samedi 6 septembre 2014

80s Metal: de l'agneau au grand méchant loup

Je vais vous raconter une petite histoire, une petite histoire du metal (et de son frangin hard rock) des années 80 en 13, forcément 13 !, groupes (et 17 albums !). Pas forcément les plus référentiels du genre, quoique quelques vrais classiques s'y sont insérés, mais représentatifs du genre et de sa diversité d'alors (qui n'a fait que s'élargir encore depuis). C'est aussi un "test-run" de mes thémas du samedi qui occuperont, en fait, tout le weekend (Dimanche, c'est relâche ou place à un invité). Bref, nous y voici, les gentils, les méchants... Ready? Go!

LES AGNEAUX
 
King Kobra "Thrill of a Lifetime" (1986)
ou "Rockin' on the Radio"

Si le metal des années 80 est marqué par un radicalisme en construction, il est aussi, à l'opposé, victime d'une "poppisation" indéniable avec le fameux "hair metal" (le metal à cheveux exemplifié par Mötley Crüe, Ratt, Poison, Cinderella, j'en passe et des pires) mais aussi par une "FMisation" où la guitare disparaît parfois sous d'omniprésents synthétiseurs comme sur ce second opus de King Kobra, formation fondée par l'ex-Vanilla Fudge/Cactus (etc.) Carmine AppiceThrill of a Lifetime. On peut le dire, entre ceux qui défouraillent sévère, les tenants du Temple, les garçons coiffeurs et les douces mélopées à visée radiophonique, le gouffre se creuse. C'est le sel d'un genre mais aussi sa limite quand, d'une micro-chapelle à une autre, les divisions lézardent ce qui fut, naguère, une communauté soudée.
Prenez ce King Kobra, il est loin d'être mauvais, et même souvent mélodiquement implacable (essayez voir de vous retirer le refrain d' Iron Eagle (Never Say Die) de la tête), mais finalement si peut griffu qu'on peinerait presque à l'accepter dans le genre (encore plus quand le groupe flirte avec le rap et la funk sur Home Sweet Home). Gentil, propre sur lui, il est au metal ce que Vanilla Ice est au hip-hop, un succédané grand public, racoleur en diable qu'on a presque honte d'apprécier mais qu'on écoute tout de même parce que ça fait du bien, parfois, un peu de légèreté. Alors, évidemment, dans le genre, ce n'est pas exactement l'album de référence mais indéniablement une bonne galette et production représentative de la tendance AOR du hard'n'heavy d'alors.
Si vous êtes clients de ce type de machin, n'hésitez pas, sinon, passez directement au suivant.

1. Second Time Around 4:08
2. Dream On 4:29
3. Feel the Heat 3:58
4. Thrill of a Lifetime 4:12
5. Only the Strong Will Survive 4:00
6. Iron Eagle (Never Say Die) 3:32
7. Home Street Home 4:20
8. Overnight Sensation 4:19
9. Raise Your Hands to Rock 3:47
10. Party Animal 3:57
Bonus
11. This Raging Fire 4:08

Mark Free - lead vocals
David Michael-Philips - guitar
Mick Sweda - guitar
Johnny Rod - bass
Carmine Appice - drums
Duane Hitchings - keyboards


King's X "Gretchen Goes to Nebraska" (1989)
ou "Black Sheep in the Family"

Dans le genre atypique, adulé par la presse et quelques afficionados mais largement, honteusement !, négligé par la masse chevelue des adorateurs de hard'n'heavy, culte quoi !, King's X se pose un peu là !
Pensez, un trio, mené par un chanteur/bassiste black arborant un coupe iroquoise (Doug Pinnick, qui abandonnera sa foi et fera son coming-out bien des années plus tard), aimant autant les riffs qu'une certaine idée du groove ou que les cœurs à la Beatles... Le cul entre tellement de chaises que l'équilibre, le potentiel commercial, la "vendabilité", en devient plus qu'instable, carrément précaire !
Mais la qualité est là, aucun doute là dessus. Déjà parce que ces trois-là s'y entendent pour trousser une mélodie, ensuite parce que l'assemblage de leurs trois organes vocaux et de leurs dons respectifs d'instrumentistes, à ne surtout pas minimiser, fonctionne admirablement. Enfin parce que, innovant dans un genre qui se sclérose, irrémédiablement pense t'on, ils amènent une vraie bouffée d'air frais à une scène qui n'en avait que trop besoin. C'est sans doute là la confusion sur un groupe parfois assimilé au prog-metal quand, en fait, il fait progreser le metal, le hard rock, la nuance est de taille.
Sur l'album proprement dit, leur second, il est communément accepté qu'il s'agit d'une de leurs plus belles réussites, un opus magnifiquement joué, arrangé, produit où pas une chanson ne vient ternir le tableau. Un album nettement plus varié et maîtrisé que leur salve originelle aussi, om l'on croise pèle-mêle Black Sabbath, les Beatles, Sly & the Family Stone, Jimi Hendrix voire Crosby Still Nash & Young, rien que ça ! Avec la vraie personnalité du power trio présentement très forte, concrétisant la fusion, évidemment. Typiquement, en fait, c'est le genre de galette qu'on conseillera à ceux qui se croient allergiques au hard'n'heavy alors qu'ils ne sont, tout simplement, pas encore tombés sur la bonne ouverture, la petite perle capable de tisser sa toile en improbable pont (drôle d'image). Elle est là, dans ce Gretchen Goes to Nebraska, secret trop bien gardé, merveilleux album, Grand Album !
Qu'importe, à partir de là, que l'album soit en fait un vague concept christiano-compatible bâti autour d'une nouvelle écrite par le batteur (incluse au livret), Jerry Gaskill, quoique ceci contribue probablement à la profondeur de l'album, tout ça à trois, c'est fort, très très fort.. Et très chaudement recommandé, forcément !

1. Out of the Silent Planet 5:44
2. Over My Head 4:47
3. Summerland 3:17
4. Everybody Knows a Little Bit of Something 3:57
5. The Difference (In the Garden of St. Anne's-on-the-Hill) 3:08
6. I'll Never Be the Same 4:56
7. Mission 5:01
8. Fall on Me 4:05
9. Pleiades 4:41
10. Don't Believe It (It's Easier Said Than Done) 3:07
11. Send a Message 4:02
12. The Burning Down 5:35

Doug Pinnick – lead vocals, bass
Ty Tabor – guitar, vocals
Jerry Gaskill – drums, vocals


Helix "Walkin' the Razor's Edge" (1984)
ou "Les canadiens rockants"

Les AC/DC du hair metal ? Y a de ça !
Hélix sont canadiens, n'ont jamais eu le succès qu'ils méritaient et sont, alors, au sommet de leur "art". Oui, des guillemets à art parce que, c'est l'évidence, cette musique n'a d'autre prétention que de vous amuser avec es compositions accrocheuses, divertissantes.
Evidemment, tout ceci n'est pas bien sérieux mais là n'est visiblement pas le propos. Il suffit d'ailleurs d'examiner les thèmes de paroles d'une rare légèreté (les filles, le rock, basiquement) pour s'en convaincre. Et alors ? Y-a-t 'il du mal à se faire du bien ? Assurément pas. Surtout quand, comme sur ce délicieux Walkin' the Razor's Edge, l'affaire est aussi rondement menée avec, en tête de gondole, des titres aussi réussis que Rock You, When the Hammer Falls, Gimme Gimme Good Loving ou la power-ballad (Make Me Do) Anything You Want, autant de preuves qu'on peut faire du léger, du fun en diable tout en gardant une certaine légitimité hard-rockante. 
Gimme an R (R!)
 O (O!)
 C (C!)
 K (K!)
 Whatcha got? (Rock!)
 And whatcha gonna do? (Rock you!)
... Et secouez vous chevelures, où ce qu'il en reste, au rythme d'un groupe qui ne vous veut que du bien, ce n'est pas plus compliqué que ça !

1. Rock You 2:51
2. Young & Wreckless 3:22
3. Animal House 2:57
4. Feel the Fire 3:13
5. When the Hammer Falls 3:02
6. Gimme Gimme Good Lovin' 3:25
7. My Kind of Rock 2:54
8. (Make Me Do) Anything You Want 4:07
9. Six Strings, Nine Lives 3:14
10. You Keep Me Rockin' 3:38
Bonus
11. Young & Wreckless (live) 3:25
12. Rock You (live) 4:14
13. Animal House (live) 3:32

Brian Vollmer - lead vocals
Brent "The Doctor" Doerner - guitars, vocals
Paul Hackman - guitars, vocals
Daryl Gray - bass guitar, vocals
Greg "Fritz" Hinz - drums
&
Spider Sinnaeve - additional bass


LES CHIENS DE GARDE

The Michael Schenker Group "One Night at Budokan" (1982)
ou "Also sprach Michael"

Transfuge de Scorpions (sur l'inaugural Lonesome Crow) et d'UFO (dont il reste le guitariste de référence), Michael Schenker est alors capitaine de son propre navire. Un fier bâtiment qui, tenant d'un certain classicisme hard rockant 70s remis au goût du jour des naissantes années 80, triomphe un peu partout mais plus particulièrement au Japon où est d'ailleurs enregistré ce double live, One Night at Budokan.
Le Michael Schenker Group, belle modestie patronymique !, n'a alors que deux (bons) albums dans sa manche mais déjà l'aura de légitimité du patron et des musiciens de son groupe - le très utile lieutenant Paul Raymond, guitariste rythmique, claviériste et choriste, transfuge d'UFO comme Schenker; Cozy Powell derrière les fut, qui a joué ou jouera avec à peu près tout le monde avant son triste décès de 1998; le solide bassiste, ex-Sensational Alex Harvey Band, Chris Glen; et un chanteur alors débutant, Gary Barden, mais à la voix (d'or) tout à fait appropriée au registre de la formation - pour asseoir une certaine réputation et, donc, avoir l'honneur de tourner en tête d'affiche dans de grandes salles pleines comme des œufs.
Ce n'est que justice à l'écoute de ce hard rock fin, racé, où les éclairs du guitare-héro, le seul dont l'auriculaire gauche reste fermement inusité, feront le bonheur des amateurs de belle guitare, où des compositions, déjà solides dans leur version studio, acquièrent un supplément d'âme habitée qu'elles sont par leurs interprètes lors de leur performance du Budokan de Tokyo du 12 août 1981. Belle captation en plus, avec sans doutes quelques retouches studio pour nettoyer quelques inévitables pains, claire, précise, avec un public mixé juste comme il faut pour être réellement présent sans être trop envahissant. Une excellente alternative aux deux premiers albums studio de MSG avec, en plus, une belle reprise d'UFO (Doctor, Doctor). Et les bonus de rigueurs, qui ne sont pas inutiles sans être tout à fait affolants (beau solo de Cozy quoiqu'un peu longuet).
En bref ? Du classique, du solide, de l'inspiré par quelques grands professionnels ayant parfaitement, naturellement, su s'adapter au goût du moment livrant une performance pleine de vie et de passion. Un vrai bon live, donc.

