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lundi 26 juin 2017

S comme...

En S, vous trouverez plein de vieilleries, pas mal de guitares acoustiques, des cheveux longs et des physiques hirsutes, des filles et des garçons et même un vrai excité... Mais pas de metal, alors que de Scorpions à Sepultura, il y avait de quoi. S comme sérénité ? Je vous laisse juger. Enjoie !

S comme...
SANTANA "Welcome" (1973)
Renouvellement

Il fallait s'y attendre. Déjà sur les deux crus de l'année précédente,  1972, Caravanserai et Love Devotion Surrender, enregistré en compagnie du sideman de Miles Davis John McLaughlin, Carlos Santana et son éponyme formation donnaient de très clairs signes que leur fusion originelle avait fait long feu, c'est entériné avec ce Welcome de 1973, un album où les natifs de San Francisco s'abandonnent presque totalement à un jazz fusion ayant alors le vent en poupe.
Mais si le genre est "in", ça ne fait pas pour autant du groupe et de son moustachu une bande de vils opportunistes et ne débouche pas sur un album qui sonne forcé de quelque manière que ce soit. Ce naturel est d'ailleurs évident dès le Going Home d'ouverture, morceau librement adapté de la Symphonie du Nouveau Monde d'Antonin Dvořák et arrangé avec le concours de Mme feu-John Coltrane, Alice (avec qui Carlos collaborera d'ailleurs sur le contesté Illuminations l'année suivante), qui fait plus que son petit effet, épate par son flow mystico-jazzé harmonieux et trippant. La suite, un grand bain fusionnant où ne sont pas tout à fait oubliées les racines latino-américaines du groupe (en particulier sur Samba de Sausalito, une composition du percussionniste José Areas, et Yours Is the Light, vocalisé par la brésilienne Flora Purim, étant là pour satisfaire aux appétits de l'auditoire traditionnel de Santana) qui ne sont, toutefois, plus que portion congrue de l'expression du combo, une épice parmi tant d'autres du cosmique ensemble. Oui, cosmique, parce que Santana et les siens planent haut, trippent fort sur ce Welcome libre et fier où toutes les envies, toutes les ambitions de la formation semblent se concrétiser. Il faut dire qu'avec le concours de quelques guests bien senties, dont le remarqué retour de John McLaughlin sur le planant et très réussi Flame - Sky, Carlos a assemblé un parfait ensemble pour accoucher de l'album qu'il souhaitait. On notera aussi le nouveau chanteur, Leon Thomas, dont la tonalité soul & blues apporte définitivement sa pierre à l'impressionnant édifice comme exemplifié par un beau When I Look into Your Eyes.
Excellemment produit par Carlos, le claviériste Tom Coster et le batteur Michael Shrieve, Welcome est un triomphe de fusion réussie, une galette tout à fait de son temps qui, si elle n'est pas la plus universellement recommandée de la formation, demeure un de ses immanquables highlights et, donc, une étape, parce que Santana continuera son développement dans les opus suivants, qu'on se doit de ne pas manquer.

1. Going Home 4:11
2. Love, Devotion & Surrender 3:38
3. Samba de Sausalito 3:11
4. When I Look into Your Eyes 5:52
5. Yours Is the Light 5:47
6. Mother Africa 5:55
7. Light of Life 3:52
8. Flame - Sky 11:33
9. Welcome 6:35
Bonus
10. Mantra 6:10

Carlos Santana – electric guitar, acoustic guitar, bass guitar, kalimba, percussion, vocals
Tom Coster – Yamaha organ, Hammond organ, electric piano, acoustic piano, organ, marimba, percussion, strings arrangements, vocals
Richard Kermode – Hammond organ, mellotron, electric piano, acoustic piano, marimba, shekere, percussion
Douglas Rauch – bass guitar
Michael Shrieve – drums
José "Chepito" Areas – percussion, conga, timbales
Armando Peraza – percussion, conga, bongos, cabasa, vocals
&
Alice Coltrane - piano, arrangements (1)
Leon Thomas – lead vocals (2, 4, 7), whistling (5)
Wendy Haas – vocals (2, 4)
Flora Purim – lead vocals (5)
John McLaughlin – guitar (8)
Joe Farrell – solo flute (4)
Bob Yance – flute (4, 5)
Mel Martin – flute (4, 5)
Douglas Rodriguez – rhythm guitar (4)
Tony Smith – drums (3)
Jules Broussard – soprano saxophone (6)
Greg Adams – strings arrangements (7)


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SILLY SISTERS "Silly Sisters" (1976)
Fausses Sœurs, Vrai Folk

En vacances de son groupe de référence, Steeleye Span, aidée d'une consœur (June Tabor encore une débutante qui s'affirmera vite comme une vraie force vive de la scène folk britannique), Maddy Prior produit une merveille de petit album tout en fraicheur et en délicatesse, l'éponyme des Silly Sisters.
La première chose qui frappe, à entendre ces deux dames chanter ensemble, c'est la complémentarité de leurs organes, le doux, léger, mutin presque de Maddy, le plus sombre et dramatique de June, en harmonies, l'effet bœuf est garanti. Ensuite vient la musique, que du très classique en fait, du folk anglais typique de ces années 70 ce qui est tout sauf surprenant à détailler les pontes du genre qui le peuple (de Danny Thompson de Pentangle à Andy Irvine et Johnny Moynihan des irlandais de Planxty en passant par le comparse de Maddy au sein de Steeleye Span, Martin Carthy), c'est un fameux who's who présentement entièrement dédié à la cause de la doublette féminine qui les a attiré à elle. Mais, finalement, c'est quand, débarrassées de ces messieurs, ces dames se livrent sans artifice instrumental qu'elles tutoient le divin. Il faut dire que le répertoire, composé, comme dans le groupe de référence de Maddy, essentiellement d'airs traditionnels, a été particulièrement finement choisi permettant aux deux interprètes de s'y glisser avant tant d'aise et de grâce qu'on peine souvent à ne pas croire que ce sont bien elles, les auteures de ces bucoliques mélopées.
Attention cependant, on ne plonge pas dans l'œuvre des sœurs si facilement, pas fille de joie pour deux sous, d'un charme discret et raffiné, cette musique peut demander un temps d'adaptation avant de gagner l'auditeur. Un peu de patience donc, et le bonheur sera au bout du chemin de cet album qui n'eut, dix ans plus tard, qu'un héritage hélas inférieur. Mais celui-ci, ha celui-ci, fantastique !

1. Doffin' Mistress 2:13
2. Burning of Auchindoon 1:08
3. Lass of Loch Royal 4:09
4. The Seven Joys of Mary 3:18
5. My Husband's Got No Courage In Him 3:12
6. Singing The Travels 2:50
7. Silver Whistle 4:12
8. The Grey Funnel Line 3:05
9. Geordie 4:02
10. The Seven Wonders 4:35
11. Four Loom Weaver 2:39
12. The Game Of Cards 3:20
13. Dame Durden 3:00

Maddy Prior - vocals
June Tabor - vocals
Martin Carthy - guitar
Nic Jones - fiddle
Tony Hall - melodeon
Andy Irvine - mandolin
Johnny Moynihan - bouzouki
Gabriel Mckeon - uillean pipes
Danny Thompson - bass


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SLOCHE "Stadaconé" (1976)
Sans déconner !

 Des québécois qui fusionnent leur prog', un second et dernier album au titre aussi improbable qu'incompréhensible, Stadaconé kesako ?, c'est Sloche, formation obscure mais ô combien satisfaisante pour les amateurs du genre.
Le genre ? Un progressif fusionnant quelque part entre Mahavishnu Orchestra et Gentle Giant, pas bien éloigné de leur compatriotes de Maneige. le changement majeur, sur ce second album sinon musicalement dans l'exacte lignée de son prédécesseur, vient de l'abandon du chant, on retrouve, pas pour compenser mais indéniablement pour enrichir, un percussionniste (Gilles Ouellet) dans une œuvre, du coup, avec donc pas de chant mais un champs percussif étendu, encore plus libre des contingences souvent imposées par le format chanson. Ici, en 6 instrumentaux volubiles, gracieux et mélodiques, où chaque musicien a largement l'opportunité d'afficher son abattage technique, les québécois prouvent qu'on peut, à la fois, groover comme un vrai groupe de funk fusion (Stadaconé, l'exemplaire instrumental titre, un Cosmophile qui porte bien son nom),  que faire dans la relative bizarrerie via des constructions plus expérimentales (Il Faut Sauver Barbara, Isaacaron), ou glisser vers un rock à guitare bien évoqué (Ad Hoc et la magnifique performance soliste de Caroll Bédard) sans jamais renoncer à son esthétique harmonique forte.
Bien mis en son, admirablement joué, doté de compositions à l'échafaudage aussi solide que leur fantaisie est  savoureuse, Stadaconé, puisque répétons-le il s'agit de l'ultime œuvre du sextet, laisse de vrais regrets, et un paquet de bonne musique.

