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lundi 19 juin 2017

R comme...

Oh! le con, il a sauté le Q ! C'est ce que certains s'écrieront probablement en découvrant la sélection de retour post-congés du Zornophage dans une série alphabétique jusqu'alors strictement ordonnée et séquentielle. Mais ne vous inquiétez pas, le Q, c'est important, il viendra ! Et donc au R, un consonne triplée en colère (Grrr!) et donc, logiquement, représentant quelques beaux excités heureusement tempérés par quelques artistes plus fins. Mais que des classiques et donc, pour ceux qui seraient passés à côté d'un d'iceux, un choix sans le moindre risque ! Enjoie !

R comme...
RAMONES "Ramones" (1976)
Faux Frères, Vrais Punks

Un album enregistré à l'ancienne pour un groupe qui amorce une révolution dans le monde de la musique ? C'est l'éponyme des Ramones, un album qui inscrit le punk rock dans les annales. Bon, pour le coup, je vais faire comme les Ramones et filer droit au but car, enfin, quoi de plus bêta que les trois accords, la rythmique frénétique et simplette et ce chant qui a l'air de ne pas vraiment y être mais finalement si (c'est tout le charme de Joey que de ne pas être un vocaliste punk lambda) ? Hein ? Ben rien. Sauf que réussir ce machin là, dès le supra-accrocheur Blitzkrieg Bop, c'est pas si simple, c'est même en vérité très compliqué. Alors, à l'image de nos Shériffs à nous (qui leur doivent beaucoup mais le font tellement bien !), c'est dans un innocence, une naïveté inattendue que réside tout l'irrésistible succès de ces faux frères fameux. On se dit même que les early-Beatles ne sont parfois pas bien loin (I Wanna Be Your Boyfriend) sauf que l'agression électrique et la punkitude (dont il sont quand même un peu les inventeurs) ressurgit bientôt (Now I Wanna Sniff Some Glue) et ça fait un bien fou ! Parce que, souvenez-vous, en 1976 ce sont les dinosaures du prog rock et du heavy metal/hard rock qui domine le bal et que souvent ces messieurs, tout pétris de leur autosuffisance, ont des tendances à l'excès d'ambition. Et donc ça fait du bien d'entendre du rock qui sent la graisse de mob, le cuir rapé et la bière tiède, de la musique qu'on se dit qu'on pourra jouer aussi avec les potes (on ne pourra pas en fait, voir plus haut). 14 titres bien crus (et d'ailleurs crument enregistrés) plus loin, rallongés par des bonus, des démos, dans le remaster, qu'a-t-on ? Une bouffée d'air frais, de bonne chansons à reprendre en chœur sans trop se poser de question. Du punk rock tel que les anglais en feront bientôt mais ça c'est une autre histoire qui ne doit pas vous dévoyer de ce péché originel chaudement recommandé.

1. Blitzkrieg Bop 2:12
2. Beat on the Brat 2:30
3. Judy Is a Punk 1:30
4. I Wanna Be Your Boyfriend 2:24
5. Chain Saw 1:55
6. Now I Wanna Sniff Some Glue 1:34
7. I Don't Wanna Go Down to the Basement 2:35
8. Loudmouth 2:14
9. Havana Affair 2:00
10. Listen to My Heart 1:56
11. 53rd & 3rd 2:19
12. Let's Dance 1:51
13. I Don't Wanna Walk Around with You 1:43
14. Today Your Love, Tomorrow the World 2:09
Bonus
15. I Wanna Be Your Boyfriend (demo) 3:02
16. Judy Is a Punk (demo) 1:36
17. I Don't Care (demo) 1:55
18. I Can't Be (demo) 1:56
19. Now I Wanna Sniff Some Glue (demo) 1:42
20. I Don't Wanna Be Learned/I Don't Wanna Be Tamed (demo) 1:05
21. You Should Never Have Opened That Door (demo) 1:54
22. Blitzkrieg Bop (single version) 2:12

Joey Ramone – lead vocals
Johnny Ramone – lead guitar
Dee Dee Ramone – bass guitar, backing vocals, co-lead vocals in "53rd & 3rd"
Tommy Ramone – drums


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RAVEN "Nothing Exceeds Like Excess" (1988)
Brit Assault

Ils sont anglais, ils sont trois, ils aiment le rock qui va à 200 à l'heure, et arrache tout, construit sur des riffs péri-métalliques qui sont un bon carburant... Et non, ce n'est pas de Motörhead dont il s'agit mais bel et bien de Raven, le groupe des autres frères Gallagher (ceux-ci même qu'on ne doit pas confondre avec les deux têtes de c... au nom de boisson fruitée). Comment-ça vous ne connaissez pas Raven ? Pourtant, depuis les débuts des années 80, les deux frangins et leur batteur d'élection du moment (y aura du mouvement avant l'arrivée de Joe Hasselvander), membres, et pas des moindres, de la New Wave of British Heavy Metal, ont imposé leur vision "toute nuancée" d'un rock'n'roll barbare et réjouissant ! Alors, oui, il y a bien eu, 3 petites années avant l'album qui nous intéresse, une tentative, une tentation de quelque chose de plus commercial (The Pack Is Back, un vrai flop mais pas un si mauvais album), c'est bien tout ce qu'on peut reprocher à une formation sinon restée fidèle à une approche testostéronée et sans concession de la chose hard'n'heavy. D'ailleurs, quand sort en 1988 Nothing Exceeds Like Excess, ils ont déjà rectifié le tir sur un "poétique et finaud" Life's a Bitch, écartant le faux-pas précité et ramenant leur power-trio dans un registre qui lui sied bien mieux, et rassuré ce faisant ceux qui pensaient les avoir perdu. Cette seconde salve de relance arrive donc sans qu'on ne doute un seul instant de son contenu, reste à juger de sa qualité. Et là, c'est un vrai "ouf" de soulagement parce que l'essai du précédent (vraiment bon sans être tout à fait exceptionnel) est plus que transformé sur ce qui demeure une des plus belles galettes de la formation, un machin lourd, rapide, agressif, porté par la voix de sirène d'alarme de John (également bassiste), les guitares en fusion de Mark (riffs efficaces, soli inspirés), et la batterie de Joe (à la Phil "Animal" Taylor, la double grosse caisse en sus). Et des compos qui font mouche, toutes !, en ne cherchant surtout pas à se compliquer la tâche ou à innover. Le tout servi par une production mettant parfaitement en valeur la belle, l'énorme énergie du combo. Culte dans la scène, le vrai succès leur échappant systématiquement, inoxydables puisque toujours en activité (avec le même line-up depuis cet album, justement), Raven est une force à réévaluer, un groupe généralement seulement connu pour son grand classique (All for One) mais dont la majeure partie de la discographie en impose. De la seconde division ? Il en faut, et celle-ci a tout d'une grande. Laissez vous donc tenter par ces "Brits on speed" et plus particulièrement par leur cru 1988, vous ne le regretterez pas !

1. Behemoth 1:05
2. Die for Allah 4:58
3. Gimme a Break 3:19
4. Into the Jaws of Death 6:08
5. In the Name of Our Lord 3:46
6. Stick It 3:10
7. Lay Down the Law 4:45
8. You Gotta Screw Loose 4:22
9. Thunderlord 4:30
10. The King 4:25
11. Hard as Nails 5:06
12. Kick Your Ass 3:18
Bonus
13. Lay Down the Law (live bootleg)

John Gallagher - bass, vocals
Mark Gallagher - guitar, backing vocals
Joe Hasselvander - drums, backing vocals


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REFUSED "The Shape of Punk to Come" (1998)
HardCore et Encore

Si je ne devais garder qu'un album de hardcore ? The Shape of Punk to Come de Refused, évidemment !, parce qu'il a tout cet album : de l'agression intelligente, de la prospection musicale, de la grâce mélodique (et oui !), de l'humour aussi... Et pourtant, en détournant le titre d'un légendaire album d'Ornette Coleman, les suédois avait mis la barre haut, très haut.
Ce qui est encore plus fou c'est que rien, à priori, ne laissait présager ce bond en avant, cette révolution sonique, le groupe n'ayant, précédemment, pas exactement brillé pour son immense originalité. Evidemment, Songs to Fan the Flames of Discontent, deux ans plus tôt, avait épaté pour son approche passionné, sa puissance hors-norme mais pas vraiment pour son unicité, un excellent album oui, un album d'exception non. Et donc, voici The Shape of Punk to Come, un opus où la liberté créatrice va de pair avec l'excellence compositionnelle. Bien-sûr, il y a le single, l'impeccable et implacable New Noise et ses bienvenus ajouts électroniques venus doper une composition à la fois accrocheuse et agressive, un triomphe. Mais c'est loin d'être tout Refused se laissant aller à toutes ses envies, toutes ses extravagances comme sur un Worms of the Senses/Faculties of the Skull et un Protest Song '68 où les 5 soufflent alternativement le chaud et le froid, un Liberation Frequency ou un Summerholidays Vs. Punkroutine aux allures presque pop et pourtant toujours furieusement harcore, un Tannhäuser/Derivé où, avec le concours d'un violoncelle, ces garçons pas comme les autres plongent dans l'art-punk tendance post-rock avec une classe et un talent qui laissent bouche bée, ou encore un The Apollo Programme Was a Hoax aux allures slo-core inattendues. Le reste de la galette, plus classiquement "core" n'est pas pour autant à négliger tant le groupe, sans avoir l'air d'y toucher, à créé un hybride où leur genre originel est bel et bien présent mais surtout comme carburant pour des ambitions artistiques réalistes et réussies. En un mot comme en mille ? Une Rolls cet album !
L'édition Deluxe, recommandée si vous n'avez pas encore cet indispensable, propose en bonus une captation de belle qualité enregistrée lors d'un festival en leur mère patrie en avril 1998. Une excellente façon non seulement de prolonger l'expérience mais aussi de découvrir ce que le groupe fit avant via quelques extraits de ses deux précédents opus et un documentaire sur le parcours de ces gars hors du commun.
Aux dernières nouvelles, après quelques concerts de reformation vendus comme exceptionnels, Refused sera bel et bien de retour au début de l'été avec son, seulement, 4ème album, Freedom. Dire qu'on attend beaucoup de cette réapparition discgraphique 17 ans après tient indéniablement de l'euphémisme. En attendant, vous pouvez vous plonger dans ce passionnant Shape of Punk to Come qui n'a non seulement pas pris une ride mais demeure à l'avant-garde d'un genre, le hardcore, ou les misfits de leur sorte ne sont pas légion. En un mot ? Obligatoire !

