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lundi 7 août 2017

Z comme...

This is the End? Pas vraiment comme vous le verrez dans les semaines à venir... Mais alphabétiquement, indéniablement, oui, c'est la fin, une fin en fanfare avec, forcément !, l'obsession de votre serviteur pour un certain compositeur de la Grosse Pomme mais toujours une belle variété où, souhaitons, chacun trouvera son bonheur... Bref.. Vite !, la suite !, mais, en attendant... Enjoie !

Z comme...
ZAMIR, DANIEL "Redemption Songs" (2015)
Ethnojazzism

Un des plus beaux représentants du jazz israélien, une musique entre traditions (jazz et juives), transe et communion, c'est Redemption Songs, cru 2015 de Daniel Zamir pour le label de John Zorn, Tzadik. En fait, Zamir, c'est un peu le Coltrane israélien. Aussi à son aise à l'alto qu'au soprano (à quand le ténor ?), il déverse des torrents de notes qui, venant d'un autre, auraient tout de l'onanisme instrumental mais qui, par le feu sacré qui semble l'habiter ne ratent jamais leur cible. Évidemment, le monsieur sait aussi se faire plus sensuel, ralentir le tempo, chatoyer juste ce qu'il faut sans tomber dans le racolage, et brandir fièrement ses racines via l'implantation durable des divers folklores juifs dans son jazz à la fois hybride et traditionnel. En ceci, Redemption Songs n'est pas bien différent des nombreux albums qui l'ont précédé sauf que, est-ce l'équipe présentement réunie ?, une sélection de compositions encore plus inspirées qu'à l'accoutumée, il est encore meilleur. Du coup, on le recommande chaudement à ceux qui connaissent déjà le bel animal, qui ne seront fatalement pas déçus, comme aux nouveaux venus qui découvriront une des plus belles forces continuant de donner vie à un jazz qui naquit à la fin des années cinquante et qu'on est bien content de voir ainsi perdurer, si bien représenté.

1. Eleven 5:29
2. Forty One 7:06
3. Twenty Three 9:22
4. New Five 9:16
5. Forty 5:39
6. New Thirteen 4:59
7. Seventy Seven 7:07
8. Seventeen Eight 4:26
9. Twelve B 4:45

Daniel Zamir: Alto and Soprano Saxes
Gilad Abro: Bass
Amir Bresle: Drums
Mark Guiliana: Drums
NitaI Hershkowits: Piano
ShaI Maestro: Piano
Haggai Cohen Milo: Bass


Z comme...
ZAPPA, FRANK "Zoot Allures" (1976)
Frank's Rock'n'Roll

Prévu pour être un nouveau double opus sur DisCreet Records, Zoot Allures finit simple et chez Warner Bros. La raison ? Un Zappa en bisbille avec son manager/cogérant du label déjà, une volonté d'ascèse, aussi ? Ce serait sans doute mal connaître un Frank toujours prompt à trop en faire (c'est aussi pour ça qu'on l'aime). Bref, album studio (avec un peu de live dedans comme d'habitude chez Zappa), Zoot Allures est surtout un quasi-album solo pour lui qui semble lui permettre de tester les musiciens de sa prochaine formation (pas celle qu'on voit sur la pochette où Patrick O'Hearn et Eddie Jobson sont bien présents alors qu'ils n'ont pas joué la moindre note sur l'opus) dans un contexte plus rock que à quoi Frank avait habitué son auditoire. Ce n'est pas à dire qu'on ait ici un album simpliste pour autant, ce serait mal connaître le bonhomme qui, forcément, glisse moult de ses idées étranges et iconoclastes dès Wind Up Workin' in a Gas Station qui aurait l'air presque normal s'il n'y avait la voix possédée de Davey Moiré. Et ça continue sur Black Napkins et The Torture Never Stops (le premier servant en quelque sorte d'intro au second) qui bluese bien mais toujours avec ce petit éclat dans l'œil, cette posture de sale gosse irrespectueux qui fait la différence. Alors certes, et la suite de l'album ne fait que le confirmer, ce Zappa là est notablement plus "focus" mais c'est un Zappa immédiatement reconnaissable malgré tout avec de vrais grands moments de transe (Friendly Little Finger et sa guitare tourbillonnante par exemple) et d'humour (parce qu'il ne doit jamais en être autrement sur un album du fameux moustachu qui est aussi un authentique rigolo). Tout ça ne fait peut-être pas de Zoot Allures le plus essentiel des albums d'un impressionnant catalogue, ça en fait, par contre, une excellente porte d'entrée à l'art du monsieur pour tout ceux qui ne sauraient pas trop par où commencer. Rien que pour ça, c'est un album utile, et aux fans de Zappa aussi qui n'y retrouveront pas leur chouchou typique mais bel et bien leur chouchou quand même qui, c'est bien connu, ne peut pas se tromper et réussit par conséquent son pari rock à lui. Recommandé... à toutes et à tous !

1. Wind Up Workin' in a Gas Station 2:29
2. Black Napkins 4:15
3. The Torture Never Stops 9:45
4. Ms. Pinky 3:40
5. Find Her Finer 4:07
6. Friendly Little Finger 4:17
7. Wonderful Wino 3:38
8. Zoot Allures 4:12
9. Disco Boy 5:11

Frank Zappa – guitar (all tracks), bass (1, 3–7, 9), lead vocals (1, 3, 4, 5, 7, 9), synthesizer (1, 4, 5, 9), keyboards (3, 5, 7, 9), director of recreational activities (3)
Terry Bozzio – drums (all tracks), backing vocals (5, 9)
&
Davey Moiré – lead vocals (1), backing vocals (1, 9), engineer
Andre Lewis – organ (2), vocals (2), backing vocals (5, 9)
Roy Estrada – bass (2), vocals (2), backing vocals (4, 5, 9), drone bass (6)
Napoleon Murphy Brock – vocals (2)
Ruth Underwood – synthesizer (4, 6, 7), marimba (6, 8)
Captain Beefheart – harmonica (4, 5)
Ruben Ladron de Guevara – backing vocals (5)
Ian Underwood – saxophone (6, 7)
Bruce Fowler – trombone (6, 7)
Sal Marquez – trumpet (6, 7)
Dave Parlato – bass (8)
Lu Ann Neil – harp (8)
Sparky Parker – backing vocals (9)


Z comme...
ZAWINUL, JOE "Di.a.lects" (1986)
One Man Show

Le one man show de Joe Zawinul ? Avec le concours de quelques utiles guests cependant mais, oui, c'est bien ça Di.a.lects, un opus qui suit la cessation d'activité de Weather Report de quelque mois, un preuve que ce monsieur-là n'avait finalement pas tant besoin que ça de ses talentueux comparses.
Parce qu'ici, simplement armé de ses synthétiseurs et de sa voix, et supporté par quelques voix invitées dont l'immense Bobby McFerrin, Joe Zawinul fait essentiellement tout. Il y en a qui douteront, pas de basse ? pas de batterie ? pas de cuivres, de la pérennité de la chose, autant le dire immédiatement, ils ont totalement, absolument, définitivement tort. Parce que Di.a.lects, tout accoutré d'électronique qu'il soit, est un authentique album de jazz, de jazz moderne mais de jazz tout de même, et un bon avec ça. De fait, il ne manque rien à l'opus qui ne lui soit préjudiciable et, au contraire, par la limitation d'un unique performer instrumental, il y développe une esthétique, une personnalité à nulle autre pareille. Avec une impeccable sélection de titres plus réussis les uns que les autres à commencer par Zeebop frontal et énergique, tout de percussions électroniques vêtu. Ailleurs, entre latin-jazzeries rondement menées (Waiting for the Rain, Carnavalito), synthétisme tout sauf handicapant (le court et planant The Great Empire), Zawinul épate et prouve que, essentiellement seul, il peut faire de la très bonne musique prenant ses libertés avec l'idiome sans jamais le trahir.
Qui aurait parié, au milieu de funestes années 80, alors que sa formation récemment séparée a trop longtemps tiré l'écheveau, que Zawinul nous convierait à une telle fête ? Pas grand monde mais les faits sont là et Di.a.lects, petit chef d'œuvre largement méconnu, continuation inattendue et bienvenue d'un Weather Report sorti de l'actualité, est disponible pour tous ceux qui en doutait, une galette hautement recommandable.

