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lundi 17 juillet 2017

V comme...

V pour Victoire, n'est-ce pas Winston, mais V aussi pour Valeurs, et ces musiciens en ont !, et elles sont avant tout musicales... Mais pas seulement. De la Vérité nue de Townes aux Vrombissantes explorations de Voivod, c'est un Voyage tout sauf Vain auquel je vous convie cette semaine. Enjoie !

V comme...
VAN DER GRAAF GENERATOR "Live in Concert at Metropolis Studios, London" (2012)
VdGG is Alive!

Il est de ces groupes qui se soucient si peu du commerce qu'ils finissent par avoir une réputation très en deçà de celle qu'ils auraient justement méritée. Van der Graaf Generator, chevalier imputrescible d'un rock progressif libre et (donc) changeant, est de ceux-ci. Longtemps rare en lives enregistrés, le désormais trio toujours mené par l'habité Peter Hammill, y est devenu plus présent, signe de temps où il est plus simple d'obtenir une captation professionnelle à moindre coût et où, en toute logique, les misfits en tous genres (dont les trois papys surpuissants ici présents font définitivement partie), saisissent l'aubaine avec l'appétit créatif qu'on leur connait habituellement.
Evidemment, comme sur les précédentes aventures live du trio (Live At The Paradiso, 2009), les chagrins iront regretter l'absence d'un David Jackson (saxophone) devenu si ingérable pour Hammill & Co qu'ils durent s'en débarrasser pour vital fut-il à leur son. Décidant, courageusement, de continuer sans cet élément décisif, les trois membres restants s'en sortent, ici comme précédemment, merveilleusement bien. On s'en doute, le répertoire conçu pour cette formation resserrée fonctionne parfaitement, on est plus surpris de constater que les classiques inoxydables du groupe (de Lemmings à Childlike Faith en passant par Man-Erg) y résistent si bien à l'amputation d'une partie à priori si soniquement indispensable. C'était sans compter sur la rouerie et l'expérience accumulée au cours de leur chaotique carrière par Hammill, Banton et Evans qui n'y font décidément pas leur soixantaine et donnent, l'air de rien, quelque cours d'énergie et d'intensité dramatique à la jeune concurrence.
Enregistré devant un petit nombre d'heureux privilégiés au Metropolis Studios de Londres, comme son titre on ne peut plus explicite l'indique, le présent live nous offre non seulement une prestation hantée comme seuls VdGG en ont le secret mais aussi une captation parfaite qui permettra de saisir et d'apprécier toutes les nuances d'interprétations perfectibles mais passionnées... et donc passionnantes. Un petit (et réel) bonheur présentement agréablement complété d'une captation vidéo de belle tenue pour un lot, vous l'aurez compris, indispensable à tout amateur du groupe.

CD 1
1. Interference Patterns 4:22
2. Nutter Alert 5:35
3. Your Time Starts Now 4:25
4. Lemmings 14:26
5. Lifetime 5:24
6. Bunsho 5:38
7. Childlike Faith 12:14

CD 2
1. Mr. Sands 5:22
2. Over The Hill 12:21
3. We Are Not Here 4:54
4. Man-Erg 11:50

Peter Hammill: chant, claviers, guitare
Hugh Banton: orgue, basses pédales
Guy Evans: batterie


V comme...


VAN HALEN "1984" (1984)
Big Big Rock!

Ils ne savent pas encore la tuile qui va leur tomber dessus une grosse année plus tard quand en 1983, quand l'album fut conçu, Van Halen se préparait au second souffle qui avait tant tardé à venir. C'est donc, pour le moment, une formation inchangée qui s'avance avec un album... différent.
Différent parce que, bravant les conseils de son chanteur et de son producteur (David Lee Roth et Ted Templeman) qui lui déconseillaient fermement de faire du clavier un instrument central au son de son Van Halen, Eddie le compositeur (les crédits collectifs ne trompent personne) et leader naturel décide de n'en faire qu'à sa tête, à raison vu l'impressionnant succès rencontrée par 1984 et ses 12 millions d'albums fourgués rien qu'aux States ! Et ça commence donc, gros pieds de nez aux amis mécréants, par un instrumental au synthétiseur, une introduction au gros tube Jump que vous connaissez forcément tous et qui, lui aussi, laisse une part non négligeable aux agissement claviéristiques d'un Eddie qui, tout de même, troque le synthé pour la guitare pour un bon gros solo dont il a le secret. Si, par la suite, l'apport de l'instrument honni est plus discret, il n'en est pas moins présent, texturant régulièrement des compositions d'une diabolique efficacité. C'est évidemment le cas des trois autres singles, l'accrocheur Panama, le nerveux et paillard Hot for Teacher, et la ballade synth-rock I'll Wait mais, substantiellement, de l'ensemble d'un album sans faille (si ce n'est sa trop courte durée...) où Van Halen joue même avec le blues électrique (l'excellent Top Jimmy), s'inspire de grooves typique de Led Zeppelin (Drop Dead Legs et un Alex Van Halen se la jouant à la Bonham), ou délivre simplement une version updatée et réussie de son gros rock qui tâche (Girl Gone Bad, House of Pain).
Tout ça nous fait un album qui, bien produit par le metteur en son de toujours du groupe, Ted Templeman (qui suivra David Lee Roth dans les débuts de sa carrière en solo délaissant Van Halen, guéguerre intestine oblige), et appartenant indubitablement à son époque, s'écoute encore avec beaucoup de plaisir aujourd'hui, si tant est qu'on est amateur du genre, et un authentique classique du hard rock des années 80, un immanquable, quoi !

1. 1984 1:07
2. Jump 4:04
3. Panama 3:32
4. Top Jimmy 2:59
5. Drop Dead Legs 4:14
6. Hot for Teacher 4:42
7. I'll Wait 4:41
8. Girl Gone Bad 4:35
9. House of Pain 3:19

Eddie Van Halen – guitar, keyboards, backing vocals
David Lee Roth – lead vocals
Alex Van Halen – drums, percussion, backing vocals
Michael Anthony – bass guitar, backing vocals


V comme...
VAN ZANDT, TOWNES "Texas Troubadour" (2002)
Somme d'Homme

On ne devrait plus avoir à présenter Townes Van Zandt. Artiste essentiel de la country folk de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix qui connut par la suite une carrière plus erratique avant de s'éteindre en 1997 des nombreux abus qui affaiblirent son organisme (alcool, drogues, comme d'habitude, hélas). Dans la première partie de sa carrière, de 1968 à 1973, il sortit une assez incroyable série d'albums de tout premier ordre dont on ressent l'influence jusque dans la country musique dite progressive et l'americana d'aujourd'hui. Le dernier album de ce coffret (où manque hélas l'essentiel du live enregistré en 1973 et sorti en 1977, « Live At The Old Quarter, Houston, Texas », pour que le bonheur soit complet), enregistré et sorti en 1978 n'est qu'une parenthèse (dorée) pour un artiste brûlé qui ne réapparaîtra ensuite qu'en 1987, avec peu de succès commercial (encore !) mais une grâce post-traumatique qu'on se doit de souligner.
Concrètement, le coffret se déroule comme suit :

CD 1 :
- For the Sake of the Song (1968)
Premier album du poète Texan et pas la moindre hésitation dans sa country folk douce amère. Le songwriting de Townes s'est déjà affirmé dans les années précédentes (voir ses « early recordings » sur le cd In the Beginning). C'est donc un artiste complet qui se présente ici et déroule 11 compositions confondantes de maturité pour un jeune homme de 24 ans. Tout juste peut-on reprocher des arrangements un peu trop datés qui marquent l'âge de cette galette sinon totalement réussie.
- Our Mother the Mountain (1969)
Moins surproduit que son devancier (et c'est heureux !), Our Mother the Mountain y gagne autant en authenticité et intemporalité. Townes nous propose ici une belle collection de chansons dont il est, encore une fois, le seul et unique responsable. Une réussite malgré, une fois de plus, des arrangements parfois douteux, la faute à un Townes trop confiant dans son producteur, mais la qualité des chansons rattrape facilement ce petit défaut.

CD 2:
- Townes Van Zandt (1970)
Insatisfait de la production et des arrangements de ses deux premiers albums studio, où trop d'ajouts variétisants avaient corrompu l'identité de sa musique, Townes réenregistre quelques unes des plus belles pièces de son premier album, For the Sake of the Song. Les 7 autres morceaux sont autant de preuves d'un artiste en complète possession de ses moyens et offrant une country folk intelligente et sensible que le dépouillement présent (mais pas encore tout à fait total) rend d'autant plus attractif.
- Delta Momma Blues (1971)
Contrairement à ce que son titre semblerait indiquer, Delta Momma Blues n'est pas un album de blues mais bien une nouvelle offrande country/folk de tout premier ordre. Suivant la logique du très réussi album éponyme l'ayant précédé, Delta Momma Blues reproduit une formule où la voix et les textes de Townes sont l'indéniable vedette. Une fois n'est pas coutume, toutes les compositions ne sont, cette fois, pas toutes signées du seul Van Zandt, un morceau traditionnel et une participation avec d'autres songwriters débutant en effet ici. Ca ne nuit nullement à l'exceptionnelle tenue d'un album indispensable.

CD 3:
- High, Low and In Between (1972)
Comme son prédécesseur et son successeur, High Low and In Between est un indispensable à qui apprécie la folk music. L'instrumentation, juste la viande sur l'os, soutient parfaitement le vague-à-l-âme de Townes. 11 compositions parfaites pour un album sans faille. Du grand Townes Van Zandt, un grand album tout court en vérité.
- The Late Great Townes Van Zandt (1972)
Doté d'un titre prémonitoire, Townes disparaissant quelques années de l'actualité discographique suite à ce long jeu, The Late Great Townes Van Zandt est une merveille de plus dans une suite d'album difficilement attaquables du magnifique texan. Second album de 1972 et seconde totale réussite, celui-ci a pour particularité d'être l'album de Townes pour lequel il écrivit le moins, 5 des 11 compositions venant d'autres auteurs ou étant seulement co-signées par Van Zandt et une, Sad Cinderella, étant un réenregistrement d'une ancienne chanson. Ca n'entame en rien le tour de force d'une country/folk sobre et belle.

