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lundi 24 juillet 2017

W comme...

Wow! Du Cabaret Jazz à la Soul/Funk en passant par la Country New School ou le Hard Rock millésimé et ô combien influent, en passant par du Rock Prog indémodable et libre, une petite merveille Indie Pop et l'album d'un Ange Cassé, si l'alphabet finit, la qualité ne baisse pas (...à mon humble avis). Alors, en rajouter, pour quoi faire ? Enjoie !

W comme...
WAITS, TOM "Nighthawks at the Diner" (1975)
Vrai Live en Vrai Studio

Live, mais en studio, Tom Waits égrène ses petites histoires d'une Amérique à la marge devant quelques happy-fews conviés à l'évènement, c'est Nighthawks at the Diner et c'est vachement bien !
Et donc, nous sommes au Record Plant de Los Angeles les 30 et 31 juillet 1975, ou au Raphael's Silver Cloud Lounge comme annoncé par Tom, où un jeune Waits, d'âge et de carrière, il n'a alors que deux albums studio dans sa besace, égrène non pas les beaux morceaux de son petit répertoire mais une sélection de nouveaux titres dans une ambiance de club enfumé et alcoolisé impeccablement recréé par l'équipe de production, les musiciens et, évidemment, un chanteur, compositeur et parolier sachant aussi bien raconter des histoires (les nombreux intermèdes introductifs où Tom fait preuve d'humour, souvent !, mais aussi d'un don de conteur qui ne fera que se confirmer) qu'habiter son répertoire de l'occasion. Et le répertoire, justement, mes amis, quelle belle collection de blues/jazz déjà très représentative du Waits que nous avons appris à connaître et à aimer, un artiste déjà en contrôle d'un songwriting héritier d'une vraie belle tradition étatsunienne qui sait la faire sienne,  jusqu'à une reprise d'une vieillerie country sauvée des eaux (Big Joe and Phantom 309)... Grand !
Les fans de Tom Waits connaissent déjà ce Nighthawks at the Diner ô combien référentiel, comme quasiment toute la carrière du monsieur, quoi, les autres feraient bien de se pencher sur cet objet atypique, sympathique et, c'est le mot, recommandé.

1. (Opening Intro) 2:58
2. Emotional Weather Report 3:47
3. (Intro) 2:16
4. On a Foggy Night 3:48
5. (Intro) 1:53
6. Eggs and Sausage (In a Cadillac with Susan Michelson) 4:19
7. (Intro) 3:02
8. Better Off Without a Wife 3:59
9. Nighthawk Postcards (From Easy Street) 11:30
10. (Intro) 0:55
11. Warm Beer and Cold Women 5:21
12. (Intro) 0:47
13. Putnam County 7:35
14. Spare Parts I (A Nocturnal Emission) 6:25
15. Nobody 2:51
16. (Intro) 0:40
17. Big Joe and Phantom 309 6:29
18. Spare Parts II and Closing 5:13

Pete Christlieb – tenor sax
Bill Goodwin – drums
Jim Hughart – upright bass
Mike Melvoin – piano, electric piano, guitar
Tom Waits – vocals, piano, guitar


W comme...
WATERS, ROGER "Amused to Death" (1992)
Amusement for the Masses

C'est, de loin, le meilleur album solo de son auteur, un concept album inspiré d'un livre de Neil Postman, Amusing Ourselves to Death, qui décrypte les us d'une société ultra-médiatisée, c'est Amused to Death de Roger Waters, œuvre à la fois terriblement moderne tout en se situant dans une grande tradition à laquelle elle fait honneur, un opus de toute première bourre en vérité.
Comme souvent avec Waters, un garçon tenu par ses obsessions, le développement du concept de l'album a commencé bien avant sa sortie, pendant la création de son précédent opus en fait, le controversé mais recommandé Radio K.A.O.S.. Dans les faits, album sur la dangereuse décadence de la société occidentale (capitalisme, guerre, médias, mépris d'autrui, etc.), œuvre sombre donc, on en a l'habitude avec le taciturne Waters, Amused to Death n'est pas exactement le genre d'opus qu'on conseillera à un dépressif chronique. Quoique la musique, souvent percée d'irremplaçables beauté, vient tempérer la noirceur du propos. Parce que côté composition, Roger s'est dépassé ! Dès l'introductif The Ballad of Bill Hubbard, un belle chanson d'ambiance dotée d'un puissant récitatif et de cordes émouvantes, on est pris par un tourbillon créatif qui ne se démentira pas, un rock progressif moderne et classique à la fois, de son temps dans le son mais encore héritier de la période dorée (les 70s !) dans la manière. La suite, entre rock épique (What God Wants Part I, The Bravery of Being Out of Range), et compositions plus nuancée (Watching TV avec la contribution vocale de Don Henley des Eagles, It's a Miracle et le moog magique du l'ancien collègue de Madonna, Patrick Leonard, l'éthéré Three Wishes, ou un magistral Amused to Death de conclusion), est un parfait panorama musical pour qui apprécie son rock exploratoire et mélodique.
Avec un line-up "all-star" plus venu pour contribuer que se montrer (Jeff Beck, Luis Conte, Steve Lukather, Jeff Porcaro, Don Henley, etc.), une production absolument parfaite, riche de moult field-recordings texturants, claire et précise, et, donc, un ensemble compositionnel constituant l'indéniable sommet de la carrière de Roger Waters en solo, Amused to Death, presque l'égal des plus belles heures de son ancien groupe, c'est dire !, est un album plus que recommandé, obligatoire !

1. The Ballad of Bill Hubbard 4:19
2. What God Wants, Part I 6:00
3. Perfect Sense, Part I 4:16
4. Perfect Sense, Part II 2:50
5. The Bravery of Being Out of Range 4:43
6. Late Home Tonight, Part I 4:00
7. Late Home Tonight, Part II 2:13
8. Too Much Rope 5:47
9. What God Wants, Part II 3:41
10. What God Wants, Part III 4:08
11. Watching TV 6:07
12. Three Wishes 6:50
13. It's a Miracle 8:30
14. Amused to Death 9:06

Roger Waters – vocals (all tracks except 1), bass guitar (tracks 2 and 13), synthesisers (tracks 2 and 4), guitar (tracks 5, 11 and 14)
Patrick Leonard – keyboards (all tracks except 6 and 7), percussion programming (track 1), choir arrangement (tracks 2, 9-11 and 13), vocals (track 4), acoustic piano (tracks 11 and 13), Hammond organ (track 5), synthesisers (tracks 5 and 13)
Jeff Beck – guitar (tracks 1, 2, 10-14)
Randy Jackson – bass guitar (tracks 2 and 9)
Graham Broad – drums (all tracks except 1, 5, 11 and 13), percussion (tracks 6 and 7)
Luis Conte – percussion (all tracks except 2, 5, 9, 11, 13 and 14)
Geoff Whitehorn – guitar (tracks 2, 8, 10 and 14)
Andy Fairweather Low – guitar (tracks 2, 6-9, 11 and 12), vocals (tracks 6 and 7)
Tim Pierce – guitar (tracks 2, 5, 9 and 12)
B.J. Cole – guitar (tracks 3 and 4)
Steve Lukather – guitar (tracks 3, 4 and 8)
Rick DiFonso – guitar (tracks 3 and 4)
Bruce Gaitsch – guitar (tracks 3 and 4)
James Johnson – bass (all tracks except 1, 2, 5, 9 and 11)
Brian Macleod – snare (tracks 3 and 4), hi-hat (tracks 3 and 4)
John Pierce – bass guitar (track 5)
Denny Fongheiser – drums (track 5)
Steve Sidwell – cornet (tracks 6 and 7)
John Patitucci – bass guitar (track 11)
Guo Yi & the Peking Brothers – dulcimer, lute, zhen, oboe, bass (track 11)
John "Rabbit" Bundrick – Hammond organ (track 12)
Jeff Porcaro – drums (track 13)
Marv Albert – vocals (track 4)
Katie Kissoon – vocals (tracks 2, 8, 9, 12 and 14)
Doreen Chanter – vocals (tracks 2, 8, 9, 12 and 14)
N'Dea Davenport – vocals (track 2)
Natalie Jackson – vocals (tracks 2 and 5)
P.P. Arnold – vocals (tracks 2, 3, 4 and 10)
Lynn Fiddmont-Linsey – vocals (track 5)
Jessica Leonard – vocals (track 8)
Jordan Leonard – vocals (track 8)
Don Henley – vocals (track 11)
Jon Joyce – vocals (track 13)
Stan Farber – vocals (track 13)
Jim Haas – vocals (track 13)
Rita Coolidge – vocals (track 14)
Alf Razzell – vocals (tracks 1 and 14)


