mardi 19 janvier 2016

DAVIDs (2/2)

10 nouveaux David(s) et un retour sur le plus essentiel de tous, 11 albums pour le plaisir de tous d'autant que ça va quasiment tous azimuts... Enjoie !

BeL aLaNGui
David Bowie "The Man Who Sold the World" (1970)
ou "Enfin !"

Ce n'est plus le dandy, ce n'est plus le hippie c'est, enfin !, le Bowie, le vrai !, qui nous arrive en 1970 avec The Man Who Sold the World.
A vrai dire, le premier abord, la pochette, est trompeur, ce Bowie alangui sur sa liseuse, vêtu d'une robe à fleur, plus qu'androgyne, transformiste, a un côté Joan Baez ou Bobbie Gentry qui, visuellement, ne laisse pas augurer le festin musical. Parce que sous le patronage sonore du reconduit Tony Visconti, il était déjà de Space Oddity une petite année plus tôt, avec l'adjonction d'un vrai sidekick de la mort, le guitariste Mick Ronson évidemment, David Bowie entre dans les septantes avec un appétit d'ogre et une nouvelle formule qui fera florès.
S'il n'y a pas de hit sur l'album, quoique The Man Who Sold the World, surtout depuis son sauvetage populaire par les petits gars de Nirvana lors d'un Unplugged resté dans les annales n'en est désormais pas loin, il qu'on ne connaissait pas dans le répertoire précédent du futur Ziggy Stardust. Sur The Man Who Sold the World, il y a la naissance d'une approche frontalement électrique où Bowie, pas encore la glam star qu'il ne tardera plus à devenir mais plus très loin, auteur de toutes les pistes de l'album, se repose beaucoup sur la puissance de feu et l'inventivité d'un Ronson, trouvaille décisive pour un David jusqu'alors en quête d'identité. Dans les faits, ça donne 7 titres qui rockent sans manquer de finesse et desquels l'énorme The Width of a Circle d'ouverture, tout en basse fuzz et guitare échevelée, le plus mesuré mais non moins réussi et fondamentalement encore plus fou (vu son thème) All the Madmen, ou l'épique et habité Saviour Machine, un machin qui louche furieusement vers le rock progressif sans jamais tout à fait en être, sont les plus beaux représentants. A côté de ça, il n'y a que deux opportunités pour l'auditeur de mettre un peu ses tympans au repos, et quelles opportunités !, After All qui semble convoquer les fantômes du Bowie débutant, la maîtrise en plus, et la chanson titre où c'est simplement le meilleur de la pop anglaise qui est convoqué dans un morceau qui s'il ne sera pas un tube mérite grandement aujourd'hui son statut d'intouchable classique.
Bref, étape essentielle d'un artiste qui va vite devenir un incontournable, un essentiel et, évidemment, une énorme perte depuis le 10 janvier dernier, The Man Who Sold the World n'est peut-être pas aussi décisif que ses trois successeurs directs (Hunky Dory, Ziggy Stardust et Aladdin Sane, excusez du peu !), ça n'en demeure pas moins une étape essentielle à qui veut comprendre et apprécier la carrière de David Jones, et une excellente galette de hard rock psyché inventif et prospectif, aussi.

1. The Width of a Circle 8:05
2. All the Madmen 5:38
3. Black Country Rock 3:32
4. After All 3:52
5. Running Gun Blues 3:11
6. Saviour Machine 4:25
7. She Shook Me Cold 4:13
8. The Man Who Sold the World 3:55
9. The Supermen 3:38

David Bowie – vocals, guitars, Stylophone, organ, saxophone
Mick Ronson – guitars, backing vocals
Tony Visconti – bass guitar, piano, guitar, recorder, producer, backing vocals
Mick Woodmansey – drums, percussion
Ralph Mace – Moog modular synthesizer

DAVID BOWIE

MuSiC BooK
David Bedford "Rime of the Ancient Mariner" (1975)
ou "Raconte-moi une histoire"

Vous n'avez jamais entendu parler de ce machin là, on ne vous en voudra pas !
Déjà, David Bedford, hein, c'est pas franchement le plus coté des compositeurs, arrangeurs, claviéristes de la musique progressive des années 70, voyez du côté de Rick Wakeman, Klaus Schulze, Vangelis ou, chez nous, Jean-Michel Jarre. Pas qu'il n'ait pas cotoyé du beau monde, notez, parce que de Kevin Ayers à Mike Oldfield (présent ici) en passant par Lol Coxhill, Steve Hillage ou Roy Harper, le carnet de bal de l'homme n'est pas dénué de pointures. Mais la carrière de Bedford, ce qu'il décida d'en faire surtout, entre jazz, prog, classique, musiques de films et sessions, fut plus un jeu d'opportunités qu'un missile à tête chercheuse.
De fait, dans le domaine qui nous intéresse, sa discographie est plutôt courte, 7 albums entre 1972 et 1985 avant de passer à autre chose. De cette collection de long-jeux, The Odyssey (1976) et ce The Rime of the Ancient Mariner, de 75, sont les plus fréquemment célébrés (quoique par un très petit nombre d'afficionados maniaque dont l'ultime mission semble être d'exhumer tous les disques oubliés ou presque). Si Odyssey est une œuvre de facture plutôt classique et accessible, du prog mélodieux avec chorale et modérés mais remarquées interventions virtuoses (dont un Andy Summers tout jeune et déjà très vaillant), Rime of the Ancient Mariner est ambitieux quitte à en être, au premier abord, hermétique. Parce qu'il faut pouvoir plonger dans ces deux longues plages toutes en ambiances de pianos, d'orgues, de synthétiseurs, où un chœur soutient un récitatif discret, où les guitares de Mike Oldfield sont trop souvent noyées dans la masse n'attirant que de trop rares rayons solaires. Pas facile. Mais il s'apprivoise le bestiau et, doucement, tranquillement, dévoile les trésors mélodiques d'un Bedford inspiré, nous embarque en un rêve éveillé dans cette évocation finalement réussie du poème épique de Samuel Taylor Coleridge.
Tout ça ne fait pas du Rime of the Ancient Mariner de David Bedford un classique, pas même une petite pépite sauvée des eaux, juste une belle galette absolument typique de son époque mais suffisamment bien conservée pour que, 40 ans plus tard, on puisse la déguster avec le recul critique de l'auditeur éclairé de 2016.

