mardi 8 septembre 2015

Au Pif ! (volume 1)

Des albums choisis au hasard dans un mur de CDs, Forcément, on ne tombe pas toujours sur le haut du panier. Mais ça réserve quelques belles surprises comme vous allez pouvoir vous en rendre compte. Enjoie !

RoCK eN BaiSSe
Aerosmith "Draw the Line" (1977)
ou "La ligne, tu la dessines, tu la sniffes pas !"

C'est l'histoire de l'impossible passe de trois, celle d'un groupe qui plonge dans les excès de substances aussi, c'est l'histoire d'Aerosmith qui, l'année où la vague punk déferle sur l'Angleterre, mais pas vraiment aux Etats Unis, sort un cinquième album en forme de début de la fin, Draw the Line.
Parce que Draw the Line est loin de reproduire l'exploit de Toys in the Attic et de Rocks, deux albums ayant permis à Aerosmith de s'imposer comme un groupe qui compte dans une scène hard rock alors bouillonnante. Exempt de la variété de Toys in the Attic ou de l'exceptionnel mordant de Rocks ce n'est qu'un "bête" album de rock'n'roll pas exactement raté mais manquant des fulgurances de ses deux prédécesseurs. Ceci dit, il y a tout de même quelques morceaux qui méritent le détour à commencer par la chanson titre bien servie par un furieux riff de slide de Joe Perry. Plus loin, on est épaté par la punkesque énergie de Bright Light Fright (premier titre chanté par Perry), la solidité hard'n'blue d'un Critical Mass rondement mené, le groove typique de Get It Up et Sight for Sore Eyes, la belle construction d'un Kings and Queens prouvant que le groupe sait encore faire des chansons rock plus tempérées, ou une bonne reprise du Milk Cow Blues de Sleepy John Estes qui ne concurrençe pas, malgré la belle performance de Steven Tyler au chant et à l'harmonica, l'historique version qu'en firent précédemment les Kinks
Enregistré majoritairement "live en studio" (un couvent abandonné réquisitionné par le groupe, en fait), Draw the Line est un album solide qui souffre surtout de la comparaison avec les hauts-faits passés d'une formation tout de même quelque peu en perte vitesse, c'est aussi le dernier album intégralement enregistré par le line-up originel (Perry quittera Aerosmith au milieu des sessions du sous-estimé Night in the Ruts). Recommandé avant tout aux amateurs du hard rock des années 70 et, évidemment, à tous ceux qui veulent tout savoir du parcours ô combien chaotique des Toxic Twins et de leurs trois plus effacés compagnons.

1. Draw the Line 3:23
2. I Wanna Know Why 3:09
3. Critical Mass 4:53
4. Get It Up 4:02
5. Bright Light Fright 2:19
6. Kings and Queens 4:55
7. The Hand That Feeds 4:23
8. Sight for Sore Eyes 3:56
9. Milk Cow Blues 4:14

Steven Tyler – lead vocals, harmonica
Joe Perry – guitar, backing and lead (5) vocals
Brad Whitford – guitar
Tom Hamilton – bass
Joey Kramer – drums
&
Stan Bronstein
– saxophone on "I Wanna Know Why" and "Bright Light Fright"
Scott Cushnie – piano on "I Wanna Know Why", "Critical Mass" and "Kings and Queens"
Karen Lawrence – backing vocals on "Get It Up"
Jack Douglas – mandolin on "Kings and Queens"

AEROSMITH

ToP-FuSioN
Jeff Beck "Blow by Blow" (1975)
ou "Beck à Jazz"

Je ne vous ferai pas l'injure de vous présenter Jeff Beck, membre de la Sainte Trilogie qui agita les Yarbirds (avec Clapton et Page, excusez du peu !). Pas plus que je ne vous ferai l'injure de détailler méthodiquement l'oeuvre ici disponible.
A quoi bon écrire cette chronique alors ? Tout simplement pour souligner l'excellence de cet artiste dans un exercice qui ne lui est pas encore tout à fait familier. En effet, en 1975 Jeff Beck se lance corps, âme et manche dans la fusion la plus trépidante qui soit. De son héritage rock, il garde un respect du format chanson ne partant jamais dans le moindre délire à rallonge. Ici tout est contrôlé, pesé, pensé. Il faut dire qu'avec George Martin à la production (et aux arrangements de cordes sur deux morceaux) on ne s'attendait pas à moins.
Il va sans dire qu'un instrumentiste d'exception tel que Jeff Beck ne mégotte pas quand il s'agit de trouver qui l'entourera. Pour l'occasion il s'entoure donc de Max Middleton (déjà aperçu dans la seconde mouture du Jeff Beck Band) et d'une section rythmique de faible renommée mais d'impeccable exécution (mention doit être faite du Jamaïcain Phil Chen, particulièrement flamboyant à la 4 cordes). On a même - ô bonheur - droit à une apparition surprise de Stevie Wonder (non créditée à l'époque mais qui a "fuité" depuis) sur le Thelonius de sa composition.
Pour toutes ces raisons, Blow by Blow est une pièce indispensable à quiconque se dit intéressé par la guitare, le jazz fusion... Ou la musique de qualité tout court. Indispensable, je vous dis !

