mercredi 24 février 2016

Ces chers disparus... 2015 (Troisième Partie, mai-mars)

Où l'on remonte encore un peu l'année passée afin d'hommager nos chers disparus. Souvenez-vous...

(mai)
PuRPLeXiTé
Rainbow "Ritchie Blackmore's Rainbow" (1975)
ou "New Ritchie"

Sorti avec pertes et fracas du Deep Purple qu'il avait été à fonder, Ritchie Blackmore ne fut pas long à retomber sur ses pattes et à se lancer dans une nouvelle aventure, Rainbow. Pour ce faire, souhaitant recruter un Ronnie James Dio fidèle à son groupe d'alors, Elf, Blackmore n'hésita pas à recruter tout le groupe... sauf son guitariste, bien -sûr !, afin d'assouvir sa version d'un hard rock fin et racé. Sa version ? C'est Deep Purple débarrassé de toutes les influences funk et soul qui, grâce à messieurs Coverdale et Hughes, avaient fini par prendre trop de place au goût du taciturne guitariste, auquel ont été ajoutées quelques influences médiévales puisque, déjà, Blackmore se voit en espèce de troubadour électrique. Présentement, avec une sélection effleurant les possibles dictés par le patron, du bon gros hard rock avec Man on the Silver Mountain, Self Portrait et Sixteenth Century Greensleeves, du qui louche vers le progressisme avec la belle ballade Catch the Rainbow ou le rampant Temple of the King, du qui rocke et roule agréablement comme Black Sheep in the Family, Snake Charmer et If You Don't Like Rock n' Roll, et même un exercice de haute volée guitaristique avec Still I'm Sad, Rainbow s'impose déjà comme une formation capable de moult prodiges d'autant que ses instrumentistes ne sont pas manchots et que Ronnie (et sa voix d'or) semble le parfait compagnon du fantasque Ritchie. Evidemment, rétrospectivement, si on compare ces versions un poil mollassonnes à celles de l'explosive formation qui suivra, les compétents Mickey Lee Soule, Gary Driscoll et Craig Gruber, ce dernier disparu en mai dernier, éjectés et remplacés des Tony Carey, Jimmy Bain, qui lui nous a quitté il y a quelques semaines, R.I.P., et l'épatant Cozy Powell afin d'offrir à l'exigeant leader une formation à la mesure de ses extravagances guitaristiques, l'avantage n'ira pas au présent mais, sur ses propres mérites, vierge de toute comparaison, ce Ritchie Blackmore's Rainbow est une bonne petite galette débutant joliment la carrière d'une formation qui fera date.

1. Man on the Silver Mountain 4:42
2. Self Portrait 3:17
3. Black Sheep of the Family 3:22
4. Catch the Rainbow 6:27
5. Snake Charmer 4:33
6. Temple of the King 4:45
7. If You Don't Like Rock n' Roll 2:38
8. Sixteenth Century Greensleeves 3:31
9. Still I'm Sad 3:51

Ronnie James Dio – lead vocals
Ritchie Blackmore – guitar
Micky Lee Soule – piano, mellotron, clavinet, organ
Craig Gruber – bass
Gary Driscoll – drums
&
Shoshana
– backing vocal

Craig Gruber
(22/6/1951 - 5/5/2015)

SeXy THiNG
Hot Chocolate "Hot Chocolate" (1975)
ou "Chaud devant !"