1. Stadaconé 10:17
2. Le Cosmophile 5:40
3. Il Faut Sauver Barbara 4:16
4. Ad Hoc 4:30
5. La 'Baloune' de Varenkurtel au Zythogala 4:57
6. Isacaaron (Le Démon Des Choses Sexuelles) 11:19

Réjean Yacola - keyboards
Martin Murray - keyboards
Caroll Bédard - guitars
Pierre Hébert - bass
André Roberge - drums & percussions
Gilles Ouellet - celesta, percussions


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STAPLETON, CHRIS "Traveller" (2015)
Southern Man's Blues

Voici typiquement le genre d'album qui n'a pas la moindre chance de faire un tabac chez nous, dans un pays qui, pourtant, vit largement dans une société consumériste d'obédience étatsunienne. Il faut dire que, chez nous, la country, c'est une petite chanson de Johnny, d'Eddy, de Dick voire de Hugues et puis c'est tout, c'est tout l'effet que ce genre bouseux transatlantique typique fait au porteur de beret sur la tête et baguette sous le bras, puisqu'on est dans les clichés. Et c'est bien dommage parce qu'à l'image de l'inaugural opus de cet hirsute individu tout de stetson chapeauté, qui est une vraie petite merveille !, cette galaxie de nuances (quel est le rapport entre Billy Cyrus et Townes Van Zandt à part l'assidu port d'un couvre chef de cowboy ?) a bien des trésors à délivrer. Et donc, Chris Stapleton, plutôt du genre outlaw le gars (descendance des Willie Nelson, Waylon Jennings et autres David Allan Coe), et pas seulement pour le look, un petit gars qui roule sa bosse depuis une bonne dizaine d'années en tant que songwriter reconnu, qui a mené un temps une des formations les plus en vue du revival bluegrass, The SteelDrivers, bref, qui a pris son temps pour enfin concocter un premier opus qu'il pourrait entièrement assumer. En l'occurrence, ce qui s'offre à nous passée la country pop (plutôt bien fichue d'ailleurs) de Traveller, est à un bel opus en équilibre entre outlaw country et rock sudiste, ceci fait avec beaucoup de sensibilité et de nuance, deux qualités pas si courantes dans les genres qu'accouple l'opus. Les highlights de la chose ? Toutes les chansons sont d'un excellent niveau mais Tennessee Whiskey et ses atours soul, le solide country rock sudiste Parachute où Chris donne enfin du plein volume de son rocailleux organe, Whiskey and You où tout en retenue il évoquerait presque le divin Townes Van Zandt, la ballade au coin du feu Daddy Doesn't Pray Anymore, les bon gros blues que sont Might As Well Get Stoned, versant rock, et Was It 26, côté plouc, brillent un peu plus que leurs jolies voisines d'un album si totalement réussi qu'on le conseillera même à ceux pour qui le genre dans sa globalité est étranger, voire désagréable, bigre ! Et, au fait, Traveller a beaucoup de succès aux Etats-Unis, il a été n°1 des charts toute catégorie confondues, s'est déjà écoulé au-delà du million, ce qui devient rare en ces temps de gratuité quasi-systématique, et même récolté deux Grammy Awards... Et c'est totalement mérité parce qu'on tient bien là la première belle œuvre d'un auteur qu'on suivra, lui dont le cocktail country sudiste nous a présentement si complètement séduit.

1. Traveller 3:42
2. Fire Away 4:04
3. Tennessee Whiskey 4:52
4. Parachute 4:13
5. Whiskey and You 3:56
6. Nobody to Blame 4:04
7. More of You 4:37
8. When the Stars Come Out 4:16
9. Daddy Doesn't Pray Anymore 4:09
10. Might as Well Get Stoned 4:37
11. Was It 26 4:49
12. The Devil Named Music 6:07
13. Outlaw State of Mind 5:37
14. Sometimes I Cry 4:02

Chris Stapleton — acoustic guitar, electric guitar, mandolin, lead vocals
Dave Cobb — acoustic guitar, percussion
J.T. Cure — bass guitar, upright bass
Derek Mixon — drums, percussion
Mickey Raphael — harmonica
Morgane Hayes-Stapleton — background vocals
Robby Turner — pedal steel guitar
Michael Webb — mellotron, organ, piano


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STEELEYE SPAN "Parcel of Rogues" (1973)
Évolution

En électrifiant et raffinant leur son, mais en conservant leur éthique traditionnelle, les anglais de Steeleye Span opèrent une transformation en douceur qui finira de les établir comme une des formations qui comptent dans un revival folk britannique dont il seront l'uns des plus beaux fleurons.
Dans les faits, Parcel of Rogues est déjà le 5ème album de Steeleye Span depuis 1970, un rythme soutenu que le large répertoire traditionnel à leur disposition et leur inspiration propre réussissent sans problème à soutenir, ce n'est donc pas une surprise que d'entendre, une fois encore, le quintet réunir une belle collection de chansons. Plus surprenante est la façon adoptée pour l'occasion, là où les devanciers de l'opus proposaient une folk tout à fait "dans les rails", traditionaliste dirait-on, tout à fait sage si indéniablement inspirée, une belle dose d'électricité à été ajoutée, utile progression d'un son qui, à être trop défini, prenait le risque de tourner en rond. Du coup, ce petit supplément, qui épice l'approche plus qu'il ne la révolutionne, le Steeleye Span des quatre premiers albums s'en trouve validé, sert exactement ce à quoi ces petits malins l'avaient imaginé, à donner un sérieux coup de jeune et, forcément, une énergie accrue qui donne aussi une chance de briller à un six-cordiste de qualité, Bob Johnson, qui ne manque pas l'opportunité nouvellement offerte. A part ça, c'est avec plaisir qu'on retrouve les harmonies vocales émouvantes de Maddy Prior et de ses compagnons, cette musique terrienne et sensible, aussi, et une sélection intégralement comprise, comme d'habitude, de reprises de thèmes traditionnels prouvant l'érudition du groupe en plus de sa capacité de s'approprier ce répertoire.
Si Parcel of Rogues demeure une des plus belles pièces du catalogue d'un groupe qui ne cessa que très fugitivement de produire, deux petites années sur une carrière quadri-décennale (78-80), c'est parce qu'il allie l'intensité originelle d'une folk pure à l'innocence de nouvelles dispositions électriques. Ca en fait, à n'en pas douter, un album incontournable pour les fans du genre, une excellente porte d'entrée pour ceux qui ne se seraient pas encore frottés au groupe ou au style pratiqué ou, plus généralement, à toutes celles et tous ceux qui aiment la bonne musique, parce que c'en est, indéniablement !

1. One Misty Moisty Morning 3.30
2. Alison Gross 5.29
3. The Bold Poachers 4.18
4. The Ups And Downs 2.45
5. Robbery with Violins 1.47
6. The Wee Wee Man 4.01
7. The Weaver and The Factory Maid 5.21
8. Rogues in a Nation 4.34
9. Cam Ye O'er Frae France 2.49
10. Hares on The Mountain 4.33

Maddy Prior - vocals
Tim Hart - vocals, guitar, appalachian dulcimer
Bob Johnson - vocals, guitar
Rick Kemp - bass guitar, drums
Peter Knight - violin, viola, mandolin, piano, recorder, harmonium


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STEWART, AL "Year of the Cat" (1976)
Bonne Année

Il a tellement été un classique de son temps, les 70s, tellement traîné dans les brocantes et les bacs des disquaires d'occasion (à l'époque du vinyl, souvenez-vous !) qu'on a fini par prendre le Year of the Cat d'Al Stewart pour argent comptant sans plus vraiment se le mettre dans l'oreille, sorte de passager familier de nos errances musicales lointaines il parait usé avant même qu'on ne le glisse, numérisé dans son petit format iridescent, dans le tiroir prévu à cet effet. Erreur. Erreur parce que le bel album que voici ! Il faut dire que dès l'emballage, la pochette conçue par Storm Thorgerson et la mise en son d'Alan Parsons (on nage en pleine galaxie floydienne !), les petits plats dans les grands, pour une musique classic (soft) rock où subsistent, forcément !, les racines folk du bonhomme, qui roule dans l'oreille de l'auditeur d'un joli et planant Lord Grenville, du rythmé On the Border, de l'ensoleillé Sand in Your Shoes, de la belle folk-rock un poil pop, un poil bluesy de Flying Sorcery au verbeux morceau éponyme final et sa pompe raisonnable (sans compter les trois bons bonus de ce remaster, donc, et en oubliant sciemment le reste d'une sélection où rien ne manque sa cible), on est totalement sous le charme... A condition d'apprécier le soft rock des septantes à son apogée, évidemment. Parce que c'est ça Year of the Cat, un album évidemment totalement maîtrisé par d'excellents musiciens, un luxe d'arrangement millimétrés bien-sûr, mais surtout un opus à la cool qui évoquera aux quinquas qui y étaient les vapeurs d'une jeunesse depuis longtemps évanouie.