CD 4 :
- Flyin' Shoes (1978)
La voix a baissé de quelques tons, les excès sont passés par là, Flyin' Shoes n'en est que plus émouvant. Ici Townes revient après cinq longues années de silence dues à ses multiples addictions et leurs malheureuses conséquences. L'écriture de Townes y est intacte, vibrante et précise comme à ses plus belles oeuvres et est, de plus, « bonussée » de ses nombreuses expériences. Un album vrai et beau qui fait d'autant plus regretter la décade silencieuse qui suivra.
- Titres bonus
4 excellentes outtakes de 1972/73 et 8 extraits du mythique live at the Old Quarter qui comporte dans son édition complète 27 chansons, les ajouts au coffret sont peu nombreux mais néanmoins recommandables. Les extraits donneront probablement envie de goûter au live dans sa version intégrale. Un amuse-bouche, en quelque sorte.

Loser magnifique, mauvais garçon chronique, chanteur et compositeur fin et passionné, Townes Van Zandt a tout d'un personnage de fiction (à quand le bio-pic ?). Cette collection, pour un faible coût, permettra à ceux qui ne connaissent pas encore cette mythique figure de combler une inexcusable lacune. L'ajout d'un livret de 36 pages avec un bel essai biographie augmenté de photographies et des pochettes des albums permettra de creuser plus avant l'histoire peu commune de ce grand oublié quand on en vient à évoquer les plus grands songwriters américains, dont il est, donc.

CD 1
- "For the Sake of the Song" (1968)
1. For the Sake of the Song 4:45
2. Tecumseh Valley 2:41
3. Many a Fine Lady 3:51
4. Quicksilver Daydreams of Maria 3:39
5. Waitin' Around to Die 2:23
6. I'll Be Here in the Morning 2:44
7. Sad Cinderella 4:40
8. The Velvet Voices 3:13
9. All Your Young Servants 2:57
10. Talkin' Karate Blues 3:05
11. Sixteen Summers, Fifteen Falls 2:36
- "Our Mother the Mountain" (1969)
12. Be Here to Love Me 2:36
13. Kathleen 2:45
14. She Came and She Touched Me 4:01
15. Like a Summer Thursday 3:02
16. Our Mother the Mountain 4:20
17. Second Lover's Song 2:14
18. St. John the Gambler 3:03
19. Tecumseh 4:53
20. Snake Mountain Blues 2:37
21. My Proud Mountains 5:02
22. Why She's Acting This Way 5:23

CD 2
- "Townes Van Zandt" (1970)
1. For the Sake of the Song 5:18
2. Columbine 2:30
3. Waitin' Around to Die 2:41
4. Don't Take It Too Bad 2:50
5. Colorado Girl 3:15
6. Lungs 2:25
7. I'll Be Here in the Morning 2:57
8. Fare Thee Well, Miss Carousel 5:17
9. Quicksilver Dreams of Maria 4:41
10. None But the Rain 2:23
- "Delta Momma Blues" (1971)
11. F.F.V. 3:32
12. Delta Momma Blues 3:56
13. Only Him or Me 2:27
14. Turnstyled, Junkpiled 3:20
15. Tower Song 4:07
16. Come Tomorrow 2:54
17. Brand New Companion 4:41
18. Where I Lead Me 2:47
19. Rake 4:01
20. Nothin' 2:46

CD 3
- "High, Low and In Between" (1972)
1. Two Hands 2:34
2. You Are Not Needed Now 4:15
3. Greensboro Woman 2:21
4. Highway Kind 2:15
5. Standin' 3:23
6. No Deal 3:13
7. To Live Is to Fly 3:15
8. When He Offers His Hand 3:00
9. Mr. Mudd and Mr. Gold 2:22
10. Blue Ridge Mountains 2:10
11. High, Low and in Between 3:13
- "The Late Great Townes Van Zandt" (1972)
12. No Lonesome Tune 4:20
13. Sad Cinderella 4:15
14. German Mustard (A Clapalong) 2:55
15. Don't Let the Sunshine Fool Ya' 2:26
16. Honky Tonkin' 3:43
17. Snow Don't Fall 2:42
18. Fraulein 2:43
19. Pancho and Lefty 3:40
20. If I Needed You 3:44
21. Silver Ships of Andilar 5:08
22. Heavenly Houseboat Blues 2:40

CD 4
- "Flyin' Shoes" (1978)
1. Loretta 3:50
2. No Place to Fall 3:29
3. Flyin' Shoes 4:23
4. Who Do You Love 4:00
5. When She Don't Need Me 3:11
6. Dollar Bill Blues 3:00
7. Rex's Blues 2:29
8. Pueblo Waltz 3:01
9. Brother Flower 2:55
10. Snake Song 2:35
- Studio Outtakes
11. The Spider Song 2:04
12. Upon My Soul 1:51
13. Buckskin Stallion Blues 2:57
14. At My Window 3:43
- Live Songs from 1973
15. Two Girls 3:48
16. Fraternity Blues 2:51
17. White Freight Liner Blues 3:11
18. Talking Thunderbird Blues 2:35
19. Nine Pound Hammer 3:10
20. Chauffeur's Blues 4:35
21. Cocaine Blues 3:17
22. Only Him or Me 2:32


V comme...
VEGAS "Vegas" (1992)
deux gars biens

Vegas, c'est un peu Eurythmics sans Annie Lennox. Vegas c'est aussi, surtout, la rencontre entre Dave Stewart et Terry Hall (The Specials, Fun Boy Three), un projet à la courte vie mais à l'album, souvent ignoré d'ailleurs, de fort belle facture, pas loin des plus belles exactions de chacun des deux compères de circonstance, en vérité.
Et donc, Vegas c'est un peu Eurythmics sans sa vocaliste soit une pop fourbissant ses armes sur des bases synthétiques et les dépassant souvent. Vegas c'est aussi, surtout, une collection de chansons de qualité par deux grands professionnels audiblement investis dans le projet, y insufflant leur savoir-faire, leur expérience et, bien sûr, leur talent. Et leur talent s'exprime, c'est le moins que l'on puisse dire à l'écoute des neuf compositions confectionnées pas la paire, et accessoirement de la reprise de She de Charles Aznavour qui demeure cependant plus anecdotique, et à laquelle on préfèrera la belle version d'Elvis Costello, que le matériau original qui fusionne avec intelligence et grâce le meilleur de la synthpop, une belle louche de reggae, une nécessaire dose de pop (parce que ces chansons restent en tête, indéniablement, et un soupçon de rock pour épicer le tout. Volontairement, on n'entrera pas trop dans le détail passé cette sommaire description afin de ne pas, trop, déflorer l'exquise surprise.
Bref, un sommet pour Stewart et Hall, ce qui n'est pas peu dire, une galette ô combien méconnue qu'on jubile à l'idée de faire découvrir à de nouvelles oreilles, Vegas, hélas l'unique album de cette fructueuse association, est, si vous arrivez à mettre la main dessus (ma copie est un import australien, c'est dire !), chaudement recommandé.

1. Possessed 4:51
2. Walk into the Wind 5:17
3. She's Alright 4:13
4. Take Me for What I Am 4:51
5. The Trouble with Lovers 5:25
6. Nothing Alas Alack 5:18
7. The Thought of You 3:39
8. Wise Guy 7:21
9. The Day It Rained Forever 4:46
10. She 3:11

avec
Terry Hall
Dave Stewart
Olle Romo
Manu Guiot


V comme...
VIRGIN PRUNES "Over the Rainbow (A Compilation Of Rarities 1980-1984)"  (1985)
Vive les Fous !

Si la bonne dose d'étrangeté figurant sur leurs albums ne vous suffisait pas, voici une compilation des irlandais déments des Virgin Prunes. Ca va loin !
Et tous azimuts ! D'ambient minimaliste à la Eno (Red Nettle, Mad Bird in the Wood, Jigsawmentallama, Greylight), d'étrangetés punk ou new wave déstructurées et angulaires (Twenty Tens, Moments 'N' Mine, White History Book, Faculties of a Broken Heart), de tribalisme post-punk déjanté (Pagan Lovesong Vibe - Akimbo), de contines post-apocalyptiques (Children Are Crying), de sautillantes chansons synthpop dévoyées (King of Junk), à de totales bizarreries (Happy Dead et ses presque 14 minutes où on se demande souvent où Gavin Friday & Cie vont, un Revenge de douleur), les Virgin Prunes ont indéniablement de l'imagination et une capacité à ne finalement ressembler à personne tout en produisant, à quelques exceptions rencontrées vers la fin de la présente sélection, une musique qui s'écoute avec le bonheur de découvrir un étrange animal dans son milieu d'origine, une jungle urbaine malfamée, peuplée de créatures de tous sexes et de toutes apparences, un cirque des monstres qui n'a rien à envier à celui de Browning.
Tout ça fait d'Over the Rainbow une addition bienvenue à la collection d'albums de ces irlandais pas comme les autres.