CD 1 - Album
1. Worms of the Senses/Faculties of the Skull 7:05
2. Liberation Frequency 4:08
3. The Deadly Rhythm 3:34
4. Summerholidays vs. Punkroutine 4:01
5. Bruitist Pome #5 1:25
6. New Noise 5:08
7. The Refused Party Program 2:38
8. Protest Song '68 4:32
9. Refused Are Fuckin Dead 5:08
10. The Shape of Punk to Come 5:06
11. Tannhäuser/Derivè 8:07
12. The Apollo Programme Was a Hoax 4:13

CD 2 - Bonus
Live at Umeå Open festival (April 3, 1998)
1. The Shape of Punk to Come 4:38
2. The Refused Party Program 1:28
3. Circle Pit 2:48
4. Worms of the Senses/Faculties of the Skull 5:31
5. Hook, Line and Sinker 2:51
6. Summerholidays vs. Punkroutine 3:54
7. Rather Be Dead 3:42
8. Burn It 2:33
9. The Deadly Rhythm 4:05
10. Coup d'Ètat 5:10
11. New Noise 4:48
12. Tannhäuser 7:30

Dennis Lyxzén – vocals
Kristofer Steen – guitars, drums
Jon Brännström – guitars, samples, programming, synthesizers
David Sandström – drums, melodica
Magnus Björklund – bass guitar, cello
&
Torbjörn Näsbom – violin
Jakob Munck – upright bass
Pelle Henricsson – tambourine


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RENAISSANCE "Turn of the Cards" (1974)
Symphowoman

Un peu de douceur dans un monde de brutes, ça a toujours été le programme du Renaissance d'Annie Haslam, formation de rock progressif symphonique d'autant plus mélodique qu'il a le rare avantage d'être une des seules formations des septantes à posséder une vocaliste féminine en lieu et place de l'hurluberlu de service habituel de la formule (qu'on apprécie mais ça fait du bien de changer, parfois).
Il n'en est pas autrement sur Turn of the Cards, leur cinquième album qui, sur les talons d'un Ashes Are Burning déjà glorieusement réussi, creuse le sillon d'une musique ayant la beauté comme valeur cardinale. Il faut dire qu'avec dans leur arsenal la voix angélique d'Annie, ils auraient eu tort de se priver, les londoniens. Dans les faits, c'est avec une formation enfin stabilisée, avec le retour du guitariste Michael Dunford en temps que membre à part entière quand il n'en était plus que le compositeur et un instrumentiste à temps partiel (drôle de formule...), que Renaissance aborde la création d'un opus qui comptera dans leur histoire. Et donc, toujours avec les paroles de Betty Thatcher (ça date depuis Prologue et le groupe en est ravi), on retrouve ces précieux et délicats arpèges, ces pianos d'obédience classique si imposants, ces claviers orchestraux tissant d'excellents climats, ces rythmes qui, contrairement à ceux de leurs condisciples (de Yes à Genesis en passant par Camel), n'heurtent pas le flow des mélodies, et évidemment la voix de la dame Haslam, cerise de choix sur la pâtisserie fine. En chansons, six d'icelles, ça va de l'épique progressif symphonique de Running Hard, Things I Don't Understand et Mother Russia qui, toutes d'excellentes pièces, démontrent qu'on a pas besoin de faire crier les guitares pour pondre une pièce complexe, multiple et dynamique, et encore moins trois ! Ajoutez trois jolies ballades, l'une aux accents folk (I Think of You), les autres orchestrales (Black Flame et Cold Is Being) qui, toutes réussies, offrent de bienvenus pauses dans le déluge néo-classique de leurs voisines complètant ainsi à merveille ce qu'il est convenu de considérer une collection sans la moindre faille.
Certains vous conseillerons Ashes Are Burning, d'autres Scheherazade and Other Stories, tous deux d'excellents albums, ne le nions pas, mon choix d'introduction à l'excellent Renaissance et son rock progressif symphonique d'exception restera ce Turn of the Cards si bien équilibré, si totalement abouti qu'il sera difficile de lui résister.

1. Running Hard 9:36
2. I Think of You 3:08
3. Things I Don't Understand 9:28
4. Black Flame 6:25
5. Cold Is Being 3:02
6. Mother Russia 9:18

Annie Haslam – lead and backing vocals
Michael Dunford – acoustic guitar, backing vocals
Jon Camp – bass, backing vocals
John Tout – keyboards, backing vocals
Terence Sullivan – drums, backing vocals, percussion
&
Jimmy Horowitz – orchestral arrangements


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ROXY MUSIC "For Your Pleasure" (1972)
Rien que du plaisir !

C'est pas parce qu'on est glam qu'on doit faire dans le bêta, c'est pas parce qu'on a la classe qu'on peut faire dans le facile, c'est ce qu'a magnifiquement compris Roxy Music pour son deuxième et ultime album avec celui qui n'aura, ensuite, de cesse de leur manquer, Brian Eno.
En l'espèce, l'espace de deux albums du début des années 70, le présent et l'éponyme qui le précède, Roxy Music invente sa propre niche, Art Glam qu'on pourrait l'appeler. Parce qu'on ne peut pas nier qu'avec Brian Eno en influence décisive sur la tendance, ces chansons diablement accrocheuses (Do the Strand, Editions of You, Grey Lagoons) ou simplement belles (le reste de l'album, plus modéré, plus atmosphérique, plus exploratoire aussi) si elle sont indéniablement portée par la gouaille de dandy post-moderne de Bryan Ferry, bénéficient largement des expérimentations riches et texturantes et les arrangements amoureusement concocté par le futur démissionnaire. Ici, Roxy Music est déjà sexy et classieux, ici, Roxy Music est, en plus !, un foutu sacré bon groupe de rock prospectif, qu'on n'osera pas qualifier de progressif même s'il y a de ça...
Après ? Rien ne sera plus jamais comme avant. Jamais plus Roxy Music ne sera aussi libre, aussi gracieusement épris de chansons aussi étranges que réussies. Ha, l'Art Glam, c'était bien...

1. Do the Strand 4:04
2. Beauty Queen 4:41
3. Strictly Confidential 3:48
4. Editions of You 3:51
5. In Every Dream Home a Heartache 5:29
6. The Bogus Man 9:20
7. Grey Lagoons 4:13
8. For Your Pleasure 6:51

Bryan Ferry – vocals, piano, Hohner Pianet, Mellotron, harmonica
Brian Eno – VCS3 synthesiser, backing vocals
Andy Mackay – oboe, saxophone, Farfisa electronic organ
Phil Manzanera – electric guitar
Paul Thompson – drums
&
John Porter – bass guitar


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RUSH "Moving Pictures" (1981)
Pictures of Victory

On pourrait éventuellement taxer Moving Pictures d'album darwinien tant il est le triomphe d'une adaptation à de nouvelles conditions, à une nouvelle période qui permit au plus grand groupe rock progressif canadien de tous les temps de survivre et, même !, de continuer de se développer. Ha ! Moving Pictures, c'est quelque chose !
Evidemment, Rush n'ont pas magiquement sorti cette nouvelle formule de leur chapeau, la mutation a commencé sur le précédent album, Permanent Waves, mais c'est bien ici qu'elle trouve son accomplissement. Concrètement, avec des compositions globalement plus courtes et plus concises (The Camera Eye et ses 11 minutes étant l'exception qui confirme la règle, une belle exception en plus), mises en valeur par une production et des arrangements modernisés, Rush parvient, ce qui n'était pas gagné d'avance, à s'adapter à une nouvelle décennie sans aucunement perdre une once de sa spécificité. De fait, dès l'authentique tube Tom Sawyer reconnaît-on le trio où la basse, les claviers et la voix si particulière de Geddy Lee, les guitares tranchantes d'Alex Lifeson et, évidemment, l'emballage rythmique technique et dynamique de Neil Peart continue d'être la force d'une formation soudée et cohérente toujours progressive, évidemment, mais n'hésitant pas à se remettre en question. Et c'est exactement ce que confirme la suite de l'album où les haut-faits s'accumulent à chaque nouvelle piste s'annonçant. Du coup, il est quasi-impossible de sortir une des belles chansons d'un lot sans la moindre baisse de forme, sans le moindre faux-pas. On citera tout de même l'instrumental YYZ qui, en substance, est le mètre étalon de tout le prog-metal qui le suivra jusqu'à aujourd'hui, rien que ça !
Galette exceptionnelle, une bonne habitude prise par Rush avec 2112 et non-encore démentie quand sort l'album sort (ça fait quand même 5 albums que ça dure !), adaptation intelligente et réussie à une nouvelle ère et à de nouveaux sons, Moving Pictures est un triomphe qu'on ne peut que recommander à tous les fans de rock progressif, en particulier à ceux qui imaginent les années 80 comme une période d'immense disette dans le genre, présomption que le 8ème album de Rush nie avec grâce et majesté.