CD 1
1.Intro 1:31
2. Armed and Ready 4:52
3. Cry for the Nations 5:30
4. Attack of the Mad Axeman 5:04
5. But I Want More 7:22
6. Victim of Illusion 6:14
7. Into the Arena 4:54

CD 2
1. On and On 5:35
2. Never Trust a Stranger 5:36
3. Let Sleeping Dogs Lie 7:17
4. Tales of Mystery 3:50*
5. Cozy Powell Drum Solo 11:23*
6. Courvoisier Concerto 3:35
7. Lost Horizons 7:30
8. Doctor Doctor 6:18
9. Are You Ready to Rock 6:39
*bonus

Gary Barden - lead vocals
Michael Schenker - guitar
Paul Raymond - rhythm guitar, keyboards, backing vocals
Chris Glen - bass
Cozy Powell - drums


Saxon "Solid Ball of Rock" (1991)
ou "Les vétérans à la relance"

On n'est plus dans les 80s, décennie où Saxon a excellemment démarré avant de se perdre dans les compromissions et une inspiration amoindrie. On pourrait y être cependant parce que Solid Ball of Rock est totalement un album de relance, un regroupement sur des fondamentaux hard'n'heavy que la formation n'a que trop délaissés.
 Il faut dire que Saxon a quelques albums à se faire pardonner par des fans dont les rangs se sont peu à peu dépeuplés alors que la manœuvre avait le but absolument inverse, un beau gâchis quoi qui culmine avec l'FMiné Destiny, un album aux griffes tellement émoussées qu'elles en sont devenu indétectables. Dans ce contexte, indéniablement, Solid Ball of Rock est une excellente nouvelle quand il sort en 1991. Une bonne nouvelle qui passera hélas presque inaperçu dans une scène metal toute chamboulée par l'explosion grunge. Une bonne nouvelle mais pas une grande nouvelle parce que la route est encore longue pour que ces vétérans de la New Wave of British Heavy Metal retrouvent tout l'allant de leurs jeunes années comme exemplifié par, entre autres, une chanson d'ouverture bien troussée mais pas encore tout à fait aussi acérée qu'on le souhaiterait. Mais il y a, présentement, suffisamment de matériau rentre-dedans, d'Altar of the Gods à Lights in the Sky en passant par Baptism of Fire ou Crash Dive, pour se convaincre que, cette fois-ci, c'est bon, Saxon a bien compris la leçon. Et bien recruté en la personne de Nibbs Carter (nouveau bassiste de la bande et auteur de 5 des 11 titres de l'album, et même 6 avec le bonus Reeperbahn Stomp) histoire d'amener un peu de sang frais à la machine.
Pas miraculeux, ce n'est pas Strong Arm of the Law ou Wheels of Steel, mais loin de l'indignité dans laquelle s'était vautré Saxon, Solid Ball of Rock est une première marche vers la reconquête, et l'actuel statut de légende vivante du groupe. Utile, et recommandé.

1. Solid Ball of Rock 4:35
2. Altar of the Gods 3:30
3. Requiem (We Will Remember) 5:16
4. Lights in the Sky 4:03
5. I Just Can't Get Enough 4:34
6. Baptism of Fire 3:08
7. Ain't Gonna Take It 4:47
8. I'm on Fire 4:24
9. Overture in B-Minor/Refugee 5:42
10. Bavarian Beaver 1:17
11. Crash Dive 4:21
Bonus
12. Requiem (We Will Remember) (single version) 4:43
13. Reeperbahn Stomp 3:26

Biff Byford - vocals
Graham Oliver - guitar
Paul Quinn - guitar
Nibbs Carter - bass
Nigel Glockler - drums


Queensrÿche "Queensrÿche" (1983)
Queensrÿche "Operation: Mindcrime" (1988)
ou "Profectum semper"

Des leaders en devenir.
Dès un premier EP autoproduit, presque aussitôt récupéré par EMI, c'est l'évidence, Queensrÿche a quelque chose de plus. Le chant de ténor metal de Geoff Tate ? Sûrement. L'alliance de deux guitaristes capable de rivaliser avec les plus belles paires du genre (DeGarmo et Wilton, aussi bons que Smith & Murray, que Downing & Tipton) ? Aussi. Que les compositions ont ce je-ne-sais-quoi de plus fédérateur que la moyenne ? Itou. Qu'en plus ils pratiquent un genre, un heavy metal racé où pointent déjà quelques nuances progressives, qui a le vent en poupe ? Surtout.
Quatre titres, quatre belles preuves d'une formation à l'énorme potentiel dont deux classiques que le groupe continuera de jouer régulièrement (Queen of the Reich, The Lady Wore Black). Dans sa réédition remasterisée, on retrouve en plus, c'est d'ailleurs un vrai bonheur, un live enregistré lors de leur petite journée japonaise, juste avant la sortie d'un premier vrai album, The Warning qui finira de les installer parmi les potentiellement futurs grands.
Un premier pas, un grand pas.
Des leaders tout court.
En 1988, Queensrÿche a connu de nombreux soubresauts. Porté au pinacle pour leurs premiers EP et album, cloué au pilori pour leur relecture new-waveuse de la chose metal (l'exceptionnel Rage for Order, où ils se rapprochent du Rush de la même époque), le groupe revient avec Operation: Mindcrime et un heavy plus orthodoxe sans, toutefois, avoir tout à fait abandonné son ambition.
Parce que c'est d'un concept album dont il s'agit, avec une vraie histoire, un déroulé filmique, des invités pour donner un peu de substance aux différents personnages intervenant, un chœur pour offrir une dimension plus opératique à l'œuvre, et même un support orchestral discret mais efficace (n'intervenant que quand il faut, comme il faut) dirigé par le référentiel Michael Kamen. Fondamentalement, c'est tout de même un peu un retour vers le passé, un album de (bon) heavy metal classique d'un Queensrÿche qui a essayé, et s'est fait vertement tancer. Ca n'en retire rien à la qualité de la chose, elle est indéniable, mais laisse un goût de "et si...". Et si Rage for Order avait été un carton ? L'histoire aurait probablement été toute autre...
Et, d'ailleurs, Queenrÿche poursuivra son évolution (profectum, semper !) dès l'album suivant, Empire, avec, cette fois, une vraie réussite commerciale ET artistique. Il n'en reste pas moins qu'Operation: Mindcrime, vrai classique, album révéré par les amateurs de heavy metal en général et de prog metal en particulier, album aussi à créditer du lancement populaire du sous-genre, est une excellente galette contenant d'excellentes chansons pour un excellent concept.
Excellent ? Je ne vous le fais pas dire !

-Queensrÿche
1. Queen of the Reich 4:21
2. Nightrider 3:47
3. Blinded 3:06
4. The Lady Wore Black 6:13
Bonus
Live at the Nippon Seinenkan in Tokyo, Japan (5 August 1984)
5. Nightrider 4:32
6. Prophecy 3:59
7. Deliverance 3:40
8. Child of Fire 4:36
9. En Force 5:48
10. Blinded 3:26
11. The Lady Wore Black 7:01
12. Warning 4:56
13. Take Hold of the Flame 5:12
14. Queen of the Reich 5:19

Geoff Tate – lead vocals
Chris DeGarmo – guitars, lead guitar on "Queen of the Reich" and "The Lady Wore Black", backing vocals
Michael Wilton – guitars
Scott Rockenfield – drums
Eddie Jackson – bass, backing vocals

-Operation: Mindcrime
1. I Remember Now 1:17
2. Anarchy—X 1:27
3. Revolution Calling 4:42
4. Operation: Mindcrime 4:43
5. Speak 3:42
6. Spreading the Disease 4:07
7. The Mission 5:45
8. Suite Sister Mary 10:41
9. The Needle Lies 3:08
10. Electric Requiem 1:22
11. Breaking the Silence 4:34
12. I Don't Believe in Love 4:23
13. Waiting for 22 1:05
14. My Empty Room 1:25
15. Eyes of a Stranger 6:39
Bonus
16. The Mission (Live 1990) 6:11
17. My Empty Room (Live 1994) 2:43

Geoff Tate - vocals, keyboards, whistles and blurbs
Chris DeGarmo - electric guitars, 6 and 12 strings acoustic guitars, lap steel and GK-1 synth guitars
Michael Wilton - electric guitars, 6 and 12 strings acoustic guitars, Stereo Ripley guitars
Eddie Jackson - bass guitar
Scott Rockenfield - drums, percussion, keyboards on "Electric Requiem"
&
Pamela Moore - as Sister Mary
Anthony Valentine - as Dr. X
Debbie Wheeler - as the Nurse
Mike Snyder - as the Anchorman
Scott Mateer - as Father William
The Moronic Monks of Morin Heights - choir
Michael Kamen - orchestral arrangement, choir and cellos conductor


Fifth Angel "Fifth Angel" (1986)
Fifth Angel "Time Will Tell" (1989)
ou "Rise & Fall"