Au cœur des septantes, des londoniens décident de faire la nique à leurs cousins nord-américains dans un genre assez rare de ce côté de l'Atlantique, la soul/funk, c'est Hot Chocolate et leur divin second album, cet éponyme de 1975 qui voit une formation avec autant de conscience sociale et de sensualité qu'un Marvin Gaye, s'affirmer comme une belle surprise dont la provenance en surprit plus d'un. Il faut dire qu'à l'image de l'énorme tube de la galette, You Sexy Thing, que vous connaissez tous, c'est à une belle fête de funk bien groovy, bien cuivré mais, surtout, d'une implacable efficacité à laquelle nous nous voyons conviés. Original ? Certes pas mais avec une voix aussi crédible que celle du regretté Errol Brown (R.I.P., 06/05/2015) qu'on entrevoye régulièrement le cousinage avec quelques tauliers du genre (d'Ohio Players en passant par Earth, Wind & Fire ou Kool & the Gang) tient plus de la communion d'esprit que de la lourde référence. Parce que, voilà, que ce soit sur un funk tribal qui rappellerait presque la tribu Clinton (Call the Police), sur un autre où les tours de cuivres n'ont rien à envier à leurs collègues (écossais, eux) d'Average White Band (Hello America) ou sur une belle ballade bien larmoyante comme on aime (A Warm Smile, plus hippie que funky en fait mais pas moins intéressant pour autant), ces anglo-jamaïcains n'ont, présentement, absolument pas à redouter la concurrence. Hélas, la suite de leur aventure, pas dénuée d'intérêt, ça non, sera nettement moins satisfaisante que ce second opus dont, re-hélas, on a trop tendance à ne sortir que son épatant single. Mais Hot Chocolate était plus qu'un bête one-hit-wonder de plus... Ici, il est même chaudement recommandé aux amateurs de funk/soul typique des septantes. 

1. Hello America 3:25
2. The Street 5:09
3. Call The Police 3:59
4. Dollar Sign 2:58
5. You Sexy Thing 4:05
6. A Child's Prayer 3:52
7. A Warm Smile 5:24
8. Amazing Skin Song 4:05
9. Love's Coming On Strong 3:42
10. Lay Me Down 3:29
Bonus
11. Cheri Babe 2:52
12. Sexy Lady 3:20
13. Blue Night 4:02
14. You Sexy Thing (B-Side Version) 4:01
15. Everything Should Be Funky 3:06
16. You Sexy Thing (Single Version) 4:04

Errol Brown – lead vocals
Tony Wilson – bass guitar, vocals
Harvey Hinsley – lead guitar, acoustic guitar, backing vocals
Patrick Olive – percussion, bass guitar, backing vocals
Tony Connor – drums, electric Piano, backing vocals
Larry Ferguson – keyboards
The CCS Horns – 2 trumpets, 1 trombone, alto, baritone and tenor saxophones

Errol Brown
(12/11/1943 - 6/5/2015)

THe KiNG iS DeaD
B.B. King "Live at the Regal" (1965)
ou "Long live the King!"

Le King of the Blues, B.B., qui d'autre, au top de ses (encore) jeunes années, en live !, histoire de se souvenir qu'il nous a quitté il y a presque un an, snif. Présentement, au Regal de Chicago, pas sur ses terres du Sud mais sur une vraie terre de blues quoi, King prouve ô combien il est un maître de la scène chauffant à blanc un public qui, de blues vrombissants enluminés de cuivres rutilants, de son registre vocal du tonitruant au susurrant, de sa guitare évidemment qui brille de tous ses feux, mais aussi des petites vignettes qui introduisent chaque sélection passe entre les mains expertes d'un entertainer hors pair et en demandent encore, encore, encore ! Il faut dire qu'en plus d'être secondé par un groupe de toute première bourre, une petite formation, certes, mais pour un effet bœuf, B.B. égrène quelques beaux classiques qu'ils soient du répertoire (Everyday I Have the Blues de Memphis Slim), de songwriters professionnels comme ça se faisait alors souvent ou de sa propre plume ( Sweet Little Angel et You Done Lost Your Good Thing Now par exemple) qui font de ce Live at the Regal un authentique sommet de leur auteur et du blues électrique tout court certes pas exactement hi-tech (la prise de son est d'époque) mais tellement vibrant de vie et de passion... Recommandé ? Non, obligatoire !

1. Every Day I Have the Blues 2:38
2. Sweet Little Angel 4:12
3. It's My Own Fault 3:29
4. How Blue Can You Get 3:44
5. Please Love Me 3:01
6. You Upset Me Baby 2:22
7. Worry, Worry 6:24
8. Woke Up This Mornin' 1:45
9. You Done Lost Your Good Thing Now 4:16
10. Help the Poor 2:58

B.B. King – guitar, vocals
Leo Lauchie – bass
Duke Jethro – piano
Sonny Freeman – drums
Bobby Forte, Johnny Board – tenor saxophone

B.B. King
(16/9/1925 - 14/5/2015)