1. Tom Sawyer 4:34
2. Red Barchetta 6:08
3. YYZ 4:24
4. Limelight 4:21
5. The Camera Eye 10:57
6. Witch Hunt (Part III of Fear) 4:44
7. Vital Signs 4:47

Geddy Lee - basses, bass pedals, synthesizers, vocals
Alex Lifeson - guitars, bass pedals
Neil Peart - drums, timbales, gong, bass drums, bells, glockenspiel, chimes, crotales, plywood
&
Hugh Syme - synthesizers (6)


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RUTS "The Crack" (1979)
Punk Masterpiece

Ruts est un groupe de rock britannique formé à Londres en 1976 sous l'influence des groupes punks et de la scène reggae. Le premier 45 tours du groupe est d'ailleurs sorti par Misty In Roots. Après quelques 45 tours et une implication importante dans les festivals « Rock Against Racism », le groupe sort un album culte en 1979: The Crack sous le label Virgin Records. Leurs morceaux les plus célèbres sont Jah War et Babylon's Burning, sortis en 1979. Le décès du chanteur Malcolm Owen le 14 juillet 1980, d'une overdose d'héroïne, mettra fin à la carrière du groupe, qui malgré un album posthume (singles, live) intitulé Grin & Bear It et un album principalement instrumental et dub sous le nom de RUTS DC, disparaîtra de la scène, non sans laisser son empreinte dans les musiques métissées qui se développeront dans les années 1980 (Bad Brains, Fishbone, par exemple).
Bon, ça c'est pour l'histoire parce que ça ne fait pas de mal, des fois, de rappeler de quoi on parle. En, ce qui me concerne, je n'échangerais pas "The Crack" contre toute la discographie des Clash ou des Damned, qui ne sont pas manchots pourtant... Car, enfin, en 1979 les Ruts avaient tout ! Des chansons à mélodies entêtantes, à grooves implacables, à riffs percutants, à métissage intelligent et naturel... Un bijou d'album dont chaque chanson (y compris les morceaux bonus de la version cd présentée ici) est un diamant resplendissant sur un improbable diadème de sueur et de sang.
Ben oui, de sueur et de sang, crénonvindiou ! On parle de punk rock et ça ne fait donc pas toujours dans la dentelle. Mais les Ruts ont cette particularité d'être des musiciens doués (sans excès) en plus d'être de furieux bestiaux ce qui est tout bénéfice pour l'auditeur.
Allez, je ne vais pas m'étendre, je vais simplement conclure en disant que, dans mon panthéon personnel de la chose punk (ceci incluant le hardcore), The Crack est une des plus belles pièces et, ramené à la vague punk qui déferla sur la Prude Albion à la fin des Septantes, probablement (un des si ce n'est) l'album le plus essentiel.

1. Babylon's Burning 2:35
2. Dope for Guns 2:11
3. S.U.S. 3:49
4. Something That I Said 3:53
5. You're Just A… 2:55
6. It Was Cold 6:48
7. Savage Circle 3:05
8. Jah War 6:55
9. Criminal Mind 1:34
10. Backbiter 3:02
11. Out of Order 1:50
12. Human Punk 4:34
Bonus
13. Give Youth a Chance 3:07
14. I Ain't Sofisticated 2:16
15. The Crack 5:49

Malcolm Owen - vocals
Paul Fox - guitar, organ
John "Segs" Jennings - bass guitar, piano on "Jah War"
Dave Ruffy - drums
Richard Mannah - backing vocals on "S.U.S" & "Criminal Mind"
Mick Glossop - synthesizer on "It Was Cold"
Gary Barnacle - saxophone
Luke Tunney - trumpet


mercredi 1 juin 2016

Hard Boxin'! (Volume 1)

Si Vous n'aimez pas le hard rock, je ne peux, présentement que vous conseiller de passer votre chemin. Si, par contre, vous avez un petit faible pour ces chevelus électriques, vous trouverez ici matière à satisfaction et ferez même, sûrement, quelques jolies découvertes. Enjoie !

FLyiN' iN a Box
Aerosmith "Pandora's Box" (1991)
ou "Aeroarchives"

Une excellente récapitulation de la première partie de la carrière d'Aerosmith (jusqu'en 1982, quoi) augmenté d'une savoureuse collection de raretés, outtakes, lives jusqu'alors jamais publiés ? C'est le programme de la bien nommée Pandora's Box qui a peut-être 25 ans mais n'a rien perdu de sa brûlante actualité. Car enfin, le rock'n'roll est éternel et dans l'acceptation des 5 de Boston, gorgé de racines blues et d'agressivité blanche contrôlée mais aussi de quelques influences pop assumées (Tyler n'a jamais fait mystère de son adoration pour les Beatles, qu'Aerosmith repris d'ailleurs à plusieurs reprises, ici avec un Helter Skelter inédit sauvé des sessions de Toys in the Attic), c'est un délice de tous les instants.
Evidemment, il y eut un certain opportunisme mercantile à publier l'objet quand un groupe enfin clean triomphait à coup d'irrésistibles power ballads dans les charts mondiaux. D'autant que c'était chez Geffen et que Columbia (Sony Music) voulait sa part du gâteau, vous connaissez les goinfres, il n'en ont jamais assez... Mais, pour le coup, c'est tout au bénéfice de l'auditeur qui, de pépites plus ou moins rares (dont un morceau de Tyler avant Aerosmith, glorieusement 60's pop en joyau de la couronne) en un vrai beau best of des Flying Dupont entre 1973 et 1982, il a de quoi se réjouir d'une excellente sélection. Mais une sélection également vulgarisatrice qui, bien documentée par un riche livret heureusement reproduit dans les rééditions slipcase de l'objet, constituera une excellente introduction au parcours certes un poil erratique mais définitvement passionnant des Toxic Twins (surnom attribué à Steven Tyler et Joe Perry pour leurs rapports houleux et leurs excès de substances) d'un groupe aujourd'hui entré dans la légende.
Bref, comme un Aerosmith nouvellement reformé le chante en 1985, sur l'assez quelconque Done with Mirrors, la suite sera nettement plus intéressante, avec Pandora's Box, il suffit de laisser la musique parler... Satisfaction garantie !

CD 1
1. When I Needed You (Steven Tyler, pre-Aerosmith, with the band Thee Strangeurs/Chain Reaction) 2:34
2. Make It (with false start) 3:45
3. Movin' Out (Unreleased alternate version) 5:42
4. One Way Street 6:59
5. On the Road Again (Unreleased song) 3:36
6. Mama Kin 4:25
7. Same Old Song and Dance 3:53
8. Train Kept A-Rollin' 5:33
9. Seasons of Wither 5:39
10. Write Me a Letter (Unreleased live version) 4:18
11. Dream On 4:25
12. Pandora's Box 5:42
13. Rattlesnake Shake (Unreleased live radio broadcast, WKRQ, Cincinnati) 10:28
14. Walkin' the Dog (Unreleased live radio broadcast, WKRQ, Cincinnati) 3:13
15. Lord of the Thighs (Unreleased live version, Dallas, 1978)     Tyler     7:13

CD 2
1. Toys in the Attic 3:05
2. Round and Round 5:02
3. Krawhitham (from the Draw the Line sessions) 3:59
4. You See Me Crying 5:12
5. Sweet Emotion 4:34
6. No More No More 4:33
7. Walk This Way 3:40
8. I Wanna Know Why (Unreleased live version, Dallas, 1978) 3:04
9. Big Ten-Inch Record (Unreleased live version, Dallas, 1978) 4:01
10. Rats in the Cellar 4:06
11. Last Child (Remix) 3:52
12. All Your Love (Unreleased song) 5:27
13. Soul Saver (Unreleased rehearsal) 0:53
14. Nobody's Fault 4:22
15. Lick and a Promise 3:05
16. Adam's Apple (Unreleased live version, 1977) 4:48
17. Draw the Line (Remix) 3:43
18. Critical Mass 4:51

CD 3
1. Kings and Queens (Classics Live I) 5:33
2. Milkcow Blues 4:15
3. I Live in Connecticut (Unreleased rehearsal) 0:56
4. Three Mile Smile 3:45
5. Let It Slide (Unreleased song) 2:55
6. Cheese Cake 4:16
7. Bone to Bone (Coney Island White Fish Boy) 3:01
8. No Surprize 4:27
9. Come Together (Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band soundtrack) 3:46
10. Downtown Charlie (Unreleased song) 2:34
11. Sharpshooter (from the album Whitford/St. Holmes, 1981) 5:32
12. Shit House Shuffle (Unreleased rehearsal) 0:36
13. South Station Blues (from the album I've Got the Rock'n'Rolls Again by The Joe Perry Project, 1981) 4:11
14. Riff & Roll (Unreleased song) 3:18
15. Jailbait 4:40
16. Major Barbara (Unreleased alternate version) 5:06
17. Chip Away the Stone (Unreleased alternate version) 4:07
18. Helter Skelter (Unreleased song) 3:16
19. Back in the Saddle 4:49
20. Circle Jerk (Unreleased instrumental) 3:44

