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mercredi 4 décembre 2019

vieux motard que j'aimais (vol. 1): Made in France Pt. 1

J'avais, il y a plus d'un an et demi, lancé le projet de SAV des liens... Et puis rien, je ne m't étais jamais mis... Mais bon, tout venant à point qui sait attendre, voici le premier volume d'une série pour laquelle je me garderais bien de vous donner une date de suite... Mais bon, celui-ci ayant été, de loin, le plus demandé, voilà quoi... Bashung, immensément regretté en intégrale... Enjoie !, pleure le disparu.


Alain Bashung "A Perte de Vue" (2009)
ou "...(Presque) Tout Bashung"

Sept petites années après une première, Les Hauts de Bashung, A Perte de Vue est la seconde intégrale d'Alain Bashung, un bon gros coffret sorti en (vraie) édition limitée et donc collector aujourd'hui qui n'est pas, cependant, sans tort et sans reproche...
Et, donc, commençons par qui fâche, ce qu'on peut regretter qu'un aussi monumental projet ait oublié : les pochettes autrement que via de ridicules vignettes, un texte pour présenter l'artiste, les différents aspects de son œuvre et ce qui est présentement proposé (tout, ou presque, ça fait du matos), les notes de pochettes d'origine et donc de la liste des musiciens impliqués et, mais là c'est pour une raison de calendrier, la version de l'Homme à la Tête de Chou version Alain sorti posthumément en 2011.
Vous le constaterez, les critiques sont surtout formelles parce que la musique, elle, pas toujours essentielle puisque commençant aux débuts hésitants d'un jeune artiste qui cherchait autant sa voix que sa voie, est là, au rendez-vous pour démontrer à quel point Bashung (et Boris Bergman, l'essentiel parolier qu'on n'oublie évidemment pas) fut un monstre d'une chanson française en pleine (r)évolution. Parce que loin des Carpentier, loin des paillettes d'une variétoche seventies souvent totalement indigeste, Bashung est de ces francs-tireurs, on pensera également à Higelin, Lavilliers ou Thiéfaine (dont il est de la même génération), de ces artistes tardivement adoubés par l'intelligentsia de l'industrie du disque mais tout de même encore trop à la marge pour se glisser chez, au hasard, les Enfoirés. Parce que Bashung a certes eu des tubes (Vertiges de l'Amour, Gaby, Osez Joséphine, Ma Petite Entreprise les plus écrasants d'iceux) mais c'est surtout imposé comme un artiste d'album qui, d'une new wave revisitée à une chanson rock arty, a tracé un chemin unique dans le paysage musical français.
Comme vous le savez sans doute, de l'avis général, cette démarche artistique culmine sur l'immense Fantaisie Militaire mais, franchement, tout chez Bashung de 1981, avec un Pizza enfin au diapason de ses ambitions, à sa prématurée disparition, couronnée d'un très réussi Bleu Pétrole, mérite qu'on s'y penche. Et donc les moult inédits, collaborations, versions alternatives qui foisonnent dans les deux cds d'instrumentaux et les trois de raretés que propose généreusement le package, où ne sont évidemment pas oubliés les cinq lives qui expliquent à ceux qui n'ont pas vu l'homme en action scénique, que sa réputation ne tint pas d'une coquetterie intellectuelle de médias élitistes mais bien d'un vrai gros boulot sur les routes comme dans les studios.
Bref, comme il n'est pas la calamité logistique que certain décrivirent (les belles photos glacées ne sont pas pour rien dans la satisfaction fétichiste de posséder l'objet), et, surtout !, comme il offre une passionnante aventure musicale, A Perte de Vue vous est chaudement recommandé, si vous arrivez à mettre la main dessus !



CD 1
Roman-Photos 
1. Roman Photos 2:43
2. L'Amour C'Est Pas Confortable 3:33
3. Blablas 2:59
4. Le Pianiste De L'Eden 3:15
5. C'Est La Faute A Dylan 3:43
6. Kimono 4:59
7. Te Revoir 3:44
8. Y'A Des Jours 3:31
9. Cendrillon De Chinatown 4:43

CD 2
Roulette Russe 
1. Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois 4:15
2. Station Service 3:19
3. Elsass Blues 3:19
4. Y'A Un Yeti 2:38
5. Guru, Tu Es Mon Führer De Vivre 3:07
6. Milliards De Nuit Dans Le Frigo 2:47
7. Pas Question Que J'Perde Le Feeling 3:55
8. Bijou Bijou 4:07
9. Les Petits Enfants 1:12
10. Toujours Sur La Ligne Blanche 4:39
11. Squeezé 3:30

CD 3
Pizza 
1. Ca Cache Quekchose 2:49
2. L'Araignée 2:49
3. J'Sors Avec Ma Frangine 2:47
4. Aficionado 2:36
5. Idylle Au Caire 2:44
6. Privé 3:04
7. Vertige De L'Amour 3:19
8. Rebel 3:55
9. Retour 2:13
10. Reviens Va-T-En 3:11
11. Fan 4:16
12. Elle S'Fait Rougir Toute Seule 3:08
13. Gaby Oh Gaby 3:57

CD 4
Play Blessures 
1. C'Est Comment Qu'On Freine 3:15
2. Scènes De Manager 3:47
3. Volontaire 4:05
4. Prise Femelle 1:07
5. Martine Boude 3:44
6. La Vabo 3:17
7. J'Envisage 4:35
8. J'Croise Aux Hébrides 4:50
9. Junge Männer 2:29
10. Trompe D'Erection 3:16
11. Strip Now 4:37
12. Bistouri Scalpel 4:18
13. Procession 14:48

CD 5
Figure Imposée 
1. What's In A Bird? 3:22
2. Horoscope 2:54
3. Imbécile 6:27
4. Hi ! 3:07
5. Chaque Nuit Bébé 3:32
6. Elégance 4:44
7. Poisson D'Avril 2:54
8. Lou Ravi 3:34
9. Week-end Doux 2:25
10. Nuits Halloween 2:45

CD 6
Passé Le Rio Grande 
1. Helvète Underground 3:39
2. Camping Jazz 3:46
3. Dean Martin 4:19
4. Douane Eddy 3:11
5. Malédiction 3:38
6. L'Arrivée Du Tour 4:01
7. Herr Major 3:29
8. Milady 3:12
9. Rognons 1515 3:54
10. Chat 2:40
11. S.O.S.Amor 4:04
12. Tu Touches Pas A Mon Pote 4:12
13. Les Européennes 4:11

CD 7
Novice 
1. Pyromanes  3:57
2. Résidences 3:34
3. Légère Eclaircie 4:20
4. Alcaline 5:00
5. Tu M'As Jeté 4:31
6. Elle Fait L'Avion 4:47
7. Bombez ! 3:02
8. Intrépide Malgré La Fièvre 4:01
9. Etrange Eté 3:33
10. Outrage 0:36
11. By Proxy 3:50

CD 8
Osez Joséphine 
1. J'Ecume 3:43
2. Volutes 3:25
3. Happe 3:05
4. Well All Right 2:09
5. Les Grands Voyageurs 4:47
6. Blue Eyes Crying In The Rain 2:13
7. Osez Joséphine 2:59
8. Kalabougie 3:24
9. She Belongs To Me 4:09
10. Madame Rêve 4:50
11. Bashung Nights In White Satin 4:49

CD 9
Chatterton 
1. A Perte De Vue 5:07 
2. Que N'Ai-Je 3:56
3. Ma Petite Entreprise 4:12
4. Elvire 4:20
5. Un Ane Plane 3:56
6. Après D'Apres Hostilités 4:25
7. J'Avais Un Pense-bête 3:26
8. J'Passe Pour Une Caravane 3:42
9. Danse D'Ici 4:05
10. A Ostende 4:03
11. L'Apiculteur 4:38
12. J'Ai Longtemps Contemplé 3:57

CD 10
Fantaisie Militaire 
1. Malaxe 4:33
2. La Nuit Je Mens 4:24
3. Fantaisie Militaire 4:47
4. 2043 3:46
5. Mes Prisons 4:09
6. Ode A La Vie 4:18
7. Dehors 3:31
8. Samuel Hall 5:06
9. Aucun Express 4:05
10. Au Pavillon Des Lauriers 4:44
11. Sommes-Nous 3:59
12. Angora 2:06

CD 11
L'Imprudence 
1. Tel 5:10
2. Faites Monter 4:24
3. Je Me Dore 5:07
4. Mes Bras 7:47
5. La Ficelle 4:38
6. Noir De Monde 4:22
7. L'Irréel 3:37
8. Jamais D'Autre Que Toi 2:00
9. Est-Ce Aimer 3:59
10. Le Dimanche A Tchernobyl 5:47
11. Dans La Foulée 5:26
12. Faisons Envie 3:49
13. L'Imprudence 9:39

CD 12
Chloé Mons & Alain Bashung
Cantique Des Cantiques 
1. Cantiques Des Cantiques 26:58

CD 13
Chloé Mons, Alain Bashung & Rodolphe Burger
La Ballade De Calamity Jane 
1. Introduction 0:37
2. Saddle In The Wind 1:55
3. Lecture 2:20
4. I'll See Your Eyes Again 1:14
5. Lecture 7:38
6. Bill And Jane 1:48
7. Lecture 6:21
8. See You Later 1:21
9. Lecture 2:39
10. Sad And Free 1:54
11. Lecture 3:41
12. By The River 2:31
13. Lecture 2:26
14. Old And Queer 2:12
15. Lecture 1:01
16. To Bill 4:01

