jeudi 30 octobre 2014

Too Frenchie, Too Furious...Beatin' around the Jazz

Du jazz de France. Oui mais du jazz qui tranche, progresse, transgresse, transforme l'idiome, de jeunes valeurs d'aujourd'hui, vives et prometteuses de moult lendemains qui crient. Enjoie !
 
CoNFiRMaTioN
Guillaume Perret & The Electric Epic "Open Me" (2014)

Son premier album chez Tzadik en avait épaté plus d'un, et il faut avouer que ce jazz prog sans concession avait tout pour lui, Guillaume Perret remet le couvert sur Open Me, évidemment toujours accompagné de son Electric Epic, les amateurs de jazz furieusement électrique apprécieront.
D'ailleurs, c'est à peine s'ils se rendront compte de l'absence de l'invité de marque du premier album, le furieux trompettiste, cornettiste, vocaliste Médéric Collignon qui avait pourtant amené sa pierre au brouet originel de l'agité saxophoniste savoyard. Parce que, toujours muni de son saxophone dopé au multi-effet, toujours furieusement à la croisée du jazz free, du metal dur et du rock progressif sans concession, Perret continue de creuser le sillon qu'un premier opus fort remarqué avait entamé. Pas de surprise, donc, mais une nouvelle grosse baffe de jazz prog metal qu'on rapprocherait du Shining norvégien ou des teutons bétons de Panzerballett (deux formations tout à fait estimables au demeurant) si notre petit frenchie, cocoricotons un peu, n'avait pas un petit supplément d'âme, un souffle épique (justement) assez extraordinaire, et un savoir-faire un poil plus nuancé lui permettant d'autant plus facilement faire passer les excès de décibels de sa furieuse fusion.
Et donc, sans trop entrer dans les détails afin de ne pas spolier ceux qui attendent Open Me comme l'évènement qu'il est, Guillaume Perret & The Electric Epic sont de retour, en forme, sur un second album qui, dit-on, sera bientôt suivi de son Book of Angels à lui. On dira ce qu'on voudra mais un tel honneur confié à un des nôtres, bientôt figurer dans la série phare de John Zorn, ça fait chaud au cœur même si c'est largement mérité. Allez, juste un regret, il est vraiment trop court ton album, Guillaume !
 
1. Opening 5:17
4. Irma's Room 7:15
5. Mamuth 6:26
6. Doors 4:44
7. Ponk 6:28
8. Coma 1:54

Guillaume Perret - electric saxophones
Jim Grandchamp - electric guitar
Philippe Bussonel - electric bass
Yoann Serra - drums, samples
&
Sir Alice - voice (Brutalum Voluptuous)
Monica Vannier - voice (Coma)
 
GUILLAUME PERRET

HoMMaGe 
Médéric Collignon et le Jus de Bocse "A la Recherche du Roi Frippé" (2012)
ou "Le Roi bien honoré"

S'il y a un instrumentiste jazz français qu'on imaginait pouvoir se frotter à l'oeuvre de King Crimson, c'est bien Médéric Collignon et le moins qu'on puisse dire, à l'écoute de ce "Roi Frippé", c'est que nos attentes sont satisfaites.
On connaissait la passion de Collignon pour Miles Davis qu'il hommagea ô combien aptement (et doublement) via les deux précédents opus de son Jus de Bocse: Porgy And Bess pour la phase "cool jazz" et un second pour la période fusion (Shangri-Tunkashi-La), tous deux toujours chaudement recommandées. Cette fois, glissant encore un peu plus dans le temps et s'éloignant stylistiquement de fondamentaux jazz, c'est à un monument du rock progressif que le furieux multi-instrumentiste et vocaliste s'attaque sans oublier, comme il le fit déjà sur Shangri-Tunkashi-La, de glisser quelques traits de sa propre inspiration (ce dont il aurait, à l'écoute, bien eu tort de se priver). Concrètement, 12 titres et 76 minutes durant, avec un luxe de musiciens additionnels (deux quatuors à cordes en la circonstance) auquel Miles n'avait pas eu droit, Collignon et le Jus de Bocse font plus que rendre un simple hommage au Roi Cramoisi, ils parviennent, sans la moindre trahison, à véritablement se réapproprier des thèmes du groupe.
Et ça fonctionne du tonnerre de Zeus ! Parce que les instrumentistes ici présents ne sont pas (loin de là !) des bras cassés, parce que l'imagination de leur leader semble une source inépuisable de merveilleuses petites trouvailles et autres brillantes idées, parce que ces compositions sont, dans leur conception même, ce qu'il est convenu d'appeller de la Grande Musique aussi et, ultimement, parce que ce matériau laisse place à l'interprétation, ce dont le line-up réuni ici ne s'est nullement privé. Ainsi, sur l'introductif Red (monstre de lourdeur et de précision dans son acceptation originelle s'il en fut) entend-on, du cornet vibrionnant de Collignon, d'une impeccable section rythmique à ces cordes puissantes et gracieuses soutenant parfaitement l'édifice, à quelle sauce le Roi Frippé va être mangé. Et on en redemande ! Une constatation pas inutile cependant, si l'élément jazz (fusion) se retrouve ici plus poussé et plus évident que ce à quoi l'auditeur habituel de King Crimson a été habitué, il n'en prend toutefois aucunement le pas sur l'esprit jadis développé par cette exquise et changeante formation ici parfaitement retranscrit par un Médéric visiblement trop fan pour s'en éloigner drastiquement (et c'est très bien comme ça).
Au final, majoritairement instrumental (mais loin de l'indignité quand Médéric y vocalise comme sur Frame by Frame) s'adressant tout aussi bien à ses fans, à ceux de King Crimson qu'à tous ceux qui apprécient un jazz fusionnant, prospectif, moderne, progressif (évidemment) même s'il se conclut, en toute étrangeté, par une apaisante reprise de Nick Drake (River Man) dont on se demande un peu ce qu'elle vient faire ici, A la Recherche du Roi Frippé est exactement ce qu'on attendait de Collignon et ses complices : une complète réussite. Recommandé !

