mardi 16 février 2016

Ces chers disparus... 2015 (Deuxième Partie, septembre-juin)

Où l'on continue la revue de ceux qui ont déserté l'effectif, qui nous manquent beaucoup et qu'il n'est donc que temps de célébrer, en musique évidemment.

(septembre)
MoRe RiCo!
The Specials "More Specials" (1980)
ou "Second service"
 
Voici bien un album qui, dès son titre trompeur, More Specials, ne nous dit pas à quelle sauce on va être mangé ou, plutôt, nous fait croire qu'il s'agit exactement de la même que le coup d'avant alors que, nettement, les Specials ont des envies d'ailleurs. Ceci dit, on ne va pas se mentir, le second service des Specials de Terry Hall, la voix, et Jerry Dammers, le cœur, n'est pas tout à fait du niveau de son glorieux devancier mais, donc, ce qu'il perd en urgence, il le gagne dans un goût de l'aventure musicale qui épice joliment la galette. Une galette bien emballée par un Enjoy Yourself enjoué au début, bringuebalant à la fin (version "reprise") et savoureuse en son cœur avec, au hasard parce qu'il n'y a rien à jeter, un Stereotypes ou un Holiday Fortnight à la sauce tex-mex, l'amèrement passionné Do Nothing, un excellent duo de soul jamaïcaine anglicisée avec Rhoda Dakar (Pearl's Cafe), ou d'absolus classiques ska tel que Man at C&A et son atmosphère post-apocalyptique ou Sock It to 'Em J.B. en émérite rock steady "james-bondesque". Il faut dire qu'avec un groupe qui se connaît forcément mieux, et qui en jette même sur le papier avec, notamment, Lee Thompson de chez Madness ou l'excellent Rico Rodriguez (dont la carrière, remontant au début des années soixante en sa Jamaïque d'adoption est impressionnante et qui nous a quitté en septembre dernier), respectivement au sax sur Hey Little Rich Girl et au trombone sur tout l'album, et les compositions, et quelques reprises, au diapason, les Specials, cette fois produits par Dammers lui-même, c'est qui le chef ?, ont mis les petits plats dans les grands. Ca ne fait pas de More Specials un opus aussi joyeusement sudatoire que celui d'avant mais une jolie réussite dans doute déjà symptomatique (l'éparpillement...) des dissensions internes qui viendront bientôt à bout de la formation.

1. Enjoy Yourself 3:39
2. Man at C & A 3:36
3. Hey, Little Rich Girl 3:35
4. Do Nothing 3:43
5. Pearl's Cafe 3:07
6. Sock It to 'Em J.B. 2:56
7. Stereotype/Stereotype, Pt. 2 7:24
8. Holiday Fortnight 2:45
9. I Can't Stand It 4:01
10. International Jet Set 5:37
11. Enjoy Yourself (Reprise) 1:46

Terry Hall - vocals
Lynval Golding - vocals, guitar
Neville Staple - vocals, percussion
Jerry Dammers - organ, piano, keyboards
Roddy Byers - guitar
Sir Horace Gentleman - bass guitar
John Bradbury - drums
Rico Rodriguez - trombone
Dick Cuthell - cornet, flugelhorn, horn
Lee Thompson - saxophone
Paul Heskett - saxophone
Rhoda Dakar - vocals
Belinda, Charlotte and Jane - background vocals

Rico Rodriguez
(17/10/1934 - 4/9/2015)

NeW DaMNeD
The Damned "Phantasmagoria" (1985)
ou "Goth Allures"

