lundi 17 juillet 2017

V comme...

V pour Victoire, n'est-ce pas Winston, mais V aussi pour Valeurs, et ces musiciens en ont !, et elles sont avant tout musicales... Mais pas seulement. De la Vérité nue de Townes aux Vrombissantes explorations de Voivod, c'est un Voyage tout sauf Vain auquel je vous convie cette semaine. Enjoie !

V comme...
VAN DER GRAAF GENERATOR "Live in Concert at Metropolis Studios, London" (2012)
VdGG is Alive!

Il est de ces groupes qui se soucient si peu du commerce qu'ils finissent par avoir une réputation très en deçà de celle qu'ils auraient justement méritée. Van der Graaf Generator, chevalier imputrescible d'un rock progressif libre et (donc) changeant, est de ceux-ci. Longtemps rare en lives enregistrés, le désormais trio toujours mené par l'habité Peter Hammill, y est devenu plus présent, signe de temps où il est plus simple d'obtenir une captation professionnelle à moindre coût et où, en toute logique, les misfits en tous genres (dont les trois papys surpuissants ici présents font définitivement partie), saisissent l'aubaine avec l'appétit créatif qu'on leur connait habituellement.
Evidemment, comme sur les précédentes aventures live du trio (Live At The Paradiso, 2009), les chagrins iront regretter l'absence d'un David Jackson (saxophone) devenu si ingérable pour Hammill & Co qu'ils durent s'en débarrasser pour vital fut-il à leur son. Décidant, courageusement, de continuer sans cet élément décisif, les trois membres restants s'en sortent, ici comme précédemment, merveilleusement bien. On s'en doute, le répertoire conçu pour cette formation resserrée fonctionne parfaitement, on est plus surpris de constater que les classiques inoxydables du groupe (de Lemmings à Childlike Faith en passant par Man-Erg) y résistent si bien à l'amputation d'une partie à priori si soniquement indispensable. C'était sans compter sur la rouerie et l'expérience accumulée au cours de leur chaotique carrière par Hammill, Banton et Evans qui n'y font décidément pas leur soixantaine et donnent, l'air de rien, quelque cours d'énergie et d'intensité dramatique à la jeune concurrence.
Enregistré devant un petit nombre d'heureux privilégiés au Metropolis Studios de Londres, comme son titre on ne peut plus explicite l'indique, le présent live nous offre non seulement une prestation hantée comme seuls VdGG en ont le secret mais aussi une captation parfaite qui permettra de saisir et d'apprécier toutes les nuances d'interprétations perfectibles mais passionnées... et donc passionnantes. Un petit (et réel) bonheur présentement agréablement complété d'une captation vidéo de belle tenue pour un lot, vous l'aurez compris, indispensable à tout amateur du groupe.

CD 1
1. Interference Patterns 4:22
2. Nutter Alert 5:35
3. Your Time Starts Now 4:25
4. Lemmings 14:26
5. Lifetime 5:24
6. Bunsho 5:38
7. Childlike Faith 12:14

CD 2
1. Mr. Sands 5:22
2. Over The Hill 12:21
3. We Are Not Here 4:54
4. Man-Erg 11:50

Peter Hammill: chant, claviers, guitare
Hugh Banton: orgue, basses pédales
Guy Evans: batterie


V comme...


VAN HALEN "1984" (1984)
Big Big Rock!