1. Red
2. Lark's Tongues in Aspic II
3. Lark's Tongues in Aspic III
4. Vrooom
5. Vrooom Vrooom
6. Frame by Frame
7. Intrudicsion/Indiscipline
8. 21st Century Schizoid Man
9. Facts of Life
10. Krim 3
11. Dangerous Curves/Incursion
12. River man
(en extrait, la prestation des Victoires du Jazz 2013)

Médéric Collignon - cornet, voix, b3, effets, percussions
Frank Woeste - Fender rhodes, effets, b3
Frédéric Chiffoleau - contrebasse, basse
Philippe Gleizes - batterie
&
Youri Bessières, Anne Le Pape, Widad Abdessemed, Marius Pibarot - violon
Olivier Bartissol, Cécile Pruvot - alto
Valentin Ceccaldi, Matias Riquelme - violoncelle

MEDERIC COLLIGNON

RaDiCaL JeWiSH I
Artichaut Orkestra "T for Teresa" (2011)
ou "Oh! Les beaux légumes!"

Entre modernité et tradition, entre jazz fusionnant et klezmer classisant, et chez Tzadik, le label de John Zorn, excusez du peu, voici Artichaut Orkestra from Toulouse et leur délicieuse première œuvre, T for Teresa.
Mais d'abord, l'Artichaut Orkestra, c'est quoi ? C'est un quatuor (seulement !) mené par un clarinettiste (Camille Artichaud) secondé par un guitariste, un batteur et un accordéoniste. Jusque dans la formation, c'est le compromis entre hier et aujourd'hui, entre attachement séculaire et ouverture au monde. Dans les faits, ce sont 8 compositions dont une reprise de Jean-Sébastien Bach (Gavotte No. 2 BWV 9995) et un court interlude, un court album d'à peine 44 minutes qui passe comme une lettre à la poste avec suffisamment de jolies mélodies klezmer (l'irrésistible Le T de Thérèse, La cloche qui chose, Byzance, le presque ambient La grosse pomme) mais aussi de déviances bienvenues (Cirquencie qui porte si bien son titre, Façon Puzzle qui ose l'excès péri-metalleux et la construction cartoonesque, et la reprise de Bach parce que ça n'est pas si courant) pour contenter aussi bien le curieux de passage, lui qui se dit que du klezmer toulousain chez Tzadik c'est quand même quelque chose qu'il ne faut pas rater (et il a raison), et celui qui sait qu'il va trouver ici un peu plus que ça, une formation qui sait se libérer, tripper comme David Krakauer au plus fort de sa klezmer madness.
Une réussite donc, d'une formation qu'on espère revoir un jour (ça commence à dater et leur site n'engage pas à un enthousiasme délirant) parce que des comme ça, en France, et même dans le monde d'ailleurs, on n'en trouve pas si souvent, pas d'aussi bonnes en tout cas et qu'on serait donc heureux d'entendre la suite. En attendant, T for Teresa est chaudement recommandé, évidemment.