La saga de Fifth Angel, c'est la petite histoire typique du groupe qui n'a pas eu de chance, sans doute parce que trop tardivement arrivé aux affaires avec un son, un style qui n'allait pas tarder à se démoder dramatiquement.
C'est aussi l'histoire trop connue de petits agneaux musiciens sacrifiés sur l'autel du profit immédiat par la politique, la logique à terme suicidaire, de majors gérées par des comptables ne voyant que les marges dégagées, les bénéfices nets... Un beau gâchis.
Entamant sa carrière par une première livraison certifiée label rouge, la formation pratique un power metal américain de la seconde moitié des années 80 absolument typique, un peu cousin de Queensrÿche (figure tutélaire), pas si loin d'Armored Saint ou de Judas Priest (pour les racines) et encore plus d'Heir Apparent ou de Crimson Glory, collègues contemporains, et qui n'a pas grand chose à voir avec son pendant européen initié par Helloween et ses refrains "fête de la bière à Munich" donc. Un machin viril mais pas dénué de finesse, la belle planquée sous la bête, en somme. Et que ça te riffe, que ça te balance du bon gros solo millimétré, que le chanteur a les "oups" coincées dans la porte (juste ce qu'il faut) pour arracher de telles vocalises (ce qu'il fait très bien, le dénommé Ted Pilot), et qu'évidemment la rythmique tient solidement la baraque. Sur des compos de qualités, avec des paroles plutôt moins idiotes que la moyenne, d'ailleurs...
D'ailleurs, c'est ce tour de force inaugural qui attirera les oreilles fines, quel or est-il ?, de ces messieurs de chez Epic et la sortie d'un second opus, Time Will Tell.
Outre le mineur changement de personnel, on y retrouve bien le Fifth Angel de l'éponyme. Bien mais pas tout à fait intouché, inviolé par les pattes de ceux qui ont "acheté" la voiture de leurs rêves mais ne résistent pas, néanmoins, à la "tuner", à son corps défendant. Parce qu'il faut au moins un single, un machin suffisamment radiophonique pour qu'on puisse fourguer des wagons de la petite merveille. Alors, forcément... Forcément, c'est un poil moins couillu, plus pro mais finalement moins enthousiasmant, ce n'est plus tout à fait la belle jeune fille à la beauté naturelle maintenant qu'elle est (trop) maquillée, apprêtée. Et donc un son plus slick, une petite ballade qui va bien, une petite reprise pour attirer le chaland (d'UFO, Lights Out) et quelques refrains plus accrocheur pour bonne mesure. Ca reste du très bon power metal américain, juste un poil en-dessous de l'enthousiasme juvénile, plein de sève, de leur cru 1986.
Et puis il arrive trop tard, 1989 !, en queue de peloton d'un metal triomphant au bord de l'essoufflement. Le grunge viendra tout mettre à terre, bientôt. Trop tôt pour Fifth Angel qui pliera les  gaules la même année, démis par leur maison de disques (pas assez profitable !), rongé par des querelles intestines miné qu'il est par le désintérêt général du public pour leur pourtant excellente musique et l'implacable logique du système "majors" alors implémenté.
Restent deux albums réussis et recommandés aux amateurs de heavy de qualité par un groupe qui aurait dû, qui aurait pu... Vous connaissez la suite.

- Fifth Angel
1. In the Fallout 3:55
2. Shout It Out 4:27
3. Call out the Warning 3:34
4. Fifth Angel 4:04
5. Wings of Destiny 4:39
6. The Night 4:45
7. Only the Strong Survive 3:48
8. Cry out the Fools 4:23
9. Fade to Flames 4:04

Ted Pilot - Vocals 
James Byrd - Guitars 
Ed Archer - Bass, Guitars 
Ken Mary - Drums

- Time Will Tell
1. Cathedral 4:08
2. Midnight Love 4:38
3. Seven Hours 4:51
4. Broken Dreams 4:56
5. Time Will Tell 4:23
6. Lights Out 4:05
7. Wait for Me 4:48
8. Angel of Mercy 4:32
9. We Rule 3:32
10. So Long 4:48
11. Feel the Heat 3:55

Ted Pilot - Vocals 
Ed Archer - Guitars 
Kendall Bechtel - Guitars 
John Macko - Bass 
Ken Mary - Drums 


King Diamond "Abigail" (1987)
ou "Alice aux Pays des Bouchers"

Séparé  d'avec le groupe qui l'a rendu célèbre, Mercyful Fate, ayant déjà plus correctement lancé sa carrière solitaire avec un premier album à réévaluer, l'excellent Fatal Portrait, c'est réellement avec Abigail et son concept horrifique que le danois Kim Bendix Petersen alias King Diamond établit son style.
Son style qui revisite les classiques de la Hammer sur un heavy metal opératique où sa voix si particulière est, évidemment, le centre de toutes choses. Parce que c'est bien là l'élément déterminant, celui qui sépare King Diamond de la masse des vocalistes de metal, cette capacité à ressembler tour à tour à une vierge effarouchée, à un cochon qu'on conduit à l'abattoir et à Rob Halford. C'est cet organe peu commun qui lui permet d'habiter ses histoires de fantômes, de possessions, de manoirs flippants sous une lune blafarde. Parce que King Diamond, à partir de l'album qui nous intéresse, ce n'est plus seulement de la musique mais bel et bien la bande-son des obsessions culturelles d'un homme.
Un homme bien secondé par un groupe aux petits oignons donnant corps et vie à ses compositions. On citera bien évidemment le guitariste et coproducteur de la chose, Michael Denner avec qui le King a déjà joué dans Mercyful Fate, mais aussi l'autre six-cordistes, et soliste émérite et lieutenant fidèle, alors nouveau venu mais qui suivra son patron comme son ombre tout au long de sa carrière (Andy LaRoque), et un batteur (depuis plus de vingt ans dans Motörhead) possédant la versatilité et l'allant nécessaire pour rythmer l'affaire, Mickey Dee. Une fine équipe, vraiment.
Une fine équipe qui ne serait rien sans la musique fomentée et produite par Petersen, parce qu'Abigail, c'est avant tout et surtout une sacrée galette de heavy metal à se faire peur, avec les bruitages, les ambiances, les claviers servant à texturer le tout, à lui donner toute sa substance. Une vraie réussite qui installera définitivement King Diamond comme un héritier plus que potentiel d'Alice Cooper avec qui il partage un même goût de performances scéniques théâtralisées à l'extrême.
Un album qui fait date donc, un classique, peut-être même le meilleur de toute la carrière de son auteur et donc chaudement recommandé.
 
1. Funeral 1:30
2. Arrival 5:26
3. A Mansion in Darkness 4:34
4. The Family Ghost 4:06
5. The 7th Day of July 1777 4:50
6. Omens 3:56
7. The Possession 3:26
8. Abigail 4:50
9. Black Horsemen 7:40
Bonus
10. Shrine 4:24
11. A Mansion in Darkness (rough mix) 4:36
12. The Family Ghost (rough mix) 4:10
13. The Possession (rough mix) 3:31

King Diamond – vocals
Andy LaRocque – guitar
Michael Denner – guitar
Timi Hansen – bass guitar
Mikkey Dee – drums
&
Roberto Falcao
– keyboards


LE "REGIONAL DE L'ETAPE"
...un bon toutou

Vulcain "Desperados" (1985)
Vulcain "Big Brothers" (1986)
ou "L'alternative"

Alors que Trust a plié les gaules, que le simple fait de sortir un troisième album relève de l'exploit pour une formation de hard rock/heavy metal française (Vulcain seront d'ailleurs les premiers à y accéder, depuis Warning et Trust évidemment, en 1986 avec Big Brothers), il est des groupes sur qui ont n'aurait à priori pas misé une sesterce, qui font leur petit bonhomme de chemin en bons ouvriers d'un certain hard rock/heavy metal nerveux juste ce qu'il faut, et en français, messieurs dames.
Sur la foi d'un premier opus (Rock'n'roll Secours) très réussi, qui les vit auréolés du qualificatif de Motörhead français - et il y a de ça avec la voix caverneuse de Daniel Puzio  et une certaine idée d'un heavy bien rockant partagé avec la bande de Lemmy -, les petits gars de Vulcain remettent leur son sur l'ouvrage et accouchent d'un Desperados... différent. Sans tout à fait perdre tout de sa verve, les banlieusards ont quand même un peu de mal à renouveler le bon coup de leur précédent opus. On y retrouve tout de même quelques bonnes attaques (Blueberry Blues, la meilleure d'icelles, Fuck the Police et sa basse surpuissante, Sweet Lorraine à la limite, Soldat plus sûrement) et quelques autres moins convaincantes. Et des morceaux qui, plus nuancés, reposant moins systématiquement sur la vitesse et des décibels hurlants comme cache misère d'un songwriting pas toujours très inspiré, constituent paradoxalement, alors qu'on veut du Motörhead en VF, c'est évident !, la bonne surprise de ce second long-jeu. On citera Richard, un mid-tempo solide, Comme des Chiens et son shuffle presque Saxonien, et la tentative de power-ballad  Si tu bats de l'aile où on regrette juste la limite du chant éraillé de Daniel Puzio.
Sans doute une piste à suivre tant la formation démontre présentement ses limites dans l'exercice du "fait à la mode de..." sur un album mi-figue mi-raisin qu'on était quand même content d'accueillir, à l'époque, parce que soutenir sa scène, pour larguée qu'elle soit, avait un sens.
S'en sont-ils aperçu ? Ont-ils, pas si bête qu'on les croyait, compris l'erreur de revouloir faire pareil quand on a fait si bien, Vulcain change ! Sous la houlette d'Elie Benali, producteur et principal parolier de l'album, le quatuor ose être lui-même quitte à se prendre une volée de bois vert.
Ca donne Big Brothers, leur troisième album à la pochette, il faut bien l'avouer, particulièrement ridicule. Et c'est dommage parce que c'est mal emballer ce qui est, en définitive, une belle réussite avec de vraies surprises, une inclinaison bluesy (et carrément blues sur l'hommage à Coluche, Jeudi 19 Juin, leur Putain de Camion à eux et le plus anecdotique mais néanmoins sympathique Drôle de Jeux), un joyeux intermède countrysant (l'excellent, drolatique si pas très léger Marylou), pas mal de "presque-Trust" puisque la place est vacante (Khadafi, Soviet Suprême, 22), et bien sûr quelques attaques "comme chez Lemmy" (dont Les Plaisirs Solitaires et Faire du Rock, qui porte bien son titre, sont les plus accomplis) et même, cerise sur le gâteau, une reprise de Dutronc (On nous cache tout, on nous dit rien) qui tient plutôt très bien la route. Pas mal tout ça.
La suite attendra trois ans, avec juste le live à la Loco (Live Force) comme accessoire intermède, et surprendra encore plus son monde. Mais ça, c'est une autre histoire.