Ils ne savent pas encore la tuile qui va leur tomber dessus une grosse année plus tard quand en 1983, quand l'album fut conçu, Van Halen se préparait au second souffle qui avait tant tardé à venir. C'est donc, pour le moment, une formation inchangée qui s'avance avec un album... différent.
Différent parce que, bravant les conseils de son chanteur et de son producteur (David Lee Roth et Ted Templeman) qui lui déconseillaient fermement de faire du clavier un instrument central au son de son Van Halen, Eddie le compositeur (les crédits collectifs ne trompent personne) et leader naturel décide de n'en faire qu'à sa tête, à raison vu l'impressionnant succès rencontrée par 1984 et ses 12 millions d'albums fourgués rien qu'aux States ! Et ça commence donc, gros pieds de nez aux amis mécréants, par un instrumental au synthétiseur, une introduction au gros tube Jump que vous connaissez forcément tous et qui, lui aussi, laisse une part non négligeable aux agissement claviéristiques d'un Eddie qui, tout de même, troque le synthé pour la guitare pour un bon gros solo dont il a le secret. Si, par la suite, l'apport de l'instrument honni est plus discret, il n'en est pas moins présent, texturant régulièrement des compositions d'une diabolique efficacité. C'est évidemment le cas des trois autres singles, l'accrocheur Panama, le nerveux et paillard Hot for Teacher, et la ballade synth-rock I'll Wait mais, substantiellement, de l'ensemble d'un album sans faille (si ce n'est sa trop courte durée...) où Van Halen joue même avec le blues électrique (l'excellent Top Jimmy), s'inspire de grooves typique de Led Zeppelin (Drop Dead Legs et un Alex Van Halen se la jouant à la Bonham), ou délivre simplement une version updatée et réussie de son gros rock qui tâche (Girl Gone Bad, House of Pain).
Tout ça nous fait un album qui, bien produit par le metteur en son de toujours du groupe, Ted Templeman (qui suivra David Lee Roth dans les débuts de sa carrière en solo délaissant Van Halen, guéguerre intestine oblige), et appartenant indubitablement à son époque, s'écoute encore avec beaucoup de plaisir aujourd'hui, si tant est qu'on est amateur du genre, et un authentique classique du hard rock des années 80, un immanquable, quoi !

1. 1984 1:07
2. Jump 4:04
3. Panama 3:32
4. Top Jimmy 2:59
5. Drop Dead Legs 4:14
6. Hot for Teacher 4:42
7. I'll Wait 4:41
8. Girl Gone Bad 4:35
9. House of Pain 3:19

Eddie Van Halen – guitar, keyboards, backing vocals
David Lee Roth – lead vocals
Alex Van Halen – drums, percussion, backing vocals
Michael Anthony – bass guitar, backing vocals


V comme...
VAN ZANDT, TOWNES "Texas Troubadour" (2002)
Somme d'Homme

On ne devrait plus avoir à présenter Townes Van Zandt. Artiste essentiel de la country folk de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix qui connut par la suite une carrière plus erratique avant de s'éteindre en 1997 des nombreux abus qui affaiblirent son organisme (alcool, drogues, comme d'habitude, hélas). Dans la première partie de sa carrière, de 1968 à 1973, il sortit une assez incroyable série d'albums de tout premier ordre dont on ressent l'influence jusque dans la country musique dite progressive et l'americana d'aujourd'hui. Le dernier album de ce coffret (où manque hélas l'essentiel du live enregistré en 1973 et sorti en 1977, « Live At The Old Quarter, Houston, Texas », pour que le bonheur soit complet), enregistré et sorti en 1978 n'est qu'une parenthèse (dorée) pour un artiste brûlé qui ne réapparaîtra ensuite qu'en 1987, avec peu de succès commercial (encore !) mais une grâce post-traumatique qu'on se doit de souligner.
Concrètement, le coffret se déroule comme suit :

CD 1 :
- For the Sake of the Song (1968)
Premier album du poète Texan et pas la moindre hésitation dans sa country folk douce amère. Le songwriting de Townes s'est déjà affirmé dans les années précédentes (voir ses « early recordings » sur le cd In the Beginning). C'est donc un artiste complet qui se présente ici et déroule 11 compositions confondantes de maturité pour un jeune homme de 24 ans. Tout juste peut-on reprocher des arrangements un peu trop datés qui marquent l'âge de cette galette sinon totalement réussie.
- Our Mother the Mountain (1969)
Moins surproduit que son devancier (et c'est heureux !), Our Mother the Mountain y gagne autant en authenticité et intemporalité. Townes nous propose ici une belle collection de chansons dont il est, encore une fois, le seul et unique responsable. Une réussite malgré, une fois de plus, des arrangements parfois douteux, la faute à un Townes trop confiant dans son producteur, mais la qualité des chansons rattrape facilement ce petit défaut.