1. The Harvest 6:04
2. Waiting for the Rain 7:38
3. Zeebop 4:50
4. The Great Empire 3:57
5. Carnavalito 6:18
6. 6 A.M./Walking on the Nile 7:06
7. Peace 6:49

Joe Zawinul – Synthesizers, Vocals
Bobby McFerrin – Improvised Vocals
Carl Anderson – Ensemble Voices
Dee Dee Bellson – Ensemble Voices
Alfie Silas – Ensemble Voices


Z comme...
ZION 80 "Adramelech: Book of Angels Volume 22" (2014)
Masada on the (afro)Beat

Quelques mois seulement après un exceptionnel volume 21 de son Livre des Anges, John Zorn confie à une bande de têtes connues le numéro 22, et c'est une excellente nouvelle !
Pour ceux qui ont l'occasion d'écouter l'opus inaugural de Zion80, paru chez Tzadik en décembre 2012, Andramelech ne sera pas une surprise. On y retrouve en effet la fusion d'Afrobeat et de klezmer qui avait si bien fonctionnée la fois précédente. Forcément, les compositions de John Zorn en sont toutes chamboulées, c'est une bonne chose et le sel d'une série où chaque interprète/arrangeur amène sa sauce, sa vision à ce qui commence sérieusement à ressembler à un impressionnant édifice. On y retrouve forcément la patte compositionnelle du maître mais aussi l'influence ô combien bienvenue d'un autre immense artiste : Fela Anikulapo Kuti. A la différence près et fort compréhensible que, le chef de bande, qui n'est pas le neveu du bandit de la finance du même patronyme, étant un guitariste (qui plus est secondé par un autre six-cordiste radically jewish, Yoshie Fruchter), on y retrouve aussi moult rifferies et soli lui permettant de s'exprimer, ce qu'il fait excellemment bien. Rajoutez à ça un groove qui n'en finit pas de nous faire nous trémousser, des cuivres qui pulsent une énergie à peine croyable et vous obtiendrez, bien sûr !, un brillant opus plutôt très abordable si vous appréciez les tendances et styles précités.
Andramelech, Book of Angels Volume 22... Et toujours la même envie d'entendre la suite, qui arrive bientôt (septembre !) et s'annonce passionnante (Roberto Rodriguez promettant de cubo-latiniser furieusement le joujou Zornien) tout en goutant au tour de force présentement proposé. Tout simplement.

1. Araziel 7:14
2. Sheviel 5:48
3. Metatron 9:05
4. Shamdan 7:16
5. Kenunit 10:37
6. Caila 4:21
7. Lelahiah 6:00
8. Nehinah 5:55

John Zorn - composition, executive producer
Jon Madof - guitar, producer
Matt Darriau - alto sax, kaval, clarinet
Greg Wall - tenor sax
Frank London - trumpet
Jessica Lurie - baritone sax, flute
Zach Mayer - baritone sax
Yoshie Fruchter - guitar
Shanir Ezra Blumenkranz - bass
Brian Marsella - keyboard
Marlon Sobol - percussion
Yuval Lion - drums
&
Mauro Refosco - percussion (7)


Z comme...
ZO2 "Tuesdays & Thursdays" (2004)
Rockin' Hard!

Un trio méconnu ayant récemment plié les gaules, un destin tragique dans le lot (celui de leur excellent bassiste/chanteur David Z récemment décédé il y a quelques semaines dans un accident de circulation lors d'une tournée, R.I.P.) mais, surtout un hard rock moderne d'excellente facture. C'est le programme du Tuesdays & Thursdays des New Yorkais de ZO2.
Les élément marquants du groupe et de la galette ? Un vocaliste, déjà, frère de cordes vocales d'un autre regretté, Chris Cornell, qui par sa puissance et sa polyvalence en impose carrément. Un songwriting efficace ensuite où blues, post-grunge, groove et tradition hard-rockante s'épousent harmonieusement. Une production nickel qui met tout ça en valeur, enfin, parce que le flacon, quoiqu'on en dise, on le préfère bien roulé (à l'image de la playmate de la pochette !).
Bref, voici une galette chaudement recommandé à ceux qui aiment leur hard rock encore vivant, ouvert sur tous ses possibles, mené par une grande voix moteur d'une belle machine à chansons. Impeccable !

1. Takin' Me Down 3:47
2. Temptation 4:47
3. Living Now 3:52
4. Dirty Water 4:05
5. Radio 3:30
6. Fly On Your Wings 4:17
7. Breakdown 3:34
8. Liar 3:56
9. Paper Breakup 3:49
10. Wait 3:41
11. Head Up 4:36
12. Sweet Lover 4:02

Paulie Z - Chant, Guitare    
David Z - Chant, Basse
Joey Cassata - Batterie, Choeurs


Z comme...
ZORN, JOHN "Kristallnacht" "Kristallnacht" (1993)
Devoir de Mémoire

Une évocation de la Nuit de Cristal par John Zorn ? Un objet musical violent et non identifié pour un devoir de mémoire douloureux.
Evidemment, vu le thème, il y a beaucoup de bruit et de chaos dans l'œuvre créée par le stakhanoviste de la Downtown Scene, ça commence pourtant tout en douceur par un Shtetl, belle pièce de klezmer introductive où la tension (contenue) se manifeste déjà, qui, petit à petit, se voit envahie des diatribes nazies annonçant la déferlante bruitiste qui suit pour laquelle Zorn nous prévient dans le livret qu'elle "contient de hautes fréquences à la limite et au-delà de l'ouïe humaine pouvant causer des nausées, maux de têtes et des acouphènes"" c'est dire l'extrémité de la chose.
De fait, ce diable de Zorn ne nous a pas menti et les presque douze minutes de Never Again sont quasiment insoutenables, inécoutables, expression du déluge d'horreur s'abattant sur les pauvres juifs martyrisés comme sur l'auditeur subissant cette avant-garde industrielle sans le moindre compromis. La suite, les conséquences de la haine primale qui mut les partisans les plus zélotes du petit caporal, est plus tempérée, pas exactement accessible mais nettement plus écoutable, allant d'un minimalisme tendu, lugubre presque (Gahelet), d'une composition contemporaine typique de ce que Zorn sait faire infusée d'un violon yiddish bienvenu (Tikkun), d'un assemblage de "sound bites", de minimalisme et de noise jusqu'au-boutiste (Tzfia), d'une nouvelle virgule de pure ultraviolence (Barzel), à une ultime pièce, Gariin, typique des improvisations jazzo-avant-gardo-bruitiste ici particulièrement menaçante avec sa guitare (by Marc Ribot !) toute en sorties de routes et cris de douleurs (vu ce qui se passera ensuite, historiquement, on comprend pourquoi).
Si ce que vous attendez d'une œuvre musicale comprend de jolies mélodies, un sentiment de confort et d'harmonie, fuyez !, là n'est pas le propos d'une proposition aussi radicale et dérangeante que possible, un outil mémoriel au même titre que Nuit et Brouillard ou La Liste de Schindler, un album nécessaire mais en aucun cas aisé, vous aurez été prévenu. Cela fait-il de Kritallnacht un opus recommandable ? Assurément, mais pas pour ceux qui ont l'estomac, et les oreilles !, trop sensibles.

1. Shtetl (Ghetto Life) 5:55
2. Never Again 11:46
3. Gahelet (Embers) 3:27
4. Tikkun (Rectification) 3:02
5. Tzfia (Looking Ahead) 8:49
6. Barzel (Iron Fist) 2:02
7. Gariin (Nucleus - The New Settlement) 7:59

Anthony Coleman - keyboards
Mark Dresser - bass
Mark Feldman - violin
David Krakauer - clarinet, bass clarinet
Frank London - trumpet
Marc Ribot - guitar
William Winant - percussion
John Zorn - composition, direction, arrangements et production


Z comme...
ZZ TOP "Antenna" (1994)
Nouveaux Poils

En quête de rachat après un Afterburner mi-cuit et un Recycler peu inspiré, les trois texans de ZZ Top changent de label, modifient l'équipe de mise en son (Billy partageant la barre avec l'historique Bill Ham) et produisent leur meilleur album depuis Eliminator en plus d'un clair retour vers des racines plus épurées, sans tout à fait abandonner les acquis moderniste des années 80 cependant, qui leur vont bien au teint. Et donc, ce numéro 11, cet Antenna qui n'a définitivement pas la réputation qu'il mérite, est une sacrée bonne galette de blues rock texan de référence. De référence historique serait-on tenter de dire parce que présentement, ce qui justifie sa promotion au rang de coproducteur, le sieur Gibbons a retrouvé la folie furieuse, la grinta de ses jeunes années plaquant riffs gras bien bleus et soli inspirés avec une classe et un aisance qui laissent pantois. Il faut dire aussi que les Tres Hombres, une équipe immuable se connaissant par cœur, ont le chic pour réemballer leur art de nouveaux oripeaux, restant toujours familiers de l'auditeur qui ne voudrait de toute façon pas autre chose (des Pincushion au goût du jour, single supra-efficace s'il en fut, des Breakaway en ballade larvée, des Fuzzbox Voodoo en bon gros blues qui tape et groove, de beaux blues lent à guitare qui peure comme Cover Your Rig, on en a déjà entendu et on en redemande !). A partir de là, la marge d'ajustement, ce qui fait qu'un Fandango est si supérieur à un Tejas alors que, fondamentalement, c'est de la même musique dont il s'agit, tient dans la qualité des chansons (excellente ici) et ce petit quelque chose de magique et si fugace qu'on appelle l'inspiration, un machin qui ne s'explique pas mais est présentement au rendez-vous. Original cet Antenna ? Certes non ! Glorieusement troussé par d'excellents artisans en mode "back to the roots", ça oui ! Recommandé.

