années 80, Spirit of Eden, album organique et rêveur, n'a toujours pas pris une ride.

1. The Rainbow 9:09
2. Eden 6:34
3. Desire 6:57
4. Inheritance 5:23
5. I Believe in You 6:10
6. Wealth 6:43

Mark Hollis - vocals, piano, organ, guitar
Tim Friese-Greene - harmonium, piano, organ, guitar
Lee Harris - drums
Paul Webb - electric bass
Martin Ditchman - percussion
Robbie McIntosh - Dobra 12 string guitar
Mark Feltham - harmonica
Simon Edwards - Mexican bass
Danny Thompson - double bass
Henry Lowther - trumpet
Nigel Kennedy - violin
Hugh Davis - shozgs
Andrew Stowell - bassoon
Michael Jeans - oboe
Andrew Marriner - clarinet
Christopher Hooker - cor Anglais
Choir Of Chelmsford - choir


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TELEVISION "Marquee Moon" (1977)
As Heard on TV

C'est un sommet d'art punk quand les britanniques s'escrimaient à empiler du riff binaire sur d'agressives rythmiques, une des toutes meilleurs galettes de la scène indépendante fourmillante du New York d'alors (Patti Smith, Talking Heads, Suicide, etc.), un album à côté duquel il ne faut surtout pas passer, surtout. C'est Marquee Moon, déclaration d'intention originelle de Television.
Et une œuvre révolutionnaire qui continue, directement ou non, d'influencer des générations de rockers. Mais la révolution de Television n'est pas démonstrative, elle est dans les détails. Dans les performances et l'inventivité combinés et complémentaires de deux guitaristes intelligents (Richard Lloyd et Tom Verlaine), des gars dénués de toute expression égotique. Dans le songwriting fin et distancié de Tom Verlaine (auteur de toute la galette, ne partageant qu'un crédit, avec Richard Lloyd sur Guiding Light) qui sait garder sa colère sous contrôle (See No Evil, Friction), ses mélodies belles mais jamais putassières (Venus, Marquee Moon, Tom Curtain), inventer une nouvelle grammaire où la grâce se vernit de glace (Elevation, Marquee Moon encore).
Evidemment, de génération spontanée il n'y a pas, le cousinage avec les Talking Heads ou Patti Smith, ou l'influence des parrains locaux, le Velvet Underground pour les nommer, est un fait avéré, mais Television est définitivement son propre animal, au moins aussi arty que la bande de Reed et Cale, décapé des soubresauts post-adolescents de têtes qui suivront leur (bon) exemple, ou des oripeaux beat de la demoiselle du lot, ils tracent leur propre route, mélodique toujours, prenante évidemment, sur une recette somme toute classique, un guitar-rock un poil garage encore seventisant, mais habité par une telle liberté, tellement dénué de tous les clichés du genre, et des obligatoires influences blues ici évitées, qu'elle s'en voit transformée.
A l'impossible nul n'est tenu, le groupe ,ou ses membres après la séparation, ne fera jamais mieux. Ceci dit, chacun de leurs trois albums suivants vaut qu'on s'y penche (Adventure de 1978 en particulier) mais plus aucun n'atteindra ce moment magique où la composition, les arrangements et les performances instrumentales s'alignent en majesté. Ca fait de Marquee Moon un obligatoire de toute collection qui se respecte, tout simplement.

1. See No Evil 3:56
2. Venus 3:48
3. Friction 4:43
4. Marquee Moon 9:58
5. Elevation 5:08
6. Guiding Light 5:36
7. Prove It 5:04
8. Torn Curtain 7:00
Bonus
9. Little Johnny Jewel (Parts 1 & 2) 7:09
10. See No Evil (alternate version) 4:40
11. Friction (alternate version) 4:52
12. Marquee Moon (alternate version) 10:54
13. Untitled 3:22

Billy Ficca – drums
Richard Lloyd – guitar (solo on tracks 1, 4, 5, and 6), vocals
Fred Smith – bass guitar, vocals
Tom Verlaine – guitar (solo on tracks 2, 3, 4, 7, and 8), keyboards, lead vocals


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TERRORVISION "Shaving Peaches" (1998)
Grosse pêche !

Ils ont bien progressé depuis leur premier album, et explosé commercialement sur le précédent, Regular Urban Survivors, aussi quand se présente le cap du 4ème album, c'est avec une absolue confiance de leurs capacités que les anglais de Terrorvision approchent l'entreprise. Et ils ont bien raison parce que Shaving Peaches est une vraie belle réussite.
Il faut dire que la mue des petits gars de Bradford dans le West-Yorkshire d'un metal alternatif bien troussé si un poil lourdaud, forcé à une power pop un peu hard-rockante est un indéniable facteur à leur accomplissement artistique sur ce fruitier opus. Dans la foisonnante collection de chansons, une quinzaine !, ces gars-là sont généreux, aucune ne déçoit même si, indéniablement, certaines se détachent avec leurs airs d'irrésistibles singles. On pense à III Wishes et son entêtante mélodie, Josephine toute de rock ricain distancié vêtu, Can Get Out of My Mind en belle "glamerie", un Tequila bien enjoué qui devint leur plus gros hit, le rock à synthés de Baby Face, les flaveurs discoïdes de Left to the Right ou les charmantes ballades Day After Day et Vegas. Une belle collection, quoi, où le groupe a su conserver l'énergie de ses jeunes années "péri-metalleuse" et acquis de nouvelles armes qu'ils savent exploiter à merveille.
La suite, un petit album avant la séparation, ne confirmera pas l'embellie des deux plus belles galettes de Terrorvision, celle dont il est question ici et un Regular Urban Survivors évoqué plus haut. Le groupe s'est depuis reformé ne faisant hélas qu'approximer ses beaux succès passés (Super Delux en 2011). Reste ce Shaving Peaches, impeccable album de power pop soit, littéralement, de la pop, de la bonne !, avec du power. Recommandé.