W comme...
WEEN "White Pepper" (2000)
Epicé Pop

Que se passe-t-il quand l'un des plus beaux fleurons bizarro-pop se met dans l'esprit d'accoucher d'un album normal ? Il se passe White Pepper, 7ème album des faux-frères Dean & Gene Ween, et le pire c'est que ça marche du tonnerre de Zeus !
Indéniablement, il y a du Beatles (mais pas seulement...) dans ce Ween-là, et pas que dans un titre jouant avec ceux de deux des plus fameuses créations de quatre de Liverpool (Sgt. Pepper, White Album), dans la manière d'accommoder la pop, de l'épicer de moult flaveurs pour un résultat aussi flatteur à l'oreille qu'imaginatif. Evidemment, les Beatles étant passés bien avant et ayant tout inventé (ou presque), c'est à un exercice revivaliste auquel s'adonnent les natifs de New Hope (ça ne s'invente pas !), Pennsylvanie, mais un exercice revivaliste tellement rondement menée qu'on aurait mauvaise grâce à ne pas le célébrer comme il le mérite.
Parce que, mes amis, quelle belle collection de chansons voici ! Parce qu'en couvrant tout le panorama de la pop, d'un psychédélisme à peine modernisé sur la morceau d'ouverture, Exactly Where I'm At, à de douces flaveurs orientales sur Flutes of Chi, à une pop à la Revolver sur Even If You Don't, à un doux décrochage caribéen façon Elvis sous les cocotiers (Bananas and Blow), à une pop folk mélodieusement réussie (Back to Basom, quelque chose de Donovan et du Bowie débutant, She's Your Baby, que Macca ne renierait pas), à une petite jazzerie convoquant le fantôme de Phil Lynott (ce chant !) avec Pandy Fackler, jusqu'à un petit coup de country bienvenu (Stay Forever), c'est avec rouerie et un talent compositionnel qui laisse béat d'admiration que le duo et leurs compères réussissent magistralement leur petit hold-up multi-genres. On a même droit, parce qu'il faut quand même un peu de bruit blanc sur un album de Ween, à une sorte de Motörhead revisité (leur Helter Skelter ? pas loin à entendre l'agressif et addictif Stroker Ace) et à une sorte de sludgerie héritière indirecte de Black Sabbath (The Grobe). Bref, tous azimuts sans jamais le moindre faux-pas, sans la plus petite trace de faute de goût que ce soit... Grand !
Les amateurs de ce genre de chose, de la musique maline toujours un peu dans le second degré mais pas dans le pastiche, en auront pour leurs sesterces, nul doute ! Les autres, les curieux surtout, peuvent plonger dans ce qui demeure l'œuvre la plus attachante et abordable d'un magnifique duo. Youpi !

1. Exactly Where I'm At 4:31
2. Flutes of Chi 3:30
3. Even If You Don't 3:25
4. Bananas and Blow 3:34
5. Stroker Ace 2:08
6. Ice Castles 2:05
7. Back to Basom 3:46
8. The Grobe 3:32
9. Pandy Fackler 3:57
10. Stay Forever 3:32
11. Falling Out 2:28
12. She's Your Baby 3:00

Claude Coleman - Drums
Dave Dreiwitz - Bass
Glen McClelland - Keyboards
Dean Ween - Guitar, Vocals
Gene Ween - Guitar, Vocals
(& other musicians)


W comme...
WEILAND, SCOTT "12 Bar Blues" (1998)
Gone Solo

Celui qui connut la gloire en tant que vocaliste des grungers adaptables de Stone Temple Pilots et frontman du supergroupe Velvet Revolver n'est plus, une vie d'excès en tous genres, narcotiques particulièrement, aura fini par le rattraper et ainsi nous voler l'un des plus beaux spécimens de lucky loser que l'Amérique nous ait offerte depuis les années 90 comme exemplairement démontré par son premier album solo, 12 Bar Blues. Un album qui diffère notablement des travaux de ses partenaires d'alors. La petite trentaine, Weiland y explore ses possibles, y assouvit ses envies entrainant l'auditeur dans une aventure auditive à laquelle il ne s'attendait sans doute pas. Parce que Weiland ose !, ne réussit pas toujours mais a tellement, palpablement, envie qu'on ne peut qu'être séduit sans même avoir à prêter attention aux quelques guests de luxe de la galette (Sheryl Crow, à l'accordéon !, et Brad Mehldau). Ainsi, du glam mutant d'ouverture (Desperation #5, y  du Bowie dedans !), d'une power-pop bricolée à l'électro (Barbarella), d'une belle power-ballad qui prouve qu'il peut faire aussi bien que son groupe sans lui (Where's the Man) à un genre de cyber-groove depuis lourdement usité par Muse (Jimmy Was a Stimulator), il y a du grain à moudre et de la qualité à dénicher dans un album parfois un peu too much, la marque des débuts où l'on veut trop bien faire, mais éminemment sympathique hélas aujourd'hui difficile à trouver puisque pour le moment plus édité. Et unique dans la discographie de son auteur qui, comme ses collègues de l'époque, Layne Staley d'Alice In Chains et Kurt Cobain de qui vous savez, aura ultimement été emporté par son malaise. R.I.P.

1. Desperation #5 4:05
2. Barbarella 6:36
3. About Nothing 4:48
4. Where's the Man 4:55
5. Divider 4:23
6. Cool Kiss 4:55
7. The Date 5:21
8. Son 5:04
9. Jimmy Was a Stimulator 3:58
10. Lady, Your Roof Brings Me Down 5:26
11. Mockingbird Girl 5:02
12. Opposite Octave Reaction 4:18

Scott Weiland – lead vocals, beatbox, guitar, keyboards, piano, bass, synthesized bass, drum loops
Tracy Chisolm – theremin
Blair Lamb – beatbox
Holly Reiger – guitars
Jeff Nolan – guitars
Zander Schloss – guitars
Sheryl Crow – accordion
Brad Mehldau – piano
Peter DiStefano – guitars, bass
Victor Indrizzo – vocals, guitar, piano, keyboards, bass, drums
Daniel Lanois – synthesizers
Tony Castaneda – guitars, bass
Martyn LeNoble – bass, cello
Michael Weiland – drums, percussion, drum loops
Suzie Katayama – cello
Novi Novog – viola
Joel Derouin, Robin Lorentz – violin


W comme...
WHITMORE, WILLIAM ELLIOTT "Ashes to Dust" (2005)
Old is New

William Elliot Whitmore ou comment faire du neuf avec du vieux.
Natif de l'Iowa, 27 ans au moment de la sortie de l'album, son quatrième déjà depuis 1999, William Elliott Whitmore et de ces gars hors du temps qui, dans un cousinage évident avec Tom Waits (style vocal compris), assurent la pérennité d'une Amérique des laissés pour compte et marginaux via une folk/country/blues où, guitariste et banjoïste doué en plus de vocaliste hanté, il assure comme un vieux pro sur des compositions exclusivement de son cru.
Comme Ashes to Dust demeure sa plus fine lame, et son opus le plus sombre ceci dit en passant, il n'est pas besoin de "faire l'article" plus avant, si la musique roots écorchée vive étatsunienne est votre dada, plongez !

1. Midnight 3:34
2. The Day the End Finally Came 4:18
3. When Push Comes to Love 3:50
4. Diggin' My Grave 4:06
5. The Buzzards Won't Cry 2:22
6. Sorest of Eyes 3:30
7. Lift My Jug (Song for Hub Cale) 3:36
8. Gravel Road 3:52
9. Porchlight 5:47

William Elliott Whitmore – vocals, guitar, banjo
Zach Action – bass
Jay Thomas Dandurand – drums


W comme...
WISHBONE ASH "Argus" (1972)
Lucky Bone

On ne dira jamais assez tout le bien qu'il faut penser de Wishbone Ash, l'influence décisive qu'eut ce grand groupe trop méconnu sur moult formations ô combien référentielles telles que Thin Lizzy ou Iron Maiden (et indirectement la myriade de formations suivant ces deux autres authentiques légendes). Alors quand on en vient à évoquer une des plus belles pages de leur foisonnant catalogue (24 albums studio, 12 lives, des compilations et des singles comme s'il en pleuvait), cet Argus de 1972, on commence, forcément, par mentionner les doubles-guitares d'Andy Powell et Ted Turner, élément décisif du son d'une formation navigant entre hard rock, blues et rock progressif. C'est peut-être de là, de cette polyvalence stylistique, que vinrent les difficultés du groupe à s'imposer à un plus grand public que celui qui se repaît des délices musicaux dont il est capable. Et il en est très capable, en particulier dans ses jeunes années, en particulier sur cet Argus où rien n'est autre que très bon, 8 titres, 8 bombes de rock finement composé, supérieurement interprété par un quatuor mariant acoustique et électrique, compositions directes et raffinées en un tout qui ne devrait pas laisser indifférent. Parce que Time Was vaut bien toutes les formations de classic rock de ces bouillonnantes 70s avec ses atours sudistes, son lent et progressif développement, les performances de ses deux guitaristes virtuoses, celle-ci, tour de force introductif d'un album qui ne baissera jamais de niveau, juste citée pour l'exemple d'une galette ô combien réussie (mais peut-être pas assez frontalement hard rockante que certains l'auraient voulu, Wishbone Ash ne sont pas des brutes). Quand on ajoute les nombreux bonus live de la version remasterisée dite "Deluxe", étant entendu Wishbone Ash, excellent en studio l'est encore plus en live (voir un Phoenix partant souvent dans des jams de longue durée sans jamais lasser ou le référentiel Live Dates dont il sera difficile de se passer), il n'y a plus à hésiter pour recommander un groupe, et cet album encore un peu plus que les autres de sa période classique, à toutes celles et tous ceux qui goûtent à un (hard) rock pleinement développé mais jamais inutilement démonstratif parce que Wishbone Ash, toujours en activité si Powell en est le seul membre restant comme sur le Blue horizon de belle qualité sorti dernièrement, est un trésor et qu'Argus en est son plus beau joyau, on ne devrait pas avoir à en dire plus.