1. You Know What I Mean 4:05
2. She's a Woman 4:31
3. Constipated Duck 2:48
4. Air Blower 5:10
5. Scatterbrain 5:39
6. Cause We've Ended as Lovers 5:42
7. Thelonius 3:16
8. Freeway Jam 4:58
9. Diamond Dust 8:26

Jeff Beck – electric guitars, bass
Max Middleton — keyboards
Phil Chen — bass
Richard Bailey – drums, percussion
&
Stevie Wonder
— clavinet on "Thelonius"
George Martin — producer, arrangements on "Scatterbrain" and "Diamond Dust"

JEFF BECK

FuNKy White BoyS
Bootsauce "Bull" (1992)
ou "Toute une époque !"

Ce qu'il peut être dangereux de faire de la musique typique de son époque, tellement typique en fait que passée la date de consommation, la mode quoi !, elle prend un monumental coup de vieux à moins de frôler la perfection ce qui n'est pas le cas des canadiens de Bootsauce et de leur 3ème long-jeu, Bull.
Si on ne niera pas que ces jeunes gens mettent toute leur énergie et leur enthousiasme dans cette musique fusionnant funk et metal alternatif comme c'était alors la mode, lancée plus tôt par les Red Hot Chili Peppers, Fishbone et consorts, on ne peut pas dire qu'une vingtaine d'années après sa sortie tout ceci ait bien vieilli. Pas que l'album soit sans ses bons moments particulièrement la reprise (ce qui n'est jamais bon signe) Rollercoaster's Child, une adaptation plutôt réussie du Rollercoaster of Love des Ohio Players). Le reste de l'album déploie la formule habituelle du genre qui, de basses slapées en guitares riffues, de vocaux alternant rap et chant et d'un groove poussant l'auditeur dans les exercices sudatoires habituels n'a absolument rien d'original ou d'exceptionnel. Au meilleur de leur inspiration on y trouve d'entêtantes chansons certes plus anecdotiques que décisives mais suffisamment bien troussées pour produire leur petit effet (Love Monkey #9, Big Bad & Groovy et Hold Tight surtout) malheureusement noyées dans une masse aussi formatée mais nettement moins convaincante.
Bootsauce sortira encore quelques albums avant, en toute logique, de  disparaître avec la mode sans qui que ce soit ne s'en émeuve vraiment, à raison. Pour la petite histoire, on notera la présence de Lemmy de Motörhead, dont on se demande ce qu'il fait là, venu donner de la voix sur Hold Tight sans qu'on ne l'y remarque d'ailleurs particulièrement, dommage.

1. Love Monkey #9 3:25
2. Touching Cloth 3:42
3. Whatcha' Need 5:09
4. Big Bad & Groovy 4:08
5. Dogpound 3:35
6. Outhouse Quake 4:23
7. The 13th Psalm 4:30
8. Misunderstood 3:46
9. Rollercoaster's Child 3:31
10. I Saw You There 4:04
11. The Whole of You 4:01
12. Bad Dinner 3:45
13. Hold Tight 4:15

Drew Ling - vocals
Pere Fume - guitar
Sonny Greenwich, Jr. - guitar
Alan Baculis - bass
John Lalley - drums
&
Lemmy
- guest vocals (13)

BOOTSAUCE

JaZZiN' iN a DReaM
John Coltrane Quartet "Ballads" (1963)
ou "Caresse classique"