1. Lord Grenville 5:00
2. On the Border 3:22
3. Midas Shadow 3:08
4. Sand in Your Shoes 3:02
5. If it Doesn't Come Naturally, Leave It 4:28
6. Flying Sorcery 4:20
7. Broadway Hotel 3:55
8. One Stage Before 4:39
9. Year of the Cat 6:40
Bonus
10. On the Border [live] 3:48
11. Belsize Blues 3:30
12. Story of the Songs 9:42

Al Stewart - vocals, guitar, keyboards
Peter White - guitar, keyboards
John Perry - background vocals
Tim Renwick - guitar
Andrew Powell - string arrangements
Bobby Bruce - violin
Marion Driscoll - percussion
Stuart Elliott - drums, percussion
George Ford - bass
Phil Kenzie - alto saxophone
Don Lobster - keyboards
David Pack - background vocals
Tony Rivers - background vocals
Graham Smith - harmonica
Peter Wood - keyboards


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STOOGES, THE "Funhouse" (1970)
House of Holy Noise

Le moins connu des Stooges ? Probablement, et pourtant, quel abattage ! Parce que le sax hurlant de Steve Mackay, qui arrive tout juste, et encore juste sur la deuxième face de ce séminal Funhouse, mais sera dès lors de toutes les formations des furieux étatsuniens, c'est tout de même quelque chose ! Or donc, puisque c'est de ce surpuissant souffleur de chaos dont il s'agit à l'occasion de sa regrettée disparition, et sans oublier la très haute tenue d'une première face où les Stooges n'ont jamais été aussi tight (merci Don Gallucci, de chez les Kingsmen, et sa production offrant un cadre presque live aux bostoniens et aux progrès de Ron Asheton sur ses six cordes), intéressons nous à cette face B qui commence très fort avec un 1970 en forme de perfection garage où le soli furieusement jazzy de Mackay vient juste à point pour créer l'élément de surprise qui couronne la réussite, se poursuit avec un Fun House délicieusement jazzy (et un Steve omniprésent) et se conclut sur un apocalyptique et jouissif grand n'importe quoi L.A. Blues tout en furie et sorties de routes... Fort, très fort. A l'image, en vérité, d'un album capturant la substantifique moelle de ces Stooges chenapans protopunks d'absolue référence, avec Iggy qui influencera tellement ce que signifie un frontman possédé, qui ne feront plus mieux mais ça, c'est une autre histoire et le regretté Dave Alexander à la basse vrombissante... Funhouse ? Immanquable, tout simplement !

1. Down on the Street 3:42
2. Loose 3:33
3. T.V. Eye 4:17
4. Dirt 7:00
5. 1970 5:14
6. Fun House 7:45
7. L.A. Blues 4:52

Iggy Pop – vocals
Ron Asheton – guitar
Dave Alexander – bass guitar
Scott Asheton – drums
Steve Mackay – saxophone
&
Don Gallucci – production, organ overdubs


samedi 29 avril 2017

L comme...

Pour la sélection en L (aile) il fallait de la légèreté. Mais il fallait aussi de la Lourdeur, du Libéral, du Local, et pourquoi pas un peu de L(SD)... Tout ça nous fait un beau bordel où chacun saura picorer selon son appétit. Enjoie !

L comme...
LEADBELLY "The Definitive Leadbelly" (2006)
Refuse, Resist, Sing, Pray, Love

C'est le genre de sélection qu'on ne vend pas, premièrement parce que le carractère essentiel des travaux de l'immense Leadbelly n'est plus à démontrer, ensuite parce qu'à ce prix-là, c'est un minuscule sacrifice pour un pan si historique de la musique étatsunienne.
Alors on présente l'auteur, ce folk/bluesman qui, né en 1888 et disparu en 1949, avait commencé sa carrière vers 1903, au caractère volatile qui le conduira parfois derrière les barreaux, aux sujets dépassant si largement ceux de ses collègues d'un blues naissant qu'il attira particulièrement l'oreille de petits blancs socialement conscients (aux premiers desquels on se doit de citer le légendaire Woody Guthrie), et au style, d'une voix forte et franche à une parfaite maîtrise de sa douze-cordes acoustique, qui fera forcément florès.
Il existe moult compilations introduisant le sujet, celle-ci en vaut bien une autre avec ses 50 chansons, au simple double feuillet introductif bien suffisant pour "attaquer le sujet", un objet sobre sur les dernières années d'un homme, les enregistrements couvrent les années 1940, qu'il est plus qu'utile de découvrir si l'on en n'a pas encore eu la chance.
The Definitive Leadbelly ? Un peu cheap mais tellement bon.
(Pour plus d'informations, visitez la Fondation Leadbelly.)

CD 1
1. Midnight Special 3:07
2. John Hardy 3:14
3. Where Did You Sleep Last Night 3:02
4. T.B. Blues 3:11
5. Easy Rider 3:13
6. Alberta 3:11
7. Rock Island Line 2:34
8. Alabama Bound 3:05
9. You Can t Lose-A Me Cholly 3:02
10. New York City 3:00
11. Roberta 3:07
12. Leaving Blues 3:02
13. When The Boys Were Out On The Western Plains 2:56
14. I m On My Last Go Round 3:11
15. Mother s Blues 2:32
16. Pretty Flowers In My Back Yard 2:26
17. Pick A Bale Of Cotton 2:58
18. Sail On Little Girl 3:14
19. Fannin Street 2:36
20. Packing Trunk Blues 2:57
21. The Bourgeois Blues 3:23
22. Good Morning Blues 2:55
23. The Boll Weevil 3:03
24. Shorty George 5:05
25. Goodnight Irene 2:38

CD 2
1. Worried Blues 3:15
2. In New Orleans (House Of The Rising Sun) 3:16
3. Blue Tail Fly 2:18
4. Take This Hammer 2:59
5. Stewball 3:01
6. The Gallis Pole 2:46
7. C.C. Rider 4:10
8. Cotton Fields 2:08
9. Yellow Gal 3:09
10. Ham An Eggs 2:59
11. Don t You Love Your Daddy No More? 3:06
12. Howard Hughes 3:03
13. Looky Looky Yonder/Black Betty/Yellow Woman's Doorbell 3:08
14. Whoa Back, Buck 3:07
15. Didn t Ol John Cross The Water 3:09
16. Julianne Johnson 3:14
17. Grey Goose 2:57
18. Red Cross Store Blues 3:08
19. Can t You Line Em 2:55
20. Swing Low, Sweet Chariot 0:50
21. My Baby Quit Me 2:54
22. Black Betty 1:55
23. Bottle Up And Go 1:13
24. De Kalb Blues 3:04
25. Ain t Gonna Study War No More 1:24