1. III Wishes 3:51
2. Josephine 3:11
3. Hypnotised 3:49
4. Can't Get Out Of My Mind 3:05
5. In Your Shoes 4:21
6. Swings And Roundabouts 3:25
7. Day After Day 3:35
8. Left To The Right 3:59
9. Cantankerous 4:15
10. Tequila 3:52
11. Vegas 3:52
12. Babyface 4:11
13. Spanner In The Works 4:15
14. When I Die 4:06
15. On A Mission 3:40

Tony Wright – Vocals
Mark Yates – Guitars
Leigh Marklew – Bass
"Shutty" – Drums
&
Josephine Ellul – Keyboards


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TIN MACHINE "Tin Machine" (1989)
La renaissance planquée de David B

On ne vantera jamais assez les mérites résurrectionnels qu'eurent les deux album de Tin Machine sur la carrière alors déliquescente d'un Bowie en fin de course, à bout de souffle... Un Bowie pas forcément si adapté à l'ère MTV qu'on aurait pu le penser, un Bowie en mal d'ailleurs et d'une certaine liberté créative aussi, un Bowie qui a envie d'en découdre après des albums "fortement tièdes", enfin.
Parce qu'il faut bien le dire, les ondes du"choc-médiocre" d'un Tonight et d'un Never Let Me Down ont laissé des traces, et pas que de jolies jolies... On ne reviendra pas plus avant sur les maigres qualités des deux successeurs d'un Let's Dance à la relance, tout a déjà été dit et écrit sur le sujet par de nombreux rock-critics dont même les plus flagorneurs ne purent sauver l'ex-Ziggy du naufrage via quelques remarques bien senties voire assassines (et hélas souvent méritées).
Croyez-vous que Bowie est alors dans sa tour d'ivoire à planifier sa prochaine extravagance ? Que nenni ! Sans doute lui-même conscient de l'impasse dans laquelle il se trouve, il décide de changer radicalement le ton, de faire du passé table rase... A commencer par effacer son nom de la pochette, ce n'est pas rien !, et d'y figurer à égalité avec ses nouveaux copains de chambrée, c'est encore plus ! Et puis la dégaine costumière, le noir et le blanc, la barbe du discret, une sobriété qu'on ne lui connaissait plus... Profil bas, attendre la fin de l'orage et en profiter pour s'amuser, tant qu'à faire ! Parce que, fondamentalement, c'est ce qu'on entend sur ce premier Tin Machine, un Bowie décontracté qui se fait plaisir et, ce faisant, nous fait plaisir avec ce qu'il est convenu de considérer comme un simple album de (hard) rock'n'roll, un bon album de (hard) rock'n'roll.
Simple ? Parce que c'est, tout bêtement, à une collection de chansons basée sur les riffs tranchants et revivalistes de Reeves Gabrels qui se présente à nous. Pour l'originalité, vous repasserez, mais le sel est ailleurs et les atouts d'énergie, de l'audible plaisir que prend la formation (n'oublions pas les frères Sales, rythmique impeccablement complémentaire de sa paire de solistes) à jouer comme, peu ou prou, une bande d'ados découvrant l'originel plaisir d'une musique électrisée et électrisante. On ne dira pas que Bowie y est méconnaissable, ce serait mentir, juste totalement fondu dans un collectif cohérent et fonctionnel.. Un groupe de rock, quoi !
Bon ? Parce qu'il y a ici, tout de même, quelques chansons qui font leur beau petit effet à commencer par l'introductif Heaven's in Here, un solide blues mid-tempo où Gabrels nous régale de ses belles dispositions guitaristiques, ici dans un registre classique et efficace où, de licks fins en soli inspirés, il meuble une composition un peu commune avec, pour le coup, le beau David bien effacé. C'est aussi une bonne façon d'établir la crédibilité groupe. Plus loin, Prisoner of Love, après un pas extraordinaire Tin Machine, rappelle un peu Absolute Beginners avec son petit côté rétro et China Girl par son refrain orientalisant, on ne se refait pas mais, présentement, on ne regrette pas non plus parce que ça fonctionne et donne une composition habitée, un rock stratosphérique et trippant de fort belle qualité, et du Bowie pur sucre, vous l'aurez compris. Passé un pas désagréable mais trop dérivatif pour être vraiment marquant ("Troggsien") Crack City, s'avance une belle quadruplette avec, en tête de liste, le rock revivaliste d'I Can't Read et sa guitare ivre by Gabrels (qu'on se croirait en 1976 !), l'hard-rockant Under the God (puissant, efficace et sans artifice), le faussement planant et un poil soul Amazing (un single qui s'ignore) et, finalement, la cover du Working Class Hero de Lennon revitalisé par un quatuor pas prêt à rendre ses armes électriques ni sa classe naturelle. Le reste est moins enthousiasmant, plus inégal surtout avec de bonnes choses (Bus Stop, Video Crime, Baby Can Dance) et d'autres plus anecdotiques qui viennent un peu tempérer l'admirable tenue d'une grosse première moitié pleine d'assurance.
Tin Machine 1er du nom n'est pas un grand album, Tin Machine 1er du nom n'est pas une révélation non plus, Tin Machine 1er du nom est, simplement, c'est déjà énorme !, la renaissance électrique, le premier jalon de la reconquête d'un des plus grands artistes pop/rock des septante... Et un foutu bon album de rock'n'roll, donc avec, qui plus est, la révélation d'un extraordinaire et ô combien polyvalent guitariste en la personne de Reeves Gabrels qui bonifie ici souvent le tout-venant... On n'en attendait pas tant.

1. Heaven's in Here 6:01
2. Tin Machine 3:34
3. Prisoner of Love 4:50
4. Crack City 4:36
5. I Can't Read 4:54
6. Under the God 4:06
7. Amazing 3:06
8. Working Class Hero 4:38
9. Bus Stop 1:41
10. Pretty Thing 4:39
11. Video Crime 3:52
12. Run 3:20
13. Sacrifice Yourself 2:08
14. Baby Can Dance 4:57

David Bowie: vocals, guitar
Reeves Gabrels: lead guitar
Hunt Sales: drums, vocals
Tony Sales: bass, vocals
&
Kevin Armstrong: rhythm guitar, Hammond


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THE THE "Soul Mining" (1983)
Géant !