Si Captain Sensible est parti, Dave Vanian, Rat Scabies et leurs nouveaux associés, dont un Roman Jugg reconduit, n'ont pas perdu l'envie de faire évoluer l'entité The Damned vers des domaines toujours plus raffinés. Et toujours plus centrés autour des capacités vocales graves de Dave Vanian entraînant, présentement, les punks recyclés dans un rock gothique qui leur va parfaitement au teint. Et donc, les synthétiseurs tisseurs d'ambiances sont de plus en plus présents, les tempi nettement ralentis par rapport aux séminales premières éructations avec l'admirable Brian James, à peine si on les reconnaît, en vérité. Mais ce qui est fort, très fort même, c'est que si les Damned changent, ce n'est pas la première fois et ce n'est pas prêt de s'arrêter, ils n'y perdent pas une once de leur intérêt et, au contraire, relèvent nettement le niveau d'un Black Album et d'un Strawberries pleins de bonnes intentions mais éminemment perfectibles (si pas exempt, chacun, d'excellents moments) où Vanian & Cie sont encore loin de l'indignité d'un Anything franchement raté (et qui entrainera d'ailleurs la première séparation de la formation). Mais pas de ça ici, de bonnes chansons dont quelques single méritants qui iront se glisser dans les charts de leur mère-patrie (Shadow of Love, Is It a Dream, Grimly Fiendish) sans toutefois vraiment casser la baraque  mais aussi une excellente étrangeté comme le titre authentiquement pop interprété par Roman Jugg (Edward the Bear). Bref, avec un groupe solide et compétent parfaitement construit pour l'occasion (pour mémoire, on citera le bassiste de l'exercice, Bryn Merrick, qui nous a quitté il y a quelques mois), une apte production signée du groupe et de Jon Kelly (Chris Rea, Kate Bush, Prefab Sprout, Heather Nova, etc.), ça roule pour ces Damned goths, on recommande !

1. Street of Dreams 5:38
2. Shadow of Love 3:51
3. There'll Come a Day 4:15
4. Sanctum Sanctorum 6:27
5. Is It a Dream 3:27
6. Grimly Fiendish 3:50
7. Edward the Bear 3:37
8. The Eighth Day 3:46
9. Trojans 4:53
Bonus
10. Grimly Fiendish [The Bad Trip Mix] 5:11
11. The Shadow of Love [10 Inches of Hell Mix] 6:41

Dave Vanian - vocals
Roman Jugg - guitar, vocals on track 7, keyboards
Bryn Merrick - bass
Rat Scabies - drums
Andy Richards - additional keyboards
Luís Jardim - percussion
Gary Barnacle - saxophone

Bryn Merrick
(12/10/1958 - 12/9/2015)

Le SuRViVaNT a DiSPaRu
Bar-Kays "Soul Finger" (1967)
ou "Funky avant l'heure"

C'est un peu du Otis en version instrumentale et ce n'est que logique considérant qu'il sagit du backing band de la dernière tournée de Redding. Bien sûr, le cousinage avec Booker T & the MG's est évident, les deux formations sont instrumentales et proposent toutes deux un rythm'n'blues chaud et poisseux typique du Stax Sound des sixties. C'est aussi le seul album d'un groupe qui sera décimé par l'accident d'avion qui coutera aussi la vie à leur patron. Seul le trompettiste Ben Cauley survivra (il vient de nous quitter, R.I.P.) au crash et formera une nouvelle mouture des Bar-Kays avec le bassiste James Alexander (qui avait pris un autre avion du fait du manque de place dans le premier). Vu les circonstances, on aurait aimé - pour rendre un hommage appuyé et mérité aux quatre membres défunts - dire que cet album est du calibre dont on fait les légendes. Ce n'est hélas pas le cas. Il n'en demeure pas moins éminemment sympathique avec son charme si typiquement 60s. On imagine volontiers, par exemple, le Bar-Kays Boogaloo en soundtrack d'une fête dans un film de la même période et, de fait, tout l'album peut s'écouter comme un bande originale de film... avec quelques thèmes nettement plus marquants que d'autres (le précité Boogaloo, l'introductif Soul Finger ou le nuancé Theme from Hell's Angels). Simple et efficace, la musique des Bar-Kays l'est alors. On ne se prend ici pas la tête et se contente de confectionner ce qu'il est convenu d'appeler de la dance music. L'effet a certes été un peu amoindri par les ans mais est loin d'avoir tout à fait disparu. Les amateurs du genre apprécieront.