CD 1
1. Red Nettle 2:18
2. Twenty Tens 2:27
3. Pagan Lovesong Vibe - Akimbo 6:52
4. Moments 'N' Mine 4:27
5. Mad Bird In the Wood 4:20
6. Children Are Crying 5:12
7. Jigsawmentallama 6:20
8. King of Junk 2:50
9. War 2:06
10. Greylight 4:23

CD 2
1. White History Book 3:43
2. Faculties of a Broken Heart 5:05
3. In the Greylight 2:50
4. Happy Dead 13:41
5. Revenge 3:36
6. Third Secret 4:19
7. Love Lasts Forever 11:26

Gavin Friday - vocals
Guggi - vocals
Dave-id Busarus - vocals
Dik Evans - guitar
Strongman - bass
Mary D'Nellon - drums


V comme...
VISAGE "Visage"1981)
Traits seyants

Un haut fait new romantic/synthpop ?, avec de vraies stars en devenir dedans ? C'est Visage et son premier album éponyme !
En l'occurrence, mené par un Steve Strange quelque part entre Düsseldorf et Berlin, entre Kraftwerk et David Bowie, comprenant la participation de gens aussi recommandables que Midge Ure (futur Ultravox et également metteur en son de l'exercice), John McGeoch (ex-Magazine, futur P.I.L. mais surtout un extraordinaire guitariste), Dave Formula (ex-Magazine itou), Bill Currie (passé par Tubeway Army et évidemment Gary Numan) et Rusty Egan (alors ex-Rich Kids), mais aussi les apparitions de Barry Adamson (ex-Magazine et Luxuria, un garçon dont la carrière solitaire est chaudement conseillée) et Chris Payne et Cedric Shapley de chez une autre formation synthpop prometteuse, Dramatis, c'est du premier super-groupe du genre dont il s'agit.
Avec tant de talent réuni, pas étonnant que l'album soit le triomphe qui nous est offert. Evidemment, il y a l'imparable single, Fade to Grey, mais il n'est pas le majestueux arbre cachant la maigre forêt, simplement l'étendard, le maître-étalon des possibilités de la bande puisqu'on retrouve quasiment les mêmes qualités d'ambiance et de mélodie sur Blocks on Blocks ou Mind of a Toy, deux autres flamboyantes réussites d'électro-pop fin et frais. Mais si Visage sait faire rêver, voir ce qui précède, il sait aussi faire danser sur d'infectieux beats synthétiques ornés de synthétiseurs typiques mais pas toc (Visage, la chanson, The Dancer), amuser sur un hommage au grand Clint infusé d'influences western (Malpaso Man) ou réfléchir sur son hymne tabacophage (Tar), un si beau package qu'on oublie bien vite un instrumental final pas franchement affolant (The Steps).
Par la richesse de sa musique, par la qualité de sa production, par son côté si typique, si tellement de son temps, l'inaugural œuvre de Visage est devenu un classique de plein droit, ce n'est que mérité pour une si belle réussite, de celles qui permettront à l'auditeur débutant dans le style de savoir s'il vaut le coup d'aller plus avant parce que, francehment, si vous n'aimez pas Visage, c'est que la synthpop ne sera jamais votre affaire.

1. Visage 3:53
2. Blocks on Blocks 4:00
3. The Dancer 3:40
4. Tar 3:32
5. Fade to Grey 4:02
6. Malpaso Man 4:14
7. Mind of a Toy 4:28
8. Moon Over Moscow 4:00
9. Visa-age 4:20
10. The Steps 3:14

Steve Strange – lead vocals
Midge Ure – guitar, backing vocals, synthesizers
John McGeoch – guitar, backing vocals, saxophone
Dave Formula – synthesizer
Billy Currie – electric violin, synthesizer
Rusty Egan – drums, backing vocals, electronic percussion
&
Barry Adamson – bass guitar (1, 2, 4)
Chris Payne – synthesizer (5)
Cedric Sharpley – drums, electronic drums programming (5)
Brigitte Arens – voice (5)


V comme...
VOIVOD "Nothingface" (1989)
CyberAge

Ils avaient déjà transformé leur thrash metal punkoïde en créature progressive et spatiale sur leur précédent opus, l'impeccable Dimension Hätross. Cette fois, en un élan aussi libérateur que décisif, les québécois de Voivod abandonnent une bonne part de leur excès soniques pour commettre l'album qui reste, de l'avis général, leur plus belle réussite, Nothingface.
Mais Nothingface c'est, surtout, un album absolument, complètement unique, une sorte de maverick musical jamais entendu alors, plus jamais entendu depuis, un état de grâce compositionnel à peine croyable, une œuvre dont on ne peut même pas dire qu'elle fut particulièrement influente tant elle ne ressemble à rien ni à personne. Enfin, si, elle ressemble quand même un peu à ce que Voivod sortit précédemment mais, même là, il y a un monde de séparation entre les déchainements thrash progressifs de science-fiction et leur glorieuse succession.
De leur passé, Voivod on retenu un goût de la bizarrerie, d'une certaine énergie d'interprétation aussi parce que, clairement, les québécois ne sont pas venus pour amuser la galerie. C'est évident dès The Unknown Knows où, porté par les parties de guitares juste dissonantes ce qu'il faut de Denis d'Amour, soutenu par les  patterns atypiques d'une section rythmique au diapason, Denis Belanger, vocaliste revenu des cris primaux de sa jeune carrière, peut vocaliser les prémices de son concept "proto-Matrixien". Qu'y constate-t-on ? Que l'approche y est nettement plus mélodique et abordable une fois adapté à la façon dont Voivod fait les choses, à cet emballage rythmique conservant l'énergie de sa musique source pour l'apposer consciencieusement à ce nouvel univers, à ce chant froid et détaché crachant d'étranges paroles, à ces guitares tranchantes et uniques, un peu comme si un guitariste de jazz, sans préparation aucune, se voyait lancé dans le grand bain metallo-progressif, ça surprend !  Evidemment, on se doit de mentionner l'excellente reprise du Pink Floyd de Syd Barrett, cet Astronomy Domine qui semblait absolument destiné à intégrer le répertoire des québécois et qui, de fait, y trouve naturellement sa place devenant même un de ses étendards, c'est dire. Mais c'est tout l'album qui nous porte dans un monde différent où Voivod sait aussi bien envoyer le bois (le précité The Unknown Knows, l'excellente chanson titre, Nothingface, le paranoïde X-Ray Mirror, etc.) que ralentir l'allure, créer des ambiances plus planantes (la reprise du Floyd, bien sûr, mais aussi Missing Sequences ou Into My Hypercube) sans jamais se départir de son identité, de son absolue unicité.
Voilà, pour tout dire, la meilleure façon de savoir exactement de quel alien bois la galette est faite, il n'est pas de meilleure façon que de s'y confronter en se préparant, auparavant, au choc de l'écoute de quelque chose d'encore jamais entendu et, en vérité, d'excellent et de décisif dans la création d'un metal se détachant progressivement de ses racines blues pour créer un ailleurs ô combien attirant.

1. Intro 0:54
2. The Unknown Knows 5:01
3. Nothingface 4:14
4. Astronomy Domine 5:30
5. Missing Sequences 5:50
6. X-Ray Mirror 4:28
7. Inner Combustion 3:48
8. Pre-Ignition 5:12
9. Into My Hypercube 5:04
10. Sub-Effect 4:30

Jean-Yves Theriault - bass
Denis d'Amour - guitar
Michel Langevin - drums
Denis Belanger - vocals


MERCI !

dimanche 17 juillet 2016

L’Été Mange-Disques - 7 Honteux

Des albums qu'on écoute en se cachant ou des albums dont les auteurs feraient bien de se cacher, c'est le programme d'une semaine un peu honteuse chez le Zornophage, honteuse comme ces bourrelets disgracieux que la séance de parking à bronzer révèle chez le vacancier... Enjoie ? Allez, on va dire ça !

DiMaNCHe
Kylie Minogue "Impossible Princess" (1997)
ou "Impossible à détester"

Reconnaissons-le, petite princesse d'une pop fast food étant passée précédemment par un soap de son pays (l'Australie), puis version un peu cheap de la Ciccone, Kylie Minogue, c'est un tout petit peu la honte. Quand en plus on se targue d'avoir du goût, posséder un opus de la (fausse ?) blonde de poche tient carrément de la faute... de goût, justement ! Mais il y eut une parenthèse enchantée, une rare occurrence où l'ambition commerciale de l'artiste fut mise en berne, de nouveaux équipiers recrutés et une galette nettement plus substantielle proposée, Impossible Princess. Présentement, Kylie en est à son deuxième opus depuis qu'elle s'est séparée des encombrants mentors de sa jeune carrière (Stock, Aitken et Waterman, les tristement fameux "inventeurs" d'également Jason Donovan ou Rick Astley) avec donc chevillée au corps une envie d'indépendance, de renouvellement d'un art qui souhaite s'éloigner de la dance-pop niaise de jadis au profit de son équivalent plus évolué, noble but. Un but qu'elle atteint plus souvent qu'à son tout parce que, présentement, d'un Too Far paré d'une maline rythmique jungle et de cordes trip-hoppantes (on est pas loin de 4Hero), des purs exercices d'heroic-pop très réussis que sont Some Kind of Bliss et I Don't Need Anyone (très Manic Street Preachers, et pour cause, ce sont bel et bien les gallois qui sont aux commandes), d'un Say Hey très hype et club mais aussi doté d'un formidable décrochage planant et d'une grande performance de Miss Minogue, d'un Limbo en forme d'électro-techno au surprenant et satisfaisant abattage, aux deux petites perles finales, le totalement trip-hop Through the Years au malin et cordé Dreams, c'est à une inspirée sélection que nous avons indéniablement affaire. Qu'importe si le reste est un peu moins décisif, un peu plus de ce qu'on imagine entendre sur un album de Kylie, Impossible Princess, exemple unique dans la discographie de son auteure, est une galette à la fois ambitieuse et ludique qu'on recommandera au-delà des adorateurs de dance-pop qui, cependant, y trouveront largement leur compte. Et on dit ? Bravo Kylie !