Connus pour ses débordements free, la vélocité de son jeu et sa constante recherche de sommets inaccessibles, Coltrane savait aussi se faire caressant... Comme une douce brise adoucit une chaude nuit d'été.
La douce brise, c'est celle d'un saxophone d'une rare sensualité. Un rêve éveillé que d'entendre ainsi un Coltrane si doux, si tendre... Evidemment quelques excentricités dont il a le secret viennent pimenter ces douces mélopées dans des soli typiques et divinement menés. Lounge, ce Ballads le serait si de moins experts exécutants n'avaient apposé leur patte sur ces quelques covers finement choisies. En l'occurrence, en formation quartet classique, c'est-à-dire quatre musiciens capables de se « trouver dans le noir », Coltrane brille de mille feux mais sait aussi s'effacer pour que, au choix, McCoy Tyner, Jimmy Garrison ou Elvin Jones contribuent à ce festin soyeux et nuancé.
Cerise sur un gâteau qui n'en avait pourtant pas qualitativement besoin (mais bon, on va pas gâcher, hein !), une alternate take d'All or Nothing at All et 7 (!) d'It's Easy to Remember viennent rallonger la sauce. Et ce n'est pas tout ! On retrouvera aussi avec bonheur 5 versions de Greensleeves (dont la version single) et l'inédit They Say It's Wonderful que Coltrane réenregistrera en compagnie du crooner Johnny Hartman (pour un album, soit dit en passant, quasiment aussi réussi que celui qui nous intéresse ici). Rien que du bon donc, et une manne opportune pour prolonger l'expérience d'un album scandaleusement court dans sa version originale (32 minutes !).
En un mot comme en mille, si vous ne connaissez pas encore Coltrane et avez un peu peur de sa réputation d'agitateur musical, si vous avez besoin d'une musique pour accompagner les heures sombres ou si, plus prosaïquement, vous « kiffez » la beauté d'un jazz cool et mélodique magistralement troussé, Ballads sera pour vous un ravissement que vous n'êtes pas prêts d'oublier.

1. Say It (Over and Over Again) 4:18
2. You Don't Know What Love Is 5:15
3. Too Young to Go Steady 4:23
4. All or Nothing at All 3:39
5. I Wish I Knew 4:54
6. What's New? 3:47
7. It's Easy to Remember 2:49
8. Nancy (With the Laughing Face) 3:10

Bonus
1. They Say It's Wonderful 3:05
2. All Or Nothing At All 3:43
3. Greensleeves 4:29
4. Greensleeves 3:49
5. Greensleeves 3:45
6. Greensleeves (Single Version) 3:40
7. Greensleeves (Take 11) 4:15
8. It's Easy To Remember 4:42
9. It's Easy To Remember 2:47
10. It's Easy To Remember 2:50
11. It's Easy To Remember 2:49
12. It's Easy To Remember 3:47
13. It's Easy To Remember 2:40
14. It's Easy To Remember (Take 13) 2:43

John Coltrane – tenor saxophone
McCoy Tyner – piano
Jimmy Garrison (#1-6, 8), Reggie Workman (#7) – bass
Elvin Jones – drums

JOHN COLTRANE

No PiMieNTo!
John Frusciante "To Record Only Water for Ten Days" (2001)
ou "Solo in Studio"

Vous connaissez forcément John Frusciante pour sa participation à l'une des plus belles success stories de ces 20 dernières années et il est vrai que sa contribution aux Red Hot Chili Peppers fut immense. Par contre, la carrière solo de l'animal est nettement plus confidentielle à l'image de ce To Record Only Water for Ten Days qui a en plus la particularité d'être la première galette de l'ami John débarrassé de son encombrante addiction à l'héroïne. Et quelle rédemption ! Quel album !
Contrairement à ses deux précédentes œuvres, Frusciante a ici laissé tomber le psychédélisme et les structures bancales pour se recadrer sur ce qu'il fait le mieux : des chansons ! C'est un soulagement car, autant le dire, Niandra Ladies and Usually Just a T-Shirt (1994) et Smile from the Streets You Hold (1997) n'étaient pas bien fameux même si traversés de quelques (trop) rares fulgurances. D'ailleurs, Frusciante lui-même (alors en rupture de ban avec les Red Hot Chili Peppers) avoue volontiers n'avoir enregistré ces OVNIs que pour s'acheter sa dose...
C'est une toute autre affaire à laquelle nous avons affaire ici et, mixant allègrement et joyeusement tout ce qui lui passe sous la main et par la tête (de la new wave à la synthpop en passant par le folk, etc.), c'est à un album d'une rare consistance auquel John nous convie. Sa voix y rayonne autant que sa guitare et son utilisation maline et inventive de claviers et boîtes à rythmes relativement minimalistes fait merveille. Il a même, généreux homme que voici, commis quelques somptueux petits instrumentaux servant magnifiquement de respirations et rendant l'album d'autant plus digeste.
A noter le parti-pris du home recording dont vous auriez tort de craindre quoique ce soit tant John maîtrise son sujet. Précisons aussi que TOUT ici a été enregistré par un Frusciante non seulement inspiré mais aussi admirablement versatile.
En résumé, si vous vous intéressez à John Frusciante mais ne savez pas par où commencer, To Record Only Water for Ten Days sera une parfaite introduction à la riche et conséquente discographie solitaire d'un artiste qui, quittant la poule aux œufs d'or pour voler de ses propres ailes, nous a démontré que l'art lui importe plus que les dollars.