1. Le T De Thérèse 7:41
2. La Cloche Qui Chose 5:46
3. Gavotte No. 2 (BWV 995) 7:23
4. Cirquenscie 5:07
5. Interlude 1:06
6. Byzance 6:20
7. Façon Puzzle 5:44
8. La Grosse Pomme 4:21

Camille Artichaut - clarinet
Frederic Petitprez - drums, percussion
Sebastien Rideau - electric guitar, effects
Pierre-Emmanuel Roubet - accordion, voice

ARTICHAUT ORKESTRA

RaDiCaL JeWiSH II
AutorYno "Pastrami Bagel Social Club" (2010)
ou "Fusion kasher"

Un trio augmenté, un album de jazz/rock subtilement klezmerisé, il n'en fallait pas plus pour attirer les grandes oreilles de John Zorn sur une petite formation de chez nous, AutorYno.
Mené par David Konopnicki, fils de Guy, ci-devant guitariste également influencé, semble-t'il, par les harmonies juives d'Europe de l'Est et les shredders six-cordistes du genre Vai/Satriani, AutorYno ouvrait alors son "deli" non sans commettre, au passage, une référence au Buena Vista fomenté par Ry Cooder et Wim Wenders mais ça, c'est juste pour la vanne.
Parce que pour les effluves cubanas, vous repasserez. AutorYno balance une grosse guitare électrique, de sérieux grooves fusion et, donc, des mélodies où l'inflexion klezmer est tout sauf un gadget. Et à ceux qui s'inquiètent de la référence à des guitaristes étatsuniens plus portés sur la démonstration stérile ou l'instrumental grand public que sur l'épanchement musical de leur âme, on précisera que si David Konopnicki tient bien sa technique des précités, son cœur est tout autre et que lui sait, combinant sa virtuosité et ce qu'il est convenu d'appeler le feeling pour une production, par conséquent, nettement plus habitée, spirituelle même. Mais ce premier long jeu d'AutorYno est aussi, surtout, une bonne grosse tranche de fun où quelques judicieuses additions (accordéon et clarinette) viennent subtilement épicer le petit pain rock et sa viande fumée fusion. C'est d'ailleurs tellement bien troussé que David Krakauer (présent au même concert parisien de la formation, avec Mazal, que votre serviteur, oui da !) ne put résister à l'invitation de participer aux sessions de son successeur (Cosmopolitan Traffic), excusez du peu.
Pastrami Bagel Social Club est un album qu'on conseillera aux rockers curieux de passer le pas d'un jazz multiple et fusionnant qui leur parlera, indéniablement, ne serait-ce que pour sa guitare échevelée, son emballage dynamique et sa qualité mélodique de tous les instants. Recommandé.

1. Ouverture Automatique 5:26
2. Malossol 4:53
3. Crapaud 5:10
4. Kelev 5:22
5. Traditional Hora 6:17
6. Five Flavors 5:43
7. Highway To Stertziv 6:42
8. Les Anges (Otto Theme) 8:46

Bertrand Delorme - Bass
Cyril Grimaud - drums
David Konopnicki - fretless & fretted guitars
&
Loïc Audureau
- accordion
Florent Mery - clarinet

AUTORYNO

MeTaLiZeD
1980 "1980" (2007)
ou "Progfusionfurie"

Quelque part entre Weather Report et Meshuggah, un petit groupe français au nom aussi improbable que pénible à repérer sur la toile, 1980, balance un premier album autoproduit d'une assez incroyable maîtrise, d'une belle qualité. Pour qui aime son jazz bien métallisé, ou son metal bien jazzé, c'est même un incontournable.
Et ils ne sont que quatre pour tout ce barouf, tout ce déballage technico-mélodique où le jazz fusion le plus orthodoxe se voit transformé en artillerie lourde sans toutefois y perdre sa finesse d'exécution et d'arrangement. D'ailleurs, que ce soit dans les grosses rifferies se muant en fusion (Sagaie) ou l'inverse (O Me Oh), les quatre de 1980 démontrent un savoir-faire, une maîtrise qui ne laisse jamais deviner qu'il s'agit là d'une production amateure financée par les musiciens eux-mêmes d'autant que la production, claire et précise, n'a rien à envier à bien des équivalents plus argentés.
On n'en sait pas plus sur la formation, son hypothétique destin et, donc, la possible descendance de cette impeccable éponyme originel. Reste l'album, qui se trouve si l'on cherche bien et mérite indéniablement le déplacement.

1. Intro 0:58
2. Sagaie 4:12
3. O Me Oh 3:28
4. Meshuggreich 4:53
5. Amicalement Votre 5:50
6. 1980 5:51
7. Il Se Fait Tard Mon Ami, Il Faut Rentrer 10:23

Pablo Dominos - keyboards,electronics
Armand Feret - 6 & 7 string guitars
Mathieu Bonardel - drums
Ben de Coster - bass

1980 (the band)

Duo LeaDeR
Rockingchair (Airelle Besson, Sylvain Rifflet) "Rocking Chair" (2007)
ou "Une bombe !"