1. Time Was 9:42
2. Sometime World 6:55
3. Blowin' Free 5:18
4. The King Will Come 7:06
5. Leaf and Stream 3:55
6. Warrior 5:53
7. Throw Down the Sword 5:55
Bonus
"Live from Memphis" promotional EP
8. Jail Bait 4:57
9. The Pilgrim 10:10
10. Phoenix 17:05

CD Bonus
BBC session 1972
1. Time Was 10:14
2. Blowin' Free 5:51
3. Warrior 5:44
4. Throw Down the Sword 6:47
5. King Will Come 8:11
6. Phoenix 19:35
7. Blowin' Free 5:38
8. Throw Down The Sword 6:13

Martin Turner - bass guitar, vocals
Andy Powell - lead and rhythm guitar, vocals
Ted Turner - lead and rhythm guitar, vocals
Steve Upton - drums, percussion
&
John Tout - organ on "Throw Down The Sword"


W comme...
WONDER, STEVIE "Hotter Than July" (1980)
Still a Wonder

Ce n'est peut-être plus la période de gloire, cette parenthèse enchantée qui, du début au milieu des septantes, fit de Stevie une des toutes premières attractions du monde de la musique, tous genres confondus, mais ce n'est pas non plus l'absolu abysse créatif que certains s'imaginent, non, Hotter Than July, premier cru des 80s de l'ex-petite merveille de la Motown, tient formidablement la route. Alors, certes, la musique s'est simplifiée, des synthétiseurs de leur temps viennent aussi empeser les arrangements de quelques choix discutables mais, dans l'ensemble, qu'il donne dans la ballade tire-larmes (le jazzy Lately), dans l'hymne "positive attitude" (Happy Birthday, wikipédiez !), qu'il fasse le meilleur reggae américain d'alors (Master Blaster), se la joue disco sans se perdre totalement (I Ain't Gonna Stand for It), etc., c'est encore et toujours le compositeur expert auteur d'album aussi essentiels qu'Inner Visions ou Songs in the Key of Life. La suite, on le sait, sera nettement moins glorieuse mais, avec tous ses défauts, l'air du temps n'étant pas le moindre, Hotter Than July demeure une galette qu'on recommande au amateur de soul/funk d'exception, qui n'y trouveront certes pas une totale satisfaction mais suffisamment de bons moments pour ne pas regretter, loin s'en faut !, ce petit tout du côté de chez wonderful Stevie.

1. Did I Hear You Say You Love Me 4:07
2. All I Do 5:06
3. Rocket Love 4:39
4. I Ain't Gonna Stand for It 4:39
5. As If You Read My Mind 3:37
6. Master Blaster (Jammin') 5:07
7. Do Like You 4:25
8. Cash in Your Face 3:59
9. Lately 4:05
10. Happy Birthday 5:57

Stevie Wonder - Vocals, Synthesizer, Drums, Fender Rhodes, Bass Synthesizer, Clavinet, Background Vocals, Arp, Vocoder, Piano, Harpsichord, Celeste, Keyboards, Bass Melodeon, Harmonica, Cabasa, Percussion, Bells, Handclaps, Flute Synthesizer
Nathan Watts - Bass, Background Vocals
Benjamin Bridges - Guitar, Background Vocals
Dennis Davis - Drums on "Did I Hear You Say You Love Me," "As If You Read My Mind", and "Master Blaster (Jammin')"
Earl DeRouen - Percussion, Background Vocals
Isaiah Sanders - Fender Rhodes, Background Vocals, Pianet
Hank Redd - Saxophone, Handclaps
Robert Malach - Saxophone
Larry Gittens - Trumpet
Nolan A. Smith Jr. - Trumpet
Paul Riser - String Arrangement
Hank Devito - Steel Guitar
Rick Zunigar - Guitar
Background Vocals - Angela Winbush, Mary Lee Whitney Evans, Susaye Greene Brown, Alexandra Brown Evans, Shirley Brewer, Ed Brown, Charlie Collins, Eddie Levert, Walter Williams, Michael Jackson, Jamil Raheem, Betty Wright, Ronnie J. Wilson, Charles K. Wilson, Syreeta Wright, Marva Holcolm, Melody McCulley, Delores Barnes
Handclaps - Stephanie Andrews, Bill Wolfer, Trevor Lawrence, Dennis Morrison, Kimberly Jackson

dimanche 9 octobre 2016

L’Automne Mange-Disques - 7 Introductions

7 introductions pour ouvrir les oreilles sur le monde, celui qui va du passé au présent, de l'orient à l'occident, du contemplatif au festif, du savant au profane... 7 introductions via 7 compilations pour un bonheur qui va durer. Enjoie !

DiMaNCHe
Various Artists "Minimalistes" (1990)
ou "Peu(t) Beaucoup"

Une merveille de petite compilation permettant de faire connaissance avec quelques uns des plus fiers représentants de la musique classique contemporaine nord-américaine (et même presque exclusivement new-yorkaise, présentement) dans ce qu'elle a de plus retenu ? C'est Minimalistes de chez Virgin Classics, et c'est vachement bien. Vachement bien parce qu'avec, l'air de rien, une sélection extrêmement maline, les standards de chacun essentiellement, mais pas totalement convenue non plus, l'addition du nettement moins connu The Frontier de Dave Heath est la bienvenue, c'est à un court mais bien pensé tour d'horizon auquel nous avons affaire, avec donc une musique qui, pour assimilée à l'avant-garde qu'elle soit, n'en est pas moins mélodique et abordable. Au bout de l'expérience, de John Adams à Philip Glass en passant par Steve Reich, on n'aura qu'une envie, explorer plus avant ces univers différents aux promesses auditives infinies. Bref, dans le genre "...for Dummies" (à ne surtout pas conseiller aux experts !), voici une compilation qui se pose un peu là, et une expérience par conséquent fort recommandée.

John Adams "Shaker Loops"
1. Shaking And Trembling 7:59
2. Hymning Slews 5:22
3. Loops And Verses 7:52
4. A Final Shaking 3:42
Philip Glass "Façades"
5. Façades 7:48
Steve Reich  "Eight Lines"
6. Eight Lines 17:56
Philip Glass "Company"
7. Movement 1 2:36
8. Movement 2 1:53
9. Movement 3 1:58
10. Movement 4 2:30
Dave Heath "The Frontier"
11. The Frontier 8:13

PHILIP GLASS

LuNDi
Various Artists "Anthology of Indian Classical Music, a Tribute to Alain Daniélou" (1997)
ou "Visions of India"

Sortie à l'origine en 1962 (premier disque de musique indienne largement disponible en occident d'ailleurs), consciencieusement rééditée en 1997 avec un nouvel artwork et un livret actualisé mais aujourd'hui hélas difficilement trouvable, l'Anthologie de la Musique Classique de l'Inde, comme son patronage par l'Unesco l'indique, est une collection audio/anthropologique toujours aussi nécessaire à l'amateur de sons non-corrompus par une vile occidentalisation. Et tout ça grâce à un homme, Alain Daniélou (wikipédiez !, un parcours assez incroyable), qui, par sa passion et son expertise convainquit la maison précitée de financer la captation et la publication d'un témoignage viscéralement vrai. Un témoignage (dans la réédition de 1997 au moins) qui se déroule géographiquement permettant à l'auditeur, qui ne manquera pas de suivre le passionnant livret comme le compagnon qu'il est, d'apprécier les nuances et particularismes des instrumentistes chaque région mais aussi le gros tronc commun qui les unissent. Évidemment, dans le cercle des spécialistes des musiques du monde, cette Anthologie de la Musique Classique de l'Inde (notez le "classique" au passage, le parallèle avec son équivalent occidental n'est pas là par hasard) est avant tout connue pour avoir proposé les toutes premières apparitions de celui qui deviendra le Ponte des musiciens du sous-continent, Ravi Shankar, mais, vraiment, même si c'est par fois un peu rude parce que roots de chez roots, c'est l'entièreté de ces trois galettes qu'on recommande, recueil précieux d'une musique aujourd'hui en voie de disparition depuis que les mac machins, les big trucs et autres sodas mondialisés sont venus tout gâcher...

