jeudi 16 octobre 2014

Countdown to Robert II (1993-1988): La nouvelle gloire

ROCK STAR?
Revenu des années 80, voulant sans doute retrouver le public qui, petit à petit, le désertait, Robert Plant fait quelque pas vers les conceptions artistiques habituelles de son ancienne maison. Mais quelques pas seulement, parce que Plant reste Plant.
 
LeVeR Le PieD
Robert Plant "Fate of Nations" (1993)
ou "RoboCool"

Bien remis du triomphe Manic Nirvana, 3 ans, il a pris le temps, Robert Plant revient avec des envies plus acoustiques et plus ou moins la même équipe dans ce qu'on peut, aujourd'hui, percevoir comme une étape essentielle dans les retrouvailles avec Jimmy Page et, plus généralement, la tonalité worldo-folkisante qu'a pris sa carrière depuis et le rapprochement jamais aussi logique qu'on peut faire de l'album avec l'ex-formation du vocaliste.
D'ailleurs, il n'y a qu'à regarder le line-up pour se convaincre rétrospectivement qu'on y est déjà presque. A l'exception de Porl Thompson (et de Jimmy Page évidemment) on y retrouve tous les musiciens qui participeront à l'ossature du faux-Zeppelin de No Quarter. Et ça s'entend aussi dans le son avec, en introduction de l'allbum, les deux chansons les plus zeppeliniennes de tout le répertoire de Robert Plant, Calling to You et Down to the Sea, la première reconvoquant l'outil riff au menu, la seconde explorant les flaveurs orientales qui peupleront bientôt la relecture du répertoire de Led Zeppelin par ses deux figures de proue historiques. Et ce n'est pas qu'un compromis à ceux qui veulent que Robert refasse ce qu'il faisait si bien, il y a si longtemps comme le prouve, plus tard dans l'album l'excellent hard rock Memory Song (Hello Hello) ou le blues rugueux Promised Land.
C'est aussi, on n'est pas à un paradoxe près, l'album qui dirige Plant vers les terres plus acoustiques qui constituent désormais une grande part de son répertoire. Ca commence avec l'aérien Come Into My Life où la douce voix de Máire Brennan propose un joli contrepoint au velours rapé de Robert. Ca se poursuit avec If I Were a Carpenter où le fantôme d'un Raising Sand à venir n'est déjà pas très loin, The Greatest Gift un blues à cordes de belle tenue, le joli Coulour of a Shade ses tintantes guitares acoustiques, son hurdy gurdy celtisant et sa belle basse fretless.
Et puis il y a les morceaux "entre les deux", ceux où l'équipe de déjà trois albums montre quelques signes d'essoufflement. C'est vrai sur I Believe un peu mou et facile ou sur un Great Spirit qui, malgré un beau solo de guitare, ressemble trop à du Peter Gabriel-bis pour qu'on marche dans la combine. Tout ça pour dire que si l'album est vraiment très bon, sonne excellemment bien qui plus est, il n'égale pas la performance de son Manic Nirvana de devancier, mais il s'en approche, le bougre !
Un an plus tard, comme vous le savez tous, Robert retrouvera Jimmy, un retour réussi dont le Page avait grandement besoin, pas le Plant qui, à de très rares exception, mène une parfaite carrière solo, dont Fate of Nations n'est pas un chapitre à négliger, surtout pas.

1. Calling to You 5:48
2. Down to the Sea 4:00
3. Come Into My Life 6:32
4. I Believe 4:32
5. 29 Palms 4:51
6. Memory Song (Hello Hello) 5:22
7. If I Were a Carpenter 3:45
8. Promised Land 4:59
9. The Greatest Gift 6:51
10. Great Spirit 5:27
11. Network News 6:40
Bonus
12. Colours of a Shade 4:43
13. Great Spirit (acoustic mix) 3:54
14. Rollercoaster (demo) 4:01
15. 8:05 1:49
16. Dark Moon (acoustic) 4:57

Robert Plant - vocals
Kevin Scott MacMichael - guitar, backing vocals
Oliver J. Woods - guitar
Charlie Jones - bass
Chris Hughes - drums
Pete Thompson - drums
Nigel Kennedy - violin
Richard Thompson - guitar
Francis Dunnery - guitar
Phil Johnstone - harmonium
Nigel Eaton - hurdy gurdy
Máire Brennan - backing vocals
Michael Lee - drums
Maartin Allcock - all instruments except drums and vocals on "Colours of a Shade"