CD 14
Bleu Pétrole 
1. Je T'Ai Manqué 3:41
2. Résidents De La République 3:21
3. Tant De Nuits 4:17
4. Hier A Sousse 3:56
5. Vénus 4:19
6. Comme Un Légo 9:06
7. Sur Un Trapèze 3:48
8. Je Tuerai La Pianiste 6:13
9. Suzanne 4:09
10. Le Secret Des Banquises 3:37
11. Il Voyage En Solitaire 4:04
 
CD 15
Instrumentaux Vol. 1 
1. Climax 4 4:20
2. La Peur Des Mots 2:37
3. No Tonight Joséphine 3:13
4. White Spirit 4:23
5. La Coupole 1:14
6. Scènes De Manager 3:50
7. Touche Ether 2:14
8. Toile Emeri 3:30
9. Flash Limonade 3:20
10. Art Pégiator 5:21
11. Voyage A Honfleur 3:03
12. Madame Rêve 4:51
13. Métamorphose 4:57
14. Climax 3 4:22
15. Sonnet Pour Hélène 0:52

CD 16
Instrumentaux Vol. 2 
1. Que N'Ai-Je 6:24
2. A Perte De Vue 5:06
3. Elvire 4:34
4. Après D'Apres Hostilités 5:37
5. Danse D'Ici 6:11
6. J'Ai Longtemps Contemplé 3:49
7. Un Dimanche A Tchernobyl 5:48
8. L'Irréel 3:39
9. Faites Monter 4:24
10. Hier A Sousse 3:55
11. Le Secret Des Banquises 3:33
12. Vénus 4:19
13. Sonnet  0:57

CD 17
Live Tour 85 
1. Imbécile 5:09
2. Martine Boude 3:10
3. Toujours Sur La Ligne Blanche 6:09
4. Vertige De L'Amour 3:17
5. S.O.S. Amor 3:42
6. What's In A Bird 3:53
7. Bijou Bijou 5:56
8. Gaby Oh Gaby 5:02
9. Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois 6:17
10. Les Petits Enfants 1:04
11. Junge Männer 9:19
12. Volontaire 4:02
13. Fan 4:09
14. Ca Cache Quekchose 3:38

CD 18
Tour Novice 
1. Outrage 1:54
2. Pyromanes 3:15
3. Légère Eclaircie 3:47
4. Elle Fait L'Avion 4:41
5. Bombez ! 3:59
6. Privé 4:31
7. Trompé D'Erection 2:12
8. J'Envisage 5:38
9. Scènes De Manager 4:55
10. Rebel 4:20
11. Alcaline 4:57
12. Imbécile 3:30
13. Lavabo 2:54
14. Reviens, Va-T-En 3:10
15. Douane Eddy 2:50
16. C'Est Comment Qu'On Freine 2:58
17. Les Européeenes 3:46
18. Chat 2:48

CD 19/20
Confessions Publiques 

CD 1 
1. Les Grands Voyageurs 4:14
2. Un Ane Plane 3:24
3. A Ostende 4:26
4. Elvire 4:55
5. J'Ecume 3:50
6. Osez Joséphine 3:25
7. A Perte De Vue 5:07
8. Etrange Eté 4:28
9. Les Lendemains Qui Tuent 2:34
10. J'Avais Un Pense Bête 4:52
11. Les Petits Enfants 0:49
12. Martine Boude 4:21
13. Bombez 3:10
14. L'Apiculteur 7:47

CD 2
1. Volutes 3:40
2. Danse D'Ici 4:44
3. Après D'Apres Hostilités 4:14
4. Vertige De L'Amour 3:00
5. Ma Petite Entreprise 4:04
6. Madame Rêve 5:13
7. Happe 3:08
8. J'Passe Pour Une Caravane 3:26
9. Gaby Oh Gaby 3:55
10. Rebel 4:10
11. Toujours Sur La Ligne Blanche 4:48
12. Bijou Bijou 5:54

CD 21/22
La Tournée Des Grands Espaces 

CD 1 
1. Tel 5:03
2. Je Me Dore 4:22
3. Faites Monter 4:28
4. La Nuit Je Mens 4:44
5. Sommes-Nous 3:40
6. Aucun Express 4:42
7. Le Dimanche A Tchernobyl 4:11
8. L'Irréel 3:12
9. Mes Prisons 3:44
10. Fantaisie Militaire 4:53
11. Volontaire 3:00
12. Etrange Eté 3:30
13. Légère Eclaircie 3:39
14. Bombez ! 3:08
15. What's In A Bird 3:58
16. Mes Bras 6:39


CD 2 
1. Elvire 4:51
2. J'Passe Pour Une Caravane 3:50
3. Osez Joséphine 3:09
4. Les Grands Voyageurs 3:52
5. Samuel Hall 5:50
6. Vertige De L'Amour 3:21
7. 2043 3:44
8. Faisons Envie 3:42
9. (En Duo Avec Chloé Mons) Cantique Des Cantiques 7:35
10. Madame Rêve 5:11
11. Ma Petite Entreprise 4:09
12. Martine Boude 5:22
13. Bijou Bijou 6:29
14. Angora 2:26
15. Malaxe 6:51

CD 23/24
Dimanches A L'Elysée 

CD 1 
1. Comme Un Légo 9:44
2. Je T'Ai Manqué 3:40
3. Hier A Sousse 3:39
4. Volontaire 2:58
5. Mes Prisons 3:42
6. Samuel Hall 5:50
7. Vénus 4:01
8. La Nuit Je Mens 4:55
9. Je Tuerai La Pianiste 4:42
10. Légère Eclaircie 5:18
11. Mes Bras 5:32


CD 2 
1. A Perte De Vue 7:04
2. Happe 3:24
3. J'Passe Pour Une Caravane 3:54
4. Everybody's Talkin' 3:14
5. Osez Joséphine 3:56
6. Fantaisie Militaire 5:51
7. Madame Rêve 6:46
8. To Bill 4:36
9. Vertige De L'Amour 3:24
10. Malaxe 8:30
11. Angora 2:52
12. Nights In White Satin 4:25 



CD 25
Documents Duos Raretés Vol. 1 
1. Kalabougie (Version Kalabougé) 7:35
2. Les Lendemains Qui Tuent 2:24
3. (Avec Françoise Hardy) Que Reste-T'Il De Nos Amours ? 4:18
4. Inside Dope 3:37
5. Avec Le Temps 6:01
6. (Avec Rodolphe Burger) Samuel Hall 5:27
7. (Avec Daniel Darc) L.U.V. 5:13
8. Elégance (Version Divan) 5:03
9. Beaujolais Novö 3:16
10. Spiele Mich An Die Wand 4:44
11. Bombez ! 3:03
12. Lavabo (Live) 3:37
13. (Avec Dionysos) La Panique Mécanique 4:07
14. Feu 3:20
15. Stille Nacht 3:51
16. Silence Mes Anges 4:39
17. (Avec Zend Avesta) Mortel Battement/Nocturne 6:04

CD 26
Documents Duos Raretés Vol. 2 
1. (Avec Jean-Paul Roy & Marc Ribot) A Ostende 4:46
2. L'Eau Et Le Vin 4:14
3. (Avec Marc Ribot) Les Grands Voyageurs 3:19
4. Le Sud 4:48
5. Les Mots Bleus 5:08
6. (Avec Arman Méliès) Ivres 3:54
7. (Avec Rachid Taha) Ode A La Vie 4:37
8. (Avec Brigitte Fontaine) City 3:21
9. Tue-Moi, Je Te Couvrirai 3:04
10. (Avec Aston Villa) Slow Food 2:47
11. (Avec Noir Désir) Volontaire 3:22
12. (Avec M*) What's In A Bird 3:45
13. Chanson Du Loup 2:24
14. Animal On Est Mal 3:50
15. Le Tango Funèbre 4:15
16. Céline 4:07
17. Les Amants D'Un Jour 3:23
18. Bruxelles 2:41
19. Sur Un Trapèze (Live Acoustique) 3:15
20. Je T'Ai Manqué (Live Acoustique) 3:15
21. Résidents De La République (Live Acoustique) 3:14

CD 27
Documents Duos Raretés Vol. 3 
1. La Nuit Je Mens (Archive) 4:26
2. Dehors (Live Studio) 4:46
3. Max Amphibie 2:56
4. Hier A Sousse (Version Alternative) 3:33
5. That's All Right Mama 1:47
6. Station-service (Live) 2:38
7. Hey Joe (Live Studio) 4:56
8. Cadillac (Maquettes) 2:43
9. La Foule Est Beautiful (Inédit - Archive) 5:04
10. Osez Joséphine (Archive) 6:10
11. Ma Petite Entreprise (Archive) 4:53
12. J'Braconne (Inédit - Archive) 4:08
13. La Fille De La Maison Des Dunes (Inédit) 3:54
14. Angora Irréel 6:10
15. Malaxe (Archive) 4:17
16. Comme Un Légo (Archive) 8:46


BONUS
Alain Bashung "L'Homme à la Tête de Chou" (2011)
ou "Hommage"

Avec des modifications mineures à l'œuvre originale, Bashung reprend l'intégralité du grand classique de Gainsbourg de 1976 : L'Homme à la Tête de Chou. Quand aux circonstances de cet enregistrement, je ne sais rien. Sa sortie posthume m'a, je dois l'avouer, cueilli. Mais, à vrai dire, on se fout des circonstances, l'important est ailleurs. En l'occurrence dans l'interprétation qui, pour être réussie, n'en demeure pas moins trop fidèle pour réellement se démarquer, malgré de mineurs changements apportés aux arrangements. Il n'y a, ici, quasi-rien qui permette de considérer cette version comme autre chose qu'une relecture appliquée (presque scolaire) de son modèle. Le résultat n'est pas désagréable, loin s'en faut, et tournera probablement régulièrement sur les platines de ceux qui l'auront acheté, on eût simplement espéré une approche radicale, plus déviante... C'est donc un album agréable, troussé par une bande de musiciens révérends et talentueux où Bashung (comme un poisson dans l'eau) n'a qu'à poser sa voix (ce qu'il fait avec succès).

