mardi 2 février 2016

Collection Hétéroclite #4

Une nouvelles collection hétéroclite ! De la musique tous azimuts et dans tous ses états (ou presque) ! Et, pour le coup, le test d'une nouvelle formule* avec des billets plus courts mais tous originaux (parce que c'est bien d'emprunter mais c'est mieux de faire soi-même)... A vos marques... Prêts ? Enjoie !
* sur laquelle j'attends votre retour.

JaZZ TRiP
John Coltrane "Om" (1965)
ou "Spirits in the Sky"

Le plus gros trip de John Coltrane, un album conspué par certains comme un gros n'importe-quoi juste éclairés de quelques bulles d'inspiration (le solo de McCoy Tyner vers la 13ème minute par exemple)... Injuste. Injuste parce que ce trip vaut franchement le détour, parce que l'association de Coltrane avec un de ses disciples les plus doués, Pharoah Sanders, aboutit à un impressionnant mur du son saxophonique, parce que l'élan mystique qui habite l'œuvre en fait un digne successeur d'A Love Supreme certes moins inspiré, moins essentiel mais nullement indigne. Alors, non, ce n'est pas une œuvre aisée, que, 29 minutes durant (en une seule pièce sur cette excellente édition) ont est violenté, puis rassuré, puis bousculé encore, poussé dans des limites que seule le jazz "free form" sait atteindre. Parce qu'en plus d'une expertise instrumentale certaine, comparable à celles des plus beaux exécuteurs du répertoire classique, il y a cette fureur mystique, cette pulsion divine qui fait la différence. Et fait de Om peut-être pas un immense classique mais assurément un essentiel à tout amateur de jazz en liberté et donc de ce Coltrane-ci qui, avec Ornette Coleman ou Cecil Taylor, explosa toutes les restrictions formelles du genre jusqu'à faire se demander à certains si de jazz il était encore question. Qu'importe, en vérité, c'est du chant d'anges iconoclastes dont il s'agit.

1. Om 28:56

John Coltrane - tenor and soprano saxophone
Pharoah Sanders - tenor saxophone
Donald Rafael Garrett - double bass and clarinet
Joe Brazil - flute
McCoy Tyner - piano
Jimmy Garrison - bass
Elvin Jones - drums

JOHN COLTRANE

MiCK aT THe MoVieS
Performance "Original Motion Picture Soundtrack" (1968)
ou "Beat Sounds"

Même si vous n'avez pas vu le film (qui n'est pas si mauvais, d'ailleurs), vous pouvez vous pencher sur la musique. Parce qu'il y a à faire avec la belle sélection assemblée par Jack Nitzche également auteur de la majorité des pistes avec de beaux invités. De beaux invités à commencer par l'acteur du film en la personne de Mick Jagger venu distiller un morceau des Stones qui ne veut pas dire sans nom mais qui, bon gros rock bluesy bien vicieux, ne trompe personne (encore moins quand on connaît son origine chez les Pierres qui Roulent). Le reste, absolument typique de cette fin de la seconde moitié des années 60, va d'un Randy Newman qui n'a jamais rocké aussi fort (Gone Dead Train), à l'invitation des révolutionnaires Last Poets (Wake Up Niggers, proto-hiphop aussi essentiel qu'un Gil Scott-Heron débutant), à une série d'instrumentaux où blues, score orchestral et tentations world music (indiennes en particulier) viennent tisser l'ambiance de l'objet filmique mais aussi donner à l'auditeur dépourvu d'images quelques jolies piécettes où la maîtrise d'instrumentistes bien choisis (de Ry Cooder à Lowell George en passant par Russ Titelman) complète aptement les mélodies. Performance ? Une bande son qu'on recommande !