Ce n'est pas encore le The The prospectif d'Infected ou de Mindbomb mais plus tout à fait le The The new waveux de Burning the Soul, Soul Mining est typiquement un album de transition, typiquement un excellent album d'indie rock bulbé, le sommet de la carrière de Matt Johnson, l'homme derrière Le Le groupe, ce qui n'est pas rien.
Sur le premier titre, I've Been Waiting for Tomorrow (All of My Life), on se dit que si PIL de Cd et le Peter Gabriel de melt se rencontraient, on ne serait pas loin de ce synth post-punk progressif si intelligemment façonné. Sur le second, This Is the Day, que cet accordéon et ce violon presque cajuns, tellement inattendus en pareil contexte, habillent finalement bien cette douce mélopée pop-goth entrainante. Sur le troisième, The Sinking Feeling, que les Talking Heads sonneraient vraiment bien en synth-pop paranoïde. Sur le quatrième, Uncertain Smile, que certains anglais s'y entendent tout de même très bien pour détourner la soul à leur blanc bénéfice et que la partie de piano jazzy de Jools Holland (avant qu'il ne devienne le Nagui Taratatesque britannique) mérite indéniablement le détour. Sur le cinquième, The Twilight Hour, qu'il ne suffit décidément de pas grand chose, quelques synthés, un rythme tribal et une bonne mélodie, mais surtout d'un sacré talent d'arrangeur pour une bonne chanson. Sur le sixième, Soul Mining, que le rock progressif peut sonner jeune et mode même plus de 30 ans après sa date de sortie. Et enfin sur le 7ème, ce mastodonte nommé Giant, que la génération rave/madchester doit quand même beaucoup à ce cher Matt Johnson qui lui même en doit pas mal à ceux qui l'on devancé dans la fusion afro-occidentale.
Notons tout de même qu'il existe des éditions plus généreuses de ce sommet, notamment celle du 30ème anniversaire qu'on recommandera. Mais même à 7 titres, Soul Mining est un album sans faille, un album totalement de son époque qui a pourtant étonnamment bien vieilli (c'est rare !), La marque des grands albums à laquelle il appartient indéniablement.

1. I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life) 5:45
2. This Is the Day 5:01
3. The Sinking Feeling 3:44
4. Uncertain Smile 6:52
5. The Twilight Hour 5:58
6. Soul Mining 4:50
7. Giant 9:36

Matt Johnson - vocals, synthesisers, percussion, instruments on all tracks, chant on "Giant"
&
Harry Beckett - trumpet on "Perfect"
Paul Boyle - fiddle on "This Is the Day"
Andy Duncan - drums on "This Is the Day", "Uncertain Smile", "Soul Mining" and "Perfect"
Paul Hardiman - chant on "Giant"
Camelle G. Hinds - bass guitar on "I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life)", "Uncertain Smile", "The Twilight Hour", "Giant" and "Perfect"
Jools Holland - piano on "Uncertain Smile"
David Johansen - harmonica on "Perfect"
Keith Laws - melodica on "Three Orange Kisses from Kazan"
Thomas Leer - synthesisers on "I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life)", "The Twilight Hour" and "Giant"
Martin McCarrick - cello on "The Twilight Hour"
Zeke Manyika - drums on "I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life)", "The Twilight Hour" and "Giant", chant on "Giant"
Jeremy Meek - bass guitar on "The Sinking Feeling"
Steve James Sherlock - flute and saxophone on "Three Orange Kisses from Kazan" and "Waitin' for the Upturn"
Anne Stephenson - violin on "The Twilight Hour"
Jim Thirlwell - sticks on "Giant"
Paul Wickens - accordion on "This Is the Day"


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THIN LIZZY "Jailbreak" (1976)
Le Clan des Dublinois

Le coup d'avant, ils ont trouvé leur son, cette fois, ils dévoilent leur tube (le seul, hélas), c'est, en peu de mots, ce qu'on pourrait dire du Jailbreak de Thin Lizzy... Ce serait trop court, évidemment. Parce que, présentement, c'est la tête sur le billot que le groupe enregistre son 6ème opus (le quatrième avec cette formation) puisque, suite aux très faibles ventes de leur deux précédentes livraisons, leur label, Vertigo, perd patience et décide que si, cette fois-ci, ces irlandais ne décollent pas, c'en est fait de leur contrat discographique. Et donc, cette fois, sous le parrainage d'un producteur soigneusement choisi, John Alcock, principalement connu pour ses collaborations au répertoire solo du Who quatre-cordé John Entwistle, Thin Lizzy a particulièrement réfléchi à ce qui, enfin, pourrait leur permettre de décoller usant même d'un claviériste pour mettre toutes les chances de leur côté sur le single potentiel qu'était alors Running Back. Évidemment, comme chacun sait, et malgré les réserves d'une maison de disque craignant l'aspect trop frontal du titre, c'est The Boys Are Back in Town qui permit ce démarrage populaire si longtemps attendu (Jailbreak est tout de même le 6ème long-jeu de la formation). Mais comme, bien entendu, rien ne se passe jamais comme on l'a prévu, si l'album fut en effet un joli succès (le seul disque d'or de Thin Lizzy outre-Atlantique), l'élan d'un Thin Lizzy au sommet de sa gloire fut brisé par, premièrement, une hépatite contractée par Phil Lynott, deuxièmement, par une blessure à la main de l'encore très jeune Brian "Robbo" Robertson résultant dans l'annulation d'une tournée américaine s'annonçant sous les meilleurs auspices. Bref, l'album et sa musique, on y vient enfin !, est le plus "tight"' des jeunes années de Thin Lizzy, au regret d'ailleurs de sa paire de soliste s'étant plainte du manque de latitude qu'on leur aura laissé pendant les courtes sessions, un petit mois mixage compris. Critique tout de même très excessive quand, 40 ans après, on laisse tourner les 10 titres et à peine plus de 35 minutes d'un groupe de hard rock à la classe folle (la voix de velours de Lynott n'y est pas pour rien, ses basslines bien slick non plus), au son immédiatement reconnaissable (twin guitar attack, bien-sûr) présentement doté, outre les deux éléments radio-compatibles précités, une sacrée collection de bonnes chansons avec, pour l'exemple, un Jailbreak frontal et fin (joli bruitages de sirènes aussi) taillé pour les joutes scénique dont les irlandais (ou écossais et américain pour les deux guitaristes, mais bon Lizzy reste un groupe fondamentalement irlandais sans tomber dans les excès touristiques celtiques, pas souvent en tout cas et toujours à bon escient) se sont fait la spécialité, un Romeo and the Lonely Girl aux effluves folk bienvenues (pas une surprise, c'est dans l'adn de Phil), un rampant et menaçant Warriors (qui colle idéalement à son thème guerrier, conséquemment), un Cowboy Song en parfaite western-tune électrique (mais attention, ce n'est pas de la country pour autant), et un Emerald final (dont le nom ne ment pas, Lizzy y est fièrement Irish !) qui est un peu Black Rose avant Black Rose, c'est un compliment. Bref, enfin pas si..., c'est un monstre de petit album rock malin, varié et parfaitement produit. Et c'est évidemment encore mieux dans une version Deluxe qui, joliment rallongée qu'elle est, d'alternate takes en live de la BBC en passant par quelques raretés qu'on connaissait mais sont ici avantageusement présentée dans leur contexte historique, ravira les fans (et encore plus les anglophones d'iceux qui liront l'histoire de Lizzy à l'époque dans le livret). Parfait.

