mardi 10 mars 2015

Power Trios ! (volume zero)

Des trios, rien que des trios ! Du puissant, du fin, du prospectif, de l'historique, de l'anecdotique, c'est le post du trio dans tous ses états, avec chacun son "power" qu'il soit émotionnel ou réel. Et que des recyclages de billets passés pour cette fois. Vous vous dites qu'il en manque (vous avez raison !), sachez que la suite viendra... bientôt. Enjoie !

MaTH PuNKS
NoMeansNo "Wrong" (1989)
ou "In your face (and in your brain)"

Trop souvent caricaturée comme une musique primaire et simpliste, le punk rock peut parfois prendre des atours surprenants et s'avérer plus technique (presque progressif, en quelque sorte) quand des musiciens talentueux et un poil foldingues s'attaque à l'idiome. C'est évidemment le cas ici avec le 5ème album de ces doux-dingues de NoMeansNo en provenance du rude et glacé Canada rural.
Rural, en fait, je n'en sais foutrement rien. Toujours est-il que le (non) look cultivé par les frères Wright rappelle plus le bûcheron ou le camionneur que le gentleman en représentation pour le Derby d'Epsom. Ce je-m'en-foutisme vestimentaire caractérise d'ailleurs bien la démarche de NoMeansNo axée essentiellement sur la musique et pas sur l'esbroufe et qui leur vaut - entre autres choses - l'honneur de la paternité conjointe du math-rock.
Et donc, Wrong. Ce fut ma première approche du groupe (dès sa sortie) et c'est un investissement que je ne regrette pas plus de 20 ans plus tard. Il faut dire qu'avec un premier morceau comme It's Catching Up - un machin typiquement à la NoMeansNo combinant précision technique, agressivité hardcore/punk et une bonne dose d'humour pour alléger le tout - on sait qu'on n'a pas affaire à un album comme les autres.
Il faut bien le dire, la cellule que forment Rob et John avec leur guitariste, Andy Kerr (qu'il eût été injuste de ne pas mentionner), est si colossalement monolithique qu'on se la prend en pleine face un peu comme un CRS se prendrait un pavé parisien sur une barricade du Quartier Latin par un mois de mai 1968. Fort heureusement, quelques respirations (Rags and Bones, Oh No! Bruno!) parsèment cet album d'une légèreté bienvenue et le rendent plus digeste à ceux peu habitués à un tel déluge de décibels enragés.
Que vous aimiez ou non le punk ou le hardcore, Wrong est un album à ne pas rater d'un groupe qui mériterait qu'on se penche plus sur sa riche et volumineuse discographie.
 
1. It's Catching Up 3:29
2. The Tower 5:11
3. Brainless Wonder 1:34
4. Tired of Waiting 1:47
5. Stocktaking 3:05
6. The End of All Things 5:10
7. Big Dick 3:15
8. Two Lips, Two Lungs and One Tongue 1:46
9. Rags and Bones 5:05
10. Oh No! Bruno! 3:06
11. All Lies 6:27
Bonus
12. Life in Hell 3:54
13. I Am Wrong 7:01

John Wright: drums, percussion, vocals
Rob Wright: bass guitar, vocals
Andy Kerr: bass, guitar, vocals

NoMeansNo

THRee MaVeRiCKS
Melvins "Houdini" (1993)
ou "La magie des riffs"

Si Black Sabbath avaient de l'humour, ils s'appelleraient les Melvins.
Le résumé est un poil lapidaire mais fait bien la synthèse de l'esprit de ces vétérans, natifs de Portland (Oregon) dont Kurt Cobain était grand fan. Il est d'ailleurs co-producteur d'une partie du présent Houdini et y fait aussi quelques parties de guitare. On se doute aussi que son soutien vocal au groupe n'est pas étranger dans la décision d'Atlantic records de les signer, une partie de la promotion étant faite par un musicien alors quasi-intouchable.
A partir de là, il n'y a pas vraiment de surprise (à l'instar d'un Sonic Youth recruté par Geffen, par exemple) de constater que leur premier album pour une major est aussi, alors, leur plus accessible. Pas que le groupe se soit vendu ou quoique ce soit du genre cependant, on retrouve bien leur son lourd et sale et toujours le sens de l'humour décalé dont ces punk-metalleux émérites ont le secret. En l'occurrence, les Melvins paraissent creuser un sillon préalablement tracé avec un album somme de leurs capacités - pour une fois doté d'une production digne de ce nom (c'était l'un des points faibles des précédents opus du groupe, manque de moyens sans doute) - et une sélection de composition d'une implacable efficacité.
Il va sans dire qu'Atlantic ne trouva pas, avec ces trois zozos, le potentiel number one de demain. Les Melvins étaient, sont et seront toujours trop décalés pour prétendre à quoique ce soit de plus que le statut culte qu'ils ont depuis gagné et grandement mérité. Il n'en reste pas moins qu'Houdini - une des plus belles références du catalogue Melvinien encore aujourd'hui - et ses auteurs ont largement profité du soutien logistique et financier d'un mastodonte de l'industrie du disque tel qu'Atlantic pour s'établir durablement comme une référence du décalage du ton.
Evidemment, cette musique étrange, toute en riffs et en lourdeurs, ne plaira pas à tous - de toute façon les Melvins ne cherchent pas l'adoubement universel - mais pour ceux qui goûtent à ce genre de chose, Houdini risque fort de devenir un de ces albums référence sur lesquels on revient souvent sans jamais la moindre déception.