L comme...
LED ZEPPELIN "Physical Graffiti" (1975)
Bric à Brac génial

Il y a des albums pour lesquels on pense ne plus avoir à faire l'article, dont le retentissement universel semble un fait acquis, dont la conception et chaque détail de chaque chanson semblent être connu et reconnu. Et puis, on sonde son entourage, se rend compte que, là encore, l'arbre trop souvent cache la forêt et que, finalement, ce qui apparaissait comme un classique usé jusqu'à la corde recèle encore de mystères trop peu sondés par une vaste majorité.
Prenez Physical Graffiti, le cru 75 du plus gros groupe de rock des années soixante-dix, une formation passée à la postérité bien au-delà de la sphère d'influence habituelle du genre, mais si, Led Zeppelin, vous savez bien, Dazed and Confused, Rock and Roll, Black Dog, The Immigrant Song, Stairway to Heaven évidemment et, puisque c'est sur l'album qui nous intéresse, et que c'est lui l'arbre, Kashmir son riff inoxydable et ses flaveurs orientales si addictives.
Et donc, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Physical Graffiti, ce monument !, n'est pas à proprement parler un album classiquement conçu. Commencé à l'origine en novembre 1973, interrompu pour laisser la place à Bad Company (avec qui Led Zeppelin partage label et manager), ayant souffert des tensions internes et d'un John Paul Jones supposément sur le départ vers un poste plus respectable que celui de bassiste/claviériste d'une bande de chevelus (maître de chorale à la cathédrale de Winchester, pas moins !), il connut un accouchement long et douloureux mais, franchement le jeu en valait la chandelle et les quatre garçons dans l'ouragan firent bien de se remettre à l'ouvrage quelques mois plus tard pour créer ce qui demeure leur œuvre la plus longue et variée. Il faut dire que les 8 titres qui devaient peupler la chose étaient d'imposantes créations dépassant largement la durée maximale de ce qu'il était possible de caser sur la galette de cire noire. D'où la décision du double album et l'adjonction, encore merci les gars !, de chansons déjà enregistrées lors de précédentes sessions et remisées pour une raison ou un autre juste légèrement overdubbées pour la circonstance. Ca pourrait nous donner un album décousu, inégal, il n'en est rien. Que ce soit dans le hard rock qui a fait leur gloire (Custard Pie, The Rover, The Wanton Song, Sick Again, Houses of the Holy), dans un rock quasiment progressif (In the Light), du presque funk énergisant (Trampled Under Foot), de l'acoustique plein d'âme et de sentiment (Boogie with Stu, Black Country Woman), de la power ballad inattaquable (Ten Years Gone), du blues bien "jammesque" (In My Time of Dying), du country rock de compétition (Night Flight), du petit intermède instrumental (Bron-Yr-Aur) ou l'immense rock orchestral oriental (Kashmir !), le groupe ne manque jamais sa cible et offre, au contraire, un panorama vaste et impressionnant dont on ne se remet pas facilement, et sur lequel on revient souvent avec toujours une égale délectation devant tant de maîtrise, de talent et d'imagination. A vrai dire, que les morceaux ait été ou non conçus pour l'album importe peu, le tout, 15 titres et 82 minutes, s'écoute comme une promenade picaresque dans les méandres créatifs d'une formation en état de grâce.
40 ans plus tard, bien célébré par cette belle édition reproduisant enfin l'effet des fenêtres de la pochette originale; doté d'un Cd supplémentaire et d'un copieux livret pour profiter encore plus pleinement, encore plus longtemps de l'expérience, Physical Graffiti continue de s'imposer comme le magnum opus d'un Led Zeppelin au catalogue pourtant d'une immense cohérence qualitative. En bref et en un mot qui résume tout : énorme !

CD 1
1. Custard Pie 4:13
2. The Rover 5:37
3. In My Time of Dying 11:04
4. Houses of the Holy 4:02
5. Trampled Under Foot 5:37
6. Kashmir 8:32

CD 2
1. In the Light 8:46
2. Bron-Yr-Aur 2:06
3. Down by the Seaside 5:13
4. Ten Years Gone 6:32
5. Night Flight 3:36
6. The Wanton Song 4:10
7. Boogie with Stu 3:53
8. Black Country Woman 4:24
9. Sick Again 4:42

CD 3 - Bonus
1. Brandy & Coke (Trampled Under Foot) (Initial/Rough Mix) 5:39
2. Sick Again (Early Version) 2:22
3. In My Time of Dying (Initial/Rough Mix) 10:44
4. Houses of the Holy (Rough Mix with Overdubs) 3:51
5. Everybody Makes It Through (In the Light) (Early Version/In Transit) 6:29
6. Boogie with Stu (Sunset Sound Mix) 3:39
7. Driving Through Kashmir (Kashmir) (Rough Orchestra Mix) 8:41

John Bonham – drums, percussion
John Paul Jones – bass guitar, organ, acoustic and electric piano, mellotron, guitar, mandolin, VCS3 synthesiser, Hohner clavinet, Hammond organ, string arrangement
Jimmy Page – electric, acoustic, lap steel and slide guitar, mandolin, production
Robert Plant – lead vocals, harmonica, acoustic guitar on "Boogie with Stu"
&
Ian Stewart – piano on "Boogie with Stu"


L comme...
LIGHTFOOT, GORDON "Summertime Dream" (1976)
Beautiful Folk

Ce country folkeux canadien n'est sans doute pas le plus connu chez nous. Pourtant, au cœur des années 70, il sortit quelques très beaux albums dont Summertime Dream est le sans doute plus remarquable. Il faut dire que Gordon n'est plus vraiment un débutant, à 38 ans, Summertime Dream est son douzième opus depuis 1966, le douzième d'une carrière de qualité où, comme tout le monde de sa génération, il a commencé en acoustique avant d'incorporer les aspects rock (sans excès) qui lui permirent d'évoluer, artistiquement comme commercialement. C'est donc à un artiste sûr de son fait, bien installé dans un style qu'il possède de A à Z auquel nous avons affaire ici, un artiste d'ailleurs bien entouré d'un groupe où les noms n'en jette pas comme les Ry Cooder, Van Dyke Parks et autres Randy Newman des septantes débutantes (voir le très recommandé Sit Down Young Stranger) mais que Gordon a construit lui-même, à sa convenance, et qui répond conséquemment à ses attentes. Parce qu'un songwriter aussi fin a besoin de nuance ce que les Barry Keane (batteur), Pee Wee Charles (l'homme à la pedal steel guitar), Terry Clements (guitariste soliste), etc., amènent magnifiquement comme, par exemple, sur le morceau phare de l'album, ce Wreck of the Edmund Fitzgerald racontant la pire tragédie navale survenue dans les Grand Lacs sur six minutes et demies aux relents celtiques bienvenus et à l'habillage instrumental époustouflant. Comme le reste de la galette, de bons morceaux folk-rock impeccablement troussés (Race Among the Ruins, I'd Do It Again, Summertime Dream, Too Many Clues in This House) en ballades country émotionnellement prenantes (I'm Not Supposed to Care, Protocol, Spanish Moss), est presque du même tonneau (c'est à dire presque parfait, ce qui est déjà énorme !), il n'en faut pas plus pour recommander chaudement, en introduction à un Gordon Lightfoot par exemple, l'artiste étant quasi inconnu chez nous, ce Summertime Dream qui, à ne pas essayer alors d'être à la pointe de quelque tendance que ce soit, par un artiste qui est avant tout un raconteur, n'a aujourd'hui pas pris une ride.

1. Race Among the Ruins 3:21
2. The Wreck of the Edmund Fitzgerald 6:32
3. I'm Not Supposed to Care 3:31
4. I'd Do It Again 3:14
5. Never Too Close 3:04
6. Protocol 4:02
7. The House You Live In 2:55
8. Summertime Dream 2:30
9. Spanish Moss 3:51
10. Too Many Clues in This Room 4:49

Gordon Lightfoot - vocals, six and twelve-string guitar, piano
Pee Wee Charles - pedal steel guitar
Terry Clements - lead guitar
Rick Haynes - bass guitar
Barry Keane - drums, percussion
Gene Martynec - Moog synthesizer
&
Jim Gordon - drums on "The House You Live In"


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LIGHTNING SEEDS, THE "Dizzy Heights" (1996)
Ligne Claire

Un orfèvre pop au sommet de sa forme ? Ce sont les Lightning Seeds de Ian Broudie et leur Dizzy Heights, quatrième long-jeu de leur discographie, un triomphe de pop à l'anglaise.
Il faut dire que le groupe, mené par l'indéboulonnable et omnipotent Ian Broudie, sait recycler les valeurs du passé dans un cadre réactualisé du meilleur effet. Ainsi, si les chansons de ces graines d'éclair doivent beaucoup à l'explosion pop anglaise des années soixante en général et aux Beatles en particulier, elle savent aussi les vernir d'atours productifs typiques de son temps, on pense évidemment aux inflexions électroniques discrètes de, par exemple, Sugar Coated Iceberg. On précisera aussi qu'avec la collaboration de l'excellent Terry Hall (de chez les Specials, Fun Boy Three ou Vegas) le lunetté Broudie a mis toutes les chances de son côté et, de fait, les trois compositions qu'ils ont fomenté en commun (Imaginary Friends, What If et What You Do) font partie des vrais highlights d'un album, par ailleurs, sans le moindre faux pas, triomphe de pop anglaise sans complexe.
Rajoutez à ça une réimagination d'un morceau de deux Byrds (Gene Clark et Jim McGuinn) composé pour les Turtles excellemment troussée (You Showed Me) et vous obtenez un opus que les amateurs de belle pop music classique mais pas (si) revivaliste pour autant ne voudront certainement pas manquer.