- Desperados
1. Approche (instrumental) 0:35
2. Blueberry Blues 3:41
3. Richard 4:46
4. Sur la Route 5:27
5. Comme des Chiens 3:22
6. Fuck the Police 3:33
7. Sweet Lorraine 3:56
8. Le Verre de Trop 3:36
9. Si Tu Bats de l'Aile 6:29
10. Pour un Soir 3:07
11. Soldat 4:16

- Big Brothers
1. Khadafi 4:19
2. Le Soviet Suprême 4:25
3. Les Plaisirs Solitaires 3:35
4. Drôles de Jeux Daniel 5:52
5. On Nous Cache Tout On Nous Dit Rien 3:21
6. Faire du Rock 4:19
7. Grand Prix 3:37
8. 22 4:13
9. Marylou 3:02
10. Jeudi 19 Juin 7:00

Daniel Puzio - chant et guitare
Didier Lohezic - guitare
Vincent Puzio - basse et chœurs
Marc Varez - batterie et chœurs


LES GRANDS MECHANTS LOUPS

Raven "Nothing Exceeds Like Excess" (1988)
ou "Brits on Speed"

Ils sont anglais, ils sont trois, ils aiment le rock qui va à 200 à l'heure, et arrache tout, construit sur des riffs péri-métalliques qui sont un bon carburant... Et non, ce n'est pas de Motörhead dont il s'agit mais bel et bien de Raven, le groupe des autres frères Gallagher (ceux-ci même qu'on ne doit pas confondre avec les deux têtes de c... au nom de boisson fruitée).
Comment-ça vous ne connaissez pas Raven ? Pourtant, depuis les débuts des années 80, les deux frangins et leur batteur d'élection du moment (y aura du mouvement avant l'arrivée de Joe Hasselvander), membres, et pas des moindres, de la New Wave of British Heavy Metal, ont imposé leur vision "toute nuancée" d'un rock'n'roll barbare et réjouissant ! Alors, oui, il y a bien eu, 3 petites années avant l'album qui nous intéresse, une tentative, une tentation de quelque chose de plus commercial (The Pack Is Back, un vrai flop mais pas un si mauvais album), c'est bien tout ce qu'on peut reprocher à une formation sinon restée fidèle à une approche testostéronée et sans concession de la chose hard'n'heavy. D'ailleurs, quand sort en 1988 Nothing Exceeds Like Excess, ils ont déjà rectifié le tir sur un "poétique et finaud" Life's a Bitch, écartant le faux-pas précité et ramenant leur power-trio dans un registre qui lui sied bien mieux, et rassuré ce faisant ceux qui pensaient les avoir perdu.
Cette seconde salve de relance arrive donc sans qu'on ne doute un seul instant de son contenu, reste à juger de sa qualité. Et là, c'est un vrai "ouf" de soulagement parce que l'essai du précédent (vraiment bon sans être tout à fait exceptionnel) est plus que transformé sur ce qui demeure une des plus belles galettes de la formation, un machin lourd, rapide, agressif, porté par la voix de sirène d'alarme de John (également bassiste), les guitares en fusion de Mark (riffs efficaces, soli inspirés), et la batterie de Joe (à la Phil "Animal" Taylor, la double grosse caisse en sus). Et des compos qui font mouche, toutes !, en ne cherchant surtout pas à se compliquer la tâche ou à innover. Le tout servi par une production mettant parfaitement en valeur la belle, l'énorme énergie du combo.
Culte dans la scène, le vrai succès leur échappant systématiquement, inoxydables puisque toujours en activité (avec le même line-up depuis cet album, justement), Raven est une force à réévaluer, un groupe généralement seulement connu pour son grand classique (All for One) mais dont la majeure partie de la discographie en impose. De la seconde division ? Il en faut, et celle-ci a tout d'une grande. Laissez vous donc tenter par ces "Brits on speed" et plus particulièrement par leur cru 1988, vous ne le regretterez pas !
 
1. Behemoth 1:05
2. Die for Allah 4:58
3. Gimme a Break 3:19
4. Into the Jaws of Death 6:08
5. In the Name of Our Lord 3:46
6. Stick It 3:10
7. Lay Down the Law 4:45
8. You Gotta Screw Loose 4:22
9. Thunderlord 4:30
10. The King 4:25
11. Hard as Nails 5:06
12. Kick Your Ass 3:18
bonus
13. Lay Down the Law (live bootleg)

John Gallagher - bass, vocals
Mark Gallagher - guitar, backing vocals
Joe Hasselvander - drums, backing vocals


Anthrax "Among the Living" (1987)
ou "metal thrashin' mad"

C'est le magnum opus de leur carrière, celui qu'on conseille sans même avoir à y penser à toute personne s'enquérant de la formation new-yorkaise, un vrai grand classique du thrash metal étatsunien, une BOMBE !
Anthrax est déjà un nom quand sort, en 1987, l'album à l'austère pochette (assez laide, en fait) qui va les porter au pinacle, leur affirmer, ad-vitam, une place pérenne dans le Big Four: Metallica, Slayer, Megadeth, et eux !, les petits blue-collar thrashers de l'East Coast. 
Mais Anthrax est aussi, surtout, une voix différente dans le thrash d'alors. Sans doute parce qu'au chant nerveux de leurs collègues, ils préfèrent la sirène plus typiquement heavy metal d'un vocaliste capable de tenir une mélodie et qu'ils ont trouvé, en Joey Belladonna, l'homme idéal. Mais aussi parce qu'Anthrax est fun ! Parce qu'Anthrax, biberonné au New York Hard Core qu'ils ont, a développé un art du pont instrumental à danser, mosh !, et qu'ils le font vachement bien. Enfin parce que, présentement, ils ont pondu le matériel parfait, leurs compositions les plus inspirées, et que, parfois, le bon travail paye.
Après, il faudrait détailler les mérites de chaque instrumentiste, chacun parfait à son poste, les qualités de chaque composition avec la petite description qui va bien, parler de la prod (le point faible quoique moins dans ce remaster), et tutti quanti. En moins de mots, mais autant de sentiment, je vous dirai ceci : Among the Living est le meilleur album de thrash américain, peut-être même planétairement, Among the Living est ce qu'il est convenu d'appeler un classique inoxydable, un truc qui se passe d'une génération de chevelus à la suivante. Oui, plus que Master of Puppets, plus que Reign in blood, plus que Rust in Peace ou tout autre vraiment, c'est une pièce référentielle d'un groupe qui a connu bien des bas mais qui, sur cet opus, tutoie les étoiles.

1. Among the Living 5:16
2. Caught in a Mosh 5:00
3. I Am the Law 5:57
4. Efilnikufesin (N.F.L.) 4:54
5. A Skeleton in the Closet 5:32
6. Indians 5:40
7. One World 5:56
8. A.D.I./Horror of It All 7:49
9. Imitation of Life 4:22
Bonus
10. Indians (alternate lead) 5:39
11. One World (alternate take) 5:55
12. Imitation of Life (alternate take) 4:26
13. Bud E Luv Bomb and Satan's Lounge Band 2:45
14. I Am the Law (live in Dallas) 6:03
15. I'm the Man (instrumental) 3:04

Joey Belladonna – lead vocals
Dan Spitz – lead guitar
Scott Ian – rhythm guitar, backing vocals
Frank Bello – bass guitar, backing vocals
Charlie Benante – drums


Venom "Welcome to Hell" (1981)
Venom "At War with Satan" (1984)
ou "Affreux, sales et méchants"

Affreux, sales et méchants, c'est tout Venom, ça ! Diable, ils ont même eu les honneurs de la "Naughty 15 list" du PMRC (mené par Mme Gore qui s'inquiétait du contenu de certaines musiques et de leur néfaste influence sur ces chères têtes blondes) !
En 1981, le trio commet son premier méfait, Welcome to Hell, rien que ça !
Forcément, hors contexte, ça perd un peu de son sel, de cette odeur de souffre quand, adolescent, on se prend ça pour la première fois en pleine face. Le machin le plus radical, le plus bestial, pas loin d'être le plus laid aussi, primaire !, speedé ! Dans ta face !
Avec les outils de l'expérience, le recul des ans, évidemment... c'est autre chose. Une sorte de Motörhead sous amphétamines joués pas des (dé)soudeurs pas finauds mais diablement convaincu de leur fait et y mettant tout leur cœur. Comme de bien entendu, tout ceci est dédié au culte du Grand Cornu, mais c'est pour de rire, le gimmick du groupe comme Blind Guardian a Middle Earth ou Stryper son petit jésus...
Venom, en 1981, c'est bête, c'est laid, c'est méchant et c'est ça qui est vachement réjouissant, parce que ça défouraille encore sévère en 2014, que Welcome to Hell, Live Like an Angel (Die Like a Devil), Angel Dust, In League with Satan sont autant de disgracieuses pépites, et que la version bien remasterisée et généreusement bonussée en rajoute encore avec des singles (Bloodlust, In Nomine Satanas en bombinettes !), des démos, des outtakes. Gros plat bien "livreté"  avec une présentation biographique de l'album, des articles d'époque (lisibles à la loupe) mais... pas les textes des chansons !, qu'on peut trouver sur la toile, je sais, mais quand même... Bref, Welcome to Hell est un classique, prenez-le.
(un ange passe)
3 ans plus tard tout a changé ! Venom n'est plus le plus méchant de tous, d'autres formations contestent sérieusement le titre qu'elles viennent du reste de l'Europe, des Amériques ou d'ailleurs, ça s'énerve de partout !
A ça, Venom répond avec son ultime, et sans doute plus belle, provocation : commettre toute une face de leur nouvel album à leur pièce la plus ridiculement ambitieuse, At War with Satan et ses 20 minutes rappelant l'heure des dinosaures progressifs des années 70. Démesurée, l'ambition ? Oui, et non. Oui, parce que tout ça est un peu gauche, que les musiciens, qui ont pourtant notablement progressé depuis leurs premiers faits-d'armes, n'ont pas exactement les munitions techniques et compositionnelles pour parvenir à leurs fins. Non, parce que ça pulse encore, que les bestiau, même un peu claudiquant, parvient à passer la ligne d'arrivée avec les honneurs. Non aussi parce que le texte de Conrad Lant (aka Cronos) est plutôt moins idiot que la moyenne des exercices du genre. Non, enfin, parce que cette gaucherie, finalement, contribue au charme un poil naïf de la pièce.
Le reste de l'album, l'autre face du 33t, est d'un classicisme Venomien intégral, mais bien foutu et encore un peu mieux joué que sur leur second, Black Metal, et donc nettement mieux que sur leur premier, le primitif Welcome to Hell.
En remaster, en plus, il y a des incontournables, de l'excellence pour qui aime son Motörhead (l'influence majuscule de Cronos & Co) primaire, barbare et agressif : Warhead, Lady Lust, Seven Gates of Hell, Manitou... stop, la coupe est pleine, énorme !
A choisir ? At War with Satan est devenu mon Venom préféré. De temps en temps, pas tous les jours !, ça fait un bien fou.