1. Hooch 2:51
2. Night Goat 4:41
3. Lizzy 4:43
4. Going Blind 4:32
5. Honey Bucket 3:01
6. Hag Me 7:06
7. Set Me Straight 2:25
8. Sky Pup 3:50
9. Joan of Arc 3:36
10. Teet 2:51
11. Copache 2:07
12. Pearl Bomb 2:45
13. Spread Eagle Beagle 10:13

King Buzzo - guitar, vocals, bass
Lorax - bass
Dale - drums, vocals, bass
&
Kurt Cobain
- guitar (Track 8), additional percussion (Track 13)
Billy Anderson - bass (Tracks 6 & 10)
Bill Bartell - bass & lead guitar (Track 4)
Al Smith - additional percussion (Track 13)
Mike Supple - additional percussion (Track 13)

Melvins

THe NeW PSyCHeDeLia
The Animal Collective "Merriweather Post Pavilion" (2009)
ou "Leur plus accessible"

A l'écoute de ce Merriweather Post Pavilion, on se dit que les doux-dingues d'Animal Collective découvrent, doucement mais sûrement, une concision artistique qui - c'est peu de le dire - leur va bien au teint.
Strawberry Jam (2007), déjà, avait montré que les garçons semblaient désormais désireux de se concentrer sur une écriture plus pop sans n'aucunement renier leur goût certain pour le chaos. En toute logique, leur offrande de 2009 appuie le trait juste ce qu'il faut pour que l'évolution soit notable sans que les habitués n'en soient décontenancés. La musique développe encore et toujours ces cosmiques volutes psychédéliques qui sont leur marque de fabrique. Une musique pleine de textures étranges, résonances aliens et autres trafics soniques en tous genres qui rendent - forcément - la facilité d'accès à une oeuvre fondamentalement foutraque toute relative. Cependant, c'est incontestable, jamais l'Animal Collective n'a sonné si ear-friendly convoquant même d'improbables « beach-boyseries » pour le bonheur de tous.
En l'espèce, Merriweather Post Pavilion est exactement le genre d'album qui demande de l'auditeur une immersion totale, un véritable abandon de soi, pour livrer sa substantifique moelle, son charme unique... C'est sa richesse mais aussi, probablement, sa faiblesse dans un monde de zappeurs fous.
 
1. In the Flowers 5:22
2. My Girls 5:41
3. Also Frightened 5:14
4. Summertime Clothes 4:30
5. Daily Routine 5:46
6. Bluish 5:14
7. Guys Eyes 4:31
8. Taste 3:53
9. Lion in a Coma 4:12
10. No More Runnin 4:23
11. Brother Sport 5:59

Avey Tare: chant, electronics, samples, claviers, guitare, percussions
Panda Bear: chant, samples, electronics, percussions
Geologist: electronics, samples

The Animal Collective

MoDeRN JaZZ
Troyka "Troyka" (2009)
ou "Fusionnant trio"

Trio londonien fusionnant jazz et rock, Troyka est incontestablement une formation d'avenir... A condition qu'on fasse quelque cas de leur musique quand l'Angleterre, traditionnellement, n'est pas un territoire particulièrement fertile pour le genre de musique ici proposé.
En l'occurrence, si Troyka reste toujours mélodique et abordable (à un public un tant soit peu roué au jazz moderne), ils savent texturer/enrichir leur musique de petites aspérités et ajouts stylistiques en faisant tout le sel. Ainsi, Troyka n'hésite pas à mettre une dose de blues, de rock, de musique électronique ou de math rock (qui, après tout, n'est qu'un enfant bâtard du jazz et du prog des 70s) dans une fusion leur devenant alors d'autant plus personnelle et dynamique que chaque élément, influence s'imbriquent parfaitement dans le son développé par le trio où, évidemment, la guitare du leader (Chris Montague) brille sans pourtant trop tirer la couverture à elle, laissant à l'organiste (Kit Downes) et au batteur (Joshua Blackmore, qui n'a rien à voir avec Ritchie !) toute la place nécessaire à l'expression de leur art dans le collectif.
Edition records, label de la formation, cite volontiers Aphex Twin, Tim Berne, Steely Dan, Billy Cobham ou Wayne Krantz (auxquels je rajoute volontiers Medeski Martin & Wood) pour situer le trio. Tout ceci est exact mais, fondamentalement, Troyka est son propre animal, un groupe à l'identité forte dont on ne saurait trop conseiller l'écoute de cet introductif début.