Steven Tyler – lead vocals, harmonica, piano, percussion (1970–present)
Joe Perry – lead guitar, backing vocals (1970–1979, 1984–present)
Brad Whitford – rhythm guitar, backing vocals (1971–1981, 1984–present)
Tom Hamilton – bass, backing vocals (1970–present)
Joey Kramer – drums, percussion (1970–present)
Jimmy Crespo – guitar, backing vocals (1979–1984)
Ray Tabano – guitar (1970–1971)
Rick Dufay – guitar (1981–1984)

- Thee Strangeurs/Chain Reaction
Don Solomon - keyboards, vocals
Peter Stahl - guitar
Alan Strohmayer - bass
Steven Tallarico - drums, lead vocals (Steven Tyler)
Barry Shapiro - drums


SHoCK Me!
Alice Cooper "The Life and Crimes of Alice Cooper" (1999)
ou "Résumé 1965-1999"

Massif, utile aussi, The Life and Crimes of Alice Cooper est de ces coffrets qu'on explore selon ses envies ou son appétit, à petites lampées sélectives ou à voraces bouchées intégrales, un coffret qui revient sur les grandes et les moins grandes œuvres d'un artiste plus polyvalent qu'il n'y parait à celui qui n'a entendu que les tubes. Plongeons.
Et commençons par le premier cd où l'archéologie d'Alice est dévoilée via quelques titres des Spiders et du Nazz montrant que la genèse du shock rock que nous connaissons désormais tous fut longue, aussi anecdotique que sympathique. Et puis on a la suite du développement d'Alice Cooper, le groupe, sur le label de Frank Zappa, via quelques extraits de Pretties for You, Easy Action et de quelques démos permettant de jauger la progression et de se rendre compte que si on n'y est pas encore, on s'en approche. Et donc on débouche sur la troisième partie de cette première galette avec, enfin !, l'Alice Cooper band dans son acceptation seventies classique avec de savoureux extraits de leurs trois premiers albums chez Warner Bros (Love It to Death, Killer et School's Out et, par conséquent, quelques tubes, on ne s'en plaint pas.
Le disque 2 nous entraîne des dernières années du groupe aux débuts de l'Alice Cooper solo, quand Vincent Furnier fait définitivement de l'identité de son groupe la sienne propre, soit de 1972 à 1976 où, sans surprise, on enchaine les classiques sans omettre d'y ajouter quelques raretés qui bouclent allègrement la boucle d'une disque argenté de toute première bourre.
Si le disque 3 est le moins intéressant du lot proposé, ce n'est pas par manque de ces petits machins qu'on n'avait jamais entendu ailleurs puisque, de démos en morceaux rarement édités en passant par quelques participations à des bandes originales de films, il y a foison. Musicalement, c'est la période la plus erratique d'Alice, celle dont, handicapé qu'il était par ses nombreux excès de substances, il avoue ne plus trop se souvenir, ce n'est pas plus mal.
Last but not least, le 4ème cd est celui suivant la renaissance du monsieur, d'abord dans un hard'n'heavy pas franchement très finaud, ensuite dans un hard Fm plus recommandable que la critique ne veut en général le dire, enfin par l'album le plus réussi de sa deuxième partie de carrière, ce Last Temptation où, enfin !, Furnier semble vraiment redevenir le vrai Alice, celui dont on adore qu'il tente de nous faire peur. Bien entendu, la galette n'est, elle non plus, pas dénuée de chansons rarement entendues mais c'est vraiment dans ce parcours, cette rédemption qualitative aussi inattendue que bienvenue qu'en réside le sel.
Et donc, avec un bon gros livret nous détaillant le parcours épique que fut la carrière de Monsieur Alice Cooper, The Life and Crimes est un objet aussi utile pour les nouveaux venus que les vieux briscards en attente d'une récap' moins banale que la moyenne... Recommandé !

CD 1
1. Don't Blow Your Mind (The Spiders, 1966) 2:36
2. Hitch Hike (The Spiders, 1965) 2:01
3. Why Don't You Love Me (The Spiders, 1965) 1:57
4. Lay Down And Die, Goodbye (Original Version) (The Nazz, 1967) 2:07
5. Nobody Likes Me (demo version - 1968) 3:23
6. Levity Ball (studio version - 1968) 4:45
7. Reflected (Pretties for You - 1969) 3:14
8. Mr. and Misdemeanor (Easy Action - 1970) 3:00
9. Refrigerator Heaven (Easy Action - 1970) 1:54
10. Caught in a Dream (single version - 1971) 2:55
11. I'm Eighteen (Love It to Death - 1971) 2:58
12. Is It My Body? (Love It to Death - 1971) 2:39
13. Ballad of Dwight Fry (Love It to Death - 1971) 6:34
14. Under My Wheels (Killer - 1971) 2:47
15. Be My Lover (Killer - 1971) 3:21
16. Desperado (Killer - 1971) 3:29
17. Dead Babies (Killer - 1971) 5:42
18. Killer (Killer - 1971) 7:05
19. Call It Evil (demo - 1971) 3:28
20. Gutter Cat vs. the Jets (School's Out - 1972) 4:39
21. School's Out (School's Out, single version - 1972) 3:31

CD 2
1. Hello Hooray (Billion Dollar Babies - 1973) 4:15
2. Elected (Billion Dollar Babies, single version - 1973) 3:43
3. Billion Dollar Babies (Billion Dollar Babies - 1973) 3:39
4. No More Mr. Nice Guy (Billion Dollar Babies - 1973) 3:07
5. I Love the Dead (Billion Dollar Babies - 1973) 5:07
6. Slick Black Limousine (Flexi-disc from New Musical Express - 1973) 4:27
7. Respect for the Sleepers (demo - 1973) 3:48
8. Muscle of Love (Muscle of Love - 1973) 3:45
9. Teenage Lament '74 (Muscle of Love - 1973) 3:52
10. Working Up a Sweat (Muscle of Love - 1973) 3:31
11. Man with the Golden Gun (Muscle of Love - 1973) 3:13
12. I'm Flash (Flash Fearless Versus the Zorg Women - 1975) 2:47
13. Space Pirates (Flash Fearless Versus the Zorg Women - 1975) 3:30
14. Welcome to My Nightmare (Welcome to My Nightmare, single version - 1975) 2:45
15. Only Women Bleed (Welcome to My Nightmare, single version - 1975) 3:17
16. Cold Ethyl (Welcome to My Nightmare - 1975) 2:54
17. Department of Youth (Welcome to My Nightmare - 1975) 3:17
18. Escape (Welcome to My Nightmare - 1975) 3:14
19. I Never Cry (Alice Cooper Goes to Hell - 1976) 3:43
20. Go to Hell (Alice Cooper Goes to Hell - 1976) 5:11

CD 3
1. It's Hot Tonight (Lace and Whiskey - 1977) 3:21
2. You and Me (Lace and Whiskey, single version - 1977) 3:25
3. I Miss You (Billion Dollar Babies - Battle Axe - 1977) 3:31
4. No Time for Tears (Sextette film outtake - 1977) 2:59
5. Because (with The Bee Gees) (Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band soundtrack - 1978) 2:45
6. From the Inside (From the Inside, single version - 1979) 3:30
7. How You Gonna See Me Now (From the Inside - 1978) 3:53
8. Serious (From the Inside - 1978) 2:41
9. No Tricks (single B-side - 1978) 4:15
10. Road Rats (Roadie film - 1980) 2:43
11. Clones (We're All) (Flush the Fashion, single version - 1980) 2:51
12. Pain (Flush the Fashion - 1980) 4:10
13. Who Do You Think We Are (Special Forces, single version - 1981) 3:05
14. Look at You Over There, Ripping the Sawdust from My Teddybear (demo - 1981) 3:18
15. For Britain Only (UK-only single - 1982) 3:02
16. I Am the Future (Zipper Catches Skin, single version - 1982) 3:45
17. Tag, You're It (Zipper Catches Skin - 1982) 2:52
18. Former Lee Warmer (DaDa - 1983) 4:07
19. I Love America (DaDa - 1983) 3:47
20. Identity Crisis (Monster Dog film - 1984) 2:50
21. See Me in the Mirror (Monster Dog film - 1984) 3:12
22. Hard Rock Summer (Friday the 13th Part VI: Jason Lives film - 1986) 2:30

CD 4
1. He's Back (The Man Behind the Mask) (Demo - 1986) 3:20
2. He's Back (The Man Behind the Mask) (Movie Mix) (Friday the 13th Part VI: Jason Lives film - 1986) 3:44
3. Teenage Frankenstein (Constrictor - 1986) 3:32
4. Freedom (Raise Your Fist and Yell - 1987) 4:04
5. Prince of Darkness (Raise Your Fist and Yell - 1987) 5:09
6. Under My Wheels (The Decline of Western Civilization II film - 1988) 3:10
7. I Got a Line on You (Iron Eagle II film - 1988) 2:59
8. Poison (Trash - 1989) 4:27
9. Trash (Trash - 1989) 3:58
10. Only My Heart Talkin' (Trash - 1989) 4:44
11. Hey Stoopid (Hey Stoopid, single version - 1991) 4:15
12. Feed My Frankenstein (Hey Stoopid - 1991) 4:42
13. Fire (single b-side - 1991) 3:00
14. Lost in America (The Last Temptation - 1994) 3:54
15. It's Me (The Last Temptation - 1994) 4:40
16. Hands of Death (Spookshow 2000 Mix) (with Rob Zombie) (Songs in the Key of X soundtrack, remix version - 1996) 3:53
17. Is Anyone Home? (A Fistful of Alice - 1997) 4:10
18. Stolen Prayer (The Last Temptation - 1994) 5:35


Il en faut du monde pour faire tout ça :

