vendredi 20 décembre 2013

Poetic Zorn

John Zorn "In Lambeth: Visions from the Walled Garden of William Blake" (2013)
ou "Gnostic third"


3ème opus du Gnostic Trio, formation composée du guitariste Bill Frisell, de la harpiste Carol Emanuel et du percussionniste/vibraphoniste Kenny Wollesen. Pour ceux qui connaissent les deux précédentes œuvres de la formation, il n'y a pas plus à en dire, il fonceront sans le moindre doute sur cette nouvelle offrande d'un niveau au moins égal à ses devancières. Pour les autres, je ne saurait trop conseiller de se reporter aux billets écrits pour The Gnostic Preludes et The Mysteries, musicalement ils retrouveront ici le même savant assemblage de mysticisme compositionnel et de mélodies intimistes dans un style qu'on décrira volontiers comme du "jazz contemporain de chambre".

Evidemment, les trois musiciens présents, trois réguliers de la maison Zorn et pas seulement pour ce line-up, y excellent. Tout en retenue et subtilité, ils déroulent leurs capacités à éblouir instrumentalement sans jamais n'en avoir trop l'air. Il faut dire qu'avec les ambiances éthérées crées par l'irremplaçable Wollesen et son vibraphone magique, la guitare douce mais émotionnellement surpuissante de M. Frisell et le "remplissage" (ceci dit sans aucune connotation péjorative) de Mme Emanuel, essentiel pour structurer le tout et faire le lien entre les deux solistes susmentionnés, il y a très nettement matière à se réjouir. Comme, en plus !, les compositions de l'hyper-prolifique John Zorn (encore 10 albums cette sortis en cette année 2013 !) sont au diapason de la grandeur de ses interprètes c'est, cette fois encore, un album gagnant qui nous est proposé. Petite particularité qu'il n'est pas inutile de souligner, In Lambeth voit l'apparition d'une Ikue Mori venue texturer une composition (The Minotaur) de ses découvertes électroniques, et ça le fait !

Qu'importe, à partir de la, si le lien avec ce qui semble bien être la nouvelle obsession de l'avant-gardiste compositeur New Yorkais (voir A Vision in Blakelight paru l'an dernier), j'ai nommé l'œuvre de l'halluciné poète/peintre anglais William Blake, parait ténu, la musique est belle, fine, spirituelle et c'est bien là l'essentiel d'une série qu'on espère voir faire de nombreux petits... Vite, la suite !


1. Tiriel 4:57
2. A Morning Light 4:45
3. America, A Prophecy 6:17
4. Through The Looking Glass 3:55
5. The Ancient of Days 6:55
6. Puck 3:35
7. The Minotaur 3:25
8. The Night of Entharmon's Joy 4:55
9. The Walled Garden 4:32


John Zorn: composition, arrangement, production
Carol Emanuel: Harp
Bill Frisell: Guitar
Kenny Wollesen: Vibraphone, Bells
&
Ikue Mori: Electronics (7)

6 commentaires:

  1. Entièrement d'accord, comme d'habitude. Y-a-t-il un Zorn qui t-a plus marqué que les autres, cette année?

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    1. Voyons voir... Il y en a eu dix cet année et pas de déception. Le plus marquant ? je vais en citer deux : le Prophecy de Painkiller, ok, c'est une vieillerie "montée" récemment mais quel pied ! et le Tap de Metheny pour la rencontre au sommet à priori improbable et qui fonctionne pourtant admirablement. j'y rajouterai juste The Tempest (pièce introductive de the Torment of Saints, the Casting of Spells and the Evocation of Spirits) qui est extraordinaire. Et... Non, j'arrête là sinon je vais tout passer en revue ! ^_^

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    2. Le Painkiller et le Dreamachines ont été au delà de mes espérances...

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    3. Ha oui, tiens, j'ai oublié le Dreamachines, un excellentissime album en effet !

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