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lundi 24 juillet 2017

W comme...

Wow! Du Cabaret Jazz à la Soul/Funk en passant par la Country New School ou le Hard Rock millésimé et ô combien influent, en passant par du Rock Prog indémodable et libre, une petite merveille Indie Pop et l'album d'un Ange Cassé, si l'alphabet finit, la qualité ne baisse pas (...à mon humble avis). Alors, en rajouter, pour quoi faire ? Enjoie !

W comme...
WAITS, TOM "Nighthawks at the Diner" (1975)
Vrai Live en Vrai Studio

Live, mais en studio, Tom Waits égrène ses petites histoires d'une Amérique à la marge devant quelques happy-fews conviés à l'évènement, c'est Nighthawks at the Diner et c'est vachement bien !
Et donc, nous sommes au Record Plant de Los Angeles les 30 et 31 juillet 1975, ou au Raphael's Silver Cloud Lounge comme annoncé par Tom, où un jeune Waits, d'âge et de carrière, il n'a alors que deux albums studio dans sa besace, égrène non pas les beaux morceaux de son petit répertoire mais une sélection de nouveaux titres dans une ambiance de club enfumé et alcoolisé impeccablement recréé par l'équipe de production, les musiciens et, évidemment, un chanteur, compositeur et parolier sachant aussi bien raconter des histoires (les nombreux intermèdes introductifs où Tom fait preuve d'humour, souvent !, mais aussi d'un don de conteur qui ne fera que se confirmer) qu'habiter son répertoire de l'occasion. Et le répertoire, justement, mes amis, quelle belle collection de blues/jazz déjà très représentative du Waits que nous avons appris à connaître et à aimer, un artiste déjà en contrôle d'un songwriting héritier d'une vraie belle tradition étatsunienne qui sait la faire sienne,  jusqu'à une reprise d'une vieillerie country sauvée des eaux (Big Joe and Phantom 309)... Grand !
Les fans de Tom Waits connaissent déjà ce Nighthawks at the Diner ô combien référentiel, comme quasiment toute la carrière du monsieur, quoi, les autres feraient bien de se pencher sur cet objet atypique, sympathique et, c'est le mot, recommandé.

1. (Opening Intro) 2:58
2. Emotional Weather Report 3:47
3. (Intro) 2:16
4. On a Foggy Night 3:48
5. (Intro) 1:53
6. Eggs and Sausage (In a Cadillac with Susan Michelson) 4:19
7. (Intro) 3:02
8. Better Off Without a Wife 3:59
9. Nighthawk Postcards (From Easy Street) 11:30
10. (Intro) 0:55
11. Warm Beer and Cold Women 5:21
12. (Intro) 0:47
13. Putnam County 7:35
14. Spare Parts I (A Nocturnal Emission) 6:25
15. Nobody 2:51
16. (Intro) 0:40
17. Big Joe and Phantom 309 6:29
18. Spare Parts II and Closing 5:13

Pete Christlieb – tenor sax
Bill Goodwin – drums
Jim Hughart – upright bass
Mike Melvoin – piano, electric piano, guitar
Tom Waits – vocals, piano, guitar


W comme...
WATERS, ROGER "Amused to Death" (1992)
Amusement for the Masses

C'est, de loin, le meilleur album solo de son auteur, un concept album inspiré d'un livre de Neil Postman, Amusing Ourselves to Death, qui décrypte les us d'une société ultra-médiatisée, c'est Amused to Death de Roger Waters, œuvre à la fois terriblement moderne tout en se situant dans une grande tradition à laquelle elle fait honneur, un opus de toute première bourre en vérité.
Comme souvent avec Waters, un garçon tenu par ses obsessions, le développement du concept de l'album a commencé bien avant sa sortie, pendant la création de son précédent opus en fait, le controversé mais recommandé Radio K.A.O.S.. Dans les faits, album sur la dangereuse décadence de la société occidentale (capitalisme, guerre, médias, mépris d'autrui, etc.), œuvre sombre donc, on en a l'habitude avec le taciturne Waters, Amused to Death n'est pas exactement le genre d'opus qu'on conseillera à un dépressif chronique. Quoique la musique, souvent percée d'irremplaçables beauté, vient tempérer la noirceur du propos. Parce que côté composition, Roger s'est dépassé ! Dès l'introductif The Ballad of Bill Hubbard, un belle chanson d'ambiance dotée d'un puissant récitatif et de cordes émouvantes, on est pris par un tourbillon créatif qui ne se démentira pas, un rock progressif moderne et classique à la fois, de son temps dans le son mais encore héritier de la période dorée (les 70s !) dans la manière. La suite, entre rock épique (What God Wants Part I, The Bravery of Being Out of Range), et compositions plus nuancée (Watching TV avec la contribution vocale de Don Henley des Eagles, It's a Miracle et le moog magique du l'ancien collègue de Madonna, Patrick Leonard, l'éthéré Three Wishes, ou un magistral Amused to Death de conclusion), est un parfait panorama musical pour qui apprécie son rock exploratoire et mélodique.
Avec un line-up "all-star" plus venu pour contribuer que se montrer (Jeff Beck, Luis Conte, Steve Lukather, Jeff Porcaro, Don Henley, etc.), une production absolument parfaite, riche de moult field-recordings texturants, claire et précise, et, donc, un ensemble compositionnel constituant l'indéniable sommet de la carrière de Roger Waters en solo, Amused to Death, presque l'égal des plus belles heures de son ancien groupe, c'est dire !, est un album plus que recommandé, obligatoire !

1. The Ballad of Bill Hubbard 4:19
2. What God Wants, Part I 6:00
3. Perfect Sense, Part I 4:16
4. Perfect Sense, Part II 2:50
5. The Bravery of Being Out of Range 4:43
6. Late Home Tonight, Part I 4:00
7. Late Home Tonight, Part II 2:13
8. Too Much Rope 5:47
9. What God Wants, Part II 3:41
10. What God Wants, Part III 4:08
11. Watching TV 6:07
12. Three Wishes 6:50
13. It's a Miracle 8:30
14. Amused to Death 9:06

Roger Waters – vocals (all tracks except 1), bass guitar (tracks 2 and 13), synthesisers (tracks 2 and 4), guitar (tracks 5, 11 and 14)
Patrick Leonard – keyboards (all tracks except 6 and 7), percussion programming (track 1), choir arrangement (tracks 2, 9-11 and 13), vocals (track 4), acoustic piano (tracks 11 and 13), Hammond organ (track 5), synthesisers (tracks 5 and 13)
Jeff Beck – guitar (tracks 1, 2, 10-14)
Randy Jackson – bass guitar (tracks 2 and 9)
Graham Broad – drums (all tracks except 1, 5, 11 and 13), percussion (tracks 6 and 7)
Luis Conte – percussion (all tracks except 2, 5, 9, 11, 13 and 14)
Geoff Whitehorn – guitar (tracks 2, 8, 10 and 14)
Andy Fairweather Low – guitar (tracks 2, 6-9, 11 and 12), vocals (tracks 6 and 7)
Tim Pierce – guitar (tracks 2, 5, 9 and 12)
B.J. Cole – guitar (tracks 3 and 4)
Steve Lukather – guitar (tracks 3, 4 and 8)
Rick DiFonso – guitar (tracks 3 and 4)
Bruce Gaitsch – guitar (tracks 3 and 4)
James Johnson – bass (all tracks except 1, 2, 5, 9 and 11)
Brian Macleod – snare (tracks 3 and 4), hi-hat (tracks 3 and 4)
John Pierce – bass guitar (track 5)
Denny Fongheiser – drums (track 5)
Steve Sidwell – cornet (tracks 6 and 7)
John Patitucci – bass guitar (track 11)
Guo Yi & the Peking Brothers – dulcimer, lute, zhen, oboe, bass (track 11)
John "Rabbit" Bundrick – Hammond organ (track 12)
Jeff Porcaro – drums (track 13)
Marv Albert – vocals (track 4)
Katie Kissoon – vocals (tracks 2, 8, 9, 12 and 14)
Doreen Chanter – vocals (tracks 2, 8, 9, 12 and 14)
N'Dea Davenport – vocals (track 2)
Natalie Jackson – vocals (tracks 2 and 5)
P.P. Arnold – vocals (tracks 2, 3, 4 and 10)
Lynn Fiddmont-Linsey – vocals (track 5)
Jessica Leonard – vocals (track 8)
Jordan Leonard – vocals (track 8)
Don Henley – vocals (track 11)
Jon Joyce – vocals (track 13)
Stan Farber – vocals (track 13)
Jim Haas – vocals (track 13)
Rita Coolidge – vocals (track 14)
Alf Razzell – vocals (tracks 1 and 14)