1965-1968
The Spiders/
The Nazz
Vincent Furnier (vocals, harmonica)
Dennis Dunaway (bass)
Glen Buxton (guitar)
John Tatum (guitar)
John Speer (drums)
Michael Bruce (guitar)
Neal Smith (drums)

Michael Bruce

1969-1974
Alice Cooper Band
Vincent Furnier (vocals, harmonica)
Glen Buxton (lead guitar)
Michael Bruce (rhythm guitar and keyboards)
Dennis Dunaway (bass)
Neal Smith (drums)
Additional members 1973–74
Mick Mashbir (guitar)
Bob Dolin (keyboards)

Glen Buxton

1974–1979
Alice Cooper (solo)
Alice Cooper (vocals)
Dick Wagner (guitar)
Steve Hunter (guitar)
Prakash John (bass)
Pentti "Whitey" Glan (drums)
Josef Chirowski (keyboards)
Bob Ezrin (keyboards, Fender Rhodes)
Sheryl Cooper (stage actor/dancer)
Tony Levin (bass)
Allan Schwartzberg (drums)
Bob Babbitt (bass)
Jim Gordon (drums)
Bob Kulick (guitar)
Jim Gannon (guitar)
Mark Stein (keyboards)
Johnny "Bee" Badanjek (drums)
Fred Mandel (keyboards, guitar)
Davey Johnstone (guitar)
Jefferson Kewley (guitar)
Dee Murray (bass)
Dennis Conway (drums)

Dick Wagner

1980–1983
Alice Cooper (vocals)
Davey Johnstone (guitar)
Fred Mandel (guitar, keyboards)
Dennis Conway (drums)
"Cocker" John LoPresti (bass)
Duane Hitchings (keyboards)
Erik Scott (bass)
Mike Pinera (guitar)
Ross Salomone (drums)
Sheryl Cooper (stage actor/dancer)
Danny Johnson (guitar)
Craig Krampf (drums)
John Nitzinger (guitar)
Jan Uvena (drums)
Wayne Cook (keyboards)
Dick Wagner (guitar)
Bob Ezrin (Fairlight, keyboards, drums)
Graham Shaw (OBX-8, Roland Jupiter)
Richard Kolinka (drums)

Mike Pinera

1985–1988
Alice Cooper (vocals)
Kane Roberts (lead guitar)
Kip Winger (bass)
Paul "Horowitz/Horrors" Taylor (keyboards)
Ken Mary (drums)
Arthur "Devlin 7/Johnny Dime" Funaro (guitar)
Steve Steele (bass)

Kane Roberts

1989–1995
Alice Cooper (vocals/harmonica)
Al Pitrelli (guitar)
Joe Satriani (guitar)
Steve Vai (guitar)
Pete Friesen (guitar)
Tommy Carradonna (bass)
Jonathan Mover (drums)
Derek Sherinian (keyboards)
Eric Singer (drums)
Stef Burns (guitar)
Vinnie Moore (guitar)
Greg Smith (bass)
Paul Taylor (guitar)
Rick Marty (guitar)
Jimmy Degrasso (drums)
Sheryl Cooper (stage actor/dancer)

Joe Satriani

1996–2002
Alice Cooper (vocals, guitar)
Phil X (guitar)
Ryan Roxie (guitar)
Reb Beach (guitar)
Mark Francis (guitar)
Todd Jensen (bass)
Jimmy DeGrasso (drums)
Chris Delorme (keyboards)
Pete Friesen (guitar)
Damon Johnson (guitar)
Greg Smith (bass)
T-Bone Carradona (bass)
Rob Nicholson (bass)
Teddy "Zig Zag" Andreadis (keyboards)
Eric Singer (drums)
Calico Cooper (stage actor/dancer)
Eric Dover (guitar)
Rick Marty (guitar)
Nate McDonald (drums)
Paul Taylor (keyboards)
Chuck Wright (bass)

Reb Beach


Le RéGioNaL De L'éTaPe
Océan "Story, Live & More (The Definitive Collection)" (2010)
ou "Et l'histoire continue !"

Océan : Un destin tragique... Non... J'en rajoute ! En fait, Océan, c'est surtout la faute à pas de chance, un mauvais alignement des planètes ou, plus prosaïquement, la preuve qu'il fut un temps où une scène rock française, ne bénéficiant que d'un public « toutirikiki », s'étiolait dans l'indifférence quasi-générale...
Et pourtant, tout avait commencé sous les meilleures auspices quand, au cœur des 70s, le jeune et ambitieux guitariste Georges Bedrossian part à la conquête du monde avec son groupe dont le nom lui a été inspiré par un album de Yes et dont la musique n'est pas très éloignée de Led Zeppelin. Pour parvenir à ses fins, le petit Georges a, qui plus est, déniché le vocaliste idéal en la personne d'un Robert Belmonte capable de facilement « Robert-Plantiser ». En découlera un premier et excellent album, God's Clown, où le quatuor (avec le renfort de la section rythmique formée du bassiste Noël Alberola et du batteur Bernard Leroy) évoque à part égales le hard rock racé d'un Led Zep et les envies d'ailleurs musicaux d'un Yes ou d'un King Crimson. Une réussite, artistique parce que commercialement...
Et puis ? Le Silence... 4 longues années. La suite ? Phase deux et, pour le coup, on peine à reconnaître la formation de God's Clown quand, pourtant, seul le batteur à cédé sa place. D'abord, l'anglais a été abandonné, sans doute le souhait du nouveau label du groupe (Barclay) qui comme ses voisins veut sa formation de hard rock, conséquence logique si opportuniste de l'énorme succès alors rencontré par Trust. Ensuite, la musique a drastiquement changé présentant un hybride d'AC/DC francisé à la Trust... ou quelque chose d'approchant, Océan manipulant moult influences (de Queen à Styx en passant par les précités) pour arriver à ses fins. En l'occurrence, force est de constater que le groupe, loin de sembler perdre son souffle ou coller au train de la mode du jour, change simplement de braquet et embrasse ce nouveau son, cette nouvelle attitude, avec autant de facilité et de talent que la précédente. L'aventure, cette fois, s'étirera sur un second opus, aussi réussi, avant que le groupe ne plie plus ou moins les gaules ne réapparaissant que pour un ultime single, le prophétiquement titré Jusqu'au bout du désert (évidemment présent ici), et ne cesse toute activité face au silence assourdissant qu'Océan rencontre alors.
La carrière d'Océan, ici joliment remasterisée et dûment bonussée, n'aura pas été un fleuve tranquille. Une ultime tentative de reformation du line-up « glorieux » - de 2001 à 2004 avec comme seule trace discographique une participation à un tribute à Trust - avortera suite au décès de Robert Belmonte. Et si Bedrossian a depuis remonté son groupe avec de nouveaux compagnons, rien n'a encore vu le jour*. Reste cette somme, son gros livret biographique et - bien sûr ! - la musique d'une formation qui n'a jamais démérité mais malheureusement jamais vraiment rencontré son public non plus. Raison de plus pour profiter de l'occasion en se réjouissant de l'existence (et l'excellence) du présent coffret.

* c'est chose faite depuis peu avec un album au titre sans doute prophétique, C'est la Fin.

CD 1
God's Clown
1. Sunny day 7:43
2. Strange rain 4:46
3. Love is blind 3:02
4. The loneliness of the long distance 5:08
5. From death to life 4:01
6. Fields of pain 7:25
7. The juggler 3:31
8. Whit the sound I can escape 4:51

CD 2
Océan
1. Je suis mort de rire 3:18
2. Les yeux fermés 7:08
3. Menteur 3:40
4. T'as qu'à t'casser 3:26
5. Happy birthday 5:18
6. Paye 5:49
7. Où et quand tu veux 3:46
8. Joue 7:12
9. Les yeux fermés (rough mix) 5:03
10. Happy birthday (rough mix) 3:23
11. Je suis mort de rire (rough mix) 3:36
12. Menteur (alternate mix)

CD 3
Océan III
1. Aristo 3:14
2. A force de gueuler 3:53
3. Attention contrôle 4:12
4. Qu'on me laisse le temps 5:21
5. Rock'n'roll 2:58
6. Berceuse 4:16
7. Louise 4:17
8. Dégage 3:57
9. Qu'on me laisse le temps (re-master) 5:17
10. Rock'n'roll (re-master) 2:53
11. A force de gueuler (re-master) 3:53

CD 4
Live & More
1. Qu'est-ce que tu dis 3:53
2. Je suis mort de rire 3:57
3. On se rock de moi 5:45
4. Dégage 5:33
5. Ton dernier acte 5:58
6. Aristo 4:03
7. Rock'n'roll 3:25
8. A force de gueuler 4:19
9. Qu'on me laisse le temps 5:47
10. Qu'est-ce que tu dis 4:02
11. Je suis mort de rire 6:49
12. Dégage 4:05
13. Juste au bout du désert 4:01

Georges Bodossian - guitare
Robert Belmonte - chant
Noël Alberola - basse
Bernard Leroy - batterie
Jean Pierre Guichard - batterie
Alain Gouillard - batterie


dimanche 13 mars 2016

Ces chers disparus... 2015 (Cinquième Partie, février-janvier)

Et voilà !, cinquième et enfin dernière partie de cette trop longue énumération de chers disparus, décidément, 2015 aura été une année noire. Et dire que 2016 s'annonce sous de comparables auspices... Bref, dernier volet de la série du souvenir, bonne nuit les petits.