CD 1
NORTH
1. Le Mode Bhairavi (Raghunath Prasanna, Durga Prasanna, Katvaru Lal) 3:17
2. Khyal (Mohin Ud Din Dagar, Amin Ud Din Dagar) 6:24
3. Le Mode Ahiri-Lalita (Ravi Shankar) 5:40
4. Le Mode Malkosh (Mishra Shyam Lal & D.K. Chatterji) 5:56
5. Le Mode Todî (Narayan Das Mishra & Mishra Shyam Lal) 3:39
6. Gat (Svami D.R. Parvatikar) 3:12
7. Tabla Solo (Chaturial) 3:26
8. Sitar, Sarode Et Tabla (Ravi Shankar, Ali Akbar Khan & Chaturial) 13:51
9. Alap (Mohin Ud Din Dagar & Amin Ud Din Dagar) 3:49
10. Le Mode Sindhi-Bhairavi (Ali Akbar Khan) 5:01

CD 2
1. Thumri (Raghunath Prasanna & Motilal) 3:21
2. Svara Mandala (Svami D.R. Parvatikar) 3:10
3. Bhajana (Nandan Prasad & Mishra Shyam Lal) 5:57
4. Le Mode Suha Kamode (Svami D.R. Parvatikar) 12:42
SOUTH
5. Jatisvaram (Bala Sarasvati Orchestra) 4:01
6. Alapana (P.R. Balasubrahmanyam) 2:30
7. Alapana (K.S. Pichiappa, K.M. Dakshinamurti, T. Subrahmanya Pillai & Muthu Kumaram) 3:18
8. Kriti (Kamala Krishnamurti) 5:00
9. Tirmana (K. Ganeshan) 0:59
10. Le Mode Varali (D. K. Pattammal, Tiruvallur Subrahmanyam, Palghat Kunjumani & Shiva Pattamal) 9:48
11. Ganesha Kumara (Budalur Krishnamurti Shastri, Varahur Muthusvami Aiyar & Tinniyam Venkatarama Aiyar) 4:34

CD 3
1. Pallavi (Mudi Kondan C. Venkatarama, Vellore Gopalachari, M. Chandrasekaran & Karaikudi Mutha) 6:06
2. Javali (T. Viswanathan & T. Ranganathan) 4:03
3. Pallavi (Unknown Artist) 9:02
4. Javali (D. K. Pattammal, Kalyan Krishna Bhagavatar & Karaikudi Muttu Aiyar) 2:52
5. Sdhincene (Kalyan Krishna Bhagavatar, Devakotai Narayana Iyengar & Karaikudi Mutha) 4:57
6. Varnam (Radha Shri Ram Orchestra) 4:00
7. Varnam (S. Vidya) 3:09
8. Varnam (Bala Saravasti Orchestra) 7:17
9. Sandehamunu (T. Viswanathan & T. Ranganathan) 4:49
10. Ninyako (Tiruvallur Subrahmanyam, D. K. Pattammal, Palghat Kunjumani & Shiva Pattamal) 4:25
11. Solo De Mridangam (Muthu Kumaram) 3:34
12. Jnana Vinayakané (Radha Shri Ram Orchestra) 1:42

ALAIN DANIELOU

MaRDi
Various Artists "Romania: Wild Sounds from Transylvania, Wallachia & Moldavia" (1997)
ou "Funfare!"

Ne vous laissez pas méprendre par le côté presque miséreux, un poil caricatural sans doute, d'une pochette pas franchement très engageante, Romania: Wild Sounds from Transylvania, Wallachia et Moldavia, au titre aussi vendeur que son emballage, donc, est une affaire festive et "emportante" comme on n'en croise pas si souvent. Présentement, c'est une folie de cuivres (forcément !), de violons, d'accordéons, de glockenspiel (etc.) qui vous entraine dans une folle sarabande où des thèmes relativement simples sont déclinés avec une énergie et un entrain tout à fait communicatif. Et donc, avec les plus belles fanfares Roms, dont évidemment le Taraf de Haiduks stars absolus du genre repérés initialement dans le Latcho Drom de Tony Gatlif, c'est à un magistral défilé d'une musique où la joie affichée cache souvent des larmes rentrées, être Rom ce n'est pas une sinécure, que nous sommes conviés, et à une exploration dont un livret bien fichu permettra à l'auditeur/lecteur d'en savoir un peu plus sur le contexte, les origines, etc. En un mot ? Recommandé !

1. Constantin Gherghina "Doină De Pe Valea Cernei" 3:02
2. Florea Pascu "Ca Pe Luncă / Brîu" 3:37
3. Florea Pascu "Corbea" 2:23
4. Ion Lăceanu "Cine Trece Pe Cîmpie" 1:35
5. Ion Lăceanu "Brîu" 1:20
6. Ion Lăceanu "Doină" 2:59
7. Dumitru Farcaș "Sîmbra Oilor" 5:21
8. Taraf Hodac "Joc Bătuta Lui Crăciun" 2:43
9. Taraf Hodac "Joc De Botă" 2:35
10. Taraf Mociu "Horea Oilor" 3:34
11. Taraf Mociu "Joc Țigănesc Și Învîrtită" 3:08
12. Ioan Marches & Florian Dumea "Polca De Învîrtit" 1:40
13. Nicolae Nemeș-Munteanu "Ardeleană De Doi" 1:30
14. Mărioara Muț "Nu-i Motru Că Știu Cînta" 4:00
15. Andrei Popa "Hora Secerii" 1:31
16. Lucretia Hort "Hora Păcurarului" 3:09
17. Ensemble Tulnicarese "Șipotul / Zdîrnăita In Doi / Rogojana" 1:43
18. Taraf de Haiduks "Sus La Paru Dintre Vii" 3:57
19. Taraf de Haiduks "Turcească" 7:07
20. Taraf de Haiduks "Rînd De Hore" 7:36
21. Fanfare Ciocarlia "Hora De La București" 1:48
22. Fanfare Ciocarlia "Geamparale" 2:14
23. Fanfare Ciocarlia "Ciocarlia" 3:05

TARAF DE HAIDUKS

MeRCReDi
Various Artists "Jazz Manouche Volume 1" (2005)
ou "Djangoisms"

Si six autres volumes suivront, c'est bien cette première levée de la collection de Wagram Music qui est la plus essentielle du lot, le greatest hits d'une série dont on conseillera tout de même l'entièreté à ceux qui se prendront au jeu. Forcément, ce genre de mélange who's who d'un genre, le jazz manouche donc, au spectre, admettons-le, tout de même relativement limité risque vite de tourner en rond. On avouera, présentement, être particulièrement sensible au brassage générationnel, à l'exploration dans le temps permettant à l'auditeur de constater par lui-même l'évolution d'un genre toujours entre rire et larmes, qui swingue mais en ayant conservé les lointains échos d'un folklore est-européen distant cousin jamais tout à fait renié parce que, finalement, ce jazz manouche est un vrai voisin du klezmer ashkénaze ou des élans tziganes des fanfares Roms. Mais, plus précisément, c'est avec Django et son Quintette Du Hot Club De France que tout commence, et tout découle de Django (comme le démontre la présence de sa descendance, d'ailleurs). Et, donc, voici, avec peu de surprises mais un casting all-star, avec surtout plein de bonne musique truffée de guitares et violons particulièrement joueurs, une excellente introduction au genre titulaire honoré par ce Jazz Manouche premier du nom qui a un sacré style. Une invitation qu'il serait idiot de refuser.

CD 1
1. Opus 4 "Django Joue Pour Moi" 4:43
2. Django Reinhardt "I'll See You In My Dreams" 2:30
3. Didier Lockwood "I Got Rythm" 3:18
4. Biréli Lagrène "When Day Is Gone" 4:25
5. Raphaël Fays "Ménilmontant" 3:52
6. Tchavolo Schmitt, Mandino Reinhardt, Sony Reinhardt "Paprika" 3:06
7. Francis-Alfred Moerman "Songe D'automne" 3:57
8. Ninine Garcia "Paquito" 3:15
9. Fapy Lafertin Quintet "Fleur De Lavande" 3:41
10. Romane "Danube" 3:06
11. Moreno Et Marina Quartet "Just A Gigolo" 3:21
12. De Piotto's "Sjüka Tjsai" 3:02
13. Rodolphe Raffalli "Je Me Voyais Déjà" 3:20
14. Martin Weiss Ensemble "Savoir Vivre" 4:15
15. Romane, Stochelo Rosenberg "La Promenade" 4:10

CD 2
1. Sanseverino "Il Suffisait de Presque Rien" 2:25
2. Lollo Meier Quartet "China Boy" 2:41
3. Patrick Saussois, Alma Sinti "Alma Sinti"2:35
4. Paulus Schafer Gipsy Band "After You're Gone" 4:01
5. David Reinhardt "Casting" 4:21
6. Am Katenes "Hans Che'Swing" 2:06
7. Les Doigts de l'Homme "Le Poinçonneur Des Lilas" 5:17
8. Ritary Ensemble "Blue Bossa" 5:57
9. Titi Demeter "Les Yeux Noirs" 2:08
10. Trio Givone "Hunn, o Pati Naschella" 3:49
11. John Jorgenson "Man Of Mystery" 3:40
12. Yorgui Loeffler "Minor Swing" 3:20
13. Hot Club USA "Stompin's at Decca" 3:59
14. Biréli Lagrène "Blues Clair" 2:43
15. Django Reinhardt & Le Quintette Du Hot Club De France "Nuages" 3:14

DJANGO REINHARDT


JeuDi
Various Artists "The Best of Blaxploitation" (2006)
ou "Watch That Groove!"