-Welcome to Hell
1. Sons of Satan 3:38
2. Welcome to Hell 3:15
3. Schizo 3:34
4. Mayhem with Mercy 0:58
5. Poison 4:33
6. Live Like an Angel (Die Like a Devil) 3:59
7. Witching Hour 3:40
8. One Thousand Days in Sodom 4:36
9. Angel Dust 2:43
10. In League with Satan 3:35
11. Red Light Fever 5:14
Bonus
12. Angel Dust (Lead Weight version) 3:03
13. In League with Satan (7" version) 3:31
14. Live Like an Angel (7" version) 3:54
15. Bloodlust (7" version) 2:59
16. In Nomine Satanas (7" version) 3:29
17. Angel Dust (Demo) 3:10
18. Raise the Dead (Demo) 3:29
19. Red Light Fever (Demo) 4:51
20. Welcome to Hell (Demo) 4:57
21. Bitch Witch (Outtake) 3:08
22. Snots Shit (Outtake) 2:06

- At War with Satan
1. At War with Satan 19:57
2. Rip Ride 3:09
3. Genocide 2:59
4. Cry Wolf 4:19
5. Stand Up (And Be Counted) 3:32
6. Women, Leather and Hell 3:21
7. Aaaaaarrghh 2:25
Bonus
8. At War with Satan (TV Adverts) 1:04
9. Warhead 3:40
10. Lady Lust 2.48
11. The Seven Gates of Hell 5:28
12. Manitou 4:42
13. Woman 2:56
14. Dead of the Night 4:09
15. Manitou (Abbey Road uncut mix) 4:49

Conrad "Cronos" Lant – bass guitar, vocals
Jeffrey "Mantas" Dunn – guitar
Tony "Abaddon" Bray – drums


HORS CATEGORIE:
LE DIABLE DE TASMANIE

Napalm Death "The Peel Sessions" (1987/90)
ou "Aaaaaarrghh!!!"

Imaginez la tête du pauvre auditeur pas préparé quand il se prend, sans crier gare, la première Peel Session diffusée des furieux grindcoreux de Napalm Death, 17 titres et 16 minutes de bruit et de fureur enchainés sans respiration ? Le choc !
C'est d'Angleterre que nous vient cette mixture sans compromis de punk speedé et de violence death metal, pour situer la réjouissante brutalité de la chose. Qui ne doit pas faire oublier que, même si l'on est ni accointé avec le genre ni particulièrement fan d'assaut musical sans concession, il y a un potentiel de fun, d'une écoute à se taper les cuisses sur la bonne blague, à faire écouter aux potes parce que ça va si loin que ça en devient presque un sketch, avec le cookie monster au "chant".  
Evidemment, par la suite, Napalm Death raffinera la formule, composant des pièces plus longues et (relativement) nuancées comme on le perçoit dès l'ultime séjour chez John Peel en 1990. Grand bien leur prit, ceci leur permit de pérenniser la formule sans trop en perdre son "sel" originel et devenir un groupe qui compte. Ceci dit, c'est bel et bien dans la rage toute juvénile de ces premières montées de sève que réside le vrai trésor.
Laissez-vous tenter, vous n'en reviendrez pas.
 
PS : les trois captations proviennent du coffret collectif "Dream Madness at the BBC, The Earche Peel Sessions", que je peux partager dans son entièreté s'il y a preneur(s), et qui propose une belle collection du label Earache. On y retrouve de l'essentiel (Carcass, Bolt Thrower, Godflesh... trois preuve qu'on est bien au-delà du simple grindcore vendu par le titre), du sympathique mais pas vraiment resté dans les annales (Extreme Noise Terror, Unseen Terror... quelle terror !), comme de l'anecdotique (Heresy, Intense Degree... pas remisés pour rien en fin de sélection). Le total, près de quatre heures de musique, ne s'écoutera que difficilement d'une traite mais constitue indéniablement un bel objet que les amateurs de metal extrême goûteront goulument. Et une bonne manière de se souvenir que John Peel, toujours à la pointe !, était vraiment un DJ à part, un grand bonhomme.

- recorded 13/08/87, broadcast 22/08/07
1. The Kill 0:19 
2. Prison Without Walls 0:34 
3. Dead 0:04 
4. Deceiver 0:39 
5. Lucid Fairytale 1:05 
6. In Extremis 0:06 
7. Blind To The Truth 0:22 
8. Negative Approach 0:28 
9. Common Enemy 0:14 
- recorded 08/03/88, broadcast 20/04/88
10. Obstinate Direction 1:02 
11. Life? 0:37 
12. You Suffer Pt. 2 0:14 
13. Multi National Corporations 1:01 
14. Instinct Of Survival 1:54 
15. Stigmatised 0:52 
16. Parasites 0:22 
17. Moral Crusade 1:25 
18. Worlds Apart 1:22 
19. M.A.D. 0:52 
20. Divine Death 0:57 
21. C.S. 1:08 
22. Control 1:16 
23. Walls 1:07 
24. Raging in Hell 1:18 
25. Conform Or Die 0:48 
26. S.O.B. 0:06 
- recorded 12/08/90, broadcast 10/09/90
27. Unchallenged Hate 1:57 
28. Mentally Murdered 2:05 
29. From Enslavement to Obliteration 1:30 
30. Suffer the Children 4:12 
31. Retreat to Nowhere 0:26 
32. Scum 2:27 
33. Deceiver 0:36 
34. Social Sterility 1:07

1987 & 1988 (1-26)
Lee Dorrian - Vocals
Shane Embury - Bass
Bill Steer - Guitar
Mick Harris - Drums, vocals

1990 (27-34)
Mark "Barney" Greenway - Vocals
Shane Embury - Bass
Mitch Harris - Guitar
Jesse Pintado - Guitar
Mick Harris - Drums, vocals

vendredi 5 septembre 2014

Les cigares, les lunettes noires, la scène...l'adieu ?

Jacques Dutronc "Et vous, et vous, et vous" (2010)
ou "Jacques a dit"


A défaut d'un retour d'activité alimenté de nouvelles chansons, ça n'arrivera probablement jamais sauf si son Thomas de fils le pousse assez fort, il fallut bien se contenter, en 2010, du retour scénique de Jacques Dutronc. Et donc du live qui va avec, beau live enregistré au Zénith et au Palais des Sports de Paris.
 
Un retour bien rock, avec tous les classiques qu'on attend de l'exercice, une tournée best-of avant de, définitivement ?, plier les gaules sur une carrière ayant connu des hauts (ces débuts !) et des bas (la suite...) mais qui, tout considéré, a quand même fière allure.
Un groupe aussi, qui donne vie à cette musique, l'actualise juste ce qu'il faut sans la dénaturer, qui habite suffisamment ces vieilles scies pour que le patron n'ait plus qu'à y poser la voix. Et la voix est bel et bien là, un peu touchée par les ans mais immédiatement reconnaissable parce que Dutronc, planqué comme de coutume derrière ses "shades", accroché à son pied de micro comme un pochetron à son bout de zinc, plus trop souvent à la guitare, a le truc, celui qui a fait de lui le dandy décalé de la chanson, du rock français et qui, sur des textes typiquement de l'autre Jacques (Lanzmann), n'a plus qu'à dérouler une partition qu'il connaît plus que par cœur. Pour bonne mesure, on retrouve deux guests de luxe venues rendre hommage à la figure tutélaire, au cador indéniable. Mais, bon, la présence d'Etienne Daho (Tous les goûts sont dans ma nature) et de Vanessa Paradis (Le petit jardin) sont plus anecdotique qu'autre chose, une petite cerise sur un gâteau qui n'en avait pas vraiment besoin.
Parce que l'attraction, c'est Jacques, qui a su se rendre suffisamment rare pour donner à l'évènement un vernis tout particulier, d'autant plus brillant que les albums en public de Dutronc ne sont pas légion, ce n'est que le second après tout, suivant le Casino de Paris de 1992 qui était moins best-of mais n'en demeure pas moins recommandé.

Comme son titre l'indique, Et vous et vous et vous, Dutronc a aussi voulu que ce live rende hommage à son public, un public qui a toujours répondu présent lors de ses (trop) rares apparitions scéniques. Parce qu'en plus, il a la classe, Jacques.


1. Intro 1:24
2. Et moi, et moi, et moi 3:49
3. On nous cache tout, on nous dit rien 3:25
4. Comment elles dorment 3:49
5. La Fille du Père Noël 3:33
6. L'Opportuniste 3:25
7. Gentleman cambrioleur 4:23
8. L'Hymne à l'amour (Moi l'nœud) 4:31
9. Le plus difficile 3:07
10. Tous les goûts sont dans ma nature 3:40
11. J'aime les filles 3:32
12. Les Play-boys 3:32
13. Fais pas ci, fais pas ça 4:13
14. Madame l'existence 4:13
15. Les Cactus 4:50
16. Le petit jardin 4:07
17. Il est cinq heures, Paris s'éveille 3:21
18. Merde in France (Cacapoum) 5:06


Jacques Dutronc - chant, guitare
Erdal Kizilcay - guitare, violon, trompette
Bernard Arcadio - clavier
Frédéric Chapelier - guitare
Jannick Top - basse
Yves Sanna - batterie
Sophie Braconnier - chœurs, flûte traversière
Stéphanie Lhorset - chœurs
&
Etienne Daho - chant sur "Tous les goûts sont dans ma nature"
Vanessa Paradis - chant sur "Le petit jardin"

- B O N U S -
 
Jacques Dutronc "Dutronc au Casino" (1992)
ou "Live Premier"


Dire qu'il aura fallu attendre un quart de siècle, de ses débuts à la sortie de l'objet musical présentement billeté. Un quart de siècle pour, enfin !, un premier live ! Il a pris le temps, Dutronc...