1. Gone Dead Train (Randy Newman) 2:56
2. Performance (Merry Clayton) 1:49
3. Get Away 2:09
4. Powis Square 2:25
5. Rolls Royce and Acid 1:50
6. Dyed, Dead, Red (Buffy Sainte-Marie) 2:35
7. Harry Flowers 4:03
8. Memo from Turner (Mick Jagger) 4:08
9. Hashishin (Buffy Sainte-Marie) 3:39
0. Wake Up, Niggers (The Last Poets) 2:47
11. Poor White Hound Dog (Merry Clayton) 2:50
12. Natural Magic 1:40
13. Turner's Murder (Merry Clayton Singers) 4:15

Original music by Jack Nitzsche
Conductor: Randy Newman
Singers: Mick Jagger, Merry Clayton, Buffy Sainte-Marie
Santur: Nasser Rastegar-Nejad
Moog synthesiser: Bernard Krause
- Music performers
Ry Cooder - guitar
Amiya Dasgupta - sitar
Lowell George - guitar
Milt Holland - drums and percussion
Gene Parsons - drums and guitars
Russ Titelman - percussion
Bobby West - bass

JACK NITZSCHE

PHaSe 2
T.Rex "Electric Warrior" (1971)
ou "Top of the Glam"

Electric Warrior est l'album de la confirmation, et du triomphe !, d'une transformation entamée un album plus tôt (l'éponyme de 1970) par un beat-poet folkeux à fleurs se réincarnant idole glam rock à l'implacable sens de la chanson qui fait mouche chez les jeunesses britanniques, encore plus fort que Bowie, rien que ça ! Avec, encore et toujours, Tony Visconti à la console (on notera que Marc Bolan a travaillé avec l'ingé-son avant son ami/concurrent aux yeux vairons), sur Electric Warrior, un T.Rex cette fois-ci plus groupe que duo se débarrasse de ses derniers tics hippies pour prendre la pleine mesure de son potentiel commercial dans un rock léger et post-adolescent qui commence sérieusement à s'installer. Opportunisme ? Peut-être un peu, mais pas plus qu'un Bowie par exemple, mais surtout quelle claque, quelle classe ! Une classe qui sépare Bolan et son tyrannosaure de la masse qui, peuplée d'aimables formations tout de même fort peu substantielles (Sweet, Slade, Mud, etc.), parait souvent plus racoleuse qu'autre chose. Parce que Bolan sait jouer de sa classieuse androgynie et de son "know-how" compositionnel (rappelons qu'il est loin d'être un débutant) pour éviter de tomber dans le piège de la pompe excessive, du refrain facile ou du riff bêta. Et ça donne 11 chansons inattaquables dont quelques tubes tournés classiques depuis (Mambo Sun, Jeepster, Get It On, Life's a Gas) de rock malin et accrocheur et, forcément, vu le gus aux manettes, impeccablement produit. Avec en plus son énorme lot de bonus, l'édition Deluxe proposée fournira quelques douceurs supplémentaires pas inutiles tant aux fans qu'à ceux qui, mieux vaut tard que jamais, plongent seulement dans la légende de celui qui, avec moins d'excès et un peu plus de chance, aurait sans doute fait une carrière moins météorique que celle qui fut la sienne. Pour conclure, on rappellera, ça parait évident mais disons-le tout de même, qu'Electric Warrior est un immense classique que tout amateur de rock'n'roll se doit de posséder dans sa collection, dans la présente édition généreusement bonussée si possible.

CD 1 - The Original Album 
1. Mambo Sun 3:36 
2. Cosmic Dancer 4:26 
3. Jeepster 4:07 
4. Monolith 3:45 
5. Lean Woman Blues 2:59 
6. Get It On 4:22 
7. Planet Queen 3:10 
8. Girl 2:29 
9. The Motivator 3:56 
10. Life's A Gas 2:23 
11. Rip Off 3:49 
Bonus: Singles 'A' & 'B' Sides 
12. There Was A Time / Raw Ramp (B-Side) 5:14 
13. Hot Love (A Side) 4:55 
14. The King Of The Mountain Cometh (B-Side) 2:26 
15. Woodland Rock (B-Side) 3:53 