1. Pincushion 4:33
2. Breakaway 4:58
3. World of Swirl 4:08
4. Fuzzbox Voodoo 4:42
5. Girl in a T-Shirt 4:10
6. Antenna Head 4:43
7. PCH 3:57
8. Cherry Red 4:38
9. Cover Your Rig 5:50
10. Lizard Life 5:09
11. Deal Goin' Down 4:06
12. Everything 3:54

Billy Gibbons – guitar, lead (1, 2, 4, 5, 7-10, 12) and backing vocals
Dusty Hill – bass guitar, keyboards, backing and lead (3, 6, 11) vocals
Frank Beard – drums, percussion

samedi 8 avril 2017

I comme...

Dans les I, vous trouverez un peu de tout, mais que de la qualité ! Alors sans plus mettre les point sur qui vous savez, voici la sélection hebdomataire d'un Zornophage for occupé ailleurs... Enjoie !


I comme...
IAN GILLAN BAND "Live at the Budokan" (1978)
Imparfait mais attachant

Sans doute conscient qu'il ferme un chapitre de sa carrière «post-Purple», Ian Gillan sort son premier album live en tant que leader à part entière (et pas en solo, la nuance mérite d'être notée). C'est donc ainsi que se clôt la tentation expérimentale de l'Enfant du Temps qui, faute d'adoubement commercial, se repliera bientôt sur un terrain plus convenu.
A l'origine sorti en deux parties uniquement sur le territoire japonais (en 1977 et 1978) puis en double album vinyl au Royaume Uni en 1983 ou encore dans une première édition cd mondiale en 1989, ce live connut indéniablement un parcours chaotique. Tant et si bien qu'il aura fallu attendre la campagne de rééditions menée par Edsel pour enfin le découvrir dans l'ordre réel du concert et bonussée d'un My Baby Loves Me omis des précédentes éditions.
Enregistré au légendaire Budokan de Tokyo le 22 septembre 1977 (choix pas tout à fait innocent, l'enceinte ayant déjà été témoin d'un enregistrement devenu depuis légendaire, Made in Japan), Live at the Budokan s'assoit majoritairement sur le répertoire des 3 albums du Ian Gillan Band (Child in Time inclus puisque présenté dans une version similaire à celle proposée sur l'album du même nom). Les deux morceaux restants, provenant du répertoire du Pourpre Profond (Smoke on the Water et Woman from Tokyo), y sont joué nettement plus fidèlement et de façon tout à fait convaincante.
Ceux qui connaissent les trois albums studio du Ian Gillan Band ne seront pas surpris d'y retrouver un groupe voyageant sur les frontières du rock progressif, du jazz fusion et du hard rock. Indéniablement, les compositions des trois long-jeux n'étaient pas toujours satisfaisantes mais l'effort de renouvellement était louable, qui plus est, passé au filtre de la sélection live, on s'aperçoit qu'on est tout de même en présence d'un sacré groupe défendant de sacrés bons morceaux et mené par un sacré frontman.
Certes, par rapport aux standards modernes de prise de son, ce Live at the Budokan a des atours digne d'un bootleg d'assez bonne qualité seulement, ça ne surprendra pas les anciens mais risque de contrarier le plaisir de jeunes pousses plus habitués aux rutilantes captations désormais d'actualité. Ceux qui passeront l'obstacle - souhaitons qu'ils soient nombreux - pourront se délecter d'un vocaliste en belle forme accompagné d'un quatuor composé de tout sauf de branquignols qui sait mettre Gillan parfaitement en valeur sur une tracklist pas exempte de défauts mais terriblement attachante.

1. Clear Air Turbulence 12:07
2. My Baby Loves Me 8:11
3. Scarabus 4:56
4. Money Lender 10:52
5. Twin Exhausted 4:37
6. Over The Hill 8:26
7. Mercury High 4:48
8. Child In Time 9:54
9. Smoke On The Water 9:49
10. Woman From Tokyo 4:15

Ian Gillan: chant
Ray Fenwick: guitare, choeurs
John Gustafson: basse, choeurs
Colin Towns: claviers, choeurs
Mark Nauseef: batterie, percussions


I comme...
IL BALLETTO DI BRONZO "Ys" (1972)
Trip progressif à l'italienne

Ils font, avec PFM, Banco del Mutuo Soccorso, New Trolls, Le Orme, Museo Rosenbach ou Alphataurus, partie de l'explosion progressive italienne initiée par l'énorme succès rencontré par Pawn Hearts de Van der Graaf Generator de l'autre côté des Alpes, virtuoses d'un genre auquel ils se sont récemment initiés (leur cru 70, Sirio 2222 ne l'est que périphériquement), voici Il Balletto di Bronzo et leur chef d'oeuvre, Ys.
Factuellement, c'est d'un concept album dont il s'agit décrivant l'incroyable voyage et disparition du dernier homme sur terre, pourquoi pas. Le sel, évidemment, se trouve ailleurs, plus précisément dans la musique des napolitains qui, ayant abandonné le hard rock psychédélique de leur premier opus, se lance corps et âme, avec l'addition d'un claviériste virtuose à la Keith Emerson (Gianni Leone) et l'arrivée d'un nouveau batteur (Gianchi Stringa) dans un symphonic prog échevelé du plus bel effet. Si tout y commence par une voix féminine rêveuse (Daina Dini) enchainant sur un thème d'orgue assez simple servant d'écrin à une mélodie de chant (par Leone cette fois) assez classique, c'est quand un vent de folie souffle sur le quintet et en particulier sur son virtuose claviériste que l'intérêt s'éveille vraiment. Bonheur !, c'est le cas de la quasi-entièreté de la galette où les musiciens accompagnant l'instrumentiste star (Manzani à la basse, Ajello à la guitare et le précité Stringa à la batterie) un peu, si musicalement dans un tout autre contexte, à la manière de la section rythmique de l'Experience accompagnant les délires de son Jimi Hendrix de vedette. L'effet, particulièrement sur les deux mastodontes de l'album, Introduzione et Epilogo, est celui d'une grosse jam plus ou moins organisée mais totalement jouissive où piano, mellotron, moog, celesta et Hammond, Leone quoi !, ne laissent que miettes au reste de l'équipe. Et ça fonctionne ! Parce que tout ça est extrêmement maîtrisé, glorieusement épique et absolument trippant. Plus incroyable encore, Ys résiste au choc d'écoutes répétées et y gagne même en une cohérence qui, honnêtement, peut vous échapper à la primo-écoute d'un machin qui, finalement, se tient tout à fait bien et qui, d'éruptions furieuses en calmes angoissés, sait emporter l'auditeur.
Reste à regretter la trop courte carrière de la formation, qui pliera les gaules après ce monumental effort, et à démettre une reformation en trio avec le seul Gianni Leone en membre originel qui, de toute manière, ne débouchera que sur un live (Trys) pas franchement affolant. Or donc, Il Balletto di Bronzo est un authentique "one album Wonder" mais, vu (ou entendu) l'album, quel album !, on aurait mauvaise grâce de se plaindre parce qu'Ys est tout simplement incontournable.