1. L'Homme à tête de chou 2:42
2. Chez Max coiffeur pour hommes 1:12
3. Marilou Reggae 2:36
4. Transit à Marilou 1:32
5. Flash Forward 2:18
6. Aéroplanes 2:09
7. Premiers symptômes 2:25
8. Ma Lou Marilou 3:06
9. Variations sur Marilou 8:59
10. Meurtre à l'extincteur 3:16
11. Marilou sous la neige 2:38
12. Lunatic Asylum 3:21

Interprétation : Alain Bashung
Orchestration, arrangements : Denis Clavaizolle
Claviers, piano, programmations, guitares, basses : Denis Clavaizolle
Programmations : Jean Lamoot
Trompette : Erik Truffaz
Guitare : Frédéric Havet
Percussions : Pierre Valéry Lobé et Mamadou Koné
Batterie : Yann Clavaizolle
Violon : Aurélie Chenille
Violoncelle : Guillaume Bongiraud
Chœurs : Morgane Imbeaud

BONUS DE PLUS
Alain Bashung "En Amont" (2018)
ou "Je vous laisse juge..."

On peut se demander s'il fallait vraiment sortir les outtakes de Bleu Pétrole parce que, enfin, aller au-delà de la volonté de l'artiste qui avait écarté ces chansons à un côté forcément mercantiliste et un peu indécent. Mais, bon, quand on est fan, on tombe forcément dans le panneau et on se dit, même si on n'arrive pas à ne pas totalement tripper, que ça ne vaut pas un Fantaisie Militaire, une Imprudence ou un Osez Joséphine, mais que c'est toujours ça de pris et qu'on ne boudera pas son plaisir, fut-il un peu forcé...
On peut, à partir de là, craindre un tsunami de chutes réarrangées mais, promis juré par Mme Bashung herself, Chloë Mons, ce sera tout, il n'y aura plus rien d'autre. On apprécie donc, pour ce qu'elles sont, de petites chansons qu'on aurait pu ne jamais entendre, forcément accessoires mais pas désagréables, et présentement retapées par la Valentine Edith et Dominique A., un En Amont, accessoire, dira-t'on...
Clap de fin ? Souhaitons, à moins qu'une vraie belle œuvre perdue ne se cache quelque part... Mais sinon, c'est sûr, la messe et dite et En Amont, à défaut d'un final en apothéose, est un petit bonus sympathique d'un grand artiste qui fit beaucoup mieux au meilleur de sa forme.

1. Immortels 4:24
2. Ma peau va te plaire 3:50
3. La Mariée des roseaux 4:35
4. Elle me dit les mêmes mots 4:52
5. Les Salines 3:32
6. Montevideo 3:17
7. Les Arcanes 5:26
8. Seul le chien 4:03
9. Les Rêves du vétéran 4:04
10. Un beau déluge 3:03
11. Nos âmes à l'abri 4:40

Alain Bashung
: voix, harmonica
Dominique A : guitare acoustique sur Immortels et Seul le chien
Édith Fambuena : Guitares, programmation

vendredi 8 novembre 2019

Ces yeux... (In Memoriam M.L.)

Marie Laforêt "Gold" (2002)
ou "Souvenez-vous"

Publié ici même en 2014, un petit retour justifié par, hélas, la disparition de son auteure... R.I.P.

Qui se souvient aujourd'hui de Marie Laforêt ? De l'actrice, quelques-uns, de la people un peu beaucoup barrée, quelques rares autres. De la chanteuse ? A part les auditeurs de Radio Bleue, on ne voit pas bien.

Et c'est dommage parce qu'entre chanson orchestrale classique, pop française naissante et fantaisies exotiques, la belle dame au regard si profond a tout de même produit quelques très jolies choses, dont toutes ne sont pas sur ce pourtant généreux "Gold", comme quoi il y avait à faire et, vous me direz qu'avec un parcours, entre 1964 et 1979, ses années d'activité phonographique, de 13 albums studio, ce n'est que logique.
Mais, Marie, c'est aussi une rebelle, une artiste qui tenta de trouver son indépendance, de s'imposer comme plus qu'une interprète au charmant minois, et se fit sévèrement rabrouer de son outrecuidance (d'où sa première retraite).
Marie reviendra dans les années 90, un album studio en 1993 et un live en 1998, aucun des deux n'est couvert ici, avant de définitivement se retirer dans la région de Genève où elle vit déjà depuis 1978. Nous restent quelques très jolies chansons qui, suivant scrupuleusement les tics et trucs de leurs époques respectives, sont un bon reflet de la chanson française populaire d'alors.

Même si vous êtes allergique à la variétoche, n'ayez crainte, testez ce Gold tout à fait représentatif et constituant, donc, une excellente introduction à une artiste aujourd'hui trop souvent négligée au catalogue pourtant charmant.

CD 1
1. Les Vendanges De L'Amour 2:33
2. La Tendresse 2:19
3. Katy Cruelle 2:27
4. Julie Crève Cœur 2:15
5. La Flûte Magique 3:15
6. Siffle Siffle Ma Fille 2:16
7. Manchester Et Liverpool 2:20
8. Ivan Boris Et Moi 2:15
9. El Polo 3:30
10. Au Printemps 3:08
11. La Cavale 2:26
12. Choux Cailloux Genoux Époux 2:50
13. Dis A Mathieu 2:16
14. Lily Marlène 3:17
15. Arlequin 3:21
16. L'Amour Comme A 16 Ans 3:11
17. Cadeau 3:38
18. Un Peu L'Amour 2:52
19. Sous Les Palétuviers 2:16
20. Lettre De France 3:35

CD 2
1. Viens Sur La Montagne 2:21
2. La Plage 2:54
3. La Bague Au Doigt 2:40
4. Viens 2:45
5. La Voix Du Silence 2:56
6. Marie Douceur Marie Colère 2:50
7. Mon Amour Mon Ami 2:17
8. Le Lit De Lola 2:46
9. Que Calor La Vida 2:23
10. Roselyne 2:30
11. Pégao 2:45
12. Marie Douce Marie 2:47
13. Ay Tu Me Plais 2:09
14. Viens Viens 3:22
15. Mais Je T'Aime 3:18
16. Tant Qu'Il Y Aura Des Chevaux 3:50
17. Noé 3:22
18. Lève-Toi Chante Avec Moi 2:53
19. Il A Neigé Sur Yesterday 3:15
20. Moi Je Voyage 3:12



lundi 31 juillet 2017

Y comme...

Y grec chez nous Why chez eux. Voyelle ici, consomne là-bas... Elle est pas claire cette lettre. Alors, logiquement, la sélection est à l'unisson avec une Star avant, des Stars alors bientôt, des stars qui passèrent vite, mode oblige, d'autres, pas encore Stars, pour qui on se tate toujours, une vielle Star qui rencontre sa succession, de vieilles Stars en fin de cycle (ou en début d'un autre?) et même une Stars à melon, bref... Enjoie !

Y comme...
Y KANT TORI READ "Y Kant Tori Read" (1988)
Tori avant Amos

Une curiosité en passant, quand Tori se la joue un peu Madonne, un peu Cyndi. Pas désagréable, étrange cependant parce qu'on y est déjà (l'Amos pointe !) mais que la prod' et tout le toutim font dans la teen pop US d'alors. En un mot comme en mille, juste une petite curiosité qui ravira les addicts et fera sourire les autres qui y trouveront même peut-être... A tester.

1. The Big Picture 4:19
2. Cool on Your Island 4:57
3. Fayth 4:23
4. Fire on the Side 4:53
5. Pirates 4:16
6. Floating City 5:22
7. Heart Attack at 23 5:16
8. On the Boundary 4:38
9. You Go to My Head 3:55
10. Etienne Trilogy (The Highlands/Etienne/Skyeboat Song) 6:45

Tori Amos – lead singer, acoustic piano
Paulinho Da Costa – percussion
Richard Bernard – bouzouki
Gene Black – guitar
Kim Bullard – acoustic piano, programming, keyboards
Steve Caton – guitar
Vinnie Colaiuta – drums
Devon Dickson – bagpipes
Steve Farris – guitars
Tim Landers – fretless bass guitar
Fernando Saunders – bass guitar
Matt Sorum – drums
Peter White – acoustic guitars
Eric Williams – mandolin
- Backing vocals
CeCe Bullard
Merry Clayton
James House
Rick Nielsen
Zobbin Rander
Nancy Shanks
The Valentine Brothers