1. Too Far 4:43
2. Cowboy Style 4:44
3. Some Kind of Bliss 4:13
4. Did It Again 4:21
5. Breathe 4:37
6. Say Hey 3:36
7. Drunk 3:58
8. I Don't Need Anyone 3:12
9. Jump 4:02
10. Limbo 4:05
11. Through the Years 4:19
12. Dreams 3:44

Kylie Minogue – lead vocals, backing vocals, synthesiser
Steve Anderson – drum programming, grand piano, guitar, Hammond B3, keyboards
Guy Barker – trumpet
Geoff Bird – guitar
Greg Bone – guitar
James Dean Bradfield – bass, guitar
Alan Bremmer – programming
Livingstone Brown – bass
Simon Clarke – flute, saxophone
Andy Duncan – percussion
Johnnie Hardy – fiddle
Sally Herbert – strings
Bogislaw Kostecki – fiddle
Peter Lale – viola
Roddie Lorimer – trumpet
Martin Loveday – cello
Sean Moore – drums
Nick Nasmyth – keyboards
Tim Sanders – saxophone
Steve Sidelnyk – drums, percussion
Neil Sidwell – trombone
Steve Walters – bass
Gavyn Wright – violin

KYLIE MINOGUE

LuNDi
Bad English "Bad English" (1989)
ou "FMiné"

Du rock pour la radio ? Par cinq emplumés plus tout à fait de la première fraicheur ? L'horreur absolue ! Sauf qu'il y a les chansons, et le savoir-faire d'une bande de professionnels ô combien expérimentée, et, là, tu ne peux plus lutter... Enfin, si, évidemment, tu peux rejeter en bloc ces mélodies dégoulinantes de sucre, cette production ô combien typique de son genre, et je ne te parle même pas de ce que peut inspirer un petit coup d’œil au look forcé des mecs sur la pochette. Oui, tout ça est vrai et, de fait, ce Bad English originel (un album suivra, qui ne reproduira pas l'exploit) est un album du genre archétypique, pur opus de (hard) Rock FM qui ne semble ne pouvoir plaire qu'à ceux qui ont une petite place dans leur cœur pour Foreigner, Toto, Bon Jovi, Journey évidemment (puisqu'on en retrouve certains cadres), bref, ce stadium rock ultra-formaté qui fit fureur auprès des masses étasuniennes de la fin des années 70 à la fin des années 80. Pour ceux-là, du rocker taillé pour les highways de Best of What I Got, du pop-metal hit à l’entêtant refrain qu'est Heaven Is a 4 Letter Word, du costaud rock fm de Forget Me NotNeal Schon nous rappelle qu'il est quand même un sacré guitariste, à la grosse power-ballad tire-larmes ultime (When I See You Smile, délicieux ou insupportable selon vos inclinaisons), pour ne citer que ces quelques exemples typiques, Bad English, c'est le bonheur incarné, un machin tellement millimétré, tellement expertement conçu et accoucher qu'on n'y résiste pas. Les autres ? Soit ils auront de s'infliger la torture d'un douloureux retour vers les 80s, soit ils fuiront à toutes jambes devant la nausée qui s'annonce. Mais pour ceux qui aiment... Ha ! Ce Bad English de Bad English, je te le dis, c'est de l'or en barre et peut-être bien l'ultime classique d'un genre qui ne va plus tarder, grunge oblige, à sombrer dans l'anonymat, o tempora o mores !

1. Best of What I Got 4:40
2. Heaven Is a 4 Letter Word 4:45
3. Possession 5:08
4. Forget Me Not 4:58
5. When I See You Smile 4:20
6. Tough Times Don't Last 4:42
7. Ghost in Your Heart 4:46
8. Price of Love 4:47
9. Ready When You Are 4:20
10. Lay Down 4:38
11. The Restless Ones 5:23
12. Rockin' Horse 5:31
13. Don't Walk Away 4:30

John Waite - lead vocals
Neal Schon - lead, rhythm & acoustic guitars, backing vocals
Jonathan Cain - keyboards, backing vocals
Ricky Phillips - bass, backing vocals
Deen Castronovo - drums, percussion, backing vocals

BAD ENGLISH

MaRDi
Metallica "St. Anger" (2003)
ou "Anger Management"

A quoi bon tirer sur l'ambulance ? A quoi bon encore dire tout le mal qu'on pense d'un album universellement (ou presque) conspué ? Pourquoi, plutôt, ne pas célébrer l'exercice cathartique d'une galette infecte sur un groupe en voie de se perdre, un groupe qui sort de deux albums d'alternative metal, d'un album de reprises et d'une relecture symphonique (partiellement ratée) de son œuvre, d'un groupe qui a su, par la seule force d'une prise de position de sa tête à claques de batteur contre Napster, se faire détester comme rarement un groupe jadis adoré y parvint. Alors, oui, il fallait passer par St. Anger, passer par cet album où Lars Ulrich a le pire son de batterie de sa carrière (enterré les casseroles de And Justice for All !), où James empile les riffs là où il a d'habitude le bon goût de les sélectionner, ou le même s'adonne à une étonnante, atterrante, risible même !, caricature de son propre personnage de chanteur (des paroles à l'interprétation, tout y est), un album où Kirk Hammett est totalement privé de soli (et du coup assez absent, tant mieux pour lui), un album, enfin, sans bassiste où le producteur/grand frère/nounou, Bob Rock, fait l'intérim d'un Jason Newsted démissionnaire (parce qu'il a d'autres envies et parce qu'il n'en peut plus du psychodrame qu'est devenu Metallica)... Ca fait beaucoup ! Trop pour que ce Titanic d'opus ne rencontre pas l'iceberg artistique qui lui semble promis. De fait, que sauvera-t'on de St. Anger ? Frantic (tic toc tic toc) qui porte bien son nom, et St. Anger, la chanson, parce qu'il s'y passe tout de même quelque chose... Et encore !, parce qu'on aime Metallica et qu'on veut trouver le rayon de soleil dans le ciel de plomb d'une œuvre magistrale parce que magistralement ratée, un album si intégralement inécoutable qu'on ne résiste pas de le ranger aux côtés du Metal Machine Music de Lou Reed avec lequel, d'ailleurs... Mais ça c'est une autre histoire (et pas la pire d'ailleurs !).

1. Frantic 5:50
2. St. Anger 7:21
3. Some Kind of Monster 8:26
4. Dirty Window 5:25
5. Invisible Kid 8:30
6. My World 5:46
7. Shoot Me Again 7:10
8. Sweet Amber 5:27
9. The Unnamed Feeling 7:10
10. Purify 5:14
11. All Within My Hands 8:48

James Hetfield – vocals, rhythm guitar
Kirk Hammett – lead guitar, backing vocals
Lars Ulrich – drums
&
Bob Rock – bass

METALLICA

MeRCReDi
Lou Reed "Metal Machine Music" (1975)
ou "De qui se moque-t-on?"

Ok, vive l'expérimentation, vive le bruit blanc, vive le "je n'en ai rien à carrer de ce que pense le reste de l'humanité", mais, tout de même, sur Metal Machine Music, Lou Reed se moque un tout petit peu, non ? Une démarche artistique vous dites ? Certainement pas de celles qui fédèrent les foules alors parce que cet opus de bruit et de bruit (et non de fureur parce que ce n'est pas particulièrement furieux) se pose un peu là dans le genre indigeste. Plutôt, si vous voulez mon avis et si vous ne voulez pas tant pis, vous l'aurez quand même, un pur exercice de provocation avec, certes, un authentique cheminement intellectuel derrière (l'influence des minimalistes qui "dronent" tel que LaMonte Young et son Theatre of Eternal Music dont était d'ailleurs le vieil ami/ennemi de Lou, John Cale) mais aucunement l'ambition d'accoucher d'une œuvre écoutable. Parce que, pour influent qu'est aujourd'hui considéré Metal Machine Music, via son influence sur le développement de la musique industrielle ou du Noise Rock, c'est d'une vraie purge auditive dont il s'agit de celles qu'on ne possède que pour se souvenir que celui qui avait si bien décollé avec l'immanquable Transformer (avec l'aide de qui vous savez) est un potentiel accident industriel pour qui oserait lui accorder toute latitude artistique, comme c'est le cas ici. A partir de là, savoir si vous avez l'estomac pour un pareil machin n'appartient qu'à vous, à votre capacité à encaisser cette grosse heure de chaos électroacoustique d'un vrai sale gosse du rock and roll qui, d'ailleurs, déclarera, à propos du présent : "Quiconque arrive jusqu'à la quatrième face est plus stupide que moi", c'est dire l'état d'esprit frondeur et le peu de cas que fait Lou Reed de son auditoire...

1. Metal Machine Music, Part 1 16:10
2. Metal Machine Music, Part 2 15:53
3. Metal Machine Music, Part 3 16:13
4. Metal Machine Music, Part 4 15:55

Lou Reed - Guitar, Keyboards, Vocals

LOU REED

JeuDi
Sigue Sigue Sputnik "Flaunt It" (1986)
ou "Les Escrocs"

Le look pseudo superheros de manga et la pochette qui va avec, la musique en forme de glam rock retravaillé à la sauce synthpop, décidément, ces anglais-là avait le cran d'un mauvais goût affirmé avec fierté, arrogance même. Évidemment, c'est le genre de supercherie, le type d'effet de mode qui, talent mis à part, ne fait que passer, atteint rapidement son pic avant d'entamer une vertigineuse descente, ne tient jamais très longtemps et, de fait, Sigue Sigue Sputnik disparaitra vite, et reviendra trois fois sans jamais regagner ses "15 minutes de gloire" originelles, faut pas rêver non plus. Tout ça nous ferait rapidement démettre cette absolue kitscherie, ce criard artifice sauf que, reconnaissons-le, il est plutôt bien fichu et plutôt très efficace ce vilain petit canard qui a voulu se faire aussi grosse que le bœuf, ce Flaunt It où, certes, les effets synthétiques sont souvent le cache-misère d'un songwriting approximatif, tout comme le look des cinq zozos, et le "spectacle" qui va avec, était sensé fourvoyer les oreilles de leurs auditoires live, à la Kiss, quoi, mais il fonctionne (particulièrement sur ses deux supra-efficaces singles, Love Missile et 21st Century Boy, la vraie crème de l'opus). Parce que, bon, pour tous ses défauts, l'album à son charme, et probablement le charme de ses défauts d'ailleurs, il est pétillant, distrayant comme l'est un poteau qui fait l'idiot, et tient plutôt bien la route avec ses déjà 30 ans d'âge. Essentiel ? Sans doute pas mais on peut décemment le recommander aux nostalgiques des excès des années plastiques ou à ceux qui n'y étaient pas mais ont des envies de "Machines à Remonter le Temps".