1. Introduzione 15:11
2. Primo incontro 3:27
3. Secondo incontro 3:06
4. Terzo incontro 4:33
5. Epilogo 11:30
Bonus
6. La tua casa comoda 3:46

Gianni Leone - voice, organ, piano, mellotron, moog synth, celesta
Vito Manzari - bass
Gianchi Stringa - drums
Lino Ajello - guitar
Daina Dini - voice


I comme...
IQ "The Wake" (1985)
Néo-Délice

Si la vague punk avait mis sous l'éteignoir les dinosaures progressifs des années 70, dans les années 80, le genre, pourtant tout sauf à la mode, se refuse obstinément de mourir via quelques talentueux résistants dont IQ, formation britannique participant à la création de ce qu'il est désormais convenu d'appeler le "néo-prog", une anomalie dans l'histoire des musiques populaires, une belle anomalie en vérité.
Comme Marillion, IQ s'inspire largement de Genesis, comme Marillion, IQ possède un vocaliste évoquant le type qu'on entendait dans les années 70 (option Peter Gabriel pour les deux, au moins dans l'esprit, la passion d'interprétation), mais IQ n'est pas Marillion comme on l'entend aisément sur leur 2ème album, The Wake. La différence fondamentale tient dans la volonté de chaque formation de faire avancer, ou non, le schmilblick progressif. Là où les leaders incontesté du genre et leur leader king-size produisent un Misplaced Childhood fermement ancré dans la production de son temps, IQ suit benoîtement la tradition de ses aînés et le fait tellement bien qu'on ne voudrait, en vérité, pas autre chose.
Parce qu'en 7 chansons et une petite cinquantaine de minutes, avec, ce sont les seuls points faibles de la galette, une mise en son un peu plate (le remaster rattrape ça, tout juste) et un batteur un peu trop martial pour être tout à fait convaincant (Paul Cook est un peu le Mick Pointer du groupe, sauf que lui est resté), IQ offre aux amateurs du genre leur dose de doux nectar progressif traditionaliste d'excellente qualité. Evidemment, en se fixant sur l'aspect électrique et théâtral de Genesis, a placé la barre haut, très haut. Mais ces diables s'en sortent remarquablement bien parce que, déjà, leurs compositions, les structures, mélodies et habillages instrumentaux d'icelles fonctionnent admirablement bien, parce que, aussi, IQ a sa propre personnalité malgré l'encombrant et si évident parrainage précité, sans doute la moindre virtuosité, quoique Martin Orford en Banks-bis le fait très bien (écoutez Widow's Peak et ses habits de synthétiseurs variés et théâtraux !), et que, finalement, Mike Holmes est un beau six-cordiste autant inspiré d'Hackett que de Gilmour ou The Edge (ce gout du delay), fut-elle un facteur contribuant à ce particularisme qui fait qu'IQ, au bout du compte, sonne avant tout comme IQ, c'est un compliment. Si la tracklist possède son vrai, énorme, indéniable highlight, le précité Widow's Peak où, jusque dans la performance passionnée d'un Peter Nicholls particulièrement en voix, le groupe explore tous les possibles de son pré-carré dans une composition "à tiroirs" glorieusement réalisée, c'est, globalement un album sans ratage qui s'offre à nous. Allez, pour mégoter on éraflera simplement un Corners où, s'essayant à la "quatre-vingtisation" de son style, une petite boîte à rythme et une montée à la Mama, ne convainc pas vraiment, mais c'est juste pour mégoter parce que c'est vraiment du beau boulot, du prog de compet' !
Quand à l'édition "Deluxe de la mort qui tue" de 2010, l'album augmenté de deux cd de bonus et un DVD offrant live, commentaire de l'album, matériau bonus supplémentaire, n'en jetez plus la coupe est pleine !, c'est un festin ! Un festin qu'on conseillera avant tout aux amateurs hardcore du groupe et de cet album en particulier parce qu'il se compose essentiellement d'un plongée dans le making of de l'aeuvre ce qui pourra rebuter l'auditeur lambda et sa proverbiale petite patience pour ce genre de choses. En gros choisissez votre camp !
Enfin, votre camp pour le choix de l'édition parce que, l'album, ce The Wake qui a survécu à 30 ans de moqueries de ceux qui ont le goût qu'il faut, si vous êtes un tant soit peu intéressé par le rock progressif, et si vous me lisez vous devez l'être !, il vous le faut, c'est ce qu'il est convenu d'appeler un classique, un vrai !

CD 1
2010 Remaster
1. Outer Limits 8:13
2. The Wake 4:11
3. The Magic Roundabout 8:20
4. Corners 6:21
5. Widow's Peak 9:13
6. The Thousand Days 5:12
7. Headlong 7:33

CD 2
Bonus Tracks
1. Outer Limits (Work In Progress Demo) 3:49
2. Outer Limits (Demo) 7:50
3. Outer Limits (Vocal Outtakes) 6:25
4. The Wake (Vocal Outtake) 1:02
5. The Wake (Rough Mix) 4:15
6. The Magic Roundabout (Writing Session) 5:48
7. The Magic Roundabout (Demo) 6:13
8. The Magic Roundabout (Vocal Outtakes) 4:43
9. The Magic Roundabout (Rough Mix) 6:24
10. Corners (Demo) 6:01
11. Corners (Vocal Outtake) 3:39
12. Corners (7" Single Remix) 4:06

CD 3
Bonus Tracks
1. Widow's Peak (First Live Performance) 5:46
2. Widow's Peak (BBC Friday Rock Show Session) 8:51
3. Widow's Peak (Vocal Outtakes) 3:23
4. Widow's Peak (Alternative Mix) 9:14
5. The Thousand Days (Writing Session) 5:11
6. The Thousand Days (Demo, Early Take) 3:58
7. The Thousand Days (Rough Mix) 3:58
8. Headlong (Work In Progress Demo) 3:45
9. Headlong (First Complete Run-Through) 6:37
10. Headlong (Vocal Outtake) 2:25
11. Headlong (Vocal Outtake) 1:54
12. Headlong (Rough Mix) 6:34

Paul Cook - drums and percussion
Tim Esau - bass guitar
Mike Holmes - guitars and sitar
Peter Nicholls - vocals and tambourine
Martin Orford - flute, keyboards and backing vocals


I comme...
IRON AND WINE "Kiss Each Other Clean" (2011)
Barbe à Trucs

Si Sam Beam et son Iron and Wine étaient connus pour une folk désossée et plutôt lugubre (quoique pas sans ses salvatrices éclaircies), la mue "hi-fi" entamée avec le prédécesseur du présent (The Shepherd's Dog) est ici pérénisée sur tout un album, le d'ailleurs très réussi Kiss Each Other Clean. Pas, ceci dit, que Mister Beam ait pour autant découvert la recette du bonheur universel, sa musique reste indéniablement habitée d'une noirceur dont on ne voudrait d'ailleurs pas le voir se départir totalement, juste que cette fois-ci les petit plats ont été mis dans grands et la déco notoirement modernisée. C'est ainsi qu'Iron and Wine nous offre un album d'indie pop/rock raffiné où des éléments électroniques, des chœurs délicats et, plus généralement, l'intervention de nombreux invités venu porter, chacun, leur petite pierre à l'ambitieux édifice qui tout en restant absolument typique des thèmes et de la faconde mélodique de son auteur sait trouver de nouvelles pistes dans une carrière qui commençait à tourner en rond. Hélas, Beam ne se tiendra pas à ces excellentes dispositions et préfèrera, dès l'album suivant (Ghost on Ghost) revenir à une mise en forme plus académique. Reste donc deux albums dont Kiss Each Other Clean, une galette sans la moindre fausse note, est le plus réussi de ce diable de barbu qui, quand il veut... Chaudement recommandé évidemment.

1. Walking Far from Home 4:47
2. Me and Lazarus 3:03
3. Tree by the River 3:58
4. Monkeys Uptown 3:48
5. Half Moon 3:16
6. Rabbit Will Run 5:30
7. Godless Brother in Love 3:50
8. Big Burned Hand 4:12
9. Glad Man Singing 4:40
10. Your Fake Name Is Good Enough for Me 7:01

Sam Beam
&
Joe Adamick, Justin Amelsch, Thomas Bartlett, Jim Becker, Stuart Bogie, Rob Burger, Tim Coffman, Brian Deck, Nate Lepine, Matt Lux, Ben Massarella, Sarah Simpson, Chad Taylor


I comme...
IRON MAIDEN "Somewhere in Time" (1986)
Maiden FM ?