1. The Rime of the Ancient Mariner Part I 20:32
2. The Rime of the Ancient Mariner Part II 20:38
un extrait ICI

David Bedford - Grand Piano, Lowrie Organ, Challenger Gem Organ, Chur Organ, Piano Strings, Recorders, Chime Bars, Winebottlephone, Glorfindel Sound Machine, Flute, Violin, Cymbals, Gong
Mike Oldfield - Guitar
Diana Coulson - Vocals
Lucy Blackburn - Vocals
Classes 2 and 3 from Queen's College - choir
Robert Powell - Narrator

DAVID BEDFORD

NeaRSNaKe
David Coverdale "Northwinds" (1978)
ou "On y est presque"

Northwinds est le second album de David Coverdale depuis la fin d'activité de Deep Purple. Son prédécesseur, White Snake avait proposé un rock gorgé de soul et de blues, cette fois, le vocaliste opte pour une approche plus directement rock sans toute fois totalement dévier de sa ligne.
Produit par Roger Glover et accessoirement dernière sortie, en mars 1978, d'un Purple Records en voie de cessation d'activité, Northwinds est, grosso modo, l'embryon de ce qui va devenir un vrai groupe seulement quelques mois plus tard, dès septembre 78 et l'EP Snakebite d'ailleurs supplémenté, gonflé, de 4 titres du présent opus, dont les trois co-créées avec Micky Moody, pour le grossir en album. En attendant, toujours sous le nom de son mâle leader, avec déjà Moody, donc, distillant quelques licks six-cordés juteusement bluesy, on n'y est pas tout à fait, mais presque. Il manque encore de la niaque développée par le Serpent Blanc avant qu'il ne glisse irrémédiablement vers des sonorités plus FM et américanisées. Parce qu'il reste quelques fantaisies, un petit violon par-ci, un harmonica par-là, des invités, M. et Mme Dio venus pousser la chansonnette sur Give Me Kindness, Lee Brilleaux de chez le Docteur Feelgood (duquel on retrouve aussi le claviériste Tim Hinkley) soufflant furieusement dans son harmo sur le très réussi Keep On Giving Me Love, et même un Coverdale tâtant du piano sur trois titres (Northwinds, Time and Again, Give Me Kindness), autant d'éléments atypiques qui contribuent à la relative légèreté d'un David hésitant encore à se relancer dans le hard rock qui a fait de lui ce qu'il est.
Tout ça nous donne un album sympathique et distrayant, un peu le séant entre deux chaises, entre le soul blues rock de White Snake, première offrande solo de l'ex-vocaliste de Deep Purple, et le hard bluesy d'un Whitesnake (le groupe cette fois) qui fera sa seconde gloire. Un bon album bourré de relents 70s, chaud comme la saucisse qu'on glisse dans le petit pain (ha ha ha !), et recommandé, bien sûr parce qu'encore frais de l'innocence d'un futur en devenir.

1. Keep On Giving Me Love 5:16
2. Northwinds 6:13
3. Give Me Kindness 4:34
4. Time & Again 4:02
5. Queen of Hearts 5:16
6. Only My Soul 4:36
7. Say You Love Me 4:21
8. Breakdown 5:15
Bonus
9. Shame the Devil 3:35
10. Sweet Mistreater 3:45

David Coverdale - lead vocals, piano ("Northwinds"), electric piano ("Give Me Kindness" and "Time and Again")
Micky Moody - guitars, backing vocals
Tim Hinkley - keyboards, backing vocals
Alan Spenner - bass
Tony Newman - drums, percussion
Roger Glover - synthesizer, clavinet, cowbell, production
Graham Preskett - violin
Lee Brilleaux - harmonica on "Keep On Giving Me Love"
Ronnie James Dio, Wendy Dio - backing vocals on "Give Me Kindness"

DAVID COVERDALE

LaTiNeRie
David Byrne "Rei Momo" (1989)
ou "David change d'hémisphère"

