mardi 14 juillet 2015

Vive la France (sélection hétéroclite cocorico)

Comme nous sommes, aujourd'hui, le 14 juillet, je me suis dit que j'allais vous concocter une petite collection d'album français de qualité supérieure. Ca veut dire des "noms" et des albums sans doute pas tout à fait méconnus mais, sait-on jamais, si vous étiez malencontreusement passé à côté d'un... Et puis il y a quelques surprises, dans les récents parce qu'on va quand même de 66 à 2013... Une paille ! Et 14 albums puisque 14 juillet, avec pas mal de recyclages mais pas que... Bref, vous êtes gâtés. Enjoie !

RoCK D'iCi
Jacques Dutronc "Dutronc 1" (1966)
ou "Dutronc, première"

Remisez aux oubliettes Danyel Gérard, Danny Boy, Les Chats Sauvages, Les Chaussettes Noires et autres Johnny Hallyday, c'est en 1966 que nait le rock français ou, plutôt, le rock "à la française" et c'est à deux Jacques que l'on le doit, Dutronc et Lanzmann, son parolier qu'on n'oublie évidemment pas.
Musicalement, la formule est simple : recyclage à tous les étages ! Ainsi entend-on du Rolling Stones, du Dylan, du Beatles ou du Kinks (etc.) dans cette musique sous évidente influence anglo-américaine. S'il n'y avait que ça, on expédierait facilement ce Dandy parisien aux côtés de ses devanciers yé-yé, de sinistre mémoire, dans les approximations françaises à traduire l'idiome rock à la sauce Camembert... Mais, d'une, il y a l'interprétation distanciée et souvent potache de Dutronc, un délice en soi, et, aussi (et surtout), l'irrévérence de sale-gosse des délicieuses pastilles textuelles de Lanzmann qui font, il faut le dire, toute la différence.
Pour le reste, vous connaissez tous la demi-douzaine de tubes mais sans doute moins le reste de la collection pourtant aussi recommandable et présentement bonussée de versions espagnoles et italiennes de deux emblématiques chansons (Et moi et moi et moi et les Playboys) et d'une outtake. Pas beaucoup mais, vu la qualité du reste, on ne fera pas la fine bouche et conseillera vivement ce vinyl replica grande classe d'un album important et indispensable.

1. Les play-boys 3:08
2. L'espace d'une fille 2:45
3. Sur une nappe de restaurant 2:15
4. J'ai mis un tigre dans ma guitare 2:21
5. Les cactus 2:42
6. Et moi, et moi, et moi 2:55
7. L'opération 3:09
8. On nous cache tout, on nous dit rien 2:36
9. La fille du Père Noël 2:36
10. Les gens sont fous, les temps sont flous 3:03
11. La compapade 3:19
12. Mini-mini-mini 1:54
Bonus
13. Les gens sont fous, les temps sont flous (version alternative) 3:16
14. Il mondo va cosi (Et moi, et moi, et moi - démo version italienne) 2:15
15. Il mondo va cosi (Et moi, et moi, et moi - version italienne) 2/41
16. Les Play-Boys (version espagnole) 3:07

Jacques Dutronc : Chant, Guitares rythmique et solo, Percussions
Hadi Kalafate : Guitare Basse, Percussions
Alain Le Govic (alias Alain Chamfort) : Piano, Orgue
Jean-Pierre Alarcen : guitare Solo
Jacques Pasut : guitare rythmique
Michel Pelay : batterie

JACQUES DUTRONC

JoJo DaNS L'aRT
Johnny Hallyday "Vie" (1970)
ou "Du bon Jojo!"

Parce que je n'avais pas grand chose à vous dire de cet album sauf que c'est un des plus intéressants de la carrière de l'idole des (plus si) jeunes, j'ai trouvé, une fois n'est pas coutume, une petite chronique sympathique sur Amazon écrite par un certain Tony Vue (qu'il en soit remercié) :
"Paradoxal le titre : Vie
Synonyme de lumière et de joie, mais l'album est aussi sombre que le portrait qui orne une pochette, dont la noirceur laissera une empreinte unique à la discographie du chanteur.
Des textes évocateurs, à l'époque où des mouvements de protestation pour préserver la planète et promouvoir la paix et l'Amour se faisaient grandissants.
Protestation dans "La pollution", mais surtout "C'est écrit sur les murs". Le somptueux "Poème sur la Septième" plus actuel que jamais à l'heure où la menace du chaos climatique se révèle. Johnny hurle et prévient : "Le monde entier va sauter". Il chante nuit, pleurs, mort, guerre, sang, peur et implore "Rendez-moi le soleil".
Musicalement, et hormis la magnifique parenthèse classique de la Septième, toutes ces chansons sont énergiques autant que violentes. L'urgence et l'appel à l'action l'imposent.
Paix et Amour. "Essayez" : Nous sommes à l'apogée du mythique Peace and Love. L'invitation à essayer de nous aimer se confond dans une triste ballade folk d'une beauté remarquable. Johnny s'interroge aussi sur l'avenir de l'Amour dans ce monde, à travers les arpèges de "Lire dans tes yeux" ; il nous raconte aussi une trop brève histoire d'amour avec "La fille aux cheveux clairs", autre folk song qu'il ne reprendra que 28 ans plus tard au Stade de France.
Amour et mort (encore!) dans "Deux amis pour un amour" dont le titre ne laisse planer aucun doute quant à l'issue.
Johnny termine l'album sur le très controversé Jésus-Christ. Ce texte doit évidemment se prendre au second degré et rappelle qu'on ne peut malheureusement vivre à contre-pied du monde sans en devenir l'inéluctable victime. Cet album se démarque de tous les autres de Johnny et se révèle sûrement le meilleur quand à l'impact non-musical qu'il laissera. Ce qui n'enlève en rien l'orchestration tour à tour violente puis sublime de beauté.
Normal pour un album paradoxal !
"
Bref, ne vous fiez pas à la réputation de rocker carton-pâte de Jauni, Vie mérite le détour.

1. Essayez 4:24
2. Lire dans tes yeux 3:11
3. La pollution 5:00
4. Rendez-moi le soleil 3:04
5. Dans ton univers 4:07
6. C'est écrit sur les murs 3:40
7. Poème sur la septième 2:25
8. La fille aux cheveux clairs 3:11
9. Le monde entier va sauter 3:09
10. Deux amis pour un amour 3:33
11. Jésus-Christ 3:10

Orchestre : The New Blackburds
Guitare : Mick Jones - Jean-Pierre Azoulay
Basse : Archibald Leggett
Batterie : Tommy Brown
Orgue : Jean-Marc Deuterre
Trompette : Guy Marco
Trombone : Jacques Ploquin, Pierre Goasquen
Flûte et saxophone : René Maurizur
Grand orchestre sous la direction de Jean-Claude Vannier
Arrangements : Raymond Donnez

JOHNNY HALLYDAY

PoLNaPoP
Michel Polnareff "Polnareff's" (1970)
ou "Polnatop"