1. Going Inside 3:36
2. Someone's 1:52
3. The First Season 4:13
4. Wind Up Space 1:59
5. Away & Anywhere 4:09
6. Remain 3:57
7. Fallout 2:10
8. Ramparts 1:11
9. With No One 3:32
10. Murderers 2:41
11. Invisible Movement 2:21
12. Representing 1:46
13. In Rime 2:13
14. Saturation 3:03
15. Moments Have You 3:30

John Frusciante – vocals, electric guitar, acoustic guitar, synthesizer, drum machine, Producer

JOHN FRUSCIANTE

NeW eDiTioN
Magazine "No Thyself" (2011)
ou "Retour en forme"

No Thyself c'est le retour discographique que l'on n'attendait pas, celui d'une formation ayant marqué la scène punk de ses exactions libératrices dès 1978 avant de se séparer après un quatrième album symptomatique d'une perte d'inspiration remarquée les 80s à peine entamées, No Thyself c'est l'improbable et fugitif retour du Magazine du premier frontman des Buzzcocks, Howard Devoto.
Il y a un petit côté opportunité manquée dans l'album et une reformation arrivée trop tardivement pour inclure le guitariste John McGeoch (le guitar-hero du post-punk) décédé prématurément en 2004 et remplacé ici par le partenaire de Luxuria de Devoto, Noko (qu'on a aussi croisé dans les big-beaters d'Apollo 440). L'autre manquant de marque, puisqu'il s'est depuis fait un nom et avait participé aux 4 opus originels de la formation, Barry Adamson évidemment, trop occupé à ses projets personnels pour en être quoiqu'il ait participé à la reformation scénique entre 2009 et 2010. Qu'on se rassure, cependant, ça n'impacte nullement le son de ce Magazine de retour en studio 30 ans plus tard.
Parce qu'on retrouve bel et bien ce post-punk si influent à l'époque et si revivaliste aujourd'hui toujours mené de main et de voix de maître par un Howard Devoto qui, bien qu'approchant alors la soixantaine, conserve une immense majorité des attributs qu'on lui connaissait. C'est vrai pour l'organe vocal, certes un peu vieilli mais nullement amoindri, un peu moins rageur, un peu plus cynique, ça l'est aussi pour un contenu textuel entre désabusement et sarcasme, voire autodérision (ça c'est nouveau). Côté style, si les fulgurances d'un McGeoch sont évidemment absentes son remplaçant s'en sort avec plus que les honneurs singeant avec crédibilité le style de l'historique six-cordiste. Plus important encore, la présence de Dave Formula et de ses synthétiseurs si typiques (à la pointe à l'époque, à l'ancienne aujourd'hui) vient compléter le tableau pour faire de No Thyself un véritable album de Magazine. avec des chansons de qualité où leur post-punk new-wavisant fait merveille.
A l'arrivée, on se dit que No Thyself est le digne successeur de The Correct Use of Soap gommant ainsi le ratage d'un Magic, Murder and the Weather mi-cuit. Un véritable tour de force pour quelques vieux gars qui, sans doute satisfaits d'avoir enfin offert une conclusion de qualité à leur aventure commune, décidèrent de plier définitivement les gaules nous laissant heureux quoiqu'un peu orphelin parce que, du bon Magazine comme ça, on en aurait bien voulu encore un peu. 

1. Do the Meaning 4:28
2. Other Thematic Material 4:08
3. The Worst of Progress.... 4:59
4. Hello Mister Curtis (With Apologies) 4:17
5. Physics 4:11
6. Happening in English 4:11
7. Holy Dotage 4:20
8. Of Course Howard (1979) 4:44
9. Final Analysis Waltz 4:51
10. The Burden of a Song 4:33

Howard Devoto – vocals
John Doyle – drums
Dave Formula – keyboards
Norman Fisher-Jones – guitar and backing vocals
Jonathan "Stan" White – bass guitar and backing vocals
&
Christine Hanson
– cello and strings on "Final Analysis Waltz"
Rosalie Cunningham – backing vocals

MAGAZINE

BiSTRo
Miossec "Boire" (1995)
ou "Remets-moi ça patron !"