CD 2:
- Townes Van Zandt (1970)
Insatisfait de la production et des arrangements de ses deux premiers albums studio, où trop d'ajouts variétisants avaient corrompu l'identité de sa musique, Townes réenregistre quelques unes des plus belles pièces de son premier album, For the Sake of the Song. Les 7 autres morceaux sont autant de preuves d'un artiste en complète possession de ses moyens et offrant une country folk intelligente et sensible que le dépouillement présent (mais pas encore tout à fait total) rend d'autant plus attractif.
- Delta Momma Blues (1971)
Contrairement à ce que son titre semblerait indiquer, Delta Momma Blues n'est pas un album de blues mais bien une nouvelle offrande country/folk de tout premier ordre. Suivant la logique du très réussi album éponyme l'ayant précédé, Delta Momma Blues reproduit une formule où la voix et les textes de Townes sont l'indéniable vedette. Une fois n'est pas coutume, toutes les compositions ne sont, cette fois, pas toutes signées du seul Van Zandt, un morceau traditionnel et une participation avec d'autres songwriters débutant en effet ici. Ca ne nuit nullement à l'exceptionnelle tenue d'un album indispensable.

CD 3:
- High, Low and In Between (1972)
Comme son prédécesseur et son successeur, High Low and In Between est un indispensable à qui apprécie la folk music. L'instrumentation, juste la viande sur l'os, soutient parfaitement le vague-à-l-âme de Townes. 11 compositions parfaites pour un album sans faille. Du grand Townes Van Zandt, un grand album tout court en vérité.
- The Late Great Townes Van Zandt (1972)
Doté d'un titre prémonitoire, Townes disparaissant quelques années de l'actualité discographique suite à ce long jeu, The Late Great Townes Van Zandt est une merveille de plus dans une suite d'album difficilement attaquables du magnifique texan. Second album de 1972 et seconde totale réussite, celui-ci a pour particularité d'être l'album de Townes pour lequel il écrivit le moins, 5 des 11 compositions venant d'autres auteurs ou étant seulement co-signées par Van Zandt et une, Sad Cinderella, étant un réenregistrement d'une ancienne chanson. Ca n'entame en rien le tour de force d'une country/folk sobre et belle.

CD 4 :
- Flyin' Shoes (1978)
La voix a baissé de quelques tons, les excès sont passés par là, Flyin' Shoes n'en est que plus émouvant. Ici Townes revient après cinq longues années de silence dues à ses multiples addictions et leurs malheureuses conséquences. L'écriture de Townes y est intacte, vibrante et précise comme à ses plus belles oeuvres et est, de plus, « bonussée » de ses nombreuses expériences. Un album vrai et beau qui fait d'autant plus regretter la décade silencieuse qui suivra.
- Titres bonus
4 excellentes outtakes de 1972/73 et 8 extraits du mythique live at the Old Quarter qui comporte dans son édition complète 27 chansons, les ajouts au coffret sont peu nombreux mais néanmoins recommandables. Les extraits donneront probablement envie de goûter au live dans sa version intégrale. Un amuse-bouche, en quelque sorte.

Loser magnifique, mauvais garçon chronique, chanteur et compositeur fin et passionné, Townes Van Zandt a tout d'un personnage de fiction (à quand le bio-pic ?). Cette collection, pour un faible coût, permettra à ceux qui ne connaissent pas encore cette mythique figure de combler une inexcusable lacune. L'ajout d'un livret de 36 pages avec un bel essai biographie augmenté de photographies et des pochettes des albums permettra de creuser plus avant l'histoire peu commune de ce grand oublié quand on en vient à évoquer les plus grands songwriters américains, dont il est, donc.