Comme Judas Priest qui se lança, quelques mois plus tôt, corps et âme et sans filet dans une pop metal qu'on n'attendait pas, Iron Maiden change en partie son approche sonique en 1986 mais, fondamentalement, reste bel et bien l'Iron Maiden que nous connaissons. Et même le Iron Maiden que nous allons apprendre à connaître, où les synthétiseurs ne sont plus un gros mot mais une addition intéressante au panorama heavy metal progressif développé par le groupe. Alors, certes, il y a le single, excellent eu demeurant, peut-être la toute meilleure réalisation d'Iron Maiden dans l'exercice en fait, ce Wasted Years composé par le guitariste Adrian Smith (ceci expliquant probablement cela), qui rapprocherait la Vierge de Fer des choix radio-compatibles de leur collègues précités mais comme, avec ces satanées guitare-synthés qui furent fraichement reçue par les plus puristes qui craignirent le pire, et qui pour la plupart on depuis changé d'avis, c'est la seule concession, si c'en est une, à un mercantilisme tout sauf évident, on est loin de la conversion au dieu MTV dans laquelle certains versèrent franchement (Def Leppard, Saxon, Tygers of Pan Tang... c'était une épidémie !). De fait, du chant immédiatement reconnaissable de Bruce Dickinson, de la basse toujours galopante de Steve Harris, de ces doubles guitares si absolument typiques et évidemment présentes, et du jeu nerveux et précis d'un batteur refusant encore et toujours de céder aux sirènes de la double grosse caisse (on l'en remercie), Iron Maiden enquille les habitudes et nous sert, une fois de plus et ce n'est pas prêt de changer, un pur album de Heavy Metal comme eux seuls en son capables. Et comme l'inspiration est belle et bien au rendez-vous (seul Déjà-Vu, rituelle virgule créative du peu prolifique Dave Murray, ici avec Harris, est un peu en-deçà mais demeure plus que correcte) que toutes les "cases" de ce qu'un fan attend de son groupe préféré sont dûment cochées (du morceau épique et bastonnant d'ouverture, Caught Somewhere in Time au titre heavy progressif de conclusion, Alexander the Great, en passant par la chanson hymne qui fera bien sur scène, Heaven Can Wait et ses ho-ho-ho à reprendre en chœur), que la production une fois de plus confiée au fidèle Martin Birch assaisonne parfaitement le velouté, on applaudit la performance chaudement. Pour la petite histoire, on notera la totale absence de Bruce dans les compositions, ce qu'il proposa ayant été jugé incompatible avec Iron Maiden selon le bassiste/leader, fait sans doute pas étranger de la parution, quelques années plus tard, d'un album solo récréation (Tattooed Millionaire) et à son retrait de quelques années conséquemment, et c'est bien le seul grain de sable à trouver dans la belle machine d'un Iron Maiden encore au sommet de son art. Un classique.

1. Caught Somewhere in Time 7:22
2. Wasted Years 5:06
3. Sea of Madness 5:42
4. Heaven Can Wait 7:24
5. The Loneliness of the Long Distance Runner 6:31
6. Stranger in a Strange Land 5:43
7. Deja-Vu 4:55
8. Alexander the Great 8:35

Bruce Dickinson - vocals
Dave Murray - guitar, guitar synthesiser
Adrian Smith - guitar, guitar synthesiser, backing vocals
Steve Harris - bass guitar, bass synthesiser
Nicko McBrain - drums


I comme...
ISAACS, GREGORY "Cool Ruler" (1978)
Love Reggae

Un des créateurs du Lovers Rock, le reggae de l'amour pour résumer, Gregory Isaacs avait la voix de velours qui correspondait au riddims soyeux et aux paroles sexy qu'il chantait.
Cool Ruler, son 6ème album, est une démonstration du plus smooth et du plus sexy reggae des 70s, un machin à se trémousser sous les cocotiers avec sa chacune avec de vilaines idées en tête.
Ceci dit, le reggae de Gregory va au-delà de l'obsession sexuelle (on est pas chez Franky Vincent, que diable), avec quelques textes résistants et revendicateurs (John Public, Party in the Slum, Word of the Farmer) mais toujours avec la cool attitude d'une voix chaude et habitée. Quand on constate, en plus, qu'il est servi par la crème des sessionmen reggae de l'époque et a été enregistré au légendaire Channel One Studio, tout doute sur l'excellence de la chose s'envole.
Gregory Isaacs rules, mais cool parce que le soleil brille, que les filles sont belles, que jah a fourni ses petites herbes... Plus jouisseur que rastafari combattant sans être détaché du monde pour autant, Isaacs a du cœur à revendre et l'offre généreusement sur ce très réussi, son meilleur en fait, long-jeu. Recommandé !

1. Native Woman 3:02
2. John Public 3:06
3. Party in the Slum 3:26
4. Uncle Joe 3:50
5. World of the Farmer 4:08
6. One More Time 3:14
7. Let's Dance 2:56
8. Don't Pity Me 2:22
9. Created by the Father 2:31
10. Raving Tonight 3:57

Gregory Isaacs - Vocals
The Heptones - Backing Vocals
The Revolutionaries - Backing Band
Sly Dunbar - drums
Robbie Shakespeare, Ernest Wilson - bass
Eric "Bingy Bunny" Lamont, Earl "Chinna" Smith, Ranchie McLean - guitar
Ansel Collins - Keyboards
Bobby Ellis, Tommy McCook, Herman Marquis - Horns


I comme...
ISRAELITE, KOBY "King Papaya" (2009)
La bonne fusion du cousin Koby

J'avais découvert Koby Israelite à l'occasion d'un Book of Angels, fameuse série d'albums où John Zorn invite d'autres à jouer, ré-imaginer sa musique, composée pour l'occasion. Il s'y était illustré avec un volume (Orobas, le 4) où il faisait déjà le multi-instrumentiste fou, tout comme sur les deux albums qu'il avait déjà sorti sur Tzadik, le label de Zorn, tous des acquisitions recommandées. Koby a donc les "credentials", tant de compositeur que d'instrumentiste, pour entreprendre des projets ambitieux... Comme ce King Papaya.
Présentement, dans une nouvelle crèmerie (Circus Mayhem) avant de vite retourner chez Tzadik après ce "one shot", et simplement joint de trois invités pour une apparition chacun et par Yaron Stavi à la basse (instrument dont il doit pourtant pouvoir jouer, c'est pas sorcier ! Un petit coup de mou ou le bassiste est un pote ?), Koby contrôle tout, jusque la production. Et il s'en donne à cœur joie !
De fait, pour Mr. Israelite, la définition de la fusion est simple : tout ce qui me passe par la tête, tout ce que j'aime, tout ce que je sais faire, je le fais ! On y retrouve donc, pêlemêles comme imbriqués, jazz, klezmer, funk, rock, metal, tango, musique de film, des Balkans, etc., parce que la limite, ici, est clairement l'imagination du concepteur de l'œuvre et qu'icelle est particulièrement étendue. Le résultat en est tourbillonnant, mélodique toujours, plan-plan jamais ! Bien sûr, quelques mauvais esprits iront dire que ça part dans tous les sens, manque de cohérence... Vraiment ? Pourtant les enchainement ne crissent jamais, les retournements surprennent mais toujours dans le bon sens du terme et, surtout !, cette musique chamarrée et multiple ne manque ni d'humour ni d'esprit ! Et puis, vous en connaissez beaucoup des mecs qui passent avec une aise aussi déconcertante d'Astor Piazzolla à Ennio Morricone, de Metallica à John Zorn, et parfois mixe le tout en un improbable et vibrante fusion qui n'appartien qu'à lui? Pas moi, enfin, pas beaucoup, et je veux bien les noms, au fait.
Foutraque, rigolo, spirituel, émouvant, King Papaya a toutes ces qualités et quelques autres encore. Et vous hésitez ? Mécréants ! Foncez, vous dis-je, foncez !, Koby vous remboursera au centuple. Le roi de la Papaye ? C'est Mister Israelite, bien sûr !(...)

1. Overture 2:42
2. The King's Laughter 4:37
3. Peardition Girls 4:22
4. Word Travels Fast 2:26
5. The Moroser 4:07
6. Still Laughing 0:27
7. Circus Mayhem 4:27
8. Bald Patch 2:41
9. A Band of Gypsies 4:16
10. Hell's Kitchen 1:26
11. Arrival of the Telepather 2:15
12. Into the Subconscious 1:43
13. Meeting an Angel 3:57
14. Jacky Jones 1:24
15. Last Laugh 0:52
16. Molly's Sacrifice 4:06
17. The Saddest Joke Ever 5:23

Koby Israelite: accordion, drums, piano, keyboards, guitar, bouzouki, clarinet, duduk, indian banjo, vocals
Yaron Stavi : acoustic and electric bass
&
Lucy Randell: vocals (14)
Charlotte Burke: vocals (3)
John Telfer: baritone saxophone (15)


dimanche 9 octobre 2016

L’Automne Mange-Disques - 7 Introductions

7 introductions pour ouvrir les oreilles sur le monde, celui qui va du passé au présent, de l'orient à l'occident, du contemplatif au festif, du savant au profane... 7 introductions via 7 compilations pour un bonheur qui va durer. Enjoie !

DiMaNCHe
Various Artists "Minimalistes" (1990)
ou "Peu(t) Beaucoup"

Une merveille de petite compilation permettant de faire connaissance avec quelques uns des plus fiers représentants de la musique classique contemporaine nord-américaine (et même presque exclusivement new-yorkaise, présentement) dans ce qu'elle a de plus retenu ? C'est Minimalistes de chez Virgin Classics, et c'est vachement bien. Vachement bien parce qu'avec, l'air de rien, une sélection extrêmement maline, les standards de chacun essentiellement, mais pas totalement convenue non plus, l'addition du nettement moins connu The Frontier de Dave Heath est la bienvenue, c'est à un court mais bien pensé tour d'horizon auquel nous avons affaire, avec donc une musique qui, pour assimilée à l'avant-garde qu'elle soit, n'en est pas moins mélodique et abordable. Au bout de l'expérience, de John Adams à Philip Glass en passant par Steve Reich, on n'aura qu'une envie, explorer plus avant ces univers différents aux promesses auditives infinies. Bref, dans le genre "...for Dummies" (à ne surtout pas conseiller aux experts !), voici une compilation qui se pose un peu là, et une expérience par conséquent fort recommandée.