Album
1. Jailbreak 4:01
2. Angel from the Coast 3:03
3. Running Back 3:13
4. Romeo and the Lonely Girl 3:55
5. Warriors 4:09
6. The Boys Are Back in Town 4:27
7. Fight or Fall 3:45
8. Cowboy Song 5:16
9. Emerald 4:03

Bonus Disc
1. The Boys Are Back in Town (Remixed version) 4:35
2. Jailbreak (Remixed version) 4:14
3. The Boys Are Back in Town (Alternate vocal - remixed version) 4:33
4. Emerald (Remixed version) 4:08
5. Jailbreak (BBC Session 12 February 1976) 4:05
6. Emerald (BBC Session 12 February 1976) 3:58
7. Cowboy Song (BBC Session 12 February 1976) 5:14
8. Warriors (BBC Session 12 February 1976) 3:57
9. Fight or Fall (Extended version – rough mix) 5:21
10. Blues Boy (Previously unreleased studio track) 4:38
11. Derby Blues (Early live version of "Cowboy Song") 6:52

Phil Lynott – bass guitar, lead vocals, acoustic guitar
Scott Gorham – lead and rhythm guitar
Brian Robertson – lead and rhythm guitar
Brian Downey – drums, percussion
&
Tim Hinkley – keyboards on "Running Back"


T comme...
TUB RING "Secret Handshakes" (2010)
A Freak Parade

Voici une bande de zozos que vous ne connaissez probablement pas alors commençons pas faire les présentations. Tub Ring est un quintet originaire de Chicago, généralement accompagné de moult guests, s'amusant à pousser dans ses retranchements un indie rock à la marge dans une mixture avant-gardiste mais accessible (l'un n'empêchant pas l'autre) pleine de fantaisie et d'angles saillants. Secret Handshakes est leur 6ème long jeu, le dernier paru à ce jour et le second sur gros indépendant The End Records.
A l'image d'une pochette très film noir, c'est un opus souvent cinématique et toujours foutraque qui s'offre, une fois de plus, à nous. Parce que si ça commence très fort par un Stop This (NOW!) en écho à un passé punk rock encore présent et assumé, la suite propose une suite de chansons qu'on pourrait, si l'on était fainéant, assimiler aux étatsuniens d'Oingo Boingo ou de Mr. Bungle. On y rencontre une musique jouant pêle-mêle avec le jazz, le rock (parfois métallisé), des sonorités orientalisantes, de l'électro dans un chaos organisé tout à fait réjouissant où la formation va jusqu'à reprendre le thème de Flash Gordon jadis composé par Queen dans une version divertissante et réussie. Alors, évidemment, les amoureux de mers d'huiles et d'harmonie ne trouveront dans ce tout (faussement) bordélique que frustration et consternation, rien que de très normal le Secret Handshakes de Tub Ring n'étant clairement pas conçu pour répondre à leurs attentes "coldplaysiennes".
Bon album d'une formation talentueuse qui mériterait d'être plus connue, Secret Handshakes est une galette qu'on écoute un grand sourire au lèvres se demandant bien à quelle sauce ces olibrius vont nous manger ensuite.

1. Stop This (NOW!) 2:21
2. Bird of a Different Color 2:17
3. Gold Finger 3:01
4. Touching the Enemy 2:37
5. Burn 1:46
6. Cryonic Love Song 2:40
7. Feed the Rapture 2:27
8. Flash 3:11
9. I Shot Your Faggot Horse Bitch 2:45
10. Chronic Hypersomnia 3:20
11. Optimistic 2:52
12. The Day the World Will End 2:32
13. Tip of My Tongue 2:03
14. The Horrible and the Holy 3:58

Kevin Gibson – vocals
Rob Kleiner – keyboards, producer
Trevor Erb – bass guitar
Scott Radway - drums, percusion
Patrick Windsor - guitar, piano
&
Jason Zolghadr - tar
Loren Turner - guitar
Dave Smith - baritone sax
Brandon Wojcik - trumpet
David Keller - cello
Benjamin Weber - viola, violin
Chibi - vocals


samedi 29 avril 2017

L comme...