CD 1
- "For the Sake of the Song" (1968)
1. For the Sake of the Song 4:45
2. Tecumseh Valley 2:41
3. Many a Fine Lady 3:51
4. Quicksilver Daydreams of Maria 3:39
5. Waitin' Around to Die 2:23
6. I'll Be Here in the Morning 2:44
7. Sad Cinderella 4:40
8. The Velvet Voices 3:13
9. All Your Young Servants 2:57
10. Talkin' Karate Blues 3:05
11. Sixteen Summers, Fifteen Falls 2:36
- "Our Mother the Mountain" (1969)
12. Be Here to Love Me 2:36
13. Kathleen 2:45
14. She Came and She Touched Me 4:01
15. Like a Summer Thursday 3:02
16. Our Mother the Mountain 4:20
17. Second Lover's Song 2:14
18. St. John the Gambler 3:03
19. Tecumseh 4:53
20. Snake Mountain Blues 2:37
21. My Proud Mountains 5:02
22. Why She's Acting This Way 5:23

CD 2
- "Townes Van Zandt" (1970)
1. For the Sake of the Song 5:18
2. Columbine 2:30
3. Waitin' Around to Die 2:41
4. Don't Take It Too Bad 2:50
5. Colorado Girl 3:15
6. Lungs 2:25
7. I'll Be Here in the Morning 2:57
8. Fare Thee Well, Miss Carousel 5:17
9. Quicksilver Dreams of Maria 4:41
10. None But the Rain 2:23
- "Delta Momma Blues" (1971)
11. F.F.V. 3:32
12. Delta Momma Blues 3:56
13. Only Him or Me 2:27
14. Turnstyled, Junkpiled 3:20
15. Tower Song 4:07
16. Come Tomorrow 2:54
17. Brand New Companion 4:41
18. Where I Lead Me 2:47
19. Rake 4:01
20. Nothin' 2:46

CD 3
- "High, Low and In Between" (1972)
1. Two Hands 2:34
2. You Are Not Needed Now 4:15
3. Greensboro Woman 2:21
4. Highway Kind 2:15
5. Standin' 3:23
6. No Deal 3:13
7. To Live Is to Fly 3:15
8. When He Offers His Hand 3:00
9. Mr. Mudd and Mr. Gold 2:22
10. Blue Ridge Mountains 2:10
11. High, Low and in Between 3:13
- "The Late Great Townes Van Zandt" (1972)
12. No Lonesome Tune 4:20
13. Sad Cinderella 4:15
14. German Mustard (A Clapalong) 2:55
15. Don't Let the Sunshine Fool Ya' 2:26
16. Honky Tonkin' 3:43
17. Snow Don't Fall 2:42
18. Fraulein 2:43
19. Pancho and Lefty 3:40
20. If I Needed You 3:44
21. Silver Ships of Andilar 5:08
22. Heavenly Houseboat Blues 2:40

CD 4
- "Flyin' Shoes" (1978)
1. Loretta 3:50
2. No Place to Fall 3:29
3. Flyin' Shoes 4:23
4. Who Do You Love 4:00
5. When She Don't Need Me 3:11
6. Dollar Bill Blues 3:00
7. Rex's Blues 2:29
8. Pueblo Waltz 3:01
9. Brother Flower 2:55
10. Snake Song 2:35
- Studio Outtakes
11. The Spider Song 2:04
12. Upon My Soul 1:51
13. Buckskin Stallion Blues 2:57
14. At My Window 3:43
- Live Songs from 1973
15. Two Girls 3:48
16. Fraternity Blues 2:51
17. White Freight Liner Blues 3:11
18. Talking Thunderbird Blues 2:35
19. Nine Pound Hammer 3:10
20. Chauffeur's Blues 4:35
21. Cocaine Blues 3:17
22. Only Him or Me 2:32


