samedi 11 mars 2017

E comme...

Et maintenant le E. Et quel éventail, tous azimuts et dans tous les sens, comme se doit de l'être une zornolettre digne de ce nom ! Alors, plutôt que de me lancer dans de longs discours, les billets accompagnant chaque album sont là pour ça, laissons parler la musique et... Enjoie !

E comme...

EAGLES OF DEATH METAL "Zipper Down" (2015)
Eagles Fly Free

Bien-sûr, les Eagles of Death Metal, suite aux "incidents" du Bataclan que chacun sait, ne sera plus jamais un groupe tout à fait comme les autres pour nous, public français. Pour ceux qui se s'intéressassent pas forcément à ce projet annexe de l'ex-leader de Kuyss, fomenteur en chef des Desert Sessions et actuelle tête pensante des Queens of the Stone Age, Josh Homme, et de Jesse Hughes, son plus fidèle lieutenant/pote avec qui il collabore depuis longtemps (une Desert Session de 1998, Volume 3 & 4), il n'est pas inutile de préciser que les trois premiers albums de cette formation drôlement nommée (parce que de Death Metal, il n'est évidemment jamais question) ont été de beaux exemples de stoner garage et qu'à défaut de vraiment nous avoir emporté, ils ont satisfait l'amateur de rock gras mais fin. Et donc quand vient Zipper Down, 4ème long-jeu du duo sorti, sept longues années après son devancier, Heart On, le 2 octobre 2015, avant qu'on ne sache, comment aurait-on pu ?, l'impensable, on est fin prêt à accorder à ces Aigles du Metal de Mort notre indéfectible et bienveillante attention et on a bien raison parce que, passé une pochette d'un goût douteux et en plus assez laide, c'est à une sacrée galette de rock'n'roll de chenapans à laquelle nous sommes convies. Parce qu'ils n'ont peur de rien, Josh et Jesse, pas peur de s'aventurer dans le glam rock dynamisé, du presque-Rolling Stones de première bourre, du boogie à faire rosir d'envie le fan d'AC/DC, de la ballade folk-rock 70s, bref, du rock qui n'a d'autre but que de faire secouer les têtes, remuer les popotins avec un large sourire polisson. Caricatural ? Dérivatif ? Oui da!, ce qui semble être le but des deux compères qui se réjouissent dans l'empilement des clichés et leur détournement et est, présentement, absolument glorieusement mené en 34 trop courtes minutes (le seul défaut de l'opus) par un duo qui, souhaitons-le, n'est pas prêt de rendre les armes, avec leur Aigles ou dans leurs autres nombreux projets.

1. Complexity 2:46
2. Silverlake (K.S.O.F.M.) 3:35
3. Got a Woman 2:02
4. I Love You All the Time 3:09
5. Oh Girl 4:08
6. Got the Power 3:28
7. Skin-Tight Boogie 3:12
8. Got a Woman (Slight Return) 0:41
9. The Deuce 3:06
10. Save a Prayer 4:40
11. The Reverend 3:29

Jesse Hughes ("Boots Electric") – guitar, vocals, baritone, bass, talk box
Joshua Homme ("Baby Duck") – vocals, baritone, drums, bass, guitar, electric guitar, duduk, knee slaps, organ, percussion, piano, slapstick, slides, talk box, trumpet
&
Tuesday Cross – additional vocals
Matt Sweeney – additional guitar


E comme...
EARTH, WIND & FIRE "Spirit" (1976)
Funky Spirit!

Enregistré sous la pression d'un prédécesseur ayant atteint les cimes des Charts (That's the Way of the World, 1975), Spirit est une nouvelle démonstration de l'incroyable grâce funky d'Earth Wind & Fire dans les années 70.
En l'espèce, rien de nouveau sur ce 7ème album de la formation qui continue de fusionner funk et jazz avec des cuivres millimétrés, des grooves à se déboîter les hanches et des mélodies... Comme on en redemande ! Porté par deux singles énergiques et supra-efficaces (Getaway et Saturday Night), l'album vaut aussi par ses pistes plus tempérées telles qu'Earth Wind & Fire (le titre), On Your Face ou le final (pour l'édition original) et épique Burning Bush. Il est à noter que les arrangements commencent déjà à changer avec, notamment, des cordes gagnant peu à peu du terrain. Rien de dramatique, le groupe conserve encore ici tout le sel de ses premières années et ne sombre pas encore dans le racolage sonore et la facilité mélodique qui marquera leurs années 80.
Fidèle à l'esprit du groupe, Spirit est indéniablement une des plus belles pièces des référentiels funksters. Dans la présente version, dûment et impeccablement remasterisée (et augmentée de quelques savoureux bonus), il brille de mille feux et offre à l'amateur 50 minutes de pur bonheur. Et ça, ça ne se refuse pas.