Pour la sélection en L (aile) il fallait de la légèreté. Mais il fallait aussi de la Lourdeur, du Libéral, du Local, et pourquoi pas un peu de L(SD)... Tout ça nous fait un beau bordel où chacun saura picorer selon son appétit. Enjoie !

L comme...
LEADBELLY "The Definitive Leadbelly" (2006)
Refuse, Resist, Sing, Pray, Love

C'est le genre de sélection qu'on ne vend pas, premièrement parce que le carractère essentiel des travaux de l'immense Leadbelly n'est plus à démontrer, ensuite parce qu'à ce prix-là, c'est un minuscule sacrifice pour un pan si historique de la musique étatsunienne.
Alors on présente l'auteur, ce folk/bluesman qui, né en 1888 et disparu en 1949, avait commencé sa carrière vers 1903, au caractère volatile qui le conduira parfois derrière les barreaux, aux sujets dépassant si largement ceux de ses collègues d'un blues naissant qu'il attira particulièrement l'oreille de petits blancs socialement conscients (aux premiers desquels on se doit de citer le légendaire Woody Guthrie), et au style, d'une voix forte et franche à une parfaite maîtrise de sa douze-cordes acoustique, qui fera forcément florès.
Il existe moult compilations introduisant le sujet, celle-ci en vaut bien une autre avec ses 50 chansons, au simple double feuillet introductif bien suffisant pour "attaquer le sujet", un objet sobre sur les dernières années d'un homme, les enregistrements couvrent les années 1940, qu'il est plus qu'utile de découvrir si l'on en n'a pas encore eu la chance.
The Definitive Leadbelly ? Un peu cheap mais tellement bon.
(Pour plus d'informations, visitez la Fondation Leadbelly.)

CD 1
1. Midnight Special 3:07
2. John Hardy 3:14
3. Where Did You Sleep Last Night 3:02
4. T.B. Blues 3:11
5. Easy Rider 3:13
6. Alberta 3:11
7. Rock Island Line 2:34
8. Alabama Bound 3:05
9. You Can t Lose-A Me Cholly 3:02
10. New York City 3:00
11. Roberta 3:07
12. Leaving Blues 3:02
13. When The Boys Were Out On The Western Plains 2:56
14. I m On My Last Go Round 3:11
15. Mother s Blues 2:32
16. Pretty Flowers In My Back Yard 2:26
17. Pick A Bale Of Cotton 2:58
18. Sail On Little Girl 3:14
19. Fannin Street 2:36
20. Packing Trunk Blues 2:57
21. The Bourgeois Blues 3:23
22. Good Morning Blues 2:55
23. The Boll Weevil 3:03
24. Shorty George 5:05
25. Goodnight Irene 2:38

CD 2
1. Worried Blues 3:15
2. In New Orleans (House Of The Rising Sun) 3:16
3. Blue Tail Fly 2:18
4. Take This Hammer 2:59
5. Stewball 3:01
6. The Gallis Pole 2:46
7. C.C. Rider 4:10
8. Cotton Fields 2:08
9. Yellow Gal 3:09
10. Ham An Eggs 2:59
11. Don t You Love Your Daddy No More? 3:06
12. Howard Hughes 3:03
13. Looky Looky Yonder/Black Betty/Yellow Woman's Doorbell 3:08
14. Whoa Back, Buck 3:07
15. Didn t Ol John Cross The Water 3:09
16. Julianne Johnson 3:14
17. Grey Goose 2:57
18. Red Cross Store Blues 3:08
19. Can t You Line Em 2:55
20. Swing Low, Sweet Chariot 0:50
21. My Baby Quit Me 2:54
22. Black Betty 1:55
23. Bottle Up And Go 1:13
24. De Kalb Blues 3:04
25. Ain t Gonna Study War No More 1:24


L comme...
LED ZEPPELIN "Physical Graffiti" (1975)
Bric à Brac génial

Il y a des albums pour lesquels on pense ne plus avoir à faire l'article, dont le retentissement universel semble un fait acquis, dont la conception et chaque détail de chaque chanson semblent être connu et reconnu. Et puis, on sonde son entourage, se rend compte que, là encore, l'arbre trop souvent cache la forêt et que, finalement, ce qui apparaissait comme un classique usé jusqu'à la corde recèle encore de mystères trop peu sondés par une vaste majorité.
Prenez Physical Graffiti, le cru 75 du plus gros groupe de rock des années soixante-dix, une formation passée à la postérité bien au-delà de la sphère d'influence habituelle du genre, mais si, Led Zeppelin, vous savez bien, Dazed and Confused, Rock and Roll, Black Dog, The Immigrant Song, Stairway to Heaven évidemment et, puisque c'est sur l'album qui nous intéresse, et que c'est lui l'arbre, Kashmir son riff inoxydable et ses flaveurs orientales si addictives.
Et donc, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Physical Graffiti, ce monument !, n'est pas à proprement parler un album classiquement conçu. Commencé à l'origine en novembre 1973, interrompu pour laisser la place à Bad Company (avec qui Led Zeppelin partage label et manager), ayant souffert des tensions internes et d'un John Paul Jones supposément sur le départ vers un poste plus respectable que celui de bassiste/claviériste d'une bande de chevelus (maître de chorale à la cathédrale de Winchester, pas moins !), il connut un accouchement long et douloureux mais, franchement le jeu en valait la chandelle et les quatre garçons dans l'ouragan firent bien de se remettre à l'ouvrage quelques mois plus tard pour créer ce qui demeure leur œuvre la plus longue et variée. Il faut dire que les 8 titres qui devaient peupler la chose étaient d'imposantes créations dépassant largement la durée maximale de ce qu'il était possible de caser sur la galette de cire noire. D'où la décision du double album et l'adjonction, encore merci les gars !, de chansons déjà enregistrées lors de précédentes sessions et remisées pour une raison ou un autre juste légèrement overdubbées pour la circonstance. Ca pourrait nous donner un album décousu, inégal, il n'en est rien. Que ce soit dans le hard rock qui a fait leur gloire (Custard Pie, The Rover, The Wanton Song, Sick Again, Houses of the Holy), dans un rock quasiment progressif (In the Light), du presque funk énergisant (Trampled Under Foot), de l'acoustique plein d'âme et de sentiment (Boogie with Stu, Black Country Woman), de la power ballad inattaquable (Ten Years Gone), du blues bien "jammesque" (In My Time of Dying), du country rock de compétition (Night Flight), du petit intermède instrumental (Bron-Yr-Aur) ou l'immense rock orchestral oriental (Kashmir !), le groupe ne manque jamais sa cible et offre, au contraire, un panorama vaste et impressionnant dont on ne se remet pas facilement, et sur lequel on revient souvent avec toujours une égale délectation devant tant de maîtrise, de talent et d'imagination. A vrai dire, que les morceaux ait été ou non conçus pour l'album importe peu, le tout, 15 titres et 82 minutes, s'écoute comme une promenade picaresque dans les méandres créatifs d'une formation en état de grâce.
40 ans plus tard, bien célébré par cette belle édition reproduisant enfin l'effet des fenêtres de la pochette originale; doté d'un Cd supplémentaire et d'un copieux livret pour profiter encore plus pleinement, encore plus longtemps de l'expérience, Physical Graffiti continue de s'imposer comme le magnum opus d'un Led Zeppelin au catalogue pourtant d'une immense cohérence qualitative. En bref et en un mot qui résume tout : énorme !