WaLL oF Sound
Michael Jackson "Off the Wall" (1979)
ou "L'incontournable"

C'est l'album du retour en solo du petit prince de la soul, avec une nouvelle équipe menée par celui qui lui offrira ses plus beaux succès, Quincy Jones, l'album d'un Michael Jackson qui a compris qu'en métissant son funk/soul de blancs artifices, il toucherait un public plus large, plus client du format album auquel il se dévoue, aussi. Parce que, si présentement, Michael n'est pas encore le roi de la pop qu'il deviendra quatre ans plus tard avec l'album de tous les records, Thriller, c'est bien ici qu'il commence le chemin et, même, on ira jusqu'à dire cette soul/funk blanchie juste ce qu'il faut (pas comme son auteur qui est encore bien black !), qui a donc tout pour attirer les foules dans la nouvelle carrière de l'ex-enfant star, est le meilleur compromis auquel soit arrivé Jackson dans sa carrière solo. Et les chansons ? Il y a les tubes, bien-sûr, nombreux et plus irrésistibles les uns que les autres (Don't Stop 'Til You Get Enough, du disco certes mais suprême !, Rock with You, de la soul sensuelle et cordée qui groove caliente, Off the Wall ou l'archétype de l'exercice sudatoire de club et pourtant mélodiquement tout doux,  Girlfriend et sa pure soul seventies qui va si bien au teint de Jackson et She's Out of My Life en idéale ballade saccharosée et tire-larmes) mais aussi le reste (un I Can't Help It délicatement jazzy, merci Quincy ou l'exercice de Philly Funk de Get on the Floor, pour l'exemple) d'un album compositionnellement inspiré forcément mais, surtout, joué (il y a du monde dont le Brothers Johnson, Louis, qui nous a quitté en mai 2015 à la grosse basse mais aussi George Duke, Phil Upchurch, Paulinho Da Costa, etc., que du beau monde !),  arrangé et produit aux petits oignons, et l'écrin, ce n'est pas rien ! Bref, vous l'aurez compris, Off the Wall c'est du Michael Jackson suprême, tout simplement.

1. Don't Stop 'Til You Get Enough 6:06
2. Rock with You 3:40
3. Working Day and Night 5:14
4. Get on the Floor 4:39
5. Off the Wall 4:06
6. Girlfriend 3:06
7. She's Out of My Life 3:38
8. I Can't Help It 4:30
9. It's the Falling in Love 3:48
10. Burn This Disco Out 3:41
Bonus
11. Quincy Jones Interview #1 0:37
12. Introduction to Don't Stop 'Til You Get Enough Demo 0:13
13. Don't Stop 'Til You Get Enough (Original Demo from 1978) 4:48
14. Quincy Jones Interview #2 0:30
15. Introduction to Workin' Day and Night Demo 0:10
16. Working Day and Night (Original Demo from 1978) 4:19
17. Quincy Jones Interview #3 0:48
18. Rod Temperton Interview 4:57
19. Quincy Jones Interview #4 1:32

Michael Jackson – lead and backing vocals, co-producer, percussion
Randy Jackson – percussion
Michael Boddicker – keyboards, synthesizers, programming
Larry Carlton – electric guitar
George Duke – keyboards, synthesizers, programming
David Foster – keyboards, synthesizers, programming
Gary Grant – trumpet, flügelhorn
Marlo Henderson – guitar
Jerry Hey – trumpet, flügelhorn
Kim Hutchcroft – saxophone, flute
Louis Johnson – bass guitar
Quincy Jones – producer
Greg Phillinganes – keyboards, synthesizers, programming
Steve Porcaro – keyboards, synthesizers, programming
William Reichenbach – trombone
John "JR" Robinson – drums
Bruce Swedien – recording engineer
Phil Upchurch – guitar
Bobby Watson – bass guitar
Wah Wah Watson – guitar
David Williams – guitar
Larry Williams – saxophone, flute
Richard Heath – percussion
Paulinho da Costa – percussion
David "Hawk" Wolinski – electric piano
Patti Austin – backing vocals
Jim Gilstrap – backing vocals
Augie Johnson – backing vocals
Mortonette Jenkins – backing vocals
Paulette McWilliams – backing vocals
Zedrick Williams – backing vocals
Horn and string arrangements by Jerry Hey and performed by The Seawind Horns, Ben Wright, Johnny Mandel.