CD 2 - Demos & Out-Takes : Previously Unreleased 
1. Electric Warrior Poem (US Radio Promo) 0:21 
2. Mambo Sun (Instrumental Edit) 3:49 
3. Cosmic Dancer (Single Vocal Mix) 4:26 
4. Jeepster (Single Vocal Mix) 4:18 
5. Monolith (Working Version) 2:23 
6. Lean Woman Blues (Working Version) 3:05 
7. Get It On (Full Length Version) 5:48 
8. Planet Queen (Working Version) 2:56 
9. Girl (Alternate Master) 2:29 
10. The Motivator (Working Version) 3:57 
11. Life's A Gas (Working Version) 3:32 
12. Rip Off (Instrumental) 3:18 
13. Raw Ramp (Working Version) 2:21 
14. Electric Boogie (Working Version) 2:06 
15. Untitled Instrumental Aka A Lot Of Rubbish (Studio Out-Take) 1:35 
16. Honey Don't (Studio Out-Take) 3:23 
17. Planet Queen (Electric Home Demo) 2:25 
18. Girl (Acoustic Home Demo) 0:38 
19. Jeepster (Electric Home Demo) 2:34 
20. Get It On (Acoustic Home Demo) 3:15 
21. Electric Warrior Poem And Radio Advert (US Radio Promo) 0:55

Marc Bolan – vocals, guitar
Mickey Finn – conga drums, bongos
Steve Currie – bass guitar
Bill Legend – drums
Howard Kaylan – backing vocals
Mark Volman – backing vocals
Rick Wakeman – keyboards on "Get It On"
Ian McDonald – saxophone
Burt Collins – flugelhorn

T.REX

PoP Deluxe
Iggy Pop "Lust for Life" (1977)
ou "Iggy Top"

Iggy with Bowie, chapitre deux. Et une seconde réussite d'affilée pour une iguane qui trouve tout son avantage à se laisser influencer. Il y gagne un groupe de la mort (de Carlos Alomar à Ricky Gardiner aux frères Sales que Bowie réengagera dans sa renaissance rock, Tin Machine) et les chansons qui vont avec à commencer par un Lust for Life (composé par Bowie) qui trouvera une seconde vie dans les années 90 via la bande-son de Trainspotting et The Passenger (composée par Gardiner) qui reste un immanquable du répertoire de l'ami Iggy. Alors, certes, ce n'est plus tout à fait le trublion punkoïde de Stooges, c'est un Iggy un peu dompté mais, du coup, d'une efficacité, d'une consistance encore jamais entendue (sauf sur The Idiot, premier album de l'association avec David, y a pas de hasard) sur un album de rock où Mister Pop prouve même qu'il a ce qu'il faut pour concurrencer tant son mentor de l'occasion que le lippu vocaliste de certaines Pierres Qui Roulent (écoutez voir l'épique Turn Blue si vous ne me croyez pas !). Lust for Life demeure l'album le plus immédiatement recommandé de son auteur, à raison !

1. Lust for Life 5:13
2. Sixteen 2:26
3. Some Weird Sin 3:42
4. The Passenger 4:44
5. Tonight 3:39
6. Success 4:25
7. Turn Blue 6:56
8. Neighborhood Threat 3:25
9. Fall in Love with Me 6:30

Iggy Pop – vocals
David Bowie – keyboards, piano, organ, backing vocals
Carlos Alomar – rhythm guitar (lead on "Lust For Life" & "Turn Blue"), backing vocals
Ricky Gardiner – lead guitar, backing vocals
Warren Peace - keyboards and backing vocals on "Turn Blue"
Tony Sales – bass, backing vocals
Hunt Sales – drums, backing vocals

IGGY POP

GRaNDeuR eT DéCaDeNCe
Basil Poledouris "Conan The Barbarian" (1982)
ou "La Fantasy en Grandes Pompes"

Il faut le dire, et ne même pas en avoir honte, le Conan de John Milius est un chef d'œuvre expressionniste digne des initiateurs germaniques d'avant la deuxième guerre mondiale, et la musique du gréco-américain Basil Poledouris n'est pas pour rien dans cette surprenante réussite (parce que Schwarzenegger et chef d'œuvre, hein, c'était pas gagné d'avance !). En l'occurrence, et présentement la vision du film ne sera pas inutile, la musique de Poledouris est un personnage à part entière de l'objet filmique de Milius, un personnage tantôt tonitruant et pompier (Riddle of Steel/Riders of Doom), tantôt délicat et dramatique (Funeral Pyre) qui, devant beaucoup à Wagner et à Orff avec une bonne louche de postromantisme ajoutée pour bonne mesure, est le moteur de l'action émotionnelle du film semi-muet d'un réalisateur sachant sans doute qu'il ne pourra pas en demander trop à sa barbaque de casting. Ecouté à distance de son support celluloïd, la musique de Conan le Barbare s'écoutera comme une œuvre néo-classique évocatrice du propre film de l'auditeur, sans doute quelque chose de violent et épique tout de même, et sait donc se suffire à elle-même ce qui est tout de même assez inhabituel pour une bête bande-son de fantasy, statut que la création sonore de Poledouris dépasse donc largement.