Mais le jeu en vaut la chandelle parce que, même si on a finalement peu de surprises que ce soit dans la sélection que dans l'instrumentation (un chouia plus que sur Et vous et vous et vous cependant), on a la plutôt très bonne nouvelle que Dutronc, sur scène, ça a quand même une belle énergie et même quelques belles émotions (Corsica fera chavirer les amateurs de l'île de beauté, Merde in France fera marrer les foules... et oui, le rire c'est aussi une émotion) en plus de cette ironie, ce cynisme dandy si typique du personnage.

Bon complément de l'autre live, que je préfère tout de même légèrement (plus rock, plus de classiques), Dutronc au Casino n'est pas un triomphe, juste un très bon moment passé avec un mec pas comme les autres et ses excellentes chansons.


1. L'opportuniste 3:59
2. J'aime les filles 3:38
3. La fille du père noël 2:59
4. Qui se soucie de nous 3:35
5. Les roses fanées 3:22
6. Les cactus 3:32
7. J'comprends pas 3:23
8. L'hymne a l'amour "moi l'nœud" 3:24
9. Opium 5:08
10. Corsica 5:40
11. A la vie, à l'amour 3:15
12. J'ai déjà donné 3:35
13. Entrez m'sieur dans l'humanité 3:21
14. L'ame sœur 4:05
15. Berceuse 3:25
16. Il est cinq heures, paris s'eveille 3:01
17. La compapade 4:10
18. Merde in France "cacapoum" 4:42
19. Et moi et moi et moi  3:58


Jacques Dutronc - chant, guitare
Erdal Kizilcay - guitare, clavier, chœurs
Nathalie Cotte - flûte
Khalil Chahine  - guitare
Bernard Arcadio - clavier, chœurs
Jannick Top - basse
André Ceccarelli, J.P. Ceccarelli - batterie
Joaquina Belaunde - chœurs
Jean-Paul Orsini, Jean-Pierre Lanfranchi, Jean-Pierre Sabiani - voix corses

jeudi 4 septembre 2014

Clair obscur

Tom McRae "Tom McRae" (2000)
ou "Sombres éclairs"


Beauté ténébreuse percée d'irrésistibles éclairs mélodiques, la première galette du britannique Tom McRae demeure, alors qu'une bonne poignée d'autres se sont depuis ajoutées à son catalogue, la plus belle réussite de sa discographie. Revenons sur le phénomène et sa juste réputation.
 
C'est donc en 2000 qu'apparait Tom McRae, et que la France, où il aura alors son plus beau succès, s'en entiche. Il faut dire que l'album a bien des atouts pour séduire avec de nombreuses belles chansons et pas beaucoup d'erreurs, de fautes de goût. Et que sa mixture d'indie pop et de folk fonctionne parfaitement, bien arrangée et bien produite qu'elle est.
Tout en nuance, l'art de McRae, assez dépressif mais traversé d'irrésistibles mélodies, parle à l'âme et au cœur. Pas flashy pour deux sous, exempt donc de gimmicks faciles et autres hooks charto-compatibles, il repose avant tout sur la voix fragile et délicate du maître de cérémonie ainsi que sur ses capacités à créer des mélodies qui s'instillent durablement dans les mémoires de ses auditeurs. Pour l'exemple, on citera l'impeccable You Cut Her Hair, fantastique ouverture de l'album où le falsetto de Tom fait merveille, un Second Law et un Sao Paulo Rain tout en détachement et ambiances, Bloodless et Boy with the Bubblegum et leur folk lacrymale, ou encore un Language of Fools moins minimaliste mais également réussi. Comme le reste de l'album, en vérité, où on peine à trouver la moindre faille si ce n'est à considérer que toute cette tristesse, c'est un peu beaucoup.

Belle galette justement célébrée à sa sortie, tant par le public que la critique, c'est suffisamment rare pour être signalé, album organique ayant parfaitement supporté le passage des ans, l'éponyme de Tom McRae est toujours cette beauté délicate qu'on ne saurait que trop recommander à tous ceux, ils sont nombreux, qui apprécient leur pop toute en finesse et en intelligence.


1. You Cut Her Hair 2:46
2. End of the World News (Dose Me Up) 3:48
3. 2nd Law 2:50
4. Bloodless 3:38
5. Draw Down the Stars 2:14
6. One More Mile 4:16
7. Boy With the Bubblegun 3:01
8. Hidden Camera Show 4:17
9. A and B Song 4:15
10. Language of Fools 3:57
11. Untitled 3:51
12. Sao Paulo Rain 4:51
13. I Ain't Scared of Lightning 1:25


Tom McRae – vocals, electric guitar (1,12), fx (1,4), string arrangement (1,7), guitar (2,4,6,7,8,10,13), percussion (2,6,9,10), piano (3,10), harmonium (4), acoustic guitar (5,9,12), 12 string (7), harmonica (9), keyboards (13)
Tony Marrison – programming (1,2,3,6,9), piano (1,5), string arrangement (1,7), hammond (3), keyboards (5,12), percussion (5,8), guitar (6), bass (8,12)
Mark Frith – electric guitar (2,6,9), piano (2,10), keyboards (2), bass (2,6,9), hammond (9,10)
Chris Hughes – percussion (2,9,10), drums (9)
Clive Jenner – drums (2,8,10,12), percussion (8)
Anthony Clarke – string arrangement (2,10), piano (8,12)
Tom Havelock – cello (1,7,8)
Helen Thomas – strings (4)
Jo Archard – strings (4)
Sarah Button – strings (4)
Fiona Griffith – strings (4)
Howard Jones – piano (11)

mercredi 3 septembre 2014

Retour sur l'Ancêtre

Secret trop bien gardé, formation de qualité ayant depuis ses débuts exprimé une certaine idée du (ne fuyez pas !) metal-prog, il n'est pas inutile de revenir sur la discographie d'Ancestors, groupe dont je vous avait déjà parlé à l'occasion de la sortie de son troisième opus (In Dreams and Time, inclus ici en bonus) et qui constitue, croisons les doigts !, un des possibles de l'évolution stoner/doom métallique, le plus intéressant.

Ancestors "Of Sound Mind" (2009)
ou "Opus second, l'envol"


On pourrait dire que c'est leur album de transition, une étape vers un ailleurs où ils se sont enfin épanouis. Sauf que, chez Ancestors, excellente formation étasunienne alliant rock à fumette qui sent des aisselles et progressisme Floydo-Crimsonnien, chaque étape mérite l'étude. Ils sont bons à ce point, oui da !
 
Concrètement, Of Sound Mind, leur deuxième album donc, est moins radicalement stoner/doom que son devancier et pas aussi progressif que son successeur, est une étape logique dans l'évolution des californiens. On y retrouve, leur marque de fabrique, les longues pièces toutes en climat où des guitares rétro-modernistes s'en donnent à cœur-joie tant dans l'art consommé du riff plombé que dans celui, plus subtil, du solo qui plane. Le fait qu'il s'agisse d'un concept album, basé sur Albert Camus rien de moins, importe finalement peu dans le plaisir d'écouter ces exactions si totalement compatibles à l'usage de certaines drogues douces qu'évidemment il n'est absolument pas besoin de consommer pour atteindre le nirvana auditif, et dont d'ailleurs on déconseille l'utilisation parce que c'est mal, ils le disent à la télé.
La nouveauté, par rapport à l'excellent Neptune with Fire donc, s'entend dans l'usage encore plus important de synthétiseurs, orgues et pianos texturant merveilleusement l'ensemble mais aussi dans une approche un peu moins lourdement métallique de la chose avec, notamment, quelques interludes electro-acoustiques absolument charmants, une inclinaison bluesy absolument nouvelle (Bounty of Age), une vocaliste d'emprunt sur une chanson (The Trial et ses 17 minutes dans l'espace) et même d'un violoncelle sur une autre (The Ambrose Law, concluant l'album en beauté).
 
Tout l'album, plus de 70 minutes d'icelui, est un trip dans lequel il est bon de se laisser prendre, et le type de metal, puisque c'en est encore, qui évite si scrupuleusement les clichés du genre qu'on hésitera pas à le recommander hors du petit cercle des amateurs du genre. Carrément !


1. From Nothing  01:06
2. Mother Animal  14:31
3. Not the Last Return  01:29
4. Bounty of Age  13:44
5. A Friend  03:06
6. The Trial  17:34
7. Challenging  06:25
8. The Ambrose Law  13:32


Nick Long - Bass, Vocals 
Brandon Pierce - Drums, Percussion 
Chico Foley - Electronics, Keyboards, Vocals 
Justin Maranga - Guitars, Vocals 
J. Christopher Watkins - Organ, Piano, Vocals 
&
Sera Timms
- Vocals (track 6) 
Ramiro Zapata - Cello (track 8) 
David Scott Stone - Modular synth (tracks 5, 6)



Ancestors "Neptune with Fire" (2008)
ou "Premier sang"


S'il ne contient que deux titres, le premier album des spatiaux stoner/doomistes d'Ancestors s'approche tout de même des 40 minutes, et ça ne doit pas faire peur parce que tout ça, à l'opposé des prétentions, démonstrations progressivo-techniques cliniques et onanistes d'un Dream Theater, par exemple, est tout à fait digeste.
 