1. Imaginary Friends 2:44
2. You Bet Your Life 3:34
3. Waiting for Today to Happen 3:34
4. What If... 3:23
5. Sugar Coated Iceberg 3:53
6. Touch and Go 3:53
7. Like You Do 3:23
8. Wishaway 3:17
9. Fingers and Thumbs 3:21
10. You Showed Me 4:08
11. Ready or Not 3:50
12. Fishes on the Line 3:54

Ian Broudie – vocals, guitar, producer
Simon Rogers – keyboards, programming, producer
Martyn Campbell – bass, backing vocals
Angie Pollack – backing vocals
Chris Sharrock – drums
&
Clive Layton – Hammond organ, piano
Terry Hall – backing vocals
Carl Brown – backing vocals
Paul Roberts – backing vocals


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LITFIBA "12-5-87 Live (Aprite I Vostri Occhi)" (1987)
New Wave Transalpine

Litfiba, légendes du renouveau rock des années 80 en Italie, est un groupe Florentin formé en 1980 par Piero Pelù qu'on pourrait, hâtivement, taxer du sobriquet forcément réducteur de Nick Cave italien.
Remarqués en France suite à leur explosif passage aux Transmusicales de Rennes en 1983 (alors qu'ils n'avaient que deux EPs et pas même un album au compteur), Litfiba n'aura cependant pas réussi à établir chez nous autres Francs le même following enragé qu'à la maison. J'ai, cependant, eu la chance de les voir lors d'un passage parisien pour promouvoir leur 5ème album, Terremoto (1993). Cette rencontre confirma tout le bien que je pensais des prestations live du groupe depuis ma découverte, en 1988, du live présenté ici même aujourd'hui.
Il faut dire que la mixture préparée par ces malins transalpins a tout pour séduire, il réussissent en effet une (presque) parfaite fusion de rock gothique typiquement 80s, de new wave arty et de rock plus basique mené par la voix habitée du sus-nommé Piero Pelù. Le groupe, quand à lui, ne fait pas franchement dans la pyrotechnie, l'efficacité prime et les fioritures ne sont pas légion ce qui contribue à installer un climat quasiment tribal dans les chansons de Litfiba.
Il est à noter que le groupe n'a alors que deux album à son répertoire et, pourtant, ce live sonne véritablement comme une collection de classiques. Etonnant.
Evidemment, suite au ravissement que me procurait la présente galette, j'ai creusé le répertoire des florentins pour ne jamais, hélas, y retrouver le frisson de cet "Aprite I Vostri Occhi" me procure et que je vous conseille, par conséquent, chaudement.

1. Come un Dio 8:04
2. Resta 2:57
3. La preda 3:11
4. Cane 4:08
5. Tziganata 4:31
6. Ferito 7:28
7. Apapaia 5:02
8. Re Del Silenzio 5:19
9. Vendette/Luna 17:16
10. Ballata 5:14

Piero Pelù - chant
Ghigo Renzulli - guitare
Gianni Maroccolo - basse
Antonio Aiazzi - claviers
Ringo De Palma - batterie


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LOVE "Love" (1966)
Love Is All You Need

Il y a quelque chose de révolutionnaire chez Love. Et pas seulement parce qu'ils prônent la paix et l'amour dans une Amérique plus que jamais guerrière, pas seulement non plus parce qu'ils sont de toutes les couleurs alors que la ségrégation est encore dans toutes les têtes et sa disparition une lutte toujours d'actualité, et certainement pas, même s'il faut le noter, parce qu'ils ont un des premiers groupe de rock à avoir les honneurs d'un label jusque là dédié à la folk music, Elektra... Non, ce qu'il y a de révolutionnaire chez Love, et qui du coup nous fait dire qu'on tient là l'archétype du groupe maudit, de ceux qui n'ont absolument jamais eu le succès qu'ils méritaient malgré leur indéniable qualité et un beau retentissement critique, c'est bel et bien parce qu'ils sont des quelques avant-gardistes à commencer à développer ce qui ne tardera pas à faire florès sous le nom de rock psychédélique. Évidemment, on y sera nettement plus franchement sur leur opus à venir 8 courts mois plus tard, Da Capo, mais déjà, et pas seulement pour la partie de guitare que Syd Barrett ira pomper de leur version du My Little Red Book de Burt Bacharach (présentement détourné pour faire allusion à Mao Zedong, dans une Amérique tout juste sorti du maccarthysme mais pas de la guerre froide, il faut oser) pour alimenter son Interstellar Overdrive, pour tous ces petits détails ici encore ancrés dans le folk et le garage rock marquant déjà les contours du genre. Bref, avec de bonnes chansons, dont un Hey Joe que tout le monde semble vouloir reprendre (des Byrds, aux Standells en passant par les Surfaris et autres Leaves) sur lequel Love fait le meilleur boulot, c'est déjà un album ô combien recommandable à tous les amateurs de rock 60s, encore plus en considérant que versions mono et stéréo et deux bons bonus sont disponibles sur cette version excellemment remasterisée. Tout ça nous fait ? Un immanquable, assurément.

Mono Mix
1. My Little Red Book 2:38
2. Can't Explain 2:41
3. A Message to Pretty 3:13
4. My Flash on You 2:09
5. Softly to Me 2:57
6. No Matter What You Do 2:46
7. Emotions 2:01
8. You I'll Be Following 2:26
9. Gazing 2:42
10. Hey Joe 2:42
11. Signed D.C. 2:47
12. Colored Balls Falling 1:55
13. Mushroom Clouds 2:25
14. And More 2:57
Stereo Mix
15. My Little Red Book 2:38
16. Can't Explain 2:41
17. A Message to Pretty 3:13
18. My Flash on You 2:09
19. Softly to Me 2:57
20. No Matter What You Do 2:46
21. Emotions 2:01
22. You I'll Be Following 2:26
23. Gazing 2:42
24. Hey Joe 2:42
25. Signed D.C. 2:47
26. Colored Balls Falling 1:55
27. Mushroom Clouds 2:25
28. And More 2:57
Bonus
29. Number Fourteen 1:46
30. Signed D.C.2:46

Arthur Lee: Lead vocals, percussion, and harmonica. Also drums on "Can't Explain", "No Matter What You Do", "Gazing", "Mushroom Clouds" and "And More".
Johnny Echols: Lead guitar
Bryan MacLean: Rhythm guitar and vocals. Lead vocals on "Softly to Me" and "Hey Joe".
Ken Forssi: Bass
Alban "Snoopy" Pfisterer: Drums
&
John Fleckenstein: bass ("A Message To Pretty", "My Flash On You")
Don Conka: drums ("A Message To Pretty", "My Flash On You")


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LOVETT, LYLE "The Road to Ensenada" (1996)
Everybody Needs Some Lovett

Pour son sixième long-jeu, celui que le monde hors-musical connait encore comme "Monsieur Julia Roberts à la drôle de tête" a mis les petits plats dans les grands et fomenté son œuvre la plus roots depuis son tout premier opus, Pontiac, presque un authentique album de country music, en vérité, surprenant de la part d'un Lyle Lovett toujours prompt à musarder loin de ses prétendues terres... Évidemment, la country de Lyle n'est pas de celle de ces cowboys de pacotille aux grands-messes explosives qui ne peuvent décemment plaire qu'à l'américain très moyen (genre Garth Brooks), c'est plus d'une relecture intelligente et sensée des canons du genre dans des chansons finement ciselées par un auteur, compositeur et interprète tout de même nettement plus doué que la moyenne (voir l'inaugural Don't Touch My Hat pour s'en convaincre). Évidemment (bis), Lyle ne peut pas s'empêcher de glisser quelques éléments à priori intrus au genre (Her First Mistake sur un rythme bossa, That's Right (You're Not from Texas) et ses atours jazzy,  fallait oser, ça fonctionne du tonnerre ! ) mais, ici, c'est tout de même à un Lovett qui s'assume country singer auquel nous avons affaire et, vu, ou plutôt entendu, la classe et la maîtrise du bonhomme dans l'exercice, encore plus quand on glisse dans la chanson douce-amère aux arrangements minimalistes (Who Loves You Better, Promises, The Road to Ensenada), il n'y a certainement pas à s'en plaindre. Aller, pour mégoter on admettra qu'on aime moins quand Lyle s'essaie au country rock mainstream sur un Private Conversation pas indigne mais un poil trop opportuniste pour ne pas faire grincer des quenottes mais c'est vraiment bien tout ce qu'on peut reprocher à cet excellent The Road to Ensenada toujours aussi recommandé, 20 ans après son apparition au monde.