(février, suite)
PoWeRPRoG
Ark "Burn the Sun" (2001)
ou "Metal Intelligent"

Toi qui a une image du metal progressif comme d'un genre combinant la lourdeur du metal et la pomposité du rock progressif, viens, approche-toi et laisse-moi t'expliquer pourquoi le second et ultime album de Ark, Burn the Sun, doit faire exception à ce "mauvais lot" si facilement empaqueté. Parce que si les quatre instrumentistes et le vocalistes qui forment le combo sont tous des terreurs dans leur domaine respectif, ce qu'on entend indéniablement, c'est pour composer de vraies chansons qu'ils se sont réunis. De vraies chansons qui retiennent le tranchant du metal et un certain goût pour l'aventurisme musical du rock progressif, le meilleur de deux mondes, en somme, sans ce qui peut rebuter, l'agression hirsute et débauchée des cuir-et-cloutés, les atermoiements instrumentaux excessifs des post-hippies. Alors, certes, l'album finit par traîner un peu en longueur avec deux titres un peu moins réussis (Noose et Feel the Fire, les deux plus frontalement metal, y a pas de hasard) mais avec des highlights tels que Heal the Waters (ce que rêverait de réussir Yngwie Malmsteen sans plus jamais y parvenir depuis son inaugural long-jeu solitaire), Resurrection (tout ce qu'on attend d'un morceau de prog metal jusque dans une mélodie très réussie s'épanouissant dans la portion acoustique), Absolute Zero (un machin qui jazze-rocke avec un Randy Coven à la basse balladeuse), Just a Little (et son bienvenu emballage flamenco), I Bleed (rien que pour la performance orientalisante de Lande) et évidemment le final Missing You, sorte de power ballad prog-metal si  divinement réussie qu'on ne voit pas passer ses neuf minutes. Reste, outre de recommander ce très réussi Burn the Sun, a regretter qu'avec les disparitions de Randy Coven en 2014 et du claviériste Mats Olausson en 2015 (R.I.P.), il est fort probable que le hiatus d'Ark se prolonge indéfiniment...

1. Heal the Waters 6:38
2. Torn 3:52
3. Burn the Sun 4:35
4. Resurrection 5:33
5. Absolute Zero 5:06
6. Just a Little 4:38
7. Waking Hour 4:15
8. Noose 5:04
9. Feed the Fire 3:57
10. I Bleed 4:04
11. Missing You 9:04

Jørn Lande - Vocals 
Tore Østby - Guitars 
Randy Coven - Bass 
Mats Olausson - Keyboards 
John Macaluso - Drums 

Mats Olausson
(1961 - 18/2/2015)

TeRRyBLe !
Oscar Peterson Trio + Clark Terry "Oscar Peterson Trio + One" (1964)
ou "Oscar winners"

D'égal à égal, avec le diable de pianiste en face n'est pas une maigre performance, Clark Terry rencontrait Oscar Peterson pour un album qui demeure une des plus belles références des co-leaders de circonstance, diantre ! Album joueur et varie, + One démarre très fort avec une entêtante et entraînante ritournelle, Brotherhood of Man, où les deux compères se renvoient joyeusement la balle sur l'impeccable rythmique de Ray Brown et Ed Thigpen, épatant ! Epatant comme le reste d'une galette qui de d'émotionels blues (Jim, I Want a Little Girl), d'autres nettement plus rythmés et joyeux (Blues for Smedley, Squeaky's Blues et, évidemment le foutraque Incoherent Blues signé Terry), de belles pièces de jazz classique comme Oscar savait si bien les faire (le groovy Roundalay, le caressant They Didn't Believe Me) à de purs exercices de fun (le Mumbles de Terry encore, ou l'homme scat comme un grand, la reprise de Mack the Knife glorieusement troussée), c'est un festival de tous les instants qui s'offre à l'amateur de jazz mélodique et imaginatif, classique mais encore totalement frais. Oscar nous a quitté en 2007, Clark en 2015, ces deux géants jouent encore pour vous, sur cet excellent cru de 1964, ne manquez pas l'aubaine !

1. Brotherhood of Man 3:32
2. Jim 3:01
3. Blues for Smedley 6:56
4. Roundalay 3:55
5. Mumbles 2:01
6. Mack the Knife 5:16
7. They Didn't Believe Me 4:21
8. Squeaky's Blues 3:28
9. I Want a Little Girl 5:10
10. Incoherent Blues 2:42

Clark Terry – trumpet, flugelhorn, vocal
Oscar Peterson – piano
Ray Brown – double bass
Ed Thigpen – drums

Clark Terry
(14/12/1920 - 21/2/2015)

FuLL HouSe
The Alan Parsons Project "The Turn of a Friendly Card" (1980)
ou "Catching Rainbow"

Tenterez-vous votre chance sur un album sur le jeu ? Oserez-vous plonger dans l'ear-friendly prog' de la bande d'Alan Parsons (vous savez, l'ex-ingé-son de Pink Floyd) ? 5ème album de la bande protéiforme, The Turn of a Friendly Card succède à un pas très réussi Eve, qui péchait surtout par un cruel manque d'inspiration, et précède Eye in the Sky qui deviendra, ce qui n'est que mérité, le plus gros succès de l'APP. Bref, entre les deux mais plus vers le second quoique moins alourdi par les claviers (le départ de Duncan MacKay pour Camel y a fait), un peu comme aux débuts de la bande, comme sur le très recommandé Tales of Mystery and Imagination (adapté d'Edgar Allan Poe). Bon, ça c'est pour la marge d'ajustement parce que, fondamentalement, l'APP demeure encore et toujours l'APP, un "groupe" où deux leaders, celui qui donne son nom au projet et le claviériste/vocaliste Eric Woolfson, qui n'ont qu'un but : faire du rock progressif pour les masses, et que quand c'est bien fait, comme c'est souvent le cas pour l'APP en général et ici en particulier, c'est vachement bien. Le détail ? On va pas s'embarrasser avec ça ! C'est un bon album de pop progressive typique de son époque (en l'occurrence le tout début de funestes, pour le rock progressif, années 80), avec de belles voix (Chris Rainbow, un peu la star de l'album puisque présent sur les titres les plus marquants, qui nous a quitté en février 2015 dans un presque total anonymat d'ailleurs, triste, Woolfson, un certain Lenny Zalatek...), des orchestrations aux petits oignons (avec un vrai orchestre !) et, évidemment, parce que Parsons est un expert du son de part sa profession, une production au-dessus de tout reproche, absolument idéale pour le genre. Alors, avec en plus les bons bonus, essentiellement des démos mais de bonne démos, il va sans dire que The Turn of a Friendly Card vous est chaudement recommandé... Si le rock progressif supra-mélodique est votre tasse de thé, bien-sûr !

1. May Be a Price to Pay 4:58
2. Games People Play 4:22
3. Time 5:04
4. I Don't Wanna Go Home 5:03
6. The Gold Bug 4:34
The Turn of a Friendly Card
1. The Turn of a Friendly Card (Part One) 2:44
8. Snake Eyes 3:14
9. The Ace of Swords 2:57
10. Nothing Left to Lose 4:07
11. The Turn of a Friendly Card (Part Two) 3:22
Bonus
11. May Be a Price to Pay (Intro/demo) 1:32
12. Nothing Left to Lose (Basic backing track) 4:35
13. Nothing Left to Lose (Chris Rainbow overdub compilation) 2:02
14. Nothing Left to Lose (Early studio version with Woolfson's guide vocal) 3:11
15. Time (Early studio attempt) 4:42
16. Games People Play (Rough mix) 4:33
17. The Gold Bug (Demo) 2:49

Stuart Elliott - drums, percussion
David Paton - bass guitar
Ian Bairnson - electric, acoustic and classical guitars; pedal steel guitar on "Time"
Eric Woolfson - piano, harpsichord, lead vocals
Alan Parsons - whistling and finger snaps on "The Gold Bug", Clavinet on "The Gold Bug" and "The Ace of Swords", harpsichord on "The Ace of Swords", backing vocal on "Time"
Chris Rainbow - lead and backing vocals
Elmer Gantry - lead vocals
Dennis Clarke - saxophone
Lenny Zakatek - lead and backing vocals
The Philharmonia Orchestra, arranged and conducted by Andrew Powell

Chris Rainbow
(18/11/1946 - 25/2/2015)

(janvier)
PiNK NeiL
Neil Young & The Shocking Pinks "Everybody's Rockin" (1983)
ou "Tout Chrome !"

C'est peu dire qu'Everybody's Rockin' a été reçu fraichement à sa sortie mais, contrairement à d'autres albums du Loner, il n'a pas encore eu l'honneur d'une réévaluation favorable depuis (comme Trans, par exemple). Faut dire que dès la pochette ça ne donne pas franchement envie... Neil en costard rose avec sa Gretsch en bandoulière et sa coupe gominée... C'est d'un gout j'vous jure... Mais pas sans raison parce qu'au moins ça ne ment pas sur ce que ça propose : du rock'n'roll de grand-papa, le rockab' des 50's revisitées sur le tard (1983)... Everybody's Rockin', je ne vais pas dire que c'est bon mais au moins ce n'est pas mauvais. Juste un peu embarrassant de la part de quelqu'un qui a pondu Alabama ou Cortez the Killer... Le gros point positif, ceci dit, c'est qu'on sent que Neil et le groupe monté pour l'occase, les Shocking Pinks (remarquez la cohérence du code couleur au passage ! notez aussi qu'on y retrouve quelques "usual suspects" dont le bassiste Tim Drummond, également familier de Bob Dylan ou de J.J. Cale, qui nous a quitté en 2015, R.I.P.) y ont pris du plaisir. Du coup, on en prend aussi à les entendre revisiter des standards de l'enfance de Neil ou y rendre hommage avec des originaux d'un calibre équivalent. Bien sûr ça ne fait pas un grand Neil Young mais pas l'étron absolu comme on voit écrit un peu partout. Everybody's Rockin' ? Un album fun, frais, léger et court (25 minutes !) qui a un gout de fraise tagada et de menthe à l'eau... Nostalgique, quoi !