John Adams "Shaker Loops"
1. Shaking And Trembling 7:59
2. Hymning Slews 5:22
3. Loops And Verses 7:52
4. A Final Shaking 3:42
Philip Glass "Façades"
5. Façades 7:48
Steve Reich  "Eight Lines"
6. Eight Lines 17:56
Philip Glass "Company"
7. Movement 1 2:36
8. Movement 2 1:53
9. Movement 3 1:58
10. Movement 4 2:30
Dave Heath "The Frontier"
11. The Frontier 8:13

PHILIP GLASS

LuNDi
Various Artists "Anthology of Indian Classical Music, a Tribute to Alain Daniélou" (1997)
ou "Visions of India"

Sortie à l'origine en 1962 (premier disque de musique indienne largement disponible en occident d'ailleurs), consciencieusement rééditée en 1997 avec un nouvel artwork et un livret actualisé mais aujourd'hui hélas difficilement trouvable, l'Anthologie de la Musique Classique de l'Inde, comme son patronage par l'Unesco l'indique, est une collection audio/anthropologique toujours aussi nécessaire à l'amateur de sons non-corrompus par une vile occidentalisation. Et tout ça grâce à un homme, Alain Daniélou (wikipédiez !, un parcours assez incroyable), qui, par sa passion et son expertise convainquit la maison précitée de financer la captation et la publication d'un témoignage viscéralement vrai. Un témoignage (dans la réédition de 1997 au moins) qui se déroule géographiquement permettant à l'auditeur, qui ne manquera pas de suivre le passionnant livret comme le compagnon qu'il est, d'apprécier les nuances et particularismes des instrumentistes chaque région mais aussi le gros tronc commun qui les unissent. Évidemment, dans le cercle des spécialistes des musiques du monde, cette Anthologie de la Musique Classique de l'Inde (notez le "classique" au passage, le parallèle avec son équivalent occidental n'est pas là par hasard) est avant tout connue pour avoir proposé les toutes premières apparitions de celui qui deviendra le Ponte des musiciens du sous-continent, Ravi Shankar, mais, vraiment, même si c'est par fois un peu rude parce que roots de chez roots, c'est l'entièreté de ces trois galettes qu'on recommande, recueil précieux d'une musique aujourd'hui en voie de disparition depuis que les mac machins, les big trucs et autres sodas mondialisés sont venus tout gâcher...

CD 1
NORTH
1. Le Mode Bhairavi (Raghunath Prasanna, Durga Prasanna, Katvaru Lal) 3:17
2. Khyal (Mohin Ud Din Dagar, Amin Ud Din Dagar) 6:24
3. Le Mode Ahiri-Lalita (Ravi Shankar) 5:40
4. Le Mode Malkosh (Mishra Shyam Lal & D.K. Chatterji) 5:56
5. Le Mode Todî (Narayan Das Mishra & Mishra Shyam Lal) 3:39
6. Gat (Svami D.R. Parvatikar) 3:12
7. Tabla Solo (Chaturial) 3:26
8. Sitar, Sarode Et Tabla (Ravi Shankar, Ali Akbar Khan & Chaturial) 13:51
9. Alap (Mohin Ud Din Dagar & Amin Ud Din Dagar) 3:49
10. Le Mode Sindhi-Bhairavi (Ali Akbar Khan) 5:01

CD 2
1. Thumri (Raghunath Prasanna & Motilal) 3:21
2. Svara Mandala (Svami D.R. Parvatikar) 3:10
3. Bhajana (Nandan Prasad & Mishra Shyam Lal) 5:57
4. Le Mode Suha Kamode (Svami D.R. Parvatikar) 12:42
SOUTH
5. Jatisvaram (Bala Sarasvati Orchestra) 4:01
6. Alapana (P.R. Balasubrahmanyam) 2:30
7. Alapana (K.S. Pichiappa, K.M. Dakshinamurti, T. Subrahmanya Pillai & Muthu Kumaram) 3:18
8. Kriti (Kamala Krishnamurti) 5:00
9. Tirmana (K. Ganeshan) 0:59
10. Le Mode Varali (D. K. Pattammal, Tiruvallur Subrahmanyam, Palghat Kunjumani & Shiva Pattamal) 9:48
11. Ganesha Kumara (Budalur Krishnamurti Shastri, Varahur Muthusvami Aiyar & Tinniyam Venkatarama Aiyar) 4:34

CD 3
1. Pallavi (Mudi Kondan C. Venkatarama, Vellore Gopalachari, M. Chandrasekaran & Karaikudi Mutha) 6:06
2. Javali (T. Viswanathan & T. Ranganathan) 4:03
3. Pallavi (Unknown Artist) 9:02
4. Javali (D. K. Pattammal, Kalyan Krishna Bhagavatar & Karaikudi Muttu Aiyar) 2:52
5. Sdhincene (Kalyan Krishna Bhagavatar, Devakotai Narayana Iyengar & Karaikudi Mutha) 4:57
6. Varnam (Radha Shri Ram Orchestra) 4:00
7. Varnam (S. Vidya) 3:09
8. Varnam (Bala Saravasti Orchestra) 7:17
9. Sandehamunu (T. Viswanathan & T. Ranganathan) 4:49
10. Ninyako (Tiruvallur Subrahmanyam, D. K. Pattammal, Palghat Kunjumani & Shiva Pattamal) 4:25
11. Solo De Mridangam (Muthu Kumaram) 3:34
12. Jnana Vinayakané (Radha Shri Ram Orchestra) 1:42

ALAIN DANIELOU

MaRDi
Various Artists "Romania: Wild Sounds from Transylvania, Wallachia & Moldavia" (1997)
ou "Funfare!"

Ne vous laissez pas méprendre par le côté presque miséreux, un poil caricatural sans doute, d'une pochette pas franchement très engageante, Romania: Wild Sounds from Transylvania, Wallachia et Moldavia, au titre aussi vendeur que son emballage, donc, est une affaire festive et "emportante" comme on n'en croise pas si souvent. Présentement, c'est une folie de cuivres (forcément !), de violons, d'accordéons, de glockenspiel (etc.) qui vous entraine dans une folle sarabande où des thèmes relativement simples sont déclinés avec une énergie et un entrain tout à fait communicatif. Et donc, avec les plus belles fanfares Roms, dont évidemment le Taraf de Haiduks stars absolus du genre repérés initialement dans le Latcho Drom de Tony Gatlif, c'est à un magistral défilé d'une musique où la joie affichée cache souvent des larmes rentrées, être Rom ce n'est pas une sinécure, que nous sommes conviés, et à une exploration dont un livret bien fichu permettra à l'auditeur/lecteur d'en savoir un peu plus sur le contexte, les origines, etc. En un mot ? Recommandé !

1. Constantin Gherghina "Doină De Pe Valea Cernei" 3:02
2. Florea Pascu "Ca Pe Luncă / Brîu" 3:37
3. Florea Pascu "Corbea" 2:23
4. Ion Lăceanu "Cine Trece Pe Cîmpie" 1:35
5. Ion Lăceanu "Brîu" 1:20
6. Ion Lăceanu "Doină" 2:59
7. Dumitru Farcaș "Sîmbra Oilor" 5:21
8. Taraf Hodac "Joc Bătuta Lui Crăciun" 2:43
9. Taraf Hodac "Joc De Botă" 2:35
10. Taraf Mociu "Horea Oilor" 3:34
11. Taraf Mociu "Joc Țigănesc Și Învîrtită" 3:08
12. Ioan Marches & Florian Dumea "Polca De Învîrtit" 1:40
13. Nicolae Nemeș-Munteanu "Ardeleană De Doi" 1:30
14. Mărioara Muț "Nu-i Motru Că Știu Cînta" 4:00
15. Andrei Popa "Hora Secerii" 1:31
16. Lucretia Hort "Hora Păcurarului" 3:09
17. Ensemble Tulnicarese "Șipotul / Zdîrnăita In Doi / Rogojana" 1:43
18. Taraf de Haiduks "Sus La Paru Dintre Vii" 3:57
19. Taraf de Haiduks "Turcească" 7:07
20. Taraf de Haiduks "Rînd De Hore" 7:36
21. Fanfare Ciocarlia "Hora De La București" 1:48
22. Fanfare Ciocarlia "Geamparale" 2:14
23. Fanfare Ciocarlia "Ciocarlia" 3:05