La formation n'aura peut-être eu qu'une courte vie, deux albums et puis s'en va, elle n'en a pas moins marqué ceux qui ont eu l'honneur et l'avantage de la croiser que ce soit par leurs excellents enregistrements ou leurs impeccables prestations live. Aussi n'est-il que temps de le dire, Rockingchair est un secret trop bien gardé de la scène jazz prospective de chez nous.
Mené par un duo de cuivres en osmose, la trompettiste Airelle Besson et le saxophoniste Sylvain Rifflet, Rockingchair ne force rien, tout ce qui lui vient, des influences rock et prog à une esthétique définitivement jazz et souvent acoustique, coule de source, parfois dans de secouant rapides (Fly Away, Tsunami), parfois sur des flots paisibles (Boo Boo, Désert, Eternité), ou passe abruptement de l'un à l'autre (Forget It) avec, toujours, pour but ultime, et atteint, de faire voyager l'auditeur au gré de leur belle imagination qu'aucune contrainte ne vient perturber mais qui, pourtant, n'en perd rien en cohérence. Un vrai tour de force.
Rockingchair sortira un second album avant que ses composantes n'aillent s'éparpiller dans la nature et de nouveaux projets (qu'on suivra, forcément). Que ça n'empêche surtout pas ceux potentiellement intéressés de se pencher sur une ou l'autre, la formation, en tant qu'une des plus belles possibilités prospectives du jazz de chez nous, le mérite largement.

1. Boo Boo 5:32
2. Forget It 4:05
3. Ma-ion 6:12
4. Fly Away 6:59
5. Désert 5:32
6. Duo 1:02
7. Wee Man 2:44
8. Tsunami 4:39
9. Eternité 7:41
10. Bout de Boo Boo 1:13
(un podcast de 2007 en extrait)

Airelle Besson - trompette
Sylvain Rifflet - saxophones
Pierre Durand - guitare
Eric Jacot - contrebasse
Nicolas Larmignat - batterie

AIRELLE BESSON & SYLVAIN RIFFLET

11 commentaires:

  1. Too Frenchie, Too Furious: Beatin' Around the Jazz

    Guillaume Perret & The Electric Epic "Open Me" (2014)
    - http://www28.zippyshare.com/v/6587176/file.html

    Médéric Collignon "A la Recherche du Roi Frippé" (2012)
    - http://www28.zippyshare.com/v/91998836/file.html

    Artichaut Orchestra "T for Teresa" (2011)
    - http://www28.zippyshare.com/v/88185654/file.html

    AutorYno "Pastrami Bagel Social Club" (2010)
    - http://www28.zippyshare.com/v/74948170/file.html

    1980 "1980" (2007)
    - http://www28.zippyshare.com/v/64412304/file.html

    Rocking Chair (Airelle Besson, Silvain Rifflet) "Rocking Chair" (2007)
    - http://www28.zippyshare.com/v/63310815/file.html

    RépondreSupprimer
  2. V'la un post qu'il est bien ;)
    Je prend tout sauf le Médéric et ses reprises de KC (que j ai déjà forcément)
    Merci

    Fil

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. You're welcome.
      N'hésite pas à revenir faire ton "rapport", surtout.

      Supprimer
  3. Excuse me for my inexistent French (I can more or less read, but I don't dare to post a comment in such exquisite language), for I will write this in my poor english. I've been reading this blog from a couple of months and I think you are doing a fantastic work, which is very much appreciated indeed. Thanks a lot for being here an dedicate so much time and effort. Now, as to this post, I have loved the works of Perret and Collignon. If the others are as good as those, I will have a blast of a time, so I will try those out! Thanks a gain, keep it up!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. You're welcome, Nico.
      Feel free to come back to comment on the albums you listened to, I think you'll like it.

      Supprimer
  4. Bonsoir,
    Guillaume Perret m'a soufflé à deux reprises en live. Quant à Rocking chair (que j'ai eu la chance de voir sur la fin), ses deux albums sont culte.
    Etonnante, cette capacité des jeunes musiciens français à abolir les frontières, casser les cases et tout mélanger dans un joyeux bordel. Perret est bien plus rock que la plupart de ceux qui s' en prétendent. Mais au fond, who cares ?
    Un dernier mot de félicitations pour votre blog dont je suis un visiteur discret mais assidu.
    Cheers,
    Fast cars

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de tes félicitations. ^_^
      En complet accord sur la créativité transgressive de nos jeunes pousses jazz, ce ne sont d'ailleurs que quelques exemples, il y aura probablement un volume 2...

      Supprimer
  5. Merci depusi l'Espagne!je vous suis depuis longtemps...un travail merveilleux et qui me rapaorte de bonne surprises!
    A+

    RépondreSupprimer
  6. Oooops et que j'ai loupé, mais juste un temps, je vais revenir te dire tut le bien de ce que j'ai lu et donc prendre

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu me diras si tu as rattrapé ton retard ! ;-)
      Merci de ton passage.

      Supprimer