1. Betty Lou's Got A New Pair Of Shoes 3:00 
2. Rainin' In My Heart 2:12 
3. Payola Blues 3:08 
4. Wonderin' 2:57 
5. Kinda Fonda Wanda 1:48 
6. Jellyroll Man 1:57 
7. Bright Lights, Big City 2:16 
8. Cry, Cry, Cry 2:39 
9. Mystery Train 2:44 
10. Everybody's Rockin' 1:55 

Neil Young: vocals, piano, guitar, harmonica
The Shocking Pinks
Ben Keith: alto saxophone, lead guitar
Larry Byrom: piano, backing vocals
Tim Drummond: upright bass
Karl Himmel: snare drum
Anthony Crawford: backing vocals
Rick Palombi: backing vocals

Tim Drummond
(20/4/1941 - 10/1/2015)

GRRRLS !
The Runaways "The Runaways" (1976)
ou "Gone Wild"

Avant les Riot Grrrls il y avait les Runaways. Bon, il y en a eu d'autres mais les Runaways, par leur mélange de séxualité faussement innocente et d'agression rock'n'rollesque, se posaient un peu là. Et donc, voici 5 post-adolescentes rageuses et leur producteur, Kim Fowley, qui tire les ficelles, bien sûr, mais a aussi le cran de miser sur un diamant brut alors encore mal dégrossi jusqu'à la finalité : l'album ! Dans l'imagination du monsieur, en tête de gondole, il y a une Cherrie Currie, d'ailleurs seule présente sur la pochette de l'album, petite bombe de sexualité décomplexée affichant souvent des tenues scéniques outrageuses quoique minimalistes, la parfaite frontwoman pour pareil exercice glamo-punko-rockant qui n'a, cependant, pas grand chose à voir avec les agitations frénétiques secouant alors la Grosse Pomme (ne vous laissez pas berner par la reprise du Rock & Roll du Velvet Underground) et la Perfide Albion, parce que c'est de fun dont il s'agit surtout ici, ce qui n'est pas vraiment étonnant considérant que nous avons affaire à une formation poussée sous le soleil de Californie. Ce qui n'empêche pas d'envoyer du bois ou d'être positivement, si épisodiquement, en colère mais, bon, voilà quoi. De bout en bout l'album convainc. Parce qu'il y a les irrésistibles coups de boutoir introductifs que sont Cherry Bomb et You Drive Me Wild, archétypique de l'énergie musicale et sexuelle développée par le quintet, et parce que le reste accompagne bien cette doublette et que le groupe est largement aussi compétent (et plus sensuel !) que ce qu'on attendrait d'une pareille aventure sur le versant testostéroné. Les Runaways n'ont rien inventé ? Vrai... et faux. Elles ont inventé le girl group électrique, la possibilité pour une bande de nanas d'en remontrer à un music business trop souvent machiste, ouvrant ainsi la voie... à hélas toujours trop peu de groupes aujourd'hui (les habitudes ont la vie dure !). Parce qu'une fille peut être autre chose qu'une groupie, choriste, vocaliste voire bassiste comme le prouvent, mais ne le prouveront plus jamais aussi explosivement ou résolument, les Runaways sur un premier album toujours aussi recommandé.

1. Cherry Bomb 2:18
2. You Drive Me Wild 3:22
3. Is It Day or Night? 2:45
4. Thunder 2:31
5. Rock & Roll 3:17
6. Lovers 2:09
7. American Nights 3:15
8. Blackmail 2:41
9. Secrets 2:43
10. Dead End Justice 7:01

Cherie Currie - lead and backing vocals, keyboard on "American Nights"
Joan Jett - rhythm guitar, lead vocals
Lita Ford - lead guitar, backing vocals
Sandy West - drums, backing vocals
&
Nigel Harrison - bass
Kim Fowley - Producer

Kim Fowley
(21/7/1939 - 15/1/2015)

SuPeRFoLK
Crosby, Stills, Nash & Young "Déjà Vu" (1970)
ou "Le GRAND Classique"

Ok, celui-là, légendaire de plein droit qu'il est, on ne le "vend" plus. C'est pas compliqué, si vous demandez à un spécialiste de vous indiquer les meilleurs albums de folk-rock de tous les temps, Déjà Vu sortira probablement dans les cinq premiers, à chaque fois. Et ce n'est pas de ces albums "difficiles" dont on loue les immenses qualités en n'y plongeant qu'exceptionnellement, non !, le premier des trois CSNY (précédé d'un CSN qui continueront sans lui quand le Loner se sera lassé de la collaboration) est de ces opus où l'on revient, souvent. Parce que Carry On et ses chœurs d'exception est un monument hippie, parce que la country douce de Teach Your Children évite tous les clichés et enchante, parce que Almost Cut Your Hair voit Crosby idéalement poussé par son pote Neil dans un folk-rock jouer en diable, parce qu'Helpless est une idéale ballade de sieur Young, de celles qu'on écoute la tête dans les étoiles, parce que Woodstock rocke joliment Joni Mitchell, parce que Déjà Vu, en genre de mini rock-opéra de quatre minutes, est épatant, parce qu'Our House est une incomparable caresse pop, et 4+20 une parfaite caresse folk "feu de camp", parce que le Country Girl de Neil est émotionnel et épique, et que tout ça se clôt sur un bon coup de (presque) garage rock (Everybody I Love You)... Parfait ! Pour ne pas oublier les quasi-anonymes, ceux qui ne sont pas sur la pochette, dont le plus représenté d'iceux nous a quitté en 2015, le solide batteur Dallas Taylor, on citera aussi les performances du bassiste Greg Reeves et des deux invités de marque, Jerry du Dead à la pedal steel sur Teach Your Children et John Sebastian, de Lovin' Spoonful, à l'harmonica sur Déjà Vu. Voilà, et tout ça vous fait ? Un immanquable évidemment !

1. Carry On 4:26
2. Teach Your Children 2:53
3. Almost Cut My Hair 4:31
4. Helpless 3:33
5. Woodstock 3:54
6. Déjà Vu 4:12
7. Our House 2:59
8. 4 + 20 2:04
9. Country Girl 5:11
10. Everybody I Love You 2:21

David Crosby — vocals all tracks except "4+20"; rhythm guitar on "Almost Cut My Hair," "Woodstock," "Déjà vu," "Country Girl," and "Everybody I Love You"
Stephen Stills — vocals all tracks except "Almost Cut My Hair"; guitars all tracks except "Our House"; keyboards on "Carry On," "Helpless," "Woodstock," and "Déjà Vu"; bass on "Carry On," "Teach Your Children," and "Déjà vu"; percussion on "Carry On"
Graham Nash — vocals all tracks except "Almost Cut My Hair" and "4+20"; keyboards on "Almost Cut My Hair," "Woodstock," "Our House," and "Everybody I Love You"; rhythm guitar on "Teach Your Children" and "Country Girl"; percussion on "Carry On" and "Teach Your Children"
Neil Young — vocals on "Helpless" and "Country Girl"; guitars on "Almost Cut My Hair," "Helpless," "Woodstock," "Country Girl," and "Everybody I Love You"; keyboards, harmonica on "Country Girl"
&
Dallas Taylor — drums all tracks except "4+20"; tambourine on "Teach Your Children"
Greg Reeves — bass on "Almost Cut My Hair," "Helpless," "Woodstock," "Our House," "Country Girl," and "Everybody I Love You"
Jerry Garcia — pedal steel guitar on "Teach Your Children"
John Sebastian — harmonica on "Déjà vu"

Dallas Taylor
(7/4/1948 - 18/1/2015)

eN VoiX
The Swingle Singers "Bach's Greatest Hits" (1963)
ou "Swingle It Bach"

Si son leader et arrangeur historique, en plus d'en être le fondateur et celui qui donna son nom à la formation, Ward Swingle, a disparu en janvier 2015 à l'âge honorable de 87 ans, les Swingle Singers existent toujours ! Alors, autant pour le souvenir de Ward l'initiateur que pour le rappel que le jazz vocal certes kitsch mais absolument délicieux de ces talentueux zozos premièrement réunis à Paris en 1962 est une rare occurrence, il n'est pas inutile de revenir sur l'absolu classique d'iceux, le Jean-Sébastien Bach (connu à l'international comme Bach's Greatest Hits) de 1963. Qu"y entend-on ? Une rencontre de Bach et de Michel Legrand sous le patronage de Jacques Loussier soit des voix, masculines pour les basses et les médiums, féminines pour les aigus, jouant toutes les notes des "plus grands succès" de Jean-Sébastien sur une rythmique jazz discrète et efficace. Comme c'est excellemment bien fait, ce qui aurait pu être risible devient irrésistiblement fun. Bach's Greatest Hits ? Un petit plaisir coupable, un macaron précieux qu'on ne dégustera pas tous les jours mais qui, de temps en temps ou par petits bouts, fait un bien fou !