S'il y a un album qui représente le triomphe d'une certaine pop à la française, d'une pop ayant su ingérer et digérer les influences anglo-saxonnes pour les accommoder à la sauce camembert (ou plutôt à parvenir à ne pas sentir ledit clacos), c'est bien le cru 71 de Michel Polnareff, le sobrement titré "polnareff's".
Ambitieux est un qualificatif qu'on accolerait volontiers à l'opus s'il ne supportait avec tant de classe compositionnelle la débauche de moyens instrumentaux mise en œuvre pour son exécution. Une preuve ? L'instrumental d'ouverture, Voyages, et son pendant de mi-album (...Mais Encore) où cordes et cuivres complémentent à merveille une superbe mélodie. C'est idem pour le très réussi Né dans un Ice-Cream où un Polnareff heureux comme un poisson dans l'eau peut se laisser aller à ses extravagances, jusqu'à un décrochage jazz big band tout à fait crédible, c'est fort. Et ça continue, tout l'album est de ce divin tonneau où la richesse de la façon n'est jamais là pour cacher la pauvreté du propos. Alors, certes, certains regretteront l'épure précédemment affichée par Michel mais force est de constater que ce déluge, cet ensemble instrumental digne de sessions menées par un certain Phil Spector (dont on sent indéniablement l'ombre) sied admirablement à l'écriture fine mais démonstrative d'un Polna présentement en état de grâce.
Si vous aimez la pop qui n'a pas froid aux yeux, emprunte plus aux Moody Blues qu'à Big Star, Polnareff's, album sans faille dont je ne vous vanterai pas les mérites particuliers mais ou chaque chanson atteint parfaitement son but (en plein cœur !), vous comblera d'aise. Et de comprendre le statut culte, celui du plus bel album de son auteur qu'on lui attribue si régulièrement, c'est largement mérité !

1. Voyages 2:52
2. Né dans un ice-cream 3:22
3. Petite, petite 3:20
4. Computer's Dream 4:16
5. Le désert n'est plus en Afrique 3:04
6. Nos mots d'amour 3:13
7. ... Mais encore 2:15
8. Qui a tué grand'maman ? 2:37
9. Monsieur l'Abbé 3:30
10. Hey You Woman 5:21
11. À minuit, à midi 3:36

MICHEL POLNAREFF

PSyCHéFeRRé
Léo Ferré "La Solitude" (1971)
ou "Léo en liberté"

Jamais le dernier à embrasser son temps, ni à recruter le talent là où il se trouve, Léo Ferré engage les psyché hard-rockers de Zoo pour son cru de 1971, La Solitude.
Bon, Léo les avait déjà testé sur deux titres d'Amour Anarchie donc, pas folle la guêpe, il savait où il allait, le vieil anar !, mais, tout de même, il fallait oser (alors qu'Eddy, un peu suiveur sur le coup, réitérera la chose avec deux groupe, Magma en plus des collaborateurs de Ferré, un an plus tard, sur Zig Zag). Qui plus est, Léo se garde quelques titres rien qu'à lui 2 au total et pas des moindre (les délicats et orchestraux Ton Style et Tu ne dis jamais rien) histoire peut-être, un compromis ?, de ne pas totalement aliéner son public fidèle d'exactions trop jeunistes pour être universellement bien vues. Mais donc, le gras, l'attraction de la galette, ce sont les 7 titres avec Zoo où, surprise, Léo n'est pas aussi enragé qu'on eût pu l'imaginer. De fait, plus qu'une amalgamation du style de Zoo et de celui de Ferré, c'est plus à l'accompagnement du second par les premiers auquel nous assistons tant Zoo, en l'espèce, joue exactement ce qu'on aurait imaginé sans avoir écouté. Ceci dit, pour prévisible que soit la performance, elle ne manque ni de grâce ni de panache comme exemplifié par un magnifique, poignant et épique La Solitude en introduction de l'album ou, plus loin, A mon Enterrement et la diatribe finale du Conditionnel des Variétés. Ce qui reste, pas les restes ! hein !, tire parfois Léo vers des territoires moins évidents pour lui (Les Albatros et Faites l'Amour, Dans les "Night" typiques d'un rock fusionnant et cruivré pas très éloigné du style pratiqué par le Chicago originel et autres Blood, Sweat & Tears populaire en ce début des septante, Les "Pop" et ses volutes psychédéliques si savoureuses). On y sent parfois Léo moins à son aise mais, le talent !, jamais perdu dans ce qui demeure de l'excellent boulot par un grand professionnel inspiré accompagnés de musiciens ô combien talentueux.
Certains dirent que Barclay, essayant de revitaliser l'image d'un de ses vieux artistes, imposa Zoo à Léo, personnellement, vu la personnalité du mec, je n'y crois pas une seule seconde, d'autant moins que la réussite est là, éclatante, démontrant que Monsieur Ferré, ce vieil anar, ce merveilleux auteur, compositeur et arrangeur savait tout faire en chanson et transformer l'art mineur en œuvre majeure, comme ici. Chapeau Zoo !, mais surtout Chapeau Léo !

1. La Solitude 5:21
2. Les Albatros 3:09
3. Ton style 3:37
4. Faites l'amour 4:11
5. À mon enterrement 3:19
6. Les Pop 5:07
7. Tu ne dis jamais rien 5:56
8. Dans les « Night » 4:12
9. Le Conditionnel des variétés 4:57

Zoo (pistes 1, 2, 4-6, 8, 9) :
André Hervé : orgue électrique, piano, guitare électrique
Michel Ripoche : trombone, saxophone ténor, violon électrique
Daniel Carlet : saxophones alto, baryton, soprano, flûte, violon électrique
Michel Hervé : basse électrique
Christian Devaux : batterie

Les musiciens de la formation symphonique assemblée par Léo Ferré n'ont pas été identifiés à ce jour

LÉO FERRÉ

NiNo BaRRé
Nino Ferrer "Métronomie" (1972)
ou "Ninogénie"

A réduire sa carrière à quelques tubes rigolos (Mirza, Le Téléfon) ou à de jolies ballades (Le Sud), on en oublierait presque que Nino Ferrer fut un fieffé furieux. Ce "Métronomie" psychédélique à souhait nous le rappelle.
"Métronomie" ne fut pas le succès commercial que Nino espérait. Trop débridé dans un paysage musical français où il ne fait pas bon changer de casaque et trop peu connu ailleurs à une époque où la musique ne circule pas aussi facilement qu'aujourd'hui. C'est un album maudit, sauvé seulement par le succès de son anachronique ballade ("La Maison Près de la Fontaine"). Il fait partie de ces montages précieux et foutraque comme seuls les grands savent en confectionner.
Court (32 minutes... beaucoup trop court !), et c'est bien le seul défaut de cette fulgurance ! "Métronomie" n'est pas que culte, il est aussi - et surtout ! - l'éblouissante démonstration de l'immense talent d'un artiste trop souvent mésestimé.
 
NB: Il est intéressant de préciser que Nino percevait "Métronomie" comme son premier véritable album, conçu et assumé de bout en bout par un artisan maniaque quand ses prédécesseurs n'étaient que de simples collections de singles sans véritable unité.