Entre la tradition de la chanson française à la marge et d'un rock hexagonal fier de sa langue, Boire est la déclaration d'intention originelle de Christophe Miossec et de son inséparable compagnon d'alors, Guillaume Jouan, mais Boire c'est aussi, surtout !, un excellent album comme on n'en entend pas si souvent chez nous.
Le première chose qui saute à l'oreille, c'est évidemment la voix de Miossec qui, plus Gainsbourg que Polnareff, navigue entre chant marmonné et parlotte chantée, ce qui lui va très bien, d'ailleurs. La seconde, ce sont les musiques et instrumentations fomentées par Jouan, à dominante acoustique, qui soutiennent plus qu'elles n'enrobent la prose du quotidien de son chanteur de partenaire. Ce qui nous amène au troisième aspect décisif de l'album, les textes de Miossec. Vu l'ascèse générale de la mise en musique, c'est le cœur de l'opus, un cœur où Miossec s'épanche sur l'amour, l'amitié, la mort, l'alcool, les désillusions de la vie de tous les jours avec un talent de plume absolument remarquable où, plus poète du quotidien que styliste hors-pair, il y installe un style cru et direct encore aujourd'hui non-démenti.
Tout ça, avec une reprise d'un titre plutôt obscur de Johnny Hallyday (La fille à qui je pense), fait de Boire une pleine et entière réussite qui sera, une fois n'est pas coutume, couronnée du succès qu'il mérite et qui, 20 ans déjà depuis sa sortie, n'a toujours pas pris une ride. Recommandé.

1. Non non non non (je ne suis plus saoul)  2:25
2. Regarde un peu la France  2:41
3. Le Cul par terre  2:53
4. Merci pour la joie  3:37
5. Crachons veux-tu bien  3:17
6. Évoluer en 3e division  2:55
7. La Vieille  3:35
8. Recouvrance  3:13
9. Des moments de plaisir  3:23
10. La Fille à qui je pense 2:51
11. Gilles  2:44
12. Combien t'es beau, combien t'es belle  2:54
13. Que devient ton poing quand tu tends les doigts  2:23

Christophe Miossec - chant
Guillaume Jouan -  guitares, basse, percussions, trompette
Bruno Leroux - guitare acoustique, harmonica

CHRISTOPHE MIOSSEC

BêTe à CoRNeS
RAM "Lightbringer" (2009)
ou "Tradition métallisée"

Ils naviguent quelque part entre Iron Maiden et Judas Priest, avec un petit quelque chose de Mercyful Fate et de Blind Guardian en épice tout sauf inutile, le classicisme métallique le plus absolu quoi, c'est dire si dans la catégorie "je fais du metal comme on en faisait un quart de siècle plus tôt", les suédois de RAM se posent un peu là. Mais comme il le font excellemment bien, on n'ira pas s'en plaindre.
Présentement, avec un vocaliste évoquant quelques références du genre (Rob Halford et King Diamond en particulier), une paire de guitaristes aussi complémentaires qu'ayant compris les subtilités du heavy metal à l'ancienne, des riffs tranchants aux soli crépitants, et une section rythmique faisant exactement ce qu'il faut quand il faut, RAM a toutes les cartes en main pour réussir sa petite affaire. Et les chansons qui vont bien, évidemment !, parce que d'une intro en forme d'idéale entrée en matière (Crushing the Dwarf of Ignorance), d'un Lightbringer qui mettra vos cervicales à rude épreuve, d'un In Victory qui viendra flatter vos instincts guerriers les plus primaux, d'un Ghost Pilot aux vocalises suraigües et à la mélodie pas sans rappeler un Blind Guardian, d'un épique Suomussalmi aux variations qui font qu'on ne voit pas passer ses neuf minutes, à un Prelude to Death en apte final toutes les étapes d'un bel album du genre sont validées les unes après les autres par une formation ne manquant ni de savoir-faire ni de l'obligatoire enthousiasme qui, c'est bien connu, fait toute la différence.
Alors, évidemment, les esprits chagrins viendront pointer un revivalisme si complet qu'il nie tout droit d'évolution à un quintet du coup coincé dans un moule défini longtemps avant leur formation. Mais, franchement, quand c'est aussi bien fait que sur ce glorieusement troussé Lightbringer, on en redemande !

1. Crushing the Dwarf of Ignorance 1:36
2. Lightbringer 4:28
3. In Victory 4:17
4. Awakening the Chimaera  4:23
5. Ghost Pilot (MI II) 5:35
6. Suomussalmi (The Few of Iron) 9:03
7. Blood God 3:28
8. Titan 6:03
9. The Elixir 6:45
10. Prelude to Death 3:04

Morgan Petterson - drums 
Harry Granroth - guitars 
Daniel Johansson - guitars 
Oscar Carlquist - vocals 
Christian Strömblad - bass 

Erik Danielsson
- additional vocals 

RAM

L'auToMNe à PaRiS
Mano Solo "Je Sais Pas Trop" (1997)
ou "Chanson viscérale"