V comme...
VEGAS "Vegas" (1992)
deux gars biens

Vegas, c'est un peu Eurythmics sans Annie Lennox. Vegas c'est aussi, surtout, la rencontre entre Dave Stewart et Terry Hall (The Specials, Fun Boy Three), un projet à la courte vie mais à l'album, souvent ignoré d'ailleurs, de fort belle facture, pas loin des plus belles exactions de chacun des deux compères de circonstance, en vérité.
Et donc, Vegas c'est un peu Eurythmics sans sa vocaliste soit une pop fourbissant ses armes sur des bases synthétiques et les dépassant souvent. Vegas c'est aussi, surtout, une collection de chansons de qualité par deux grands professionnels audiblement investis dans le projet, y insufflant leur savoir-faire, leur expérience et, bien sûr, leur talent. Et leur talent s'exprime, c'est le moins que l'on puisse dire à l'écoute des neuf compositions confectionnées pas la paire, et accessoirement de la reprise de She de Charles Aznavour qui demeure cependant plus anecdotique, et à laquelle on préfèrera la belle version d'Elvis Costello, que le matériau original qui fusionne avec intelligence et grâce le meilleur de la synthpop, une belle louche de reggae, une nécessaire dose de pop (parce que ces chansons restent en tête, indéniablement, et un soupçon de rock pour épicer le tout. Volontairement, on n'entrera pas trop dans le détail passé cette sommaire description afin de ne pas, trop, déflorer l'exquise surprise.
Bref, un sommet pour Stewart et Hall, ce qui n'est pas peu dire, une galette ô combien méconnue qu'on jubile à l'idée de faire découvrir à de nouvelles oreilles, Vegas, hélas l'unique album de cette fructueuse association, est, si vous arrivez à mettre la main dessus (ma copie est un import australien, c'est dire !), chaudement recommandé.

1. Possessed 4:51
2. Walk into the Wind 5:17
3. She's Alright 4:13
4. Take Me for What I Am 4:51
5. The Trouble with Lovers 5:25
6. Nothing Alas Alack 5:18
7. The Thought of You 3:39
8. Wise Guy 7:21
9. The Day It Rained Forever 4:46
10. She 3:11

avec
Terry Hall
Dave Stewart
Olle Romo
Manu Guiot


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VIRGIN PRUNES "Over the Rainbow (A Compilation Of Rarities 1980-1984)"  (1985)
Vive les Fous !

Si la bonne dose d'étrangeté figurant sur leurs albums ne vous suffisait pas, voici une compilation des irlandais déments des Virgin Prunes. Ca va loin !
Et tous azimuts ! D'ambient minimaliste à la Eno (Red Nettle, Mad Bird in the Wood, Jigsawmentallama, Greylight), d'étrangetés punk ou new wave déstructurées et angulaires (Twenty Tens, Moments 'N' Mine, White History Book, Faculties of a Broken Heart), de tribalisme post-punk déjanté (Pagan Lovesong Vibe - Akimbo), de contines post-apocalyptiques (Children Are Crying), de sautillantes chansons synthpop dévoyées (King of Junk), à de totales bizarreries (Happy Dead et ses presque 14 minutes où on se demande souvent où Gavin Friday & Cie vont, un Revenge de douleur), les Virgin Prunes ont indéniablement de l'imagination et une capacité à ne finalement ressembler à personne tout en produisant, à quelques exceptions rencontrées vers la fin de la présente sélection, une musique qui s'écoute avec le bonheur de découvrir un étrange animal dans son milieu d'origine, une jungle urbaine malfamée, peuplée de créatures de tous sexes et de toutes apparences, un cirque des monstres qui n'a rien à envier à celui de Browning.
Tout ça fait d'Over the Rainbow une addition bienvenue à la collection d'albums de ces irlandais pas comme les autres.

CD 1
1. Red Nettle 2:18
2. Twenty Tens 2:27
3. Pagan Lovesong Vibe - Akimbo 6:52
4. Moments 'N' Mine 4:27
5. Mad Bird In the Wood 4:20
6. Children Are Crying 5:12
7. Jigsawmentallama 6:20
8. King of Junk 2:50
9. War 2:06
10. Greylight 4:23

CD 2
1. White History Book 3:43
2. Faculties of a Broken Heart 5:05
3. In the Greylight 2:50
4. Happy Dead 13:41
5. Revenge 3:36
6. Third Secret 4:19
7. Love Lasts Forever 11:26

Gavin Friday - vocals
Guggi - vocals
Dave-id Busarus - vocals
Dik Evans - guitar
Strongman - bass
Mary D'Nellon - drums


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VISAGE "Visage"1981)
Traits seyants