1. Love Missile F1-11 (Re-Recording Part II) 3:49
2. Atari Baby 4:57
3. Sex-Bomb-Boogie 4:48
4. Rockit Miss U·S·A 6:08
5. 21st Century Boy 5:10
6. Massive Retaliation 5:02
7. Teenage Thunder 5:17
8. She's My Man 5:37

Martin Degville - vocals
Tony James - synth guitar
Neal X - electric guitar
Ray Mayhew - drums
Chris Kavanagh - drums
&
Miss Yana Ya Ya - special effects

SIGUE SIGUE SPUTNIK

VeNDReDi
François Hadji-Lazaro "Les Mamies" (1992)
ou "Nanar"

Je ne sais pas si vous connaissez ça mais, personnellement, il y a des artistes "de ma famille", que je suis "religieusement" dans leurs œuvres principales comme dans leurs exactions parallèles où, parfois, on a de mauvaises surprises. C'est le cas de cette B.O. d'un gros nanar français du début des années 90 qui n'eut que le succès qu'il méritait, aucun, mais dont je m'étais procuré la soundtrack parce que, dans le mille Émile !, François Hadji-Lazaro (Pigalle, Les Garçons Bouchers, Los Carayos... excusez du peu) était à la barre. J'ai vu le film, Les Mamies, avec Danielle Darrieux, Sophie Desmarets, Odette Laure, Paulette Dubost et Marthe Villalonga dans les principaux rôles titres, c'te casting de folie !, qui m'a laissé fort peu de souvenirs outre son absolue nullité dans le registre de la comédie familiale qui n'en manque pas, notez, et fort peu écouté le CD avant de le ressortir, juste pour voir, enfin, entendre... Et c'est franchement moins pire que ce dont je me souvenais avec, même, quelques très jolis thèmes tel que l'acoustique Lise Boit, à la Moustaki,  les country & western Bonne Est Lise et Les Mousquetaires des Appalaches ou à Nashville, le folk rock de Qu'Est-ce Qu'On se Marre dans le Grenier, le "folkobilly" de A la Chasse à la Mob, ou le jazz bien mené de Le Jazz Club aux Mousquetaires, et même quelques chansons (le très Garçons Bouchers dernière période Adolescent, la chansons réaliste revisitée de Mon Gavroche à Moi, la divine apparition des fous-furieux des Tétines Noires (My Night Club Head)) qui contribuent certainement aux meilleurs moments. Épars, les bons moments, pas suffisamment présents, des idées parfois sous-développées comme c'est si souvent le cas avec les courtes pistes des bandes-sons de film, qui sont avant tout faites pour être entendues en support de la pellicule éclairée, pour qu'on recommande une galette de toute manière difficilement localisable (parce que plus éditée) mais, sait-on jamais, si un jour l'occasion se présente (ici par exemple ! ;-)) et que "le Gros" vous a toujours "parlé", ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée...

1. La Comptine Des Mousquetaires 0:30
2. Fanfare Des Mousquetaires 1:03
3. Lise Boit 1:09
4. Les Mamies 3:09
5. Le Menuet Des Mousquetaires 0:39
6. Kill Destroille 0:40
7. Bonne Est Lise 1:54
8. Adolescent 2:47
9. Les Mousquetaires Des Appalaches 1:18
10. Vive Le Mariage 0:35
11. Qu'Est-Ce Qu'On Se Marre Dans Le Grenier 1:53
12. Mon Gavroche À Moi 2:43
13. Les Mousquetaires Au Portugal 1:07
14. J'Ai Une Gueule D'Atmosphère? 1:19
15. Je Thème 1 2:44
16. Je Thème 2 2:07
17. Les Mousquetaires Sont Fatigués 1:32
18. À La Chasse À La Mob 1:00
19. Les Hard Mousqueters 1:12
20. Les Raviolis Sont Jolis 1:14
21. Dans La Rome Antique 3:20
22. Les Mousquetaires À Nashville 1:18
23. Charroux S.A. 0:59
24. Cherche Cherche 0:55
25. Les Mousquetaires À La Ferme 1:18
26. My Night Club Head (Les Tétines Noires) 3:16
27. Porto Rinolaryngologiste 1:31
28. Nom D'Un Bréviaire 1:39
29. Les Mousquetaires Valse 1:35
30. Le Bar Était Louche 2:16
31. Au Zoo C'Est Beau 1:29
32. Le Jazz Club Aux Mousquetaires 1:30
33. Pot-Pourri Des Mousquetaires 2:02

Various Instruments – François Hadji-Lazaro
Bass – Boubouche
Double Bass – Alain Wampas
Drums – Xavier Mesa
Guitar – Moby Dick (11), Robert Bazarte
Keyboards – Alex Reitzman
Saxophone – Pierre Rigaud
Trombone – Bernard Maitre
Trumpet – François Martin
Vocals – Sapu

FRANÇOIS HADJI-LAZARO

SaMeDi
Lene "Play with Me" (2003)
ou "Post-Barbie Girl"

Comment ça vous ne connaissez pas Lene ? Outre un physique qu'on remarque et une charmante frimousse, elle fut la reine (et l'est redevenue, le groupe s'étant reformé) des dance-poppers norvégiens d'Aqua, mais si, vous savez, Barbie Girl, ce one hit one-hit-wonder aussi agaçant qu'addictif, aussi fun que nauséeux avec son hymne, certes décalé, à la femme objet. Femme objet qu'était donc Lene, dans le clip, mais certainement pas derrière les spotlights où, plus qu'une simple potiche, elle participe activement à l'écriture, pour ce que ça vaut glisseront les tenants du bien-écoutant... Bref, en 2003, Aqua n'est plus qu'un souvenir et Lene, Nystrøm de son nom de famille, se lance dans une carrière solo avec, ô! surprise, un album de dance pop dans la droite lignée de qui vous savez. Play with Me qu'il s'appelle, un titre qu'on mettrait bien à exécution et une galette rondement menée qui, n'en doutons pas, saura séduire les amateurs du genre. Parce qu'elles sont bien troussées ces chansons, absolument classiques dans le genre, les figures du genre de l'époque (Madonna encore et toujours, Kylie Minogue, Britney Spears ou, déjà, Beyoncé) ne sont jamais bien loin, mais, à l'image d'un It's Your Duty (to Shake That Booty), single introductif et tube au Danemark et ne Norvège, passé sous silence chez nous d'ailleurs, absolument réussi et diablement efficace où la voix mutine de Lene fait merveille, c'est une affaire qui roule, une belle mécanique de précision parce qu'autour, il n'y a rien qui ne déçoive si on n'attend pas de Play with Me autre chose que ce qu'un album de dance-pop est capable d'offrir, une belle quarantaine de minutes de "mindless fun" pour se secouer le popotin avec même de jolies ballades (le trip-hop au refrain qui pète façon power ballad 80s, Bad Coffee Day, le classieux et cotonneux Scream qui clôt l'album en beauté) ou de belles trouvailles d'arrangements (les flaveurs orientales discrètes de Virgin Superstar et Up in Smoke, la guitare compressée d'It's Your Duty, Play with Me ou Surprise). Rien de révolutionnaire mais, indéniablement du travail bien fait et une galette finalement assez fraiche (la voix de Lene y est pour beaucoup) et donc largement recommandable si, prioritairement, aux amateurs du genre. Et aux curieux qui tomberaient par chance dessus, on ne sait jamais et qui auront sans doute un peu honte de l'aimer, ce petit album...

1. Virgin Superstar 3:24
2. Pretty Young Thing 4:24
3. It's Your Duty 3:06
4. Play with Me 3:05
5. Bad Coffee Day 4:44
6. Here We Go 3:43
7. Bite You 3:29
8. Up in Smoke 3:38
9. We Wanna Party 3:18
10. Pants Up 3:31
11. Surprise 3:01
12. Scream 3:44

LENE

mardi 17 mai 2016

Hommaginary I

Une sélection d'hommages. Oui mais une sélection d'hommages de qualité. Et puis une sélection d'hommage "contrainte" puisque ici ne se trouvent que des opus d'un artiste (ou groupe) honorant un autre et pas de ces compilations bancales où des artistes de seconde zone essayent de redorer leur blason avec la gloire de ceux qu'ils reprennent. Bref, c'est Hommaginary et, croyez-moi, ça va vous plaire ! Enjoie !

JaCQueS BReL
Scott Walker "Scott Walker Sings Jacques Brel" (1981)
ou "Communion"

Il y a un petit miracle dans cette rencontre entre un répertoire, celui de Jacques Brel adapté en anglais par Mort Shuman (pour la revue Jacques Brel Is Alive and Well and Living in Paris), et un interprète, le jeune roi de la chanson dramatique Scott Walker, transfuge du boys band, des sixties, ça change quand même beaucoup de chose, les Walker Brothers. Un petit miracle audible sur cette compilation des débuts des années 80 qui, compilant les nombreuses reprises de la fin des années du fameux belge par son américain disciple, prouve que reprendre Brel est possible même sans être son clone vocal. Il suffit pour ça, et ça tombe bien, c'est la spécialité d'alors de Scott, de véhiculer une similaire intensité dramatique. Walker y ajoutant un détachement, un second degré très britannique (pas un surprise pour cet anglophile yankee), les orchestrations, fidèles aux originales sans tout à fait les répliquer, fonctionnant au-delà des espérances nous nous retrouvons avec un hommage, de tout premier ordre, d'un grand à un autre. Bravo.

1. Mathilde 2:40
2. Amsterdam 3:07
3. Jackie 3:25
4. My Death 5:00
5. Next 2:53
6. The Girls and the Dogs 3:11
7. If You Go Away 5:01
8. Funeral Tango 2:58
9. Sons Of 3:42

SCOTT WALKER
JACQUES BREL

MeTaLLiCa 1
Die Krupps "A Tribute to Metallica" (1992)
ou "Industriallica"

Reprendre quelques classiques de Metallica sans guitare mais avec plein de synthés industrieux et de boîtes à rythmes rageuses ? Pas très original aujourd'hui vous me direz mais Die Krupps étaient les premiers. En plus les teutons, qui ne tarderont pas à ajouter des guitares à leur musique métallisant ainsi leur rock indus mais n'en sont pas encore là, ont l'élégance de ne pas s'éterniser avec une tracklist resserrée pour un EP tout de même plein jusqu'à la garde (28 minutes et quelques secondes, on a vu des albums à peine plus longs). Mais l'essentiel c'est que l'étrange rapprochement fonctionne que ce soit sur les morceaux qui rockent (Enter Sandman), ceux qui thrashent (Battery) et même sur les ballades (Nothing Else Matters). Et donc ? Recommandé si vous aimez tellement Metallica que vous voulez l'entendre à toutes les sauces et dans tous les états.