1. Getaway 3:47
2. On Your Face 4:33
3. Imagination 5:15
4. Spirit 3:12
5. Saturday Nite 4:02
6. Earth, Wind and Fire 4:40
7. Departure 0:27
8. Biyo 3:37
9. Burnin' Bush 6:46
Bonus
10. Saturday Nite (Alternate Mix) 4:55
11. Seraphim 2:06
12. Imagination (Angels Mix) 1:02
13. Departure (The Traveler) 3:37
14. African Symphony 1:52

Maurice White: chant, kalimba, timbales, batterie
Philip Bailey: chant, congas, percussions
Larry Dunn: piano, orgue, moog
Jerry Peters: piano
Johnny Graham: guitare
Al McKay: guitare, percussions
Verdine White: basse, percussion, chant
Fred White, Ralph Johnson: batterie, percussions
Andrew Woolfolk, Harvey Mason: percussions
Don Myrick, Andrew Woolfolk: saxophone
Charles Loper, George Bohanon, Louis Satterfield: trombone
Lew McCreary: trombone basse
Charles Findley, Michael Harris, Oscar Brashear, Steve Madaio: trompette
Arthur Maebe, David Duke, Marilyn Robinson, Sidney Muldrow: cor français
Tommy Johnson: tuba
Dorothy Ashby: harpe
Dennis Karmazyn, Harry Shlutz, Marie Fera, Ronald Cooper: violoncelle
Barbara Thomason, David Campbell, Denyse Buffum, James Dunham, Lynn Subotnick, Marilyn Baker, Paul Polivnick, Rollice Dale: viola
Asa Drori, Carl La Magne, Haim Shtrum, Harris Goldman, Joy Lyle, Ken Yerke, Sandy Seemore, Winterton Garvey: violon


E comme...
ECHO AND THE BUNNYMEN "Crocodiles" (1980)
Important

Triste mais vrai, en voici un qu'on n'évoque pas assez souvent, et pourtant, quel bestiaire d'album !, singes, crocodiles et hommes-lapins !, quelle influence sur l'évolution du punk rock vers des territoires plus expérimentaux et délayés, aussi. Il faut pour ça un amour consommé et bien digéré du Velvet Underground, quelques sources provenant d'un rock qu'on appelait encore quelques années plus tôt psychédélique (les Doors surtout) et, évidemment, les chansons qu'il faut pour articuler l'exercice. De ce côté là, le Crocodiles d'Echo and the Bunnymen a tout d'un premier album longuement fomenté, précieusement mis au point par des musiciens qui, enfin !, ont le droit à la reconnaissance professionnelle après laquelle il courait tant. Pas que McCullough and Cie soient en quoique ce soir opportunistes, avant-gardistes d'une indie-England un peu sombre mais tout de même très cool, comme dirait le Fonz' !, avec un guitariste à concurrencer l'excellent John McGeogh (Magazine), Will Sergeant, parce qu'il sait créer des climats sortant des sentiers battus et rebattus sans rien perdre de la puissance qui définit le genre, un indie post-punk un poil psyché pour ceux qui ne suivraient pas. Et comment ne pas citer la voix passionnée de Ian McCullough, autre atout majeur d'une formation n'en manquant pourtant pas et qui, capable de passion mais aussi d'imagination, il vocalise volontiers en mode presque free, qui génèrera moult clones jamais aussi inspirés ? Et puis, forcément, on se doit de mentionner le batteur de l'exercice, Pete de Freitas, moteur puissant et inépuisable de l'opus qui succomba d'un accident de la route à l'âge mythique de 27 ans, l'âge du club duquel on ne veut surtout pas faire partie. Avant de revenir aux chansons qui d'un trippant Going Up d'ouverture (les Doors déshabillé par le Velvet ou quelque chose du genre), d'un Stars Are Stars spatial et tendu, d'un Pride glorieusement tribal, d'un Rescue larvé et rampant, d'un All That Jazz presque dansant mais certainement pas jazz, d'un Happy Death Men possédé et théâtral aux nombreux bonus de cette riche édition, inédits, démos, lives, tout tout tout, vous saurez tout sur le croco !, est une impeccable et implacable collection qu'on revisite souvent avec toujours un plaisir renouvelé. Parce que Crocodiles n'est pas qu'un album important dans l'histoire du rock indépendant, c'est surtout une sacrée galette à recommander à tous !