1. Métronomie (Organum Homo-Modernicus contre Flying Dutchman / Bertha) 9:04
2. Les Enfants de la patrie 4:56
3. Métronomie II 2:18
4. Cannabis 4:44
5. La Maison près de la fontaine 3:46
6. Isabelle 2:28
7. Freak 1:33
8. Pour oublier qu'on s'est aimé 3:21

Nino Ferrer : chant, guitare
Giorgio Giombolini : orgue
Slim Pezin : guitare
Lucien Dobat : batterie
Donald Rieubon : batterie
Allan Reeves : clavier
Jean Mandengué : guitare basse
Pierre Dutour : trompette
Bernard Estardy : clavier
Le Système Krapoutchik : chœurs

NINO FERRER

RiRe De TouT
Serge Gainsbourg "Rock Around the Bunker" (1975)
ou "un Bunker nommé Dérision"

S'il y en a un qui pouvait oser l'album rock sur le nazisme, c'est bien Serge, et pas seulement parce que Lucien Ginsburg a connu l'époque et qu'il est juif, mais bien parce que rien n'arrête Gainsbourg, pas même le risque de tomber dans le mauvais goût qui est toujours celui des autres (voir son intérêt répété pour l'art de la pétomanie ou un Lemon Incest de sulfureuse mémoire).
Nous sommes donc en 1975, 30 ans après la fin de la boucherie mondiale, 30 ans après la découverte de l'infamie nazie par les masses horrifiées. Serge sort son troisième concept album de suite, pas une histoire en soi, pas comme Melody Nelson et l'Homme à la Tête de Chou, plus comme Vu de l'Extérieur où un thème unissait les titres sous une seule et même bannière. Et quel thème, présentement, et quel traitement d'icelui surtout !, où Gainsbourg, fourbissant des armes majoritairement rock, blues et pop, prouve que le rire, la dérision, est encore et toujours l'arme fatale contre l'ignominie et la douleur. Parce qu'avec un programme engendrant tout sauf la mélancolie (ce serait un comble...) Serge ne produit peut-être pas son album le plus définitif mais réussit le tour de force de rester droit sur ses jambes dans une épreuve pourtant particulièrement casse-binette. Et, en effet, dès un dynamique Nazi Rock (évoquant la nuit des longs couteaux) jusqu'à un  cynique SS in Uruguay en passant par un amusant détournement d'un vieux standard du musical Roberta (Smoke Gets in Your Eyes) ou une mise en lambeau drolatique du petit moustachu lui-même (J'entends des voix off), l'exercice d'équilibriste en second-degré est simplement magistral d'un auteur, compositeur et interprète sachant jusqu'où ne pas aller trop loin (voir la non-inclusion d'un Silence du Pape pour cause d'autocensure).
En 1975 Serge Gainsbourg produit un album qu'on n'attendait pas, musicalement ou textuellement, et s'en sort avec les honneurs dans les deux registres. Y a pas à dire, il était fort ce Gainsbarre !

1. Nazi Rock 3:10
2. Tata teutonne 2:48
3. J'entends des voix off 2:05
4. Eva 3:13
5. Smoke Gets in Your Eyes 3:28
6. Zig-zig avec toi 3:39
7. Est-ce est-ce si bon ? 3:16
8. Yellow Star 1:40
9. Rock Around the Bunker 3:25
10. SS in Uruguay 2:16

Serge Gainsbourg : composition, chant
Alan Parker : guitare rythmique
Judd Proctor : guitare
Brian Odgers : basse
Dougie Wright : batterie
Jim Lawless : percussions
Alan Hawkshaw : claviers
Kay Garner, Jean Hawker, Clare Torry : chœurs

SERGE GAINSBOURG

JaCQueS RoCKS!
Jacques Higelin "Alertez les Bébés !" (1976)
ou "Alerte majeure"

Révélé au monde en rocker émérite sur BBH 75, confirmant ces excellentes dispositions sur son successeur (Irradié), c'est un Jacques Higelin sûr de son fait qui s'attaque à ce qui demeure son chef d'œuvre rock des 70s, Alertez les Bébés !.
Pour accomplir son prodige, Maître Jacques a renouvelé son équipe, équipe qui sera reconduite, et augmentée, sur No Man's Land, 2 ans plus tard, une équipe qui fournit à celui qui s'est désormais imposé comme un nom qui compte dans une scène rock française encore rachitique une variété sonore, une polyvalence qui va merveilleusement au teint d'un Higelin jamais aussi bon que quand il est libre.
Libéré, donc, Jacques pond 10 chansons non seulement excellentes mais indicatrices de toutes les tendances qu'il développera plus tard dans sa carrière. Nommément, on a droit à un funk/blues rock qui vaut largement les équivalents anglais ou américains (Le Minimum, un max de bonheur !), une tournerie rock typiquement années soixante-dix où  Jacques peut clamer à loisir bien soutenu par les excellents chœurs féminins  (Géant Jones), une belle ballade folk à accordéon toute en tendresse goguenarde (La Rousse au Chocolat), une country rock pleine d'allant et d'humour (Je veux cette fille), un rêve éveillé présentement habillé de folk mais qu'on imaginerait aussi hantée d'un quatuor à cordes, enfin, moi (J'suis qu'un grain de poussière), une petite chanson pop rock à la Beatles qui surprend autant qu'elle satisfait (Aujourd'hui la crise !, où l'interprétation vocale de Jacques, forcément, distancie le résultat de ses évidents modèles), une belle ballade à l'orgue proéminent et aux guitares "qui pleurent" (Rien), une "revisitation bluesée" de la chanson réaliste (Coup de Blues), un monumental morceau de bravoure si dépouillé qu'un piano jazz et l'interprétation écorchée vive de Jacques lui suffisent (Alertez les bébés !), et une petite virgule de rappel où Monsieur Loyal présente ses musiciens (Demain ce s'ra vachement mieux sur la mélodie d'Aujourd'hui la crise !)... Une excellente sélection explorant tous les possible d'alors, et commençant donc à creuser de nouvelles pistes, d'un Higelin tout simplement triomphant de bout en bout.
Il en a fait de beaux albums, Maître Jacques, celui-ci demeure mon préféré, une œuvre finissant d'imposer un artiste duquel nous n'avons, fort heureusement, pas encore fini de profiter des offrandes. Et il a préparé la relève, le bougre ! Alors, vous qui me lisez et vous dites que j'en fais quand même un peu trop, écoutez ce fantastique Alertez les bébés !, vous n'en reviendrez pas !