David Byrne a coupé le cordon avec ses Têtes Parlantes, présentement, il coupe aussi le cordon avec l'occident et se dirige loin au sud de son point d'origine, en Amérique du Sud. Le résultat ? Bluffant !
Et encore plus quand on considère que c'est le premier vrai album solo de David après une belle carrière dans le cocon d'un groupe et une collaboration avec l'alors producteur régulier des Talking Heads, Brian Eno, 8 ans plus tôt. Un saut dans l'inconnu, juste après la séparation de son groupe d'autant plus ardu que, rien qu'à zyeuter l'impressionnante liste des participants (ça n'en finit pas !) il a fallu gérer. Mais David a l'estomac pour assumer l'appétit de son ambition comme le prouve la belle cohérence et les magnifiques arrangement donnant corps à ce Rei Momo d'exception.
Musicalement, David y retrouve les aspirations voyageuses d'une partie conséquente de Remain In Light sauf qu'à l'Afrique de Fela, il y préfère les douceurs chaloupées sud-américaines. Et c'est un festival qui nous fait voyager de la Havane à Rio de Janeiro en passant par Mexico City ou même Bogota. Et le truc incroyable c'est qu'au milieu de tout ça, alors que beaucoup seraient irrémédiablement perdus, Byrne y est mélodiquement tout à fait reconnaissable prouvant, l'air de rien, que son écriture, sa voix, si elles peuvent se transposer dans bien des univers, gardent leur authentique personnalité, la marque des grands.
Le détail des chansons ? Ce serait gâcher la surprise, voyons ! Il n'y a, en vérité qu'une chose à dire : Rei Momo ? courez-y vous ne serez pas déçus !

1. Independence Day 5:45
2. Make Believe Mambo 5:23
3. The Call of the Wild 4:55
4. Dirty Old Town 4:12
5. The Rose Tattoo 3:50
6. Loco de Amor 3:51
7. The Dream Police 3:00
8. Don't Want to Be Part of Your World 4:55
9. Marching Through the Wilderness 4:30
10. Good and Evil 4:35
11. Lie to Me 3:40
12. Office Cowboy 3:40
13. Women vs Men 4:06
14. Carnival Eyes 4:04
15. I Know Sometimes a Man Is Wrong 3:11

David Byrne - Guitar, String Arrangements, Vocals
Milton Cardona Bata - Choir/Chorus, Claves, Congas, Iya, Quinto, Shekere, Tambor, vocals (Background)
Acua Turree Ensemble - Strings
Robby Ameen - Drums
Luis Arias - Congas
Cyro Baptista - Agogo, Caxixi, Tambourine
Lucinho Bizadao - Cavaquinho
Sergio Brandão - Bass
Sam Burtis - Trombone
Floyd Carter - Violin
Willie Colón - Choir/Chorus
Celia Cruz - Vocals
Jorge Jose Da Silva - Repique, Tambourine
Joe de Jesus - Trombone
Felix Farrar - Violin
James Fearnley - Accordion
Lawrence Feldman - Sax
Reinaldo Fernandes - Repique, Tamborim
Angel Fernandez - Trumpet, Woodwind
Mitch Frohman - Sax
Jose Gallegos - Keyboards
Elvis Garcia - Bass
Andy González - Bass, Contrabass
Leini Guerrero - Piano
Steve Guttman - Trumpet
Kenneth Hitchcock - Sax
Ite Jerez - Trumpet
Lewis Kahn - Trombone, Violin
Arto Lindsay - Vocals
Romero Lubambo - Guitar
Kirsty MacColl - Vocals (Background)
Tom "Bones" Malone - Trombone
Jose Mangual Jr. - Bata, Bells, Bongos, Choir/Chorus, Congas, Guichero, Guira, guiro
Luis Manuel - Guira
Juan Martinez - Drums
Shunzo Ohno - Trumpet
Barry Olsen - Trombone
Agusto Onna, Jr. - Choir/Chorus, Trumpet
Keith O'Quinn - Trombone
Enrique Orengo - Cello
Johnny Pacheco - Choir/Chorus, Composer, Congas
Agapito Pasqual - Accordion
Santiago Pasqual - Guira, Unknown Contributor Role
Paquito Pastor - Fender Rhodes, Piano
Oscar Peña - Sax
Lucy Penabaz - Vocals (Background)
Bobby Porcelli - Sax
Marc Quifiones - Bata, Timbales
Rubén Rodríguez - Bass
Huti Rodriquez - Tamboura
Barry Rogers - Trombone
David Sacks - Trombone
Steve Sacks - Sax
Charlie Santiago - Timbales
Charlie Sepulveda - Trumpet
Joe Shepley - Trumpet
Mauricio Smith - Flute
Cuto Soto - Choir/Chorus
David Taylor - Trombone
Yomo Toro - Cuatro
Dale Turk - Trombone
Herbert Vianna - Vocals
Eric Weissberg - Mandolin, Pedal Steel

DAVID BYRNE

ReaL aMeRiCa
David Baerwald "Triage" (1992)
ou "Fine plume"