1. Going Up 3:57
2. Stars Are Stars 2:45
3. Pride 2:41
4. Monkeys 2:49
5. Crocodiles 2:38
6. Rescue 4:26
7. Villiers Terrace 2:44
8. Pictures on My Wall 2:52
9. All That Jazz 2:43
10. Happy Death Men 4:56
Bonus
11. Do It Clean 2:44
12. Read It in Books 2:31
13. Simple Stuff 2:38
14. Villiers Terrace (early version) 3:08
15. Pride (early version) 2:54
16. Simple Stuff (early version) 2:37
17. Crocodiles (live) 5:09
18. Zimbo (live) 3:36
19. All That Jazz (live) 2:53
20. Over the Wall (live) 5:28

Ian McCulloch – vocals, guitar
Will Sergeant – lead guitar
Les Pattinson – bass
Pete de Freitas – drums


E comme...
EELS "Hombre Lobo" (2009)
Howling at the Moon

C'est l'histoire d'un 7ème album qui a été long à accoucher mais qui, en fait, n'est que la première partie d'une trilogie sur le désir et ses désenchantements. Présentement, ces derniers tiennent le haut du pavé.
Mark Oliver Everett (alias E) s'y détache notablement de l'intimiste collection qu'avait été Blinking Lights and Other Revelations. Un peu à la manière d'un Lou Reed sobre ( !), ou d'un Tom Waits « normal », il y déroule le blues habituel de l'amoureux déçu - ici représenté par l'enfant loup devenu homme déjà rencontré dans le Dog Faced Boy de l'album Souljacker - à coups, tour à tour, de riffs secs, de voix saturées ou de mélopées douces amères. En soit, la formule n'est pas nouvelle, la différence se fait sur l'inné talent de compositeur du monsieur et le « primalisme » d'une production qui nous offre la viande sur l'os, pas d'inutiles fioritures (quoiqu'on pourra reprocher que la batterie sonne parfois comme une boîte à ryhtme, n'en sont-ce pas d'ailleurs ?).
Evidemment on reconnait la patte d'E, In My Dreams, par exemple n'est pas sans rappeler Beautiful Freak sur l'album du même nom sans qu'on en soit gêné ou puisse invoquer quelque auto-plagiat que ce soit, c'est juste le style d'E, sa marque. De fait, dans l'intimiste (The Longing) ou dans le frontal (Tremendous Dynamite, un blues électrique à la Tom Waits), ces chansons ont une valeur d'évidence qui vient promptement se nicher dans l'oreille et le cortex. Directement familier, une sacré force mais aussi le talon d'Achille de la collection. A l'usage, on se retrouvera de plus en plus souvent à « zapper » quelque titres moins éclatants pour avoir trop vite dévoilé leurs charmes quand d'autres, au premier abord passables, deviennent les favoris (le technoïde et épique Fresh Blood).
Hombre Lobo n'est donc pas un grand album, juste un bon album ce qui, vous en conviendrez, n'est pas négligeable d'autant que les splendeurs (une bonne moitié du tout, quand même !) y font bien vite oublier les (petites) déconvenues. Les fans d'Eels s'y retrouveront forcément, les autres peuvent s'y risquer avec peu de chances de déception.