1. Le Minimum 5:32
2. Géant Jones 4:56
3. La Rousse au chocolat 3:42
4. Je veux cette fille 2:48
5. J'suis qu'un grain de poussière 4:05
6. Aujourd'hui la crise ! 4:20
7. Rien 4:45
8. Coup de blues 4:13
9. Alertez les bébés ! 10:10
10. Demain ça s'ra vachement mieux 1:50

La pochette originelle de l'album présente ainsi les musiciens :
Pierre Chérèze - Guitare électrique, lead ou rythmique, Guitare sèche partout où y en a
Christian Leroux dit « Basile » - Guitare électrique, rythmique et lead aussi, mais sèche dans Grain de poussière
Jacky Thomas dit « Blett » - Basse et Brest (branchée secteur-cœur)
Michel Santangelli dit « Frère Pochtron » - Batterie, tambourin et mandoloncelle
Higelin dis rien... Écoute! - Cordes vocales, Claviers clinquants et déglingués - Piano du pauvre
Danielle Bartholetti et Françoise Walle - ont prêté leur voix aux cœurs
Stéphane Vilar - a écrit les cuivres


JACQUES HIGELIN

NouVeLLe VaGue
Hubert-Félix Thiéfaine "Autorisation de Délirer" (1979)
ou "Confirmation"

Continuant la veine d'un rock drolatique mais néanmoins cérébral entamée un an plus tôt avec un Tout Corps Vivant Branché sur le Secteur Etant Appelé à s'Emouvoir, Autorisation de Délirer, second opus du franc-comtois le plus connus de la chanson et du rock français, Hubert-Félix Thiéfaine donc, est une belle confirmation qu'on tient-là un artiste vraiment pas comme les autres, ce qui n'est pas si courant que ça, surtout dans une France assoupie par un giscardisme triomphant...
Et donc, toujours accompagné du groupe Machin, Hubert remet le couvert, ce timide notoire va même jusqu'à montrer sa trombine, grimée certes, sur une pochette presque aussi dadaïste que celle de son premier, bien joué. Musicalement, si peu de temps et la reconduction de la même équipe obligent, sans doute, Thiéfaine reprend les choses exactement où il les avait laissées. Ce n'est pas à dire que le présent opus soit totalement absent de toute trace de progression, d'innovation, que nenni, Hubert-Félix et "ses gens" ont trop envie de s'amuser pour se contraindre à reproduire ce qui a déjà fonctionné, mais clairement, on reste dans le même monde, et c'est très bien comme ça.
Ceci dit, à trop vouloir s'amuser, à trop vouloir essayer tous les genres plus ou moins accessibles, on finit par perdre en cohérence, défaut que n'avait pas le premier et qui vient, mégotons !, un tout petit peu gâcher la fête. Mais un tout petit peu seulement parce que la collection a du corps, et de l'esprit. Parce que ce folk paysan se transformant en rock speedé fait son petit effet (La Vierge au Dodge 51), parce que ce blues acoustique cinématographico-humoristique est absolument distrayant (Court-métrage), parce ce boogie léger qui tourne tango est un exercice risqué et réussi (La Môme Kaléidoscope), parce que ce blues planant est bien troussé si pas franchement marquant (L'Homme politique, le roll-mops et la cuve à mazout), parce que le psyché-proto-punk nonsensique va bien au teint d'Hubert (Variations sur le Thème d'Icare), parce qu'un petit coup de disco second degré ne peut pas faire de mal (Enfermé dans les cabinets avec la fille des 80 chasseurs), parce qu'un petit détournement de No Woman No Cry en ballade réussie ne dérange pas trop (La Queue, un des titres les plus faibles de l'album, tout de même), parce qu'un country-rock à l'américaine est une étape quasi obligatoire et présentement très bien menée (Rock Autopsie), parce qu'un petit coup de progressisme imaginatif et bizarre est dans les gènes du chanteur et de ses musiciens (Alligators 427). Alors, évidemment, tout ça n'a pas, du fait de cet éclatement tous azimuts justement, le même impact que Tout Corps Branché mais, mené par Thiéfaine, qui n'est pas un grand vocaliste mais plus un acteur de ses textes poétiques, ridicules, drôles, tout ça !, le résultat est là, l'auditeur satisfait si un peu étourdi.
Autorisation de Délirer, qui porte bien son titre, est indéniablement un excellent album de Thiéfaine, de ce Thiéfaine devrait-on dire parce que, passé le coup d'après, De l'amour de l'art ou du cochon, tout va changer !

1. La Vierge au dodge 51 2:52
2. Court-métrage 3:15
3. La Môme kaléidoscope 4:10
4. L'Homme politique, le roll-mops et la cuve à mazout 5:50
5. Variations autour du complexe d'Icare 2:32
6. Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs) 3:40
7. La Queue 5:23
8. Dernière station avant l'autoroute 0:41
9. Rock autopsie 3:40
10. Autorisation de délirer 1:16
11. Alligators 427 5:01

Chant, Guitares : Hubert-Félix Thiéfaine
Guitares : Jean-Pierre Robert
Guitares : Claude Mairet
Claviers, Accordéon : Gilles Kusmeruck
Basse, Claviers : Tony Carbonare
Batterie, Percussions, Trompette : Jean-Paul Simonin

HUBERT-FELIX THIEFAINE

BeLLe GaRNiTuRe
Alain Bashung "Pizza" (1981)
ou "Le vrai Alain"

A la relance depuis 1979 avec Roulette Russe, après un Roman Photos aussi atypique que couronné d'insuccès deux ans plus tôt, c'est bel et bien en 1981, avec Pizza, que le vrai Alain Bashung se révèle enfin au monde, il était temps !
Il était temps parce que, l'air de rien, Alain n'est plus tout jeune et ferait même presque figure de vieux routard un peu has been s'il n'avait si bien su se réinventer, quelques mois plus tôt, avec un Gaby oh Gaby qui fut l'énorme tube que l'on sait (et a d'ailleurs été inclus à cette réédition avec le plus accessoire Elle s'fait rougir toute seule, face B d'icelui). Parce que le Bashung d'avant Gaby, un gars qui a tout de même une quinzaine d'années de carrière depuis ses singles débutants de la seconde moitié des années soixante jusqu'à sa collaboration avec Dick Rivers sur trois albums durant dans la première moitié des années soixante-dix, a ramé. Et su se réinventer, donc, en collant au plus près au goût du jour, mais sans opportunisme, par envie et, surtout, avec le concours de plus en plus utile d'un fin équipier du nom de Boris Bergman sachant trouver les mots qu'il faut pour sa nouvelle voix et ses nouvelles musiques, cette troisième fois encore un peu plus que les deux précédentes comme si le parolier avait enfin cerné la personnalité de son interprète.
Et donc Bashung se fait un peu new wave sur Pizza, (ces sons de synthés ! il y sont pour beaucoup, indéniablement) mais côté angulaire et artistique de la chose, on est pas chez les nouveaux romantiques, tudiou !, et sans, évidemment, oublier ses racines, cette fascination pour un certain rock américain, réel ou fantasmé d'ailleurs. Surtout, il y a des compositions qui font globalement mouche là où ses précédentes offrandes souffraient, c'est le moins que l'on puisse dire, d'une certaine inconsistance. Evidemment, il y a le tube, le digne successeur de Gaby, le très réussi Vertige de l'Amour, mais, vraiment, rien ici ne déçoit qu'Alain fasse dans le rock franc et direct (L'araignée une bestiole qui groove du tonnerre, J'sors avec ma Frangine ou Rebel où il ressemble presque à Springsteen, de loin,  ou dans quelque dérive bizarroïde qui va si bien aux textes de Boris (Privé jazz et rock avec saxo dissonant, effet bœuf garanti !,  Idylle au Caire entre refrain new-waveux et refrain bien rock,  Reviens va-t-en et ses faux airs de Kraftwerk)... Que du bon !
Et voilà, une carrière qui prend son envol ! C'est pas plus compliqué que ça. Bravo Boris, bravo Alain, bravo aussi à tous les musiciens qui ne sont hélas pas mentionnés mais font de l'excellent boulot sur ce qui reste le plus bel album du "jeune" Alain Bashung parce que, plus tard, comme vous le savez tous... Wowowow !