1. Don't Touch My Hat 3:47
2. Her First Mistake 6:28
3. Fiona 4:09
4. That's Right (You're Not from Texas) 4:54
5. Who Loves You Better 4:46
6. Private Conversation 4:32
7. Promises 3:07
8. It Ought to Be Easier 4:11
9. I Can't Love You Anymore 3:14
10. Long Tall Texan 3:27
11. Christmas Morning 3:43
12. The Road to Ensenada 4:11
13. The Girl in the Corner 4:29

Lyle Lovett – acoustic guitar, Rhythm Guitar, vocals
&
Greg Adams – Trumpet
Sweet Pea Atkinson – Baritone Vocal
Sir Harry Bowens – Baritone Vocal
Jackson Browne – Harmony Vocals
Valerie Carter – background vocals, Harmony Vocals
Shawn Colvin – Harmony Vocals
Luis Conte – percussion, Tambourine, Shaker
Stuart Duncan – Fiddle
Chuck Findley – Trombone, Trumpet
Paul Franklin – Pedal Steel, Steel Guitar
Willie Green, Jr. – Bass Vocal
Gary Herbig – Alto Saxophone, Baritone Saxophone, Tenor Saxophone
Chris Hillman – Harmony Vocals
Russ Kunkel – drums, Shaker
Kate Markowits – Background Vocals, Harmony Vocals
Arnold McCuller – Background Vocals, Tenor Vocals, Harmony Vocals
Randy Newman – Vocals
Dean Parks – Acoustic Guitar, Electric Guitar
Herb Pedersen – Harmony Vocals
Don Potter – Acoustic Guitar, Spanish guitar
Matt Rollings – Piano
Leland Sklar – Bass


samedi 25 mars 2017

G comme...

A G, une belle collection de potes, pas tous âgés (hmmm) pour vous joliment récurer les cages à miel parce que punks sans compromis à hard rockers dégoulinants d'électricité, il y aura de quoi ! Mais pas seulement puisqu'on s'attaquera aussi aux neurones, au cœur et même aux zygomatiques ! Enjoie !


G comme...
GENTLE GIANT "Free Hand" (1975)
Prog de Haut Vol

Il est un groupe, et même sans doute plusieurs mais commençons par eux, qui est trop souvent oublié quand on en vient à évoquer les grandes formations du rock progressif britannique des années 70, et pourtant, Gentle Giant, c'est tout de même quelque chose !
Présentement, ces héros qui n'ont pas froid aux oreilles, inventent la fusion médiévale d'avant-garde. Ca fait peur, hein ? Et pourtant, si on est un tant soit peu aventureux dans ses explorations auditives, il y a moult raison de fondre pour ce Free Hand vraiment pas comme les autres. Des morceaux qui ne traînent pas plus que de raison en longueur déjà, un défaut souvent accolé à la chose progressive et ici totalement absent avec pas une piste au dessus des 6 minutes et demies, parce que Gentle Giant en met beaucoup en peu de temps mais avec goût, bien sûr. Ensuite parce qu'il y a l'art consommé de multi-instrumentistes supérieurement doués et versatiles, pas exactement une rareté en rock progressif mais rarement aussi bien explicité que par ce quintet là. Enfin parce que tout ceci est magnifiquement mis en son (et joliment remasterisé dans la présente édition) ce qui a pour bénéfique conséquence de mettre parfaitement en valeur toutes les nuances et les trouvailles, qui sont légion !, de ce cru 75.
Volontairement, je ne déflorerai pas plus avant un album qui mérite avant tout d'être écouté avec toute l'ouverture d'esprit possible sans se laisser aucunement rebuter par l'étiquetage progressif qui en fait fuir beaucoup (si, si !), parce que Free Hand, peut-être la plus belle réussite de tout le catalogue d'un Gentle Giant qui n'en manque pourtant pas est ce qu'on appelle un immanquable quelque soit la chapelle à laquelle vous êtes affiliés. Avec les oreilles grandes ouvertes, et en s'accrochant quand même un peu parce que ce n'est définitivement pas de la musique facile, le bonheur est au bout du chemin et de ces 36 minutes et 45 secondes en état de grâce.

1. Just the Same 5:33
2. On Reflection 5:43
3. Free Hand 6:14
4. Time to Kill 5:08
5. His Last Voyage 6:26
6. Talybont 2:43
7. Mobile 5:03

Gary Green - guitars, descant recorder, co-lead vocals (2)
Kerry Minnear - piano, Hammond organ, synthesizers, harpsichord, celesta, glockenspiel, vibraphone, marimba, tympani, harp, cello, tenor recorder, lead vocals
Derek Shulman - lead vocals, treble recorder, alto saxophone
Ray Shulman - bass, violin, viola, co-lead vocals (2)
John Weathers - drums, percussion


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GITS, THE "Frenching the Bully" (1992)
Grrrl Rebellion

Il y a des destins un peu plus tragiques que d'autres, des histoires de carrières brisées qui glacent un peu plus les sangs... Petite punkette rebelle et féministe, Mia Zapata, vocaliste des essentiels The Gits, est de ceux-là, elle qui fut battue, violée, étranglée, crime à l'abjection hélas trop commune, presque ordinaire... En vérité, s'il n'y avait la personnalité de la victime, le fait qu'elle soit une figure publique, front-woman d'une formation prometteuse d'une scène alors en pleine explosion, Seattle dans le sillage de Nirvana et consorts, c'était quelque chose en 1993, et qu'elle avait 27 ans au moment des faits, on n'en aurait sans doute jamais entendu parler... Triste mais vrai. Et la musique me direz-vous ? C'est, dès un Absynthe d'ouverture et tout du long d'un album aussi bref qu'explosif (30 minutes et quelques secondes sans les bonus), un défilé de hardcore/punk rock dynamique et mélodique où Mia a tout loisir de laisser parler ses diatribes féministes. La voix de Mia ? Quelque chose de Gwen Stefani à l'époque où elle débutait avec No Doubt et la figure forcément tutélaire de Patti Smith qui n'est jamais bien loin chez les filles en colère. Evidemment les thèmes de Mia, le côté absolument cash de ses paroles (comme sur un Slaughter of Bruce avec l'exploitation des femmes dans le music business), et un groupe ouvertement épris d'électricité speedée font la différence. Ça et la qualité de chansons qui, suffisamment variée malgré le petit domaine où s'exprime la formation, parviennent non seulement à ne pas lasser jusqu'au punk occasionnel mais donnent franchement des envies de se secouer frénétiquement en se lançant les uns contre les autres... Pogo ! Avec une petite surprise de temps en temps comme l'excellent It All Dies Away sorte de rock un poil bluesy à la Patti Smith, épatant ! Et encore plus avec d'excellents bonus avec, surtout, 8 titres live furieux et bien captés, à Portland, presque à la maison, et une version single de Twisting nettement plus accessoire pour clore le bal. Frenching the Bully sera le seul album que les excellents The Gits sortiront du vivant de Mia, suivra un second opus posthume, Enter: The Conquering Chicken, qui, tirant vers un rock plus classique et le blues ne reproduira pas la performance. Reste donc cet opus, cette expression rageuse mais pas sans finesse d'un groupe qui n'aura pas le temps de se développer. L'album est chaudement recommandé, cela va sans dire, et pas seulement pour le tragique fait-divers qui lui est lié pour l'éternité.

1. Absynthe 3:13
2. Another Shot Of Whiskey 2:41
3. Insecurities 1:45
4. Slaughter Of Bruce 3:16
5. Kings And Queens 1:59
6. It All Dies Anyway 4:07
7. While You're Twisting, I'm Still Breathing 2:37
8. A 1:24
9. Wingo Lamo 2:11
10. Spear And Magic Helmet 2:37
11. Cut My Skin, It Makes Me Human 2:16
12. Here's To Your Fuck 1:52
13. Second Skin 2:51
Bonus
X-Ray Cafe, Portland, June 1993
14. While You're Twisting, I'm Still Breathing (Live) 2:38
15. Insecurities (Live) 1:48
16. Slaughter Of Bruce (Live) 3:14
17. Absynthe (Live) 3:04
18. Another Shot Of Whiskey (Live) 2:40
19. Wingo Lamo (Live) 2:19
20. Here's To Your Fuck (Live) 1:50
21. Second Skin (Live) 3:13
22. Twisting (Single Version) 2:43

Mia Zapata - Vocals
Joe Spleen - Guitar
Matt Dresdner - Bass
Steve Moriarty - Drums


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GOLDFRAPP "Felt Mountain" (2000)
Montagne d'émotion