Louis Johnson
(13/4/1955 - 21/5/2015)

(avril)
PRoGeSTRa
Procol Harum "Live: In Concert With The Edmonton Symphony Orchestra" (1971)

Du rock symphonique avec un grand orchestre et chœur, en live et au Canada en l'occurrence, rien que de très logique pour un Procol Harum pour qui tout roule depuis leurs débuts et un Whiter Shade of Pale obscurcissant hélas trop souvent le reste de leur répertoire. Présentement, c'est de la première captation live de la formation dont il s'agit, du premier enregistrement sans Robin Trower, aussi, parti tenter sa chance en solitaire et remplacé ici par Dave Ball (disparu en avril dernier, R.I.P.) qui réussit parfaitement son intérim avant de claquer la porte lors de l'enregistrement de l'album studio suivant. C'est aussi une œuvre ambitieuse, et probablement la réalisation d'un fantasme de Gary Brooker et les siens mais qui, contrairement à son équivalent chez Deep Purple (Concerto for Group and Orchestra), fonctionne parfaitement. Sans doute la musique de Procol Harum, un cousin (pas si) éloigné de Moody Blues passés maîtres dans l'exercice (Days of Future Past), est-elle plus appropriée à cette union mais, surtout, avec un orchestre soulignant l'emphase habituelle de la formation sans trop l'empeser d'inutiles chichis, gagne-t-elle en puissance et en émotion. Ainsi voit-on favorablement passer à la moulinette orchestrale quelques titres déjà classiques du groupe (Conquistador, A Salty Dog) avant de tomber sur le pièce de résistance, l'énorme composition à tiroirs In Held 'Twas In I qui, 19 minutes durant, c'est d'époque !, ravira les mélomanes amoureux d'aventureuses entreprise symphoniques et progressives de très haut vol, c'en est !, jusqu'à un final en cordes et en chœurs à faire chavirer de bonheur. Ajoutons que la prise de son excellente, les trois bonus pas inutiles du remaster viennent couronner une authentique réussite live ET orchestrale. Bravo messieurs, on ne regrette pas d'avoir attendu 5 albums pour un tel haut-fait.

1. Conquistador 5:02
2. Whaling Stories 7:41
3. A Salty Dog 5:34
4. All This and More 4:22
5. In Held 'Twas In I 19:00
a) Glimpses of Nirvanab) 'Twas Teatime at the Circusc) In the Autumn of My Madnessd) Look to Your Soule) Grand Finale
Bonus
6. Luskus Delph 3:38
7. Simple Sister (Rehearsal) 3:20
8. Shine On Brightly (Rehearsal) 4:04

Chris Copping - organ
Alan Cartwright - bass guitar
B.J. Wilson - drums
Dave Ball - guitar
Gary Brooker - piano and vocals
Keith Reid - lyrics
&
The Edmonton Symphony Orchestra

The Da Camera Singers

Dave Ball
(30/3/1955 - 1/4/2015)

SouTHeRN CoMFoRT
Lynyrd Skynyrd "Pronounced 'Leh-'nérd 'Skin-'nérd" (1973)
ou "On dirait le Sud"