1. Taxreturn 4:06
2. Clint 6:12
3. 140 1:35
4. Golden 4:57
5. Bear 4:52
6. Cajoch 2:40
7. Twelve 3:58
8. Born in the 80's 6:56
9. Moonian Song 5:37
10. Call 2:20
11. Zeitgeist 1:44

Chris Montague: guitare, boucles
Kit Downes: orgue
Joshua Blackmore: batterie

Troyka

MeTaLâMe
Baroness "Yellow & Green" (2012)
ou "Un nouveau Baroness"

Même si on comprend la déception de leurs fans (qui sont un peu sourds, tout était déjà là sur le précédent album, le Blue Record, juste un peu caché), force est de constater qu'il y a un nouveau Baroness en ville. Fini (ou presque) les lourdes et sales guitares, les cris écorchés vifs, les rythmiques mastodontes, les géorgiens se réinventent en rockers psyché-progressifs et c'est, en définitive, plutôt une bonne nouvelle...
Il faut dire que, sans vraiment s'user, leur sludgesque formule ne surprenait plus autant ce dont se sont sans aucun doute rendu compte les membres de Baroness et qui a probablement motivé cette redéfinition pour le moins radicale de leur approche sonique... Au risque de s'aliéner une fanbase désormais bien constituée et jusqu'à présent fidèle. Concrètement, l'album se divise en deux faces volontairement séparées (tout tenant, temporellement, sur un seul CD), la première, la Yellow, présentant un Baroness encore un peu reconnaissable notamment grâce à quelques riffs tranchants et breaks bienvenus. C'est cependant quand le groupe se décide à larguer totalement les amarres que la machine décolle comme sur un Little Things osant le rythme disco ou le solo QUEENesque, le pastoral et folky Twinkler ou les inspirations floydiennes d'un Cocainium (la triplette se suit, qui plus est !) dont on se réjouit d'autant que la réussite y est nettement plus au rendez-vous que sur les tentatives mi-chèvre/mi-chou du début de la galette (Take My Bones Away par exemple qu'on assimilerait presque - presque, j'ai dit ! - aux Nickelback et autres Staind de funeste réputation).
La face Green convainc moins, c'est aussi là que Baroness essaye le plus de choses et adoucit le plus son écriture pour un résultat pas inintéressant mais par trop inégal pour qu'on s'en contente. C'est heureux, c'est aussi la face la plus courte de l'album (35 minutes là où Yellow en dure 40). L'affaire commence pourtant plutôt bien avec un instrumental (The Green Theme) où, une fois de plus, Peter Adams, soliste de la formation, s'approprie un style et un son pas sans rappeler Brian May ou un Board Up the House enrichi d'influences en directe provenance de Thin Lizzy (mais discrètement managées). La suite ne reproduit que ponctuellement ce genre de réussite et lambine trop souvent dans des entreprises acoustiques et expérimentales pas désagréables mais pas non plus transcendantes.
Un peu à l'image de Mastodon mais avec une réussite plus affirmée (ou d'un Cave In, hélas nettement moins connu et pourtant tout aussi méritant, voir l'exemplaire et indispensable Jupiter), Baroness tente son virage « mainstream » et si tout n'est pas exactement parfaitement réalisé et que quelques tentations pop, folk ou prog y flopent dramatiquement (voir l'ennuyeux et mollasson Mnts. (The Crown & Anchor) pour s'en convaincre) mais restent heureusement rares, l'essentiel du double album fonctionne, en particulier la face Yellow plus musclée et (presque) coutumière et logiquement, donc, mieux contrôlée par un groupe alors en territoire relativement connu.
Les fans accepteront-ils la transformation ? Probablement les plus ouverts d'esprit qui y trouveront, à défaut du trademark sound, une incontestable prise de risque doublée d'une vraie belle réussite artistique d'un groupe qui, sans avoir tout à fait abandonné son passé métallique, a su trouver de nouvelles pistes afin de se réinventer.

CD 1
1. Yellow Theme 1:45
2. Take My Bones Away 4:59
3. March to the Sea 3:12
4. Little Things 5:03
5. Twinkler 3:17
6. Cocainium 5:09
7. Back Where I Belong 6:16
8. Sea Lungs 3:21
9. Eula 6:48

CD 2
1. Green Theme 4:23
2. Board Up the House 4:33
3. Mtns. (The Crown & Anchor) 4:17
4. Foolsong 2:58
5. Collapse 3:52
6. Psalms Alive 4:09
7. Stretchmarker 3:23
8. The Line Between 5:02
9. If I Forget Thee, Lowcountry 2:42

John Baizley: chant, guitare, basse, claviers, artwork
Peter Adams: guitare, chœurs
Allen Blickle: batterie

John Baizley

Le RéGioNaL De L'éTaPe
Pierrejean Gaucher "Melody Makers Vol. 2" (2012)
ou "Making Magic"

Trois ans après un album de reprises rock et pop d'Outre-Manche particulièrement bien troussé (Melody Makers, premier du nom), Pierrejean Gaucher revient, accompagné des deux mêmes associés mais, cette fois, présentant ses propres compositions dans un cadre musicalement comparable.
C'est avec un vrai bonheur qu'on retrouve un trio mélodique ayant su - ce qui n'est pas évident dans la pléthore de dérivations « subies » par l'idiome jazz depuis ses origines et sans cesse depuis - trouver sa propre voix, et voie. S'il est évident que le jeu fusionnant et fluide du leader tient beaucoup d'influences très recommandables (de John McLaughlin à Pat Metheny en passant par Bill Frisell), c'est bien l'addition du violoncelle (alternant l'électrique et l'acoustique) de Clément Petit, également co-auteur de toutes les compositions, qui constitue l'élément déterminant, la marque de fabrique du groupe. Ca et une écriture supérieurement mélodique, même quand la note s'assombrit, que le rythme s'alourdit, permettant aux deux solistes d'égrener leurs interventions avec émotion, grâce et toute le doigté, l'expertise nécessaire pour à ce genre d'entreprise.
En jazz ambiant, influences rock parfois progressives (rien de surprenant quand on connait le passé de Pierrejean avec Abus Dangereux/Abus), bien digérées et resservies, Melody Makers II n'a rien à envier à son prédécesseur. Il aurait même la faveur du jury puisqu'évitant la facilité de revenir sur l'exercice de la reprise. Une réussite, donc, et un album qu'on ne saurait trop recommander à ceux appréciant le « jazz-qui-cherche » tout en sachant rester mélodique et divertissant.