Parce que cette musique, totalement bercée d'influences 70s, d'Hawkwind à Black Sabbath, si elle n'est pas tout à fait dénuée de compétence instrumentale, il en faut pour mener pareille entreprise à bien, est avant tout le véhicule des trippantes ambitions  de ses compositeurs/concepteurs.
Si on sent déjà, sous la furie des explosions électriques de guitares en fusion ou de vocaux possédés, de tentations progressives, le propos est tout de même, ici, largement orienté vers un auditoire metallo-compatible enfumé de volutes cannabiques, stoner metal, quoi ! Et du meilleur du genre avec des climats, mes aïeux, des montées de sève, mamma mia, et des accalmies, plus rares mais servant leur but à merveille, rendant l'exercice aussi attractif qu'il est réussi. C'est bien simple, dans le genre, hélas pas aussi répandu qu'on le souhaiterait, Neptune with Fire tient sans problème le haut du panier.
 
Et c'est donc un opus tout à fait recommandé à la condition évidente de pouvoir apprécier son relatif extrémisme, parce que ça reste de la musique d'hommes, indéniablement.


1. Orcus Avarice  16:46
2. Neptune with Fire  21:38


Nick Long - Bass, Vocals 
Justin Maranga - Guitars, Vocals 
Jason Watkins - Organ, Piano, Vocals 
Brandon Pierce - Drums, Gong 
Chico Foley - Electronics, Keyboards, Vocals
&
McKenna Mitchell - Additional Vocals (2)   



Ancestors "In Dreams and Time" (2012)
ou "...Suite, quelle suite !"


Le potentiel qu'ils avaient affichés dans leur précédente production aurait dû nous mettre la puce à l'oreille, et il est vrai qu'un certain underground a bruissé de la rumeur qu'on tenait là une formation pas comme les autres et que, si les petits cochons ne la mangeaient pas, il y aurait du lourd à l'horizon, mais, dans sa quasi entièreté, la scène metal est restée sourde aux cris de ces Ancestors.

Formation de Los Angeles, quintet au line-up relativement stable, Ancestors donnent (ou donnaient... on va y revenir) dans ce qu'il est convenu d'appeler le sludge metal soit, pour ceux non-initiés aux étiquettes qui valsent à n'en plus finir, un metal lent, lourd mais cependant planant qui s'étire généralement sur des longues plages remplies de guitare fuzz et d'ambiances « cannabicompatibles », pour simplifier encore on dira Black Sabbath version post rock. Donnaient, disais-je... Certes, dès leur premier opus (le toujours recommandé Neptune With Fire) les indices spatiaux et l'ouverture au 70s rock (et pas hard rock ou metal) et même au rock progressif s'étaient faites jour. Constat renforcé avec le très très (oui, deux très) réussi Of Sound Mind un an plus tard, en 2009. Cependant, rien ne nous préparait à la monumentale et ô combien satisfaisante surprise de cet In Dreams and Time tout simplement magistral et c'est heureux parce qu'on l'a attendu longtemps, ce bougre d'album. Certes, on pourra imputer cette métamorphose à un double changement de line-up mais fondamentalement, tout était là avant, diffus mais bien présent.
Mais quoi donc, vous-vois je vous interroger ? Hé bien, cette fois-ci, s'est fait, Ancestors sont un groupe de rock progressif, et un bon, un excellent même. Evidemment, l'influence de Pink Floyd se fait ressentir mais qui n'est pas plus ou moins influencé par Pink Floyd dans le prog à caractère planant de toute façon ? Hein ? Donc Ancestors aussi, c'est dit. Ce qui est plus intéressant, et débouche sur la magnifique galette dont il est toujours question ici malgré mes chaotiques digressions, c'est ce que le quintet fait de ses influences. En l'occurrence, sur six longues et épiques pistes, Ancestors réussissent le tour de force d'ajouter la lourdeur/précision/emphase d'un King Crimson période Red aux planeries d'un Floyd circa Animals. Ce n'est pas une mer d'huile, de grandes vagues de fond y fauchent tout sur leur passage (les lourdes guitares d'influence sludge pour les handicapés de la métaphore) mais toujours avec une grâce, une majesté à laquelle l'omniprésence de synthétiseurs, orgues et mellotrons, texturants richement la musique, n'est pas étrangère. Il y aura même, pour les amateurs de chanteuses, l'excellente surprise d'un Last Return très « chanson » (c'est le seul de l'album dans ce cas) enluminé du charmant organe de Cara Faye.
Certes, les esprits chagrins iront dire que cette musique, pour puissante et ingénieuse qu'elle soit ne fait, en l'espèce que recycler des recettes du passé ? Et ? Ce que font Ancestors, ils le font merveilleusement bien. Créateurs d'ambiances accomplis, compositeurs fins, arrangeurs malins, ils viennent simplement de nous offrir une des plus belles galettes progressives de 2012, et même un des meilleurs albums du cru tout court. Et que ceux à qui le passé métallique de la formation ferait encore peur, on conseillera de franchir le pas sans la moindre crainte, s'ils peuvent encaisser les lourdeurs d'un Porcupine Tree ou un Dream Theater (bien que le genre soit ici radicalement différent, nettement plus rétro-organique), In Dreams and Time ne les agressera guère plus, par contre, qu'est-ce qu'il les remuera jusqu'à l'extase finale d'un First Light, grandiose trip de 19 minutes que revendiquerait presque Saint Robert Fripp s'il le pouvait !

In Dreams and Time, comme son nom l'indique, est un rêve sans âge et un album, vous l'aurez je l'espère compris, très chaudement recommandé.


1. Whispers 9:10
2. The Last Return 6:15
3. Corryvreckan 12:08
4. On The Wind 9:31
5. Running In Circles 9:44
6. First Light 19:19


Nick Long: basse, chant
Justin Maranga: guitare, chant
Jason Watkins: orgue, piano, mellotron, chant
Daniel Pouliot: batterie
Matt Barks: synthétiseurs, moog, theremin
&
Cara Faye
: chant sur "The Last Wonder"
Craig Casamis: chant additionnel sur "Whispers"
Amanda Salazar: violon sur "First Light"
Melody Yenn: violoncelle sur "First Light"

mardi 2 septembre 2014

Oui ! Oui ! Oui !

Anderson, Bruford, Wakeman, Howe "Anderson, Bruford, Wakeman, Howe" (1989)
ou "faux nom, vrai YES"


Il n'y a pas à faire de long discours...
 
En rupture de Yes après le flop Big Generator (un album à réévaluer !), Anderson s'entoure de... YES ! Démissionnaire de la mouture de Trevor Rabin et Chris Squire où il se sentait trop artistiquement contraint, Anderson s'entoure du line-up historique du groupe, plus l'excellent Tony Levin (King Crimson, Peter Gabriel).
Des longs titres aux plus courtes chansons, baigné des effluves hippie cool de son vocaliste, d'ailleurs produit par Anderson himself assisté de Chris Kimsey, l'unique album du "faux" Yes, avant le lourdeau intermède Union (ou Onion comme on aime à le surnommer), est ce qui se rapproche le plus des exactions progressivo-symphoniques typiques de ce que beaucoup considèrent comme le "trademark" sound de ce géant du prog' made in UK. Tout y est, donc. Des soli au cordeau de Mister Howe, de la pomp de circonstance de ce bon Wakeman, des badaboumages insensés de l'expert Bruford, et de la voix, bien sûr, la voix irremplaçable (quoique le Buggles Trevor Horn avait fait du bon boulot sur le très réussi Drama), sur des compos qui tiennent la route. Je vous le dis sans crainte ayant connu cet album à sa sortie (et même vu ces messieurs lors de leur passage au POPB), oublié pendant, pfiou, une éternité, ressorti parfois, rarement, de son étagère poussiéreuses avant d'être empruntée et jamais rendue, mais définitivement familière malgré l'éloignement. Une écoute de redécouverte, une seule suffit !, et on est absolument convaincu de la vraie belle qualité "Yessienne" de la chose. D'un belle consistance, grâce sans doute au concours épars mais réel de quelques compositeurs additionnels, mélodiquement presque parfait, c'est une vraie bombinette de quinze ans d'âge dès sa sortie. Les gimmicks 80s ayant été tenu au strict minimum, un peu le son de batterie compressé et les pads électroniques dont Bruford est friand dans son approche polyrythmique savante de l'instrument et les synthés digitaux typiques mais sans que ça en devienne écœurant comme un mauvais Genesis, c'est donc l'alternative rêvée de tous ceux appréciant la mouture référentielle de la formation, ceux la même condamnant avec la plus grande fermeté la dérive rock Fm de l'ère Rabin, avec juste une latinerie frelâtée qui fait un peu tâche mais est rigolote tout plein (Teakbois) pour ternir le tableau, la galette d'ABWH a tout l'esprit et le piment de... qui vous savez. Il y a même la pochette de Roger Dean !Bref...
 
...Il n'y a plus à faire de long discours, aux faits !, s'il n'a pas le nom, l'album de Jon, Bill, Rick et Steve, a tout d'un vrai album de Yes, un bon !


1. Themes 5:58
I) Sound
II) Second Attention
III) Soul Warrior

2. Fist of Fire 3:27
3. Brother of Mine 10:18
I) The Big Dream
II) Nothing Can Come Between Us
III) Long Lost Brother of Mine

4. Birthright 6:02
5. The Meeting 4:21
6. Quartet 9:22
I) I Wanna Learn
II) She Gives Me Love
III) Who Was the First
IV) I’m Alive

7. Teakbois 7:39
8. Order of the Universe 9:02
I) Order Theme
II) Rock Gives Courage
III) It’s So Hard to Grow
IV) The Universe

9. Let’s Pretend 2:56


Jon Anderson – lead vocals, backing vocals
Bill Bruford – acoustic and electronic drums
Rick Wakeman – keyboards
Steve Howe – guitar
&
Tony Levin
– bass, Chapman stick, vocals
Matt Clifford – keyboards, programming, orchestration, vocals
Milton McDonald – rhythm guitar
Deborah Anderson – backing vocals
Tessa Niles – backing vocals
Carol Kenyon – backing vocals
Frank Dunnery – backing vocals
Chris Kimsey – backing vocals
Emerald Isle Community Singers, Montserrat – backing vocals
Joe Hammer - Percussion programming

lundi 1 septembre 2014

Wailin' Alone

Peter Tosh "1978-1987" (2012)
ou "(Presque) tout Tosh"


Si les deux albums inauguraux de la carrière solo de Peter Tosh demeurent indéniablement ce qu'il produisit de plus essentiel, après son départ en 1974 des Wailers, qui demeurent hors-concours évidemment, il ne faut cependant pas démettre la suite (et hélas fin) de la discographie de ce rastafari aussi fin compositeur que grand contestataire, suite justement réunie, avec quelques savoureux bonus, dans ce coffret un peu cheap mais finalement d'une vraie utilité.
 