W comme...
WEEN "White Pepper" (2000)
Epicé Pop

Que se passe-t-il quand l'un des plus beaux fleurons bizarro-pop se met dans l'esprit d'accoucher d'un album normal ? Il se passe White Pepper, 7ème album des faux-frères Dean & Gene Ween, et le pire c'est que ça marche du tonnerre de Zeus !
Indéniablement, il y a du Beatles (mais pas seulement...) dans ce Ween-là, et pas que dans un titre jouant avec ceux de deux des plus fameuses créations de quatre de Liverpool (Sgt. Pepper, White Album), dans la manière d'accommoder la pop, de l'épicer de moult flaveurs pour un résultat aussi flatteur à l'oreille qu'imaginatif. Evidemment, les Beatles étant passés bien avant et ayant tout inventé (ou presque), c'est à un exercice revivaliste auquel s'adonnent les natifs de New Hope (ça ne s'invente pas !), Pennsylvanie, mais un exercice revivaliste tellement rondement menée qu'on aurait mauvaise grâce à ne pas le célébrer comme il le mérite.
Parce que, mes amis, quelle belle collection de chansons voici ! Parce qu'en couvrant tout le panorama de la pop, d'un psychédélisme à peine modernisé sur la morceau d'ouverture, Exactly Where I'm At, à de douces flaveurs orientales sur Flutes of Chi, à une pop à la Revolver sur Even If You Don't, à un doux décrochage caribéen façon Elvis sous les cocotiers (Bananas and Blow), à une pop folk mélodieusement réussie (Back to Basom, quelque chose de Donovan et du Bowie débutant, She's Your Baby, que Macca ne renierait pas), à une petite jazzerie convoquant le fantôme de Phil Lynott (ce chant !) avec Pandy Fackler, jusqu'à un petit coup de country bienvenu (Stay Forever), c'est avec rouerie et un talent compositionnel qui laisse béat d'admiration que le duo et leurs compères réussissent magistralement leur petit hold-up multi-genres. On a même droit, parce qu'il faut quand même un peu de bruit blanc sur un album de Ween, à une sorte de Motörhead revisité (leur Helter Skelter ? pas loin à entendre l'agressif et addictif Stroker Ace) et à une sorte de sludgerie héritière indirecte de Black Sabbath (The Grobe). Bref, tous azimuts sans jamais le moindre faux-pas, sans la plus petite trace de faute de goût que ce soit... Grand !
Les amateurs de ce genre de chose, de la musique maline toujours un peu dans le second degré mais pas dans le pastiche, en auront pour leurs sesterces, nul doute ! Les autres, les curieux surtout, peuvent plonger dans ce qui demeure l'œuvre la plus attachante et abordable d'un magnifique duo. Youpi !

1. Exactly Where I'm At 4:31
2. Flutes of Chi 3:30
3. Even If You Don't 3:25
4. Bananas and Blow 3:34
5. Stroker Ace 2:08
6. Ice Castles 2:05
7. Back to Basom 3:46
8. The Grobe 3:32
9. Pandy Fackler 3:57
10. Stay Forever 3:32
11. Falling Out 2:28
12. She's Your Baby 3:00

Claude Coleman - Drums
Dave Dreiwitz - Bass
Glen McClelland - Keyboards
Dean Ween - Guitar, Vocals
Gene Ween - Guitar, Vocals
(& other musicians)


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WEILAND, SCOTT "12 Bar Blues" (1998)
Gone Solo

Celui qui connut la gloire en tant que vocaliste des grungers adaptables de Stone Temple Pilots et frontman du supergroupe Velvet Revolver n'est plus, une vie d'excès en tous genres, narcotiques particulièrement, aura fini par le rattraper et ainsi nous voler l'un des plus beaux spécimens de lucky loser que l'Amérique nous ait offerte depuis les années 90 comme exemplairement démontré par son premier album solo, 12 Bar Blues. Un album qui diffère notablement des travaux de ses partenaires d'alors. La petite trentaine, Weiland y explore ses possibles, y assouvit ses envies entrainant l'auditeur dans une aventure auditive à laquelle il ne s'attendait sans doute pas. Parce que Weiland ose !, ne réussit pas toujours mais a tellement, palpablement, envie qu'on ne peut qu'être séduit sans même avoir à prêter attention aux quelques guests de luxe de la galette (Sheryl Crow, à l'accordéon !, et Brad Mehldau). Ainsi, du glam mutant d'ouverture (Desperation #5, y  du Bowie dedans !), d'une power-pop bricolée à l'électro (Barbarella), d'une belle power-ballad qui prouve qu'il peut faire aussi bien que son groupe sans lui (Where's the Man) à un genre de cyber-groove depuis lourdement usité par Muse (Jimmy Was a Stimulator), il y a du grain à moudre et de la qualité à dénicher dans un album parfois un peu too much, la marque des débuts où l'on veut trop bien faire, mais éminemment sympathique hélas aujourd'hui difficile à trouver puisque pour le moment plus édité. Et unique dans la discographie de son auteur qui, comme ses collègues de l'époque, Layne Staley d'Alice In Chains et Kurt Cobain de qui vous savez, aura ultimement été emporté par son malaise. R.I.P.

1. Desperation #5 4:05
2. Barbarella 6:36
3. About Nothing 4:48
4. Where's the Man 4:55
5. Divider 4:23
6. Cool Kiss 4:55
7. The Date 5:21
8. Son 5:04
9. Jimmy Was a Stimulator 3:58
10. Lady, Your Roof Brings Me Down 5:26
11. Mockingbird Girl 5:02
12. Opposite Octave Reaction 4:18

Scott Weiland – lead vocals, beatbox, guitar, keyboards, piano, bass, synthesized bass, drum loops
Tracy Chisolm – theremin
Blair Lamb – beatbox
Holly Reiger – guitars
Jeff Nolan – guitars
Zander Schloss – guitars
Sheryl Crow – accordion
Brad Mehldau – piano
Peter DiStefano – guitars, bass
Victor Indrizzo – vocals, guitar, piano, keyboards, bass, drums
Daniel Lanois – synthesizers
Tony Castaneda – guitars, bass
Martyn LeNoble – bass, cello
Michael Weiland – drums, percussion, drum loops
Suzie Katayama – cello
Novi Novog – viola
Joel Derouin, Robin Lorentz – violin


W comme...
WHITMORE, WILLIAM ELLIOTT "Ashes to Dust" (2005)
Old is New

William Elliot Whitmore ou comment faire du neuf avec du vieux.
Natif de l'Iowa, 27 ans au moment de la sortie de l'album, son quatrième déjà depuis 1999, William Elliott Whitmore et de ces gars hors du temps qui, dans un cousinage évident avec Tom Waits (style vocal compris), assurent la pérennité d'une Amérique des laissés pour compte et marginaux via une folk/country/blues où, guitariste et banjoïste doué en plus de vocaliste hanté, il assure comme un vieux pro sur des compositions exclusivement de son cru.
Comme Ashes to Dust demeure sa plus fine lame, et son opus le plus sombre ceci dit en passant, il n'est pas besoin de "faire l'article" plus avant, si la musique roots écorchée vive étatsunienne est votre dada, plongez !

1. Midnight 3:34
2. The Day the End Finally Came 4:18
3. When Push Comes to Love 3:50
4. Diggin' My Grave 4:06
5. The Buzzards Won't Cry 2:22
6. Sorest of Eyes 3:30
7. Lift My Jug (Song for Hub Cale) 3:36
8. Gravel Road 3:52
9. Porchlight 5:47

William Elliott Whitmore – vocals, guitar, banjo
Zach Action – bass
Jay Thomas Dandurand – drums


W comme...
WISHBONE ASH "Argus" (1972)
Lucky Bone

On ne dira jamais assez tout le bien qu'il faut penser de Wishbone Ash, l'influence décisive qu'eut ce grand groupe trop méconnu sur moult formations ô combien référentielles telles que Thin Lizzy ou Iron Maiden (et indirectement la myriade de formations suivant ces deux autres authentiques légendes). Alors quand on en vient à évoquer une des plus belles pages de leur foisonnant catalogue (24 albums studio, 12 lives, des compilations et des singles comme s'il en pleuvait), cet Argus de 1972, on commence, forcément, par mentionner les doubles-guitares d'Andy Powell et Ted Turner, élément décisif du son d'une formation navigant entre hard rock, blues et rock progressif. C'est peut-être de là, de cette polyvalence stylistique, que vinrent les difficultés du groupe à s'imposer à un plus grand public que celui qui se repaît des délices musicaux dont il est capable. Et il en est très capable, en particulier dans ses jeunes années, en particulier sur cet Argus où rien n'est autre que très bon, 8 titres, 8 bombes de rock finement composé, supérieurement interprété par un quatuor mariant acoustique et électrique, compositions directes et raffinées en un tout qui ne devrait pas laisser indifférent. Parce que Time Was vaut bien toutes les formations de classic rock de ces bouillonnantes 70s avec ses atours sudistes, son lent et progressif développement, les performances de ses deux guitaristes virtuoses, celle-ci, tour de force introductif d'un album qui ne baissera jamais de niveau, juste citée pour l'exemple d'une galette ô combien réussie (mais peut-être pas assez frontalement hard rockante que certains l'auraient voulu, Wishbone Ash ne sont pas des brutes). Quand on ajoute les nombreux bonus live de la version remasterisée dite "Deluxe", étant entendu Wishbone Ash, excellent en studio l'est encore plus en live (voir un Phoenix partant souvent dans des jams de longue durée sans jamais lasser ou le référentiel Live Dates dont il sera difficile de se passer), il n'y a plus à hésiter pour recommander un groupe, et cet album encore un peu plus que les autres de sa période classique, à toutes celles et tous ceux qui goûtent à un (hard) rock pleinement développé mais jamais inutilement démonstratif parce que Wishbone Ash, toujours en activité si Powell en est le seul membre restant comme sur le Blue horizon de belle qualité sorti dernièrement, est un trésor et qu'Argus en est son plus beau joyau, on ne devrait pas avoir à en dire plus.