TARAF DE HAIDUKS

MeRCReDi
Various Artists "Jazz Manouche Volume 1" (2005)
ou "Djangoisms"

Si six autres volumes suivront, c'est bien cette première levée de la collection de Wagram Music qui est la plus essentielle du lot, le greatest hits d'une série dont on conseillera tout de même l'entièreté à ceux qui se prendront au jeu. Forcément, ce genre de mélange who's who d'un genre, le jazz manouche donc, au spectre, admettons-le, tout de même relativement limité risque vite de tourner en rond. On avouera, présentement, être particulièrement sensible au brassage générationnel, à l'exploration dans le temps permettant à l'auditeur de constater par lui-même l'évolution d'un genre toujours entre rire et larmes, qui swingue mais en ayant conservé les lointains échos d'un folklore est-européen distant cousin jamais tout à fait renié parce que, finalement, ce jazz manouche est un vrai voisin du klezmer ashkénaze ou des élans tziganes des fanfares Roms. Mais, plus précisément, c'est avec Django et son Quintette Du Hot Club De France que tout commence, et tout découle de Django (comme le démontre la présence de sa descendance, d'ailleurs). Et, donc, voici, avec peu de surprises mais un casting all-star, avec surtout plein de bonne musique truffée de guitares et violons particulièrement joueurs, une excellente introduction au genre titulaire honoré par ce Jazz Manouche premier du nom qui a un sacré style. Une invitation qu'il serait idiot de refuser.

CD 1
1. Opus 4 "Django Joue Pour Moi" 4:43
2. Django Reinhardt "I'll See You In My Dreams" 2:30
3. Didier Lockwood "I Got Rythm" 3:18
4. Biréli Lagrène "When Day Is Gone" 4:25
5. Raphaël Fays "Ménilmontant" 3:52
6. Tchavolo Schmitt, Mandino Reinhardt, Sony Reinhardt "Paprika" 3:06
7. Francis-Alfred Moerman "Songe D'automne" 3:57
8. Ninine Garcia "Paquito" 3:15
9. Fapy Lafertin Quintet "Fleur De Lavande" 3:41
10. Romane "Danube" 3:06
11. Moreno Et Marina Quartet "Just A Gigolo" 3:21
12. De Piotto's "Sjüka Tjsai" 3:02
13. Rodolphe Raffalli "Je Me Voyais Déjà" 3:20
14. Martin Weiss Ensemble "Savoir Vivre" 4:15
15. Romane, Stochelo Rosenberg "La Promenade" 4:10

CD 2
1. Sanseverino "Il Suffisait de Presque Rien" 2:25
2. Lollo Meier Quartet "China Boy" 2:41
3. Patrick Saussois, Alma Sinti "Alma Sinti"2:35
4. Paulus Schafer Gipsy Band "After You're Gone" 4:01
5. David Reinhardt "Casting" 4:21
6. Am Katenes "Hans Che'Swing" 2:06
7. Les Doigts de l'Homme "Le Poinçonneur Des Lilas" 5:17
8. Ritary Ensemble "Blue Bossa" 5:57
9. Titi Demeter "Les Yeux Noirs" 2:08
10. Trio Givone "Hunn, o Pati Naschella" 3:49
11. John Jorgenson "Man Of Mystery" 3:40
12. Yorgui Loeffler "Minor Swing" 3:20
13. Hot Club USA "Stompin's at Decca" 3:59
14. Biréli Lagrène "Blues Clair" 2:43
15. Django Reinhardt & Le Quintette Du Hot Club De France "Nuages" 3:14

DJANGO REINHARDT


JeuDi
Various Artists "The Best of Blaxploitation" (2006)
ou "Watch That Groove!"

L'excuse est trop belle !, une anthologique collection de la funk/soul des années 70 (les meilleures !) avec comme prétexte l'utilisation de ses titres dans les divers films Blaxploitation (ou leurs héritiers tardifs). Évidemment, vendue pour une minuscule poignée d'euros, cette triple galette est emballée un peu cheap, une simple petite boites de carton, trois cédés glissés dedans, des livrets à minima, c'est pas l'extase côté présentation et information mais la musique rattrape aisément le coup, et puis à ce prix, impossible de (trop) faire la fine bouche, n'est-ce pas ? Parce que l'essentiel est bel et bien dans cette exquise collection de vrais standards soul/funk des seventies mais aussi d'autres dont on n'identifiait pas forcément les auteurs ou dont on ne connaissait carrément pas l'existence. Évidemment, on ne manquera pas de constater, même si on n'est pas un spécialiste de la chose, quelques gouffres trop béants pour un coffret se voulant le best of de la Blaxploitation. Comment, par exemple, ne pas se surprendre de l'absence d'un Isaac Hayes et de son inusable Theme from Shaft ? Ce vrai défaut mis à part, vouloir venter plus haut que son séant mais pour, répétons-le, un prix réellement modique, The Best of Blaxploitation est une belle collection soul/funk des années 70 qu'on choisira si on n'en a pas trop ailleurs.

CD 1
1. James Brown "The Boss" 3:12
2. Cymande "Brothers On The Slide" 4:10
3. Kool & The Gang "Jungle Boogie" 3:04
4. Marvin Gaye "'T' Plays It Cool" 4:28
5. Curtis Mayfield "Freddie's Dead" 5:25
6. Syl Johnson "Different Strokes" 2:22
7. Lightnin' Rod "Sport" 2:36
8. The Last Poets "It's A Trip" 4:46
9. The Politicians Feat. McKinley Jackson "The World We Live In" 4:20
10. Ike Turner's Kings Of Rhythm "Funky Mule" 3:22
11. Joe Tex "I Gotcha" 2:14
12. Mavis Staples "Chocolate City" 5:16
13. Pee Wee Ellis "Moonwalk" 2:44
14. The Meters "Tippi Toes" 2:27
15. Gil Scott-Heron Ft. Brian Jackson "Back Home" 2:52

CD 2
1. Curtis Mayfield "Superfly" 3:56
2. Eddie Kendricks "My People...Hold On" 5:38
3. The Temptations "Papa Was A Rollin' Stone" 5:10
4. Aaron Neville "Hercules" 4:14
5. Cymande "Bra" 5:06
6. The Notations "Super People" 3:47
7. Maceo & All The King's Men "Thank You For Letting Me Be Myself Again" 6:18
8. Johnny Pate "Brother On The Run" 1:58
9. Syl Johnson "Concrete Reservation" 2:26
10. Ohio Players "It's A Cryin' Shame" 2:22
11. The Rimshots "Neighbour! Get Your Own" 2:55
12. Maceo & All The King's Men "(I Remember) Mr. Banks" 5:28
13. Ripple "Get Off" 3:20
14. The Meters "Funky Miracle" 2:28
15. Lee Dorsey "Yes We Can Can" 4:49

CD 3
1. The Last Poets "When The Revolution Comes" 2:29
2. Gil Scott-Heron Ft. Brian Jackson "The Bottle" 5:14
3. Curtis Mayfield "Move On Up (Live)" 3:02
4. Sir Joe Quarterman & Free Soul "I've Got So Much Trouble In My Mind" 6:17
5. The Whatnauts "Why Can't People Be Colors Too?" 4:52
6. Ripple "A Funky Song" 3:20
7. Mickey Murray "Mama's Got The Wagon" 2:42
8. Alvin Cash "Doin' The Ali Shuffle" 2:59
9. Sir Joe Quarterman & Free Soul "Give Me Back My Freedom" 3:31
10. Ike & Tina Turner "Livin' For The City" 3:32
11. Ohio Players "Cold, Cold World" 3:45
12. Pee Wee Ellis "That Thang" 2:46
13. Moody Scott "(We Gotta) Bust Out Of The Ghetto" 6:14
14. Backyard Heavies "Soul Junction" 3:03
15. Leroy Hutson "Cool Out" 2:57

CURTIS MAYFIELD


VeNDReDi
Various Artists "Klezmer Music" (2007)
ou "Go East!"

Avec un joli line-up ceci dit tout sauf exhaustif (pas la moindre trace du label Tzadik de John Zorn pourtant une des toutes premières forces du sujet de la présente compilation par exemple), le Klezmer Music de la maison Wagram est un objet un peu cheap (livret, présentation générale, etc.) qui vaut surtout pour la musique qu'elle contient ce qui, admettons-le, est tout de même l'essentiel. Présentement découpé avec une option géographique pour chaque cd, le premier pour l'Amérique, le second pour l'Europe, la collection montre une forte inclinaison pour le versant contemporain du Klezmer, cette musique traditionnelle ashkénaze qui, souvent instrumentale, a fini par glisser vers le jazz comme exemplifié ici par un Frank London ou un David Krakauer (qui y ajoute même l'option hip-hop avec son pote Socalled !), le rock ou même l'electro. Heureusement, ce volet moderniste n'est pas l'exclusive proposition d'une collection explorant, outre l'avant-gardisme laissé donc de côté, toutes les nuances de la galaxie Klezmer via quelques une de ses plus belles formations. Bref, "à pas cher" une collection un peu sommairement présentée mais musicalement substantielle... ça ne se refuse pas, pardi !