1. Prizefighter 2:53
2. That Look You Give That Guy 4:15
3. Lilac Breeze 2:36
4. In My Dreams 3:22
5. Tremendous Dynamite 2:46
6. The Longing 4:22
7. Fresh Blood 4:25
8. What's a Fella Gotta Do 3:25
9. My Timing Is Off 2:58
10. All the Beautiful Things 2:22
11. Beginner's Luck 3:37
12. Ordinary Man 3:15

E: chant, guitare, claviers
Knuckles: batterie
Koool G Murder: basse


E comme...
ENFORCER "From Beyond" (2015)
New Wave of Swedish Heavy Metal

Album après album, les suédois d'Enforcer poursuivent leur entreprise : faire renaître le vrai heavy metal de la première moitié des années 80, celui de la fameuse New Wave of British Heavy Metal.
Evidemment, Olof Wikstrand & Cie ne sont pas seuls à appeler de leurs vœux un retour aux valeurs traditionnelles du heavy metal, il existe, depuis une bonne dizaine d'année, un courant est apparu, revitalisant une musique qu'on croyait bel et bien perdue outre les albums de certains de ses serviteurs originaux qui conservait les flaveurs, le charme d'une musique un peu idiote mais réellement distrayante.
Et donc, voici From Beyond, quatrième album d'une formation n'ayant d'autre ambition que de faire revivre le passé pour son amusement et celui de ceux que ça intéressera, et le fait excellemment bien, en l'occurrence. C'est d'ailleurs un soulagement parce que si Diamonds, le second opus de ces messieurs, avait été une révélation revivaliste, son successeur, le très correct Death by Fire, n'avait pas tout à fait reproduit la performance. Mais cette fois, tout va mieux et ce dès un Destroyer introductif mené tambour battant par une formation qui connaît par cœur tous les codes du genre et les applique avec talent et enthousiasme. Ce premier coup d'éclat est bientôt confirmé par un Undying Evil au tempo plus mesuré, aux double-guitares évoquant forcément quelques fantômes d'un passé pas si distant et plus précisément les joutes six-cordées d'un Glenn Tipton et d'un K.K. Downing (Judas Priest). La suite, du bon heavy sans la moindre baisse de régime, est exactement du même tonneau d'eau de feu que ces deux salves d'ouverture avec même, passage quasi-obligatoire de ce genre de galette, deux morceaux épiques du plus bel effet (Below the Slumber et Mask of Red Death) rappelant, le chant androgyne d'Olof Wikstrand mis à part, ce dont Iron Maiden était capable dans le genre, ou, toujours dans le sillage de la fameuse Vierge de Fer, et de ses nombreux héritiers, un Hungry They Will Come qui fera s'agiter les chevelures en un joyeux headbanging qui n'épargnera pas les cervicales d'auditeurs qui n'attendaient de toute façon que ça. Alors, évidemment, il n'y a rien d'original là-dedans. Très référencé, sous influence dirait-on, Enforcer fait le travail bien aidé par une production, on n'est jamais mieux servi que par soi-même, assumée par le groupe.
En 2015, anachronique en diable, Enforcer continue son objectif revivaliste avec une fougue et une conviction qui font plaisir à entendre sur un From Beyond, vous l'aurez compris, chaudement recommandé aux amateurs du genre qui y trouveront moult raisons d'être satisfaits.

1. Destroyer 3:41
2. Undying Evil 3:52
3. From Beyond 3:22
4. One with Fire 2:52
5. Below the Slumber 6:21
6. Hungry They Will Come 4:32
7. The Banshee 4:17
8. Farewell 4:12
9. Hell Will Follow 3:19
10. Mask of Red Death 6:12

Olof Wikstrand - vocals, guitars
Jonas Wikstrand - drums
Joseph Tholl - guitars
Tobias Lindqvist - bass