1. Time Was 9:42
2. Sometime World 6:55
3. Blowin' Free 5:18
4. The King Will Come 7:06
5. Leaf and Stream 3:55
6. Warrior 5:53
7. Throw Down the Sword 5:55
Bonus
"Live from Memphis" promotional EP
8. Jail Bait 4:57
9. The Pilgrim 10:10
10. Phoenix 17:05

CD Bonus
BBC session 1972
1. Time Was 10:14
2. Blowin' Free 5:51
3. Warrior 5:44
4. Throw Down the Sword 6:47
5. King Will Come 8:11
6. Phoenix 19:35
7. Blowin' Free 5:38
8. Throw Down The Sword 6:13

Martin Turner - bass guitar, vocals
Andy Powell - lead and rhythm guitar, vocals
Ted Turner - lead and rhythm guitar, vocals
Steve Upton - drums, percussion
&
John Tout - organ on "Throw Down The Sword"


W comme...
WONDER, STEVIE "Hotter Than July" (1980)
Still a Wonder

Ce n'est peut-être plus la période de gloire, cette parenthèse enchantée qui, du début au milieu des septantes, fit de Stevie une des toutes premières attractions du monde de la musique, tous genres confondus, mais ce n'est pas non plus l'absolu abysse créatif que certains s'imaginent, non, Hotter Than July, premier cru des 80s de l'ex-petite merveille de la Motown, tient formidablement la route. Alors, certes, la musique s'est simplifiée, des synthétiseurs de leur temps viennent aussi empeser les arrangements de quelques choix discutables mais, dans l'ensemble, qu'il donne dans la ballade tire-larmes (le jazzy Lately), dans l'hymne "positive attitude" (Happy Birthday, wikipédiez !), qu'il fasse le meilleur reggae américain d'alors (Master Blaster), se la joue disco sans se perdre totalement (I Ain't Gonna Stand for It), etc., c'est encore et toujours le compositeur expert auteur d'album aussi essentiels qu'Inner Visions ou Songs in the Key of Life. La suite, on le sait, sera nettement moins glorieuse mais, avec tous ses défauts, l'air du temps n'étant pas le moindre, Hotter Than July demeure une galette qu'on recommande au amateur de soul/funk d'exception, qui n'y trouveront certes pas une totale satisfaction mais suffisamment de bons moments pour ne pas regretter, loin s'en faut !, ce petit tout du côté de chez wonderful Stevie.

1. Did I Hear You Say You Love Me 4:07
2. All I Do 5:06
3. Rocket Love 4:39
4. I Ain't Gonna Stand for It 4:39
5. As If You Read My Mind 3:37
6. Master Blaster (Jammin') 5:07
7. Do Like You 4:25
8. Cash in Your Face 3:59
9. Lately 4:05
10. Happy Birthday 5:57

Stevie Wonder - Vocals, Synthesizer, Drums, Fender Rhodes, Bass Synthesizer, Clavinet, Background Vocals, Arp, Vocoder, Piano, Harpsichord, Celeste, Keyboards, Bass Melodeon, Harmonica, Cabasa, Percussion, Bells, Handclaps, Flute Synthesizer
Nathan Watts - Bass, Background Vocals
Benjamin Bridges - Guitar, Background Vocals
Dennis Davis - Drums on "Did I Hear You Say You Love Me," "As If You Read My Mind", and "Master Blaster (Jammin')"
Earl DeRouen - Percussion, Background Vocals
Isaiah Sanders - Fender Rhodes, Background Vocals, Pianet
Hank Redd - Saxophone, Handclaps
Robert Malach - Saxophone
Larry Gittens - Trumpet
Nolan A. Smith Jr. - Trumpet
Paul Riser - String Arrangement
Hank Devito - Steel Guitar
Rick Zunigar - Guitar
Background Vocals - Angela Winbush, Mary Lee Whitney Evans, Susaye Greene Brown, Alexandra Brown Evans, Shirley Brewer, Ed Brown, Charlie Collins, Eddie Levert, Walter Williams, Michael Jackson, Jamil Raheem, Betty Wright, Ronnie J. Wilson, Charles K. Wilson, Syreeta Wright, Marva Holcolm, Melody McCulley, Delores Barnes
Handclaps - Stephanie Andrews, Bill Wolfer, Trevor Lawrence, Dennis Morrison, Kimberly Jackson

lundi 17 juillet 2017

V comme...

V pour Victoire, n'est-ce pas Winston, mais V aussi pour Valeurs, et ces musiciens en ont !, et elles sont avant tout musicales... Mais pas seulement. De la Vérité nue de Townes aux Vrombissantes explorations de Voivod, c'est un Voyage tout sauf Vain auquel je vous convie cette semaine. Enjoie !

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VAN DER GRAAF GENERATOR "Live in Concert at Metropolis Studios, London" (2012)
VdGG is Alive!

Il est de ces groupes qui se soucient si peu du commerce qu'ils finissent par avoir une réputation très en deçà de celle qu'ils auraient justement méritée. Van der Graaf Generator, chevalier imputrescible d'un rock progressif libre et (donc) changeant, est de ceux-ci. Longtemps rare en lives enregistrés, le désormais trio toujours mené par l'habité Peter Hammill, y est devenu plus présent, signe de temps où il est plus simple d'obtenir une captation professionnelle à moindre coût et où, en toute logique, les misfits en tous genres (dont les trois papys surpuissants ici présents font définitivement partie), saisissent l'aubaine avec l'appétit créatif qu'on leur connait habituellement.
Evidemment, comme sur les précédentes aventures live du trio (Live At The Paradiso, 2009), les chagrins iront regretter l'absence d'un David Jackson (saxophone) devenu si ingérable pour Hammill & Co qu'ils durent s'en débarrasser pour vital fut-il à leur son. Décidant, courageusement, de continuer sans cet élément décisif, les trois membres restants s'en sortent, ici comme précédemment, merveilleusement bien. On s'en doute, le répertoire conçu pour cette formation resserrée fonctionne parfaitement, on est plus surpris de constater que les classiques inoxydables du groupe (de Lemmings à Childlike Faith en passant par Man-Erg) y résistent si bien à l'amputation d'une partie à priori si soniquement indispensable. C'était sans compter sur la rouerie et l'expérience accumulée au cours de leur chaotique carrière par Hammill, Banton et Evans qui n'y font décidément pas leur soixantaine et donnent, l'air de rien, quelque cours d'énergie et d'intensité dramatique à la jeune concurrence.
Enregistré devant un petit nombre d'heureux privilégiés au Metropolis Studios de Londres, comme son titre on ne peut plus explicite l'indique, le présent live nous offre non seulement une prestation hantée comme seuls VdGG en ont le secret mais aussi une captation parfaite qui permettra de saisir et d'apprécier toutes les nuances d'interprétations perfectibles mais passionnées... et donc passionnantes. Un petit (et réel) bonheur présentement agréablement complété d'une captation vidéo de belle tenue pour un lot, vous l'aurez compris, indispensable à tout amateur du groupe.

CD 1
1. Interference Patterns 4:22
2. Nutter Alert 5:35
3. Your Time Starts Now 4:25
4. Lemmings 14:26
5. Lifetime 5:24
6. Bunsho 5:38
7. Childlike Faith 12:14

CD 2
1. Mr. Sands 5:22
2. Over The Hill 12:21
3. We Are Not Here 4:54
4. Man-Erg 11:50

Peter Hammill: chant, claviers, guitare
Hugh Banton: orgue, basses pédales
Guy Evans: batterie


V comme...


VAN HALEN "1984" (1984)
Big Big Rock!

Ils ne savent pas encore la tuile qui va leur tomber dessus une grosse année plus tard quand en 1983, quand l'album fut conçu, Van Halen se préparait au second souffle qui avait tant tardé à venir. C'est donc, pour le moment, une formation inchangée qui s'avance avec un album... différent.
Différent parce que, bravant les conseils de son chanteur et de son producteur (David Lee Roth et Ted Templeman) qui lui déconseillaient fermement de faire du clavier un instrument central au son de son Van Halen, Eddie le compositeur (les crédits collectifs ne trompent personne) et leader naturel décide de n'en faire qu'à sa tête, à raison vu l'impressionnant succès rencontrée par 1984 et ses 12 millions d'albums fourgués rien qu'aux States ! Et ça commence donc, gros pieds de nez aux amis mécréants, par un instrumental au synthétiseur, une introduction au gros tube Jump que vous connaissez forcément tous et qui, lui aussi, laisse une part non négligeable aux agissement claviéristiques d'un Eddie qui, tout de même, troque le synthé pour la guitare pour un bon gros solo dont il a le secret. Si, par la suite, l'apport de l'instrument honni est plus discret, il n'en est pas moins présent, texturant régulièrement des compositions d'une diabolique efficacité. C'est évidemment le cas des trois autres singles, l'accrocheur Panama, le nerveux et paillard Hot for Teacher, et la ballade synth-rock I'll Wait mais, substantiellement, de l'ensemble d'un album sans faille (si ce n'est sa trop courte durée...) où Van Halen joue même avec le blues électrique (l'excellent Top Jimmy), s'inspire de grooves typique de Led Zeppelin (Drop Dead Legs et un Alex Van Halen se la jouant à la Bonham), ou délivre simplement une version updatée et réussie de son gros rock qui tâche (Girl Gone Bad, House of Pain).
Tout ça nous fait un album qui, bien produit par le metteur en son de toujours du groupe, Ted Templeman (qui suivra David Lee Roth dans les débuts de sa carrière en solo délaissant Van Halen, guéguerre intestine oblige), et appartenant indubitablement à son époque, s'écoute encore avec beaucoup de plaisir aujourd'hui, si tant est qu'on est amateur du genre, et un authentique classique du hard rock des années 80, un immanquable, quoi !