Dans la série : "Je vous parie que vous n'avez jamais entendu parler de cet oiseau-là", je vous présente David Baerwald, auteur/compositeur/interprète ayant connu quelques succès au sein de David & David dans la seconde moitié des années 80 ou pour sa participation à la bande-originale du Moulin Rouge de Baz Luhrman. David Baerwald a souvent aeuvré loin des préoccupations du grand public qui ne sait pas ce qu'il perd.
Triage est le second album solo de Baerwald après l'aimable mais pas transcendant Bedtime Stories, un album trop poli pour que les chansons qu'on y trouve accomplissent leur plein potentiel. C'est, évidemment, une tout autre histoire avec ce Triage ou Baerwald "explose" son adult-folk-rock pour lui faire rejoindre des sommets rarement atteints.
Dès la première composition, "A Secret Silken World", il est évident qu'une énorme somme de travail a été engagée pour obtenir un tel résultat. Pourtant le morceau est fluide mais regorge, ce que démontre une "inspection" détaillée, de moult détails enrichissant subtilement une composition déjà d'une grande force où les esprits des Beach Boys et de Miles Davis sont discrètement convoqués pour un résultat du plus bel effet.
Tout l'album est à l'avenant, avec son lot de guitares tranchantes (juste ce qu'il faut), d'influences folk ou jazz, de textures sonores visiblement très pensées et de textes finement politisés. Autant de preuves de l'excellence de Baerwald en tant que songwriter (pas surprenant quand on voit la longue liste d'artistes avec lesquels il a collaboré sous son nom ou un pseudonyme de l'iconique Pavarotti, à la chanteuse country LeAnn Rimes, l'ex Bangles Susana Hoffs ou encore l'outlaw ultime de la country, Waylon Jennings).
A vrai dire, on a beau chercher, il n'est pas simple de trouver quelque faille que ce soit en ce Triage. Eventuellement, ceux qui sont particulièrement allergique à toute musique (dans l'ensemble) adulte ne trouveront pas ici leur bonheur. Il est vrai qu'à chercher à comparer cet album à ceux d'autres artistes contemporains, on évoquera volontiers Sting et Peter Gabriel - bien qu'une évidente américanité démarque Triage des aeuvres de ces deux icones britanniques- ou encore de Paul Simon ou Randy Newman pour ses compatriotes. Aucune de ces comparaisons ne rendant tout à fait justice à la large palette de Baerwald, une écoute attentive sera la meilleure façon de juger de la qualité de l'ensemble.
Personnellement, ayant découvert cet album dès sa sortie, je suis surpris de la relative absence d'usure que de nombreuses écoutes auraient, en toute logique, dû entraîner. Il n'en est rien ici et si Triage demeure une aeuvre d'une telle force quasiment vingt ans après sa sortie c'est tout simplement à la force des ses compositions et à la relative intemporalité de son écriture qu'il le doit.

1. A Secret Silken World 7:41
2. The Got No Shotgun Hydra Head Octopus Blues 4:26
3. Nobody 4:33
4. The Waiter 5:03
5. AIDS and Armageddon 5:32
6. The Postman 5:35
7. A Bitter Tree 3:32
8. China Lake 4:37
9. A Brand New Morning 4:38
10. Born for Love 6:22

David Baerwald: Bass, Guitar, Keyboards, Organ, Vocals
Bill Bottrell: Guitar, Keyboards, Loops, Vocals
Dan Schwartz: Bass, Guitar
Kevin Gilbert: Drums, Piano
Herb Alpert: Trumpet
Gregg Arreguin: Guitar
David Kemper: Drums
Brian Macleod: Drums

DAVID BAERWALD

TeCHNiMaGe
David Holmes "Bow Down to the Exit Sign" (2000)
ou "Electrocœur"

Pour le coup, je vous livre la chronique qui m'a donné envie de me procurer l'album, c'était dans l'excellent Magic RPM et c'était signé de Sylvain Colin :
"Jusqu’ici, David Holmes n’était qu’un producteur. Avec tout ce que le terme peut cacher de très bon et d’un peu moins. Aussi délicieux que pouvait sembler Let’s Get Killed, son deuxième album, on se prenait souvent à penser que l’homme n’est jamais meilleur que lorsqu’il travaille pour ou avec d’autres, que ce soit Ashley Beedle (avec leur éphémère projet commun Disco Evangelists en 1993), Sabres Of Paradise, Saint Etienne, U2, The Aloof ou plus récemment Primal Scream. La musique qu’il composa, il y a deux ans, pour Resurrection Man de Marc Evans et, surtout, pour Out Of Sight de Steven Soderbergh (le réalisateur de Sexe, Mensonges Et Vidéo devrait s’adresser à lui une nouvelle fois pour la musique d’un film sur le Rat Pack, l’équipe formée par Dean Martin, Sammy Davis Jr et Franck Sinatra) ne faisaient que confirmer ce postulat. Mais Bow Down To The Exit Sign va à l’exact opposé de ses travaux précédents.
Pour l’anecdote, il s’agit aussi de la musique d’un film, encore au stade embryonnaire de scénario, écrit par une amie à lui et où chacun des chanteurs endosse, sur le disque, le rôle d’un personnage.
Le héros est donc ici Bobby Gillespie, qui a ramené une partie de sa bande avec lui : Andrew Innes, Duncan McKay et Jim Hunt mais aussi quelques-uns des architectes sonores de XTRMNTR, tels que Phil Mossman ou les fidèles à Holmes que sont Tim Goldsworthy et Keith Tenniswood. Pas étonnant, donc, si les ambiances et le son (une basse diabolique, en véritable épine dorsale de cette « groove machine », est omniprésente de bout en bout de l’album) semblent avoir été empruntés à Primal Scream.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. S’il partage l’affiche avec une pléthore d’artistes, c’est bien David Holmes qui tient fermement la barre de ce disque et chacun des invités est entièrement dévoué à la cause de Bow Down To The Exit Sign, sans pour autant s’effacer et se contenter de jouer les figurants.
Le décollage s’effectue tout en douceur sur Compared To What, une chanson jazz des 60’s de Gene McDaniels colorée de la voix chaleureuse de Carl Hancock-Rux, poète et écrivain noir de Brooklyn, auteur de deux recueils de poésies et d’un album produit, entre autres, par John King des Dust Brothers. Mais le ton monte très vite avec l’hommage de Gillespie aux Stooges et à The Fall sur le détonnant Sick City, exact contrepoint de Slip Your Skin, où le leader de Primal Scream calme le jeu et qui ne dépareillerait pas trop sur Vanishing Point (en moins pataud évidemment). Jon Spencer, quant à lui, conduit un blues psychédélique et… explosif sur les ambiances éthérées et oppressantes de Bad Thing, un peu comme si Dr John réécrivait la BO d’Angel Heart.
Tout le savoir-faire d’Holmes s’exprime ici, au cours de ces savants mélanges entre son art et celui de ses invités. Outrun en est la parfaite illustration. Le morceau replonge l’ex-compagne et chanteuse de Tricky, Martina Toppley-Bird, dans ces ambiances suffocantes qu’elle connaît par cœur
, comme pour la mettre en confiance et la métamorphoser complètement par la suite. L’association se poursuit autrement sur Zero Tolerance, qui conjugue alors les guitares salement plombées d’un Sonic Youth avec une mélodie à la sensualité retenue d’une Suzanne Vega ou une PJ Harvey. Après un tel vol, l’atterrissage se fait lui aussi tout en douceur. À l’aide de David Arnold, qui n’a pas son pareil pour singer à merveille les arrangements de cordes de John Barry, Holmes nous a concocté un thème final de facture plus ordinaire mais aux consonances jazz lounge non moins délicieuses.
À l’instar de Primal Scream ou d’UNKLE, et avec une ligne directrice diamétralement opposée mais cohérente, David Holmes arrive à réunir quelques fortes têtes de la pop et à associer ses talents de producteurs et de compositeurs avec ceux de ses invités. Le mélange de rock psychédélique, funk, blues, gospel, jazz et musique de film qui constitue la matière première de Bow Down To The Exit Sign s’entrelace souvent et s’entrechoque parfois, sans pour autant donner naissance à un monstre à plusieurs têtes. David Holmes est désormais bien plus qu’un producteur… Il est devenu un alchimiste génial.
"
Et, vous voulez que je vous dise ? C'est exactement ça !