Un haut fait new romantic/synthpop ?, avec de vraies stars en devenir dedans ? C'est Visage et son premier album éponyme !
En l'occurrence, mené par un Steve Strange quelque part entre Düsseldorf et Berlin, entre Kraftwerk et David Bowie, comprenant la participation de gens aussi recommandables que Midge Ure (futur Ultravox et également metteur en son de l'exercice), John McGeoch (ex-Magazine, futur P.I.L. mais surtout un extraordinaire guitariste), Dave Formula (ex-Magazine itou), Bill Currie (passé par Tubeway Army et évidemment Gary Numan) et Rusty Egan (alors ex-Rich Kids), mais aussi les apparitions de Barry Adamson (ex-Magazine et Luxuria, un garçon dont la carrière solitaire est chaudement conseillée) et Chris Payne et Cedric Shapley de chez une autre formation synthpop prometteuse, Dramatis, c'est du premier super-groupe du genre dont il s'agit.
Avec tant de talent réuni, pas étonnant que l'album soit le triomphe qui nous est offert. Evidemment, il y a l'imparable single, Fade to Grey, mais il n'est pas le majestueux arbre cachant la maigre forêt, simplement l'étendard, le maître-étalon des possibilités de la bande puisqu'on retrouve quasiment les mêmes qualités d'ambiance et de mélodie sur Blocks on Blocks ou Mind of a Toy, deux autres flamboyantes réussites d'électro-pop fin et frais. Mais si Visage sait faire rêver, voir ce qui précède, il sait aussi faire danser sur d'infectieux beats synthétiques ornés de synthétiseurs typiques mais pas toc (Visage, la chanson, The Dancer), amuser sur un hommage au grand Clint infusé d'influences western (Malpaso Man) ou réfléchir sur son hymne tabacophage (Tar), un si beau package qu'on oublie bien vite un instrumental final pas franchement affolant (The Steps).
Par la richesse de sa musique, par la qualité de sa production, par son côté si typique, si tellement de son temps, l'inaugural œuvre de Visage est devenu un classique de plein droit, ce n'est que mérité pour une si belle réussite, de celles qui permettront à l'auditeur débutant dans le style de savoir s'il vaut le coup d'aller plus avant parce que, francehment, si vous n'aimez pas Visage, c'est que la synthpop ne sera jamais votre affaire.

1. Visage 3:53
2. Blocks on Blocks 4:00
3. The Dancer 3:40
4. Tar 3:32
5. Fade to Grey 4:02
6. Malpaso Man 4:14
7. Mind of a Toy 4:28
8. Moon Over Moscow 4:00
9. Visa-age 4:20
10. The Steps 3:14

Steve Strange – lead vocals
Midge Ure – guitar, backing vocals, synthesizers
John McGeoch – guitar, backing vocals, saxophone
Dave Formula – synthesizer
Billy Currie – electric violin, synthesizer
Rusty Egan – drums, backing vocals, electronic percussion
&
Barry Adamson – bass guitar (1, 2, 4)
Chris Payne – synthesizer (5)
Cedric Sharpley – drums, electronic drums programming (5)
Brigitte Arens – voice (5)


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VOIVOD "Nothingface" (1989)
CyberAge