Y comme...
YARDBIRDS, THE "For Your Love" (1965)
Going Somewhere

Quand un des plus beaux exemples du british blues boom décide de coller un peu plus au goût du jour ça donne ? For Your Love des Yardbids, évidemment !
Voici donc les Yardbirds au premier tournant de leur carrière. Eric Clapton, mécontent de la tournure que prennent les évènements soucieux qu'il est de continuer de jouer le blues qu'il vénère, est sur le départ, Jeff Beck, son remplaçant, qui apparaît d'ailleurs sur trois titres de l'album sera plus compatibles aux ambitions pop et psychédéliques de la formation, avant de se lasser à son tour mais ça c'est une autre histoire. Pour le moment, Clapton encore présent (il le sera aussi sur une face du second opus de 65, Having a Rave Up), les Yardbirds marchent sur le fil entre leur passé (l'impeccable Five Live Yardbirds et son énergique relecture du blues étatsunien) et ce qui est alors la tendance du moment, une musique plus pop vers laquelle glissent quasiment toutes les formations britanniques et nord-américaines. Les deux tendances sont, pour le moment, toujours d'actualité avec, côté blues, I'm Not Talking, Got to Hurry, I Ain't Got You, I Ain't Done Wrong, I Wish You Would et Good Morning Little Schoolgirl comme autant d'exemples que ces petits blancs savent s'approprier l'idiome blues avec un talent certain, et, côté pop la naissance de quelques morceaux destinés à devenir d'authentiques classiques (For Your Love bien sûr mais également A Certain Girl malgré l'évidente ressemblance aves les Beatles ou Sweet Music produit par un Manfred Mann qui passait par là. Force est de constater que c'est sur le blues que les Yarbirds convainquent le mieux, pas que le reste soit indigne, juste que le groupe y parait moins à son aise que ce soit avec Beck ou Clapton, une leçon qu'il retiendront pour leurs futurs développements n'oubliant jamais, même quand ils s'en éloigneront, ces bases blues qui leur vont si bien au teint.
50 ans après, encore un peu plus dans cette version richement bonussée, For Your Love demeure un album recommandé où, outre le fait de croiser deux des plus fines gâchettes de la six-corde, on entend un groupe de qualité produire une musique qui ne l'est pas moins même si, diable !, qu'il est difficile de concurrencer les quatre gros (Beatles, Stones, Who, Kinks) qui ne le sont pas devenus sans raison...

1. For Your Love 2:31
2. I'm Not Talking 2:33
3. Putty (in Your Hands) 2:18
4. I Ain't Got You 2:00
5. Got to Hurry 2:33
6. I Ain't Done Wrong 3:39
7. I Wish You Would 2:19
8. A Certain Girl 2:18
9. Sweet Music 2:30
10. Good Morning Little Schoolgirl 2:46
11. My Girl Sloopy 5:38
Bonus
12. Baby, What's Wrong (demo) 2:38
13. Boom, Boom (demo) 2:25
14. Honey in Your Hips (demo) 2:19
15. Talkin' 'Bout You (demo) 1:56
16. I Wish You Would (demo) 4:17
17. A Certain Girl (demo) 2:21
18. Got to Hurry (take 4) 2:35
19. Sweet Music (take 4) 2:28
20. Heart Full of Soul (demo, sitar version) 1:54
21. Steeled Blues 2:38
22. Paff Bumm (German issue) 2:27
23. Questa Volta 2:33
24. Paff Bum (Italian issue) 2:36

Keith Relf – lead vocals, harmonica
Eric Clapton – lead guitar on all tracks except "I'm Not Talking", "I Ain't Done Wrong", and "My Girl Sloopy"
Chris Dreja – rhythm guitar
Paul Samwell-Smith – bass, vocals
Jim McCarty – drums, vocals
&
Jeff Beck – lead guitar on "I'm Not Talking", "I Ain't Done Wrong", and "My Girl Sloopy"
Giorgio Gomelsky – backing vocal on "A Certain Girl"
Brian Auger – harpsichord on "For Your Love"
Denny Pierce – bongos on "For Your Love"
Ron Prentice – bowed bass on "For Your Love"
Manfred Mann – keyboard and backing vocals on "Sweet Music"
Paul Jones – backing Vocals on "Sweet Music"
Mike Hugg – vibes on "Sweet Music"
Tom McGuinness – guitar on "Sweet Music"
Mike Vickers – guitar on "Sweet Music"


Y comme...
YAZOO Upstairs at Eric's" (1982)
Waves of Synth

Parti de chez Depeche Mode, pas encore à la barre du projet qui l'habite toujours aujourd'hui, Erasure, Vince Clarke se rapproche d'Alison Moyet (ex-The Vandals) et propose une très belle galette de synthpop.
Parce que l'addiction de Clarke pour les synthétiseurs analogiques déjà clairement décelée sur Speak & Spell de ses anciens collègues est, cette fois, nettement plus maîtrisée ce qui est évident dès l'énorme tube d'introduction, Don't Go, ou Kraftwerk rencontre la blue-eyed soul pour une entêtante mélodie menée tambours battants sur un beat electro à faire swinguer les petits blancs d'Albion. Il faut dire que l'assistance créative et la voix polyvalente, chaude et délicate d'Alison aide grandement à la tâche imposant Yazoo comme le concurrent n°1 d'un Eurythmics encore débutant (on peut, en fait, voix Yazoo un modèle dont s'inspireront Lennox et Stewart pour produire leur premier succès populaire, Sweet Dreams). Et comme le reste de l'album, d'un Bad Connection entrainant et joyeux, d'un Midnigh gorgé de soul électronique, d'un claustrophobe, froid et déstructuré In My Room, d'un tendre et caressant Only You,  du groove irrésistible d'un Tuesday à l'absolue beauté du planant Winter Kills, est une fiesta de tous les instants des possibles d'un duo en grosse inspiration, il n'en faut pas plus pour confirmer que l'excitation critique et populaire de l'époque était bel et bien justifiée et qu'en plus Upstairs at Eric's, quoique qu'absolument typique de ce qu'on imagine d'un album de synthpop de la première moitié des 80s, a admirablement résisté à l'usure des ans.
Un second album suivra l'année suivante, You and Me Both, pas tout à fait aussi réussi mais presque, avant que le duo ne se sépare pour incompatibilité relationnelle (Alison voulait un grand ami, Vince est du genre froid et distant, pas une bonne combinaison). Reste cet opus débutant, et triomphant !, qu'on n'a de cesse de recommander à tous ceux qui souhaitent entendre le meilleur de la synthpop.

1. Don't Go 3:08
2. Too Pieces 3:14
3. Bad Connection 3:20
4. I Before E Except After C 4:36
5. Midnight 4:22
6. In My Room 3:52
7. Only You 3:14
8. Goodbye 70's 2:35
9. Tuesday 3:22
10. Winter Kills 4:06
11. Bring Your Love Down (Didn't I) 4:40

Alison Moyet – vocals, piano
Vince Clarke – instrumentation
&
Daniel Miller – additional production and noises on "Don't Go", "Too Pieces", "In My Room", "Only You" and "Situation"
Eric's mum – extra chit-chat on "I Before E Except After C"
D. Davis – extra chit-chat on "In My Room"


Y comme...
YEAH YEAH YEAHS "Show Your Bones" (2006)
Que d'Os !

Trois ans ! Il aura fallu attendre trois ans pour que le successeur du premier album d'une des formations les plus prometteuses du 3ème millénaire naissant voit enfin le jour, une petite éternité qui ne va, hélas, pas sans son lot de (relatives) déceptions.
Ce n'est pas à dire que Show Your Bones soit un mauvais album, juste que l'effet de surprise d'un Fever to Tell particulièrement addictif s'est notablement amenuisée du fait d'une ressemblance trop criante, comme si les Yeah Yeah Yeahs avaient seulement tenté de reproduire l'exploit là où une progression stylistique aurait été souhaitable.
Ceci dit, Show Your Bones a de vraies qualités, c'est évident dès un très réussi morceau d'ouverture, Gold Lion, où la voix de la girl en chef, Karen O, évoque Siouxsie ou Debbie Harry sur une musique fun, fraiche et décontractée. Evidemment, il y a sur l'album quelques utiles montées de fièvre (Way Out, Fancy, Phenomena ou le crescendo final du délicat Turn Into, tous dotés de guitares tranchantes évoquant un post-punk qui n'est jamais bien loin), mais ce n'est jamais aux dépends de l'ambition de compositions et d'arrangements qu'on aime à décortiquer pour voir comment tout ça a été construit. Parce qu'il y a matière à réjouissance dans cet assemblage dance-punk artistique ne laissant jamais la mélodie lui échapper et sachant même modérer sa relative agression sur quelques sélections bien senties (Cheated Hearts, The Sweets) ou faire tressauter les popotins (Honeybear, Mysteries, ce dernier évoquant pêle-mêle les excellents Strokes et Sonic Youth) et même évoquer le minimalisme arty d'un Velvet Underground (Warrior) voire l'emballage indie d'un Pixies toujours de référence (Dudley). Alors, certes, tout ceci n'a rien de neuf pour les Yeah Yeah Yeahs mais est suffisamment bien troussé pour satisfaire les amateurs du genre comme les curieux de passage.
Le (power) trio a, depuis, confirmé tout le bien qu'on pensait déjà de lui, particulièrement sur un It's a Blitz de la maturité, Show Your Bones n'en est pas, pour autant moins recommandé lui qui sait, par sa large palette et son bel esprit mélodique, presque renouveler l'exploit originel de Fever to Tell, ce n'était pas gagné d'avance.