L'excuse est trop belle !, une anthologique collection de la funk/soul des années 70 (les meilleures !) avec comme prétexte l'utilisation de ses titres dans les divers films Blaxploitation (ou leurs héritiers tardifs). Évidemment, vendue pour une minuscule poignée d'euros, cette triple galette est emballée un peu cheap, une simple petite boites de carton, trois cédés glissés dedans, des livrets à minima, c'est pas l'extase côté présentation et information mais la musique rattrape aisément le coup, et puis à ce prix, impossible de (trop) faire la fine bouche, n'est-ce pas ? Parce que l'essentiel est bel et bien dans cette exquise collection de vrais standards soul/funk des seventies mais aussi d'autres dont on n'identifiait pas forcément les auteurs ou dont on ne connaissait carrément pas l'existence. Évidemment, on ne manquera pas de constater, même si on n'est pas un spécialiste de la chose, quelques gouffres trop béants pour un coffret se voulant le best of de la Blaxploitation. Comment, par exemple, ne pas se surprendre de l'absence d'un Isaac Hayes et de son inusable Theme from Shaft ? Ce vrai défaut mis à part, vouloir venter plus haut que son séant mais pour, répétons-le, un prix réellement modique, The Best of Blaxploitation est une belle collection soul/funk des années 70 qu'on choisira si on n'en a pas trop ailleurs.

CD 1
1. James Brown "The Boss" 3:12
2. Cymande "Brothers On The Slide" 4:10
3. Kool & The Gang "Jungle Boogie" 3:04
4. Marvin Gaye "'T' Plays It Cool" 4:28
5. Curtis Mayfield "Freddie's Dead" 5:25
6. Syl Johnson "Different Strokes" 2:22
7. Lightnin' Rod "Sport" 2:36
8. The Last Poets "It's A Trip" 4:46
9. The Politicians Feat. McKinley Jackson "The World We Live In" 4:20
10. Ike Turner's Kings Of Rhythm "Funky Mule" 3:22
11. Joe Tex "I Gotcha" 2:14
12. Mavis Staples "Chocolate City" 5:16
13. Pee Wee Ellis "Moonwalk" 2:44
14. The Meters "Tippi Toes" 2:27
15. Gil Scott-Heron Ft. Brian Jackson "Back Home" 2:52

CD 2
1. Curtis Mayfield "Superfly" 3:56
2. Eddie Kendricks "My People...Hold On" 5:38
3. The Temptations "Papa Was A Rollin' Stone" 5:10
4. Aaron Neville "Hercules" 4:14
5. Cymande "Bra" 5:06
6. The Notations "Super People" 3:47
7. Maceo & All The King's Men "Thank You For Letting Me Be Myself Again" 6:18
8. Johnny Pate "Brother On The Run" 1:58
9. Syl Johnson "Concrete Reservation" 2:26
10. Ohio Players "It's A Cryin' Shame" 2:22
11. The Rimshots "Neighbour! Get Your Own" 2:55
12. Maceo & All The King's Men "(I Remember) Mr. Banks" 5:28
13. Ripple "Get Off" 3:20
14. The Meters "Funky Miracle" 2:28
15. Lee Dorsey "Yes We Can Can" 4:49

CD 3
1. The Last Poets "When The Revolution Comes" 2:29
2. Gil Scott-Heron Ft. Brian Jackson "The Bottle" 5:14
3. Curtis Mayfield "Move On Up (Live)" 3:02
4. Sir Joe Quarterman & Free Soul "I've Got So Much Trouble In My Mind" 6:17
5. The Whatnauts "Why Can't People Be Colors Too?" 4:52
6. Ripple "A Funky Song" 3:20
7. Mickey Murray "Mama's Got The Wagon" 2:42
8. Alvin Cash "Doin' The Ali Shuffle" 2:59
9. Sir Joe Quarterman & Free Soul "Give Me Back My Freedom" 3:31
10. Ike & Tina Turner "Livin' For The City" 3:32
11. Ohio Players "Cold, Cold World" 3:45
12. Pee Wee Ellis "That Thang" 2:46
13. Moody Scott "(We Gotta) Bust Out Of The Ghetto" 6:14
14. Backyard Heavies "Soul Junction" 3:03
15. Leroy Hutson "Cool Out" 2:57

CURTIS MAYFIELD


VeNDReDi
Various Artists "Klezmer Music" (2007)
ou "Go East!"

Avec un joli line-up ceci dit tout sauf exhaustif (pas la moindre trace du label Tzadik de John Zorn pourtant une des toutes premières forces du sujet de la présente compilation par exemple), le Klezmer Music de la maison Wagram est un objet un peu cheap (livret, présentation générale, etc.) qui vaut surtout pour la musique qu'elle contient ce qui, admettons-le, est tout de même l'essentiel. Présentement découpé avec une option géographique pour chaque cd, le premier pour l'Amérique, le second pour l'Europe, la collection montre une forte inclinaison pour le versant contemporain du Klezmer, cette musique traditionnelle ashkénaze qui, souvent instrumentale, a fini par glisser vers le jazz comme exemplifié ici par un Frank London ou un David Krakauer (qui y ajoute même l'option hip-hop avec son pote Socalled !), le rock ou même l'electro. Heureusement, ce volet moderniste n'est pas l'exclusive proposition d'une collection explorant, outre l'avant-gardisme laissé donc de côté, toutes les nuances de la galaxie Klezmer via quelques une de ses plus belles formations. Bref, "à pas cher" une collection un peu sommairement présentée mais musicalement substantielle... ça ne se refuse pas, pardi !

CD 1 - Amérique
1. The Austin Klezmorim "Birobidjan" 4:19
2. The Epstein Brothers Orchestra "Hora And Sirba" 5:00
3. Sam Musiker "Sam Shpielt" 2:45
4. Joel Rubin Jewish Music Ensemble "Tsu Der Khupe Geyn (Going To The Wedding Canopy)" 7:05
5. The Klezmorim "Papirosn" 3:21
6. The Klezmatics "Nign" 3:30
7. Alicia Svigals "Kallarash" 2:47
8. Matt Dariau & Paradox Trio "Theo's Gambit" 9:41
9. David Krakauer & Socalled With Klezmer Madness! "Gypsy Bulgar (Live In Krakow)" 5:35
10. Sophie Solomon "Pin Pricks & Gravy Stains" 2:31
11. David Krakauer & Socalled "The Electric Sher" 3:53
12. Frank London's Klezmer Brass Allstars "Imayel Ya Khail" 2:59
13. So Called "Let's Get Wet" 3:18
14. Sophie Solomon & So-Called "Hassidish" 3:04
15. Brave Old World "Yikhes/Vinter 1942" 5:57

CD 2 - Europe
1. Budapest Klezmer Band "Le Chajem Rebe" 4:13
2. Amsterdam Klezmer Band "Immigrant Song [Remixed By Yuriy Gurzhy]" 3:01
3. Odessa Klezmer Band "A Fidulás Zsidó" 2:31
4. Aufwind "In Shteti Nikolajew" 4:13
5. Orchestra Of Tiszakóród "Szol A Kakas" 1:49
6. Di Gojim "Odessa Bulgar" 2:18
7. Constantin Lupu "Sapte Pasi" 0:55
8. The Ukrainian Brass Band From Vinnitsa "Freilik" 3:09
9. Salomon Klezmorim "Russian Memories" 4:26
10. Ensemble Kasbek "Oy Piydu Ya" 3:59
11. Rotfront Feat. L. Soybelman "Die Roboter" 4:35
12. Boom Pam "Gross" 4:48
13. Klezmer Sefardi "Miserlou" 4:30
14. Dobranotch "Dobryden" 5:35
15. Chava Alberstein "Guter Zikorn/Good Memory" 3:41

DAVID KRAKAUER

SaMeDi
Various Artists "Baroques Treasures" (2012)
ou "Baroque for Dummies"

Forcément destinés aux newbies (quoique son troisième disque élargisse nettement le spectre), Baroque Treasures est de ces compilations qui n'hésitent jamais à enfoncer un porte ouverte. Ainsi y retrouve-t'on les plus grand hits de la musique baroque avec du Vivaldi et du Bach en veux-tu en voilà, le Canon de Pachelbel (parce qu'on ne pouvait pas faire sans), et quelques pièces ô combien référentielles d'Handel ou de Purcell... Sans surprise. Mais donc, il y a ce troisième cd sur lequel la (bonne) maison Erato explore le versant "d'chez nous" du baroque, un chemin notoirement moins souvent suivi par ce genre de collection et une excellente idée en vérité qui fait de ce qui n'aurait sinon été qu'un best of convenu devient un outil de découverte plus qu'utile à toutes celles et tous ceux souhaitant éventuellement l'user comme d'une primo-exploration de l'époque (de 1600 à 1750, approximativement). Et "à pas cher" qui plus est ! Aussi n'y-a-t'il pas plus à hésiter pour recommander aux nouveaux venus (j'insiste) ce Baroque Treasures un poil plus substantiel que ses équivalents disponibles et son postulat de base ne l'aurait laisser penser.