1. 1984 1:07
2. Jump 4:04
3. Panama 3:32
4. Top Jimmy 2:59
5. Drop Dead Legs 4:14
6. Hot for Teacher 4:42
7. I'll Wait 4:41
8. Girl Gone Bad 4:35
9. House of Pain 3:19

Eddie Van Halen – guitar, keyboards, backing vocals
David Lee Roth – lead vocals
Alex Van Halen – drums, percussion, backing vocals
Michael Anthony – bass guitar, backing vocals


V comme...
VAN ZANDT, TOWNES "Texas Troubadour" (2002)
Somme d'Homme

On ne devrait plus avoir à présenter Townes Van Zandt. Artiste essentiel de la country folk de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix qui connut par la suite une carrière plus erratique avant de s'éteindre en 1997 des nombreux abus qui affaiblirent son organisme (alcool, drogues, comme d'habitude, hélas). Dans la première partie de sa carrière, de 1968 à 1973, il sortit une assez incroyable série d'albums de tout premier ordre dont on ressent l'influence jusque dans la country musique dite progressive et l'americana d'aujourd'hui. Le dernier album de ce coffret (où manque hélas l'essentiel du live enregistré en 1973 et sorti en 1977, « Live At The Old Quarter, Houston, Texas », pour que le bonheur soit complet), enregistré et sorti en 1978 n'est qu'une parenthèse (dorée) pour un artiste brûlé qui ne réapparaîtra ensuite qu'en 1987, avec peu de succès commercial (encore !) mais une grâce post-traumatique qu'on se doit de souligner.
Concrètement, le coffret se déroule comme suit :

CD 1 :
- For the Sake of the Song (1968)
Premier album du poète Texan et pas la moindre hésitation dans sa country folk douce amère. Le songwriting de Townes s'est déjà affirmé dans les années précédentes (voir ses « early recordings » sur le cd In the Beginning). C'est donc un artiste complet qui se présente ici et déroule 11 compositions confondantes de maturité pour un jeune homme de 24 ans. Tout juste peut-on reprocher des arrangements un peu trop datés qui marquent l'âge de cette galette sinon totalement réussie.
- Our Mother the Mountain (1969)
Moins surproduit que son devancier (et c'est heureux !), Our Mother the Mountain y gagne autant en authenticité et intemporalité. Townes nous propose ici une belle collection de chansons dont il est, encore une fois, le seul et unique responsable. Une réussite malgré, une fois de plus, des arrangements parfois douteux, la faute à un Townes trop confiant dans son producteur, mais la qualité des chansons rattrape facilement ce petit défaut.

CD 2:
- Townes Van Zandt (1970)
Insatisfait de la production et des arrangements de ses deux premiers albums studio, où trop d'ajouts variétisants avaient corrompu l'identité de sa musique, Townes réenregistre quelques unes des plus belles pièces de son premier album, For the Sake of the Song. Les 7 autres morceaux sont autant de preuves d'un artiste en complète possession de ses moyens et offrant une country folk intelligente et sensible que le dépouillement présent (mais pas encore tout à fait total) rend d'autant plus attractif.
- Delta Momma Blues (1971)
Contrairement à ce que son titre semblerait indiquer, Delta Momma Blues n'est pas un album de blues mais bien une nouvelle offrande country/folk de tout premier ordre. Suivant la logique du très réussi album éponyme l'ayant précédé, Delta Momma Blues reproduit une formule où la voix et les textes de Townes sont l'indéniable vedette. Une fois n'est pas coutume, toutes les compositions ne sont, cette fois, pas toutes signées du seul Van Zandt, un morceau traditionnel et une participation avec d'autres songwriters débutant en effet ici. Ca ne nuit nullement à l'exceptionnelle tenue d'un album indispensable.

CD 3:
- High, Low and In Between (1972)
Comme son prédécesseur et son successeur, High Low and In Between est un indispensable à qui apprécie la folk music. L'instrumentation, juste la viande sur l'os, soutient parfaitement le vague-à-l-âme de Townes. 11 compositions parfaites pour un album sans faille. Du grand Townes Van Zandt, un grand album tout court en vérité.
- The Late Great Townes Van Zandt (1972)
Doté d'un titre prémonitoire, Townes disparaissant quelques années de l'actualité discographique suite à ce long jeu, The Late Great Townes Van Zandt est une merveille de plus dans une suite d'album difficilement attaquables du magnifique texan. Second album de 1972 et seconde totale réussite, celui-ci a pour particularité d'être l'album de Townes pour lequel il écrivit le moins, 5 des 11 compositions venant d'autres auteurs ou étant seulement co-signées par Van Zandt et une, Sad Cinderella, étant un réenregistrement d'une ancienne chanson. Ca n'entame en rien le tour de force d'une country/folk sobre et belle.

CD 4 :
- Flyin' Shoes (1978)
La voix a baissé de quelques tons, les excès sont passés par là, Flyin' Shoes n'en est que plus émouvant. Ici Townes revient après cinq longues années de silence dues à ses multiples addictions et leurs malheureuses conséquences. L'écriture de Townes y est intacte, vibrante et précise comme à ses plus belles oeuvres et est, de plus, « bonussée » de ses nombreuses expériences. Un album vrai et beau qui fait d'autant plus regretter la décade silencieuse qui suivra.
- Titres bonus
4 excellentes outtakes de 1972/73 et 8 extraits du mythique live at the Old Quarter qui comporte dans son édition complète 27 chansons, les ajouts au coffret sont peu nombreux mais néanmoins recommandables. Les extraits donneront probablement envie de goûter au live dans sa version intégrale. Un amuse-bouche, en quelque sorte.

Loser magnifique, mauvais garçon chronique, chanteur et compositeur fin et passionné, Townes Van Zandt a tout d'un personnage de fiction (à quand le bio-pic ?). Cette collection, pour un faible coût, permettra à ceux qui ne connaissent pas encore cette mythique figure de combler une inexcusable lacune. L'ajout d'un livret de 36 pages avec un bel essai biographie augmenté de photographies et des pochettes des albums permettra de creuser plus avant l'histoire peu commune de ce grand oublié quand on en vient à évoquer les plus grands songwriters américains, dont il est, donc.

CD 1
- "For the Sake of the Song" (1968)
1. For the Sake of the Song 4:45
2. Tecumseh Valley 2:41
3. Many a Fine Lady 3:51
4. Quicksilver Daydreams of Maria 3:39
5. Waitin' Around to Die 2:23
6. I'll Be Here in the Morning 2:44
7. Sad Cinderella 4:40
8. The Velvet Voices 3:13
9. All Your Young Servants 2:57
10. Talkin' Karate Blues 3:05
11. Sixteen Summers, Fifteen Falls 2:36
- "Our Mother the Mountain" (1969)
12. Be Here to Love Me 2:36
13. Kathleen 2:45
14. She Came and She Touched Me 4:01
15. Like a Summer Thursday 3:02
16. Our Mother the Mountain 4:20
17. Second Lover's Song 2:14
18. St. John the Gambler 3:03
19. Tecumseh 4:53
20. Snake Mountain Blues 2:37
21. My Proud Mountains 5:02
22. Why She's Acting This Way 5:23

CD 2
- "Townes Van Zandt" (1970)
1. For the Sake of the Song 5:18
2. Columbine 2:30
3. Waitin' Around to Die 2:41
4. Don't Take It Too Bad 2:50
5. Colorado Girl 3:15
6. Lungs 2:25
7. I'll Be Here in the Morning 2:57
8. Fare Thee Well, Miss Carousel 5:17
9. Quicksilver Dreams of Maria 4:41
10. None But the Rain 2:23
- "Delta Momma Blues" (1971)
11. F.F.V. 3:32
12. Delta Momma Blues 3:56
13. Only Him or Me 2:27
14. Turnstyled, Junkpiled 3:20
15. Tower Song 4:07
16. Come Tomorrow 2:54
17. Brand New Companion 4:41
18. Where I Lead Me 2:47
19. Rake 4:01
20. Nothin' 2:46

CD 3
- "High, Low and In Between" (1972)
1. Two Hands 2:34
2. You Are Not Needed Now 4:15
3. Greensboro Woman 2:21
4. Highway Kind 2:15
5. Standin' 3:23
6. No Deal 3:13
7. To Live Is to Fly 3:15
8. When He Offers His Hand 3:00
9. Mr. Mudd and Mr. Gold 2:22
10. Blue Ridge Mountains 2:10
11. High, Low and in Between 3:13
- "The Late Great Townes Van Zandt" (1972)
12. No Lonesome Tune 4:20
13. Sad Cinderella 4:15
14. German Mustard (A Clapalong) 2:55
15. Don't Let the Sunshine Fool Ya' 2:26
16. Honky Tonkin' 3:43
17. Snow Don't Fall 2:42
18. Fraulein 2:43
19. Pancho and Lefty 3:40
20. If I Needed You 3:44
21. Silver Ships of Andilar 5:08
22. Heavenly Houseboat Blues 2:40