1. Live From The Peppermint Store 0:44
2. Compared To What (featuring Carl Hancock Rux) 6:15
3. Sick City (featuring Bobby Gillespie) 4:20
4. Drexler's Apt - Aftermath, Afternoon 0:52
5. Bad Thing (featuring Jon Spencer, Martina Topley-Bird) 5:42
6. Voices, Siren, Rain 0:22
7. Incite A Riot 4:57
8. 69 Police 4:31
9. Outrun (featuring Martina Topley-Bird) 4:46
10. Living Room (featuring Carl Hancock Rux) 6:43
11. Happiness 1:10
12. Slip Your Skin (featuring Bobby Gillespie)  4:20
13. Zero Tolerance (featuring Martina Topley-Bird) 4:00
14. Commercial Break 0:32
15. Hey Lisa 4:38

DAVID HOLMES

JaZZFaN
David El-Malek "Organza" (2001)
ou "Tonitruants débuts"

Comment ça vous ne connaissez pas David El-Malek ? Pourtant, en quelques albums, en tant que leader ou en sideman de Baptiste Trottignon ou Pierre de Bethmann (qui est d'ailleurs d'Organza), le saxophoniste francilien a fait sa petite impression sur une scène jazz française sans cesse en éruption de nouveaux talents.
Or donc, en 2001, 15 ans déjà, comme le temps passe, David El-Malek propose un premier album entre modernisme et tradition, entre judaïté assumée et références étatsuniennes, aussi. Ici, en 9 titres (et un planqué en ghost track à la fin, qu'on se demande bien pourquoi tant il est bon), démontrant une technique sans faille où l'influence de Coltrane est souvent évidente (Pression, petit cousin de Countdown, et son furieux galop saxophonique), mais aussi celle de Wayne Shorter dont il reprend d'ailleurs le Children of the Night, et de racines juives exprimées via une refonte jazz classieuse de thèmes traditionnels (trois en tout, Tora Tsiva le plus réussi d'iceux). Bien entouré de sidemen compétents, il n'y a qu'à écouter la performance d'équipe sur le crépitant Fast for Booker pour s'en convaincre, David se permet même la fantaisie de glisser vers un acid jazz de bon ton  (Gentleman) invitant pour la circonstance la délicieuse Laika Fatien, bonne pioche !
Globalement un jazz classique mais tellement rondement mené qu'on ne trouve pas à y redire, Organza était l'excellente introduction d'un instrumentiste et compositeur qui a depuis fait son trou, avec un pareil début, il n'y a rien de surprenant !

1. Tora Tsiva 8:40
2. Impulsion 8:36
3. Pression 1:48
4. Fast for Booker 5:34
5. Organza 7:54
6. Hatikva 5:17
7. Children of the night 6:26
8. Bashana 5:02
9. Gentleman 5:18
10. Untitled 8:25

David El Malek - tenor saxophone, programmation (9)
Daniel Bruno Garcia - drums (sauf  9), congas (8)
Pierre de Bethmann - piano, Fender Rhodes
Laika Fatien - vocals (9)
Alban Sautour - guitar (9)


DAVID EL-MALEK

oLD & WiSe
Dave Brubeck "The Gates of Justice" (2004)
ou "Décalé mystique"