E comme...
EURYTHMICS "Sweet Dreams (Are Made of This)" (1983)
Rêves Dorés

Après la courte aventure des Tourists, Dave Stewart et Annie Lennox continuent en duo. En 1981, ils sortent un premier album, le peu concluant In the Garden, avant d'enfin trouver la formule avec leur second opus, Sweet Dreams (Are Made of This) et le reste, comme on dit, is history.
La formule ? Transcender une synth-pop alors en vogue en y incluant une bonne dose de soul, bien vu !, et de féminité, forcément, et ainsi générer une mouture originale et, on le verra, décisive, d'un genre confiné à la prude Albion et à des explorations majoritairement masculines. C'est tout simple en fait, il suffisait d'y penser, et d'avoir les armes pour fourbir tel arsenal. Evidemment, sans bonnes chansons, tout ceci resterait un vaeu pieux mais les bonnes chansons, justement, sont là et propulsent le deux d'aspirants vers les sommets des charts mondiaux avec d'abord le morceau titre de la galette auquel il fut alors impossible de résister. Mais ce n'est pas tout. Sur la foi de cette excellente saillie, moult autres sucreries qui filent droit au but et aux chaeurs d'auditeurs qui n'en croient pas leurs oreilles. Des exemples ? L'introductif Love Is a Stranger déjà, une excellente façon d'installer l'esthétique chic et pop et pas idiote du duo, I've Got an Angel, où Lennox déploie tout le potentiel de son impressionnant organe, The Walk, qui a tout d'une réponse aestrogènée au mâles du mouvement en plus d'un catalogue de tous les trucs de production du père Stewart, ou la longue ballade rampante qui clôt l'album d'origine, This City Never Sleeps. Et encore plus dans la version bien remasterisée et généreusement bonussée proposant quelques douceurs supplémentaires telles qu'une jolie reprise du Satellite of Love de Lou Reed ou l'inédit Home Is Where the Heart Is, ou de plus accessoires tels les deux remixes des deux tubes de l'opus.
Sweet Dreams (Are Made of This), la chanson et l'album, contribueront largement à installer, durablement qui plus est, un duo qui s'est bien trouvé parmi le best of d'années 80 souvent décriées mais qui, présentement, apportent leur eau au moulin de la pop musique, toutes époques confondues. Et dire qu'Eurythmics feront encore mieux, la même année avec Touch, à peine croyable !

1. Love Is a Stranger 3:43
2. I've Got an Angel 2:45
3. Wrap It Up 3:33
4. I Could Give You (A Mirror) 3:51
5. The Walk 4:40
6. Sweet Dreams (Are Made of This) 3:36
7. Jennifer 5:06
8. This Is the House 4:56
9. Somebody Told Me 3:29
10. This City Never Sleeps 6:33
Bonus
11. Home Is Where the Heart Is 3:03
12. Monkey Monkey 4:14
13. Baby's Gone Blue 5:15
14. Sweet Dreams (Are Made of This) (Hot Remix) 5:17
15. Love Is a Stranger (Coldcut Remix) 7:18
16. Satellite of Love 4:37

Annie Lennox - vocals, keyboards, synthesisers, flute
David A. Stewart - guitar, keyboards, synthesisers, programming, backing vocals
&
Robert Crash - guitar, e-drums, synth, robotic vocals
Green Gartside (of Scritti Politti) - guest vocal duet on "Wrap it Up"
Dick Cuthell - trumpet
Adam Williams - bass, synthesiser
Andy Brown - bass
Reynard Falconer - synthesisers
John Turnbull - guitar


E comme...
EZ3KIEL & NAPHTALINE ORCHESTRA "Live au Théâtre de Tours" (2012)
Electro-Orchestral Bliss