1. Soul Finger 2:18
2. Knucklehead 2:25
3. With a Child's Heart 2:56
4. Bar-Kay's Boogaloo 2:16
5. Theme from Hell's Angels 2:46
6. You Can't Sit Down 3:05
7. House Shoes 2:45
8. Pearl High 2:32
9. I Want Someone 3:08
10. Hole in the Wall 2:31
11. Don't Do That 2:47

James Alexander - bass
Jimmy King - guitar
Ronnie Caldwell - organ
Carl Cunningham - drums
Phalon Jones - saxophone
Ben Cauley - trumpet
Jim Stewart - supervision

Ben Cauley
(3/10/1947 - 21/9/2015)

FoR Ray
Rollercoaster "Wonderin'" (1980)
ou "Fusion Got Soul"

Une belle équipe bien fusionnante, un répertoire qui s'y prête, un album hélas trop méconnu d'une formation à la courte vie, c'est Wonderin', premier album de Rollercoaster, le suivant arrivera 20 ans plus tard... Pour le répertoire, c'est très simple, outre un original (un délicat et court Mr. W., par le leader de la formation, Karl Jenkins), c'est du Stevie Wonder à tous les étages, 5 sélections, choisis dans son répertoire de 1973 à 1976 (de Innervision à Songs in the Key of Life) où les trémoussantes funkeries du petit gars de la Motown s'habillent de fusionnants atours. Et ça fonctionne, parfaitement, parce que les morceaux s'y prêtaient particulièrement. Tout juste pourra-t-on regretter des synthés un poil trop 80s, à la pointe à l'époque, cruellement démodés aujourd'hui, parce que, sinon, avec des performers de la trempe de Mike Ratledge (Soft Machine), d'Alan Parker (pas le cinéaste, le guitariste !) ou du regretté saxophoniste Ray Warleigh (Mike Oldfield, Nick Drake et même... Stevie Wonder, tiens donc !), c'est une belle usine à groove cuivrés qu'on découvre. Un classique ? Sans doute pas. Une vraie petite perle perdue dans la multitude et les limbes du temps plutôt, un album aussi rare que délicieux qui réchauffe bien l'oreille et donne des envies de gigoter. Pas si mal, non ?

1. I Wish 7:29
2. Boogie On Reggae Woman 6:47
3. Higher Ground 6:38
4. Superstition 7:24
5. Mr. W. 2:37
6. Living for the City 7:28

Ron Mathewson - Bass
Barry Morgan - Drums
Alan Parker - Guitar
Karl Jenkins, Mike Ratledge - Keyboards
Mike Pyne - Piano
Dick Morrissey, Ray Warleigh - Saxophones
Chris Pyne - Trombone
Derek Watkins - Trumpet

Ray Warleigh
(28/9/1938 - 21/9/2015)

(août)
La Grande Faucheuse est en vacances !

(juillet)
youNG MiLeS
Miles Davis and the Lighthouse All-Stars "At Last!" (1953)
ou "Avant la gloire"

Si, clairement, nous sommes loin du Miles cool puis modal qui révolutionnera le monde du jazz, At Last!, dès sa pochette un peu kitsch et ses musiciens blancs en chemises bariolées (on remarquera que, déjà, Davis se détache), est une utile petite bulle temporelle permettant d'entendre le phénomène en ses (très) jeunes années. Qu'y découvre t-on ? Un instrumentiste déjà très doué mais pas seul puisque partageant deux des cinq pistes sur lesquels il joue avec un Rolf Ericson qui ne connaîtra pas le même destin que lui. Et sinon ? Musicalement on est exactement dans ce le jazz des années 50 qui, déjà largement affranchi du swing dont la gloire a passé, laisse de petites formations et leurs individualités s'exprimer à loisir, comme Miles sur un 'Round Midnight où, seul cuivre, il peut laisser libre cours à sa sensuelle approche de la trompette. On notera que, sur cette très sympathique collection, Miles n'est pas la seule star en devenir présente, que les présences, excusez du peu !, de Chet Baker, Bud Shank et Max Roach (uni au contrebassiste Howard Rumsey décédé en 2015), viendront encore attiser l'appétit de l'amateur qui ne sera pas déçu si pas franchement renversé non plus par une galette de belle tenue mais pas légendaire pour autant qui vaut cependant aussi pour son ambiance (c'est du vrai live dans un vrai club) où l'on entend les gens discuter, rire et même, ou alors je rêve, les glaçons s'entrechoquer dans les verres... Tout une époque.