Plus bouseux et directs que leurs modèles des Allman Brothers Band, il fallut du temps à Lynyrd Skynyrd pour trouver la maison de disque qui leur permettrait d'exprimer leurs racines sudistes, eux dont les premiers ébats remontent à 1964. C'est avec MCA (à qui ils dédieront bientôt une chanson, Working for MCA) et l'album qui explique comment on doit prononcer leur étrange patronyme que commence la fructueuse collaboration d'un des, voire du, plus typiques des groupes de southern rock. Présentement, mis en son et guidés par un Al Kooper aussi impliqué instrumentalement (il remplace Leon Wilkeson, parti mais qui ne tardera pas à revenir, à la basse et contribue également au Mellotron, à l'orgue, à la mandoline et aux chœurs), avec un répertoire longtemps remis sur l'ouvrage que, du coup, l'alors sextet connaît de la semelle de ses santiags à la pointe de son Stetson. Et quel répertoire !, avec, déjà, quelques-uns des plus beaux classiques de leur répertoire (qui seront tous surpassés en live, précisons-le), toute périodes considérées, dont les inusables Tuesday's Gone (riche de moult joutes guitaristiques du plus bel effet), Gimme Three Steps (entrainant comme pas deux), un Simple Man bien plus raffiné et finaud qu'on ne l'imaginerait de ces cowboys-là et, évidemment, l'épique et vibrant Free Bird (cette performance de Ronnie !) qu'on ne devrait normalement plus avoir à "vendre". Dans le remaster, avec en plus quelques savoureuses démos, c'est un bonheur absolument total pour qui aime son rock bien roots et lardés de six-cordes stratosphériques, et un bon moyen de se souvenir du batteur original de la formation, Bob Burns qui partit rejoindre, en avril dernier, ses vieux copains aéro-accidentés, et fasse le grand barbu dans les nuages qu'ils jamment jusqu'à la fin des temps.

1. I Ain't the One 3:53
2. Tuesday's Gone 7:32
3. Gimme Three Steps 4:30
4. Simple Man 5:57
5. Things Goin' On 5:00
6. Mississippi Kid 3:56
7. Poison Whiskey 3:13
8. Free Bird 9:09
Bonus
9. Mr. Banker (Demo) 5:23
10. Down South Jukin' (Demo) 2:57
11. Tuesday's Gone (Demo) 7:56
12. Gimme Three Steps (Demo) 5:20
13. Free Bird (Demo) 11:09

Ronnie Van Zant – lead vocals, lyrics
Gary Rossington – lead guitar on "Tuesday's Gone", "Gimme Three Steps", "Things Goin' On", "Poison Whiskey", "Simple Man", rhythm guitar on the others, slide guitar on "Free Bird"
Allen Collins – lead guitar on "I Ain't The One", "Simple Man" & "Free Bird", rhythm guitar on the others
Ed King – lead guitar on "Mississippi Kid", bass on all tracks except "Mississippi Kid" and "Tuesday's Gone"
Billy Powell – keyboards
Bob Burns – drums except on "Tuesday's Gone"
&
Al Kooper
– bass, Mellotron and back-up harmony on "Tuesday's Gone", mandolin & bass drum on "Mississippi Kid", organ on "Simple Man", "Poison Whiskey" and "Free Bird", Mellotron on "Free Bird"
Robert Nix – drums on "Tuesday's Gone"
Bobbye Hall – percussion on "Gimme Three Steps" and "Things Goin' On"
Steve Katz – harmonica on "Mississippi Kid"

Bob Burns
(24/11/1950 - 3/4/2015)

Le Roi eST MoRT...
Ben E. King "Don't Play That Song!" (1962)
ou "...Vive le Roi !"

Troisième opus du soulman, Don't Play That Song! est aussi court qu'il est bon, et contient l'énorme tube de monsieur Ben E. King, Stand by Me évidemment... Alors, mieux qu'une bête compilation, plongez dans le cru 1962 d'un artiste qui nous a hélas quitté en avril dernier. Qu'y entend-on ? Un ex-Drifters (formation de doo-wop de la fin des années 50) se frottant au tout nouvel exercice d'une soul music naissante où tout ou presque reste encore à définir ce dont ne se prive pas l'équipe de production composée d'Ahmet Ertegun (le patron du label) et de la paire de songwriters Jerry Leiber et Mike Stoller et l'arrangeur de l'exercice, Stan Applebaum. Il faut dire que, sixties obligent, King apparaît plus comme un interprète certes fort inspiré mais nettement plus exécutant que créateur (à la notable de exception de Stand by Me, composé et Leiber et Stoller et d'I Promise Love, avec un dénommé Lover Patterson) mais, étant donné que les chansons sont excellentes (mention particulière au dynamique Ecstasy et à l'énorme tube, à raison, Stand by Me) qu'on y entend moult idées de mise en son ou d'arrangement qui se verront ensuite recyclés par de nombreux artistes. Le gros défaut de Don't Play That Song! ? Avec même pas 30 minutes, il est vraiment trop court et c'est, en vérité, tout ce qu'on peut reprocher à une belle galette soul totalement typique de son temps (un Sam Cooke ne faisait pas alors autre chose) et absolument réussie.