1. Arcane 5:59
2. Papy as a Toy 5:13
3. Two Steppin' 5:23
4. Asphalte 4:47
5. Sleep Sweet 2:34
6. Mamy as a Toy 5:05
7. Warthog Race 4:45
8. So Frenchy 3:51
9. Métal Pantin 3:09
10. Page Blanche 3:42

Pierrejean Gaucher: guitares
Clément Petit: violoncelle 4 et 5 cordes
Cédric Affre: batterie, percussions

Pierrejean Gaucher

DouBLe HoMMaGe
Gary Moore "Blues for Jimi" (2007/12)
ou "The Gary Moore Experience"

Il est à parier que, sans la mort tragique et ô combien prématurée du guitariste irlandais en 2011, cette captation de 2007 n'aurait fait le bonheur que d'amateurs de bootlegs et, vu la qualité de la prestation, on peut se féliciter de la publicité de ce live tout en en regrettant les funestes circonstances.
Clairement, la rencontre de Gary et de Jimi tombait sous le sens, surtout pour ceux qui connaissaient les exactions psychedelico-fusionnantes qu'avait d'abord empruntée la carrière de Moore avant de se normaliser dans un hair-metal clinquant puis un blues de bon aloi (en l'occurrence, petite précision historique pas inutile, c'est de Skid Row (pas les américains) et de Colosseum II dont il s'agit).
Or, donc, la rencontre, si tardive dans le parcours de Moore, tombait sous le sens et, de fait, les performances, du Hendrix première période en majorité, sont de belle qualité. On pourra cependant y trouver un petit manque de folie, une révérence un peu trop envahissante qui font que Moore « joue à Hendrix » plus qu'il ne s'approprie, fait sien le matériau qui lui est proposé. Et c'est le seul tout petit défaut d'un live sinon parfait en tous points. Déjà par la section rythmique qui accompagne Gary (Dave Bronze, repéré dans le late-Procol Harum ou chez Clapton et Darrin Mooney, transfuge de Primal Scream), impeccablement réminiscente de celle de l'Experience, ensuite par la captation propre et claire mettant impeccablement en valeur la performance du trio. Il faut évidemment faire mention de l'intervention bienvenue de deux ex-sidemen du bouillant Jimi, nommément Billy Cox et Mitch Mitchell, pour un trio plein de furie nostalgique (Red House, Stone Free et Hey Joe) avant que le line-up classique ne reprenne le pas pour un final et échevelé Voodoo Child (Slight Return).
En un peu moins de 75 minutes, avec le mineur petit défaut précité, c'est à une vraie belle performance que nous sommes conviés, de celles où un guitariste d'exception rend un hommage vibrant à un Maître Absolu et le fait, forcément, avec tout le talent et l'inspiration qu'on lui connait parce que, en conclusion, il faut bien le dire, Gary Moore, souvent mal considéré, était un vrai virtuose et un généreux frontman... Et il nous manque.
 
1. Purple Haze 4:15
2. Manic Depression 3:48
3. Foxy Lady 6:14
4. The Wind Cries Mary 4:19
5. I Don't Live Today 5:58
6. My Angel 0:53
7. Angel 5:16
8. Fire 5:38
9. Red House 11:30
10. Stone Free 5:45
11. Hey Joe 9:36
12. Voodoo Child (Slight Return) 10:11

Gary Moore: chant, guitare
Dave Bronze: basse
Darrin Mooney: batterie
&
Billy Cox: basse, choeurs (9-11)
Mitch Mitchell: batterie (9-11)

Gary Moore, Billy Cox et Mitch Mitchell

iMMoRTeLS
Duke Ellington "Money Jungle" (1962)
ou "Trio de rêve"