1. Gold Lion 3:07
2. Way Out 2:51
3. Fancy 4:24
4. Phenomena 4:10
5. Honeybear 2:25
6. Cheated Hearts 3:58
7. Dudley 3:41
8. Mysteries 2:35
9. The Sweets 3:55
10. Warrior 3:40
11. Turn Into 4:05

Brian Chase – drums, percussion, guitar, Vater sticks, Zildjian cymbals
Karen O – lead vocals, omnichord, piano (all tracks); mixing (tracks 4, 10, 11)
Nick Zinner – guitar, mixing, keyboards
&
Money Mark – keyboards (tracks 3, 4), MPC sampler (track 10)
Brooke Gillespie, Squeak E. Clean, Alan "Ringo" Labiner – handclap chorus


Y comme...
YES "Drama" (1980)
Drôle de Drame

Yes sans Jon Anderson ? Impossible, sacrilège même ! Et pourtant il y a Drama en 1980, un album typique des progueux britanniques où leur androgyne vocaliste est pourtant absent. Alors, Yes sans Anderson, ça marche ou ça ne marche pas ?
Etrangement, parce que l'arrivée des deux membres des Buggles (Video Killed the Radio Star, pour situer) paraissait tout sauf une évidence, surtout le remplacement de Jon Anderson par le lunetté Trevor Horn, ça marche ! Ca marche même très bien. Evidemment, une partie de l'album, comme attesté par les bonus de la présente édition, ayant été composée quand Anderson et Wakeman faisaient encore partie de la formation, et que, de toute façon, l'authentique détenteur du son Yes en est l'indéboulonnable bassiste Chris Squire, on retrouve le Yes que tout un chacun connaît, cette créature symphonico-progressive, se perdant parfois dans d'exagérées chansons épiques, mais, tout de même, l'authentique surprise de retrouver une formation finalement inchangée est réelle. Inchangée mais aussi revigorée après un très moyen Tormato où les anglais semblaient uniquement remettre sur l'ouvrage, avec moins de conviction et moins de grâce, ce qu'ils avaient accompli précédemment annihilant ainsi l'embellie Going for the One. Bref, le grand malheur d'avoir perdu deux membres supposés irremplaçables se transforma en bénédiction libératrice d'une inspiration retrouvée.
De fait, dès un extrêmement typique Machine Messiah où Trevor Horn s'approche tant de son prédécesseur qu'on peine souvent à détecter son absence sur une composition, puissante, mélodique et glorieusement progressive et ultimement rassurante prouvant que Yes, tel qu'en lui même mais en nettement meilleure forme que sur Tormato, sait toujours construire de théâtrales édifices où claviers et guitares (belle performance conjointe d'Howe et de Downes) mènent le bal sans qu'on n'en oublie la volubilité d'une section rythmique (Squire et White) dont le mérites ne devraient plus avoir besoin d'être vantés. Machine Messiah a, en vérité, tous les atours d'un classique en devenir et en serait sans doute devenu un s'il avait été créé par un line-up plus classique. La suite est une longue confirmation d'une identité réaffirmée par une forme compositionnelle qui ne se démentira jamais. Pas même sur un Into the Lens, remake reconnaissable si largement transformé, "progisé", du I Am a Camera initialement paru sur l'Adventures in Modern Recording des Buggles. et certainement pas sur un Tempus Fugit racé et accrocheur qu'on aurait bien imaginé sur Fragile tant il développe tous les aspects mélodiques et solistes du "vrai" Yes.
Un bel album donc mais carrément un indispensable si l'on considère l'édition remasterisée, ses généreux et utiles bonus et son impeccable restauration sonique. On y a même droit, donc, à l'embryon du successeur de Tormato, les Paris Sessions, un Drama préhistorique en somme, où Anderson et Wakeman font leurs uniques apparitions de la galette. Ca vaut surtout pour la curiosité parce que, franchement, on n'aurait pas voulu ce Drama autrement que porté par le vent de fraicheur apporté par les Buggles qui, d'ailleurs, sont des autres bonus, works in progress d'une œuvre réussie. Parce que ce Yes-là est, malgré les apparences, un vrai Yes, un bon Yes, un Yes chaudement recommandé à tous ceux qui l'avait démis du fait de soi-disant handicapantes absences.

1. Machine Messiah 10:27
2. White Car 1:21
3. Does It Really Happen? 6:34
4. Into the Lens 8:33
5. Run Through the Light 4:43
6. Tempus Fugit 5:15
Bonus
7. Into the Lens (Single) 3:47
8. Run Through the Light (Single) 4:31
9. Have We Really Got to Go Through This (Drama Jam Sessions) 3:43
10. Song No. 4 (Satellite) (Drama Jam Sessions) 7:31
11. Tempus Fugit (Tracking session) 5:39
12. White Car (Tracking session) 1:11
13. Dancing Through the Light (Paris Sessions) 3:16
14. Golden Age (Paris Sessions) 5:57
15. In the Tower (Paris Sessions) 2:54
16. Friend of a Friend (Paris Sessions) 3:38

Trevor Horn – lead vocals, fretless bass on "Run Through the Light"
Steve Howe – guitars: Gibson Les Paul Gold Top, Fender Telecaster, Martin Mandolin, Fender Stratocaster, backing vocals
Chris Squire – bass, backing vocals, piano on "Run Through the Light"
Geoff Downes – keyboards, vocoder, backing vocals
Alan White – drums, percussion, backing vocals
&
Jon Anderson - lead vocals on the Paris sessions (13-16)
Rick Wakeman - keyboards on the Paris sessions (13-16)


Y comme...
YNGWIE J. MALMSTEEN'S RISING FORCE "Rising Force" (1984)
Shred till you're dead!

De tous les descendeurs de manches à la vitesse de la lumière, les shredders, il est le premier, le mètre étalon de ce qu'un guitariste de hard'n'heavy se doit d'accomplir sur un album destiné au public de la "niche". Mais, franchement, Yngwie J. Malmsteen, déjà un gros égo mais encore beaucoup à donner, est vraiment plus que ça, particulièrement sur son premier album sous son nom, Rising Force.
Une chose pour commencer, ne dites surtout pas à Yngwie qu'il a dû beaucoup écouter Ritchie Blackmore pour en arriver là, il n'aime pas ça du tout et vous répliquera que, non monsieur, vous n'avez rien compris, il aime simplement Jimi Hendrix ET Jean-Sébastien Bach ET Niccolo Paganini ET Uli Jon Roth et que tout ça mis bout à bout donne ce metal néo-classique aux impressionnantes performances guitaristiques dont il s'est fait le champion. Soit, admettons. N'empêche, tout de même... Mais non, vous dit-on !
A l'album donc, son premier en solo après Steeler (avec Ron Keel qui formera, Keel, comme c'est original) et l'Alcatrazz de l'ex-Rainbow Graham Bonnet, Rainbow qui était justement le groupe de Ritchie Blackmore dont Yngwie nie... Mais stop quoi, ça suffit maintenant ! Ok, ok, à la musique, donc... Et au concret pour commencer à savoir que l'album se compose de 8 pistes, 5 instrumentaux de plein droit, 2 morceaux chantés et une outro qui, bouclant la boucle, ramène le six-cordiste suédois dans par la même phrase acoustique qui l'a vu commencer l'album. Dans le vif du sujet maintenant ? Alors on commence par les instrumentaux qui, les 5, comptent parmi les plus belles pièces du genre dont accouchera Yngwie, on y retrouve, évidemment, la technique parfaite du sieur Malmsteen mais aussi, ce dont on lui reprochera souvent de manquer, un vrai feeling rendant digeste les démonstrations dont le monsieur ne peut s'empêcher de faire étalage. Personnellement, mes préférences iraient au costaud Far Beyond the Sun, à l'épique Icarus Dream Suite Op. 4 (basé sur une composition de l'obscur compositeur italien Remo Giazotto) et à l'accorcheur Little Savage où, en plus de la performance guitaristique, on a droit à quelques belles "Lorderies" de l'ami Jens Johansson, présentement au clavecin ou, du moins, à son équivalent sur le clavier digital que le monsieur utilise certainement. Bref, du bel ouvrage toutes les 5 mais ces trois plus précisément. Aux morceaux chantés maintenant qui, sans aucunement s'approcher à moins de mille lieues de l'indignité, ne sont pas exactement la partie la plus excitante de l'album mais plutôt deux très correctes chansons de heavy metal néo-classique comme il s'en produit finalement peu à l'époque. Un préférence pour Now Your Ships Are Burned notamment grâce à l'excellente performance de Jeff Scott Soto et la qualité de la mélodie.
Au final, qu'il soit ou non influencé par celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom, Yngwie réalise une parfaite galette de shredder, le mètre étalon d'icelles en fait, et un classique indéniable du genre qu'on ne peut, donc, que recommander. Même Ritchie est d'accord, c'est dire !