1. Ça cache quekchose 2:47
2. L'Araignée 2:49
3. J'sors avec ma frangine 2:48
4. Aficionado 2:37
5. Idylle au Caire 2:44
6. Privé 3:07
7. Vertige de l'amour 3:16
8. Rebel 3:56
9. Retours 2:12
10. Reviens va-t-en 3:13
11. Fan 4:19
Bonus
12. Elle s'fait rougir toute seule 3:08
13. Gaby oh Gaby 3:58

ALAIN BASHUNG

VeRS ailleurs
William Sheller "Univers" (1987)
ou "Les justes ambitions"

Sheller, Univers. La première fois que j'ai entendu cet album, je n'en revenais pas. A l'époque, peu friand de chanson française et plutôt versé dans le riff plombé que le quatuor à cordes, rien ne me prédisposait à tomber irrémédiablement amoureux d'un petit bonhomme franco-américain, à la voix fragile et aux mains expertes. Univers est passé par là, tellurique galette !
Enfin, tellurique, je me comprends, parce que William Sheller n'est pas du genre à donner dans la pyrotechnie, que ce soit pour ses textes ou ses musiques. Artisan patient et pointilleux, il tisses son écheveau telle la dentelière de Calais additionnant paroles tout en retenue, art compositionnel maîtrisé et arrangements précieux pour un résultat assez unique de part chez nous et même assez unique tout court. Parce que Sheller est au confluent de moult tendances : musique classique puisque telle fut sa formation, pop music puisque tel fut (et est toujours) son amour, et chanson française par héritage et attirance culturelle.
Tout ceci fait de Sheller un créateur à part dans le petit monde de la musique française, et c'est encore plus évident à partir du mini album Simplement (1984), et encore plus sur Univers où, vraiment !, William lâche les chevaux de son inspiration échevelée.
Quoique ce qui constitue, dans l'édition vinyle d'époque, la Face A reste encore proche de la zone de confort commercial de William. Du rock pop orchestral de Darjeeling, au mid-tempo un poil bluesy mais toujours classicos (Basket Ball), à la pop orchestrale feutrée d'Encore Une Heure, Encore Une Fois et, finalement, à la belle ballade qu'est Les Miroirs dans la Boue, c'est un Sheller à l'ambition certes revenue à la hausse mais encore très préoccupé par le format chanson.
La Face B, sans se départir de la qualité de mélodiste de son compositeur, pousse l'enveloppe plus avant dès le rock orchestral quasi-progressif du Nouveau Monde, composition majeure d'un album qui ne l'est pas moins. Pour le coup, Cuir de Russie, charmante badinerie, et Guernesey, splendide pièce de chanson classique (comprendre chanson et musique classique en un, avec un texte de Nanard Lavilliers, c'est à préciser) paraitraient presque "en dedans" s'il n'amenaient sur le magistral et complexe l'Empire de Toholl, indubitablement l'objet musical le plus alien et prospectif depuis Lux Aeterna dont il semble reprendre, bonussé de l'expérience acquise en chemin, l'ambition contemporaine, progressive.
Tout ce que touche Sheller sur Univers, album fondateur d'une deuxième partie de carrière passionnante, semble se transformer en or. C'est un album parfait... Son meilleur ?

1. Darjeeling 3:55
2. Basket ball 4:04
3. Encore une heure, encore une fois 3:34
4. Les miroirs dans la boue 3:43
5. Chamber music (instrumental) 4:59
6. Le Nouveau monde 5:01
7. Cuir de Russie 3:27
8. Guernesey 4:18
9. L'Empire de Toholl 9:10

William Sheller : sitar, piano, chant
&
Laurent Roubach
: guitare
Claude Salmieri : batterie
Renaud Hantson : batterie
Pierre Gossez : saxophone alto
Georges Grenu : saxophone
Marcel Hrasko : baryton
Gilbert Viatge : baryton
Francis Cournet : saxophone, basse
Janick Top : basse
Benoît Paquay : violon
Jean-Pierre Catoul : violon
Eric Gertmans : alto
J.P Emyle Dessy : violoncelle
Christian Padovan : basse
Tolbiac Toads : guitare, voix, batterie
Raymond Lefèvre : direction orchestrale

WILLIAM SHELLER

C'eST L'HiSToiRe D'uN MeC...
Jean-François Coen "J.F. Coen" (1993)
ou "Une petite tour et puis s'en va"

C'était pourtant fort bien parti. Un malin clip de Michel Gondry en heavy rotation sur les musicales françaises, la chanson dudit en airplay régulier sur quelques stations radiophoniques de grande écoutes. Une bonne chanson, il faut dire, une jolie mélodie, une voix soufflée, intime.
Jean-François Coen ? Un oranais de 1959 rapatrié avec tant d'autres au soixante gaulliennes vers la capitale où il apprend la guitare classique. En 1978 il rejoint à la basse Modern Guy dont l'album aujourd'hui introuvable sera produit par John Cale, suite à la séparation desquels il disparaît de l'industrie musicale ne se signalant que par quelques sessions de basse (pour Mirwais par exemple) ou comme compositeur d'un morceau pour Luna Parker, La Tour de Londres qu'il adaptera d'ailleurs pour son tube en Tour de Pise, l'incontournable.
C'est peut-être là le drame de Jean-François Coen et de son premier opus, une belle collection de chansons pop aux arrangements malins qui compensent la voix un peu désincarnée de l'interprète, ce tube qui casse tout (enfin, au niveau de ce genre de production, c'est pas The Final Countdown non plus !) et ne s'enchaine pas sur une autre réussite commerciale, la malédiction du One Hit Wonder... Peut-être que le second single, l'efficace western Roy Bean, reposant aussi sur une sorte de boucle mélodique et d'une voix parlée/chantée, était trop dérivatif du coup de grâce originel, peut-être aussi que, sans le support promotionnel d'une vidéo à la revoyure agréable (en plus de la musique) le coup ne prit pas aussi bien. C'était pourtant une belle composition avec des cordes, un banjo, une guitare harmonieusement mêlés, les gens ne surent probablement pas ce qu'ils perdaient.
Dire que tout l'album reproduit la doublette originale serait exagéré mais la qualité est là, indubitablement. D'un Camille tout doux au chant supporté par une douce voix mutine et féminine (Sonia Bonne), du funky/bluesy tout au fond aux guitares Bensoniennes en diable (Tout au fond), aux tentations synthpop qui rappelleront Rennes à certains (Pépita), à une trompette jazz et la chanteuse Robert qui nous saluent en générique de fin (Clair comme l'eau pure), il y a matière à se réjouir des propositions. Tout n'est pas exactement parfait (Poème à Lou XXXIX , oui, d'Apollinaire, et Un Film Snob pour Martien ont des ficelles un peu épaisses et des mélodies un peu faibles), mais la tenue de l'ensemble, les détails qu'on y trouve, le soin qui y a été audiblement apporté rendent l'album éminemment sympathique...
Mais le succès ne sera pas là, et Coen disparaitra. Avant de reparaitre en 2004 pour un second album (Vive L'Amour, que je ne connais pas encore) et sur une compilation hommage à Etienne Daho (Tombés Pour Daho où il reprend Bleu Comme Toi) en 2008. Et puis plus rien. Reviendra, reviendra pas ? A l'ère où l'autoproduction digitale et sa diffusion à très correcte échelle est possible pour des instrumentistes et compositeurs doués, rien ne s'y oppose. Sauf peut-être sa volonté... Reste ce premier album, que j'aime beaucoup et que je réécoute de temps en temps avec un vrai plaisir. Une valeur sûre, selon moi, que je vous engage à découvrir.