Si un ange tombait des cieux et enregistrait un album pour nous-autres pauvres mortels, ça ne serait pas très différent du divin premier opus de la charmante Alison Goldfrapp.
Qui n'est présentement plus une débutante ayant sévi dans plusieurs formations anarcho-punk aux profils publics élusifs avant de faire une apparition remarquée avec les électroniciens d'Orbital et d'y être remarquée par celui qui est son partenaire depuis au sein de l'entreprise Goldfrapp : Will Gregory.
Musicalement, la tentation de classer Felt Mountain, premier album du duo, dans le trip-hop dont il sont contemporains et de ne plus en parler est grande mais ultimement limitative ne prenant pas en compte la richesse des influences et leur traitement particulier une paire d'instrumentistes/compositeurs/interprètes supérieurement imaginative. Parce qu'il y a plus dans les vocalises d'Alison et les musiques conçues avec Will que votre dose habituelle de trip-hop à chanteuse façon Morcheeba (pour le plus léger) ou Portishead (pour le plus dramatique). C'est évident dès Lovely Head où clashent les échos conjoints de Burt Bacharach, d'Ennio Morricone et de Massive Attack avec une sensibilité vocale cousine d'Elizabeth Fraser et des arrangements au potentiel filmique énorme. Et puisqu'on parle de voix, établissons définitivement qu'Alison, sans doute bien aidée par une formation classique et le large registre dont l'a doté Mère Nature, est le centre d'intérêt principal de chacune des 9 (magnifiques) compositions garnissant l'album, aussi capable d'une délicatesse ou d'une sensualité absolue que d'emportements bienvenus et même de quelques traitements sonores et vocalises étranges (sur le morceau titre par exemple) renforçant l'"extraterrestralité" de la galette. Un galette qui, entre Hollywood ou Cinecittà et Bristol, entre hier (voire avant-hier), aujourd'hui et sans doute un peu demain, peut définitivement être qualifiée de rétro-moderniste en plus d'ear candy de première classe parce que Felt Mountain, à l'évidence à l'examen des très nombreux intervenants ayant été réunis pour l'enrichir (mais jamais l'empeser !), est une aeuvre mûrement réfléchie et brillamment exécutée. Une aeuvre dont on peine à retenir un morceau plus qu'un autre tant la palette présentée est, in fine, complémentaire et inséparable.
Depuis Felt Mountain, la fine équipe constituée par Alison et Will a fait florès, jamais stagné musicalement prenant par conséquent le risque de décevoir ponctuellement un auditoire par forcément friand de déstabilisation. Ponctuellement, ils se sont approchés de leur déclaration de grâce initiale sans toutefois jamais l'égaler mais en n'essayant jamais non plus de reproduire à l'identique l'exploit. C'est tout à l'honneur d'une équipe dont chaque apparition revêt désormais un caractère évènementiel chez ceux qui savent qu'un potentiel énorme il y a chez ce Goldfrapp changeant, souvent attachant et concluant. Et que ceux qui ne savent pas encore, heureux les ignorants pouvant gouter au doux nectar de la découverte, se penchent au plus vite sur Felt Mountain, ils m'en diront des nouvelles !

1. Lovely Head 3:49
2. Paper Bag 4:05
3. Human 4:36
4. Pilots 4:29
5. Deer Stop 4:06
6. Felt Mountain 4:17
7. Oompa Radar 4:42
8. Utopia 4:18
9. Horse Tears 5:10

Alison Goldfrapp - vocals, whistling, keyboards, producer, sleeve design
Will Gregory - keyboards, string arrangements, brass arrangements, producer
&
Alexander Bãlãnescu - violin (2, 5, 8)
Nick Barr - viola (2, 5, 8)
David Bascombe - additional mixing (8)
Nick Batt - bass synthesiser (1); additional programming (1, 3, 4, 6); additional mixing, metal percussion (3); additional engineer (all tracks)
Andy Bush - trumpet (3); flugelhorn solo (7)
Steven Claydon - synthesiser (6, 8)
Nick Cooper - cello (2-5, 8)
John Cornick - trombone (3)
Andy Davis - baritone ukulele, koto, melodica (2)
Clive Deamer - brushes (4)
Flowers Band - brass band (7)
Luke Gordon - additional engineer (all tracks); additional programming (3, 4)
Stuart Gordon - viola, violin (1, 9); tremolo violins (6); violin solo (9)
Bill Hawkes - viola (3, 4)
Steve MacAllister - French horn (6)
Mute Male Voices - humming (2)
Jacqueline Norrie - violin (3, 4)
Rowan Oliver - percussion (3, 4)
Tony Orrell - drums (7, 8)
John Parish - drums (1, 2, 9); bass guitar, tremolo guitar (9)
Mary Scully - double bass (2, 5, 8)
Sonia Slany - violin (2-5, 8)
Adrian Utley - bass guitar (1, 4); synthesiser, tremolo bass guitar (2)
Ben Waghorn - tenor saxophone (3)
Chris Weston - additional programming (8)


G comme...
GONG "I See You" (2014)
Gong Forever!

Une énième version du plus rigolo des groupes de rock progressif ? Et pourquoi pas !, tant que Daevid Allen est vivant et vibrant, créant encore et toujours, on ne boude pas son plaisir. Et donc, 5 années déjà après le très réussi rassemblement de 2032 (avec Steve Hillage, Didier Malherbe, Miquette Giraudy et Gilli Smyth !), ils sont de retour, Gong !, rien de moins !
Enfin, le retour de Gong... Le retour de Daevid Allen accompagné d'une toute nouvelle équipe où seuls Orlando "Fils-à-Papa" Allen, batteur de son état, et Fabio Golfetti, co-guitariste soliste de l'exercice avec l'ex-Cardiacs et Guapo Kavus Tobabi, avaient déjà fait de précédentes apparitions dans la folie du vieux Daevid, 76 printemps et une imagination intacte.
De fait, on n'a aucune difficulté à rapprocher ce Gong là d'antérieures folies proggo-psyché-spatiales, tant mieux ! Parce que ce Gong ci, toujours autant pris de folie douce et de climats trippo-compatibles, est ultimement inchangé mené qu'il est par la personnalité forte d'un leader sachant s'entourer pour pérenniser son aventure au-delà des incessants changements de personnel, pour habiter de sa voix de vieil alien immédiatement reconnaissable des compositions pleines d'une fantaisie et d'une légèreté à peine updatée d'une approche un poil plus moderne, au moins dans le son, que celles de glorieuses septantes (Ha ! You ! Ha ! Flying Teapot ! Ha ! Camembert Electrique, etc.). Alors certes, les sommets du passé sont inatteignables, distants d'années et de substances désormais remisées mais, franchement, ça tient le choc... Ca le fait ! Des exemples ? L'espèce de comptine introductive déjà, I See You qui donne aussi son titre à l'album, une mélodie simplette certes mais si addictivement démente ! Occupy, qui suit directement avec son gros riff sax/guitare à la (Red) King Crimson et ses décrochages plus légers mais pas moins jazzy. When God Shakes Hands with the Devil où la voix douce-dingue d'Allen, des guitares malines et, surtout !, une flûte baladeuse du plus bel effet font merveilles. The Eternal Wheel Spins où des guitares à la Hillage ne gâchent pas un psychédélisme spatial pas loin de leurs potes de folie d'Hawkwind. Etc., parce que chaque composition, sans jamais tout à fait, donc, égaler le glorieux passé, propose son lot de délicieuses surprises et la preuve que l'âge n'est pas forcément un handicap dans la création de fraiches possibilités, de nouvelles pistes, d'imaginatifs développements.
Réalistement, vu le grand âge de l'irremplaçable maître de cérémonie, I See You sera peut-être le dernier album de Gong, du vrai Gong ! Si tel était le cas, ce qu'on ne souhaite évidemment pas, ce serait vraiment un final en beauté, et en folie aussi ! Pour le moment, c'est uniquement un nouveau chapitre dans la saga protéiforme et passionnante d'une formation dont on ne conseillera jamais trop de se pencher tant sur les grandes heures que sur de récentes aventures valant largement le coup. Dont ce délicieux I See You, donc, vous l'aurez compris.

1. I See You 3:33
2. Occupy 2:54
3. When God Shakes Hands with the Devil 5:40
4. The Eternal Wheel Spins 7:04
5. Syllabub 4:32
6. This Revolution 3:50
7. You See Me 2:40
8. Zion My T-shirt 6:18
9. Pixielation 4:42
10. A Brew of Special Tea 1:22
11. Thank You 10:35
12. Shakti Yoni & Dingo Virgin 9:30

Orlando Allen - drums, vocals (4)
Dave Sturt - bass & computer samples
Kavus Tobabi - neoprog smart guitar
Fabio Golfetti - guitars
Ian East - sax, flute
Daevid Allen - gliss guitar and vocals
&
Gilli Smyth - sprinkled space whisper
Mark Robson - keyboards (11)

EDIT MAI 2015:
Daevid n'est plus, son entreprise de folie musicale continue, Gong forever ! Daevid est mort, vive Daevid !