CD 1
1. Orfeo (Toccata) - Claudio Monteverdi 1:40
2. Serse (Frondi tenere...Ombra mai fù) - George Frederick Handel 3:06
3. Canon and Gigue in D major - Johann Pachelbel 3:38
4. Gigue - Johann Pachelbel 1:24
5. Gloria in excelsis Deo - Antonio Vivaldi 2:31
6. Three parts upon a Ground - Henry Purcell 5:09
7. Abdelazer, or The Moor's Revenge (Rondeau) - Henry Purcell 1:36
8. Laetatus sum (Psalm 121), RV 607 - Antonio Vivaldi 3:37
9. Concerto No. 1 in E major, RV 269 "Spring" (Four Seasons, Allegro) - Antonio Vivaldi 3:23
10. Concerto No. 1 in E major, RV 269 "Spring" (Four Seasons, Largo e pianissimo) - Antonio Vivaldi 2:35
11. Concerto No. 1 in E major, RV 269 "Spring" (Four Seasons, Danza pastorale (Allegro)) - Antonio Vivaldi 4:01
12. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Largo) - Antonio Vivaldi 1:32
13. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Presto (Fantasmi)) - Antonio Vivaldi 1:43
14. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Presto) - Antonio Vivaldi 1:00
15. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Largo (Il sonno)) - Antonio Vivaldi 1:41
16. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Allegro) - Antonio Vivaldi 2:15
17. Cantata "Wir danken dir, Gott, wir danken dir", BWV 29 (Sinfonia) - Johann Sebastian Bach - 3:40
18. Cantata "Herz und Mund und Tat und Leben", BWV 147 (Choral "Jesu bleibet meine Freude" (Jesu, joy of man's desiring)) - Johann Sebastian Bach 2:17
19. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068 (Air) - Johann Sebastian Bach 4:06
20. Orchestral Suite No. 2 in B minor, BWV 1067 (Menuet) - Johann Sebastian Bach 1:18
21. Orchestral Suite No. 2 in B minor, BWV 1067 (Badinerie) - Johann Sebastian Bach 1:26
22. Brandenburg Concerto No. 2 in F major, BWV 1047 (Allegro) - Johann Sebastian Bach 4:55
23. Brandenburg Concerto No. 2 in F major, BWV 1047 (Andante) - Johann Sebastian Bach 3:23
24. Brandenburg Concerto No. 2 in F major, BWV 1047 (Allegro assai) - Johann Sebastian Bach 2:51
25. Solomon, HWV 67 (The Arrival of the Queen of Sheba) - George Frederick Handel 2:49
26. Messiah, HWV 56 (Overture (Grave - Allegro moderato)) - George Frederick Handel 3:36
27. Messiah, HWV 56 (Hallelujah (chorus) - George Frederick Handel 3:57

CD 2
1. Concerto No. 2 in G minor, RV 315, "Summer" (Four Seasons) (Allegro non molto) - Antonio Vivaldi 5:04
2. Concerto No. 2 in G minor, RV 315, "Summer" (Four Seasons) (Adagio) - Antonio Vivaldi 2:12
3. Concerto No. 2 in G minor, RV 315, "Summer" (Four Seasons) (Presto (Tempo impetuso d'Estate)) - Antonio Vivaldi 2:58   
4. Dixit Dominus Domino meo - George Frederick Handel 5:22
5. Sonata pian e forte alla quarta bassa, a 8 (from Sacrae Symphoniae) - Giovanni Gabrieli 5:15
6. Harp Concerto in B flat major, Op.4 No. 6 (Andante - Allegro) - George Frederick Handel 6:05
7. Harp Concerto in B flat major, Op.4 No. 6 (Larghetto) - George Frederick Handel 5:02
8. Harp Concerto in B flat major, Op.4 No. 6 (Allegro moderato) - George Frederick Handel 2:51
9. Miserere a 9 - Gregorio Allegri 13:23
10. Funeral Music for Queen Mary (March) - Henry Purcell 1:42
11. Funeral Music for Queen Mary (Thou knowest, Lord) - Henry Purcell 2:10
12. Funeral Music for Queen Mary (Canzona) - Henry Purcell 2:10
13. L' Incoronazione di Poppea (Pur ti miro) - Claudio Monteverdi 5:43
14. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068    (Gavottes 1 & 2) - Johann Sebastian Bach 4:05
15. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068    (Bourrée) - Johann Sebastian Bach 1:10
16. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068 (Gigue) - Johann Sebastian Bach 2:31
17. Water Music Suite No. 2 in D major (Overture - Hornpipe) - George Frederick Handel 5:17

CD 3
1. Marche de Triomphe - André Danican Philidor 2:16
2. La Marche des Mousquetaires - André Danican Philidor 1:26
3. Symphonies pour le Festin Royal du Comte d'Artois (Suite in G minor: Contredanse) - André Danican Philidor 3:12
4. Quatrième Concert de simphonies in A major, Op. 4 No. 2 (Chaconne) - Antoine Dauvergne 5:07
5. Prélude pour le Te Deum - Marc-Antoine Charpentier 1:37
6. Messe propre pour les couvents de religieux et religieuses (Offertoire sur les grands jeux) - Louis Couperin 5:02
7. Regina coeli, H 32 - Marc-Antoine Charpentier 2:42
8. Panis Angelicus, C. 131 - Louis-Nicolas Clérambault 3:32
9. Requiem (Introit) - André Campra 3:13
10. In convertendo, motet (Tune repletium est gaudio nostrum) - Jean-Philippe Rameau 3:09
11. La Plainte, ou Tombeau de Mesdemoiselles de Visée, filles de l'auteur - Robert de Visée 4:12
12. Plainte sur la mort de Monsieur Lambert - Dubuisson (Jean Lacquemant) 5:19
13. Troisième Concert (Tambourins 1 et 2) - Jean-Philippe Rameau 2:16
14. Suite in G minor (Plainte (lentement)) - Marin Marais 3:21
15. Le Canal de Versailles (Ouverture) - André Danican Philidor 1:37
16. Isis (Air des trembleurs. L'hiver qui nous tourmente s'obstine à nous geler) - Jean-Baptiste Lully 1:53
17. Les Indes Galantes (Air de Zima: Régnez, plaisirs et jeux) - Jean-Philippe Rameau 3:15
18. Les Indes Galantes (Chaconne) - Jean-Philippe Rameau 5:36
19. Symphonies pour les soupers du Roi (Caprice de Villers-Cotterêts) - Michel-Richard de Lalande 16:10

J.-S. BACH

dimanche 25 septembre 2016

L'Automne Mange-Disques - 7 Easy

C'est de saison, on se replie dans son intérieur pour éviter un vent devenu trop froid, lounge confortablement dans son salon enveloppé dans des musiques flattant l'oreille, pas tout à fait de l'easy listening mais quelque chose nous enveloppant dans un doux sentiment de sécurité, un gentil coussin pour nos tympans... C'est le point qu'essaye de faire passer la sélection hebdomadaire de la série saisonnière qu'elle ouvre, enjoie !

DiMaNCHe
Chet Baker "My Funny Valentine" (1994)
ou "Gueule d'Amour"

Rien qu'à voir la gueule d'amour de Chet et la nuque prometteuse de la dame qui l'accompagne sur la pochette, il n'y a pas mensonge sur la marchandise : intime et doux, ce jazz de salon est une arme de séduction massive.
Ici, sur une sélection de sessions enregistrées pour Pacific Jazz entre 1953 et 1956, une sélection maline composée de neuf chansons et de 5 instrumentaux pour (dé)couvrir tout l'art de Mr. Baker, on nage en plein cool jazz, une musique qui sied aussi bien au timbre caressant qu'à la trompette soyeuse de Chet.
Niveau marketing aussi, c'est impeccable parce qu'avec un titre pareil on imagine le très net redressement des ventes à l'approche de chaque 14 février. Il faut dire que cette musique douce et sensuelle, qui si bien chante l'amour, ou l'évoque quand elle est instrumentale, semble avoir été conçue pour parler aux amants/aspirants/requérants en mal de romantisme ou souhaitant célébrer leur emportement psychologico-hormonal saisonnier. Et ça commence donc par l'inusable, et magnifique, My Funny Valentine ou le souffle chaud de la voix de velours vous berce de sa tendre langueur.
Le reste de la tracklist est à l'avenant, alternant avec bonheur les chansons immortelles (Someone to Watch Over Me, Time After Time, Let's Get Lost) où Chet Baker étale la classe fragile de sa voix presque diaphane, et des instrumentaux où il "trompette" cool en concurrent idéal d'un jeune black du prénom de Miles. accompagné de musiciens roués, dont Bud Shank sur quelques morceaux, et expertement mis en son (et remasterisé, en la circonstance).
Excellente introduction à une période faste du chanteur/trompettiste pour les nouveaux venus, bon résumé pour les (plus) spécialistes, My Funny Valentine est une jolie petite compilation (pas chère ! et plutôt dans les mieux ficelées du marché) d'un artiste d'exception. Et, bis, une arme de séduction massive parce, la sensualité du machin, quoi!

