dimanche 24 juillet 2016

L’Été Mange-Disques - 7 Cachés

Parce que, comme le touriste aime bien les petits coins planqués où ses semblables n'ont pas encore posé la tong, l'amateur de musique adore les petits trésors cachés, il me fallait offrir une sélection du genre, sous le signe du 7, évidemment, Été Mange-Disques oblige. Enjoie !

DiMaNCHe
Faraquet "The View from this Tower" (2000)
ou "La Haut, très haut"

En voici un auquel vous ne pouviez pas échapper tant il est cher à mon cœur. J'ai donc l'honneur et l'avantage de vous présenter l'unique album du groupe de Washington DC, Faraquet. A la base, et si on en croit leur appartenance à la scène (post) hardcore de leur ville, Faraquet pourraient n'apparaître que comme une référence de plus dans la longue, et parfois ennuyeuse, histoire du math-rock. C'est sans compter sur l'incroyable habileté à ciseler des chansons qui, pour ne pas être immédiatement accessibles, n'en demeurent pas moins des pépites pour qui sait prendre le temps de laisser cette musique l'amadouer. La base, comme je viens de le préciser, est math-rock. C'est donc à une formation techniquement impeccable à laquelle nous avons affaire. Sauf que, contrairement à la plupart de leurs petits camarades, Faraquet y ajoute du chant et c'est ce qui fait toute la différence. En effet, là où on est trop souvent confronté avec de simples exhibitions techniques, Faraquet nous propose des vraies chansons qu'on se surprendra à fredonner à l'occasion. A vrai dire, chaque fois que j'ai dû décrire cette musique, j'ai employé les mêmes comparaisons à savoir d'imaginer ce qu'une fusion de Police période Synchronicity et d'un King Crimson à l'époque de Red non sans y ajouter une bonne rasade d'esprit indie pourrait donner. Je sais, ce n'est pas simple et c'est pourtant, après réflexion, la meilleure description que je puisse faire de la musique contenue sur ce The View from This Tower. Évidemment, les musiciens sont exceptionnels, en particulier le batteur, mais il faut dire qu'ils sont magnifiquement mis en valeur par la production claire et précise de J Robbins (Jawbox, Burning Airlines, Channels) qui a su donner la dynamique nécessaire à telle musique qu'on pourrait facilement taxer de Rock Progressif. Et donc, sur 36 minutes et une grosse poignée de titres en état de grâce, voici un album qui ravira ceux qui pensent que la musique est un peu plus qu'un simple enchaînement couplet/refrain/couplet. Une galette unique en son genre et totalement indispensable !

1. Cut Self Not 2:54
2. Carefully Planned 3:40
3. The Fourth Introduction 3:17
4. Song For Friends To Me 1:37
5. Conceptual Separation Of Self 6:43
6. Study Complacency 5:05
7. Sea Song 4:10
8. The View From This Tower 5:55
9. The Missing Piece 3:29

Bass, Guitar [Feedback Guitar] – Jeff Boswell
Drums, Percussion, Bass [Piccolo Bass], Vocals, Keyboards – Chad Molter
Guitar, Vocals, Drums, Percussion, Keyboards, Trumpet, Banjo [Banja], Guitar [Baritone Guitar] – Devin Ocampo

FARAQUET

LuNDi
Colin Blunstone "One Year" (1971)
ou "Belle Pop"

Quand un ex-Zombies se lance en solo, ça donne "One Year" et c'est un petit miracle de pop raffinée comme on aimerait en entendre beaucoup plus souvent.
Nous sommes en 1971, quelques années après la séparation d'un groupe pop anglais presque oublié aujourd'hui, The Zombies. Paraît One Year, premier album solo de Colin Blunstone, pareil à un rosier sous la pluie, subtil et alangui. Le rêve de tout critique de rock serait de tomber, au fond d'un grenier, sur la discothèque oubliée par exemple dans une vielle malle, d'un fan de song-writing britannique qui aurait acheté, dans les années soixante, à peu près tout ce qui ce serait fait à l'époque. On peut présumer que les saints vinyles mériteraient presque tous qu'on les écoute avec une nostalgie admirative et One Year, de Colin Blunstone, ne ferait pas exception. Nous sommes en 1971, quelques années après la séparation d'un groupe pop anglais presque oublié aujourd'hui, The Zombies. Mélodiques et raffinés, ces zombies bien vivants dans les sixties ne survécurent pas au tournant de la décennie la plus rock de l'Histoire, contrairement à leur chanteur, Colin Blunstone. Discret, doté d'une voix de velours froissé, moins sombre et prophétique qu'un Nick Drake, il n'en publie pas moins cette année-là, chez Epic, une petite merveille de délicatesse : One Year. Très court, une trentaine de minutes, comme beaucoup des galettes de l'époque, One Year parcourt les quatre saisons sentimentales de son auteur. Un ou deux titres mis à part, c'est paré de guitare sèche et de cordes précieuses que l'album s'effeuille, pareil à un rosier sous la pluie, subtil et alangui. Presque tous les titres semblent faits de brume et si l'on devait trouver à la musique une harmonie de couleurs, c'est avec des pastels de rose, de vert et de gris bleuté qu'il faudrait ici l'esquisser. On sent parfois, surtout sur les morceaux plus rythmés, à quel point le temps a marqué son passage sur ce genre de compositions mais hormis cette note mineure, tout y est si harmonieux, si délicieusement susurré qu'on ne peut que s'abandonner, reconnaissant et oublieux, à cette joie empreinte de tristesse qui accompagne le souvenir de ce qui ne reviendra plus.