G comme...
GOTAINER, RICHARD "Chants Zazous" (1982)
Le rigolo de service

Ce n'est pas toujours drôle d'être le rigolo de service... Prenez Pierre Vassiliu dont toute la carrière a été escamotée par un unique hit... Pareille mésaventure est arrivée à William Sheller qui a mis quelque temps à se défaire de son Rock'n'Dollars...
Oui, ce n'est pas toujours drôle d'être le rigolo de service... Sauf si - bien sûr ! - vous vous appelez Richard Gotainer et avec entrepris toute votre carrière de faire travailler les zygomatiques d'un public qui en a souvent bien besoin.
Or, donc, Richard Gotainer est un rigolo, l'assume... Le revendique même ! Ca ne l'empêche pas d'avoir un certain talent à ciseler des chansons où son humour n'est qu'une composante (déterminante, ne nions pas l'évidence) d'un cocktail pop vitaminée.
Sur son troisième album, si l'on omet la compilation de 1981 (Grands Succès), entouré des frères Engel (Magma, Herbie Hancock, Michel Berger, etc.) et de quelques requins de studio, Gotainer procède à un changement assez radical de son son. Clairement, la mode est aux synthétiseurs et - justement ! - la voix si particulière de Richard s'imbrique à merveille à ces nappes synthétiques et ces guitares compressées... Il eût été dommage de ne pas profiter de l'aubaine. Nous avons donc ici un Gotainer typiquement 80s ce qui pourrait être absolument affreux si les chansons n'étaient pas si savoureuses et si visiblement conçues pour coller au plus près à l'environnement sonore.
Car oui, Chants Zazous est aussi une œuvre pensée, c'est évident. Comme pour la comédie filmée ou théâtrale, la chanson-à-rire nécessite une précision d'orfèvre et une rigueur monastique pour passer aussi bien le test du temps. Les frères Engel autant que Richard sont à féliciter pour leur travail si minutieusement accompli.
Et les chansons me direz-vous ? Du faux-mambo-synthétique d'ouverture à la pièce finale (en 7 parties avec - diable ! - pour canevas les 4 saisons) ou face B comme on disait à l'époque des grosses rondelles noires, tout est simplement succulent. Tout juste notera-t-on un surplus de forme sur les exquis La Ballade de l'Obsédé d'une étonnante actualité, Trois Vieux Papis (avec un Gotainer multi-facettes) ou l'hilarante parodie de hard rock Tintinisée qu'est Capitaine Hard-Rock. Il faut dire qu'avec tout juste 35 minutes au compteur, l'efficacité a probablement été optimisée.
En bref, si vous avez envie d'un bon album de chansons rigolotes, de ces machins qui vous mettent un rayon de soleil dans la tête, ne cherchez pas plus loin, Chants Zazous est exactement ce qu'il vous faut !

1. Le Mambo du décalco 3:30
2. La Ballade de l'obsédé 3:36
3. Zazou 3:57
4. Trois vieux papis 4:03
5. Capitaine Hard-rock 3:57
Les Quatre saisons
6. Chlorophylle Est De Retour : Prologue 0:57
7. Avant De Voir Ses Yeux : Le Printemps 3:03
8. Youpi Youpi Youpi : L'Eté 3:21
9. La Photo Qui Jaunit : L'Automne 2:45
10. Elle Est Partie Avec Robert : L'Hiver 4:09
11. A Guegue : Point D'Exclamation 0:30
12. Le Renouveau : Epilogue 0:48


G comme...
GRANICUS "Granicus" (1973)
Sauvé des Eaux

 Pour cette escapade dans les méandres de la musique perdue mais pas pour tout le monde, nous reviendrons jusqu'en 1973 pour savourer l'unique album des Américains de Granicus.
Au programme, du hard rock racé et fin qui n'est pas sans rappeler Led Zeppelin tout en gardant, et c'est heureux, sa propre personnalité. Une pincée de psychedelisme et un brin de heavy prog sont venus s'ajouter à la sauce pour épicer convenablement le plat et, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auditeur se régale !
Alors, qu'a-t'il manqué à Granicus pour décrocher le jackpot qui leur semblait tout promis ? De chance sans aucun doute. Car, enfin, quand on voit le nombre de groupes plus ou moins patauds qui ont réussi, bon-an mal-an, à se faire un nom et qu'on écoute, en 2011, d'illustres inconnus perdus dans les limbes du plus complet anonymat leur damer le pion avec une telle facilité... C'est surprenant.
Et donc, vous qui aimez Uriah Heep, Mountain, Deep Purple, Black Sabbath, Led Zeppelin, etc.; n'hésitez plus, ruez vous sur cet éponyme chef d'œuvre !

1. You're In America 4:08
2. Bad Talk 2:49
3. Twilight 3:25
4. Prayer 11:06
5. Cleveland Ohio 3:30
6. Nightmare 8:21
7. When You're Movin' 3:19
8. Paradise 7:14

Woody Leffel - Vocals, guitars, harmonica
Wayne Anderson - Lead guitar
Allen Pinell - Rhythm guitar
Dale Bedford - Bass
Joe Battaglia - Drums and percussion


G comme...
GUNS N' ROSES "Appetite for Destruction" (1987)
Bad Boys Rock'n'Roll

 En 1987, alors que triomphe le plus anodin des hard'n'heavy, il était bon d'entendre un groupe revenir aux vraies valeurs d'une musique tel que jadis défendues par un Aerosmith, c'est exactement ce qu'un quintet de Los Angeles se fait fort de réaliser sur un premier long-jeu qui fera date, Appetite for Destruction.
Parce qu'enfin, tout ce sucre, toute cette facilité pop ne sied pas forcément au genre, n'en est en tout cas pas la définition archétypique, lui qui fut conçu pour réveiller les masses chevelues d'un sommeil psychédélique et progressif aux relents de patchouli un peu trop envahissants. les cinq de Guns N Roses, donc, débarquent sur la foi d'un EP live, Live Like a Suicide où, justement, en plus de deux créations originales, ils assument l'héritage via une reprise de leurs modèles (Mama Kin) et se font dans le même un élan un début de réputation prometteuse. Des promesses largement accomplies sur un opus bourré de bonnes chansons dont certaines deviendront d'authentiques classiques du répertoire (Welcome to the Jungle, It's So Easy, Paradise City, My Michelle, Sweet Child of Mine).
Mais comment ont-ils fait ? La formule, en vérité, n'est pas bien complexe, extrêmement simple si tant est qu'on a les chansons pour l'alimenter. Prenez un chanteur qui a de la personnalité et de la morgue, et un organe suffisamment distinctif pour être immédiatement identifié, c'est Axl. Rajoutez y un soliste bien gras qui passe aussi bien en audio qu'en vidéo vu qu'il sait commettre de ces soli mémorisables autant que prendre la pose sous son imposante masse de cheveux bruns frisés, c'est Slash. Complétez avec un trio de complément "sachant faire le métier" et mettre en valeur ses deux stars, c'est Izzy, Duff et Steven. Pour le son, faites confiance à un vieux professionnel bien roué qui saura canaliser l'enthousiasme et ordonner l'amateurisme de jeunes pousses encore peu aguerries à l'objet studio, c'est Mike Clink, qui a alors déjà travaillé avec UFO, Survivor ou Triumph. Si vous avez de la chance, parce qu'il en faut, vous obtiendrez une galette prête à tout casser sur son passage, à rappeler aux foules que le rock'n'roll est sale, vicieux et incorrect par définition. Certes, vous n'en vendre peut-être pas 28 millions d'exemplaires (ce que fit Appetite for Destruction) mais vous aurez de fortes chance, au moins !, de ne pas vous retrouver avec une énième galette anonyme.
Appetite for Destruction ? Un bon vent frais dans une scène hard'n'heavy sclérosée par les ambitions commerciales de musiciens sans imagination, un grand album tout simplement.

1. Welcome to the Jungle 4:31
2. It's So Easy 3:21
3. Nightrain 4:26
4. Out ta Get Me 4:20
5. Mr. Brownstone 3:46
6. Paradise City 6:46
7. My Michelle 3:39
8. Think About You 3:50
9. Sweet Child o' Mine 5:55
10. You're Crazy 3:25
11. Anything Goes 3:25
12. Rocket Queen 6:13

W. Axl Rose – lead vocals, percussion on "Welcome to the Jungle", synthesizer and whistle on "Paradise City", additional percussion
Slash – lead guitar, co-rhythm guitar.
Izzy Stradlin – rhythm guitar, backing vocals, co-lead guitar on "Nightrain" and "Think About You", percussion on "Paradise City", additional percussion
Duff McKagan – bass guitar, backing vocals
Steven Adler – drums