CD 1
1. Custard Pie 4:13
2. The Rover 5:37
3. In My Time of Dying 11:04
4. Houses of the Holy 4:02
5. Trampled Under Foot 5:37
6. Kashmir 8:32

CD 2
1. In the Light 8:46
2. Bron-Yr-Aur 2:06
3. Down by the Seaside 5:13
4. Ten Years Gone 6:32
5. Night Flight 3:36
6. The Wanton Song 4:10
7. Boogie with Stu 3:53
8. Black Country Woman 4:24
9. Sick Again 4:42

CD 3 - Bonus
1. Brandy & Coke (Trampled Under Foot) (Initial/Rough Mix) 5:39
2. Sick Again (Early Version) 2:22
3. In My Time of Dying (Initial/Rough Mix) 10:44
4. Houses of the Holy (Rough Mix with Overdubs) 3:51
5. Everybody Makes It Through (In the Light) (Early Version/In Transit) 6:29
6. Boogie with Stu (Sunset Sound Mix) 3:39
7. Driving Through Kashmir (Kashmir) (Rough Orchestra Mix) 8:41

John Bonham – drums, percussion
John Paul Jones – bass guitar, organ, acoustic and electric piano, mellotron, guitar, mandolin, VCS3 synthesiser, Hohner clavinet, Hammond organ, string arrangement
Jimmy Page – electric, acoustic, lap steel and slide guitar, mandolin, production
Robert Plant – lead vocals, harmonica, acoustic guitar on "Boogie with Stu"
&
Ian Stewart – piano on "Boogie with Stu"


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LIGHTFOOT, GORDON "Summertime Dream" (1976)
Beautiful Folk

Ce country folkeux canadien n'est sans doute pas le plus connu chez nous. Pourtant, au cœur des années 70, il sortit quelques très beaux albums dont Summertime Dream est le sans doute plus remarquable. Il faut dire que Gordon n'est plus vraiment un débutant, à 38 ans, Summertime Dream est son douzième opus depuis 1966, le douzième d'une carrière de qualité où, comme tout le monde de sa génération, il a commencé en acoustique avant d'incorporer les aspects rock (sans excès) qui lui permirent d'évoluer, artistiquement comme commercialement. C'est donc à un artiste sûr de son fait, bien installé dans un style qu'il possède de A à Z auquel nous avons affaire ici, un artiste d'ailleurs bien entouré d'un groupe où les noms n'en jette pas comme les Ry Cooder, Van Dyke Parks et autres Randy Newman des septantes débutantes (voir le très recommandé Sit Down Young Stranger) mais que Gordon a construit lui-même, à sa convenance, et qui répond conséquemment à ses attentes. Parce qu'un songwriter aussi fin a besoin de nuance ce que les Barry Keane (batteur), Pee Wee Charles (l'homme à la pedal steel guitar), Terry Clements (guitariste soliste), etc., amènent magnifiquement comme, par exemple, sur le morceau phare de l'album, ce Wreck of the Edmund Fitzgerald racontant la pire tragédie navale survenue dans les Grand Lacs sur six minutes et demies aux relents celtiques bienvenus et à l'habillage instrumental époustouflant. Comme le reste de la galette, de bons morceaux folk-rock impeccablement troussés (Race Among the Ruins, I'd Do It Again, Summertime Dream, Too Many Clues in This House) en ballades country émotionnellement prenantes (I'm Not Supposed to Care, Protocol, Spanish Moss), est presque du même tonneau (c'est à dire presque parfait, ce qui est déjà énorme !), il n'en faut pas plus pour recommander chaudement, en introduction à un Gordon Lightfoot par exemple, l'artiste étant quasi inconnu chez nous, ce Summertime Dream qui, à ne pas essayer alors d'être à la pointe de quelque tendance que ce soit, par un artiste qui est avant tout un raconteur, n'a aujourd'hui pas pris une ride.