1. She Loves the Way They Love Her 2:49
2. Misty Roses 5:04
3. Smokey Day 3:13
4. Caroline Goodbye 2:54
5. Though You Are Far Away 3:24
6. Mary Won't You Warm My Bed 3:11
7. Her Song 3:31
8. I Can't Live Without You 3:27
9. Let Me Come Closer to You 2:24
10. Say You Don't Mind 3:20

Colin Blunstone – vocals, guitar
Rod Argent – keyboards
Russ Ballard – guitar
Jim Rodford – bass
Robert Henrit – drums
Alan Crosthwaite – guitar on "Misty Roses"

COLIN BLUNSTONE

MaRDi
Jonas Hellborg with Glen Velez "Ars Moriende" (1994)
ou "Méditatif"

Dire que ces trois pièces du fusionneux bassiste suédois et de son comparse percussionniste ethno-latino du jour relève de la grâce dans l'austérité tient du doux euphémisme. L'épure, de fait, sert à merveille un album qui, pour n'être que peu démonstratif, sait offrir les tréfonds de son âme. Mais clairement une question s'impose à moi. Est-ce l'influence de son mentor Mahavishnien, le zen Sir McLaughlin ou un goût tout personnel pour l'expérimentation (déjà perçu sur The Word) des formules et des sons qui amène une star montante du jazz-fusion à s'impliquer dans pareil projet ? Sans doute un peu des deux considérant que les hasards cosmiques qui ont jalonné son parcours sont autant de signes du destin et de rencontres d'âmes compatibles. Ne fuyez pas à déballage de charabia niaiso-newageux ! Cet album se déguste aussi quand on a la profondeur spirituelle d'une moule bretonne accrochée à son rocher mazouteux. Et si l'ensemble de l'ambiance penche ici vers le franchement méditatif, celui qui sait prêter l'oreille découvrira d'insoupçonnés méandres et d'audibles délicatesses. Bref ! Ars Moriende est un diable d'album ! Unique en son genre, puissant dans sa prétendue tranquillité, et, surtout, une pièce de plus au convaincant tableau d'un artiste qui n'a pas fini de nous surprendre tant par les choix artistiques auxquels il souscrit que par le choix, parfois improbable mais toujours judicieux, de ses petits partenaires de jeu.

1. Ritual Love-Death 32:38
2. Stars Of The Morning Sky 8:24
3. Regicide 23:10

Bass Guitar – Jonas Hellborg
Drums, Percussion, Voice – Glen Velez

JONAS HELLBORG

MeRCReDi
The Dismemberment Plan "Emergency & I" (1999)
ou "My Precious"