1. Black Star 4:53
2. Far Beyond the Sun 5:52
3. Now Your Ships Are Burned 4:11
4. Evil Eye 5:14
5. Icarus' Dream Suite Op. 4 8:33
6. As Above, So Below 4:39
7. Little Savage 5:22
8. Farewell 0:49

Yngwie Malmsteen – guitar, Moog Taurus, bass, arrangement, production
Jeff Scott Soto – vocals
Jens Johansson – keyboards, harpsichord arrangement (7)
Barriemore Barlow – drums


Y comme...
YOUNG, NEIL "Mirror Ball" (1995)
Young Jam

Troquer son vieux Cheval Fou pour de la Confiture de Perles ? C'est la drôle d'idée qui prit Neil Young et déboucha sur ce Mirror Ball de 1995, un bel album au demeurant.
En fait, Neil, plus exactement dans sa phase exploratoire multi-genres de la fin des années 70 et des années 80, se la joue "safe" se servant, en substance, de Pearl Jam comme d'un Crazy Horse rajeuni. Tout est, en fait, parti d'une rencontre scénique quelques jours plus tôt lors d'un concert pro-choice organisé à Washington DC. Tombés respectivement sous le charme de l'autre, le vieux canadien et les jeunes gars en chemise à carreaux de Seattle décident rapidement d'organiser une session, dans la ville des derniers, qui se tiendra du 26 janvier au 10 février 1995. Une chanson mise à part, Peace and Love coécrite par Young et un Eddie Vedder en duo vocal aussi (alors que le reste de l'album relègue Vedder au rang de choriste, tâche dont il se sort avec les honneurs), toutes les compositions sont de Neil et, en toute logique, ressemble au répertoire rock du canadien. A ce qu'il y a de bon, de juteusement électrique dans le répertoire du Loner comme sur l'épique I'm the Ocean, le frontal Song X, n'oubliant pas, parfois, d'adoucir notablement le ton comme sur le sensible et poignant Truth Be Told. Le tout, brut de décoffrage dans la mise en son, suant l'honnêteté par tous les pores de son cuir, est un Young classique de qualité, presque du niveau de l'exceptionnel Ragged Glory, pour situer.
Un vieux rocker et une valeur montante de ce qu'on appelait alors encore le grunge ? Une rencontre qu'on ne peut que conseiller de visiter souvent, on ne devrait pas avoir à en dire plus... Ha, si ! Bravo messieurs et vous remettez le couvert quand vous voulez, pour le 20ème anniversaire ? Chiche !

1. Song X 4:40
2. Act of Love 4:54
3. I'm the Ocean 7:05
4. Big Green Country 5:08
5. Truth Be Known 4:39
6. Downtown 5:10
7. What Happened Yesterday 0:46
8. Peace and Love 7:02
9. Throw Your Hatred Down 5:45
10. Scenery 8:50
11. Fallen Angel 1:15

Neil Young – vocals, electric guitar, acoustic guitar, pump organ
&
Pearl Jam
Jeff Ament – bass guitar
Stone Gossard – electric guitar
Jack Irons – drums
Mike McCready – electric guitar
Eddie Vedder – vocals on "Peace and Love", background vocals


PS : Le X est dans le Q, ça ne s'invente pas !

lundi 3 juillet 2017

T comme...

Pour le T, il fallait du Tonnerre, de la Tendresse, du Tantrisme, des Tatoués, des Teigneux mais aussi des Tenaces, des qui Tracent leur route vaille que vaille. Et il y a tout ça, ou presque. A jolly good selection, if I do say so myself... Enjoie !

T comme...
TALK TALK "Spirit of Eden" (1988)
Prog Talk

Quand ils apparurent au début des années 80, rien ne laissait entrevoir ce que Mark Hollis & Cie allait devenir quelques années plus tard : un groupe de rock progressif qui ne veut pas dire son nom, une entreprise arty et prospective menée de main de maître par un Mark Hollis ô combien créatif, ô combien différent de la masse des new-waveux dont il semblait pourtant être issu. Evidemment, tout ne s'est pas mis en place du jour au lendemain, il n'y aura pas eu de génération spontanée d'une nouvelle approche sonore et compositionnelle mais, tout de même, quel coup de tonnerre que ce Spirit of Eden.
Evidemment, vous en trouverez toujours pour dire que Laughing Stock, le successeur du présent, est l'accomplissement définitif de la formation. Musicalement, compositionnellement, ce n'est pas faux, au niveau de la facilité d'accès par contre... Il faut être patient et particulièrement amateur de musique classique contemporaine minimaliste pour y accéder pleinement. Et c'est donc ici, sur leur 4ème album que se trouve le meilleur compromis entre accessibilité et prospective artistique, ici que les mélodies accrocheuses complimentent le mieux la liberté prise par le groupe avec les structures traditionnelles de la pop music, ici que l'instrumentation précieuse complémente le plus efficacement l'écriture conjointe de Mark Hollis et Tim Friese-Greene (membre toujours pas officiel mais ô combien précieux en tant que producteur, compositeur et multi-instrumentiste), ici, par conséquent, que le progressisme s'exprime avec le plus de grâce.
Concrètement, poussant le son déjà établi de la formation, cette lente évolution vers le divin débutée dès leur second album, It's My Life, et encore plus évidemment présente sur son successeur, The Colour of Spring, se rapprochant, de ce fait, de ce dont est capable, par exemple, un Robert Wyatt au meilleur de sa force (Rock Bottom, Shleep), le trio transformé en collectif bicéphale épate. Ce n'est pas que nous ayons affaire, comme c'est trop souvent le cas dans le prog', sorte de cache-misère d'une incapacité compositionnelle suppléée par une belle si un franchement envahissante technique instrumentale, à des prodiges virtuoses, là n'est pas le propos d'une musique construite sur des climats, des nuances plutôt que sur une quelconque volonté d'épater la galerie, et c'est ce qu'il advient, forcément, parce que d'une grâce pareille, la galerie ne s'est toujours pas remise.
Allez, pour ne point trop dévoiler la merveille à ceux qui ne l'auraient pas encore découverte, et qui ont tort, et qui devront s'y coller dès la fin de la lecture du présent billet, on dira seulement que, indéniablement un des 10 meilleurs albums progressifs des années 80, Spirit of Eden, album organique et rêveur, n'a toujours pas pris une ride.

1. The Rainbow 9:09
2. Eden 6:34
3. Desire 6:57
4. Inheritance 5:23
5. I Believe in You 6:10
6. Wealth 6:43

Mark Hollis - vocals, piano, organ, guitar
Tim Friese-Greene - harmonium, piano, organ, guitar
Lee Harris - drums
Paul Webb - electric bass
Martin Ditchman - percussion
Robbie McIntosh - Dobra 12 string guitar
Mark Feltham - harmonica
Simon Edwards - Mexican bass
Danny Thompson - double bass
Henry Lowther - trumpet
Nigel Kennedy - violin
Hugh Davis - shozgs
Andrew Stowell - bassoon
Michael Jeans - oboe
Andrew Marriner - clarinet
Christopher Hooker - cor Anglais
Choir Of Chelmsford - choir


T comme...
TELEVISION "Marquee Moon" (1977)
As Heard on TV

C'est un sommet d'art punk quand les britanniques s'escrimaient à empiler du riff binaire sur d'agressives rythmiques, une des toutes meilleurs galettes de la scène indépendante fourmillante du New York d'alors (Patti Smith, Talking Heads, Suicide, etc.), un album à côté duquel il ne faut surtout pas passer, surtout. C'est Marquee Moon, déclaration d'intention originelle de Television.
Et une œuvre révolutionnaire qui continue, directement ou non, d'influencer des générations de rockers. Mais la révolution de Television n'est pas démonstrative, elle est dans les détails. Dans les performances et l'inventivité combinés et complémentaires de deux guitaristes intelligents (Richard Lloyd et Tom Verlaine), des gars dénués de toute expression égotique. Dans le songwriting fin et distancié de Tom Verlaine (auteur de toute la galette, ne partageant qu'un crédit, avec Richard Lloyd sur Guiding Light) qui sait garder sa colère sous contrôle (See No Evil, Friction), ses mélodies belles mais jamais putassières (Venus, Marquee Moon, Tom Curtain), inventer une nouvelle grammaire où la grâce se vernit de glace (Elevation, Marquee Moon encore).
Evidemment, de génération spontanée il n'y a pas, le cousinage avec les Talking Heads ou Patti Smith, ou l'influence des parrains locaux, le Velvet Underground pour les nommer, est un fait avéré, mais Television est définitivement son propre animal, au moins aussi arty que la bande de Reed et Cale, décapé des soubresauts post-adolescents de têtes qui suivront leur (bon) exemple, ou des oripeaux beat de la demoiselle du lot, ils tracent leur propre route, mélodique toujours, prenante évidemment, sur une recette somme toute classique, un guitar-rock un poil garage encore seventisant, mais habité par une telle liberté, tellement dénué de tous les clichés du genre, et des obligatoires influences blues ici évitées, qu'elle s'en voit transformée.
A l'impossible nul n'est tenu, le groupe ,ou ses membres après la séparation, ne fera jamais mieux. Ceci dit, chacun de leurs trois albums suivants vaut qu'on s'y penche (Adventure de 1978 en particulier) mais plus aucun n'atteindra ce moment magique où la composition, les arrangements et les performances instrumentales s'alignent en majesté. Ca fait de Marquee Moon un obligatoire de toute collection qui se respecte, tout simplement.

1. See No Evil 3:56
2. Venus 3:48
3. Friction 4:43
4. Marquee Moon 9:58
5. Elevation 5:08
6. Guiding Light 5:36
7. Prove It 5:04
8. Torn Curtain 7:00
Bonus
9. Little Johnny Jewel (Parts 1 & 2) 7:09
10. See No Evil (alternate version) 4:40
11. Friction (alternate version) 4:52
12. Marquee Moon (alternate version) 10:54
13. Untitled 3:22

Billy Ficca – drums
Richard Lloyd – guitar (solo on tracks 1, 4, 5, and 6), vocals
Fred Smith – bass guitar, vocals
Tom Verlaine – guitar (solo on tracks 2, 3, 4, 7, and 8), keyboards, lead vocals


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TERRORVISION "Shaving Peaches" (1998)
Grosse pêche !