Du jazz au classique, du séculaire au sacré, on peut dire que les talents de Dave Brubeck n'étaient limités qu'à ses envies musicales.
Prenez Gates of Justice, créé en 1969, présentement proposé dans la version Naxos captée en 2004, ont y est à cent-mille lieues d'un Take Five ou d'un Rondo jazzifié, et pourtant on n'est pas exactement surpris de ce qu'on y entend, ayant toujours pressenti les accointances du sieur Brubeck pour la chose liturgique et classique. Mais Gates of Justice va plus loin étant, dixit son auteur, une œuvre appelant à l'amitié et la fraternité entre les communautés noires et juives étatsuniennes, un programme ambitieux et humaniste, d'autant qu'on peut le généraliser à la condition humaine tout court comme le précisa Brubeck, auquel on ne peut que souscrire.
Musicalement, avec un son trio, et chœur et deux voix, ont est évidemment très loin des ébats swinguants du répertoire habituel du vénérable Brubeck (84 ans au moment de l'enregistrement, tout de même !), pas besoin cependant d'être un afficionado de chorale ou quelqu'un de particulièrement religieux (on peut même ne pas l'être du tout) pour apprécier la puissance émotionnelle et harmonique d'une collection de musiques mêlant tradition hébraïques et spirituals. De la première note de Lord, the Heavens Cannot Contain Thee à l'ultime de Oh, Come Let Us Sing a New Song, on est conquis par cette musique qui a autant de cœur que d'âme, qui sait profiter d'un trio d'exception pour s'élever encore un peu plus haut, une musique sacrée, oui, sacrément belle surtout !
David Warren Brubeck nous a quitté en décembre 2012 au grand âge de 91 ans, on célèbre encore et toujours, et on a bien raison d'ailleurs, ses accomplissements dans le domaine du jazz, The Gates of Justice est là pour rappeler que son œuvre est encore plus impressionnante et variée que ça. Recommandé.

1. I. Lord, the Heavens Cannot Contain Thee 3:08 
2. II. Oh, Come Let Us Sing 3:45 
3. IIIa. Open the Gates 4:34 
4. IIIb. Chorale 5:04  
5. IVa. Except the Lord Build the House 2:05 
6. IVb. Except the Lord Build the House (improvisation) 2:17 
7. V. Lord, Lord 5:59  
8. VI. Ye Shall Be Holy 1:05 
9. VII. Shout unto the Lord 8:24 
10. VIII. When I Behold Thy Heavens 3:02 
11. IX. How Glorious Is Thy Name 1:49  
12. X. The Lord Is Good 3:45 
13. XI. His Truth Is a Shield 4:14 
14. XII. Oh, Come Let Us Sing a New Song 0:58 

Conductor: Russell Gloyd
Ensemble: Dave Brubeck Trio
(Dave Brubeck – piano, Randy Jones – drums, Michael Moore – double bass)
Choir: Baltimore Choral Arts Society
Vocals: Kevin Deas, Alberto Mizrahi

DAVE BRUBECK

iRoN DiVa
David Readman "David Readman" (2007)
ou "Une voix qui compte"

Un chanteur de metal qui a joué avec beaucoup de monde mais commis qu'un unique album solo au jour d'aujourd'hui ? C'est l'anglais David Readman et son éponyme, album absolument typique d'un metal mélodique lorgnant parfois sur le rock FM. Bref, c'est Souf (Aux Portes du Metal) qui nous l'évoque plus en détail :
"Si le nom de David Readman ne vous interpelle pas, sachez qu'il occupe depuis 1994 le poste de chanteur du groupe Pink Cream 69, groupe de Glam Metal allemand, en remplacement d'Andi Deris parti pour rejoindre Helloween. Cet album éponyme démarre la carrière solo du talentueux vocaliste britannique et, si l'originalité des compositions n'est pas toujours au rendez-vous, leur qualité musicale supplée grandement. Sceptiques ? prenez donc la peine de lire les quelques arguments suivants.
Tout d'abord, les refrains accrocheurs et puissants sont autant d'invitations à faire vibrer vos cordes vocales. Sans conteste des modèles du genre. En outre, les soli de guitare, tantôt véloces, tantôt posés, sauront gagner l'estime des férus de six-cordes. Mais avant toute chose, la voix de David Readman, authentique don, se détache : chaude, mélodieuse, mimétique, épousant à merveille les inflexions rythmiques, elle constitue un instrument à part entière, à la manière de David Coverdale, Jorn Lande ou encore Geoff Tate de Queensrÿche.
Bref, si vous appréciez Pretty Maids, Europe ou Poison, nul doute que cet album sera votre prochaine acquisition. Les paroles, bien que grand public, conservent un certain charme; pour preuve le refrain de "Long Way to Heaven" : "I've lost my emotion, there's no more devotion, it's true, such a long way to heaven". A noter qu'un hommage splendide est rendu au Black Man Hippy Jimmy Hendrix dans "New Messiah" (avec pour clin d'oeil l'insertion réussie dans le solo du riff cultissime de Purple Haze).
Chaque morceau a son tempérament propre : les tempi varient, allant de la sauvagerie métallique débridée d'un "Wild in the City" à la tendresse toute délicate de "Gentle Touch". Les thématiques abordées, quoique stéréotypées pour la plupart (les titres sont éloquents à cet égard), n'en sont pas moins diverses et le tracklisting bien pensé promet à l'auditeur exigeant un renouvellement constant de l'émotion. Bienvenue dans les méandres nombreux de l'univers musical de David Readman. Une belle virée vous attend.
"
Original ? Absolument pas mais ce n'était de toute façon pas l'intention d'un album audiblement réservé aux amateurs de metal mélodique, millimétré et bien produit qui pourront y aller sans crainte.