1. La Tour De Pise 3:37
2. Roy Bean 3:32
3. Poème A Lou XXXIX 3:33
4. Camille 4:24
5. Tout Au Fond 3:42
6. Un Film Snob Pour Martien 3:35
7. Ton Marin 3:53
8. A Présent Le Futur 2:59
9. Pepita 3:20
10. L'Esturgeon De La Mer Caspienne 1:52
11. Clair Comme L'Eau Pure 1:47

Jean-François Coen - chant, guitare, basse, programmations, arrangements
&
Hervé Zenouda
, Laurent Beignier - batterie
Michel Coeuriot - cordes, piano
Claude Samard - banjo
Eric Naquet - percussions
Peter Leonard, Yann Leker, Nicolas Kristy - guitare
Christophe Guiot - violon
Frank Eulry - orgue
Gnafron - piano
Frédéric Saumagne - saxophone
Stéphane Baudet, Jean Gobinet - trompette
Glenn Ferris - trombone
Mickey Blow - harmonica
Laurent Gueneau - claves électroniques
Sonia Bonne, Marie-Anne Andréani, Elisabeth Tensorer, Robert, Leïla Vigné - chœurs

JEAN-FRANCOIS COEN

eNCoRe DeS MauX
Michel Houellebecq "Présence Humaine" (2000)
ou "Poésie ordinaire d'un être inhumain"

Outre le simple et un peu vain plaisir de trouver un titre rappelant vaguement son Extension du Domaine de la Lutte, enfin, en possédant plus ou moins la faconde littéraire, il faut avouer qu'il y a, dans la poésie mise en musique de Michel Houellebecq, une perception extrêmement distanciée du quotidien, un détachement quasi-inhumain qui fout un tout petit peu les jetons sur ce qu'il se passe à l'intérieur de la cabosse compliquée de ce sociopathe notoire (à en croire ses différents écrits, apparitions télévisuelles et interviews diverses en tout cas), un bien étrange personnage quoiqu'il en soit.
Et donc, un jour, Houellebecq, qui n'est pas encore le phénomène littéraire que l'on connaît aujourd'hui, le Houellebecq d'avant la gloire quoi, rencontre Bertrand Burgalat, compositeur, arrangeur, instrumentiste, patron de son propre label (Tricatel) et découvreur d'éventuels talents à ses heures perdues (qui sont peu nombreuses). Et l'idée germe de mettre en musique quelque poèmes issus de recueils forcément passés inaperçus, parce que la poésie, quoi !
Les deux hommes sélectionnent alors lesdits textes, que Burgalat met en musique, puis, entouré de quelques musiciens du "cercle Tricatel" s'en vont en studio pour mettre tout ça sur bande. Et ça s'appelle Présence Humaine. Evidemment, la concrétisation du projet dans la lancée de l'explosion populaire du romancier, avec ses Particules Elémentaires, n'est pas tout à fait innocent, et l'album n'aurait pas été de ce niveau d'excellence qu'il se serait probablement fait sévèrement dézinguer dans un pays où il ne fait pas bon franchir trop de frontières (ce que Houellebecq finira par apprendre avec sa malheureuse incartade dans le monde du 7ème Art). Mais voilà, il est excellent.
Textuellement et vocalement déjà où on retrouve la plume d'un Houellebecq peintre du quelconque, baladin de l'ennui absolu, d'une normalité assez inquiétante et déclamant, susurrant, parlant, et ne chantant pas dieu merci, d'un ton détaché, presque dédaigneux pour le commun des mortels s'affairant à des tâches et activités sans objet, sans volonté d'autre chose que d'occuper le néant.
Musicalement ensuite où le cocktail de psyché pop rock "sixtisant" avec son orgue omniprésent et ses chaloupes aguichantes contrebalance, complète parfaitement la taciturne performance du "vocaliste". Il faut dire que ce genre, Burgalat sait faire, s'est montré particulièrement inspiré et a su s'entourer de musiciens au même état d'esprit dont la futur "star" Peter Von Poehl ou d'un invite de marque tel que le très sous-estimé Richard Pinhas compagnon de luminaires tel que le japonais Merzbow ou le catalan Pascal Comelade. Une bien belle équipe, donc, bien produite par Bertrand Burgalat, bien sûr, qui a concocté un son tout en rondeurs chaleureuses en l'occurrence ad hoc.
Et donc Présence Humaine, album aussi improbable sur le papier que réussit au final, séduit au-delà des plus folles espérances. Et puis, plus d'une décennie après sa sortie, il n'a pas pris une ride... de l'avantage du son rétro ? Quoiqu'il en soit, on recommande !

1. Présence Humaine 4:06
2. Sejour-Club 3:55
3. Paris-Dourdan 4:42
4. Playa Blanca 2:48
5. Les Pics de pollution 4:51
6. On se réveillait tôt 5:15
7. Plein été 8:32
8. Célibataires 4:08
9. Crépuscule 3:25
10. Derniers temps 3:15

Michel Houellebecq - voix
- Titres 1-7 et 9
Bertrand Burgalat - claviers, chœurs, guitare lead (2, 3)
Romain Humeau - guitare lead
Peter Von Poehl - guitare rythmique
Damien Lefevre - basse
Nicolas Courret - batterie, percussions
&
Richard Pinhas
- guitare (1)
- Titres 8 et 10
Bertrand Burgalat - instruments
Peter Von Poehl - guitare

MICHEL HOUELLEBECQ

iL CouRT TouJouRS !
Frandol "Double-Fond" (2004)
ou "Boîte à Malice"