Ils ont bien progressé depuis leur premier album, et explosé commercialement sur le précédent, Regular Urban Survivors, aussi quand se présente le cap du 4ème album, c'est avec une absolue confiance de leurs capacités que les anglais de Terrorvision approchent l'entreprise. Et ils ont bien raison parce que Shaving Peaches est une vraie belle réussite.
Il faut dire que la mue des petits gars de Bradford dans le West-Yorkshire d'un metal alternatif bien troussé si un poil lourdaud, forcé à une power pop un peu hard-rockante est un indéniable facteur à leur accomplissement artistique sur ce fruitier opus. Dans la foisonnante collection de chansons, une quinzaine !, ces gars-là sont généreux, aucune ne déçoit même si, indéniablement, certaines se détachent avec leurs airs d'irrésistibles singles. On pense à III Wishes et son entêtante mélodie, Josephine toute de rock ricain distancié vêtu, Can Get Out of My Mind en belle "glamerie", un Tequila bien enjoué qui devint leur plus gros hit, le rock à synthés de Baby Face, les flaveurs discoïdes de Left to the Right ou les charmantes ballades Day After Day et Vegas. Une belle collection, quoi, où le groupe a su conserver l'énergie de ses jeunes années "péri-metalleuse" et acquis de nouvelles armes qu'ils savent exploiter à merveille.
La suite, un petit album avant la séparation, ne confirmera pas l'embellie des deux plus belles galettes de Terrorvision, celle dont il est question ici et un Regular Urban Survivors évoqué plus haut. Le groupe s'est depuis reformé ne faisant hélas qu'approximer ses beaux succès passés (Super Delux en 2011). Reste ce Shaving Peaches, impeccable album de power pop soit, littéralement, de la pop, de la bonne !, avec du power. Recommandé.

1. III Wishes 3:51
2. Josephine 3:11
3. Hypnotised 3:49
4. Can't Get Out Of My Mind 3:05
5. In Your Shoes 4:21
6. Swings And Roundabouts 3:25
7. Day After Day 3:35
8. Left To The Right 3:59
9. Cantankerous 4:15
10. Tequila 3:52
11. Vegas 3:52
12. Babyface 4:11
13. Spanner In The Works 4:15
14. When I Die 4:06
15. On A Mission 3:40

Tony Wright – Vocals
Mark Yates – Guitars
Leigh Marklew – Bass
"Shutty" – Drums
&
Josephine Ellul – Keyboards


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TIN MACHINE "Tin Machine" (1989)
La renaissance planquée de David B

On ne vantera jamais assez les mérites résurrectionnels qu'eurent les deux album de Tin Machine sur la carrière alors déliquescente d'un Bowie en fin de course, à bout de souffle... Un Bowie pas forcément si adapté à l'ère MTV qu'on aurait pu le penser, un Bowie en mal d'ailleurs et d'une certaine liberté créative aussi, un Bowie qui a envie d'en découdre après des albums "fortement tièdes", enfin.
Parce qu'il faut bien le dire, les ondes du"choc-médiocre" d'un Tonight et d'un Never Let Me Down ont laissé des traces, et pas que de jolies jolies... On ne reviendra pas plus avant sur les maigres qualités des deux successeurs d'un Let's Dance à la relance, tout a déjà été dit et écrit sur le sujet par de nombreux rock-critics dont même les plus flagorneurs ne purent sauver l'ex-Ziggy du naufrage via quelques remarques bien senties voire assassines (et hélas souvent méritées).
Croyez-vous que Bowie est alors dans sa tour d'ivoire à planifier sa prochaine extravagance ? Que nenni ! Sans doute lui-même conscient de l'impasse dans laquelle il se trouve, il décide de changer radicalement le ton, de faire du passé table rase... A commencer par effacer son nom de la pochette, ce n'est pas rien !, et d'y figurer à égalité avec ses nouveaux copains de chambrée, c'est encore plus ! Et puis la dégaine costumière, le noir et le blanc, la barbe du discret, une sobriété qu'on ne lui connaissait plus... Profil bas, attendre la fin de l'orage et en profiter pour s'amuser, tant qu'à faire ! Parce que, fondamentalement, c'est ce qu'on entend sur ce premier Tin Machine, un Bowie décontracté qui se fait plaisir et, ce faisant, nous fait plaisir avec ce qu'il est convenu de considérer comme un simple album de (hard) rock'n'roll, un bon album de (hard) rock'n'roll.
Simple ? Parce que c'est, tout bêtement, à une collection de chansons basée sur les riffs tranchants et revivalistes de Reeves Gabrels qui se présente à nous. Pour l'originalité, vous repasserez, mais le sel est ailleurs et les atouts d'énergie, de l'audible plaisir que prend la formation (n'oublions pas les frères Sales, rythmique impeccablement complémentaire de sa paire de solistes) à jouer comme, peu ou prou, une bande d'ados découvrant l'originel plaisir d'une musique électrisée et électrisante. On ne dira pas que Bowie y est méconnaissable, ce serait mentir, juste totalement fondu dans un collectif cohérent et fonctionnel.. Un groupe de rock, quoi !
Bon ? Parce qu'il y a ici, tout de même, quelques chansons qui font leur beau petit effet à commencer par l'introductif Heaven's in Here, un solide blues mid-tempo où Gabrels nous régale de ses belles dispositions guitaristiques, ici dans un registre classique et efficace où, de licks fins en soli inspirés, il meuble une composition un peu commune avec, pour le coup, le beau David bien effacé. C'est aussi une bonne façon d'établir la crédibilité groupe. Plus loin, Prisoner of Love, après un pas extraordinaire Tin Machine, rappelle un peu Absolute Beginners avec son petit côté rétro et China Girl par son refrain orientalisant, on ne se refait pas mais, présentement, on ne regrette pas non plus parce que ça fonctionne et donne une composition habitée, un rock stratosphérique et trippant de fort belle qualité, et du Bowie pur sucre, vous l'aurez compris. Passé un pas désagréable mais trop dérivatif pour être vraiment marquant ("Troggsien") Crack City, s'avance une belle quadruplette avec, en tête de liste, le rock revivaliste d'I Can't Read et sa guitare ivre by Gabrels (qu'on se croirait en 1976 !), l'hard-rockant Under the God (puissant, efficace et sans artifice), le faussement planant et un poil soul Amazing (un single qui s'ignore) et, finalement, la cover du Working Class Hero de Lennon revitalisé par un quatuor pas prêt à rendre ses armes électriques ni sa classe naturelle. Le reste est moins enthousiasmant, plus inégal surtout avec de bonnes choses (Bus Stop, Video Crime, Baby Can Dance) et d'autres plus anecdotiques qui viennent un peu tempérer l'admirable tenue d'une grosse première moitié pleine d'assurance.
Tin Machine 1er du nom n'est pas un grand album, Tin Machine 1er du nom n'est pas une révélation non plus, Tin Machine 1er du nom est, simplement, c'est déjà énorme !, la renaissance électrique, le premier jalon de la reconquête d'un des plus grands artistes pop/rock des septante... Et un foutu bon album de rock'n'roll, donc avec, qui plus est, la révélation d'un extraordinaire et ô combien polyvalent guitariste en la personne de Reeves Gabrels qui bonifie ici souvent le tout-venant... On n'en attendait pas tant.

1. Heaven's in Here 6:01
2. Tin Machine 3:34
3. Prisoner of Love 4:50
4. Crack City 4:36
5. I Can't Read 4:54
6. Under the God 4:06
7. Amazing 3:06
8. Working Class Hero 4:38
9. Bus Stop 1:41
10. Pretty Thing 4:39
11. Video Crime 3:52
12. Run 3:20
13. Sacrifice Yourself 2:08
14. Baby Can Dance 4:57

David Bowie: vocals, guitar
Reeves Gabrels: lead guitar
Hunt Sales: drums, vocals
Tony Sales: bass, vocals
&
Kevin Armstrong: rhythm guitar, Hammond


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THE THE "Soul Mining" (1983)
Géant !

Ce n'est pas encore le The The prospectif d'Infected ou de Mindbomb mais plus tout à fait le The The new waveux de Burning the Soul, Soul Mining est typiquement un album de transition, typiquement un excellent album d'indie rock bulbé, le sommet de la carrière de Matt Johnson, l'homme derrière Le Le groupe, ce qui n'est pas rien.
Sur le premier titre, I've Been Waiting for Tomorrow (All of My Life), on se dit que si PIL de Cd et le Peter Gabriel de melt se rencontraient, on ne serait pas loin de ce synth post-punk progressif si intelligemment façonné. Sur le second, This Is the Day, que cet accordéon et ce violon presque cajuns, tellement inattendus en pareil contexte, habillent finalement bien cette douce mélopée pop-goth entrainante. Sur le troisième, The Sinking Feeling, que les Talking Heads sonneraient vraiment bien en synth-pop paranoïde. Sur le quatrième, Uncertain Smile, que certains anglais s'y entendent tout de même très bien pour détourner la soul à leur blanc bénéfice et que la partie de piano jazzy de Jools Holland (avant qu'il ne devienne le Nagui Taratatesque britannique) mérite indéniablement le détour. Sur le cinquième, The Twilight Hour, qu'il ne suffit décidément de pas grand chose, quelques synthés, un rythme tribal et une bonne mélodie, mais surtout d'un sacré talent d'arrangeur pour une bonne chanson. Sur le sixième, Soul Mining, que le rock progressif peut sonner jeune et mode même plus de 30 ans après sa date de sortie. Et enfin sur le 7ème, ce mastodonte nommé Giant, que la génération rave/madchester doit quand même beaucoup à ce cher Matt Johnson qui lui même en doit pas mal à ceux qui l'on devancé dans la fusion afro-occidentale.
Notons tout de même qu'il existe des éditions plus généreuses de ce sommet, notamment celle du 30ème anniversaire qu'on recommandera. Mais même à 7 titres, Soul Mining est un album sans faille, un album totalement de son époque qui a pourtant étonnamment bien vieilli (c'est rare !), La marque des grands albums à laquelle il appartient indéniablement.