1. Infinity Promenade 12:20
2. 'Round Midnight 5:48
3. Night in Tunisia 12:03
4. Drum Conversation 4:07
5. At Last 5:19

Miles Davis (trompette sur titres 1, 2 et 3)
Chet Baker (trompette sur titres 4 et 5)
Rolf Ericson (trompette sur titres 1 et 3)
Bob Cooper (saxophone ténor sur titres 1 et 3)
Bud Shank (saxophone alto, flûte, saxophone baryton sur titres 1 et 3)
Lorraine Geller (piano)
Russ Freeman (piano)
Howard Rumsey (contrebasse)
Max Roach (batterie)

Howard Rumsey
(7/11/1917 - 15/7/2015)

SPaCe GeRMaiNS
Harmonia "Musik von Harmonia" (1974)
ou "Kraut Deluxe"

Avec Dieter Moebius, qui nous a quitté en juillet 2015, snif, et ses amis, c'est dans l'avant-garde de la musique électronique que nous sommes. Dans celle du krautrock aussi. Il faut dire, sans trop dévoiler le contenu d'une galette qui gagne largement à être découverte "in vivo" que les gars d'harmonia, tous rompus aux expérimentations de leur teutonne scène (Roedelius et Moebius avec Cluster, Rother avec Neu!, deux formations ô combien recommandées aux amateurs de progressisme aventureux et trippé), savent y faire pour tisser d'énigmatiques et dépaysants panoramas que l'auditeur visitera préférablement la tête déjà un peu dans les nuages histoire d'être tout à fait prêt. Plus abstrait et sale que Kraftwerk ou Cluster, mais quand même plus cadré que les malades de Neu!, Can ou Faust, et entièrement instrumental, ce qui évitera à certains de violentes réactions allergiques à l'apparition du vocalisateur de service, l'Harmonia inaugural, Musik von Harmonia donc, est un vrai beau trip et ce n'est pas Brian Eno, qui louangea la galette à qui mieux mieux et participera même à quelques efforts créatifs de ces excellents germains, qui dira le contraire !

1. Watussi 6:00
2. Sehr Kosmisch 10:50
3. Sonnenschein 3:50
4. Dino 3:30
5. Ohrwurm 5:05
6. Ahoi! 5:00
7. Veterano 3:55
8. Hausmusik 4:30

Hans-Joachim Roedelius – organ, piano, guitar, electric percussion
Michael Rother – guitar, piano, organ, electric percussion
Dieter Moebius – synthesizer, guitar, electric percussion

Dieter Moebius
(16/1/1944 - 20/7/2015)

(juin)
FRee aT LaST
Ornette Coleman "The Shape of Jazz to Come" (1959)
ou "Légendaire !"

Un saxophone en plastique (!), un trio de lieutenants aussi furieux que lui et, évidemment, un vorace appétit à révolutionner un idiome ancien, c'est The Shape of Jazz to Come d'Ornette Coleman, un album qui porte merveilleusement son titre parce que, franchement, s'il y a un album de jazz de cette fin des années cinquante qui chamboule tout, c'est bien celui-ci. Il fallait bien un agitateur comme Coleman pour parvenir à ce haut fait, qui devait s'appeler Congeniality (comme la chanson) avant que le boss d'Atlantic, Ahmet Ertegun, ne le renomme ô combien à raison, pour confectionner ce jazz chaotique et barré, sans compromis on peut le dire, qui n'en finit pas de faire des petits, d'influencer de jeunes pousses (même dans le rock !). Evidemment, contrairement à quelques autres grands albums de l'an, on pense évidemment à la référence ultime, le Kind of Blue de Miles Davis, il faut un estomac bien accroché voire une éducation auditive poussée pour "comprendre" tout ce qui s'y passe mais, vraiment, une fois passé l'obligatoire délai d'adaptation à la folie furieuse du présent quatuor où chacun brille et fait briller son voisin (et quels voisins avec le fameux cornettiste, et trompettiste mais pas ici, Don Cherry, le contrebassiste Charlie Haden qui nous a récemment quitté, RIP, et le spectaculaire batteur qu'est Billy Higgins, le moins connu du lot et c'est injuste !), ce n'est que du bonheur, si un bonheur, ne le nions pas, un poil masochiste. Parce qu'ici la mélodie est torturée, dévoyée, détournée, déconstruite et reconstruite pour arriver à un résultat... Ben, révolutionnaire, il n'y a pas d'autre mot ! Après The Shape of Jazz to Come, et ce malgré l'accueil d'époque plutôt frais qui lui fit fait, et vu le choc que ça a dû être on peut presque le comprendre, rien ne sera plus jamais vraiment pareil... Et c'est très bien comme ça ! Alors on dit quoi ? Bravo Mister Coleman ! Et merci pour ces longues et riches années de prospection musicale, vous nous manquez déjà.