1. Without You 5:02
2. Evil Combination 5:19
3. Take These Tears 4:50
4. Don't Let It Slip Away 4:41
5. No Peace for the Wicked 3:52
6. Long Way to Heaven 4:41
7. Wild in the City 4:28
8. Gentle Touch 4:45
9. Prisioner of Shame 3:55
10. New Messiah 4:56
11. Over the Ocean 4:41
12. Love in Vain 5:17

David Readman - Guitars, Keyboards, Vocals 
&
Paul Logue
 - Bass 
Alex Beyrodt - Guitars 
Gerald Sänger - Guitars 
Tommy Denander - Guitars 
Uwe Reitenauer - Guitars 
Eric Ragno - Keyboards 
Günter Verno - Keyboards 
Dirk Briunenberg - Drums 
Chris Schmidt - Drums 

DAVID READMAN

WeiRDo
David Lynch "Crazy Clown Time" (2011)
ou "à son Image"

S'il peut s'avérer surprenant, à priori, de voir Lynch se lancer sur le tard dans la « chanson », ce serait oublier l'importance allouée à la musique dans ses films, sa très proche collaboration avec son compositeur favori, Angelo Badalamenti, et sa fugitive participation aux travaux d'indie rockers tout à fait recommandables (Dark Night Of The Soul de Danger Mouse et Sparklehorse Lynch « pige » sur deux pistes). C'est évident, l'exercice le taraudait, il était donc plus que temps qu'il passe, en 2011, aux choses sérieuses avec un premier album à son image : Crazy Clown Time.
A son image... Soit d'une étrange beauté. Une musique de rideaux rouges, de nains en reverse et de trips psychotiques nocturnes sur de vastes routes rectilignes bordées par le désert. Parce que, c'est un fait acquis, la bizarrerie est compagne du réalisateur, il n'y avait pas de raison qu'il en soit autrement pour le musicien. Et pourtant, les deux compositions inaugurales affichant un inhabituel voile de normalité masquerait presque ces fêlures, que ce soit le presque trip-hopant Pinky's Dream (avec la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs, Karen O, en invitée de marque) ou le synth-pop vocodé Good Day Today, deux réussites, ceci dit.
La suite répond plus à comment on imaginait que la musique de Lynch se devait de sonner. Une sorte de Neil Young (duquel on ne résiste pas de rapprocher son timbre) mal dans sa peau, maladif qui aurait entrepris de faire un album « à la Tricky » sur des guitares primitives et des beats, nappes et glitches synthétiques concassés qui n'agréeront pas avec tout le monde. En vérité, l'album, 69 minutes !, traîne un peu en longueur pour les variations rythmiques - il est majoritairement très lent - qu'il a à offrir, heureusement, ses belles hauteurs (les deux morceaux d'ouverture, Noah's Ark, Strange and Unproductive Thinking, et quelques autres) en justifient aisément l'écoute.
A son image (Lynch!), Crazy Clown Time l'est indéniablement. C'est un machin bizarroïde qu'on déconseillera aux dépressifs chroniques, un album à la beauté oblique pas toujours très compréhensible mais jamais bêtement nonsensique. Reste à espérer que son géniteur poursuive l'expérience parce que le potentiel est là et qu'on est curieux d'entendre de quoi il en retournera.

1. Pinky's Dream 4:00
2. Good Day Today 4:39
3. So Glad 3:35
4. Noah's Ark 4:54
5. Football Game 4:20
6. I Know 4:03
7. Strange and Unproductive Thinking 7:29
8. The Night Bell with Lightning 4:59
9. Stone's Gone Up 5:21
10. Crazy Clown Time 7:00
11. These Are My Friends 4:58
12. Speed Roadster 3:55
13. Movin' On 4:14
14. She Rise Up 5:16

David Lynch: chant, guitare, synthétiseurs, percussions
Dean Hurley: batterie, guitare, basse, programmations, synthétiseurs, Hammond
Karen O: chant sur "Pinky's Dream"

DAVID LYNCH

SoLoBoy
Dave Stewart "Lucky Numbers" (2013)
ou "Et alors ?"

Dave Stewart en solo ? Autant le dire, tout le monde ou presque s'en moque. Dur dur d'être un homme de l'ombre, d'Eurythmics à Vegas en passant par ses nombreuses collaborations et productions, de s'imposer en solitaire.
Et donc Lucky Numbers, cru 2013 du barbu, ne fit pas exception et fut largement ignoré par un public qui s'intéresse plus au clinquant qu'à la substance, au joli qui brille qu'au laborieux qui fonctionne. Présentement, pourtant, avec un groupe bien développé et de nombreux invités, Stewart fait le métier et le fait bien. Il faut dire que Dave est tout sauf un débutant en solo, Lucky Numbers est tout de même son 8ème album, et un faiseur particulièrement roué pour d'autres (de Joss Stone à Stevie Nicks en passant par Tom Petty et ses Heartbreakers ou Ringo Starr). Certes, ses travaux solitaires en dents de scie, du réussi Greetings From The Gutter au très moyen premier opus de ses Spiritual Cowboys, ne plaide pas pour un intérêt systématique de son œuvre mais, tout de même !, voir l'indifférence dans laquelle il est confiné alors qu'il fut instrumental dans une des plus belles réussites des 80s, Eurythmics évidemment, tient de la plus crasse injustice. Et donc Lucky Numbers, un album de qualité à défaut d'être transcendant, mérite l'attention de ceux qui apprécient leur rock avec un art de la nuance consommé et un savoir-faire certain. De fait, on y retrouve quelques excellentes chansons et pas beaucoup de faux-pas autour. Quelque part entre rock d'aujourd'hui et d'hier, country (oui, country !), blues et pop, il propose, par exemple, une jolie introduction en duo avec Martina McBride (Every Single Night), un blue rock gospelisant de qualité (Drugs Taught Me a Lesson), une bonne chanson d'inspiration cajun toute en chaloupe (How to Ruin a Romance), un rock bien solide au riff presque zeppelinien (Satellite), une apte ballade countrysante (Nashville Show), ou, toujours dans le voisinage de la plouc music américaine, un bien troussé Never Met a Woman Like You, ou encore un folk rock pas très éloigné du Mellencamp de The Lonesome Jubilee (One Step Too Far). Autant de chansons prouvant que le sieur Stewart sait y faire tant en tant que compositeur que d'arrangeur ou de producteur.
Clairement, Lucky Numbers ne révolutionne rien, ce n'est pas son ambition de toute manière, mais sait, varié qu'il est, toucher à de nombreux domaines sans perdre un iota de cohérence. Une jolie réussite, dommage que ça ne se sache pas plus.