1. My Funny Valentine 2:15
2. Someone To Watch Over Me 3:00
3. Moonlight Becomes You 3:24
4. This Is Always 3:06
5. I'm Glad There Is You 3:10
6. Time After Time 2:44
7. Sweet Lorraine 3:08
8. It's Always You 3:31
9. Let's Get Lost 3:41
10. Moon Love 3:15
11. Like Someone In Love 2:23
12. I've Never Been In Love Before 4:23
13. Isn't It Romantic? 3:41
14. I Fall In Love Too Easily 3:18

Chet Baker - vocals, trumpet
&
Russ Freeman, Pete Jolly - piano
Carson Smith, Red Mitchell, Joe Mondragon, Leroy Vinegar, Jimmy Bond, Bob Whitlock - bass
Bob Neel, Shelly Manne, Stan Levey, Peter Littman, Lawrence Marable, Bobby White - drums
Bud Shank - flute, baritone saxophone
Corky Hale - harp
Herb Geller - alto & tenor saxophone
Bob Brookmayer - valve trombone

CHET BAKER

LuNDi
Elvis Presley "Blue Hawaii" (1961)
ou "UkulElvis"

En 1961, avec il est vrai assez peu de concurrence, l'Elvis tout feu tout flamme des débuts a vécu. Transformé par son Colonel Parker de manager en pop idol hollywoodienne, œuvrant désormais dans de nombreux nanars taillés sur mesure pour ses capacités particulières, belle gueule et voix de velours, c'est un rocker dompté qui sort essentiellement les albums de ses films... Prenez ce Blue Hawaii au titre on ne peut plus explicite sur son contenu, dès la pochette Elvis y pose, collier de fleurs, chemises bariolée et ukulélé, comme le garçon sage qu'il est devenu, ce chat jadis sauvage aujourd'hui coupé et dégriffé par quelques executives particulièrement roués et, sans doute, une ambition sans cesse renouvelée de rester une star, coute que coute. Le pire c'est que ce n'est même pas mauvais, juste trop gentil pour ce gars qui, pas si longtemps avant, représentait la jeunesse américaine en rébellion générationnelle. Concrètement, la musique de cette romcom vaut surtout pour la belle ballade acoustique Can't Help Falling in Love entouré de remplissages parfois sympathiques (Blue Hawaii, Rock-A-Hula Baby, Beach Boy Blues) souvent anecdotiques toutes épicées d'un exotisme îlien pacifique un peu kitsch tout de même. Le film sera un succès, la bande-son itou, poussant encore un peu plus le rocker dans une douce routine dorée dont il ne sortira vraiment, comme on sait, que grâce au comeback scénique de 1970 mais ça c'est une autre histoire qui ne fait pas de Blue Hawaii autre chose qu'un petit album sans grande importance qu'on écoute cependant sans le moindre déplaisir d'autant que, bien remasterisé et généreusement bonussé, il sait prolonger l'expérience "Easy Elvis" de quelques jolies douceurs supplémentaires.

1. Blue Hawaii 2:36
2. Almost Always True 2:25
3. Aloha 'Oe 1:53
4. No More 2:22
5. Can't Help Falling in Love 3:01
6. Rock-A-Hula Baby 1:59
7. Moonlight Swim 2:20
8. Ku-U-I-Po 2:23
9. Ito Eats 1:23
10. Slicin' Sand 1:36
11. Hawaiian Sunset 2:32
12. Beach Boy Blues 2:03
13. Island of Love 2:41
14. Hawaiian Wedding Song 2:48
Bonus
15. Steppin' Out of Line (originally issued on the Pot Luck With Elvis LP) 1:53
16. Can't Help Falling in Love (movie version) 1:54
17. Slicin' Sand (alternate take 4) 1:45
18. No More (alternate take 7) 2:35
19. Rock-A-Hula Baby (alternate take 1) 2:15
20. Beach Boy Blues (movie version) 1:58
21. Steppin' Out of Line (movie version) 1:54
22. Blue Hawaii (alternate take 3) 2:40

Elvis Presley – lead vocals
The Surfers – backing vocals
The Jordanaires – backing vocals
Boots Randolph – saxophone
George Field – harmonica
Freddie Tavares, Bernie Lewis – ukulele
Hank Garland, Tiny Timbrell – acoustic guitar
Scotty Moore – electric guitar
Alvino Rey – pedal steel guitar
Floyd Cramer – piano
Dudley Brooks – piano, celeste
Bob Moore – double bass
D.J. Fontana, Bernie Mattinson, Hal Blaine – drums

ELVIS PRESLEY

MaRDi
Gregory Isaacs "Cool Ruler" (1978)
ou "Love Reggae"

Un des créateurs du Lovers Rock, le reggae de l'amour pour résumer, Gregory Isaacs avait la voix de velours qui correspondait au riddims soyeux et aux paroles sexy qu'il chantait.
Cool Ruler, son 6ème album, est une démonstration du plus smooth et du plus sexy reggae des 70s, un machin à se trémousser sous les cocotiers avec sa chacune avec de vilaines idées en tête.
Ceci dit, le reggae de Gregory va au-delà de l'obsession sexuelle (on est pas chez Franky Vincent, que diable), avec quelques textes résistants et revendicateurs (John Public, Party in the Slum, Word of the Farmer) mais toujours avec la cool attitude d'une voix chaude et habitée. Quand on constate, en plus, qu'il est servi par la crème des sessionmen reggae de l'époque et a été enregistré au légendaire Channel One Studio, tout doute sur l'excellence de la chose s'envole.
Gregory Isaacs rules, mais cool parce que le soleil brille, que les filles sont belles, que jah a fourni ses petites herbes... Plus jouisseur que rastafari combattant sans être détaché du monde pour autant, Isaacs a du cœur à revendre et l'offre généreusement sur ce très réussi, son meilleur en fait, long-jeu. Recommandé !

1. Native Woman 3:02
2. John Public 3:06
3. Party In The Slum 3:26
4. Uncle Joe 3:50
5. World Of The Farmer 4:08
6. One More Time 3:14
7. Let's Dance 2:56
8. Don't Pity Me 2:22
9. Created By The Father 2:31
10. Raving Tonight 3:57

Gregory Isaacs - Vocals
The Heptones - Backing Vocals
The Revolutionaries - Backing Band
Sly Dunbar - drums
Robbie Shakespeare, Ernest Wilson - bass
Eric "Bingy Bunny" Lamont, Earl "Chinna" Smith, Ranchie McLean - guitar
Ansel Collins - Keyboards
Bobby Ellis, Tommy McCook, Herman Marquis - Horns

GREGORY ISAACS

MeRCReDi
Stevie Wonder "Hotter Than July" (1980)
ou "Still a Wonder"

Ce n'est peut-être plus la période de gloire, cette parenthèse enchantée qui, du début au milieu des septantes, fit de Stevie une des toutes premières attractions du monde de la musique, tous genres confondus, mais ce n'est pas non plus l'absolu abysse créatif que certains s'imaginent, non, Hotter Than July, premier cru des 80s de l'ex-petite merveille de la Motown, tient formidablement la route. Alors, certes, la musique s'est simplifiée, des synthétiseurs de leur temps viennent aussi empeser les arrangements de quelques choix discutables mais, dans l'ensemble, qu'il donne dans la ballade tire-larmes (le jazzy Lately), dans l'hymne "positive attitude" (Happy Birthday, wikipédiez !), qu'il fasse le meilleur reggae américain d'alors (Master Blaster), se la joue disco sans se perdre totalement (I Ain't Gonna Stand for It), etc., c'est encore et toujours le compositeur expert auteur d'album aussi essentiels qu'Inner Visions ou Songs in the Key of Life. La suite, on le sait, sera nettement moins glorieuse mais, avec tous ses défauts, l'air du temps n'étant pas le moindre, Hotter Than July demeure une galette qu'on recommande au amateur de soul/funk d'exception, qui n'y trouveront certes pas une totale satisfaction mais suffisamment de bons moments pour ne pas regretter, loin s'en faut !, ce petit tout du côté de chez wonderful Stevie.

1. Did I Hear You Say You Love Me 4:07
2. All I Do 5:06
3. Rocket Love 4:39
4. I Ain't Gonna Stand for It 4:39
5. As If You Read My Mind 3:37
6. Master Blaster (Jammin') 5:07
7. Do Like You 4:25
8. Cash in Your Face 3:59
9. Lately 4:05
10. Happy Birthday 5:57

Stevie Wonder - Vocals, Synthesizer, Drums, Fender Rhodes, Bass Synthesizer, Clavinet, Background Vocals, Arp, Vocoder, Piano, Harpsichord, Celeste, Keyboards, Bass Melodeon, Harmonica, Cabasa, Percussion, Bells, Handclaps, Flute Synthesizer
Nathan Watts - Bass, Background Vocals
Benjamin Bridges - Guitar, Background Vocals
Dennis Davis - Drums on "Did I Hear You Say You Love Me," "As If You Read My Mind", and "Master Blaster (Jammin')"
Earl DeRouen - Percussion, Background Vocals
Isaiah Sanders - Fender Rhodes, Background Vocals, Pianet
Hank Redd - Saxophone, Handclaps
Robert Malach - Saxophone
Larry Gittens - Trumpet
Nolan A. Smith Jr. - Trumpet
Paul Riser - String Arrangement
Hank Devito - Steel Guitar
Rick Zunigar - Guitar
Background Vocals - Angela Winbush, Mary Lee Whitney Evans, Susaye Greene Brown, Alexandra Brown Evans, Shirley Brewer, Ed Brown, Charlie Collins, Eddie Levert, Walter Williams, Michael Jackson, Jamil Raheem, Betty Wright, Ronnie J. Wilson, Charles K. Wilson, Syreeta Wright, Marva Holcolm, Melody McCulley, Delores Barnes
Handclaps - Stephanie Andrews, Bill Wolfer, Trevor Lawrence, Dennis Morrison, Kimberly Jackson