Au programme, 5 albums studio, 2 lives (dont un totalement inédit) et quelques outtakes pour la plupart déjà disponibles sur les rééditions individuelles des opus ici inclus.
Des 5 albums studio, tous inégaux mais recelant, chacun, son lot de bons reggaes bien sentis, on retiendra surtout Mystic Man de 1979, plus cohérent que son devancier, Bush Doctor sur lequel on notera tout de même la présence, assez étrange, si ce n'est à considérer qu'il est alors signé sur leur label, de Keith Richards (2 titres à la guitare) et de Mick Jagger (1 duo assez anecdotique), et No Nuclear War, ultime offrande du dreadlocké alors à la relance avant son assassinat crapuleux du 11 septembre 1987. Une grande perte et un vrai drame à l'écoute d'une galette ou Peter était dans sa plus belle forme depuis une dizaine d'années. Encore une fois, chaque album, si les précités sont les plus réussis, contient son lot de pépites et mérite l'écoute, et la lecture de textes où la verve revendicatrice et rebelle de Tosh demeure intacte (même sur un Johnny B. Goode dont il  adapta les paroles).
Et puis il y a les deux live, et là, mes aïeux, toutes les scories, gimmicks lourdeaux de productions trop engoncées dans leurs années 80 d'origine, disparaissent au profit d'un roots reggae chaud et moite tel qu'on aime l'entendre en gigotant un bon spliff à la main, yo man ! Difficile de dire lequel, du live londonien inédit enregistré par la BBC ou de l'enregistrement angeleno au Greek Theatre, mène la dance tant les deux sont d'essentielles captations d'un  reggaeman jamais aussi bon que dans on élément naturel : la scène.
Sur le coffret proprement dit, un peu léger puisque n'incluant ni paroles, ni photographies, ni texte de présentation, on dira que, après tout, seule la musique compte et que, présentement, bien remasterisée, elle a plutôt fière allure.

1978-1987, complément pas inutile de Legalize It et Equal Rights, les deux essentiels donc, permettra, à moindre frais, de découvrir la partie la moins connue de la carrière d'un musicien jamaïcain essentiel puisqu'il apprit, lors de leurs débuts communs au cœur des années 60, la guitare, les percussions et les claviers à deux autres grands : Bunny Wailer et Bob Marley, excusez du peu !


CD 1
- Bush Doctor (1978)
1. (You Gotta Walk) Don't Look Back 5:20
2. Pick Myself Up 4:02
3. I'm the Toughest 3:57
4. Soon Come 3:59
5. Moses - The Prophet 3:38
6. Bush Doctor 4:08
7. Stand Firm 6:12
8. Dem Ha Fe Get a Beatin 4:15
9. Creation 6:28
- Mystic Man (1979)
10. Mystic Man 5:56
11. Recruiting Soldiers 4:27 
12. Can't You See 3:43
13. Jah Say No 4:40
14. Fight On 3:21

CD 2
- Mystic Man (1979, suite)

1. Buk-In-Hamm Palace 8:48
2. The Day the Dollar Die 4:50
3. Crystal Ball 5:11
4. Rumors of War 3:29
5. Coming in Hot 3:40
- Wanted Dread or Alive (1981)
6. Nothing But Love 3:47
7. Reggaemylitis 6:35
8. Rok With Me 3:44
9. Oh Bumbo Klaat 4:45
10. Wanted Dread and Alive 4:28
11. Rastafari Is 6:34
12. Guide Me from My Friends 4:02
13. Fools Die (For Want of Wisdom) 7:43

CD 3
- Mama Africa (1983)

1. Mama Africa 7:59
2. Glass House 5:52
3. Not Gonna Give It Up 5:47
4. Stop That Train 4:03
5. Johnny B Goode 4:04
6. Where You Gonna Run 4:10
7. Peace Treaty 4:20
8. Feel No Way 3:28
9. Maga Dog 4:28
- No Nuclear War (1987)
10. No Nuclear War 8:01
11. Nah Goa Jail 4:49
12. Fight Apartheid 4:57
13. Vampire 3:32

CD 4
- No Nuclear War (1987, suite)

1. In My Song 4:16
2. Lesson in My Life 3:53
3. Testify 5:33
4. Come Together 4:25
- Captured Live (1984)
5. Coming in Hot 4:24
6. Bush Doctor 5:31
7. African 4:34
8. Get Up, Stand Up 4:33
9. Johnny B Goode 4:30
10. Equal Rights/Downpressor Man 6:05
11. Rastafari Is 10:52

CD 5
- Alternate versions

1. Soon Come (long version) 5:20
2. I'm the Toughest (long version) 5:11
3. Bush Doctor (long version) 5:44
4. (You Gotta Walk) Don't Look Back (version) 5:01
5. Buk-In-Hamm Palace (12") 7:42
6. Dubbing Buk-In-Hamm Palace 8:32
7. The Poor Man Feel It 4:11
8. Cold Blood 4:38
9. That's What They Will Do 4:36
10. Nothing But Love (long version) 5:02
11. Johnny B Goode (long version) 6:55
12. Where You Gonna Run (long version) 6:35
13. Mama Africa (7") 3:55
14. No Nuclear War (single version) 3:29

CD 6
- BBC in Concert: Live at the Dominion Theatre
(Recorded 23 October 1983)

1. African 4:41
2. Coming in Hot 4:26
3. Not Gonna Give It Up 6:59
4. Where You Gonna Run 5:51
5. (You Gotta Walk) Don't Look Back 5:38
6. Glass House 5:27
7. Can't Blame the Youth 5:49
8. Johnny B. Goode 5:11
9. Get Up, Stand Up 6:02
10. Mama Africa 6:15


sur "Bush Doctor"
Peter Tosh - Rhythm & acoustic guitars, clavinet, audio harp, lead vocals
Robbie Shakespeare - Bass, pick guitar, guitar, horn arrangements
Sly Dunbar - Drums, Gato Box
Mikey Chung - Lead guitar, Moog synthesizer, Fender Rhodes, pick guitar
Robert Lyn - Acoustic piano, organ, Fender Rhodes, clavinet
Keith Sterling - Keyboards
Luther François - Soprano sax
Donald Kinsey - Lead guitar
Larry McDonald - Percussion
Uziah "Sticky" Thompson - Percussion
&
Keith Richards - Guitar on "Bush Doctor" & "Stand Firm"
Mick Jagger - Vocals on "(You Gotta Walk) Don't Look Back"

sur "Mystic Man"
Peter Tosh - Lead Vocals, Guitar, Keyboards
Brenda White, Gwen Guthrie, The Tamlins, Yvonne Lewis - Backing Vocals
Robbie Shakespeare - Bass, Guitar
Sly Dunbar - Drums, Percussion
Mikey Chung - Keyboards, Guitar, Percussion
Robbie Lyn - Organ, Piano
Uziah "Sticky" Thompson - Percussion
George Young - Alto Saxophone, Flute
Howard Johnson - Baritone Saxophone
Lou Marini - Tenor Saxophone, Flute
Barry Rogers - Trombone
Mike Lawrence - Trumpet
Sammy Figueroa - Percussion
&
Ed Walsh - Synthesizer [Oberheim] (tracks: A2, A4, B1)
Keith Sterling - Acoustic piano on "Mystic Man"
Ed Elizalde - Lead guitar on "Can't You See"

sur "Wanted Dread or Alive"
Peter Tosh - Lead Vocals, Backing Vocals, Guitar, Keyboards, Percussion
The Tamlins - Backing Vocals
Robbie Shakespeare - Bass
Sly Dunbar - Drums
Pee Wee - Flute
Darryl Thompson - Lead Guitar
Mikey Chung - Rhythm Guitar
Keith Sterling, Robbie Lyn - Keyboards
Dean Fraser - Tenor & Alto Saxophone
Ronald "Nambo" Robinson - Trombone
Noel "Scully" Simms, Uziah "Sticky" Thompson - Percussion
&
Gwen Guthrie - Lead Vocals on "Nothing But Love"
Barry Rogers, Jon Faddis, Lew Soloff, Lou Marini - Horns on "Nothing But Love"

sur "Mama Africa"
Peter Tosh - Lead Vocals, Backing Vocals, Guitar, Clavinet
Audrey Hall, Betty Wright, Chris Kimsey, Donald Kinsey, Dorriett Myers, Pam Hall, Raymond Hall, The Tamlins - Backing Vocals
George "Fully" Fullwood, Robbie Shakespeare - Bass
Carlton "Santa" Davis, Sly Dunbar - Drums
Darryl Thompson, Donald Kinsey - Lead Guitar
Mikey Chung, Steve Golding - Rhythm Guitar
Byron Allred, Peter Couch - Keyboards
Skully, Uziah "Sticky" Thompson - Percussion
Keith Sterling - Piano
Dean Fraser - Saxophone
Ronald "Nambo" Robinson - Trombone
Arnold Breckenridge, David Madden, Junior "Chico" Chin - Trumpet
Jon Paris - Harmonica
Robert Lynn - Organ

sur "No Nuclear War"
Peter Tosh - Lead Vocals, Rhythm Guitar, Keyboards, Backing Vocals
Cynthia Schloss, June Lodge, Nadine Sutherland, Pam Hall, Ruddy Thomas - Backing Vocals
Danny Firehouse, George 'Fully' Fullwood, Gilbert Morrison - Bass
Carlton "Santa" Davis - Drums
Steve Golding - Rhythm Guitar
David Madden, Dean Fraser, Junior "Chico" Chin, Ronald "Nambo" Robinson - Horns
Keith Sterling, Tyrone Downie - Keyboards
Scully Sims, Uziah "Sticky" Thompson - Percussion