Originaires de Washington DC et membres à part entière de la scène "Art-Punk" de cette ville, signés sur le label des ex-Jawbox Kim Coletta et Bill Bardot, produits par l'autre ex-Jawbox J Robbins... Tout porte à croire que The Dismemberment Plan fait dans l'agression sonique de type « qui crie et qui va vite ». Oui...et non. Déjà parce que la caractéristique de base de la scène de DC est d'avoir mis de la matière grise dans son hardcore-punk. Le temps des furieux batifolages binaires de Minor Threat, Government Issue ou Youth Brigade est depuis longtemps passé. Fugazi (avec l'ex-Minor Threat Ian McKaye en étendard), Jawbox ou Smart Went Crazy ont depuis longtemps revitalisé la formule lui offrant des circonvolutions et développements flirtant même avec l'esprit du rock progressif ! C'est bien dans cette tradition de qualité et d'aventurisme que The Dismemberment Plan s'inscrit tout en conservant une identité à part. C'est encore plus flagrant sur leur 3ème album, Emergency & I, déjà, dans la composition même du groupe, où on aperçoit que ses membres ont - pour la première fois - eu massivement recours aux claviers. Ça se confirme d'ailleurs dans le son où des parties malines de synthétiseur viennent enrichir les compositions anguleuses de Morrison & Cie. Le quatuor pousse même le bouchon jusqu'à enregistrer une chanson de synthpop (un poil paranoïde, faut pas déconner non plus) avec le savoureux You Are Invited. Ensuite, c'est dans l'approche même du format chanson que TDP se démarque de ses petits camarades : si ils ne crachent pas sur l'enchaînement classique couplets/refrains, ils savent aussi y ajouter leur touche à eux, une façon de déstructurer la pop qui n'est pas si éloignée de certains morceaux des jeunes XTC. C'est justement cette étonnante qualité qui fit de TDP un groupe qui, malgré les louanges d'une poignée de fervents adorateurs, ne trouva jamais vraiment sa place. Trop pop et prog pour les purs hardcoreux, trop bizarres et abstraits pour une audience plus mainstream, TDP n'aura hélas pas marqué grand monde mais ceux qui le furent le furent profondément et indélébilement. Des 12 morceaux qui composent Emergency & I, aucun n'est ne serait-ce que moyen. Cet album - comme son successeur (Change) d'ailleurs - est une impeccable et implacable collection de brulots à la fois psychotiques et amusants. Cette musique, cependant, ne s'apprivoise pas en l'écoutant distraitement, elle demande un minimum d'investissement et d'attention de l'auditeur qui, ce faisant, sera largement repayé de son effort et y découvrira du prog, du ska, du funk, du punk, de la new wave, de la synth pop passé à la moulinette d'un quatuor d'exception mené par un chanteur au falsetto attachant. Pour conclure sur une petite note personnelle, je préciserais que cet album - que j'ai évidemment beaucoup fait écouter autour de moi - a généralement été très favorablement accueilli et ce par des gens aux univers et goûts musicaux très éloignés les uns des autres. Aussi me plait-il de penser que c'est plus par un abasourdissant manque de chance que par une quelconque absence de talent que The Dismemberment Plan ne sont pas, aujourd'hui, des stars mondiales du calibre de Pearl Jam ou System of a Down comme ils mériteraient de l'être. Aussi est-ce avec un immense plaisir que je vous livre cet album qui, bien qu'écouté à de très très nombreuses reprises, n'arrive toujours pas à me lasser. Je vous le promets, ça n'arrive pas si souvent.

1. A Life of Possibilities 4:34
2. Memory Machine 2:43
3. What Do You Want Me to Say? 4:18
4. Spider in the Snow 3:50
5. The Jitters 4:19
6. I Love a Magician 2:38
7. You Are Invited 4:52
8. Gyroscope 2:29
9. The City 4:26
10. Girl O' Clock 2:54
11. 8½ Minutes 2:57
12. Back and Forth 5:07

Eric Axelson: bass, keyboards
Jason Caddell: guitar, keyboards
Joe Easley: drums
Travis Morrison: vocals, guitar, keyboards

THE DISMEMBERMENT PLAN

JeuDi
David Baerwald "Triage" (1992)
ou "Grown Up America"