Frandol a plus d'un tour sous son chapeau mais on ne changera pas Frandol. Sur ce second opus solo, après le très réussi Oulipop, l'ex-Roadrunner continue de distiller mélodies entêtantes et textes malins où sa plume fait merveille. Pour Double Fond l'équipe a quelque peu changé mais l'objectif, fondamentalement, reste le même : offrir une chanson rock de qualité tant musicale que littéraire.
Parce qu'il faut le dire, si la mélodie ne fait pas peur à Frandol, les mots l'enchantent et c'est un délice que de goûter aux précieuses contructions que sont ses textes, tout en chausse-trappes, faux-semblants, ludisme verbal... Une patte particulièrement adaptée au thème que s'est présentement imposé le havrais, la magie et le cirque. Musicalement, Frandol revient à des choses plus classiques se débarrassant quasi-intégralement de tentations électrophiles moins compatibles avec le présent concept. La base est donc rock à l'ancienne, d'inspiration souvent 60s, pas tout à fait comme avec les Roadrunners mais pas si loin, un territoire qu'on considèrerait presque comme pépère comparé à l' azimuté Oulipop si ce n'était que tout ceci tourne comme une horloge suisse et épate comme une évasion à la Houdini. Original ? Sans doute pas (mais pas moins qu'un Dionysos ici largement distancé sur un terrain plus ou moins commun), mais assurément diablement efficace.
Hélas, encore une fois, une sale malédiction sembler planer sur les meilleurs normands (de Little Bob aux Dogs et à l'intéressé), ce Double Fond pourtant si réussi se retrouvera en voie de garage n'attirant que de trop rares curieux. On en attend d'ailleurs toujours l'hypothétique suite, d'autant plus hypothétique que Frandol est aujourd'hui occupé à revivaliser avec les Kitchenmen... Ce qu'il fait très bien aussi.

1. La Boîte à Double-Fond 4:21
2. Etat Second 3:33
3. Sept ans 3:16
4. Contorsions 4:20
5. Lévitation 3:55
6. Cléo et l'homme tronc 1:16
7. Détours 3:05
8. Ventriloque 1:16
9. Léon Mandrake 3:19
10. Le Sultan du Close-Up 4:03
11. A la masse 2:38
12. Leninska 3:40
13. L'escamoteur 2:02
14. Fortune Teller 1:58
15. La parade de l'illusion 4:26

Frandol: chant, guitare, percussions, claviers, ornitophone électronique
Matt R1: guitare, basse, choeurs, batterie (6), piano
Monsieur Ced: programmations, claviers, basse (13)
Luc Durand: batterie, percussions
Thomas Schaettel: orgue, piano
Steve Brush: saxophone alto (14, 15)
Erich Weiss: saxophone ténor (14, 15)
Dal Vernon: saxophone bariton (14, 15)
Claude Conlin, David Kotkn: trompette (14, 15)
William Robison, Garcijax: violon (12)
Jean-Eugène Robert: alto (12)
Gaiffe: violoncelle (5, 12)

FRANDOL

NouVeau DéSiR
Détroit "Horizons" (2013)
ou "Horizons voisins"

Dire que le retour discographique en long-jeu de Bertrand Cantat suite à la dissolution de Noir Désir fut attendu fébrilement est indéniablement un euphémisme. Dire qu'il fut attendu, par une majorité de gens en tout cas, pour les mauvaises raisons voyeuristes que l'on sait est une évidence. Alors oui, Bertrand Cantat est un meurtrier (accidentel)... qui a payé sa dette à la société. Parlons plutôt de la musique de Détroit, son nouveau projet en compagnie de Pascal Humbert (Passion Fodder, 16 Horsepower, Wovenhand et Lilium) et laissons à Voici, et autres feuilles de choux du genre, les cancans et les rumeurs.
Au programme, 10 chansons, deux courts intermèdes et un "machin" planqué à la fin après un silence (Sonic 5). Et pas vraiment de surprise parce que, forcément !, Cantat fait du Cantat dans le texte, dans le style mélodique aussi. Un peu moins énervé que Noir Désir, on se calme avec l'âge, et musicalement plus aéré, Détroit n'apparait pas comme autrement que la suite logique dans le parcours du vocaliste. A titre d'exemple Ma Muse, chanson d'ouverture, se pose un peu là avec son texte péri-poétique, sa voix écorchée vive et, même, des guitares qui s'électrifient dans un crescendo final bienvenu. Aussi, on ne perd pas les bonnes habitudes, quand Cantat chante en anglais il rappelle encore et toujours Jeffrey Lee Pierce (Gun Club). Cantat est donc toujours Cantat et, de fait, s'il n'y avait certaines constructions musicales, leurs influences plus américaines et/ou tempérées, plus bricolées aussi, l'ombre de son ancienne formation en deviendrait envahissante. Présentement, c'est un fantôme duquel on comprend que Bertrand demeurera toujours indissociable tant il l'a marqué de son empreinte.
Globalement, les chansons sont bonnes, surprenantes parfois (Terre Brûlante et sa fausse monotonie, pas loin de Diabologum, Horizon et sa belle montée de sève toute en cordes, le presque robotique Sa Majesté et ses chœurs soul), confortables souvent (Ma Muse, Glimmer in Your Eyes, Ange de Désolation, Droit dans le Soleil, Le Creux de ta Main en clin d'œil appuyé au rock de son passé, etc.), juste ce qu'il faut pour suffisamment brosser dans le sens du poil un auditoire en attente fébrile sans s'obliger à faire du surplace. Parce que Détroit est bien l'étape d'après, pas une révolution, une évolution. Un retour finalement tout sauf surprenant qui aurait pu suivre de près Des visages des figures où, déjà, planait un autre chose plus acoustique, plus ambient. Plus adulte. Autre point commun, la présence d'une autre figure tutélaire de l'art de Cantat, Léo Ferré, avec, cette fois, non pas une adaptation d'un texte (le très réussi Des Armes) mais la très belle et musicalement surprenante reprise de l'inoxydable Avec le TempsCantat chante bien soutenu par une instrumentation electro-minimaliste qui, finalement, sied étrangement au teint de la chanson.
Au passage, si on louera la performance de tous les musiciens dont le nom n'apparait sur la pochette, on soulignera particulièrement l'implication de Bruno Green présent et précieux sur toutes les pistes de l'album et celle de Ion Meunier, batteur de Shaka Ponk, qui le suit de près et bat ses futs avec une vraie classe.
Bref... Fi de vaines polémiques, voici un bel album, qui plaira aux amateurs de Cantat et de feu-Noir Désir mais pas seulement, un album qui offre de nouveaux Horizons à une carrière qu'on a bien cru morte et enterrée, c'est bien là l'essentiel.