1. Lonely Woman 4:59
2. Eventually 4:20
3. Peace 9:04
4. Focus on Sanity 6:50
5. Congeniality 6:41
6. Chronology 6:05

Ornette Coleman – alto saxophone
Don Cherry – cornet
Charlie Haden – bass
Billy Higgins – drums


Ornette Coleman
(9/3/1930 - 11/6/2015)

PoMPFeST
Yes "Fragile" (1971)
ou "Yes they can!"

C'est le Yes du progressisme triomphant, celui d'avant les errances mégalomaniaques d'océans peut-être topographiques mais assurément ampoulés, alourdis de trop de frasques instrumentales pour ne pas un peu ennuyer, celui de Fragile, peut-être le tout meilleur album de Yes, dès 1971. Concrètement, 4ème album des anglais, premier avec le claviériste Rick Wakeman, c'est tout sauf un détail, Fragile marque le moment où Yes trouve vraiment son style, où, avec le complément d'un nouvel instrumentiste capable de répondre aux ambitions symphoniques de ses petits camarades de jeu, les londoniens réussissent leur plus beau coup qui sera, ce qui n'était que mérité, leur explosion critique et commerciale. Parce qu'avec un virtuose de plus dans ses rangs, un maître du Moog (là où Tony Kaye, son prédécesseur, se refusait au synthétiseur "in"), Anderson, Howe, Squire (il n'a pas fini de nous manquer, celui-là) et Bruford on trouvé la cinquième colonne capable de supporter leur grandiloquent édifice. Howe y trouve un partenaire avec qui il peut dialoguer lors de précieux soli, Anderson un support idéal pour ses vocalises androgynes et emphatiques, Squire et Bruford un véhicule vrombissant pour complémenter leurs excès rythmiques, bref, l'équipe idéale. Et les chansons qui vont avec, en plus, parce que de Roundabout, un titre qui vient encore hanter les setlist du groupe aujourd'hui, au majestueux Heart of Sunrise, la collection épate. Parce qu'il y faut évidemment plus que ces deux mastodontes pour faire de Fragile la référence qu'il est devenu, on trouve d'autres vrais délices dans la galette dont quelque jolies miniatures (le précieux détournement instrumental du Johannes de Cans and Brahms, le chaeur hippie We Have Heaven, l'intermède fusion Five Per Cent for Nothing, un orientalisant The Fish créé par Chris Squire, le Mood for a Day d'Howe à la guitare classique), une petite chanson presque pop qui fait son effet (Long Distance Runaround) et bien sûr un South Side of the Sky pour nous faire décoller vers les étoiles. Un sans faute ! Auquel, remaster oblige, se rajoute un vrai beau bonus avec la belle reprise de l'America de Simon & Garfunkel que le groupe avait en tête depuis longtemps (avant même de se renommer Yes, en fait) qui, imaginative et maîtrisée, rallonge agréablement le festin. Parfait jusque dans sa production (signée du groupe et d'Eddy Offord, qui travailla aussi avec ELP, Rory Gallagher ou la Baker Gurvitz Army), Fragile est un indéniable pilier du rock progressif des années 70, un album où l'évident virtuosité n'est pas encore onanisme, un must tout simplement !