CD 4
- "Flyin' Shoes" (1978)
1. Loretta 3:50
2. No Place to Fall 3:29
3. Flyin' Shoes 4:23
4. Who Do You Love 4:00
5. When She Don't Need Me 3:11
6. Dollar Bill Blues 3:00
7. Rex's Blues 2:29
8. Pueblo Waltz 3:01
9. Brother Flower 2:55
10. Snake Song 2:35
- Studio Outtakes
11. The Spider Song 2:04
12. Upon My Soul 1:51
13. Buckskin Stallion Blues 2:57
14. At My Window 3:43
- Live Songs from 1973
15. Two Girls 3:48
16. Fraternity Blues 2:51
17. White Freight Liner Blues 3:11
18. Talking Thunderbird Blues 2:35
19. Nine Pound Hammer 3:10
20. Chauffeur's Blues 4:35
21. Cocaine Blues 3:17
22. Only Him or Me 2:32


V comme...
VEGAS "Vegas" (1992)
deux gars biens

Vegas, c'est un peu Eurythmics sans Annie Lennox. Vegas c'est aussi, surtout, la rencontre entre Dave Stewart et Terry Hall (The Specials, Fun Boy Three), un projet à la courte vie mais à l'album, souvent ignoré d'ailleurs, de fort belle facture, pas loin des plus belles exactions de chacun des deux compères de circonstance, en vérité.
Et donc, Vegas c'est un peu Eurythmics sans sa vocaliste soit une pop fourbissant ses armes sur des bases synthétiques et les dépassant souvent. Vegas c'est aussi, surtout, une collection de chansons de qualité par deux grands professionnels audiblement investis dans le projet, y insufflant leur savoir-faire, leur expérience et, bien sûr, leur talent. Et leur talent s'exprime, c'est le moins que l'on puisse dire à l'écoute des neuf compositions confectionnées pas la paire, et accessoirement de la reprise de She de Charles Aznavour qui demeure cependant plus anecdotique, et à laquelle on préfèrera la belle version d'Elvis Costello, que le matériau original qui fusionne avec intelligence et grâce le meilleur de la synthpop, une belle louche de reggae, une nécessaire dose de pop (parce que ces chansons restent en tête, indéniablement, et un soupçon de rock pour épicer le tout. Volontairement, on n'entrera pas trop dans le détail passé cette sommaire description afin de ne pas, trop, déflorer l'exquise surprise.
Bref, un sommet pour Stewart et Hall, ce qui n'est pas peu dire, une galette ô combien méconnue qu'on jubile à l'idée de faire découvrir à de nouvelles oreilles, Vegas, hélas l'unique album de cette fructueuse association, est, si vous arrivez à mettre la main dessus (ma copie est un import australien, c'est dire !), chaudement recommandé.

1. Possessed 4:51
2. Walk into the Wind 5:17
3. She's Alright 4:13
4. Take Me for What I Am 4:51
5. The Trouble with Lovers 5:25
6. Nothing Alas Alack 5:18
7. The Thought of You 3:39
8. Wise Guy 7:21
9. The Day It Rained Forever 4:46
10. She 3:11

avec
Terry Hall
Dave Stewart
Olle Romo
Manu Guiot


V comme...
VIRGIN PRUNES "Over the Rainbow (A Compilation Of Rarities 1980-1984)"  (1985)
Vive les Fous !

Si la bonne dose d'étrangeté figurant sur leurs albums ne vous suffisait pas, voici une compilation des irlandais déments des Virgin Prunes. Ca va loin !
Et tous azimuts ! D'ambient minimaliste à la Eno (Red Nettle, Mad Bird in the Wood, Jigsawmentallama, Greylight), d'étrangetés punk ou new wave déstructurées et angulaires (Twenty Tens, Moments 'N' Mine, White History Book, Faculties of a Broken Heart), de tribalisme post-punk déjanté (Pagan Lovesong Vibe - Akimbo), de contines post-apocalyptiques (Children Are Crying), de sautillantes chansons synthpop dévoyées (King of Junk), à de totales bizarreries (Happy Dead et ses presque 14 minutes où on se demande souvent où Gavin Friday & Cie vont, un Revenge de douleur), les Virgin Prunes ont indéniablement de l'imagination et une capacité à ne finalement ressembler à personne tout en produisant, à quelques exceptions rencontrées vers la fin de la présente sélection, une musique qui s'écoute avec le bonheur de découvrir un étrange animal dans son milieu d'origine, une jungle urbaine malfamée, peuplée de créatures de tous sexes et de toutes apparences, un cirque des monstres qui n'a rien à envier à celui de Browning.
Tout ça fait d'Over the Rainbow une addition bienvenue à la collection d'albums de ces irlandais pas comme les autres.

CD 1
1. Red Nettle 2:18
2. Twenty Tens 2:27
3. Pagan Lovesong Vibe - Akimbo 6:52
4. Moments 'N' Mine 4:27
5. Mad Bird In the Wood 4:20
6. Children Are Crying 5:12
7. Jigsawmentallama 6:20
8. King of Junk 2:50
9. War 2:06
10. Greylight 4:23

CD 2
1. White History Book 3:43
2. Faculties of a Broken Heart 5:05
3. In the Greylight 2:50
4. Happy Dead 13:41
5. Revenge 3:36
6. Third Secret 4:19
7. Love Lasts Forever 11:26

Gavin Friday - vocals
Guggi - vocals
Dave-id Busarus - vocals
Dik Evans - guitar
Strongman - bass
Mary D'Nellon - drums


V comme...
VISAGE "Visage"1981)
Traits seyants

Un haut fait new romantic/synthpop ?, avec de vraies stars en devenir dedans ? C'est Visage et son premier album éponyme !
En l'occurrence, mené par un Steve Strange quelque part entre Düsseldorf et Berlin, entre Kraftwerk et David Bowie, comprenant la participation de gens aussi recommandables que Midge Ure (futur Ultravox et également metteur en son de l'exercice), John McGeoch (ex-Magazine, futur P.I.L. mais surtout un extraordinaire guitariste), Dave Formula (ex-Magazine itou), Bill Currie (passé par Tubeway Army et évidemment Gary Numan) et Rusty Egan (alors ex-Rich Kids), mais aussi les apparitions de Barry Adamson (ex-Magazine et Luxuria, un garçon dont la carrière solitaire est chaudement conseillée) et Chris Payne et Cedric Shapley de chez une autre formation synthpop prometteuse, Dramatis, c'est du premier super-groupe du genre dont il s'agit.
Avec tant de talent réuni, pas étonnant que l'album soit le triomphe qui nous est offert. Evidemment, il y a l'imparable single, Fade to Grey, mais il n'est pas le majestueux arbre cachant la maigre forêt, simplement l'étendard, le maître-étalon des possibilités de la bande puisqu'on retrouve quasiment les mêmes qualités d'ambiance et de mélodie sur Blocks on Blocks ou Mind of a Toy, deux autres flamboyantes réussites d'électro-pop fin et frais. Mais si Visage sait faire rêver, voir ce qui précède, il sait aussi faire danser sur d'infectieux beats synthétiques ornés de synthétiseurs typiques mais pas toc (Visage, la chanson, The Dancer), amuser sur un hommage au grand Clint infusé d'influences western (Malpaso Man) ou réfléchir sur son hymne tabacophage (Tar), un si beau package qu'on oublie bien vite un instrumental final pas franchement affolant (The Steps).
Par la richesse de sa musique, par la qualité de sa production, par son côté si typique, si tellement de son temps, l'inaugural œuvre de Visage est devenu un classique de plein droit, ce n'est que mérité pour une si belle réussite, de celles qui permettront à l'auditeur débutant dans le style de savoir s'il vaut le coup d'aller plus avant parce que, francehment, si vous n'aimez pas Visage, c'est que la synthpop ne sera jamais votre affaire.

1. Visage 3:53
2. Blocks on Blocks 4:00
3. The Dancer 3:40
4. Tar 3:32
5. Fade to Grey 4:02
6. Malpaso Man 4:14
7. Mind of a Toy 4:28
8. Moon Over Moscow 4:00
9. Visa-age 4:20
10. The Steps 3:14

Steve Strange – lead vocals
Midge Ure – guitar, backing vocals, synthesizers
John McGeoch – guitar, backing vocals, saxophone
Dave Formula – synthesizer
Billy Currie – electric violin, synthesizer
Rusty Egan – drums, backing vocals, electronic percussion
&
Barry Adamson – bass guitar (1, 2, 4)
Chris Payne – synthesizer (5)
Cedric Sharpley – drums, electronic drums programming (5)
Brigitte Arens – voice (5)