1. Anvil Of Crom 2:30 
2. Riddle Of Steel/Riders Of Doom 5:31 
3. Gift Of Fury 3:47 
4. Wheel Of Pain 4:05 
5. Atlantean Sword 3:53 
6. Theology/Civilization 3:10 
7. Wifeing 2:07 
8. The Search 3:05 
9. The Orgy 4:10 
10. Funeral Pyre 4:28 
11. Battle Of The Mounds 4:48 
12. Orphans Of Doom/The Awakening 5:28 

BASIL POLEDOURIS

PoWeRPLay
King's X "Manic Moonlight" (2001)
ou "En forme de trio"

Au début du 3ème millénaire, les inusables King's X, qui sont alors ensemble depuis plus de 20 ans, depuis 1980 précisément, continuent leur petit bonhomme de chemin dans un anonymat et une indifférence qui fait peine à constater. Pas un groupe à perdre l'espoir et à abandonner, ceux qui ont failli révolutionner le monde du metal en y insérant funk et pop continuent inlassablement de dérouler la formule qui a fait leur réputation auprès de collègues qui n'en peuvent plus de dire du bien d'eux, d'une presse qui loue leurs performances et d'un petit noyau de fans fidèles qui attendent avec impatience chaque nouvelle intervention de leurs idoles. Présentement, la dominante funk'n'soul qui colle tant à la peau du bassiste/chanteur de la bande, Doug Pinnick, mène la danse du répertoire du neuvième album studio des texans d'adoption, ça nous donne un album plus simple où le trio ne fait, en substance, pas autre chose que ça a quoi il nous a habitué mais avec une décontraction qu'on ne leur avait jusqu'alors jamais entendu. En chansons, ça nous donne quelques unes de plus belles réussites du trio depuis sa période classique (celle des trois premiers opus) desquels on citera en particulier quelques rockers gorgés de soul et de groove rondement menés (Believe, Yeah, The Other Side ou Jenna) et une ballade particulièrement délicate (False Alarm) compensant aisément quelques autres moins essentiels (Manic Moonlight, Static) dans une sélection globalement solide et réussie. Bref, si vous ne connaissez pas encore King's X et que votre première opportunité ce présente avec ce Manic Moonlight de belle qualité, n'hésitez pas !, c'est d'un des plus beaux groupes de rock américains, et d'un de ses secrets les mieux gardés, dont il s'agit.

1. Believe 4:46
2. Manic Moonlight 4:32
3. Yeah 3:40
4. False Alarm 4:36
5. Static 4:29
6. Skeptical Winds 6:51
7. The Other Side 4:49
8. Vegetable 6:27
9. Jenna 5:06
10. Water Ceremony 0:18

Doug Pinnick- bass/vocals
Ty Tabor- guitar/vocals
Jerry Gaskill- drums/vocals

KING'S X

BLoNDeS aRe MoRe FuN
Blonde Redhead "Misery Is a Butterfly" (2004)
ou "Art Pop"

En passant de Touch & Go a 4AD, il semblerait que les indie étatsuniens de Blonde Redhead aient décidé de remanier leur copie ou, plutôt, de lui offrir un bon coup de ripolin. Le résultat, Misery Is a Butterfly donc, qui a pris le temps du fait de la longue indisponibilité de Kazu Makino après qu'elle se soit faite piétiner par une mauvaise rosse, est un trésor de subtilité mélodique et de trouvailles d'arrangements nettement plus abordable que tout ce que la formation avait proposé précédemment. On y retrouve des chansons douces et désespérées où les voix fragiles de Amedeo Pace et de la précitée Mme Makino font merveille. Pour nous français, et pour les autres aussi il n'y a pas de raison, c'est comme se retrouver sur un album des Flaming Lips conçu sous la bienveillante supervision d'un émule de Serge Gainsbourg (qui, en l'occurrence, s'appelle Eyvind Kang et à concocté des arrangements de cordes d'une confondante beauté), pop donc, malin toujours, avec une instrumentation roots et pourtant totalement actuelle qui nous entraîne, 45 minutes et 11 chansons durant, dans un monde rêveur et distancié, riche mais pas flambeur pour deux sous où il est bon se laisser bercer par l'art d'une formation qui sait faire et n'a d'ailleurs aussi bien fait que sur cette exemplaire sixième galette chaudement recommandée.