S'il y a une formation française qui ne manque jamais ni de souffle, ni d'ambition artistique, c'est bien EZ3kiel qui nous revient cette fois avec une relecture live et orchestrale de son répertoire avec comme colonne vertébrale son album majeur, Naphtaline... Rien que ça !
Pari gonflé tant le matériau originel était d'une immense qualité, en particulier Naphtaline qui a tant marqué la carrière d'EZ3kiel, un opus où la puissance cinématique du groupe prenait tout son essor, un album qui jouait sur les textures sonores, trip-hoppait sur le Quai des brumes, "electronisait" Les Tontons flingueurs... Une vraie réussite artistique rétro-futuriste qu'il n'est donc pas aisé de revisiter.
Pour mener à bien leur tâche, les tourangeaux ne se sont pas ménagés : adjonction d'une formation orchestrale dévouée au projet (l'orchestre de la ville de Tours), réarrangement scrupuleux, pointilleux de tous les morceaux sans oublier, bien sûr, l'aspect visuel du travail du collectif jamais secondaire et bien représenté par Yann Nguema qui en assume la responsabilité en plus des programmations (et avant ça de la basse qu'il a depuis délaissée). Bref, il aura fallu deux ans, du lancement de l'idée à l'accomplissement de l'œuvre, du travail particulièrement soigné donc.
Le résultat ? Il dépasse les plus folles espérances et ce dès la première piste, Derrière l'Ecran, où il est d'emblée évident qu'EZ3kiel n'a pas juste superposé les parties orchestrales à sa musique mais bien reconstruit sa musique pour y inclure des parties orchestrales qui, du coup, magnifient, "cinématisent" encore plus le morceau, alors qu'il l'était pourtant déjà beaucoup ! En ceci, on peut comparer la démarche à celle de Peter Gabriel sur New Blood/Live Blood à l'exception notoire que l'orchestre complémente le groupe là où il le remplaçait chez l'ancien frontman de Genesis. La suite des titres confirme sans peine cet excellent état d'esprit et la parfaite adéquation trouvée entre l'électrique, l'acoustique et l'électronique (discret). On rajoutera que la captation live de qualité (le groupe nous avait déjà fait le coup sur son grand Collision Tour enregistré en commun avec les noise-post-rockers angevins d'Hint) retranscrit magnifiquement les finesses et l'emphase d'enregistrements en état de grâce où l'auditeur consentant n'a qu'à se laisser porter pour voyager.
On n'oubliera évidemment pas de répéter que, comme d'habitude, formation totale contrôlant et développant toutes les facettes de son art et toujours généreuse avec son public, EZ3kiel a particulièrement soigné le package et ajouté une captation live en image rallongeant encore un peu plus le plaisir (ceci dit pour ceux qui achèteront l'objet).
EZ3kiel est de ces collectifs (on ne dit plus groupe à ce niveau) qui ont besoin du soutien du public, le méritent !, parce que chacune de leur sortie discographiques, chacun de leurs "live events" est un évènement mûrement réfléchi et brillamment exécuté. Artisans d'excellence, rares dans un high-tech ayant une récurrente tendance à niveler par le bas, ils satisfont toujours, sur ce Naphtaline Orchestra aussi, forcément.

1. Derrière L'Ecran 5:33
2. Naphtaline 6:13
3. Lady Deathstrike 2:32
4. Adamantium 5:30
5. Lac Des Signes 6:04
6. Insomnies 3:30
7. Exebecce 3:10
8. The Wedding 13:15
9. Leopoldine 4:37
10. Subaphonic 6:26
11. Volfoni's Revenge 13:16
12. Kika 4:33

Directed By, Arranged By – Stéphane Babiaud
Drums, Percussion – Matthieu Fays
Bass, Contrabass – Thomas Lesigne
Guitar – Gérald Bouvet
Performer, Percussion – Erick Pigeard
Piano – Cyril Soufflet
Saxophone, Theremin, Saw – Thomas Quinart
Violin – Christelle Lassort
Guitar, Keyboards, Accordion – Joan Guillon
Orchestra [Le Naphtaline Orchestra] – Orchestre Symphonique Francis Poulenc Du CRR De Tours


4 commentaires:

  1. E comme...

    EAGLES OF DEATH METAL "Zipper Down" (2015)
    - http://www4.zippyshare.com/v/XRDgdQoR/file.html

    EARTH, WIND & FIRE "Spirit" (1976)
    - http://www4.zippyshare.com/v/vmvx6gvZ/file.html

    ECHO AND THE BUNNYMEN "Crocodiles" (1980)
    - http://www4.zippyshare.com/v/19FvJCCL/file.html

    EELS "Hombre Lobo" (2009)
    - http://www4.zippyshare.com/v/m3Cl5D2D/file.html

    ENFORCER "From Beyond" (2015)
    - http://www4.zippyshare.com/v/LVHhI7d1/file.html

    EURYTHMICS "Sweet Dreams (Are Made of This)" (1983)
    - http://www4.zippyshare.com/v/9XJfajFV/file.html

    EZ3KIEL & NAPHTALINE ORCHESTRA "Live au Théâtre de Tours" (2012)
    - http://www4.zippyshare.com/v/k32IN90J/file.html

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  2. Marrant ce choix pour Eels. Un album qui m'avait déçu à sa sortie, et sur lequel je suis revenu plus tard avec un grand plaisir.
    Curieux de découvrir ce live de Ez3kiel que je ne connais pas.

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  3. "Incidents du Bataclan" : pourriez-vous changer de formulation, svp.

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