4ème opus d'un petit gars de Paris, même s'il est né à Chalon sur Saône, qui sait que le temps lui est compté, Je Sais Pas Trop est une pierre de plus dans un édifice de fragilité et de rage qui, maintenant que tout est hélas fini, a fière allure.
Vous connaissez tous l'histoire de Mano Solo, fils de Cabu, ex des Chihuahua, de sa contamination au VIH qui changera tout, le poussera à s'exprimer en solo avec le résultat que l'on sait, de son importance au sein d'une nouvelle chanson française qui avait besoin d'un écorché-vif tel que lui, d'un compositeur et interprète à l'immense talent aussi dont les albums sont tous de vraies réussites (un peu moins pour Les Animals de 2004 qui n'est pas mauvais pour autant).
Dans cette collection de splendeurs, Je Sais Pas Trop, album de chansons inédites enregistrées en live, a une place à part parce que Mano s'y livre débarrassé des derniers fards rock qui habitaient encore ses premières œuvres. Sans doute est-ce dû à une envie, probablement aussi en réaction à ce qu'il vient d'accomplir, un retour au punk rock de sa jeunesse avec les Frères Misère. Ici, avec accordéon, cordes, guitare acoustique, trombone et quelques discrètes percussions, Mano propose son album le plus traditionnellement chanson française mais chanson française d'hier avec des thèmes d'aujourd'hui, et le fait magnifiquement bien, vibrant de la vie de l'énergie du désespoir qu'il est. L'énergie du désespoir, justement, c'est tout le sel de l'art de Mano qui écrit avec son sang, avec ses trippes des textes extrêmement personnels et touchants, émouvants aux larmes.
Comme on ne décrit pas l'émotion, l'aspect éminemment cathartique qu'avait son expression artistique pour un homme qui profitait d'être encore debout sachant que la bombe à retardement de ses entrailles pouvait exploser à tout moment, on n'entrera pas dans le détail de cette collection viscérale qui, nul doute, vous emportera. Recommandé ? Plutôt essentiel, oui, parce que des comme Mano Solo, on n'en trouve pas sous les sabots de la première carne croisée, et qu'il nous manque donc toujours, terriblement. Osez, Je Ne Sais Pas Trop, vous ne le regretterez pas.

1. Te souviens-tu ? 3:08
2. Les fées 2:30
3. La Liberté 4:10
4. Sens-tu ? 4:01
5. Le drapeau 3:36
6. Ça n'a pas marché 2:28
7. Janvier 3:27
8. Il m'arrive encore 2:27
9. Que reste-t-il à vivre ? 2:20
10. Je suis venu vous voir 4:20
11. C'est plus pareil 4:42
12. Novembre 2:11
bonus
13. Tchou-tchou 3:11
14. Planète Seultou 2:47
15. Naître gitan 1:51

Mano Solo - chant
Eric Bijon - accordéon
Pascal Reva - percussions
Kropol - trombone
Gratine Bisquay - violoncelle
Jean-Louis Solans - guitare
Nedim Nablan Toglu - violon
Dzong-Antoin Pham - violon
Philippe Laugier - alto
Eduardo Lubo - violoncelle
Felipe Canales - contrebasse

MANO SOLO

JaZZ PuNKS
Tub Ring "Secret Handshakes" (2010)
ou "A Freak Parade"

Voici une bande de zozos que vous ne connaissez probablement pas alors commençons pas faire les présentations. Tub Ring est un quintet originaire de Chicago, généralement accompagné de moult guests, s'amusant à pousser dans ses retranchements un indie rock à la marge dans une mixture avant-gardiste mais accessible (l'un n'empêchant pas l'autre) pleine de fantaisie et d'angles saillants. Secret Handshakes est leur 6ème long jeu, le dernier paru à ce jour et le second sur gros indépendant The End Records.
A l'image d'une pochette très film noir, c'est un opus souvent cinématique et toujours foutraque qui s'offre, une fois de plus, à nous. Parce que si ça commence très fort par un Stop This (NOW!) en écho à un passé punk rock encore présent et assumé, la suite propose une suite de chansons qu'on pourrait, si l'on était fainéant, assimiler aux étatsuniens d'Oingo Boingo ou de Mr. Bungle. On y rencontre une musique jouant pêle-mêle avec le jazz, le rock (parfois métallisé), des sonorités orientalisantes, de l'électro dans un chaos organisé tout à fait réjouissant où la formation va jusqu'à reprendre le thème de Flash Gordon jadis composé par Queen dans une version divertissante et réussie. Alors, évidemment, les amoureux de mers d'huiles et d'harmonie ne trouveront dans ce tout (faussement) bordélique que frustration et consternation, rien que de très normal le Secret Handshakes de Tub Ring n'étant clairement pas conçu pour répondre à leurs attentes "coldplaysiennes".
Bon album d'une formation talentueuse qui mériterait d'être plus connue, Secret Handshakes est une galette qu'on écoute un grand sourire au lèvres se demandant bien à quelle sauce ces olibrius vont nous manger ensuite.