STEVIE WONDER

JeuDi
The Style Council "Café Bleu" (1984)
ou "Je voudrais être noir"

Il y a toujours eu, chez Paul Weller, cette tentation soul et jazz, ce désir d'être noir qui, quand on est un petit blanc du Surrey, n'est pas forcément le but le plus aisé à atteindre. Vous connaissez Café Bleu, au fait ?
Parce que le voilà le bon coup ! Le voici l'album où Paul Weller réalise son potentiel "Nino-Ferrerien" (je voudrais être noir !) assisté en l'occurrence d'un compagnon de jeu ayant précédemment œuvré chez les Dexys Midnight Runners, le claviériste Mike Talbot (qui voulait être noir aussi, ça tombe bien !). Bon, ce n'est pas le premier bon coup du duo et de sa troupe en perpétuel renouvellement, les deux hommes ayant testé leur nouvelle formule sur l'embryonnaire Introducing, c'est celui où The Style Council se révèle tel qu'en lui même, orchestre multiple embrassant hier comme aujourd'hui (celui de 1984, bien sûr), dans un cocktail black music totalement réussi.
Qui dit orchestre multiple dit, forcément, styles multiples. Qu'il emprunte à la Motown (les délicats The Whole Point of No Return et My Ever Changing Moods, le dynamique Here's One That Got Away et son surprenant petit coup de violon, le cuivré Headstart for Happiness), qu'il semble hommager Verve ou Blue Note (l'instrumental piano Mick's Blessings, le big-bandant Me Ship Came In!, le velours lascif de The Paris Match, le "bopesque" Dropping Bombs on the Whitehouse) ou tente de coller au goût du jour dans ce qui peut être perçu comme les seules fautes de goût d'un album sinon sans faille (le rap The Gospel qui sonne daté aujourd'hui, l'urban funk Strength of Your Nature et la ballade mélo You're the Best Thing itou), The Style Council le fait bien avec une équipe parfaitement assemblée où les voix féminines (Tracey Horn d'Everything but the Girl, Dee C. Lee, la Mme Weller d'alors) et des cuivres rutilants viennent joliment complémenter un songwriting solide et inspiré si, exercice nostalgique oblige, dérivatif de bien d'autres artistes jalons d'un glorieux passé.
Les promesses de cet impeccable premier long-jeu feront malheureusement long-feu et The Style Council ira trop vite se perdre dans de peu convaincantes aventures (à partir de 1986 et Home Abroad, en fait) avant de définitivement plier les gaules avant même la décennie épuisée. Reste ce Café Bleu et son gracieux successeur (Our Favourite Shop), petites pépites toujours aussi recommandées.

1. Mick's Blessings 1:15
2. The Whole Point of No Return 2:40
3. Me Ship Came In! 3:06
4. Blue Café 2:15
5. The Paris Match 4:25
6. My Ever Changing Moods 3:37
7. Dropping Bombs on the Whitehouse 3:15
8. A Gospel 4:44
9. Strength of Your Nature 4:20
10. You're the Best Thing 5:40
11. Here's One That Got Away 2:35
12. Headstart for Happiness 3:20
13. Council Meetin' 2:29

Paul Weller - Vocals/Guitar
Mick Talbot - Keyboards/Piano/Hammond organ
Ben Watt - Guitar
Chris Bostock - Double Bass
Steve White - Drums
Billy Chapman - Saxophone
Barbara Snow - Trumpet
Hilary Seabrook - Saxophone
Tracey Thorn - Vocals
Dee C. Lee - Vocals
Dizzy Hites - Rap
Bobby Valentino - Violin

THE STYLE COUNCIL

VeNDReDi
The Cardigans "Emmerdale" (1994)
ou "Swing & Dream & Pop!"

De petits suédois à peine sortis de l'adolescence pour une dream pop délicieusement lounge et rétro ? Vous avez sans doute entendu parler des excellents Cardigans mais connaissez-vous leur opus débutant, Emmerdale ?
Oubliez le cocker, oubliez le titre emprunté à un soap britannique, Emmerdale c'est avant tout de la musique, légère comme une bulle de champomy ou de canada dry, du sixties swinging London dans la suède des années 90, un anachronisme charmant.
Et surtout une voix mutine et câline, celle d'une toute jeune Nina Persson (20 ans !) qui a le physique qui va avec, en plus. Et ensuite des compositions et des arrangements (signés Peter Svensson, 20 ans itou) qui ne laissent nullement entrevoir la jeunesse de leur auteur qui maîtrise comme un vieux briscard cette fusion de pop et de swing jusque dans une relecture inspirée du Sabbath Bloody Sabbath de Black Sabbath qu'on reconnaît mais qui a tout de même subi un ripolinage en règle. Il y a évidemment d'autres très belles chansons, l'emballage joyeux d'un Sick & Tired ou d'un Rise & Shine, la douceur feutrée de Black Letter Day, After All et Celia Inside.
Tout ceci, dont une production (signée Tore Johansson) sachant mettre en valeur les qualités du quintet, de précieux arrangements encore enrichis par d'utiles guests, et un album qui donnera le la de ses deux successeurs qui, cependant, n'en posséderont pas la touchante naïveté si typique des premiers essais. Emmerdale recommandé ? Mais carrément !

1. Sick & Tired 3:24
2. Black Letter Day 4:31
3. In the Afternoon 4:10
4. Over the Water 2:13
5. After All... 2:56
6. Cloudy Sky 4:07
7. Our Space 3:30
8. Rise & Shine 3:28
9. Celia Inside 3:34
10. Sabbath Bloody Sabbath 4:32
11. Seems Hard 3:56
12. Last Song 3:21

Lars-Olof Johansson - acoustic guitar, piano
Bengt Lagerberg - percussion, bassoon, drums, recorder
Nina Persson - vocals
Magnus Sveningsson - bass
Peter Svensson - bass, guitar, percussion, piano, arranger, conductor, vocals, bells, vibraphone
&
David Åhlén - violin
Ivan Bakran - grand piano
Lasse Johansson - guitar, piano
Tore Johansson - trumpet, producer, beats
Jens Lingård - trombone
Anders Nordgren - flute

THE CARDIGANS

SaMeDi
Helena Noguerra "Née dans la Nature" (2004)
ou "Belle de Nature"

Ha ! Être un lion câliné par la belle Helena !, s'entendre susurrer "je t'aime salaud"... un petit goût de paradis. Mais venons-en à la musique et laissons l'aspect fantasmatique de côté, pas le choix.
Et vantons les mérites de cette collaboration de 2004 avec ce doux dingue de Philippe Katerine, une collaboration qui n'est pas alors une nouveauté puisque, déjà, Projet:Bikini et Azul (et plus tard Fraise Vanille, hommage à Serge Rezvani) avaient bénéficié de ses grâces compositionnelles et son savoir-faire d'arrangeur particulièrement compatibles avec les visées pop de mademoiselle Noguerra qui y apparaît comme une anti-Carla Bruni puisque maniant aussi bien la sensualité, la fraicheur que l'humour en plus d'avoir une voix, une vraie voix pour la french pop puisque c'est, fondamentalement, ce que Née dans la Nature nous offre. Et qu'on ne voudrait pas autre chose d'ailleurs parce que, groovy ou folk, ces chansons sont autant de douceurs sucrées qui vous fondent dans l'oreille et vous enrobent le cervelet dans un nuage rose barbapapa. Et oui, même quand on attaque la reprise très réussi du pourtant agaçant, dans sa version originale, I Just Can't Get You Out of My Head, de l'australienne de poche Kylie Minogue, ici dégraissé, "dé-clubisé" pour un résultat extrêmement probant et satisfaisant prouvant que, sous la bouse, se cachait bel et bien la grâce. Bien vu Philippe et Helena ! Et bravo, en fait, pour l'ensemble d'un album varié, réussi de bout en bout qu'on se passe, encore et encore, avec l'assurance de la satisfaction répétée.
Ha ! Être un lion câliné par la belle Helena !, s'entendre susurrer "je t'aime salaud"... un petit goût de paradis... Facilement accessible à l'écoute de ce Née dans la Nature ô combien réussi et recommandé, qu'on se le dise !

1. Née dans la nature
2. L'âge de ma mère
3. Je t'aime salaud
4. Mary poppins
5. Can't Get You Out of My Head
6. Le jardin près de la falaise
7. Aux quatre vents
8. Les fantômes
9. Quand tu dors
10. Je nageais nue
11. Qui es-tu ?
12. C'est parapluie (en duo avec Fifi Chachnil)

Helena Noguerra - chant
Philippe Katerine - guitares, chœurs
Philippe Eveno - guitares, chœurs
Christophe "Disco" Mink - guitare basse, keys, contrebasse, harpe, chœurs
Christophe Lavergne - batterie
&
Olivier Libaux - guitare (12)
Fifi Chachnill - chant (12)


HELENA NOGUERRA