Dans la série : "Je vous parie que vous n'avez jamais entendu parler de cet oiseau-là", je vous présente David Baerwald, auteur/compositeur/interprète ayant connu quelques succès au sein de David & David dans la seconde moitié des années 80 ou pour sa participation à la bande-originale du Moulin Rouge de Baz Luhrman. David Baerwald a souvent œuvré loin des préoccupations du grand public qui ne sait pas ce qu'il perd. Triage est le second album solo de Baerwald après l'aimable mais pas transcendant Bedtime Stories, un album trop poli pour que les chansons qu'on y trouve accomplissent leur plein potentiel. C'est, évidemment, une tout autre histoire avec ce Triage ou Baerwald "explose" son adult-folk-rock pour lui faire rejoindre des sommets rarement atteints. Dès la première composition, "A Secret Silken World", il est évident qu'une énorme somme de travail a été engagée pour obtenir un tel résultat. Pourtant le morceau est fluide mais regorge, ce que démontre une "inspection" détaillée, de moult détails enrichissant subtilement une composition déjà d'une grande force où les esprits des Beach Boys et de Miles Davis sont discrètement convoqués pour un résultat du plus bel effet. Tout l'album est à l'avenant, avec son lot de guitares tranchantes (juste ce qu'il faut), d'influences folk ou jazz, de textures sonores visiblement très pensées et de textes finement politisés. Autant de preuves de l'excellence de Baerwald en tant que songwriter (pas surprenant quand on voit la longue liste d'artistes avec lesquels il a collaboré sous son nom ou un pseudonyme de l'iconique Pavarotti, à la chanteuse country LeAnn Rimes, l'ex Bangles Susana Hoffs ou encore l'outlaw ultime de la country, Waylon Jennings). A vrai dire, on a beau chercher, il n'est pas simple de trouver quelque faille que ce soit en ce Triage. Éventuellement, ceux qui sont particulièrement allergique à toute musique (dans l'ensemble) adulte ne trouveront pas ici leur bonheur. Il est vrai qu'à chercher à comparer cet album à ceux d'autres artistes contemporains, on évoquera volontiers Sting et Peter Gabriel - bien qu'une évidente américanité démarque Triage des aeuvres de ces deux icones britanniques- ou encore de Paul Simon ou Randy Newman pour ses compatriotes. Aucune de ces comparaisons ne rendant tout à fait justice à la large palette de Baerwald, une écoute attentive sera la meilleure façon de juger de la qualité de l'ensemble. Personnellement, ayant découvert cet album dès sa sortie, je suis surpris de la relative absence d'usure que de nombreuses écoutes auraient, en toute logique, dû entraîner. Il n'en est rien ici et si Triage demeure une œuvre d'une telle force quasiment vingt ans après sa sortie c'est tout simplement à la force des ses compositions et à la relative intemporalité de son écriture qu'il le doit.

1. A Secret Silken World 7:41
2. The Got No Shotgun Hydra Head Octopus Blues 4:26
3. Nobody 4:33
4. The Waiter 5:03
5. AIDS and Armageddon 5:32
6. The Postman 5:35
7. A Bitter Tree 3:32
8. China Lake 4:37
9. A Brand New Morning 4:38
10. Born for Love 6:22

David Baerwald: Bass, Guitar, Keyboards, Organ, Vocals
Bill Bottrell: Guitar, Keyboards, Loops, Vocals
Dan Schwartz: Bass, Guitar
Kevin Gilbert: Drums, Piano
Herb Alpert: Trumpet
Gregg Arreguin: Guitar
David Kemper: Drums
Brian Macleod: Drums

DAVID BAERWALD

VeNDReDi
Cotton Mather "Kontiki" (1997)
ou "Revivalissimo"

Avec le nom d'un pasteur et politicien puritain du XIXème siècle pour le groupe et celui d'une expédition scientifique nautique norvégienne pour l'album, on sait d'emblée que le Kontiki (ou Kon-Tiki) de Cotton Mather ne sera pas un album tout à fait comme les autres. Pas de doute, pour ceux que le revivalisme 60s intelligent intéresse, cette galette sera (s'ils ne la connaissent pas encore) une trouvaille inespérée. Passé l'étonnant mimétisme vocal entre Robert Harrison et John Lennon demeure une écriture qui n'est pas sans rappeler celle des Fab Four circa Revolver. On aurait pu craindre qu'une ressemblance aussi flagrante s'avère gênante mais l'écriture de ce quatuor d'Austin (Texas) permet d'éviter cet écueil. Pas qu'elle diffère tant que ça de celle des Beatles, notez bien. En bons ouvriers de la pop, Cotton Mather n'appliquent que des recettes connues et reconnues afin d'arriver à leurs fins. Cependant, il faut que tous les éléments soient réunis afin d'accomplir la périlleuse mission. Pour ce faire, la mise en son est essentielle et comme elle est ici délicieusement vintage - pas en mono (faut pas pousser quand même !) mais avec juste ce qu'il faut de garage pour conserver un grain authentique - une première étape est brillamment accomplie. Notons simplement qu'en bon groupe indie, la tâche de production est assumée collectivement par trois des membres du line-up. Évidemment, sans les chansons, tout ceci ne serait que de l'enrobage, clinquant, bien foutu mais vide de sens... Or, les compositions d'Harrison étant du tonneau de celles d'un Elliott Smith ou d'un Andy Partridge et voguant, pleines de malice, entre un rock psychédélique estampillé 60's et pop/folk enluminée de chœurs appropriés comme savait si bien la faire les Beach Boys, CSNY... Et les Beatles, évidemment. Avec tant d'atouts artistiques dans ses manches (imaginez un album avec des manches, pour voir... ), il est surprenant que Kontiki n'ai pas eu un plus grand retentissement. En France, de vénérables magazines tel que Magic RPM ou les Inrockuptibles (qui sont peut-être pédants mais n'ont pas mauvais goût), ont loué les qualités de ce groupe et de cet album, à raison. Hélas, à défaut d'un clip passant en boucle pour les chaines visant à lobotomiser les futures générations, d'une promotion suffisante (petit label indé oblige), c'est à une excellent réputation underground que se voit confiné ce putain de bon disque. C'est dommage, d'autant plus que le groupe semble avoir plié les gaules (plus de trace discographique depuis 2001). Reste la musique et quand elle est de cette qualité, on ne peut que se réjouir de la découverte et s'attrister que si peu de gens en aient entendu parler. Alors, que vous soyez nostalgiques des années soixante ou amateurs de musique revivaliste ou, tout simplement, amateurs de bonnes chansons, vous trouverez en Cotton Mather et leur Kontiki, une petite perle comme on n'en rencontre pas si souvent... Il serait regrettable de s'en priver.