1. Stop This (NOW!) 2:21
2. Bird of a Different Color 2:17
3. Gold Finger 3:01
4. Touching the Enemy 2:37
5. Burn 1:46
6. Cryonic Love Song 2:40
7. Feed the Rapture 2:27
8. Flash 3:11
9. I Shot Your Faggot Horse Bitch 2:45
10. Chronic Hypersomnia 3:20
11. Optimistic 2:52
12. The Day the World Will End 2:32
13. Tip of My Tongue 2:03
14. The Horrible and the Holy 3:58

Kevin Gibson – vocals
Rob Kleiner – keyboards, producer
Trevor Erb – bass guitar
Scott Radway - drums, percusion
Patrick Windsor - guitar, piano
&
Jason Zolghadr - tar
Loren Turner - guitar
Dave Smith - baritone sax
Brandon Wojcik - trumpet
David Keller - cello
Benjamin Weber - viola, violin
Chibi - vocals

TUB RING

28 commentaires:

  1. Au Pif ! (Volume 1)

    Aerosmith "Draw the Line" (1977)
    - http://www78.zippyshare.com/v/fgWLwhgG/file.html

    Jeff Beck "Blow by Blow" (1975)
    - http://www78.zippyshare.com/v/fjVFGhZH/file.html

    Bootsauce "Bull" (1992)
    - http://www78.zippyshare.com/v/ksaoyDYu/file.html

    John Coltrane Quartet "Ballads" (1963)
    - http://www78.zippyshare.com/v/kHbgmRFb/file.html

    John Frusciante "To Record Only Water for Ten Days" (2001)
    - http://www78.zippyshare.com/v/K1kVBPov/file.html

    Magazine "No Thyself" (2011)
    - http://www78.zippyshare.com/v/PB7DzbQa/file.html

    Miossec "Boire" (1995)
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    Ram "Lightbringer" (2009)
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    Mano Solo "Je Sais Pas Trop" (1997)
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    Tub Ring "Secret Handshakes" (2010)
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  2. Merci ! Un peu hétéroclite en effet ! Je vais prendre les deux francophones de l'étape, et le Coltrane pour nos prochaines soirée d'automne...
    Je viens d'acheter le tout nouveau des Strypes, qui n'ont pas 20 ans, et il est extra !! Je vais d'ailleurs aller les voir à Bruxelles (pour moins de 20€ !), tant qu'ils ne sont pas mondialement célèbres et ne fassent Wembley et le Stade de France :-) ...
    Dans un autre style, je viens aussi de me procurer une bonne partie de la disco de Max Richter, que j'ai hâte de découvrir...
    Encore merci,
    Vincent

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    1. Je me permets de te conseiller le Frusciante et le Magazine qui sont deux authentiques perles.
      Et puis le Jeff Beck, mais tu dois déjà le connaître, non ?

      Bonnes écoutes de ces artistes (ceux que tu as acheté) dont Richter est un de mes chouchous en néo-classique mélodieux.

      A+

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    2. De Richter, The Blue Notebooks est mon préféré. ^_^

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    3. Je confirme les propos de Anonyme : Le dernier des Strypes est génial, et tourne en boucle avec celui des Fratellis depuis mon retour de vacances.

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    4. Faudra que je m'y mette un de ces jours... A priori, en power pop, je suis servi et plus vraiment en recherche de nouveautés mais, sait-on jamais...

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  3. A première vue, je me lance sur ce Coltrane que je ne connais pas, le Magazine que j'ai un peu zappé (faut dire que les reformations de l'époque (et d'avant), à la longue, je crois qu'on les auras toutes eues). Je suis encore un peu Wire, Bauhaus m'a pas trop emballé, pas écouté Gang of Four. Heureusement qu'il y a The Fall (cherz l'erreur).
    Mais ma vraie curiosité va vers John Frusciante. J'ai bien aimé celui que tu avais déjà mis (pas encore assez écouté, mais je compte y revenir).
    Côté Français, Miossec, je connais et Mano Solo, je sais pas, j'ai toujours l'impression d'être un peu voyeur quand je l'écoute...et j'ai pas trop du coup la sensation que cela me laisse. Mais ton papier me tenterais presque (même si je sais que ça va excéder ma capacité d'écoute de la semaine). Pour Jeff Beck, peut-être dans une autre vie...

    Au fait, je vais proposer un disque sur Jimmy dans pas longtemps.

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    1. Coltrane, sur du velours. Magazine, beauté glacée; deux beaux albums (bonne pioche vu le thème).
      Côté français c'est ça mais c'est fait avec talent et intelligence, le meilleur dans le genre, enfin, chacun dans son genre, que ça ne me gêne pas, moi qui ne suis pas particulièrement voyeur...

      J'attends ton disc ! ^_^

      Merci de ton passage et de ton commentaire.