1. Elephant Woman 4:49
2. Messenger 3:21
3. Melody 4:36
4. Doll Is Mine 3:06
5. Misery Is a Butterfly 5:07
6. Falling Man 3:26
7. Anticipation 4:04
8. Maddening Cloud 3:20
9. Magic Mountain 3:02
10. Pink Love 6:13
11. Equus 3:50

Amedeo Pace — voice, guitar, baritone guitar
Kazu Makino — voice, clavinet, guitar
Simone Pace — drums, percussion, machines
Skúli Sverrisson — bass guitar
Eyvind Kang, Jane Scarpantoni — strings
Eyvind Kang, Blonde Redhead — string arrangements

BLONDE REDHEAD

NeW GeNeRaTioN
Joy Denalane "Born and Raised" (2006)
ou "New Soul Lady"

Une nouvelle voix soul venue d'Allemagne ? Et si c'était une des plus belles réussites de genre damant le pion à de chichiteuses américaines ? Parce qu'il faut bien le dire, si le premier opus de Joy Denalane n'invente rien, il réussit parfaitement à faire perdurer une soul d'inspiration sixties remise au goût du jour via une production moderne. Les clés de la réussite ? La bonne voix de la miss Denalane déjà, tout à fait dans la tradition des grandes chanteuses black, la qualité de compositions certes prévisibles mais tout de même franchement accrocheuses ensuite, la qualité de la production et d'arrangements "rétro-modernes" permettant d'éviter la énième resucée R'n'B d'une Aretha Franklin, d'une Diana Ross ou d'une Etta James même s'il y a, fatalement, toujours un peu de ça. Les spécialistes vous diront que Joy Denalane est la petite cousine germanique de Mary J. Blige, n'étant pas un spécialiste, je ne peux que faire une entière confiance en leur allégation tout en conseillant, aux amateurs de soul music sachant encaisser un peu de modernisme ce Born & Raised de si belle facture qu'il n'est même pas besoin de mentionner les vedettes américaines venues y faire un petit coucou.

1. Change (featuring Lupe Fiasco) 4:18
2. Let Go 4:32
3. Be Real 4:16
4. Heaven or Hell (featuring Raekwon) 4:35
5. One in a Million 3:46
6. For the Love 4:07
7. 7 Year Itch 5:00
8. Caught Up 3:31
9. Stranger in This Land 5:38
10. Start Over 4:02
11. Born & Raised 4:08
12. Something Stirrin' Up (featuring Governor) 5:50
13. Despite It All 3:53
14. Soweto '76–'06 4:55
15. Sometimes Love 3:11

Joy Denalane - vocals
Lillo Scrimali - piano, organ, synthesizer
Don Phillipe - wurlitzer
Franc Kuruc - guitar
Tom Krüger - bass
Christoph Sauer - bass
Tommy W. - drums
Dan Abitol - violin
Odile Biard - violin
Felix Borel - violin
Myriam Trück - violin
Klaus Marquardt - violin
Claudia Pfister - violin
Kathrin Distler - cello
Tim Ströble - cello
Matthias Trück - cello
Andreas Fischer - viola
Raphael Sacha - viola
Violina Sauleva - viola
Klaus Graf - saxophone
Ian Cumming - trombone
Klaus Graf - saxophone
Sebastian Studinitzky - horn
Michael Kedaisch - marimba
Dalma Lima - percussion
Chiwoniso Maraire - mbira

JOY DENALANE

TiMeS oF e.
Eels "End Times" (2010)
ou "The Neverending E"