1. Fugue in D Minor 2:14
2. Prelude for Organ Chorale No. 1 2:38
3. Aria 3:17
4. Prelude No 12 in F Minor 2:12
5. Bourrée II 1:44
6. Fugue No 2 in C Minor 1:16
7. Fugue No 5 in D 1:38
8. Prelude No 9 in E 3:19
9. Sinfonia 4:54
10. Prelude No 1 in C 1:56
11. Canon 1:53
12. Two Part Invention No 1 in C 1:22
13. Fugue No 5 in D 3:15

Vocals:
Ward Swingle – tenor, arranger
Jeanette Baucomont – soprano
Christiane Legrand – soprano
Anne Germain – alto
Claudine Meunier – alto
Claude Germain – tenor
Jean Cussac – bass
Jean Claude Briodin – bass
&
Pierre Michelot – double bass
Gus Wallez – drums
Andre Arpino – drums

Ward Swingle
(21/9/1927 - 19/1/2015)

DReaMaRe
Tangerine Dream "Stratosfear" (1976)
ou "Remembering Edgar"

L'électronique progressive allemande des années 70 à son "accessiblement" meilleur ? C'est Stratosfear de Tangerine Dream (dont le fondateur, Edgar Froese, nous a quitté en janvier 2015), septième long-jeu des planants germains, le premier à sembler vouloir attirer les foules. Pas qu'il n'y ait quoique ce soit de mal à ça, notez, et qu'en l'occurrence, en continuant à développer d'intéressantes textures synthétiques dans un univers, cette fois, plus mélodiquement cadré, le trio réussit un vrai petit miracle de transformation. Cinématique, leur musique l'est plus que jamais mais à l'abstraction passée ont succédé de luxuriants panorama qu'on imaginerait dessinés par Roger Dean ou conceptualisé par Storm Thorgerson pour une illusoire soundtrack d'un Werner Herzog en veine de clonage de Mario Bava à la sauce Space-Opera . Oui, je sais, ça fait beaucoup de name-dropping mais, que voulez-vous, ce genre de musique ne se décrit pas tant qu'elle s'évoque... En l'occurrence, en s'épanouir les volutes d'encens à la lumière de votre lava-lamp, bien tranquillement installé dans un douillet sofa, et même les yeux fermés pour des sens auditifs encore plus en éveil (pas inutile pour une formation audiophile telle que Tangerine Dream), vous vous sentirez enveloppés de sons accueillants, écrin au cinéma mental qu'il ne vous reste plus qu'à démarrer. Stratosfear ? Votre ticket pour l'imagination.

1. Stratosfear 10:04
2. The Big Sleep in Search of Hades 4:45
3. 3 A.M. at the Border of the Marsh From Okefenokee 8:10
4. Invisible Limits 11:40

Edgar Froese – Moog synthesizer, Mellotron, guitars, 12-string guitar, grand piano, bass guitar, mouth organ
Peter Baumann – Moog synthesizer, Mellotron, Project Elektronik Rhythm Computer, Fender electric piano
Christopher Franke – Moog synthesizer, Birotron, organ, percussion, harpsichord

Edgar Froese
(6/6/1944 - 20/1/2015)

GReC PRoG
Aphrodite's Child "666" (1972)
ou "Gloire à Satan"

C'est l'ultime opus du plus connu des groupes de psyché/progressive rock grec (le seul ?), celui avant que Demis ne parte faire sa star de la variété en France et que Vangelis n'aille "new-agiser" en solo ou avec Jon de Yes, et que les deux autres ne disparaissent dans les limbes, c'est 666, imposant et ambitieux double album, aussi énorme que Roussos deviendra. Présentement, d'un début (The System/Babylon) semblant inspiré des "évènements" de mai 1968 en France (où le groupe résidait alors, exilé qu'il était du régime dictatorial des généraux de leur Mère Patrie), on sent que l'Aphrodite's Child pop et psychédélique, connu surtout pour sa ballade lacrymale Rain and Tears, est entré dans de toutes nouvelles dispositions où un progressisme échevelé et iconoclaste est la nouvelle norme. A vrai dire, outre quelques virgules plus abordables vocalisées par Demis, on peine à reconnaître le groupe des deux premiers albums, et c'est une bonne nouvelle ! Une bonne nouvelle parce que cette nouvelle liberté va bien au teint de nos barbus, que les performances instrumentales de Roussos et Koulouris aux guitares sont bien trippantes comme il faut, que les compositions, les arrangements et la production de Vangelis (le big boss de l'exercice), loin de rappeler les épopées synthétiques dont il se fera la spécialité, sont un parfait panorama, un divin écrin pour une formation qui ose et réussit à chaque fois. Ose et réussit un album avec peu de vraies chansons mais beaucoup de trouvailles, de l'adjonction d'éléments folkloriques grecs à une certaine atonalité aussi surprenante et discrète que bienvenue. Ose et réussit une évocation de l'orgasme féminin sur le polémique, à l'époque, Infinity enregistré avec le précieux concours de la comédienne, grecque également, Irene Papas (quelle performance !). Ose et réussit un long trip psyché-prog en remontrant au meilleur de Quicksilver Messenger Service et de King Crimson (All the Seats Were Occupied)... Bref, c'est un grand chelem d'album qui, varié, mélodique, complexe et abouti demeure une des plus belles double-pièces studio toutes époques et tous genres confondus. Et donc ? Bravo Aphrodite's Child et... Gloire à Satan !

CD 1
1. The System 0:23
2. Babylon 2:47
3. Loud, Loud, Loud 2:42
4. The Four Horsemen 5:53
5. The Lamb 4:34
6. The Seventh Seal 1:30
7. Aegean Sea 5:22
8. Seven Bowls 1:28
9. The Wakening Beast 1:11
10. Lament 2:45
11. The Marching Beast 2:00
12. The Battle of the Locusts 0:56
13. Do It 1:44
14. Tribulation 0:32
15. The Beast 2:26
16. Ofis 0:14

CD 2
1. Seven Trumpets 0:35
2. Altamont 4:33
3. The Wedding of the Lamb 3:38
4. The Capture of the Beast 2:17
5. Infinity 5:15
6. Hic and Nunc 2:55
7. All the Seats Were Occupied 19:21
8. Break 2:59

Vangelis Papathanassiou - keyboards, organ, piano, vibraphone, bass, flute, percussions, backing vocals ("Lament", "The Beast", "Break")
Demis Roussos - lead vocals ("Babylon", "The Four Horsemen", "Lament", "Hic et Nunc"), bass, guitar, backing vocals
Lucas Sideras - drums, lead vocals ("The Beast", "Break"), backing vocals
Silver Koulouris - guitar, percussion
&
Harris Halkitis - bass, tenor saxophone, congas, percussion, backing vocals
Michel Ripoche - trombone, tenor saxophone ("Babylon", "Hic et Nunc")
Irene Papas - vocals ("Infinity")
John Forst - English narration
Yannis Tsarouchis - Greek narration ("Ofis")
Daniel Koplowitz - voice ("Loud Loud Loud")
Costas Ferris - lyricist

Demis Roussos
(15/6/1946 - 25/1/2015)

Et uN De PLuS...
Steeleye Span "Wintersmith" (2013)
ou "Terry's Disc/World"

Prédatant l'inévitable, la disparition d'un Terry Pratchett atteint par un Alzheimer précoce depuis 2007 en mars 2015, Wintersmith est un bel hommage d'un groupe à l'univers d'un auteur qui était fan de leur musique. Ainsi, on y retrouve la science-fantasy baroque, Monty-Pythonesque oserait-on, de celui à qui l'on doit, entre autres, la série du Disque-Monde, l'excellente trilogie du Grand Livre des Gnomes, ou un également recommandé De Bons Présages coécrit avec Neil Gaiman sur la folk-rock typiquement britannique du Steeleye Span de Maddy Prior et Rick Kemp (seuls membres historiques encore présents). Et la musique ? Contrairement à la tentative de Dave Greenslade quelques années plus tôt (From the Discworld, 1994), en se recentrant intelligemment sur une part plus congrue de l'œuvre "Disworldienne" tentaculaire de Pratchett, nommément la trilogie des Ch'tis Hommes Libres, Steeleye Span habille sa folk british d'apparats rock, orchestraux qui conviennent parfaitement aux exigences épiques qu'une pareille entreprise requière. Comme c'est un domaine dans lequel ils se sont, à de moult reprises, aventurés, que le projet leur était audiblement très cher et qu'ils y ont donc mis tout leur cœur en plus de leur immense savoir-faire (Pratchett étant leur ami en plus de leur number one fan), que leur faconde mélodique est au beau-fixe et que la mise en son, moderne juste ce qu'il faut en restant fidèle à l'esprit "gentleman farmer" de la formation, c'est d'une galette glorieusement réussie dont il s'agit et, donc, d'un magnifique hommage à un homme à l'imagination riche et bigarrée dans l'œuvre duquel on ne peut que recommander à tous de plonger.

1. Overture 2:09
2. The Dark Morris Song 4:01
3. Wintersmith 4:37
4. You 3:24
5. The Good Witch 3:49
6. Band of Teachers 3:46
7. The Wee Free Men 2:17
8. Hiver 3:25
9. Fire & Ice 5:13
10. The Making of a Man 4:03
11. Crown of Ice 4:05
12. First Dance 4:44
13. The Dark Morris Tune 5:30
14. The Summer Lady 3:54
15. Ancient Eyes 4:38
16. We Shall Wear Midnight 4:09

Maddy Prior - vocals
Rick Kemp - bass
Peter Knight - fiddle
Liam Genockey - drums
Peter Zorn - guitars
Julian Littman - guitars
&
Terry Pratchett
- adapted from, spoken words (5)

Terry Pratchett
(28/4/1948 - 12/3//2015)