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    2. Oui, j'ai pris. J'écoute ça se soir et je commente. ^_^

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  4. Je vais tout tenter mais petit à petit parce que c'est très copieux, je connais le Miossec maisc'est toujours bon à réécouter et je vais me lancer dans Mano Solo (j'avais juste écouté et aimé Les Frères Misère à l'époque) ... il serait temps tu me diras... de Jeff Beck je ne connais qu'un disque (c'est pas celui-là) et comme tu donnes bien envie... et le reste est à découvrir...

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    1. Frusciante, first !, il a l'assentiment, la commune curiosité des autres commentateurs, tu vas te régaler. Mano Solo, c'est beau, c'est drôlement triste mais parfois tristement drôle, l'humour du mort en marche...
      Et reviens quand tu auras écouté, c'est avec plaisir que je consulterai tes impressions.

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    2. J'ai écouté Mano Solo, une chanson française assez traditionnelle comme tu l'as dit mais en fait j'ai beaucoup aimé, je crois qu'à l'époque c'est sa voix qui me dérangeait un peu mais aujourd'hui elle passe beaucoup mieux, ça me donne envie de découvrir le reste..... ensuite j'ai enchainé trois albums si différents que ça été parfois difficile de rentrer dedans: tout d'abord Magazine que je ne connaissais pas et ça m'a pas mal plu, j'ai trouvé que le son rappelait vraiment celui du début des 80s mais (ré)actualisé....ensuite je suis passée à Jeff Beck, autant dire un autre monde! mais une fois qu'on rentre dans ce jazz fusion ça le fait ( c'est donc à réécouter dans de meilleures conditions) et j'ai fini par RAM et là forcément c'est plus compliqué (hi hi), j'ai bien aimé le 1er morceau surtout....en fait j'ai réussi à l'écouter en entier, ce qui me ferait dire qu'il n'est pas aussi "bourrin" que ça, il y a des passages que j'ai appréciés et la voix du chanteur passe plutôt bien (ou alors c'est que je commence à me faire à ce style de musique!!!!)....voilà c'est tout pour le moment...:)

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    3. C'est déjà pas mal ! Surtout que tu n'as subi aucune allergie ! ^_^
      Je reviendrai sans doute sur le cas de Mano Solo, il le mérite. Et normal que Magazine sonne "début des années 80" c'est pile-poil leur période d'activité originelle.
      Bref, merci de ce beau retour et à très bientôt !

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  5. Mais t'es un grand malade .... pif et hercule.. !!!! il t'en reste ?? moi une petite caisse ;D
    Bootsauce, Ram... je persiste, t'es un grand malade...connais absolument pas, autant que j'aime tt les autres.
    Puis autant les Red Hot me saoule, autant Frusciante me fascine.

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    1. P&H + mignon qu'un tarin, alors pour illustrer le thème...
      Grand malade je suis, confirmation à venir.
      Frusciante, amen, celui-là est magique.
      Bonnes écoutes !

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    2. Yes.. super ce disque, puis après je suis devenu raide dingue de "Shadows collide with people". Un brûlot rock avec des accords crades sur des cimes torrides. Total psyché planant rugueux.. bref amen ;D

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    3. Il y a beaucoup de bonnes choses chez Frusciante en solo, beaucoup.
      Tu sais qu'il pense se retirer du monde de la musique ? Une grande perte.

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    4. ah merde !!! et pas les Red Hot ?? ppfff
      "Ataxia" et son côté expérimental .. génial.

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    5. Y a du bon chez les RHCP, surtout quand Frusciante a pris le contrôle de la mélodie.
      Ataxia, itou.

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  6. Ce Jeff Beck est un chef d' oeuvre !!!

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  7. Plusieurs artistes, comme Jeff Beck, Mano Solo ou Aerosmith, que j'ai déjà essayés d'écouter, sans les apprécier.
    Pour le reste, j'adore le Miossec (et Pif & Hercule).
    Je suis plein de préjugés sur Frusciante (because of Red Hot), mais j'en lis trop de bien pour ne pas tenter l'écoute.
    Je m'y mets donc, merci =)

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    1. Tu as raison de t'y mettre, tu devrais apprécier.
      N'hésite pas à revenir commenter sur ton expérience et merci de ton commentaire.

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    2. J'ai bien aimé le Frusciante. Beaucoup plus subtil que ce que je pensais, je me suis même surpris à songer à Talk Talk sur un titre (je ne me rappelle plus lequel).
      J'y reviendrai.

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    3. Tu peux donc continuer ton exploration de son catalogue... Et revenir sur To Record, évidemment. Comme quoi, des fois on à des préconceptions... ;-)

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  8. Bon, je ne sais pas pourquoi mon 1er commentaire ne s'est pas affiché, alors je fais court. Belle découverte avec Tub Ring! Très bon techniquement et très fun musicalement. Merci

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