1. Camp Hill Rail Operator
2. Homefront Cameo
3. Spin My Wheels
4. My Before and After
5. Private Ruth
6. Vegetable Row
7. Aurora Bori Alice
8. Church of Wilson
9. Lily Dreams On
10. Password
11. Animal Show Drinking Song
12. Prophecy for the Golden Age
13. She's Only Cool
14. Autumn's Birds

COTTON MATHER

SaMeDi
Gospel "The Moon Is a Dead World" (2005)
ou "Beau Chaos"

Formé par les trois ex-Helen of Troy avec le concours du guitariste/clavier Jon Pastir, Gospel est né de la volonté de ces post-hardcoreux émérites de pousser le bouchon encore un peu plus loin et, en l'occurrence, vers le space et le progressive rock. Et nous voici donc en 2005 et à cet unique album, "The Moon is a Dead World". Sorti sur l'excellent label indépendant US, Level Plane Records et produit par le guitariste de Converge, Kurt Ballou, cet album est la preuve absolue que le rock progressif moderne peut exister si il accepte de... progresser. En ce qui concerne Gospel, les éléments provenant du hardcore et du math rock plus une batterie d'influences contenant - entres autres - Hawkwind (en tête !), King Crimson, Refused, Converge (etc.) offrent l'opportunité de marier la complexité de structures directement héritées des grands anciens progressifs avec une agression et une précision quasi-clinique dont l'origine est, évidemment, à chercher du côté de leurs racines hardcore. Le plus étonnant sur cet album - outre son extrême qualité - est de constater ô combien naturellement tous ces éléments s'imbriquent sous la férule de musiciens possédant une vraie vision de leur art. Ainsi est-on ballotté, chahuté, violenté par ces 8 compositions. Ainsi en redemande-t'on et espère-t'on qu'une reformation en bonne et due forme vienne nous apporter une suite à pareille fête.

1. Congratulations...You've Hit Bottom 3:41
2. Yr Electric Surge Is Sweet 4:15
3. Golden Dawn 9:05
4. Paper Tigon 3:23
5. And Redemption Fills The Emptiest Of Hearts 2:46
6. Opium 3:57
7. What Means Of Witchery 6:18
8. As Far As You Can Throw Me 5:41

Bass – Sean Miller
Drums – Vinny Roseboom
Guitar, Keyboards – Jon Pastir
Guitar, Vocals – Adam Dooling

GOSPEL

18 commentaires:

  1. L’Été Mange-Disques - 7 Cachés

    Faraquet "The View from this Tower" (2000)
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    Colin Blunstone "One Year" (1971)
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    Jonas Hellborg with Glen Velez "Ars Moriende" (1994)
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    The Dismemberment Plan "Emergency & I" (1999)
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    David Baerwald "Triage" (1992)
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    Cotton Mather "Kon Tiki" (1997)
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    Gospel "The Moon Is a Dead World" (2005)
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  2. Courageux, mais pas téméraire, je commence avec ce que je connais : Jonas Hellborg. Après, j'irai voir du coté de Kon Tiki, parce que j'avais bien aimé le film, malgré son coté "je suis seul et j'ai raison et je vais vous le prouver au péril de ma vie bande d'ignares incrédules !"

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    1. Bonne pioche et bonnes découvertes.
      Enjoie !