E is the best. Et on pourrait s'arrêter-là tant le gars Mark Oliver Everett (E à la scène donc) était en exceptionnelle verve dans la seconde moitié de la première décennie de ce troisième millénaire. Obsédée par la mort, le vieillissement, les séparations aussi, l'œuvre de Everett n'est pas exactement de celles qui engendre le rire et la bonne humeur, c'était déjà le cas de l'excellent double Blinking Lights & Other Revelations, ça l'était tout autant de l'habité Hombre Lobo, il n'y a pas de raison que ça ne le soit pas sur un disque de rupture tel que End Times, et pour le coup, ça l'est ! Les chansons, elles, vont de l'acoustique soufreteux (The Begining, End Times, Nowadays, etc.), au blues électrique (Gone Man, Paradise Blues), de pièces délicatement bercées d'alternative country rêveuse modernisée (In My Younger Days, et ses petits synthétiseurs malins) à de belles ballades piano rock (A Line in the Dirt) en passant même par un petit détour par le garage rock (Unhinged) ou une espèce de berceuse d'ailleurs très réussie (I Need a Mother) sans jamais, bien sûr, perdre cette patte douce-amère qui est l'indéniable marque de fabrique d'Everett. Que dire de plus ? Que quand les chansons sont aussi belles, que les arrangements les complémentent sans les envahir comme ici, il n'y a pas d'autre alternative que de plonger dans la belle mélancolie d'un songwriter d'exception.

1. The Beginning 2:16
2. Gone Man 2:59
3. In My Younger Days 3:25
4. Mansions of Los Feliz 2:49
5. A Line in the Dirt 3:30
6. End Times 2:58
7. Apple Trees 0:40
8. Paradise Blues 3:03
9. Nowadays 3:09
10. Unhinged 2:26
11. High and Lonesome 1:07
12. I Need a Mother 2:39
13. Little Bird 2:34
14. On My Feet 6:21

E – vocals, guiars, bass guitar, harmonica, piano, Optigan, Hmmond B3 organ, banjo, Harmonium, Vox Continental organ, drums, percussion, and production
Butch – drums on "A Line in the Dirt"
Koool G Murder – bass guitar, guitar, recording and mixing on "Paradise Blues" and "Nowadays"
&
Wayne Bergeron, Chris Bleth, Andy Martin – horns

EELS

So FoLK
Midlake "The Courage of Others" (2010)
ou "Out of Time"

Hors du temps ? Avec leur folk qu'on pourrait croire issue de la fin des années 60 ou du début des années 70, c'est le moins que l'on puisse dire des américains de Midlake, encore plus sur leur troisième opus, The Courage of Others. Bon, on ne va pas dire qu'on est vraiment surpris de l'accentuation d'un démarche revivaliste qui va si bien au teint de la bande de Tim Smith, une formation qui aime à se complaire dans les arpèges délicats de guitares acoustiques cristallines, user de synthétiseurs tellement d'un autre temps qu'ils référencent automatiquement leur musique, et de voix, ha ! ces voix, qui viennent tutoyer celle d'un quatuor expert en la matière (Crosby, Stills, Nash & Young pour enfoncer la porte ouverte) avec, cette fois, une anglicité directement héritée de formations telles que Pentangle ou Steeleye Span, que des références éminemment recommandables, vous le constaterez. Et comme les chansons, substance même de toute œuvre, sont à la hauteur du soigneux emballage dans lequel elles sont délivrées, c'est à un bonheur de tous les instants, à une vraie belle quarantaine de minutes de magie elfique qui nous est offerte. Et, oui, seulement une quarantaine de minutes, c'est vraiment trop court et constitue, in fine, le seul vrai défaut d'un opus sinon totalement réussi. The Courage of Others ? Un rêve de folk qu'on a joie à partager.