De TouTeS LeS CouLeuRS
Robert Plant "Manic Nirvana" (1990)
ou "La consécration"

Après l'essai Now and Zen, la transformation Manic Nirvana ! Rien que la pochette chamarrée et rock'n'roll en dit long sur l'état d'esprit d'un Plant prêt à en découdre pour regagner son trône mais pas à se renier, certainement pas !
Il faut dire que l'équipe du précédent reconduite est désormais rôdée, que les derniers tics 80s ont été évacués et qu'un néo-revivalisme a définitivement pris la place du Plant cherchant à s'affranchir de l'imposante ombre de qui vous savez. Plus de ça ici ! Plant assume pleinement qui il a été, ce qu'il continue de représenter en y ajoutant, parce que l'immobilisme est une discipline qui n'a pas cours chez Robert, un vent de modernisme bienvenu.
En chansons, ça se traduit par 11 titres bien de leur temps (mais qui ont bien vieilli !), tous différents les uns des autres, chacun patrouillant les terres zepeliniennes en y trouvant des crevasses inconnues, des panoramas inédits. Des exemples concrets ? Hurting Kind qui recycle le rock 50s à la sauce 1990 avec talent, entrain et créativité (idem pour Your Mama Said You Cried in Your Sleep Last Night un peu plus loin). Big Love et Watching You rythmiquement pas loin de qui vous savez (batterie tonnerre incluse) mais en plus fun, plus léger, pour le premier. She Said et S S S & Q qui rappellent à Living Colour et consorts qu'il est passé par là avant et sait toujours faire, en aussi moderne et funky qu'eux. I Cried excellent rock épique à l'assemblage électrique/acoustique et la faconde mélodique pas sans rappeler (non je ne le dirai pas !). Le déstructuré NirvanaRobert s'égosille comme quand il avait 20 ans, et bien ! Le crescendo et la mélodie très réussis d'Anniversary, La Zeppelo-folkitude de Liars Dance... Une tuerie !
Un album de hard rock moderne un peu psyché parfois et très intélligent tout le temps, un album qui ressource Robert sans le faire reculer. Et qui sonne... Wowowowowow ! Fort. Et extrêmement recommandé, évidemment.
 

1. Hurting Kind (I've Got My Eyes on You) 4:04
2. Big Love 4:24
3. S S S & Q 4:38
4. I Cried 4:59
5. She Said 5:10
6. Nirvana 4:36
7. Tie Dye on the Highway 5:15
8. Your Ma Said You Cried in Your Sleep Last Night 4:36
9. Anniversary 5:02
10. Liars Dance 2:40
11. Watching You 4:19
Bonus
12. Oompah (Watery Bint) 5:48
13. One Love 3:15
14. Don't Look Back 3:02

Robert Plant - vocals
Chris Blackwell - guitar, drums
Doug Boyle - guitar
Phil Johnstone - guitar, keyboards
Charlie Jones - bass
&
Robert Stride - vocals
Laila Cohen - vocals
Micky Groome - vocals
Carolyn Harding - vocals
Jerry Wayne - vocals, voiceover
Siddi Makain Mushkin - voices

oN THe RiGHT PaTH
Robert Plant "Now and Zen (1988)
ou "A la relance"