1. Ma Muse 5:02
2. Glimmer in Your Eyes 5:06
3. Terre Brûlante 3:30
4. Détroit- 1 1:30
5. Ange de Désolation 3:55
6. Horizon 5:03
7. Droit dans le Soleil 3:24
8. Détroit- 2 0:36
9. Le Creux de ta Main 3:41
10. Sa Majesté 4:23
11. Null & Void 4:35
12. Avec le Temps 4:35
13. Sonic 5 7:22 (dont 3 minutes de silence)

Bertrand Cantat - voix, guitare, ken, harmonica
Pascal Humbert - basse, guitare, contrebasse, beat box
Bruno Green - programmations, claviers, guitare
&
Ion Meunier
- batterie (1, 2, 3, 6, 9, 11)
Frah - programmations (1)
Steve Desgarceaux - claviers (1)
Manfred Kovacic - claviers (9, 10)
Catherine Graindorge - violon alto, chœurs (2, 6, 7, 9)
Lisa Berg - violoncelle (2, 7)
Olia Ougrik - chœurs (9)
Tree Laurita Humbert - chœurs (9)
Samaha Sam - chœurs (10)

DETROIT

36 commentaires:

  1. Vive la France !

    Jacques Dutronc "Dutronc 1" (1966)
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    Johnny Hallyday "Vie" (1970)
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    Michel Polnareff "Polnareff's" (1970)
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    Léo Ferré "La Solitude" (1971)
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    Nino Ferrer "Métronomie" (1972)
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    Serge Gainsbourg "Rock Around the Bunker" (1975)
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    Jacques Higelin "Alertez les Bébés !" (1976)
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    Hubert-Félix Thiéfaine "Autorisation de Délirer" (1979)
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    Alain Bashung "Pizza" (1981)
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    William Sheller "Univers" (1987)
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    Jean-François Coen "J.F. Coen" (1993)
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    Michel Houellebecq "Présence Humaine" (2000)
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    Frandol "Double-Fond" (2004)
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    Détroit "Horizons" (2013)
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    1. Sympa ta selection . merci

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    2. Bonsoir le lien vers Détroit est expiré.
      Peux tu le remettre .
      Merci

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    3. Pareil pour Bashung
      Dommage!!

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  2. Réponses
    1. 12 mercis pour 14 albums, le compte n'y est pas ! ;-)
      Merci de ton passage.

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  3. Merci pour ce feu d'artifice musical français...

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  4. Je vous préviens, si Houellebecq se met à chanter, je m'y mets aussi… et vous allez avoir mal aux tympans !!!!!
    Sinon, le gratin est là. Deux, trois choses que je ne connais pas !

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    1. Je demande à entendre ça ! ^_^
      Le Frandol va te plaire !

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    2. Je l'ai glissé dans mon lecteur mp3… à écouter cul nu sur la plage !!!!!

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    3. Une image que j'aimerais ne jamais avoir visualisé. ;-)

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  5. Juste à signaler, pour le "Vie" de Johnny,
    une bonne partie des textes sont écrits par Philippe Labro & Jacques Lanzmann.
    Et "Vie" est un autre grand album de Johnny…
    Merci pour les 13 autres…
    Jean-Paul

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    1. Exact. Le reste étant écrit par un certain Ezra Bouskela.

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  6. Pas eu le temps de passer voir ta cave aux trésors dernièrement...j'y remédie donc avec plaisir et constate que la qualité est inchangée. Nous sommes le 14 juillet et tu fais dans le tout français sans être chauvin, c'est beau. Que du sans faute que j'aime aussi et ne possédais pas tout en Cd. Merci comme d'hab du fond du coeur. Par curiosité j'ai poursuivi Ezra Bouskela sur le net jusqu'à : Zorgones ‎– Herr Doktor Reich / Mon Velo Est Bleu. C'est disont surrèaliste à tout le moins (heureusement qu'il n'a pas convaincu Johnny de prendre comme lui l'accent teuton, le disque n'aurait pas si bien vieilli...). je vais passer te louer plus souvent. Ph

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    1. Hé bien, que dire si ce n'est merci pour tout ça ! :-)
      J'avoue ne pas avoir creusé le sieur Ezra mais, surréaliste, ça me titille...

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  7. Pas mal en effet cette sélection.
    Juste un bémol, rien que personnel. A la place d'un houellebecq loin de son véritable talent littéraire, j'aurais glissé un François Béranger, ou un Etienne Daho ou pourquoi pas un Alain Souchon. Mais bon, cela reste une belle sélection. J'avoue ne pas connaître, plus pour trés longtemps graçe à toi, Frandol et Jean-François Cohen. Merci encore pour tes posts et aussi pour le rythme de plublication que tu arrives à tenir. Bonne suite.

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  8. Juste un petit mot pour dire que Pascal Humbert a débuté avec Tanit qui a peu enregistré, mais qui n'a offert que du très bon.

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    1. Comme je ne connais pas Tanit, je ne peux que te croire sur parole... Si un partage te tente... ^_^

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    2. Je l'ai déjà posté, puis mis sur ma compile d'ici, mais je me ferai un plaisir de te redonner une chance sous peu !

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    3. J'avais dû rater ça. Merci d'avance pour le rattrapage ! ^_^

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    4. J'aime beaucoup le portrait qui se dégage de ta sèlection. On a toutes les raisons d'être fier de ce patrimoine musical.
      Pour ma part, je connais assez mal HFT et quasiment pas Higelin.
      Quant à Johnny, j'ai ce manque de curiosité parce qu'il n'a toujours été qu'interprète. Et qu'il incarne la génération de mes parents...
      JF Coen, je ne connais que les singles, vraiment excellents. Contente de pouvoir explorer son oeuvre...

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    5. Tu ne connais quasiment pas Higelin ?! Voici une belle occasion de combler une partie de cette lacune. :-)
      Le portrait, comme tu dis, est à la lisière du mainstream avec tout de même des noms qui, dans leur immense majorité, sont très connus.
      Merci de ton passage et de ton commentaire.

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    6. En fait, Higelin, à mon époque, c'était les babas cool qui écoutaient ça. Je ne m sentais pas baba cool...

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    7. Le Higelin chez Saravah était vraiment hippie, celui-ci nettement moins.

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  9. Que du bon, que du bon, je prendrais avec grand plaisir le Sheller qui me manque ainsi que le Frandol que j'adorais au sein des Road Runners.
    13 perles.......ah Y'en a 14, j'avais pas vu !!!!!!!!
    Amitiés

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    1. Allez, vas-y, crache-la ta bile !, quel est celui des 14 qui n'a pas tes suffrages ?
      Bonnes écoutes du Sheller, du Frandol (connais-tu son premier ? les Kitchenmen ?).
      A+ Cruchot !

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  10. J'en ai entendu parler, mais je n'arrive pas a le trouver ( je les ai vu en live une fois avec Fredovitch...une connaissance trés talentueuse...)

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    1. Je l'ai proposé mais le lien est mort. Je le reproposerai à l'occasion... il le mérite !

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  11. Hello,
    Je m'empare du Jojo car j'adore Jésus-Christ !
    Et de Frandol car j'adore RoadRunners et KitchenMen !
    (tiens d'ailleurs au cas où, les toqués du fourneau : http://www.mediafire.com/download/8yuhifeqnmtafe4/KM-WC.zip )

    Merci Zo.

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    Réponses
    1. Un des meilleurs de jauni, pour ce que ça vaut, hein ! ;-)
      Frandol est bon, j'ai l'album des Kitchenmen mais je suis sûr que ton lien fera plaisir à d'autres, merci pour eux !

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    2. Oui c'est un bon cru ce Djoni. Le 45t de JC fait un tabac sur la platine !
      Un peu déçu quand même par Frandol, mais il en faut pour tous les goûts. Je le préfère dans un groupe de rock !

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    3. Redonne sa chance au Frandol à l'occasion, je n'étais pas loin de partager ton avis à la première écoute.

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