La fine équipe que voici !
Nous sommes en 1962 et le Duke profite de son statut (mérité) de légende vivante pour assembler de petites formations avec la fine fleur de la jeune génération, et il a bien raison !
Avec l'exceptionnel batteur qu'est Max Roach (révéré, à raison, jusqu'aujourd'hui) et le turbulent et talentueux bassiste (mais pas seulement même s'il est ici "relégué" à ce rôle) qu'est Charles Mingus, ont peut dire que l'expérimenté pianiste/compositeur a visé juste.
Money Jungle est un délice, c'est un fait. Non seulement c'est un album de jazz gracieux et mélodique et, forcément !, expertement joué, c'est aussi une sorte de passage de témoin d'une génération à une autre, un bilan avant travaux (et quels travaux !).
Ce jazz, bien sûr, jazz de salon au sens noble du terme, adoubé, domestiqué mais pas moins agréable quand il est fait "comme il faut", existera évidemment toujours quand la jeune génération ira pousser l'idiome toujours plus loin, toujours plus prospectivement "ailleurs"... Quitte à faire passez les Ellington, Basie & Co pour des dinosaures (le free jazz est un peu, beaucoup !, le punk du jazz). Qui eux-mêmes, en leur temps firent passer, etc. L'histoire est un éternel recommencement.
Et dire que 9 jours plus tard (la présente session date du 17 septembre 1962) le Duke rencontrera Coltrane ! Imaginez le quatuor potentiel si le calendrier avait été favorable ! Mais bon, Money Jungle avec le piano en star et le pianiste en maître incontesté, accompagné élégamment par une section rythmique "boostante" et boostée... Quel pied, quoi ! Parce qu'Ellington est un compositeur qui impose le respect, un instrumentiste qui sait se mouvoir en toutes circonstances et que les jeunes loups qui l'accompagnent ont l'air bien content d'être là, avec la légende, et de la pousser dans ses retranchements à coups de prodiges rythmiques discrets mais avérés. La mayonnaise prend aisément et le setting en trio, avec la place que ça suppose et les réadaptations qui s'imposent, fait le reste... Enorme, vous dis-je !
Et puis y a des bonus. Différents dans chaque édition de l'album, on s'y retrouve difficilement, il faut faire un choix alors, celui-ci ou un autre... Avec de belles alternate takes et une piqûre de rappel orchestrale, ça le fait.
L'album est essentiel à toute collection jazz qui se respecte, quelque soit l'édition choisie. Un point c'est tout !

1. Money Jungle 5:29
2. Fleurette Africaine (African Flower) 3:36
3. Very Special 4:26
4. Warm Valley 3:32
5. Wig Wise 3:20
6. Caravan 4:12
7. Solitude 5:33
Bonus
8. Switch Blade 5:24
9. A Little Max (Parfait) 2:58
10. REM Blues 4:18
11. Backward Country Boy Blues 6:33
12. Solitude (alternate take) 4:44
13. Solitude (orchestral version 1) 4:43
14. Solitude (orchestral version 2) 6:27
15. Caravan (orchestral version) 6:08

Duke Ellington - piano
Charles Mingus - bass
Max Roach - drums

Duke Ellington

LaST CaLL
The Police "Synchronicity" (1983)
ou "Vous avez demandé la police, ne quittez pas..."

Le dernier album The Police. Je les avais découvert avec Ghost In The Machine où déjà le blond trio redéfinissait, transformait même !, le son qui avait fait d'eux une vraie success story. Mais The Police est libre et s'il fut hâtivement assimilé à la vague punk/new wave (quand ses trois musiciens avaient régulièrement frayé avec des formations de jazz fusion ou de rock progressif, l'antithèse du punk, en somme), il a maintenant dépassé son hybride reggae rock et expérimente sans frontière avec les tous ses possibles sans jamais, cependant, perdre de vue que c'est de chansons dont il s'agit.
Et quelle collection d'icelles ! Evidemment, il y a Every Breath You Take, énorme tube que tout le monde a trop entendu (en diverses versions, certaines fort crapoteuses, il faut bien le dire), qui n'en demeure pas moins une belle chanson au texte si glauque, un amoureux à la jalousie maladive surveillant tous les faits et gestes de l'être convoité, qu'on rit forcément à son utilisation romantico-fleur bleue d'aujourd'hui. Le reste de la sélection est la continuation d'un trio libéré du style qui les avait imposé sur une triplette d'albums inaugurale de belle qualité. De fait, comme sur Ghost in the Machine, 4ème opus et premier à se démarquer radicalement, les trois membres de The Police jouent les multi-instrumentistes et si, comme à l'habitude, à l'exception d'une petite chanson pour chacun des autres, Sting truste le songwriting, il est impossible de nier au si sous-estimé guitariste (et claviériste ici) qu'est Andy Summers et à l'incroyable batteur et précieux percussionniste que chacun sait qu'est Stewart Copeland, une part bien plus importante que celle de simples accompagnateurs. C'est évident pas le rôle de créateur d'ambiances qu'accomplit Andy Summers, guitariste discret plus intéressé par des parties texturantes et mélodiques que par de bêtes riffs, et auteur, au passage, de la dernière saillie punkoïde du groupe avec le furieux Mother. C'est évident sur tous les morceaux mais plus particulièrement sur les deux Synchronicity. Et que dire de Stewart Copeland dont les recherches percussives apportent une saveur world music encore inédite chez le groupe (Walkng in Your Footsteps, King of Pain) et dont l'excellence et l'inventivité instrumentale ne sont pas pour rien dans la dynamique de chaque composition. C'est aussi sur Synchronicity, a bien des points annonciateur du The Dream Of The Blue Turtles de Sting solo, que des tentations de rapprochement avec le jazz (fusion) se font jour, discrètes sur O My God, plus évidentes sur Miss Gradenko et Wrapped Around Your Finger ou Murder by Numbers, elles restent néanmoins marginales.
Au bout du compte, album le plus éclaté et ambitieux stylistiquement du trio, Synchronicity laisse le sentiment de l'énorme gâchis que fut leur séparation. Ils en avaient encore forcément sous la pédale mais, épuisés par les tournées incessantes et les envies musicales divergentes de chacun, ils finiront par en tirer la conclusion qui s'imposait et se sépareront, quel dommage. Reste un album presque parfait (comme le reste de la discographie de The Police, d'ailleurs) finissant en beauté une trop courte carrière.
 