1. Race Among the Ruins 3:21
2. The Wreck of the Edmund Fitzgerald 6:32
3. I'm Not Supposed to Care 3:31
4. I'd Do It Again 3:14
5. Never Too Close 3:04
6. Protocol 4:02
7. The House You Live In 2:55
8. Summertime Dream 2:30
9. Spanish Moss 3:51
10. Too Many Clues in This Room 4:49

Gordon Lightfoot - vocals, six and twelve-string guitar, piano
Pee Wee Charles - pedal steel guitar
Terry Clements - lead guitar
Rick Haynes - bass guitar
Barry Keane - drums, percussion
Gene Martynec - Moog synthesizer
&
Jim Gordon - drums on "The House You Live In"


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LIGHTNING SEEDS, THE "Dizzy Heights" (1996)
Ligne Claire

Un orfèvre pop au sommet de sa forme ? Ce sont les Lightning Seeds de Ian Broudie et leur Dizzy Heights, quatrième long-jeu de leur discographie, un triomphe de pop à l'anglaise.
Il faut dire que le groupe, mené par l'indéboulonnable et omnipotent Ian Broudie, sait recycler les valeurs du passé dans un cadre réactualisé du meilleur effet. Ainsi, si les chansons de ces graines d'éclair doivent beaucoup à l'explosion pop anglaise des années soixante en général et aux Beatles en particulier, elle savent aussi les vernir d'atours productifs typiques de son temps, on pense évidemment aux inflexions électroniques discrètes de, par exemple, Sugar Coated Iceberg. On précisera aussi qu'avec la collaboration de l'excellent Terry Hall (de chez les Specials, Fun Boy Three ou Vegas) le lunetté Broudie a mis toutes les chances de son côté et, de fait, les trois compositions qu'ils ont fomenté en commun (Imaginary Friends, What If et What You Do) font partie des vrais highlights d'un album, par ailleurs, sans le moindre faux pas, triomphe de pop anglaise sans complexe.
Rajoutez à ça une réimagination d'un morceau de deux Byrds (Gene Clark et Jim McGuinn) composé pour les Turtles excellemment troussée (You Showed Me) et vous obtenez un opus que les amateurs de belle pop music classique mais pas (si) revivaliste pour autant ne voudront certainement pas manquer.

1. Imaginary Friends 2:44
2. You Bet Your Life 3:34
3. Waiting for Today to Happen 3:34
4. What If... 3:23
5. Sugar Coated Iceberg 3:53
6. Touch and Go 3:53
7. Like You Do 3:23
8. Wishaway 3:17
9. Fingers and Thumbs 3:21
10. You Showed Me 4:08
11. Ready or Not 3:50
12. Fishes on the Line 3:54

Ian Broudie – vocals, guitar, producer
Simon Rogers – keyboards, programming, producer
Martyn Campbell – bass, backing vocals
Angie Pollack – backing vocals
Chris Sharrock – drums
&
Clive Layton – Hammond organ, piano
Terry Hall – backing vocals
Carl Brown – backing vocals
Paul Roberts – backing vocals


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LITFIBA "12-5-87 Live (Aprite I Vostri Occhi)" (1987)
New Wave Transalpine

Litfiba, légendes du renouveau rock des années 80 en Italie, est un groupe Florentin formé en 1980 par Piero Pelù qu'on pourrait, hâtivement, taxer du sobriquet forcément réducteur de Nick Cave italien.
Remarqués en France suite à leur explosif passage aux Transmusicales de Rennes en 1983 (alors qu'ils n'avaient que deux EPs et pas même un album au compteur), Litfiba n'aura cependant pas réussi à établir chez nous autres Francs le même following enragé qu'à la maison. J'ai, cependant, eu la chance de les voir lors d'un passage parisien pour promouvoir leur 5ème album, Terremoto (1993). Cette rencontre confirma tout le bien que je pensais des prestations live du groupe depuis ma découverte, en 1988, du live présenté ici même aujourd'hui.
Il faut dire que la mixture préparée par ces malins transalpins a tout pour séduire, il réussissent en effet une (presque) parfaite fusion de rock gothique typiquement 80s, de new wave arty et de rock plus basique mené par la voix habitée du sus-nommé Piero Pelù. Le groupe, quand à lui, ne fait pas franchement dans la pyrotechnie, l'efficacité prime et les fioritures ne sont pas légion ce qui contribue à installer un climat quasiment tribal dans les chansons de Litfiba.
Il est à noter que le groupe n'a alors que deux album à son répertoire et, pourtant, ce live sonne véritablement comme une collection de classiques. Etonnant.
Evidemment, suite au ravissement que me procurait la présente galette, j'ai creusé le répertoire des florentins pour ne jamais, hélas, y retrouver le frisson de cet "Aprite I Vostri Occhi" me procure et que je vous conseille, par conséquent, chaudement.

1. Come un Dio 8:04
2. Resta 2:57
3. La preda 3:11
4. Cane 4:08
5. Tziganata 4:31
6. Ferito 7:28
7. Apapaia 5:02
8. Re Del Silenzio 5:19
9. Vendette/Luna 17:16
10. Ballata 5:14

Piero Pelù - chant
Ghigo Renzulli - guitare
Gianni Maroccolo - basse
Antonio Aiazzi - claviers
Ringo De Palma - batterie


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LOVE "Love" (1966)
Love Is All You Need

Il y a quelque chose de révolutionnaire chez Love. Et pas seulement parce qu'ils prônent la paix et l'amour dans une Amérique plus que jamais guerrière, pas seulement non plus parce qu'ils sont de toutes les couleurs alors que la ségrégation est encore dans toutes les têtes et sa disparition une lutte toujours d'actualité, et certainement pas, même s'il faut le noter, parce qu'ils ont un des premiers groupe de rock à avoir les honneurs d'un label jusque là dédié à la folk music, Elektra... Non, ce qu'il y a de révolutionnaire chez Love, et qui du coup nous fait dire qu'on tient là l'archétype du groupe maudit, de ceux qui n'ont absolument jamais eu le succès qu'ils méritaient malgré leur indéniable qualité et un beau retentissement critique, c'est bel et bien parce qu'ils sont des quelques avant-gardistes à commencer à développer ce qui ne tardera pas à faire florès sous le nom de rock psychédélique. Évidemment, on y sera nettement plus franchement sur leur opus à venir 8 courts mois plus tard, Da Capo, mais déjà, et pas seulement pour la partie de guitare que Syd Barrett ira pomper de leur version du My Little Red Book de Burt Bacharach (présentement détourné pour faire allusion à Mao Zedong, dans une Amérique tout juste sorti du maccarthysme mais pas de la guerre froide, il faut oser) pour alimenter son Interstellar Overdrive, pour tous ces petits détails ici encore ancrés dans le folk et le garage rock marquant déjà les contours du genre. Bref, avec de bonnes chansons, dont un Hey Joe que tout le monde semble vouloir reprendre (des Byrds, aux Standells en passant par les Surfaris et autres Leaves) sur lequel Love fait le meilleur boulot, c'est déjà un album ô combien recommandable à tous les amateurs de rock 60s, encore plus en considérant que versions mono et stéréo et deux bons bonus sont disponibles sur cette version excellemment remasterisée. Tout ça nous fait ? Un immanquable, assurément.