1. Enter Sandman 5:29 
2. Nothing Else Matters 6:06 
3. Blackened 6:33 
4. Battery 5:20 
5. For Whom The Bell Tolls 4:56

Jürgen Engler – vocals, keyboards, samplers 
Ralf Dörper – keyboards, samples
Rüdger Esch - bass

DIE KRUPPS
METALLICA

MeTaLLiCa 2
Apocalyptica "Plays Metallica by Four Cellos" (1996)
ou "Cellollica"

Quatre violoncelles pour rendre hommage au plus grand groupe de metal de tous les temps ? Nous savons désormais, parce que l'album a connu une belle carrière,  que ça fonctionne, on avait nettement plus de doutes lorsqu'en 1996 l'album originel d'Apocalyptica apparut dans les bacs nous faisant nous écrier force de WTF parce que, franchement, ça avait tout l'air de la plus mauvaise idée du monde. Alors certes, même électrifiés comme le sont les quatre instruments des finlandais à qui la drôle d'idée est passée par la tête, il y a une certaine aridité à entendre des versions (mélodiquement très fidèles) de chansons qu'on a tellement écouté qu'on les connait presque aussi bien que si on les avait composé soi-même mais aussi un vrai courant d'air frais qui fait que, même si on ne revient pas tous les jours sur ce diable d'album, cet Apocalyptica Plays Metallica by Four Cellos est encore et toujours une galette sur laquelle on se penche à nouveau avec plaisir. Recommandé aux amateurs de violoncelles, de Metallica et d'expériences soniques hors du commun.

1. Enter Sandman 3:40
2. Master of Puppets 7:16
3. Harvester of Sorrow 6:14
4. The Unforgiven 5:21
5. Sad but True 4:48
6. Creeping Death 5:06
7. Wherever I May Roam 6:08
8. Welcome Home (Sanitarium) 5:50

Eicca Toppinen - Cello 
Paavo Lötjönen - Cello 
Max Lilja - Cello 
Antero Manninen - Cello

APOCALYPTICA
METALLICA

PeTeR GReeN
Gary Moore "Blue for Greeny" (1995)
ou "Le Maître et l’Élève"

Quand un excellent instrumentiste s'attaque au répertoire de celui qui fut sa principale influence de jeunesse, ça donne un album forcément bourré d'émotion et de belles démonstrations guitaristiques. Or, donc, l'interprète de l'occurrence est le nord-irlandais Gary Moore qui, présentement en plein dans sa période blues, saisit l'opportunité de rendre hommage au six-cordiste que beaucoup ne connaisse que pour sa participation aux débuts de Fleetwood Mac, Peter Green. Dans les faits, Green étant plus connu pour ses effets de manche que sa délicate écriture, c'est à un album de blues rock d'un immense classicisme auquel nous sommes conviés, où les saillies d'un Moore toujours aussi en verve sont l'attraction principale. Alors, bien-sûr, on apprécie ces petits cuivres rhythm'n'blues venu relever la sauce, le grand professionnalisme du reste des accompagnateurs aussi (dont le bassiste Andy Pyle qu'on aura croisé chez les Kinks, Wishbone Ash ou Savoy Brown, excusez du peu !) mais, clairement, la star, c'est Gary tant et si bien qu'on en finit par oublier l'hommagé de service qui disparait largement derrière la personnalité de son hommageur. Pas que ce soit bien grave, notez, parce qu'avec une sélection sans faux-pas, une interprétation évidemment à la hauteur, Blues for Greeny est une vraie belle réussite qu'on conseillera chaudement à tous les amateurs de guitare électrique d'exception et de blues rock de qualité supérieure. Pas si mal...

1. If You Be My Baby 6:38
2. Long Grey Mare 2:04
3. Merry-Go-Round 4:14
4. I Loved Another Woman 3:05
5. Need Your Love So Bad 7:54
6. The Same Way 2:35
7. The Supernatural 3:00
8. Driftin' 8:29
9. Showbiz Blues 4:08
10. Love That Burns 6:28
11. Looking For Somebody 7:12

Gary Moore - guitar, vocals
Tommy Eyre - keyboards
Nick Payn - baritone saxophone
Nick Pentelow - tenor saxophone
Andy Pyle - bass
Graham Walker - drums

GARY MOORE
PETER GREEN

MaRViN Gaye
Everette Harp "What's Going On" (1997)
ou "A l'impossible nul n'est tenu"

Reprendre un des albums les plus célébrés de l'histoire n'est pas une mince tâche c'est pourtant à celle-ci que s'attèle le saxophoniste Everette Harp sur sa recréation du What's Going On de Marvin Gaye. Et quelle recréation !, où l'on croise des moments absolument fidèles à l'album d'origine, juste ce qu'il faut pour ne pas s'y perdre, mais aussi des versions ouvertement jazzées, d'autres glissant allègrement vers un excellent blues, et même quelques détours vers le hip-hop, un genre qu'on n'attendait pas forcément là (album sur Blue Note oblige) mais s'intègre joliment à l'éclectique ensemble. Comme vous connaissez forcément déjà l'inattaquable qualité des chansons, il ne me reste plus, sans trop en dévoiler donc, afin de ne point trop éventer les belles surprises qui vous sont ici réservées, qu'à vous recommander ce What's Going On en version relecture de grande qualité qui, évidemment, n'égale pas tout à fait son modèle mais, comme à l'impossible nul n'est tenu, et quand la réussite est de ce niveau... Vous m'avez compris.

1. What's Going On 5:45 
2. What's Happening Brother 2:58 
3. Flyin' High (In The Friendly Sky) 5:00 
4. Save The Children 5:01 
5. God Is Love 2:34 
6. Mercy Mercy Me 2:58 
7. Right On 7:08 
8. Wholy Holy 5:32 
9. Inner City Blues (Make Me Wanna Holler) 6:40 
10. Inner City Blues (Reprise) 1:24 

Yolanda Adams - Vocals
Sherron Bennett - Choir/Chorus 
Charlie Bisharat - Strings 
Cassie Bonner - Background Vocals
Jessie Campbell  - Background Vocals
Kirk Carr - Choir/Chorus, Vocal Arrangement 
Troy Clark - Choir/Chorus 
George Duke - Piano
Linsey Fiddmont  - Background Vocals
Ray Fuller - Guitar 
Gary Grant - Trumpet 
Arsenio Hall - Speaking Part 
Everette Harp - Arranger, Flute, Keyboards, Programming, Saxophone, Background Vocals
Melissa "Missy" Hasin - Strings 
Howard Hewett - Vocals 
Jerry Hey - Horn Arrangements, Trumpet 
Mark Hollingsworth - Sax (Baritone) 
Iris Howse - Choir/Chorus 
Munyungo Jackson - Percussion 
Michael James - Strings 
Larry Kimpel - Bass 
Chaz Lamar - Choir/Chorus 
Dawnn Lewis - Speaking Part 
Maxayn Lewis  - Background Vocals
Kenny Loggins - Vocals 
Valerie Mayo  - Background Vocals
Andrea McClurkin-Mellini - Choir/Chorus 
Najee - Flute
Lori Perry  - Background Vocals
Greg Phillinganes - Arranger, Organ 
Doc Powell - Guitar
Lil John Roberts - Drums 
David Van De Pitte - Arranger, Orchestration 
Kirk Whalum - Sax (Tenor) 
Wil Wheaton  - Background Vocals
Fred White  - Background Vocals
Yvette Williams - Choir/Chorus 
Don Wyatt - Piano 
Reggie C. Young - Trombone

EVERETTE HARP
MARVIN GAYE

LeD ZePPeLiN
Great White "Great Zeppelin: A Tribute to Led Zeppelin" (1998)
ou "Révérences"

Si vous vous attendez à de l'originalité en écoutant le live hommage à Led Zeppelin des hard-rockers américains de Great White, vous allez être déçus. En l'occurrence, c'est évident dès la pochette (bien vue, la pochette), ces gars-là on envie de se faire plaisir, envie de jouer à être Led Zeppelin, et c'est très bien comme ça ! Très bien parce que Jack Russell s'y entend très bien pour faire son Robert Plant, très bien parce que le reste du groupe est au diapason de la performance "clonesque" de son vocaliste, très bien surtout parce que le quintet s'y amuse beaucoup et que ça s'entend et que c'est absolument communicatif. Alors, bien-sûr, comme pour l'interprétation, vous chercherez longtemps l'originalité dans le choix des titres, et pour cause, il n'y en a aucune sauf à considérer qu'en incluant aussi des morceaux moins ouvertement hard rock Great White surprenne, pas vraiment en fait comme le savaient déjà ceux qui connaissent le répertoire des vétérans angelenos. Bref, l'important est le plaisir qu'on y prend et, à la condition d'aimer Led Zeppelin, évidemment, il est bel et bien au rendez-vous de ce Great Zeppelin forcément accessoire mais néanmoins absolument sympathique, et donc recommandable.

1. In the Light 6:06
2. Living Loving Maid (She's Just a Woman) 3:30
3. Ramble On 5:11
4. Since I've Been Loving You 6:44
5. No Quarter 8:02
6. Tangerine 3:05
7. Going to California 4:13
8. Thank You 4:37
9. D'yer Mak'er 4:44
10. All My Love 6:12
11. Immigrant Song 2:21
12. When the Levee Breaks 6:51
13. The Rover 6:00
14. Stairway to Heaven 8:35

Jack Russell - vocals
Mark Kendall - guitar
Michael Lardie - guitar, keyboards
Sean McNabb - bass
Audie Desbrow - drums

GREAT WHITE
LED ZEPPELIN
eLViS PReSLey
Barb Jungr "Love Me Tender" (2005)
ou "Another Pelvis"

Elvis Presley comme vous ne l'avez jamais entendu ! C'est, en bref, le programme que nous propose l'anglaise Barb Jungr sur Love Me Tender , tribute au King du Rock'n'Roll pour le moins surprenant (euphémisme !).
La première surprise est de voir combien le répertoire d'une pop icône peut être retranscrite avec succès dans une conception si diamétralement opposée à son intention originelle. parce que ce jazz fin et nuancé, presque ambient, donne à des mélodies déjà très réussies une toute autre ampleur tant et si bien qu'on ne peut que louer les travaux d'arrangeurs et d'interprètes de la doublette créatrice d'un tel tour de force : Adrian York et Jonathan Cooper, partenaires réguliers de Dame Jungr ici en exceptionnelle forme (re)créatrice.
La seconde surprise est d'entendre une voix féminine se glisser aussi facilement dans les habits d'un sex-symbol si typiquement mâle. En l'espèce Barb Jungr ne tente jamais de s'approcher de l'artiste qu'elle a choisi d'honorer y préférant une sensibilité nettement plus contrastée et, en toute logique, extrêmement féminine. Ce faisant, vocalement, elle crée un toute autre univers, débarrassé de toute testostérone. Et c'est en définitive une excellente nouvelle qui permet d'apprécier à leur juste valeur, sans vouloir à tout prix comparer la reprise à son modèle, des compositions qu'on aurait pu croire à jamais figé en une immuable image d’Épinal.
Certes, les puristes, les fans hardcore d'Elvis the Pelvis ne s'y retrouveront pas forcément, conservateurs qu'ils sont. Pour les autres, ceux qui cherchent avant tout le frisson d'une bonne musique expertement conçue et vectrice d'émotions fortes, Love Me Tender est indéniablement un immanquable. Et ça, ce sera tout sauf une surprise pour qui a gouté au deux tributes à Bob Dylan commis par une artiste rare et hélas trop méconnue. Love Me Tender est un tribute de grande classe, vous aurez été prévenus.