V comme...
VOIVOD "Nothingface" (1989)
CyberAge

Ils avaient déjà transformé leur thrash metal punkoïde en créature progressive et spatiale sur leur précédent opus, l'impeccable Dimension Hätross. Cette fois, en un élan aussi libérateur que décisif, les québécois de Voivod abandonnent une bonne part de leur excès soniques pour commettre l'album qui reste, de l'avis général, leur plus belle réussite, Nothingface.
Mais Nothingface c'est, surtout, un album absolument, complètement unique, une sorte de maverick musical jamais entendu alors, plus jamais entendu depuis, un état de grâce compositionnel à peine croyable, une œuvre dont on ne peut même pas dire qu'elle fut particulièrement influente tant elle ne ressemble à rien ni à personne. Enfin, si, elle ressemble quand même un peu à ce que Voivod sortit précédemment mais, même là, il y a un monde de séparation entre les déchainements thrash progressifs de science-fiction et leur glorieuse succession.
De leur passé, Voivod on retenu un goût de la bizarrerie, d'une certaine énergie d'interprétation aussi parce que, clairement, les québécois ne sont pas venus pour amuser la galerie. C'est évident dès The Unknown Knows où, porté par les parties de guitares juste dissonantes ce qu'il faut de Denis d'Amour, soutenu par les  patterns atypiques d'une section rythmique au diapason, Denis Belanger, vocaliste revenu des cris primaux de sa jeune carrière, peut vocaliser les prémices de son concept "proto-Matrixien". Qu'y constate-t-on ? Que l'approche y est nettement plus mélodique et abordable une fois adapté à la façon dont Voivod fait les choses, à cet emballage rythmique conservant l'énergie de sa musique source pour l'apposer consciencieusement à ce nouvel univers, à ce chant froid et détaché crachant d'étranges paroles, à ces guitares tranchantes et uniques, un peu comme si un guitariste de jazz, sans préparation aucune, se voyait lancé dans le grand bain metallo-progressif, ça surprend !  Evidemment, on se doit de mentionner l'excellente reprise du Pink Floyd de Syd Barrett, cet Astronomy Domine qui semblait absolument destiné à intégrer le répertoire des québécois et qui, de fait, y trouve naturellement sa place devenant même un de ses étendards, c'est dire. Mais c'est tout l'album qui nous porte dans un monde différent où Voivod sait aussi bien envoyer le bois (le précité The Unknown Knows, l'excellente chanson titre, Nothingface, le paranoïde X-Ray Mirror, etc.) que ralentir l'allure, créer des ambiances plus planantes (la reprise du Floyd, bien sûr, mais aussi Missing Sequences ou Into My Hypercube) sans jamais se départir de son identité, de son absolue unicité.
Voilà, pour tout dire, la meilleure façon de savoir exactement de quel alien bois la galette est faite, il n'est pas de meilleure façon que de s'y confronter en se préparant, auparavant, au choc de l'écoute de quelque chose d'encore jamais entendu et, en vérité, d'excellent et de décisif dans la création d'un metal se détachant progressivement de ses racines blues pour créer un ailleurs ô combien attirant.

1. Intro 0:54
2. The Unknown Knows 5:01
3. Nothingface 4:14
4. Astronomy Domine 5:30
5. Missing Sequences 5:50
6. X-Ray Mirror 4:28
7. Inner Combustion 3:48
8. Pre-Ignition 5:12
9. Into My Hypercube 5:04
10. Sub-Effect 4:30

Jean-Yves Theriault - bass
Denis d'Amour - guitar
Michel Langevin - drums
Denis Belanger - vocals


MERCI !

lundi 10 juillet 2017

U comme...

Unique, universel, utile ou usurpateur, on a toujours besoin d'un p'tit coup de U (dada!) dans la vie. La preuve par 8. Enjoie !

U comme...
U.K. "U.K." (1978)
Supergroupe

Quelle drôle d'idée est passée par la tête des deux ex-King Crimson John Wetton et Bill Bruford quand il décidèrent  de choisir chacun un musicien pour enfin compléter un vieux projet commun remontant à 1976, Bruford convoquant son partenaire de Bruford (le groupe), le guitariste Allan Holdsworth, qui avait auparavant frayé avec Soft Machine, Tony Williams et Gong, excusez du peu !, tandis Wetton misait sur Eddie Jobson, connu pour ses exactions avec Roxy Music et, présentement, "volé" au groupe de Frank Zappa, que pensaient-ils obtenir d'une formation aussi artificiellement assemblée ? Une sacré galette de progressisme fusionnant et modernisé, enfin !
Mais avec de vraies chansons alors parce que, déjà, les prémices de ce que Wetton tentera d'accomplir ensuite, une parfaite fusion de progressisme et de rock FM (avec Asia) sont déjà bien présents dès un In the Dead of Night au refrain d'une radiophonique efficacité. Mas comme il y a les rythmes particuliers de Bruford, la guitare admirablement contenue et émotionnelle d'Holdsworth, et les gris gris d'un Jobson aux multiples talents, ça passe comme une lettre à la poste. Ca passe encore mieux quand, semblant vouloir faire une de ces ballades "à la King Crimson" qui fonctionnenent tellement mieux, les compères font dans le nuancé et la finesse sur un beau By the Light of Day, parfait pendant planant à son explosif devancier permettant, qui plus est, à Jobson de sortir son doux violon pour un solo dont il a le secret. Et que dire de la pièce de conclusion de la trilogie d'ouverture, Presto Vivace and Reprise, si ce n'est que cette sorte de Gentle-Gianterie, clavier psychotique, polyrythmies passionnantes,  cassure harmonieuses (oui !) et évidemment rappel mélodique de l'ouverture pour un final tonitruant sinon qu'elle vous laisse avec un de ces petits sourires idiots fiché sur la face parce que c'est tout de même très bon, tout ça. La suite est à l'avenant de ce spectaculaire début avec un beau et long Thirty Years, 8 minutes tout de même, où un Holdsworth déchainé et inspiré s'en donne à cœur joie, un Alaska en deux parties dont on préfère nettement le dynamisme d'une deuxième partie ébouriffante transitant vers le costaud Time to Kill (encore du pré-Asia qui gagne à l'énergie et à une belle section solo, cette fois) qu'une première nappée de synthétiseurs seuls où, franchement, on peine à garder son intérêt. Puis vient Nevermore, une intro de guitare acoustique de haute volée (ha ! Allan !), quelques nappes de synthés en lien vers le développement d'une composition évoquant fortement ce qu'on image que King Crimson aurait commis avec une équivalente formation, et c'est bon, qu'Est-ce que c'est bon !, parce qu'évidemment, la comparaison avec le navire amiral de l'éminence grise Fripp était un compliment. Après ça, Mental Medication parait presque normal parce que, mélodiquement plus direct, et reprenant certains des "tours" dont le groupe a auparavant fait montre (comme ces petites explosions fusionnantes), il étonne moins. Mais, bien-sûr, avec de pareils musiciens, dans un contexte créatif aussi favorable, il y a de nombreuses raisons de ce contenter d'un final pas exactement en fanfare mais d'une fort belle qualité tout de même notamment dans les interventions solistes d'Holdworth guitariste électrique d'exception et de Jobson qui le taquine sérieusement avec son électro-violon.
Bon, côté obscur de la force, on admettra que certains sons de synthétiseurs (les 80s ne sont plus loin !) n'ont pas exactement bien vieilli (l'intro de Thirty Years m'en est témoin) et que certains "trucs" de productions, des effets inutiles sur la belle voix de Wetton, un côté un peu clinique dans une mise en son manquant un peu de chaleur viennent un tout petit peu tâcher la belle copie sinon sans faute de musiciens qui modernisent un rock progressif qu'ils ont participé à enfanter sur un album efficace, gracieux où virtuosité et mélodie ne se séparent jamais, une vraie belle réussite, quoi !
Ceci dit, il était écrit que ça ne pouvait pas durer, qu'un aussi beau miracle ne pouvait pas se répéter, et si un deuxième album d'U.K. il y eut, Danger Money un an plus tard, c'est sans Bruford et Holdsworth que l'affaire se fit avec un résultat, comment dire ?, pas exactement indigne parce que Jobson et Wetton y font de l'excellent travail et que le batteur choisi, Terry Bozzio (de chez Zappa si vous ne le saviez pas) est un vraie pointure du badaboum technique, mais loin, très loin des sommets atteints par l'impeccable éponyme, un album que j'ai récemment redécouvert, après l'avoir un peu hâtivement démis dans ma jeunesse, et qui, croyez-moi, mérite qu'on s'y (re)penche et examine en détail les moult merveilles qui y figurent.

1. In the Dead of Night 5:38
2. By the Light of Day 4:32
3. Presto Vivace and Reprise 2:58
4. Thirty Years 8:05
5. Alaska 4:45
6. Time to Kill 4:55
7. Nevermore 8:09
8. Mental Medication 7:26

Allan Holdsworth – guitar
Eddie Jobson – keyboards, electric violin, electronics
John Wetton – bass, lead and backing vocals
Bill Bruford – drums, percussion


U comme...
ULTRAVOX "Ultravox!" (1977)
Première incarnation

Alors que le punk rock n'en est qu'à ses premières gesticulations britanniques, déjà, quelque part en Angleterre, l'avenir se prépare...
Evidemment, l'élément qui changera tout du son du groupe et le transformera en authentique formation synthpop, Midge Ure évidemment, n'est pas encore arrivé mais déjà, sous le vernis post-punk, les tentations pop et électroniques apparaissent déjà. Evidemment, l'assistance de Brian Eno (producteur de l'opus) est pour beaucoup dans un esthétisme abouti et avant-gardiste à la fois permettant à moult compositions du groupe de prendre un tout autre essor en plus d'un cousinage avec quelques gloires passées (Roxy Music et Hawkwind en particulier).
Dans les faits, ça donne des chansons tantôt encore largement assimilables à l'explosion crêtée qui vient de secouer les sujets de sa gracieuse majesté (Sat'day Night in the City of the Dead qui n'est pas moins énergique qu'un Clash de la même année, Life at Rainbow's End (For All the Tax Exiles on Main Street) qui bien que plus calme contient une vraie colère larvée, Wide Boys qui semble vouloir réveiller le glam rock à l'aulne d'une régénération punkoïde), tantôt d'authentiques chansons pop aux arrangements révélant ce que le groupe deviendra quelques années plus tard (le presque progressif I Want to Be a Machine, les tentations synthé-reggae de Dangerous Rhythm, la kraftwerkerie réussie de My Sex) mais, surtout, d'excellentes compositions n'ayant pas pris la moindre ride aujourd'hui, ce n'était pas gagné d'avance.
Et donc, alors que son quarantième anniversaire n'est plus très loin, Ultravox! demeure un album à la fois typique de son époque et en même temps intemporel et, par conséquent, aussi écoutable aujourd'hui que le jour de sa révélation au monde ébahi, oui, au monde ébahi et tant pis si ce ne sera pas le plus grand succès du groupe, c'est indéniablement une de ses plus belles pages.