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  3. Je prend tout !!!!
    Sauf le Jonas Hellborg que je possède déjà
    Merci pour toutes ces découvertes

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    1. Tu pourras même revenir dire ce que tout ça t'a fait.
      Enjoie !

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  4. Hey Zorno, un bonjour rapide en passant. It's been a long long time.
    Longtemps également que je n'ai pas réécouté le Jonas Hellborg découvert chez toi.
    Pour le reste du un peu connu et du pas connu, je pioche au hasard des envies.

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    1. Espérons que le hasard fera bien les choses. Sinon, les billets sont là pour t'orienter...
      Enjoie et n'hésite pas à venir faire ton "rapport", ami revenant. ^_^

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  5. Chouette selection, merci!!
    Pour les curieux, Ennismore (second album de Colin Blunstone) est aussi très très bien (même s'il verse encore davantage dans le mièvre sirupeux).

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    1. One Year demeure mon préféré mais il est vrai qu'Ennismore mérite le détour. Merci pour ce rappel.
      Et bonnes écoutes à toi, anonyme.

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  6. Pouarrrfff, là pour le coup, à part Colin je connais nada... peut être Hellborg, mais pas sur, faut que je vérifie, je dois confondre (Hellberg ??) la pochette me dis qqchose.

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    1. Et pourtant, ce ne sont que des recyclages de ce ou de mes précédents blogs... Allez, bonnes découvertes et bonnes écoutes et n'hésite pas à revenir me dire ce que tu as tiré de tes expériences... ^_^

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  7. J'aime bien ce rythme estival, ça laisse le temps pour une écoute plus attentive. Et là nous sommes particulièrement gâtés. A part The Dismenberment Plan, découvert ici même il y a quelques mois (un très bon album), le reste m'était parfaitement inconnu.
    Je connais quelques albums d'Hellborg, mais celui-ci m'a particulièrement touché. La virtuosité mise au service de la sensibilité et au sens de l'aventure ça fait toujours mouche.

    -Faraquet est une belle découverte. Je connais peu le math-rock à part Don Caballero, Cheval de Frise, et Battles. Et effectivement, le chant apporte quelque chose de moins austère, d'un peu plus humain à un style relativement complexe.

    - David Baerwald est une autre belle découverte. Des compositions sophistiquées et subtiles (contrairement à la pochette). Les morceaux downtempo m'ont un peu fait penser à American Music Club. Et j'aime beaucoup les samples de "bruits concrets" (à défaut d'autre terme) qui enrichissent ces compositions en textures harmoniques. (Bon ,OK, je ne serai jamais un chroniqueur musical ;-) )

    - Colin Flunstone : "Belle Pop", je n'ai rien à ajouter. Je crois bien que j'ai un Zombies quelque part que je vais essayer de retrouver.

    - Cotton Mather ça m'a fait penser à un apéro avec les fidèles amis. Ceux qu'on connait depuis longtemps et avec qui on se comprend à demi-mots.

    - Gospel je me le garde pour plus tard. En cette période estivale, le mélange tongs et hardcore peuvent être dangereux pour mon palpitant et mes articulations. ;-)

    Merci à toi,

    Oya

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    1. Correction: Le mélange tongs et hardcore "peut être" dangereux... Je vais potasser plus sérieusement mes cahiers de vacances. ;-)

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    2. Déjà, merci pour ton commentaire détaillé, j'apprécie comme il se doit. :-)
      Ensuite, un rapide retour, donc :
      - Content que le Hellborg t'ait plu, avec The Word, autre album rare, autre trésor caché, c'est mon préféré de son œuvre.
      - Idem pour Faraquet. Tu verras, l'album n'en finit pas de se bonifier.
      - Baerwald; figure toi que je l'avais interviewé pour cet album, qu'on avait justement évoqué la pochette. Triage, comme tu le sais peut-être, évoque le modus operandi d'un hôpital de campagne où l'on "trie" les blessés selon l'importance de leur plaie et leurs chances de survie, pragmatique et froid. Les paroles de l'album font référence à ça vis à vis de l'Amérique des 90's, une situation qui n'a fait qu'empirer, ou au mieux stagner, depuis.
      - Gospel, reviens-y et reviens-moi après ! ;-)

      A+

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    3. Merci pour l'explication, maintenant je comprends mieux la pochette.

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  8. J'adore sans aucune réserve les Blunstone solo, merci d'en parler :) !

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    1. J'aime celui-ci en particulier mais comme je ne les connais pas tous...

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