1. Love Letters (Straight From Your Heart) 3:14
2. Heartbreak Hotel 4:04
3. Long Black Limousine 4:22
4. Wooden Heart 3:07
5. Are You Lonesome Tonight 7:59
6. Kentucky Rain 4:49
7. In The Ghetto 3:40
8. Love Me Tender 5:26
9. Always On My Mind 5:05
10. I Shall Be Released 5:32
11. Tomorrow Is A Long Time 5:58
12. Looking For Elvis 3:44
13. Peace In The Valley 2:58

Barb Jungr - Vocals
Adrian York - Bells, Celeste, Electronics, Organ, Piano, Synthesizer, Backing Vocals, Vocoder, Waterphone
Jonathan Cooper - Clarinet, Main Piano, Sampling
Mario Castronari - Bass, Double Bass
Rebecca Brown - Viola, Violin
Thangam Debbonaire - Cello
William Jackson - Harp
Ian Shaw - Backing Vocals
Mari Wilson - Backing Vocals

BARB JUNGR
ELVIS PRESLEY

SeRGE ReZVaNi
Helena Noguerra "Fraise Vanille" (2007)
ou "Fraichement Pop"

"Fraise vanille. Prononcez Rezvani. Rezvani, Serge de son prénom et auteur compositeur de quelques incontournables musiques de films de la Nouvelle Vague, de Godard à Truffaut interprétées et immortalisées par de bien belles femmes dont bien entendu Jeanne Moreau ou encore Anna Karina. Mais cette époque est finie. Aujourd'hui, rares sont les actrices qui donnent de la voix. On est plutôt dans une phase top model sur le retour qui pousse la chansonnette sans grande inspiration, souvent en reprenant des classiques des années yéyé ou de grands textes de poètes anglais. Bref, vous voyez ce que je veux dire. Helena Noguerra n'a pas de chance a priori puisque elle fut top model et qu'elle arrive avec cet album fait de reprises d'une poignée de chansons de Serge Rezvani. Et si je n'avais pas eu la chance de voir la demoiselle en concert peu de temps avant, je ne suis pas certain que j'aurais donné bien cher de la peau de ce Fraise Vanille. Et pourtant... Il faut reconnaitre que c'est une réussite à la hauteur du challenge. Helena réussit en effet à s'approprier ces mélodies qui appartiennent sinon au domaine public au moins à tout un chacun. Comme lors du live et malgré le casting prestigieux figurant sur ce disque (Vincent Delerm, Philippe Katerine, Julien Baer...), les arrangements ne sont jamais lourds, les duos toujours très délicats et tout est mis au service des chansons, même si Vincent Delerm sur "Les mots de rien" ne peut pas s'empêcher de jouer avec sa voix... agaçante. Cerise sur le sorbet, "Caresse moi, j'adore ça" est un titre inédit composé par Rezvani pour Noguerra et on se rend compte que le monsieur n'a rien perdu de sa plume, il sait toujours aussi bien faire chanter les belles femmes. Un disque à la fois désuet, mélancolique et incroyablement frais, aussi pétillant que les yeux de son interprète." (David, Froggy's Delight)

1. Le tourbillon 2:43
2. Les Mots de rien 2:02
3. Adieu ma vie 2:01
4. La Vie s'envole 2:57
5. Tout morose 3:30
6. La Vie de cocagne 2:37
7. Les Autoroutes 2:34
8. J'ai la mémoire qui flanche 2:47
9. La Peau Léon 2:17
10. Moi je préfère 3:20
11. A travers notre chambre 4:33
12. Jamais je ne t'ai dit... 4:02
13. Caresse-moi, j'adore ça 3:34
14. Notre folle jeunesse 2:30
15. Minuit Orly 4:48
16. Les Mensonges 3:38
17. Nous vivions deux 2:01
18. Blues indolent 3:52
19. La Bécasse 1:35

Helena - chant
Seb Martel - guitare, lapsteel, banjo, beat box, harmonica, flûte, basse, chœurs
Philippe Eveno - guitares
Bertrand Burgalat - vibraphone
Benoît Delbecq - piano, BassStation, Casio, programmations
Jeff Boudreaux - batterie
Fabrice Barré - clarinette
Pamelia Kurstin - theremin
Julien Baer - piano, melodica, harmonica
Alberto Nogueira - peigne
Olivier Koundono - violoncelle
Martin Gamet - contrebasse
Christophe "Disco" Mink - basse
Franck Monnet - chœurs
Katerine - chant et guitare (19)
Vincent Delerm - chant (2)
Marie-France - chant (12)
Serge Rezvani - chant (17)

HELENA NOGUERRA
SERGE REZVANI (& JEANNE MOREAU)

BiLLie HoLiDay
Laïka Fatien "Misery: A Tribute to Billie Holiday" (2008)
ou "Inspiration"

L'immense tragédienne du jazz que fut Billie Holiday, par sa voix comme par sa vie, n'est pas si souvent reprise et il y a une raison à ça, ce n'est pas facile de s'attaquer à un tel monument à la voix si immédiatement reconnaissable et si émotionnellement déchirante. C'est pourtant bien la mission que s'est assignée la chanteuse/comédienne française Laïka Fatien, sur son Misery: A Tribute to Billie Holiday de 2008, gonflé. Intelligemment, il n'y a qu'un aspect des performances de la grande Billie que Laïka s’attèle à imiter : son intensité. Pour le reste, usant de sa voix, qu'elle a fort jolie d'ailleurs, d'un Strange Fruit aussi réussi que celui de Robert Wyatt (c'est pas peu dire !) à un Left Alone tout de velours vêtu, passant évidemment par tous les incontournables du répertoire (dont l'obligatoire Gloomy Sunday qu'elle "emballe" avec une vraie belle classe dramatique), Laïka réussit son impossible : exister dans l'ombre de son sujet de choix, c'est déjà beaucoup et fait de Misery, où elle est excellemment bien entourée (dont le coltranien saxophoniste David El-Malek sur trois titres, on apprécie), album de jazz intimiste d'un immense classicisme, une belle réussite qu'on recommande, chaudement.

1. Strange Fruit 5:12   
2. Lady's Back in Town 4:15   
3. Don't Explain 3:07   
4. You Can't Lose a Broken Heart 3:18   
5. What's New 2:07   
6. All of You 3:39   
7. How Deep Is the Ocean 4:39   
8. Lover Come Back to Me 4:39   
9. Misery 4:38   
10. You Turned the Tables on Me 4:54   
11. Gloomy Sunday 5:12   
12. Left Alone 5:21

Laïka Fatien - vocals
Robert Glasper - piano
David El Malek - tenor saxophone (4, 5, 12)
Daryl Hall - double bass
Gregory Hutchinson - drums

LAIKA FATIEN
BILLIE HOLIDAY

ToWNeS VaN ZaNDT
Steve Earle "Townes" (2009)
ou "Du même bois"

Il y a des rapprochements qui font immédiatement sens. Ainsi quand Steve Earle hommage Townes Van Zandt, on sait d'emblée que la réussite sera au bout de l'expérience, déjà parce que Steve n'a jamais fait secret de l'énorme influence de Townes sur son œuvre, ensuite parce que, tous deux témoins d'une Amérique à la marge, ces deux gars sont fondamentalement du même bois. Alors, voilà, en 26 titres, 15 dans une veine country folk americana dont l'interprète s'est fait la spécialité, 11 d'iceux repris par Earle seul pour la version Deluxe (qu'on recommande donc), c'est effectivement à un bel hommage qu'on a droit. Tous les classiques du maudit texan y sont, tous y sont surtout bien repris par un Steve très impliqué dans son sujet (à tel point que Townes est le second prénom de son fils, Justin, présent sur la galette), vibrant de toutes ses cordes (de guitare, de mandoline comme vocales) pour ce qui, souhaitons, orientera les auditeurs vers les œuvres de l'hommagé, qui méritent ô combien le détour. Townes ? C'est une parfaite introduction à l'écriture sensible et intelligente de l'homme Van Zandt par un de ses plus beaux disciples, un vrai bonheur.