L'équipe des trois premiers albums solo évacuée, Robert Plant attaque le second pan de sa carrière solo, celui où il se réconcilie avec son Zeppelinien passé.
Malgré tout, l'album n'est pas le triomphal retour appelé de ses vœux par son créateur, pour ça, il faudra encore attendre deux années et Manic Nirvana, un pas dans la reconquête par contre, certainement. Et il y a des indices qui ne trompent pas. La présence de Jimmy Page sur deux titres déjà, les apparitions du Zep en chef chez son ancien partenaire sont suffisamment rares pour qu'on les remarque (les Honeydrippers quatre ans plus tôt déjà, mais ce n'était qu'une récréation), présentement sa participation est symptomatique de la direction dans laquelle Robert a décidé de désormais mener sa barque, refermant ainsi un chapitre qui n'a que trop duré (voir un décevant Shaken'n'Stirred).
Mais bon, on n'y est pas encore tout à fait donc, la production n'a pas le tranchant et la modernité qu'on aimerait, reste encore trop engoncée dans des habitudes typiques des années 80 qui ne conviennent pas forcément très bien à ce nouvel élan, et les sons de claviers de l'alors omniprésent Phil Johnstone ne sont pas toujours aussi judicieusement choisis qu'on le souhaiterait et dament trop souvent la pion de la guitare pour qu'on ne les trouve pas un peu agaçants, quand même. Et puis, autant se l'avouer, s'il y a quelques très bonnes chansons (le presque funky Dance of My Own, Tall Cool One avec Jimmy, le hard blues tribalisant Helen of Troy, le doo-wop rock Billy's Revenge, la belle ballade Ship of Fools), le reste convainc moins. Ca n'en reste pas moins une galette sympathique et une étape sans doute nécessaire vers la reconquête d'un son, d'un style dont Mister Plant avait précédemment décidé de s'éloigner afin de se créer sa propre identité et se couper ainsi de son encombrant passé, on le comprend d'autant plus qu'il le fit bien, Robert.
Tout ça ne fait pas de Now and Zen un essentiel mais une addition bienvenue à la collection de tous ceux, ils sont nombreux, qui considèrent le bonhomme comme une immense légende et qui, présentement, ne seront donc pas déçus... à condition de ne pas en attendre trop.

1. Heaven Knows 4:06
2. Dance on My Own 4:30
3. Tall Cool One 4:40
4. The Way I Feel 5:40
5. Helen of Troy 5:06
6. Billy's Revenge 3:34
7. Ship of Fools 5:01
8. Why 4:14
9. White, Clean and Neat 5:28
10. Walking Towards Paradise 4:40
Bonus
11. Billy's Revenge (live) 6:00
12. Ship of Fools (live) 10:35
13. Tall Cool One (live) 5:07

Robert Plant - Vocals
Phil Johnstone - Keyboards, Programming
Doug Boyle - Guitar
Phil Scragg - Bass
Chris Blackwell - Drums, Percussion
David Barratt - Programming, Keyboards
&
Jimmy Page
- Guitar (on tracks 1 & 3)
Marie Pierre - Vocals
Toni Halliday - Vocals
Kirsty MacColl - Vocals

ROCK STAR!

9 commentaires:

  1. Countdown to Robert II (1993-1988) : la gloire de pépère

    Robert Plant "Fate of Nations" (1993)
    - http://www19.zippyshare.com/v/44967799/file.html

    Robert Plant "Manic Nirvana" (1990)
    - http://www19.zippyshare.com/v/66237587/file.html

    Robert Plant "Now and Zen" (1988)
    - http://www19.zippyshare.com/v/11498289/file.html

    RépondreSupprimer
  2. On s'approche tout doucement de ma friandise à moi : Pictures at Eleven !!!
    Nickel chronique !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ca sera la semaine prochaine. ;-)
      Et merci. ^_^

      Supprimer
  3. Ben moi j'ai été convaincu par raising sand, du coup je vais me laisser aller à ton baratin pour manic nirvana. J'ai trop rien dis dans ton récap Génésis, mais cela m'a impressionné et tu refais quelque chose de fort même si d'apparence, le morceau est moins gros (au moins en terme, de double, triple album voire plus)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'avais déjà fait Queen l'an dernier. Et j'en ferai probablement d'autres mais il faut être suffisamment familier avec l'artiste pour s'y attaquer, du coup le prochain ? On verra mais sans doute encore un mastodonte.
      Curieux de connaître ton opinion de Manic Nirvana, mon petit chouchou de Plant en solo avec Mighty Rearranger et le petit dernier (Lullaby and the Ceaseless Roar qui tient le choc). Deux albums que je te conseille si tu as apprécié Manic Nirvana en plus de Raising Sand.
      A la revoyure ! ^_^

      Supprimer
    2. Ok, je viendrai t'en parler. Pour Lullaby, je l'ai écouté trois quatre fois. J'aime bien mais je crois qu'il y a un petit coup de mou quelque part et deux trois sonorités "à la U2" m'ont mis en alerte.

      Supprimer
    3. A la U2 ? J'ai pas entendu ça !
      J'attends la suite...

      Supprimer
  4. Hmmmmmmmmmm cette permanente eighties

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai trouvé que c'était important de situer. ^_^

      Supprimer