1. Sat'day Night in the City of the Dead 2:35
2. Life at Rainbow's End (For All the Tax Exiles on Main Street) 3:44
3. Slip Away 4:19
4. I Want to Be a Machine 7:21
5. Wide Boys 3:16
6. Dangerous Rhythm 4:16
7. The Lonely Hunter 3:42
8. The Wild, The Beautiful and the Damned 5:50
9. My Sex 3:01
Bonus
10. Slip Away (Live) 4:12
11. Modern Love (Live) 2:31
12. The Wild, The Beautiful and the Damned (Live) 5:18
13. My Sex (Live) 3:05

Warren Cann – drums, backing vocals
Chris Cross – bass, backing vocals
Billy Currie – keyboards, violin
John Foxx – lead vocals, acoustic guitar on "I Want to Be a Machine"
Stevie Shears – guitars
&
Phil Collins - drums (sampled from "Sky Saw") on "My Sex"


U comme...
UNDERWORLD "Second Toughest in the Infants" (1996)
Rave with your Head on!

Dubnobasswithmyheadman, le premier opus électronique d'Underworld, on préfèrera oublier ce qui s'est passé avant puisqu'il ne mérite pas notre attention, avait été une révélation, Second Toughest in the Indants est une confirmation, encore plus dans la version bonussée ici présente, une version cousine d'un film alors tout nouveau tout beau (Trainspotting) puisque le principal bonus en est la musique utilisée par Danny Boyle pour son épopée dope (Born Slippy évidemment). L'album dans son ensemble est un incroyable exercice d'équilibre entre transe technoïde hyper-sudatoire et musique électronique intelligente, sensible et mélodique parce que si, évidemment, cette musique peut servir à danser, elle est avant tout l'expression complexe d'un trio qui se soucie réellement de créer des ambiances, de repousser les limites des "boum boum" des rave parties en leur donnant une vie en dehors du dance-floor. Certes l'album est nettement plus transe cette fois-ci que le coup d'avant mais ménage de salutaires plages de planeries ouateuses qui font parfaitement le balancier. Et puis, franchement, comme tout est fait avec une classe et un esprit qu'on ne croise pas si souvent dans les musiques électroniques, il n'en faut pas plus, et certainement pas de se lancer dans l'analyse méthodique de l’œuvre, pour la recommander pour ce qu'elle est : une des plus belles réussites d'une intelligent techno qui, au cœur des 90s, révolutionne le monde de la musique au moins autant que les agissements électriques des gars de Seattle... Essentiel !

1. Juanita : Kiteless : To Dream of Love 16:36
2. Banstyle/Sappy's Curry 15:22
3. Confusion the Waitress 6:47
4. Rowla 6:31
5. Pearl's Girl 9:36
6. Air Towel 7:37
7. Blueski 2:55
8. Stagger 7:37

Bonus CD
9. Born Slippy .NUXX 11:40
10. Rez 9:55

Karl Hyde - vocals, guitars
Rick Smith - keyboards and mixing, backing vocals
Darren Emerson - keyboards and mixing


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UNIVERS ZERO "Hérésie" (1979)
Sombre Belgique

Des belges qui font peur ! Parce que, dans leur définition sombre et hantée du rock progressif, nos amis d'outre-Quiévrain n'ont pas leur pareil pour construire d'angoissantes beautés, comme sur leur seconde création, le fascinant Heresie.
Univers Zero, fondé en 1974 par le batteur Daniel Denis et le trompetiste Claude Deron sous le lovecraftien patronyme de Necronomicon, a certes des atours des français de Magma (dont il accepte d'ailleurs l'influence) mais aussi une vraie personnalité qui le voit souvent glisser vers la musique contemporaine, en particulier Stravinsky. Présentement, en seulement trois titres (trois épopées, plutôt, vu leur impressionnant format), trois compositions à glacer les sangs où les cinq musiciens n'en font pas plus que nécessaire pour construire leur impressionnants climats, où la maîtrise est instrumentale indéniable d'authentiques virtuoses n'est jamais vainement mise en avant. Dans les faits, ça nous donne déjà La Faulx, le plus Magma du lot du fait des vocalistes "vanderiennes" de Guy Segers, et ses 25 minutes commençant dans l'abstraction puis, comme si le groupe sortait d'un épais brouillard pour construire un magistrale et sombre crescendo où violon, batterie tribale, voix possédée avant que le climat ne s'apaise en une belle mélodie nous emmenant vers un final éthéré mais encore tendu en forme de progressif retour vers la réalité. Enorme ! Après ce monstrueux "machin", Jack the Ripper et Vous le Saurez en Temps Voulu auraient presque des allures de normalité mais, encore grandement infusés des précieuses sorties de routes, des détours harmoniques, des polyrythmies imaginatives, il s'y passe toujours quelque chose. On y remarque en particulier l'immense talent d'un Patrick Hanappier, violoniste/violiste de son état, contribuant idéalement aux climats tendus comme élégiaques.
Parfaitement mis en son, ça pulse, ça gronde, ça grince mais jamais ça n'agresse le tympan délicat, Heresie est probablement l'œuvre la plus fantastiquement renversante de ses créateurs (ce qui n'est pas peu dire vu la qualité de leur catalogue où 1313, Uzed et Clivages sont également essentiels), une galette comme on n'en croise hélas pas assez souvent et qui, plus de 35 ans après sa sortie, continue d'épater jusqu'aux jeunes pousses clientes des nouvelles tendances de musiques sombres. Fort, très fort.

1. La Faulx 25:18
2. Jack the Ripper 13:29
3. Vous le saurez en temps voulu 12:56
Bonus
4. Chaos Hermétique 11:51

Roger Trigaux: guitar, piano, organ, harmonium
Guy Segers: bass, voice
Michel Berckmans: oboe, bassoon
Patrick Hanappier: violin, viola
Daniel Denis: drums, percussion


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UNION STATION, ALISON KRAUSS & "Paper Airplane" (2011)
Belle de Nature

L'album du retour à la normalité après l'énormissime succès d'un Raising Sand ayant vu une superbe, et surprenante, rencontre avec la légende du (hard) rock que vous savez ? Oui. Mais un petit évènement en soi puisque fêtant les retrouvailles d'Alison Krauss et d'Union Station 7 ans après leur dernière collaboration, mais ça c'est pour les américains parce qu'en France...
C'est un fait qui ne pourra être nié, la France est imperméable à la musique country quelque soit son inclinaison (parce que la country est un ensemble de sous-genres) ou sa valeur. Parlez à un de nos nationaux de contemporary bluegrass, ce dont il s'agit ici, et vous obtiendrez, au mieux, un roulement d'yeux circonspect, presque moqueur. Sans doute les cliché de la country traditionnelle, ou au moins de celle qui se vend massivement outre-Atlantique, chapeaux de cowboys et américanisme triomphant, sont il en grande partie responsables de cette désaffection parce que, franchement, à l'écoute de ce Paper Airplane, 5ème album avec d'Alison Krauss avec Union Station (6ème en comptant le Live at the Louisville Palace de 2002), il y a moult motifs de satisfaction. Déjà parce que la voix douce et caressante d'Alison, au chant lead sur 8 des 11 compositions, y est l'indéniable star servie qu'elle est par les instrumentations essentiellement acoustiques qu'elle produit avec ses camarades de jeu. Ensuite parce qu'il y a, dans ce panorama roots voguant entre chansons entraînantes et douces-amères, on trouve une variété qui, ne nuisant nullement à la cohérence de l'ensemble, vous promène dans une Amérique rurale mais pas attardée. Enfin parce que, outre la qualité de l'ensemble de la tracklist, on découvre les interprétations joueuses d'instrumentistes précieux s'amusant visiblement beaucoup à habiter le répertoire de petits tours savoureux mais jamais, merci !, envahissants.
Paper Airplane, c'est l'évidence, est une galette qu'on aimera posséder ne serait-ce que pour prouver, en plus du réel plaisir d'écoutes solitaires, aux méchants esprits que la musique country, et bluegrass présentement, peut aisément dépasser le cadre clicheteux où on a trop souvent tendance à la remiser. Recommandé.