1. Synchronicity I 3:23
2. Walking in Your Footsteps 3:36
3. O My God 4:02
4. Mother 3:05
5. Miss Gradenko 2:00
6. Synchronicity II 5:00
7. Every Breath You Take 4:13
8. King of Pain 4:59
9. Wrapped Around Your Finger 5:13
10. Tea in the Sahara 4:11
Bonus
11. Murder by Numbers 4:36

Sting - bass guitar, keyboards, lead and backing vocals, oboe, drum machine on "Synchronicity I", saxophone on "O My God"
Andy Summers - electric guitar, keyboards, lead vocals on "Mother"
Stewart Copeland - drums, xylophone, miscellaneous percussion

The Police

TouS aZiMuTS
Many Arms "Many Arms" (2012)
ou "Beaucoup de bras, beaucoup de chocolat"

Ils ne sont que trois, ça nous fait donc 6 bras ce qui n'est pas beaucoup pour un groupe ayant choisi l'étrange patronyme de "Beaucoup de Bras" mais ces petits membres supérieurs, en l'espèce, sont si furieusement actifs qu'on eût pu les penser double, triple même.
Finalement non, Many Arms n'est pas composé de clones de Shiva mais uniquement d'un trio de philadelphiens particulièrement aptes à fusionner free jazz, math rock et tout ce qui leur passe par le cerveau (et y a du passage !) ce qu'ils font furieusement en trois longues explorations aussi loufoques, foutraques et frapadingues que leurs titres le fait penser. Si la bio de Tzadik évoque volontiers Ornette Coleman, Black Flag et Steve Reich (diable ! ce grand écart !) pour tenter d'évoquer l'indescriptible, on y retranchera volontiers le dernier et collera au plus près de la définition qu'a le groupe de sa propre musique : "a loud, aggressive blend of punk and free jazz, tied together with compositions that twist and turn through angular unison melodies and complex rhythmic vamps" soit une musique alliant le chaos et l'élégance avec une improbable grâce et une vraie énergie pas sans rappeler Ahleuchatistas et autres Flying Luttenbachers.
Au bout du compte, ce pinball sonique nous aura bringuebalé (c'est le mot), 45 minutes durant, dans des contrées trop rarement visitées dont les escarpements vertigineux peuvent parfois donner le tournis parce que, clairement, Many Arms ignore tout de l'art subtil du compromis et c'est très bien comme ça ! Et voici donc une spectaculaire addition de plus dans une série "Spotlight" qui n'en manquait déjà pas (Guillaume Perret, Aram Bajakian, etc)... Merci Tzadik.

1. Beyond Territories 15:52
2. In Dealing With The Laws Of Physics On Planet Earth 16:26
3. Rising Artifacts In A Five-Point Field 13:01

Nick Millevoi: guitare
Johnny DeBlase: basse
Ricardo Lagomasino: batterie

Many Arms

STaTe oF GRaCe
Erik Friedlander, Mike Sarin, Trevor Dunn "Broken Arm Trio" (2008)
ou "I Love Cello!"

Des fois, l'obsession a du bon ! Prenez le Broken Arm Trio d'Erik Friedlander, Mike Sarin et Trevor Dunn, je n'aurais été atteint de zornophagie aigüe, je serais probablement passé à côté de ce délicieux album de jazz de chambre mené par le pizzicato précis et précieux d'un partenaire régulier de l'ami John (Zorn, évidemment !)... Vraiment, des fois l'obsession a du bon !
Parce que le Broken Arm Trio , mené donc par Erik Friedlander membre de l'excellent Masada String Trio et interprète d'un des plus beaux Book of Angels (Volac), délivre une performance qui, tant mélodiquement que techniquement, épate.
Mélodiquement parce que ces treize pièces fusionnant allègrement jazz, klezmer et americana aux mélodies accrocheuses frappent direct au cœur et respirent la joie de jouer d'un trio qui s'est bien trouvé.
Techniquement, parce que, n'en déplaise aux amateurs de primitivisme musical, il est tout de même très agréable d'entendre de la musique expertement jouée par trois musiciens aux compétences plus à démontrer. On goute particulièrement à la frappe toute en finesse de Mike Sarin, l’abattage joyeux de Trevor Dunn et, évidemment !, le divin pizzicato (pas d'archet ici !) du maître de cérémonie.
Pour la petite histoire, le nom de la formation (le trio bras cassé) est un hommage direct à Oscar Pettiford qui, s'étant cassé le bras, se redéfinit en violoncelliste. On y retrouve d'ailleurs l'influence du défunt mais pas les stridences et emportements dont il fut coutumier.
Petit album sans prétention mais pas sans ambition, Broken Arm Trio, tournera longtemps sur la platine de ceux qui goutent à ce jazz à la fois ludique et enlevé, ouvert d'esprit, intelligent et abordable. Un vrai tour de force !