1. Every Single Night 6:45
2. Drugs Taught Me A Lesson 5:27
3. How to Ruin a Romance 3:22
4. What Is Wrong With Me? 5:08
5. Satellite 3:15
6. Why Can't We Be Friends 6:01
7. You and I 4:09
8. Nashville Snow 4:08
9. Never Met A Woman Like You 3:41
10. One Step Too Far 3:27
11. Lucky Numbers 4:40
12. Every Single Night (Radio Edit) 3:50

Dave Stewart - vocals, guitars
Chad Cromwell - drums, percussion
Michael Rhodes - bass
Tom Bukovac - guitar
Dan Dugmore - lap steel & pedal guitar
Mike Rojas - keyboards
Kieran Kiely - accordion, bodhran, low whistle
&
Vanessa Amorosi
- vocals (2, 3, 4)
Martina McBride - vocals (1)
Laura Michelle Kelly - vocals (7)
Karen Elson - vocals (8)
Holy Quin Rah - vocals (11)
Josh Bohlinger - lead guitar (9)
Allison Bond, Andie Jane de la Torre - backing vocals (9)
Ann Marie Calhoun - violin (7)
The Ringmaster's Choir - backing vocals (2, 4)
musicians on "Why Can't We Be Friends"
Randy Cooke - drums
Michael Bradford - bass
Caitlin "Bird" Evanson - violin
Jeff Paris - piano
Amy Keys, Sierra Swan - backing vocals

DAVE STEWART

7 commentaires:

  1. DAVIDs (2/2)

    David Bowie "The Man Who Sold the World" (1970)
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    David Bedford "Rime of the Ancient Mariner" (1975)
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    David Coverdale "Northwinds" (1978)
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    David Byrne "Rei Momo" (1989)
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    David Baerwald "Triage" (1992)
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    David Holmes "Bow Down to the Exit Sign" (2000)
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    David El Malek "Organza" (2001)
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    Dave Brubeck "The Gates of Justice" (2004)
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    David Readman "David Readman" (2007)
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    David Lynch "Crazy Clown Time" (2011)
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    Dave Stewart "Lucky Numbers" (2013)
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  2. Deux chroniques sur les David... et rien sur DAVID ZORN !!!!! ;-)

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    1. Hé non, pas de Zorn cette fois mais comme je sens que ça te manque, je peux d'ors et déjà te rassurer et t'annoncer son retour pour très bientôt ! ^_^

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  3. Dans ma tête, il y avait forcément David Byrne dans la 2eme session. Dommmage que tu aies remis Rei Momo (vraiment sublime) parce qu'il y a certainement d'autres albums qui méritent le détour (et en plus je me disais que tu allais peut-^tre m'en faire découvrir un que je ne connaissais pas). C'est vrai qu'il est assez discret et qu'onne parle plus trop de lui...
    Il y avait David et Johnnatan... Mais auss plus sérieusement David ACKLES que je pensais trouver ici.Pour le reste, je suis dans l'inconnu total. Mais je vais sans doute faire l'impasse parce que j'ai trop de trucs sur le feu à réecouter (en grande partie de ta faute! :) ). Je vais cependant tacher de jeter une oreille sur David Baerwald. David Lynch, il y a 10 ou 20 ans, j'aurais certainement pris, mais je ne me sens plus trop proche de lui maintenant.

    Ce Bowie, par contre, je suis complètement d'accord avec toi. Quelques morceaux font également très T Rex, pas les meilleurs d'ailleurs. On va dire un album vraiment splendide mais à 50% du temps. La version de Nirvana, malgré son matracage, reste cependant magnifique et dépasse peut-être l'original. Mais l'original n'en demeure pas moins intouchable également. Moi je dis que cette chanson venait de toute façon déjà d'une autre planète quand elle est arrivée chez nous...

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    1. Il y a, en effet, bien d'autres albums intéressants de David Byrne mais comme celui-ci fait partie de mes tous préférés, je n'ai pas hésité une seule seconde pour ce recyclage. Ceci dit, il est fort probable que je revienne sur son cas dans un futur plus ou moins proche.
      David Ackles était dans ma short list mais fit partie de la demi douzaine "excédante" qui n'a pas été retenue... Peut-être l'occasion d'une suite dans le futur.
      Tu me diras pour le Baerwald, un recyclage aussi ceci dit en passant, qui est un album dont je ne me lasse pas.
      La version de Nirvana dépasse t-elle l'original de Bowie ? A mon goût certainement pas mais c'est indéniablement une fort belle version qui permit au titre de gagner une seconde jeunesse populairs, c'est déjà ça.
      Merci de ton commentaire.
      A+

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  4. Bedford ??!!! whouahhh.. connais pas, et juste ton texte et la contexte m'emballe direct.. j'vais m'y précipiter...

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    1. Mais fait donc, et pense à revenir dire ce que ça t'a fait. Enjoie !

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