1. I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life) 5:45
2. This Is the Day 5:01
3. The Sinking Feeling 3:44
4. Uncertain Smile 6:52
5. The Twilight Hour 5:58
6. Soul Mining 4:50
7. Giant 9:36

Matt Johnson - vocals, synthesisers, percussion, instruments on all tracks, chant on "Giant"
&
Harry Beckett - trumpet on "Perfect"
Paul Boyle - fiddle on "This Is the Day"
Andy Duncan - drums on "This Is the Day", "Uncertain Smile", "Soul Mining" and "Perfect"
Paul Hardiman - chant on "Giant"
Camelle G. Hinds - bass guitar on "I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life)", "Uncertain Smile", "The Twilight Hour", "Giant" and "Perfect"
Jools Holland - piano on "Uncertain Smile"
David Johansen - harmonica on "Perfect"
Keith Laws - melodica on "Three Orange Kisses from Kazan"
Thomas Leer - synthesisers on "I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life)", "The Twilight Hour" and "Giant"
Martin McCarrick - cello on "The Twilight Hour"
Zeke Manyika - drums on "I've Been Waitin' for Tomorrow (All of My Life)", "The Twilight Hour" and "Giant", chant on "Giant"
Jeremy Meek - bass guitar on "The Sinking Feeling"
Steve James Sherlock - flute and saxophone on "Three Orange Kisses from Kazan" and "Waitin' for the Upturn"
Anne Stephenson - violin on "The Twilight Hour"
Jim Thirlwell - sticks on "Giant"
Paul Wickens - accordion on "This Is the Day"


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THIN LIZZY "Jailbreak" (1976)
Le Clan des Dublinois

Le coup d'avant, ils ont trouvé leur son, cette fois, ils dévoilent leur tube (le seul, hélas), c'est, en peu de mots, ce qu'on pourrait dire du Jailbreak de Thin Lizzy... Ce serait trop court, évidemment. Parce que, présentement, c'est la tête sur le billot que le groupe enregistre son 6ème opus (le quatrième avec cette formation) puisque, suite aux très faibles ventes de leur deux précédentes livraisons, leur label, Vertigo, perd patience et décide que si, cette fois-ci, ces irlandais ne décollent pas, c'en est fait de leur contrat discographique. Et donc, cette fois, sous le parrainage d'un producteur soigneusement choisi, John Alcock, principalement connu pour ses collaborations au répertoire solo du Who quatre-cordé John Entwistle, Thin Lizzy a particulièrement réfléchi à ce qui, enfin, pourrait leur permettre de décoller usant même d'un claviériste pour mettre toutes les chances de leur côté sur le single potentiel qu'était alors Running Back. Évidemment, comme chacun sait, et malgré les réserves d'une maison de disque craignant l'aspect trop frontal du titre, c'est The Boys Are Back in Town qui permit ce démarrage populaire si longtemps attendu (Jailbreak est tout de même le 6ème long-jeu de la formation). Mais comme, bien entendu, rien ne se passe jamais comme on l'a prévu, si l'album fut en effet un joli succès (le seul disque d'or de Thin Lizzy outre-Atlantique), l'élan d'un Thin Lizzy au sommet de sa gloire fut brisé par, premièrement, une hépatite contractée par Phil Lynott, deuxièmement, par une blessure à la main de l'encore très jeune Brian "Robbo" Robertson résultant dans l'annulation d'une tournée américaine s'annonçant sous les meilleurs auspices. Bref, l'album et sa musique, on y vient enfin !, est le plus "tight"' des jeunes années de Thin Lizzy, au regret d'ailleurs de sa paire de soliste s'étant plainte du manque de latitude qu'on leur aura laissé pendant les courtes sessions, un petit mois mixage compris. Critique tout de même très excessive quand, 40 ans après, on laisse tourner les 10 titres et à peine plus de 35 minutes d'un groupe de hard rock à la classe folle (la voix de velours de Lynott n'y est pas pour rien, ses basslines bien slick non plus), au son immédiatement reconnaissable (twin guitar attack, bien-sûr) présentement doté, outre les deux éléments radio-compatibles précités, une sacrée collection de bonnes chansons avec, pour l'exemple, un Jailbreak frontal et fin (joli bruitages de sirènes aussi) taillé pour les joutes scénique dont les irlandais (ou écossais et américain pour les deux guitaristes, mais bon Lizzy reste un groupe fondamentalement irlandais sans tomber dans les excès touristiques celtiques, pas souvent en tout cas et toujours à bon escient) se sont fait la spécialité, un Romeo and the Lonely Girl aux effluves folk bienvenues (pas une surprise, c'est dans l'adn de Phil), un rampant et menaçant Warriors (qui colle idéalement à son thème guerrier, conséquemment), un Cowboy Song en parfaite western-tune électrique (mais attention, ce n'est pas de la country pour autant), et un Emerald final (dont le nom ne ment pas, Lizzy y est fièrement Irish !) qui est un peu Black Rose avant Black Rose, c'est un compliment. Bref, enfin pas si..., c'est un monstre de petit album rock malin, varié et parfaitement produit. Et c'est évidemment encore mieux dans une version Deluxe qui, joliment rallongée qu'elle est, d'alternate takes en live de la BBC en passant par quelques raretés qu'on connaissait mais sont ici avantageusement présentée dans leur contexte historique, ravira les fans (et encore plus les anglophones d'iceux qui liront l'histoire de Lizzy à l'époque dans le livret). Parfait.

Album
1. Jailbreak 4:01
2. Angel from the Coast 3:03
3. Running Back 3:13
4. Romeo and the Lonely Girl 3:55
5. Warriors 4:09
6. The Boys Are Back in Town 4:27
7. Fight or Fall 3:45
8. Cowboy Song 5:16
9. Emerald 4:03

Bonus Disc
1. The Boys Are Back in Town (Remixed version) 4:35
2. Jailbreak (Remixed version) 4:14
3. The Boys Are Back in Town (Alternate vocal - remixed version) 4:33
4. Emerald (Remixed version) 4:08
5. Jailbreak (BBC Session 12 February 1976) 4:05
6. Emerald (BBC Session 12 February 1976) 3:58
7. Cowboy Song (BBC Session 12 February 1976) 5:14
8. Warriors (BBC Session 12 February 1976) 3:57
9. Fight or Fall (Extended version – rough mix) 5:21
10. Blues Boy (Previously unreleased studio track) 4:38
11. Derby Blues (Early live version of "Cowboy Song") 6:52

Phil Lynott – bass guitar, lead vocals, acoustic guitar
Scott Gorham – lead and rhythm guitar
Brian Robertson – lead and rhythm guitar
Brian Downey – drums, percussion
&
Tim Hinkley – keyboards on "Running Back"


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TUB RING "Secret Handshakes" (2010)
A Freak Parade

Voici une bande de zozos que vous ne connaissez probablement pas alors commençons pas faire les présentations. Tub Ring est un quintet originaire de Chicago, généralement accompagné de moult guests, s'amusant à pousser dans ses retranchements un indie rock à la marge dans une mixture avant-gardiste mais accessible (l'un n'empêchant pas l'autre) pleine de fantaisie et d'angles saillants. Secret Handshakes est leur 6ème long jeu, le dernier paru à ce jour et le second sur gros indépendant The End Records.
A l'image d'une pochette très film noir, c'est un opus souvent cinématique et toujours foutraque qui s'offre, une fois de plus, à nous. Parce que si ça commence très fort par un Stop This (NOW!) en écho à un passé punk rock encore présent et assumé, la suite propose une suite de chansons qu'on pourrait, si l'on était fainéant, assimiler aux étatsuniens d'Oingo Boingo ou de Mr. Bungle. On y rencontre une musique jouant pêle-mêle avec le jazz, le rock (parfois métallisé), des sonorités orientalisantes, de l'électro dans un chaos organisé tout à fait réjouissant où la formation va jusqu'à reprendre le thème de Flash Gordon jadis composé par Queen dans une version divertissante et réussie. Alors, évidemment, les amoureux de mers d'huiles et d'harmonie ne trouveront dans ce tout (faussement) bordélique que frustration et consternation, rien que de très normal le Secret Handshakes de Tub Ring n'étant clairement pas conçu pour répondre à leurs attentes "coldplaysiennes".
Bon album d'une formation talentueuse qui mériterait d'être plus connue, Secret Handshakes est une galette qu'on écoute un grand sourire au lèvres se demandant bien à quelle sauce ces olibrius vont nous manger ensuite.

1. Stop This (NOW!) 2:21
2. Bird of a Different Color 2:17
3. Gold Finger 3:01
4. Touching the Enemy 2:37
5. Burn 1:46
6. Cryonic Love Song 2:40
7. Feed the Rapture 2:27
8. Flash 3:11
9. I Shot Your Faggot Horse Bitch 2:45
10. Chronic Hypersomnia 3:20
11. Optimistic 2:52
12. The Day the World Will End 2:32
13. Tip of My Tongue 2:03
14. The Horrible and the Holy 3:58

Kevin Gibson – vocals
Rob Kleiner – keyboards, producer
Trevor Erb – bass guitar
Scott Radway - drums, percusion
Patrick Windsor - guitar, piano
&
Jason Zolghadr - tar
Loren Turner - guitar
Dave Smith - baritone sax
Brandon Wojcik - trumpet
David Keller - cello
Benjamin Weber - viola, violin
Chibi - vocals