1. Acts of Man 2:55
2. Winter Dies 5:04
3. Small Mountain 3:39
4. Core of Nature 4:29
5. Fortune 2:05
6. Rulers, Ruling All Things 4:22
7. Children of the Grounds 3:55
8. Bring Down 3:37
9. The Horn 4:07
10. The Courage of Others 3:17
11. In the Ground 4:15

Tim Smith - Vocals, Acoustic Guitar, Flute, Recorder, Piano, Keyboards
Eric Pulido - Guitars, Dulcimer, Autoharp, Percussion, Backing Vocals
Paul Alexander - Bass, Electric Guitar, Bassoon
McKenzie Smith - Drums, Percussion
Eric Nichelson - Guitars, Autoharp, Percussion
&
Max Townsley
- Electric Guitar
Jesse Chandler - Harpsichord
Fiona Brice - Violin
Stephanie Dosen - Harmony vocals on "Bring Down"

MIDLAKE

9 commentaires:

  1. Collection Hétéroclite #4

    John Coltrane "Om" (1965)
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    Performance "Original Motion Picture Soundtrack" (1968)
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    T.Rex "Electric Warrior" (1971)
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    Iggy Pop "Lust for Life" (1977)
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    Basil Poledouris "Conan The Barbarian" (1982)
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    King's X "Manic Moonlight" (2001)
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    Blonde Redhead "Misery Is a Butterfly" (2004)
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    Joy Denalane "Born & Raised" (2006)
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    Eels "End Times" (2010)
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    Midlake "The Courage of Others" (2010)
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  2. Je reviendrai quand tu auras rangé ta chambre !!!!!

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    1. Tu ne connais pas le bordel organisé ? ^_^

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  3. Ravi de voir que tu as aimé ce Eels. Je croyais être le seul à le défendre. J'ai beaucoup aimé le Midlake aussi, même s'il ne vaut pas tout à fait son prédécesseur (the Trials of Van Occupanther).

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    1. En fait, outre Eletro-shock Blues qui m'avait déçu à sa sortie étant donné que j'attendais une suite logique du premier opus, ce qu'il n'était pas, je crois bien tout avoir aimé d'Eels, celui-ci plus particulièrement (avec Souljaker) où je trouve Everett en grande forme créatrice.
      Sinon, je préfère ce Midlake à Occupanther, sans doute parce qu'il sonne plus anglais.
      Merci de ton passage et de ton commentaire, El Norton.

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  4. J'aime beaucoup cette chronique aux accents de vide grenier, ou l'on chine parfois des merveilles...Presque tout est bon comme dans un animal connu...Je rectifie le "aimables formations tout de même fort peu substantielles" quand tu nous parles de Sweet ou Slade. Des titres comme Balroom Blitz ou bien Coz I Luv You peuvent rivaliser avec bien d'autres et sont toujours écoutables par les gens raffinés dont je suis...Autre chose, T-Rex et Bowie sont les 2 faces d'une même pièce alors peut importe qui aurait fait quoi quand on touche quasi à la perfection c'est superflu...Je ne connaissais pas les Blonde Redhead merci pour la découverte. J'ai pris aussi les Midlake pour voir si j'aime ou pas...je me méfie carrément des barbus et là il y en a un nid...Voilà ce que m'inspire ta rubrique. Ph

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    1. Attention ! J'aime bien Sweet et Slade mais il faut reconnaître que c'est surtout de la musique fun, et il en faut donc ce n'est absolument pas une critique.
      Tu me diras ce que Midlake t'a fait.
      A+

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  5. J'aime bien cette présentation plus concise, même si j'aime aussi bien quand tu fais la revue d'album (en fait c'est peut-être ce que je préfère).
    D'habitude, j'aime bien Coltrane, mais du coup, j'hésite à y aller...
    Pour le reste pas mal de trucs que je connais (TREX, MIdlake, Iggy, Performance). Et je suis d'accord pour le Conan le Barbare. J'avais un ami qui le passait en boucle, et du coup, c'est comme si effectivement ces morceaux faisaient partie du répertoire. Bon, le film, sans être un chef d'oeeuvre, est certainement beaucoup plus digne que la plupart de ce qui s'est fait à l'époque dans le genre.

    Pour le reste, je vais surtout prendre le Eels...

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    1. Gros retard sur mes commentaires mais me voilà !
      Donc, comme tu as été la seule à t'exprimer et que tu as aimé la concision de la nouvelle formule, je peux t'annoncer qu'elle est adoptée ! Jusque quand, on verra... ^_^
      Sinon, le Coltrane, si tu aimes le Coltrane free, tu peux y aller !, Conan le Barbare, content de voir que je ne suis pas le seul, Eels, bonne pioche, à l'occasion tu me diras ce que ça t'a fait.
      A+

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