Ils avaient déjà transformé leur thrash metal punkoïde en créature progressive et spatiale sur leur précédent opus, l'impeccable Dimension Hätross. Cette fois, en un élan aussi libérateur que décisif, les québécois de Voivod abandonnent une bonne part de leur excès soniques pour commettre l'album qui reste, de l'avis général, leur plus belle réussite, Nothingface.
Mais Nothingface c'est, surtout, un album absolument, complètement unique, une sorte de maverick musical jamais entendu alors, plus jamais entendu depuis, un état de grâce compositionnel à peine croyable, une œuvre dont on ne peut même pas dire qu'elle fut particulièrement influente tant elle ne ressemble à rien ni à personne. Enfin, si, elle ressemble quand même un peu à ce que Voivod sortit précédemment mais, même là, il y a un monde de séparation entre les déchainements thrash progressifs de science-fiction et leur glorieuse succession.
De leur passé, Voivod on retenu un goût de la bizarrerie, d'une certaine énergie d'interprétation aussi parce que, clairement, les québécois ne sont pas venus pour amuser la galerie. C'est évident dès The Unknown Knows où, porté par les parties de guitares juste dissonantes ce qu'il faut de Denis d'Amour, soutenu par les  patterns atypiques d'une section rythmique au diapason, Denis Belanger, vocaliste revenu des cris primaux de sa jeune carrière, peut vocaliser les prémices de son concept "proto-Matrixien". Qu'y constate-t-on ? Que l'approche y est nettement plus mélodique et abordable une fois adapté à la façon dont Voivod fait les choses, à cet emballage rythmique conservant l'énergie de sa musique source pour l'apposer consciencieusement à ce nouvel univers, à ce chant froid et détaché crachant d'étranges paroles, à ces guitares tranchantes et uniques, un peu comme si un guitariste de jazz, sans préparation aucune, se voyait lancé dans le grand bain metallo-progressif, ça surprend !  Evidemment, on se doit de mentionner l'excellente reprise du Pink Floyd de Syd Barrett, cet Astronomy Domine qui semblait absolument destiné à intégrer le répertoire des québécois et qui, de fait, y trouve naturellement sa place devenant même un de ses étendards, c'est dire. Mais c'est tout l'album qui nous porte dans un monde différent où Voivod sait aussi bien envoyer le bois (le précité The Unknown Knows, l'excellente chanson titre, Nothingface, le paranoïde X-Ray Mirror, etc.) que ralentir l'allure, créer des ambiances plus planantes (la reprise du Floyd, bien sûr, mais aussi Missing Sequences ou Into My Hypercube) sans jamais se départir de son identité, de son absolue unicité.
Voilà, pour tout dire, la meilleure façon de savoir exactement de quel alien bois la galette est faite, il n'est pas de meilleure façon que de s'y confronter en se préparant, auparavant, au choc de l'écoute de quelque chose d'encore jamais entendu et, en vérité, d'excellent et de décisif dans la création d'un metal se détachant progressivement de ses racines blues pour créer un ailleurs ô combien attirant.

1. Intro 0:54
2. The Unknown Knows 5:01
3. Nothingface 4:14
4. Astronomy Domine 5:30
5. Missing Sequences 5:50
6. X-Ray Mirror 4:28
7. Inner Combustion 3:48
8. Pre-Ignition 5:12
9. Into My Hypercube 5:04
10. Sub-Effect 4:30

Jean-Yves Theriault - bass
Denis d'Amour - guitar
Michel Langevin - drums
Denis Belanger - vocals


MERCI !

2 commentaires:

  1. V comme...

    VAN DER GRAAF GENERATOR "Live in Concert at Metropolis Studios, London" (2012)
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    VAN HALEN "MCMLXXXIV" (1984)
    - http://www58.zippyshare.com/v/epdoKpHY/file.html

    VAN ZANDT, TOWNES "Texas Troubadour" (2002)
    1- http://www58.zippyshare.com/v/U8wjrnyS/file.html
    2- http://www58.zippyshare.com/v/su4DrxB4/file.html
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    4- http://www58.zippyshare.com/v/Y1NLN3XR/file.html

    VEGAS "Vegas" (1992)
    - http://www58.zippyshare.com/v/O4qZuyZW/file.html

    VIRGIN PRUNES "Over the Rainbow (A Compilation of Rarities 1980-1984)" (1985)
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    VISAGE "Visage" (1981)
    - http://www58.zippyshare.com/v/1YfrDD3t/file.html

    VOIVOD "Nothingface" (1989)
    - http://www58.zippyshare.com/v/7jSSYpvD/file.html

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  2. Van der Graaf, je les ai vu en 1975, je crois. A Paris. Et puis Peter Hammill en solo au début des années 80 pour un concert Chorus. Robert Fripp était dans la salle, mais ce con n'est pas monté sur scène. Fripp + Hammill en duo, j'aurais fait une attaque, bordel.
    Depuis, plus rien, jamais revus. À tort, si j'en crois l'enregistrement de leur retour au Bataclan, le 12 juillet 2005. Canon.

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