1. Spinning Plates 3:23
2. Pearls 4:36
3. Knife Points 2:36
4. Jim Zipper 1:08
5. Pretty Penny 4:15
6. Easy 6:10
7. Cake 3:38
8. Buffalo 1:30
9. Hop Skip 6:47
10. Ink 2:01
11. Big Shoes 4:13
12. In The Spirit 4:00
13. Tiny's 4:44

Erik Friedlander - cello
Trevor Dunn - bass
Mike Sarin - drums

Erik Friedlander

RoaD MuSiC
Karma to Burn "Appalachian Incantation" (2010)
ou "L'usine à riffs du stoner rock"

S'il y a un style musical qui se prête aux randonnées motorisées dans les grands espaces nord-américains, c'est bien le stoner rock, hybride psychédélique de rifferies hard rock early-seventisantes et d'énergie contemporaine. Trop souvent, hélas, il y a un chanteur qui vient parasiter le cocktail électriques de ses insupportables éructations, problème qui ne se pose pas avec les excellents ouest-virginiens de Karma to Burn.
Le choix du (presque) tout artistique n'est pas chez eux un pis-aller mais bien une décision artistique mûrement réfléchie qui leur occasionna d'ailleurs de se voir remercier par le label américano-batavo-nippon Roadrunner Records, non sans s'être d'abord laissés convaincre d'engager un vocaliste avant de bientôt le remercier pour revenir à leur formule originelle. Grand bien leur en prit tant l'art du "riff à rouler" est hardiment maîtrisé par ces trois preux chevaliers gavés d'électricité et de poussière. C'est particulièrement évident sur ce 4ème album, le troisième dans la présente formule donc, et encore plus dans la présente édition supplémentée du délicieux EP, Cat Got Our Tongue.
Comme à leur habitude, Mecum, Mullins et Oswald ne se prennent pas le chou à chercher des titres à leurs pièces, ils les numérotent ! Ca permet, l'air de rien, de juger de l'âge de ladite composition et d'ainsi définir que si Appalachian Incantation se constitue de matériau récent (outre un Twenty-Four qui doit tourner depuis longtemps dans les doigts), le EP propose un retour sur des temps plus anciens quoique les enregistrements soient modernes (de 2009 comme l'album). Musicalement, si l'immense majorité des titre est instrumentale, ce n'est pas pour autant qu'il ne s'agisse pas de vraies chansons parce qu'ici la guitare, soutenue par une solidissime section rythmique, a autant le rôle d'usine à riff (ce qu'elle accomplit avec beaucoup de zèle et d'enthousiasme) mais aussi celui de créateur mélodique qu'aurait habituellement le chant. Comme William Mecum, guitariste du trio, est un inventeur, adaptateur, recycleur hors pair de riffs et un soliste pas manchot, comme en plus le dynamisme général d'une musique parfaitement produite contribue à écarter tout risque de manque d'expression vocale, on est facilement emporté, dodelinant du chef et s'imaginant, cheveux au vent (pour ceux qui en ont encore !) chevauchant fièrement une grosse cylindrée à deux roues, une jolie blonde aux formes généreuses en croupe.
Comme si ça ne suffisait pas, En cerise sur un gâteau pourtant déjà fort alléchant, nous avons le droit à deux "vraies" chansons. Une sur l'album, avec le vocaliste de Year Long Disaster, le possédé Daniel Davies, l'autre sur Cat Got Our Tongue avec le légendaire John Garcia (Kyuss, Hermano, Slo-Burn, etc.), toutes les deux très bonnes et, pour le coup, bienvenues en variatrices d'ambiances de première bourre.
Depuis leur mue instrumentale, chaque album de Karma to Burn mérite l'attention des amateurs de rock gras, costaud mais pas sans finesse, Appalachian Incantation ne fait en aucun cas exception et, même, dans cette version si glorieusement bonussée, mérite la priorité parce que, au risque de me répéter, si vous aimez la guitare qui riffe d'aise, les experts sont bel et bien là.

1. Forty-Four 5:11
2. Forty-Two 3:58
3. Forty-One 4:57
4. Forty-Six 3:13
5. Waiting on the Western World 5:42
6. Forty-Three 4:43
7. Forty-Five 6:36
8. Twenty-Four 3:44

Cat Got Our Tongue EP,
Limited Edition bonus disc
1. Two Times 4:53
2. Fourteen 5:05
3. Ten 2:55
4. Thirteen 4:16
5. Six 3:51
6. Twenty (2009 Re-recording) 3:33
7. Thirty (2009 Re-recording) 3:36

William Mecum - guitar
Rich Mullins - bass
Rob Oswald - drums
&
Daniel Davies - vocals (Waiting on the Western World)
John Garcia - vocals (Two Times)

Karma to Burn

TouS PoiLS Dehors
Ogre "The Last Neanderthal" (2014)
ou "Bestial retour"