1. Paper Airplane 3:36
2. Dust Bowl Children 3:06
3. Lie Awake 3:55
4. Lay My Burden Down 3:52
5. My Love Follows You Where You Go 4:03
6. Dimming of the Day 5:20
7. On the Outside Looking In 3:35
8. Miles to Go 2:54
9. Sinking Stone 4:42
10. Bonita and Bill Butler 4:03
11. My Opening Farewell 4:08

Barry Bales - bass, vocal harmony
Ron Block - banjo, guitar
Jerry Douglas - dobro, vocal harmony
Alison Krauss - fiddle, vocals, harmony, vocals
Dan Tyminski - guitar, mandolin, vocal harmony, vocals


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UNUN "Super Shiny Dreams" (1995)
Petite boutique des merveilles

Outre le fait qu'il fut formé par un ex-Sugarcubes (Thor Eidon, le guitariste) quand ceux-ci furent lâchés par leur elfique vocaliste (Björk, évidemment), il y a peu d'infos sur Unun, formation islandaise aujourd'hui séparée et, pour ainsi dire, oubliée.
L'album, le seul d'Unun en fait, Super Shiny Dreams, aurait d'abord été disponible dans leur langue avant d'être adapté et proposé à une échelle plus internationale par l'indépendant Bad Taste Records, c'est de cette version dont il s'agit ici. Sans vraiment de surprise, on retrouve ici le même allant, la même légèreté que dans les œuvres des Sugarcubes avec, toutefois, une inclinaison vers le plus rock de la britpop féminisée comme exemplifié sur le dynamique single I See Red (où on pense à Echobelly), quelques atours new-waveux et même d'une influence Pixies parfois évidente si jamais envahissante (First Aid). Comme les Cubes, Unun, mené par une vocaliste à la voix mutine et post-adolescente (Heida), crée une musique sans complication artistique particulière, juste un bouquet de bonnes petites chansons accrocheuses et efficaces qui, leur chance offerte d'atteindre un public plus large, aurait bien pu créer une petite sensation du type dont les médias anglais spécialisés du genre (NME, Melody Maker) sont friands. D'attaques punkoïdes toujours mélodiques (I See Red, Unun, Ve la Gonzesse, SOS Aurora) à d'agréables douceurs power pop (Fistful of Love, Kung Fu Blue, The Good Friday) en passant par quelques instants plus tempérés récupérateurs (Dead & Breakfast, Première), les cinq couvrent habilement le spectre du genre garnissant leurs compositions de gimmicks attirants, d'arrangements malins dopant de déjà joliment troussées compositions.
Si l'originalité de la chose peut largement être contestée, Super Shiny Dreams n'en est pas moins un album attachant et réussi d'une formation qui méritait mieux que le complet anonymat où elle se voit aujourd'hui reléguée. Soyez curieux, jetez y une oreille... et même les deux !

1. First Aid 4:49
2. Fistful Of Love 3:43
3. I See White 0:59
4. I See Red 3:29
5. Far 4:39
6. Unun 1:25
7. Kung Fu Blue 3:25
8. Dead & Breakfast 4:09
9. The Good Friday 4:20
10. Ve La Gonzesse 3:33
11. Sos Aurora 2:27
12. Premiere 5:18
13. Blow My Fuse 1:52
14. Lie To Me 3:03

Heida - vocals
Thor Eidon - guitar
Dr. Gunni - bass, guitar, throat
Johan Johansson - keyboards, sampling
Obo - drums
&
Sigtryggur Baldursson - drums (9)
Amar G. Omarsson - drums (2, 4, 6, 11, 14)
José Cuervo - brute & frenchman


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UPSETTERS, MAX ROMEO & THE "War Ina Babylon" (1976)
Balcony Wars

C'est une des plus fameuses réussites de cette première vague reggae qui débarqua sur les talons de l'explosion commerciale de Bob Marley et de ses Wailers, c'est War Ina Babylon par Max Romeo et les Upsetters, et Lee "Scratch" Perry, éminence grise et producteur, que l'on n'oublie évidemment pas.
D'ailleurs, même si on voulait l'oublier, la mise en son nous ramènerait vite à la réalité parce que ces basses aquatiques, cette lourdeur groovy quasi-dub immédiatement identifiable, c'est du Lee Perry tout craché ! Et c'est parfait pour la belle collection de composition roots reggae fomentée par le producteur et son vocaliste de la circonstance, ce Max Romeo déjà auteur d'un Revelation Time un an plus tôt, déjà pour le label Black Ark mais sans Perry (au moins officiellement).
C'est donc l'opus de la confirmation et, pour beaucoup, l'album de la révélation que Bob Marley n'était pas le seul à combiner spiritualité et résistance dans une musique où la chaleur et la chaloupe ne doit pas faire oublier la situation socio-économique dans laquelle tout ceci vit le jour. Parce que Romeo n'est pas que le chanteur grivois que certains avait repéré au début des septantes (auteur de joyeusetés telles que Wet Dream ou Pussy Watch Man) mais aussi un auteur conscient qui sait recracher l'amère constat d'une Jamaïque inégalitaire et  violente.
Ca donne un album qui en remontre aux Burning Spear et autres Wailers dans le domaine du reggae qui pense très fort à la révolution. Et puis, considéré par Lee "Scratch" Perry soi-même comme faisnt partie de sa Sainte Trinitié de la période Black Ark (avec Police and Thieves de Junior Murvin et le Party Time des Heptones), c'est une recommandation qu'on peut faire aux amateurs du genre les yeux fermés mais les oreilles grandes ouvertes !

1. One Step Forward 5:15
2. Uptown Babies 5:00
3. Chase the Devil 3:27
4. War ina Babylon 4:51
5. Norman 4:50
6. Stealin' 3:04
7. Tan and See 4:36
8. Smokey Room 3:03
9. Smile out of Style 3:32

Lead vocals – Max Romeo
Male harmony vocals – Barry Llewellyn, Earl Morgan
Female harmony vocals – Cynthia Scholas, Marcia Griffiths
Production and engineering – Lee "Scratch" Perry
The Upsetters 1976
(non crédités sur l'album autrement que par le nom du groupe)
Michael "Mikey Boo" Richards – drums
Anthony "Benbow" Creary – drums
Noel "Skully" Simms – percussion
Boris Gardiner – bass
Earl "Chinna" Smith – guitar
Keith Sterling – piano
Bobby Ellis – horns
"Dirty" Harry Hall – horns
Herman Marquis – horns
Vin Gordon – trombone


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URIAH HEEP  "Demons & Wizards" (1972)
Heep Heep Heep... Uriah !

On les décrit souvent comme un Deep Purple de seconde division, c'est une indéniable injustice parce qu'Uriah Heep en 1972, qui sort alors son 4ème album, a une vraie personnalité illustrée de suffisamment de trucs personnels, et d'une histoire aussi ancienne que celle de leurs prétendus modèles, pour les considérer comme leur propre animal.
Il suffit d'ailleurs, pour s'en convaincre, d'écouter ce Demons and Wizards depuis justement passé à la postérité, dans la légende. A commencer par l'emballage initial de trois chansons aussi variées que concises avec un The Wizard qui, mené par une guitare acoustique déborde tout juste sur le hard rock et fonctionne parfaitement comme ça, un Traveller in Time qui semble vouloir commencer très dur mais tourne vite en classic rock parfaitement mené pas la voix d'un David Byron sachant quand pousser ses cordes vocales dans leurs derniers retranchements, et un Easy Livin', tube incontestable, où l'orgue prend définitivement plus de place que la guitare. Evidemment, parce qu'ils ont largement les facultés pour, les gars d'Uriah Heep savent aussi injecter quelque doses d'un progressisme tellement d'époque qu'on ne peut quasiment pas l'éviter, c'est le cas sur les deux longues chansons de l'album, Circle of Hands et The Spell, mais sans jamais le moindre excès, sans se reposer sur une construction alambiquée, non, là n'est pas le style des londoniens préférant les crescendos poignants aux vaines démonstrations instrumentales. Et il est peut-être là le particularisme fondamental d'Uriah Heep, posséder la puissance et la capacité de faire beaucoup et bien mais garder toujours en tête que, fondamentalement, seule la chanson compte et que, jusque dans les soli, on se doit de rester supra-mélodique, ce qui est présentement magnifiquement accompli. Parce que si Mick Box, guitare, et Ken Hensley, claviers, Gary Thain, basse, décédé en 1975 à seulement 27 ans, etc., sont de brillants instrumentistes, ils sont avant tout de précieux compositeurs et arrangeurs pour qui cette nouvelle donne, cette nouvelle façon de faire plus de bruit avec ses instruments, est avant tout le véhicule de l'écriture, on ne les critiquera pas là-dessus.
Surtout quand ça donne un album tel que Demons and Wizards, petite merveille d'équilibre entre lourdeur et légèreté, électricité et acoustique, pompe et finesse, où tout est bon. Rien que ça laisserait baba, quand on sait, en plus, qu'ils renouvelleront l'exploit seulement six mois plus tard, avec l'également recommandé The Magician's Birthday, on se dit que, vraiment, Uriah Heep, dans sa période classique (70-78, en gros), mérite mieux qu'une réputation d'éternel second-couteau parfaitement en-dessous de lui.

1. The Wizard 2:59
2. Traveller in Time 3:25
3. Easy Livin' 2:37
4. Poet's Justice 4:15
5. Circle of Hands 6:25
6. Rainbow Demon 4:25
7. All My Life 2:44
8. Paradise 5:10
9. The Spell 7:32
Bonus
10. Why (B-side) 4:53
11. Why (Long version) 7:39
12. Home Again to You (demo) 5:28

David Byron - Lead Vocals
Mick Box - Lead Guitars
Ken Hensley - Keyboards, Guitars, Percussion, Vocals
Lee Kerslake - Drums, Percussion, Vocals
Gary Thain - Bass Guitar
&
Mark Clarke - Bass Guitar (1, 10, 11), vocals (1)