Mono Mix
1. My Little Red Book 2:38
2. Can't Explain 2:41
3. A Message to Pretty 3:13
4. My Flash on You 2:09
5. Softly to Me 2:57
6. No Matter What You Do 2:46
7. Emotions 2:01
8. You I'll Be Following 2:26
9. Gazing 2:42
10. Hey Joe 2:42
11. Signed D.C. 2:47
12. Colored Balls Falling 1:55
13. Mushroom Clouds 2:25
14. And More 2:57
Stereo Mix
15. My Little Red Book 2:38
16. Can't Explain 2:41
17. A Message to Pretty 3:13
18. My Flash on You 2:09
19. Softly to Me 2:57
20. No Matter What You Do 2:46
21. Emotions 2:01
22. You I'll Be Following 2:26
23. Gazing 2:42
24. Hey Joe 2:42
25. Signed D.C. 2:47
26. Colored Balls Falling 1:55
27. Mushroom Clouds 2:25
28. And More 2:57
Bonus
29. Number Fourteen 1:46
30. Signed D.C.2:46

Arthur Lee: Lead vocals, percussion, and harmonica. Also drums on "Can't Explain", "No Matter What You Do", "Gazing", "Mushroom Clouds" and "And More".
Johnny Echols: Lead guitar
Bryan MacLean: Rhythm guitar and vocals. Lead vocals on "Softly to Me" and "Hey Joe".
Ken Forssi: Bass
Alban "Snoopy" Pfisterer: Drums
&
John Fleckenstein: bass ("A Message To Pretty", "My Flash On You")
Don Conka: drums ("A Message To Pretty", "My Flash On You")


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LOVETT, LYLE "The Road to Ensenada" (1996)
Everybody Needs Some Lovett

Pour son sixième long-jeu, celui que le monde hors-musical connait encore comme "Monsieur Julia Roberts à la drôle de tête" a mis les petits plats dans les grands et fomenté son œuvre la plus roots depuis son tout premier opus, Pontiac, presque un authentique album de country music, en vérité, surprenant de la part d'un Lyle Lovett toujours prompt à musarder loin de ses prétendues terres... Évidemment, la country de Lyle n'est pas de celle de ces cowboys de pacotille aux grands-messes explosives qui ne peuvent décemment plaire qu'à l'américain très moyen (genre Garth Brooks), c'est plus d'une relecture intelligente et sensée des canons du genre dans des chansons finement ciselées par un auteur, compositeur et interprète tout de même nettement plus doué que la moyenne (voir l'inaugural Don't Touch My Hat pour s'en convaincre). Évidemment (bis), Lyle ne peut pas s'empêcher de glisser quelques éléments à priori intrus au genre (Her First Mistake sur un rythme bossa, That's Right (You're Not from Texas) et ses atours jazzy,  fallait oser, ça fonctionne du tonnerre ! ) mais, ici, c'est tout de même à un Lovett qui s'assume country singer auquel nous avons affaire et, vu, ou plutôt entendu, la classe et la maîtrise du bonhomme dans l'exercice, encore plus quand on glisse dans la chanson douce-amère aux arrangements minimalistes (Who Loves You Better, Promises, The Road to Ensenada), il n'y a certainement pas à s'en plaindre. Aller, pour mégoter on admettra qu'on aime moins quand Lyle s'essaie au country rock mainstream sur un Private Conversation pas indigne mais un poil trop opportuniste pour ne pas faire grincer des quenottes mais c'est vraiment bien tout ce qu'on peut reprocher à cet excellent The Road to Ensenada toujours aussi recommandé, 20 ans après son apparition au monde.

1. Don't Touch My Hat 3:47
2. Her First Mistake 6:28
3. Fiona 4:09
4. That's Right (You're Not from Texas) 4:54
5. Who Loves You Better 4:46
6. Private Conversation 4:32
7. Promises 3:07
8. It Ought to Be Easier 4:11
9. I Can't Love You Anymore 3:14
10. Long Tall Texan 3:27
11. Christmas Morning 3:43
12. The Road to Ensenada 4:11
13. The Girl in the Corner 4:29

Lyle Lovett – acoustic guitar, Rhythm Guitar, vocals
&
Greg Adams – Trumpet
Sweet Pea Atkinson – Baritone Vocal
Sir Harry Bowens – Baritone Vocal
Jackson Browne – Harmony Vocals
Valerie Carter – background vocals, Harmony Vocals
Shawn Colvin – Harmony Vocals
Luis Conte – percussion, Tambourine, Shaker
Stuart Duncan – Fiddle
Chuck Findley – Trombone, Trumpet
Paul Franklin – Pedal Steel, Steel Guitar
Willie Green, Jr. – Bass Vocal
Gary Herbig – Alto Saxophone, Baritone Saxophone, Tenor Saxophone
Chris Hillman – Harmony Vocals
Russ Kunkel – drums, Shaker
Kate Markowits – Background Vocals, Harmony Vocals
Arnold McCuller – Background Vocals, Tenor Vocals, Harmony Vocals
Randy Newman – Vocals
Dean Parks – Acoustic Guitar, Electric Guitar
Herb Pedersen – Harmony Vocals
Don Potter – Acoustic Guitar, Spanish guitar
Matt Rollings – Piano
Leland Sklar – Bass