Ogre is back, et ça fait un bien fou ! Ben oui, on était sans nouvelle du secret le mieux gardé du hard'n'heavy étasunien depuis leur excellent concept album de 2008, Plague of the Planet, suite auquel le groupe, sans doute usé par le peu de retentissement de leurs impeccables galettes passé un underground spécialisé, avait débranché les amplis, empaqueté le drumkit et fait ses adieux en bonne et due forme.
Mais donc Ogre is back, tudiou !, et la vraie surprise c'est qu'en vérité rien ne change, ni dans le style, ni dans la supérieure inspiration d'un trio encore jamais pris en faute de ce côté là. On retrouve donc avec bonheur un hard rock régressif métallisé à sauce Black Sabbath, un beau petit monstre qui, c'est acquis, n'invente rien mais sert avec une telle vérité, une telle conviction, son cocktail revivaliste qu'on y croit... Dur comme fer !
On y croit d'autant plus facilement que, passée une tonitruante introduction instrumentale, on entre dans le vif du sujet avec le costaud et très réussi Nine Princes in Amber, impeccable démonstration de lourdeur riffée et racée filant droit au but et ne faisant aucun prisonnier, guerrier, quoi, et accessoirement, morceau le plus frontalement rentre-dedans de l'album. Parce que la suite, sans jamais perdre les éléments distinctifs du style Ogre, est plus nuancée avec, notamment, une belle place laissée aux exactions six-cordées d'un Ross Markonish aussi à l'aise dans le troussage d'un riff que l'emballage d'un long solo trippé comme, par exemple, sur le baobab final, The Hermit et ses 11 minutes bien remplies. Le trio se permet même un petit instrumental tranquillou (White Plume Mountain) et la reprise d'un homonyme inconnu originaire des Etats-Unis et du cœur des 70s (Soulless Woman), en l'occurrence, deux respirations bienvenues dans leur implacable brouet en fusion.
Bref, si vous cherchiez un bon gros power trio traditionnaliste et inspiré pour vous ramoner les cages à miel à grands coups de saillies électriques échevelées, ne cherchez plus, Ogre est de retour et The Last Neanderthal répondra à toutes les attentes des amateurs du genre... Carrément !

1. Shadow Earth 0:46
2. Nine Princes in Amber 4:17
3. Bad Trip 8:16
4. Son of Sisyphus 7:20
5. Soulless Woman (Ogre cover) 5:16
6. Warpath 8:28
7. White Plume Mountain 2:20
8. The Hermit 11:00

Ed Cunningham - bass, vocals
Will Broadbent - drums, percussion
Ross Markonish - guitars, synths
&
The Moron Tallywhacker Choir (5)

Ogre

11 commentaires:

  1. Power Trios ! volume zéro

    NoMeansNo "Wrong" (1989)
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    Melvins "Houdini" (1993)
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    The Animal Collective "Merriweather Post Pavilion" (2009)
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    Troyka "Troyka" (2009)
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    Baroness "Yellow & Green" (2012)
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    Pierrejean Gaucher "Melody Makers Vol. 2" (2012)
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    Gary Moore "Blues for Jimi" (2007/12)
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    Duke Ellington "Money Jungle" (1962)
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    The Police "Synchronicity" (1983)
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    Many Arms "Many Arms" (2012)
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    Erik Friedlander "Broken Arm Trio" (2008)
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    Karma to Burn "Appalachian Incantation" (2010)
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    Ogre "The Last Neanderthal" (2014)
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  2. Baroness, Ogre, Karma to Burn... comment 3 personnes peuvent-elles faire autant de bruit ?!? (signé : un anonyme qui déteste le Metal !!!)
    Sélection originale et tentaculaire ! (comme d'hab !)

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    1. Du bruit ? Où ça du bruit ? Et franchement, les trois affreux de NoMeansNo leur mettent une bonne fessée dans le registre.
      Merci de ton passage, Keith.

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  3. Cool, merci pour ce post ! Je prends le Duke, et le Broken Arm :-)
    Si je peux me permettre un peu de critique: représenter Police par leur dernier, Aaaaargh !! C'est comme limiter Noir Désir à Visages-Figures !! Etant un grand fan depuis 1980 (Zenyatta), j'aurais choisi Regatta de Blanc. Mais bon, c'est pas moi qui "poste"... Encore merci !
    Vincent

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    1. N'importe quel Police en vérité. Celui-ci parce qu'il est aussi une déception, non pas sur le contenu mais dans le fait qu'il soit le dernier alors que le groupe continuait d'évoluer. Comme un majestueux oiseau abattu en plein envol.
      Et merci, et enjoie !
      A+

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  4. Merci pour la découverte de Baroness. Magique. J'ai pris aussi le Karma parceque tu en parles bien...j'y vois de la finesse tu as raison mais je suis peut être moins enthousiaste que toi. Je réécoute, promis. Ph

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    1. KtB n'est jamais aussi bon qu'en faisant la route.
      N'hésite pas à picorer dans le reste, aussi.
      Merci de ton passage.

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  5. Je suis toujours impressionné par la variété des disque proposés ici. Il n'y a qu'un mot: Chapeau! Merci!

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    1. En trois mots pour moi :
      Merci, service, enjoie !

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  6. Encore énorme ! D’éclectisme, de guitares, et d'inventivité ... Donc oui, qu'un mot, au risque de me répéter : Merci !
    Aujourd'hui pour moi ce sera Duke, Gary, Melvins, et of course : NomeansNo !

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    1. Le grand écart entre Duke Ellington et NoMeansNo, carrément ! Un beau programme en vue, enjoie !

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