CD 1
1. Pancho and Lefty 4:01
2. White Freightliner Blues 3:27
3. Colorado Girl 3:35
4. Where I Lead Me 3:29
5. Lungs 2:18
6. No Place To Fall 2:52
7. Loretta 3:14
8. Brand New Companion 5:12
9. Rake 3:22
10. Delta Momma Blues 5:14
11. Marie 4:52
12. Don t Take It Too Bad 3:12
13. Mr. Mudd and Mr. Gold 2:17
14. (Quicksilver Daydreams of) Maria 3:20
15. To Live Is To Fly 3:40

CD 2
Solo Recordings
1. Pancho and Lefty 4:01
2. Where I Lead Me 3:37
3. Lungs 2:22
4. No Place To Fall 2:56
5. Loretta 3:14
6. Brand New Companion 5:11
7. Rake 3:21
8. Marie 4:49
9. Mr. Mudd and Mr. Gold 2:33
10. (Quicksilver Daydreams of) Maria 3:15
11. To Live Is To Fly 3:36

Steve Earle - Guitar, Harmonica, Harmonium, Mandola, Mandolin, Percussion, Vocals
Steven Christensen - Percussion 
Shad Cobb - Fiddle
Dennis Crouch - Bass
Justin Townes Earle - Guitar, Vocals 
Allison Moorer - Vocals 
Tom Morello - Guitar
Greg Morrow - Drums
Tim O'Brien - Mandolin 
Darrell Scott - Banjo, Dobro
John Spiker - Bass

STEVE EARLE
TOWNES VAN ZANDT

KaTe BuSH
Theo Bleckmann "Hello Earth! The Music of Kate Bush" (2011)
ou "Transformation"

Par sûr que cet album fasse très plaisir aux fans de la miss Bush, et pourtant quelle splendeur ! Pas sûr qu'il leur fasse plaisir parce que Theo Bleckmann, qu'on a entendu, toujours sur l'excellent label Winter & Winter, reprendre du Charles Ives (très loin d'ici donc), prend de très large liberté avec le répertoire de Kate, parce que sa transposition de l'elfe pop-prog en jazz moderne et éthéré (mais pas seulement...), pour réussi qu'il soit, et il l'est !, n'est pas forcément ce à quoi on s'attend d'un hommage à Kate Bush. Mais voilà, contre toute attente, et là les auditeurs amateurs de Kate aussi parce que c'est une artiste fondamentalement libre dresseront l'oreille, dès un Running Up That Hill en sensible crescendo, en passant par moult surprises et trouvailles (un Violin franchement punk, un Army Dreamers enjoué et percussif, un Love and Anger en mode brésilien), on tombe sous le charme d'une galette aussi ludique que passionnée où des musiciens d'immense qualité prennent un audible plaisir à honorer une artiste qu'ils aiment, impossible qu'il en soit autrement, mais pas au point de la "copie-carboner" ou, plutôt, qu'ils aiment tant qu'ils ont compris que Kate, toujours !, a cherché et souvent trouvé, ne s'interdisant rien, jamais. Et c'est, finalement, ce que nous offre ce Hello Earth, une lecture libre qui n'a d'autre but que de mettre en valeur le répertoire de choix et qu'on suit, une heure durant, avec un réel émerveillement. Bluffant. Merci monsieur Bleckmann.

1. Running Up That Hill 6:37 
2. Suspended In Gaffa 4:14 
3. And Dream Of Sheep 4:37 
4. Under Ice 3:20 
5. Violin 2:42 
6. Hello Earth 4:59 
7. Cloudbusting 3:44 
8. All The Love 6:01 
9. Saxophone Song 4:58 
10. Army Dreamers 2:30 
11. The Man With The Child In His Eyes 4:35 
12. Watching You Without Me 4:13 
13. Love And Anger 3:52 
14. This Woman’s Work 4:00 

Drums, Percussion, Voice – John Hollenbeck
Electric Bass, Voice – Skúli Sverrisson
Piano, Synthesizer, Voice – Henry Hey
Violin, Electric Guitar, Voice – Caleb Burhans
Vocals, Piano, Glockenspiel  – Theo Bleckmann

THEO BLECKMANN
KATE BUSH

PiNK FLoyD 1
Gov't Mule "Dark Side of the Mule" (2014)
ou "Gov't Floyd"

Quand un jam band largement influencé par le Grateful Dead et le Allman Brothers Band s'attaque, en live !, au monument progressif et psychédélique qu'est Pink Floyd, ça donne ? Dark Side of the Mule, pardi !
A l'origine, un concert de le soir d'halloween 2008 au Orpheum Theatre de Boston, dont la présente galette n'est que portion congrue*, est oubliée la première partie du set et le rappel final tous deux dédiés à d'autres horizons musicaux, où Warren Hayes et ses petits gars, alias Gov't Mule, osent, ils ont de l'estomac, reprendre cette référence pourtant quelque peu éloignée de leurs habituelles préoccupations. On pouvait donc, en toute logique, avoir quelques doutes sur la viabilité d'un tel projet, doutes vite balayés par le talent d'une formation avant tout dédiée à ses fans ô combien fidèles et souhaitant, donc, toujours leur offrir de nouvelles expériences en plus de repousser ses propres limites supposées. Au programme, une douzaine de chansons de la période post-Barrett du Floyd issus de Meddle, Wish You Were Here, Animals et, comme le titre de la galette le laisse deviner, The Dark Side of the Moon avec rien moins que six extraits, que du lourd, quoi avec, comme c'est pratique, deux choristes ayant pris part aux grand-messes publiques du groupe hommagé (Machan Taylor et Durga McBroom). Le groupe, sans forcément tenter de réinventer la roue, c'est heureux, infuse sa personnalité dans le répertoire amenant, à minima, des petits machins qu'on accueille avec plaisir et rendent l'ensemble moins dérivatif qu'il n'y parait. On a ainsi droit, par exemple, à un Have a Cigar nettement plus bluesy et groovy que sa version originale, à un Fearless joliment électrifié, à un Shine on You Crazy Diamond bordant souvent la paranoïa. Pas une révolution en soi mais d'aptes versions permettant de jouir pleinement de la performance sans avoir l'impression d'écouter un bête tribute band.
Dark Side of the Mule ? Un bel hommage si imparfait (live, quoi !) qui plaira autant aux fans de Pink Floyd qu'à ceux de Gov't Mule. Mission accomplie.
* à noter qu'il existe une version complète du concert sur quatre cd.

1. One of These Days 6:15
2. Fearless 5:37
3. Pigs on the Wing, Pt. 2 1:37
4. Shine on You Crazy Diamond, Pt. 1-5 13:57
5. Have a Cigar 6:27
6. Breathe (In the Air) 3:20
7. Time 6:48
8. Money 7:15
9. Comfortably Numb 6:10
10. Shine on Your Crazy Diamond, Pt. 6-9 13:59
11. Wish You Were Here 6:02

Warren Haynes - guitar, producer, vocals
Danny Louis - guitar, keyboards, backing vocals
Jörgen Carlsson - bass
Matt Abts - drums, percussion, vocals
Ron Holloway - saxophone
Machan Taylor - background vocals
Durga McBroom - background vocals
Sophia Ramos - background vocals
Leslie Bloome - sound effects

GOV'T MULE
PINK FLOYD

PiNK Floyd 2
Nguyên Lê "Celebrating Dark Side of the Moon" (2014)
ou "Jazz Side of the Moon"

Alors que ce qui reste de Pink Floyd se vautre dans le revivalisme le plus commercialement intéressé revisitant de vieilles bandes en un douteux hommage à leur décédé claviériste, il est encore des instrumentistes qui font vivre la musique référentielle que nous connaissons tous. Voici Nguyên Lê et son tribute au légendaire Dark Side of the Moon, une célébration, comme son titre l'indique, une vraie !
On y trouve une relecture respectant son sujet sans oublier cependant de prendre quelques libertés, de pousser l'enveloppe d'une partition connue par cœur. Et il fallait oser !, oser transcrire une pièce ô combien révérée pour big band, gonflé ! Alors, certes, on ne niera pas l'opportunité calendaire qu'a su saisir le label ACT en commissionnant la création dudit tribute - en même temps que le piteux The Endless River et l'anniversaire du demi-siècle de la formation honorée - mais c'est, fondamentalement, d'Art dont il s'agit, et d'une exceptionnelle mais finalement pas surprenante réussite. Pas surprenante parce que Nguyen Lê n'en est pas à ses premiers faits d'armes lui qui a déjà hommagé, et bien !, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, les Beatles ou Bob Marley et sait donc transformer, s'approprier le matériau d'autrui avec brio. Pas surprenante parce que NDR Bigband , l'orchestre jazz de la radio/télévision publique du même nom, est un bel ensemble de professionnels accomplis bien dirigé par un chef talentueux, Jörg Achim Keller, et doté de solistes de qualité, on citera Christof Lauer dont les explorations saxophoniques libres enluminent Time de nouveaux atours ô combien attrayants.
Y reconnaît-on l'œuvre originelle de Pink Floyd ? Oui. Triturée, déconstruite, reconstruite, manipulée mais toujours mélodiquement vivace et même, et là est peut-être le réel tour de force de la galette, dans les interludes originaux augmentant la tracklist canonique que créa Nguyên Lê pour l'occasion, c'est fort, et qui plus est souvent fun. Les fans s'y retrouveront-ils ? Ceux ayant un minimum le goût de la chose jazz et l'oreille aventureuse certainement, les intégristes, zélotes de la chose floydienne plus difficilement, forcément, quoique l'emballage technique et émotionnel du guitariste/leader ne devrait pas les laisser indifférents, pas plus que la performance, c'est le mot !, de la vocaliste sud-coréenne Youn Sun Nah en parfaite adéquation avec l'excellence de l'ensemble.
En l'espèce, dans un domaine différent mais avec d'égales volontés transformatrices, Celebrating the Dark Side of the Moon égale le désormais culte Dub Side of the Moon d'Easy-Star All Stars. C'est un compliment et une façon comme une autre de vous dire à quel point le fait est haut et chaudement recommandé. Bravo !

1. Speak to Me 1:56
2. Inspire 2:54
3. Breathe 2:33
4. On the Run 2:41
5. Time 9:51
6. Magic 2:20
7. Hear This Whispering 2:01
8. Great Gig in the Sky 2:16
9. Gotta Go Sometime 3:14
10. Money 6:12
11. Us and Them 7:51
12. Purple or Blue 2:53
13. Any Colour You Like 5:17
14. Brain Damage 4:13
15. Eclipse 2:34
un extrait du concert du New Morning

Nguyên Lê - electric guitar, electronics
Youn Sun Nah - vocals
Gary Husband - drums
Jürgen Attig - electric fretless bass
&
NDR Bigband
Conductor: Jörg Achim Keller
Trumpets: Thorsten Benkenstein , Benny Brown , Ingolf Burkhardt , Claus Stötter (solo on 12) & Reiner Winterschladen
Saxophones/reeds: Fiete Felsch (alto & flute/solo on 11), Peter Bolte (alto & flute), Christof Lauer (tenor & soprano/solo on 4), Lutz Büchner (tenor & soprano/solo on 14), Sebastian Gille (tenor & soprano), Marcus Bartelt (baritone & bass clarinet)
Trombones: Dan Gottshall , Klaus Heidenreich , Stefan Lottermann , Ingo Lahme (tuba & bass trombone)
Percussion: Marcio Doctor
Piano & synths: Vladyslav Sendecki (solo on 8)

NGUYÊN LÊ
PINK FLOYD