1. Roundabout 8:30
2. Cans and Brahms 1:38
3. We Have Heaven 1:40
4. South Side of the Sky 8:02
5. Five Per Cent for Nothing 0:35
6. Long Distance Runaround 3:30
7. The Fish (Schindleria Praematurus) 2:39
8. Mood for a Day 3:00
9. Heart of the Sunrise 11:27
Bonus
10. America 10:33
11. Roundabout (Early Rough Mix) 8:35

Jon Anderson - lead and backing vocals
Steve Howe - electric and acoustic guitars, backing vocals
Chris Squire - bass guitars, backing vocals, electric guitar
Rick Wakeman - Hammond organ, grand piano, RMI 368 Electra-Piano and Harpsichord, Mellotron, Minimoog
Bill Bruford - drums, percussion

Chris Squire
(4/3/1948 - 27/6/2015)
L'oRGaNiSTe
Eddy Louiss "Porgy & Bess" (1971)
ou "Gershwin in Paris"

Un big band de qualité, un répertoire inattaquable, Porgy & Bess !, mené par un duo de choc, l'organiste Eddy Louiss (R.I.P.) et l'arrangeur/trompettiste Ivan Jullien, ce volume de la série Jazz in Paris a tout pour séduire. Et il séduit parce que les arrangements aux petits oignons (du pur big band qui swingue sa maman et met même un peu de fusion dans son bouillon) font carrément mouche en trouvant leur propre chemin dans un répertoire pourtant surexploité, que la performance de  tous les solistes mais plus particulièrement d'un Eddy Louiss particulièrement inspiré par le matériel (qui évite l'éculé Summertime, parfait) et d'un André Ceccarelli en mode "Buddy Rich sinon rien" font leur petit effet, que la prise de son d'excellente qualité permet de parfaitement gouter à la performance d'ensemble comme individuelle... Bref, une belle galette de jazz de chez nous qu'on recommande chaudement, et pas seulement, même si ça contribue, pour se souvenir qu'Eddy Louiss était bien plus qu'un organiste ayant, à l'occasion, servi de sideman à Claude Nougaro.

1 My Man's Gone Now  6:59 
2 There's A Boat Dat's Leavin' Soon For New York  7:53 
3 Gone, Gone, Gone!  10:33 
4 Street Cries (Strawberry Woman, Crab Man)  1:17 
5 Bess, You Is My Woman Now  6:35 
6 Clara, Don't You Be Downhearted  3:02 

Organ – Eddy Louiss
Alto Saxophone – Jacques DiDonato, Pierre Gossez
Arranged By, Conductor – Ivan Jullien
Baritone Saxophone – Jacques Nourredine
Double Bass – Jacky Samson
Drums – André Ceccarelli
Electric Bass – Francis Darizcuren
Electric Guitar – Pierre Cullaz
Engineer – Francis Miannay
French Horn – Jean-Jacques Justafre, Yves Valada
Percussion – Bernard Lubat, Luis Agudo, Marc Chantereau
Piano, Electric Piano – Michel Graillier
Tenor Saxophone – Robert Garcia, Jean-Louis Chautemps
Trombone – André Paquinet, Benny Vasseur, Christian Guizien, Gérard Massot, Jacques Bolognesi
Trumpet – Fernand Verstraete, Ivan Jullien, Jean Baissat, Maurice Thomas, Michel Poli, Tony Russo
Tuba – Marc Steckar

Eddy Louiss
(2/5/1947 - 30/6/2015)

7 commentaires:

  1. Ces chers disparus... 2015 (Deuxième Partie, septembre-juin)

    The Specials "More Specials" (1980)
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    The Damned "Phantasmagoria" (1985)
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    Bar-Kays "Soul Finger" (1967)
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    Rollercoaster "Wonderin'" (1980)
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    Miles Davis and the Lighthouse All-Stars "At Last" (1953)
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    Harmonia "Musik von Harmonia" (1974)
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    Ornette Coleman "The Shape of Jazz to Come" (1959)
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    Yes "Fragile" (1971)
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    Eddy Louiss "Porgy & Bess"
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  2. Hello & thanks for all your work here! Is there any chance of a reupload of Kinks in Mono please? It would be greatly appreciated..

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    1. check it out:
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    2. Fantastique! I bookmarked this page & checked it every day but did not expect such a quick response. You're the best! Came home from a hard week's work & feel like I got the best reward ever. Will respond in the reup comments after listening. Merci beaucoup mon ami!

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  3. Merci pour Harmonia. Ca me changera peut-être du Grateful Dead, mon état devenant pathologique à ce niveau-là en ce moment...

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    1. Je vois pas bien le rapport entre Grateful Dead et Harmonia (le trip ?) mais je te souhaite de bonnes écoutes d'un album krautrock à mon humble avis absolument essentiel. Enjoie !

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