1. Don't Play That Song (You Lied) 2:46
2. Ecstasy 2:32
3. On the Horizon 2:18
4. Show Me the Way 2:18
5. Here Comes the Night 2:24
6. First Taste of Love 2:20
7. Stand by Me 2:57
8. Yes 3:03
9. Young Boy Blues 2:17
10. The Hermit of Misty Mountain 2:20
11. I Promise Love 2:05
12. Brace Yourself 2:08

Ben E. King
(28/9/1938 - 30/4/2015)

(mars)
By THe HoRNS
Blood, Sweat & Tears "Blood, Sweat & Tears" (1968)
ou "Great Fusion"

Si c'est le second album des new-yorkais de Blood, Sweat & Tears, c'est celui où la formation trouve vraiment son style et s'impose, avec Chicago, Tower of Power et quelques autres, comme une des forces vives d'une musique qui, fusion de jazz, de rock et de soul est alors en pleine ascendance en Amérique du Nord. Avec une moitié de la formation renouvelée, et surtout le départ d'Al Kooper précédemment capitaine fermement à la barre, c'est une formation différente qui s'avance, une formation qui n'a plus autant envie d'expérimenter et, du coup, se recadre vers un format chanson plus abordable pour les masses consommatrices de 33 tours. Opportunisme ? Que nenni ! Déjà parce que l'art de l'aventure n'a pas totalement disparu tout de même, reste tout de même une réinterprétation sensible et intelligente des trois Gymnopédies d'Erik Satie, un Spinning Wheel qui, certes, fut un tube (un énorme avec ça !) mais reste un bel animal étrange et pittoresque avec ses nombreuses cassures rythmiques et mélodiques ou un Blues - Part II, medley de quelques classiques ou hits de l'époque (Sunshine of Your Love de Cream, un Spoonful popularisé par le divin Howlin' Wolf et Somethin' Goin' On de l'ex du groupe, Al Kooper) cimenté par la jammante personnalité d'un groupe où il y a du beau monde, comme un Lew Soloff (R.I.P. 2015) enfilant aisément le costume du démissionnaire Randy Brecker, et où chacun a voix au chapitre. Mais, sur les autres sélections de l'album, c'est presque une toute autre messe qui est dite, celle d'un groupe recentré sur le format chanson et qui, audiblement, sait très bien y faire avec, au hasard parce que tout y est bon, un Smiling Phases au groove irrésistible, des relectures de qualité du God Bless the Child de Billie Holiday (avec un break afro-cubain !) ou du You've Made Me So Very Happy de la Tamla-Motown girl, Brenda Holloway... Que du bon. Et un album qui rencontrera son public s'écoulant à quelques 4 millions d'exemplaires juste aux U.S.A., un succès amplement mérité pour une formation qui ravira les amateurs de jazz/funk/soul/blues/rock de ces finissantes années soixante.

1. Variations on a Theme By Erik Satie (1st and 2nd Movements) 2:35
2. Smiling Phases 5:11
3. Sometimes in Winter 3:09
4. More and More 3:04
5. And When I Die 4:06
6. God Bless the Child 5:55
7. Spinning Wheel 4:08
8. You've Made Me So Very Happy 4:19
9. Blues – Part II 11:44
10. Variations on a Theme By Erik Satie (1st Movement) 1:49
Bonus
12. More and More (Live at The Cafe au Go-Go 8-2-68) 4:38
13. Smiling Phases (Live at The Cafe au Go-Go 8/2/68) 18:44

David Clayton-Thomas – lead vocals except as noted
Lew Soloff – trumpet, flugelhorn
Bobby Colomby – drums, percussion, vocals
Jim Fielder – bass
Dick Halligan – organ, piano, flute, trombone, vocals
Steve Katz – guitar, harmonica, vocals, lead vocals on "Sometimes In Winter"
Fred Lipsius – alto saxophone, piano
Chuck Winfield – trumpet, flugelhorn
Jerry Hyman – trombone, recorder

Lew Soloff
(20/2/1944 - 8/3/2015)

13 commentaires:

  1. Ces chers disparus... 2015 (Troisième Partie, juin-mars)

    Rainbow "Ritchie Blackmore's Rainbow" (1975)
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    Hot Chocolate "Hot Chocolate" (1975)
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    B.B. King "Live at the Regal" (1965)
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    Michael Jackson "Off the Wall" (1979)
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    Procol Harum "Live In Concert With The Edmonton Symphony Orchestra" (1971)
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    Lynyrd Skynyrd "Pronounced 'Leh-'nérd 'Skin-'nérd" (1973)
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    Ben E. King "Don't Play That Song!" (1962)
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    Blood, Sweat & Tears "Blood, Sweat & Tears" (1968)
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  2. Cher Zornophage, ces posts nécrologiques sur tous ces seconds couteaux sont passionnants avec la mine d'infos fournies et constituent un bel hommage, car sans eux les premiers de cordée n'auraient pas atteint les sommets musicaux que l'on apprécie. Merci pour eux et indirectement pour nous. Je crains que vu l'age de pas mal d'anciens, ta rubrique va perdurer encore longtemps ...

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    1. Second couteaux... Mais oui, il faut du petit pour construire le grand, ils méritent donc notre hommage. Et, en effet, hélas, c'est une série à l'avenir assuré. :-(

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  3. Si le paradis existe vraiment, il doit y avoir des concerts gratuits tous les soirs !

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    1. Tu ne crois pas que les jams seraient plus bandantes en enfer ?

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  4. Ou est la 2eme partie? Merci - Carlos

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    1. ici :
      http://mangemesdix.blogspot.com/2016/02/ces-chers-disparus-2015-deuxieme-partie.html

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  5. Je ne connais quasiment aucun de ces artistes décédés (à part Be E KIng pour son hit, par contre j'aime beaucoup les Drifters, beaucoup plus qu'un groupe de Doo Wop, avec des arrangements magnifiques). Et à part Off The Wall, je ne connais pas non plus ces albums.
    Donc je vais jeter une oreille sur le Ben E King et le BS&T dont je ne connais que leur compile.Et peut-être prendre du Chocolat, parce que j'aime beaucoup le chocolat surtout quand il est noir...

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    1. Gourmande !
      Sinon, je seconde la recommandation ci-dessous avec l'excellent live symphonique de Procol Harum... ENJOIE !

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  6. Bonsoir
    Audrey, jettes dans ton autre oreille, le "Blood, Sweat & Tears" et hume l'air iodé de "A Salty Dog de Procol Harum"...
    Jean-Paul

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  7. Salut Le Zornophage,
    J'ai aussi une nette préférence pour le chocolat noir dans cette sélection.

    La 1ère fois que j'ai entendu "You Sexy Thing"; dans la comédie sociale The Full Monty comme beaucoup de français je suppose, je me suis dit : "hé! C'est quoi cette chanson de David Bowie que je connais pas?!"
    Je me suis vite rendu compte que ce n'était pas lui, mais l'écoute de l'album me confirme ma 1ère impression quand Eroll Brown chante dans les hauts médiums et les aiguës. Je trouve que c'est particulièrement frappant dans la 2ème chanson. Comme quoi, dans sa période soul, Bowie avait réussi à capter quelque chose d'une voix black, ou alors je projette à mort.^-^

    Dans le live de BB King j'ai constaté un bug à la 6ème piste. Pendant 15 secondes on entend l'annonceur puis le début d'un morceau qui se coupe brutalement pour enchaîner sur un autre. Quelqu'un a-t-il constaté le même problème?

    En tous cas, merci, comme d'habitude.

    Oya

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    1. On commence par BB, c'est un montage d'époque, je pense qu'il s'agit, je vais vérifier, d'un montage de plusieurs petits sets ce qui explique l'introduction à la piste 6. Bref, tout va bien, tu as ce qu'il y a sur le cd.
      White Chocolate, j'y croyais pas, j'ai découvert tard, bien après le Full Monty mais d'abord par une compile, qui m'a déçu. Et puis j'ai trouvé l'album à une misère et me suis dit, pq pas retenter, et ça a marché. Bowie ? C'est quand même plus blanc même s'il approche, plus dans les maniérismes que dans le grain je trouve, d'une certaine "blackitude".

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