CD 1 - Amérique
1. The Austin Klezmorim "Birobidjan" 4:19
2. The Epstein Brothers Orchestra "Hora And Sirba" 5:00
3. Sam Musiker "Sam Shpielt" 2:45
4. Joel Rubin Jewish Music Ensemble "Tsu Der Khupe Geyn (Going To The Wedding Canopy)" 7:05
5. The Klezmorim "Papirosn" 3:21
6. The Klezmatics "Nign" 3:30
7. Alicia Svigals "Kallarash" 2:47
8. Matt Dariau & Paradox Trio "Theo's Gambit" 9:41
9. David Krakauer & Socalled With Klezmer Madness! "Gypsy Bulgar (Live In Krakow)" 5:35
10. Sophie Solomon "Pin Pricks & Gravy Stains" 2:31
11. David Krakauer & Socalled "The Electric Sher" 3:53
12. Frank London's Klezmer Brass Allstars "Imayel Ya Khail" 2:59
13. So Called "Let's Get Wet" 3:18
14. Sophie Solomon & So-Called "Hassidish" 3:04
15. Brave Old World "Yikhes/Vinter 1942" 5:57

CD 2 - Europe
1. Budapest Klezmer Band "Le Chajem Rebe" 4:13
2. Amsterdam Klezmer Band "Immigrant Song [Remixed By Yuriy Gurzhy]" 3:01
3. Odessa Klezmer Band "A Fidulás Zsidó" 2:31
4. Aufwind "In Shteti Nikolajew" 4:13
5. Orchestra Of Tiszakóród "Szol A Kakas" 1:49
6. Di Gojim "Odessa Bulgar" 2:18
7. Constantin Lupu "Sapte Pasi" 0:55
8. The Ukrainian Brass Band From Vinnitsa "Freilik" 3:09
9. Salomon Klezmorim "Russian Memories" 4:26
10. Ensemble Kasbek "Oy Piydu Ya" 3:59
11. Rotfront Feat. L. Soybelman "Die Roboter" 4:35
12. Boom Pam "Gross" 4:48
13. Klezmer Sefardi "Miserlou" 4:30
14. Dobranotch "Dobryden" 5:35
15. Chava Alberstein "Guter Zikorn/Good Memory" 3:41

DAVID KRAKAUER

SaMeDi
Various Artists "Baroques Treasures" (2012)
ou "Baroque for Dummies"

Forcément destinés aux newbies (quoique son troisième disque élargisse nettement le spectre), Baroque Treasures est de ces compilations qui n'hésitent jamais à enfoncer un porte ouverte. Ainsi y retrouve-t'on les plus grand hits de la musique baroque avec du Vivaldi et du Bach en veux-tu en voilà, le Canon de Pachelbel (parce qu'on ne pouvait pas faire sans), et quelques pièces ô combien référentielles d'Handel ou de Purcell... Sans surprise. Mais donc, il y a ce troisième cd sur lequel la (bonne) maison Erato explore le versant "d'chez nous" du baroque, un chemin notoirement moins souvent suivi par ce genre de collection et une excellente idée en vérité qui fait de ce qui n'aurait sinon été qu'un best of convenu devient un outil de découverte plus qu'utile à toutes celles et tous ceux souhaitant éventuellement l'user comme d'une primo-exploration de l'époque (de 1600 à 1750, approximativement). Et "à pas cher" qui plus est ! Aussi n'y-a-t'il pas plus à hésiter pour recommander aux nouveaux venus (j'insiste) ce Baroque Treasures un poil plus substantiel que ses équivalents disponibles et son postulat de base ne l'aurait laisser penser.

CD 1
1. Orfeo (Toccata) - Claudio Monteverdi 1:40
2. Serse (Frondi tenere...Ombra mai fù) - George Frederick Handel 3:06
3. Canon and Gigue in D major - Johann Pachelbel 3:38
4. Gigue - Johann Pachelbel 1:24
5. Gloria in excelsis Deo - Antonio Vivaldi 2:31
6. Three parts upon a Ground - Henry Purcell 5:09
7. Abdelazer, or The Moor's Revenge (Rondeau) - Henry Purcell 1:36
8. Laetatus sum (Psalm 121), RV 607 - Antonio Vivaldi 3:37
9. Concerto No. 1 in E major, RV 269 "Spring" (Four Seasons, Allegro) - Antonio Vivaldi 3:23
10. Concerto No. 1 in E major, RV 269 "Spring" (Four Seasons, Largo e pianissimo) - Antonio Vivaldi 2:35
11. Concerto No. 1 in E major, RV 269 "Spring" (Four Seasons, Danza pastorale (Allegro)) - Antonio Vivaldi 4:01
12. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Largo) - Antonio Vivaldi 1:32
13. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Presto (Fantasmi)) - Antonio Vivaldi 1:43
14. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Presto) - Antonio Vivaldi 1:00
15. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Largo (Il sonno)) - Antonio Vivaldi 1:41
16. Concerto in G minor for Flute and Strings, Op. 10 No. 2, RV 439, "La notte" (Allegro) - Antonio Vivaldi 2:15
17. Cantata "Wir danken dir, Gott, wir danken dir", BWV 29 (Sinfonia) - Johann Sebastian Bach - 3:40
18. Cantata "Herz und Mund und Tat und Leben", BWV 147 (Choral "Jesu bleibet meine Freude" (Jesu, joy of man's desiring)) - Johann Sebastian Bach 2:17
19. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068 (Air) - Johann Sebastian Bach 4:06
20. Orchestral Suite No. 2 in B minor, BWV 1067 (Menuet) - Johann Sebastian Bach 1:18
21. Orchestral Suite No. 2 in B minor, BWV 1067 (Badinerie) - Johann Sebastian Bach 1:26
22. Brandenburg Concerto No. 2 in F major, BWV 1047 (Allegro) - Johann Sebastian Bach 4:55
23. Brandenburg Concerto No. 2 in F major, BWV 1047 (Andante) - Johann Sebastian Bach 3:23
24. Brandenburg Concerto No. 2 in F major, BWV 1047 (Allegro assai) - Johann Sebastian Bach 2:51
25. Solomon, HWV 67 (The Arrival of the Queen of Sheba) - George Frederick Handel 2:49
26. Messiah, HWV 56 (Overture (Grave - Allegro moderato)) - George Frederick Handel 3:36
27. Messiah, HWV 56 (Hallelujah (chorus) - George Frederick Handel 3:57

CD 2
1. Concerto No. 2 in G minor, RV 315, "Summer" (Four Seasons) (Allegro non molto) - Antonio Vivaldi 5:04
2. Concerto No. 2 in G minor, RV 315, "Summer" (Four Seasons) (Adagio) - Antonio Vivaldi 2:12
3. Concerto No. 2 in G minor, RV 315, "Summer" (Four Seasons) (Presto (Tempo impetuso d'Estate)) - Antonio Vivaldi 2:58   
4. Dixit Dominus Domino meo - George Frederick Handel 5:22
5. Sonata pian e forte alla quarta bassa, a 8 (from Sacrae Symphoniae) - Giovanni Gabrieli 5:15
6. Harp Concerto in B flat major, Op.4 No. 6 (Andante - Allegro) - George Frederick Handel 6:05
7. Harp Concerto in B flat major, Op.4 No. 6 (Larghetto) - George Frederick Handel 5:02
8. Harp Concerto in B flat major, Op.4 No. 6 (Allegro moderato) - George Frederick Handel 2:51
9. Miserere a 9 - Gregorio Allegri 13:23
10. Funeral Music for Queen Mary (March) - Henry Purcell 1:42
11. Funeral Music for Queen Mary (Thou knowest, Lord) - Henry Purcell 2:10
12. Funeral Music for Queen Mary (Canzona) - Henry Purcell 2:10
13. L' Incoronazione di Poppea (Pur ti miro) - Claudio Monteverdi 5:43
14. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068    (Gavottes 1 & 2) - Johann Sebastian Bach 4:05
15. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068    (Bourrée) - Johann Sebastian Bach 1:10
16. Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068 (Gigue) - Johann Sebastian Bach 2:31
17. Water Music Suite No. 2 in D major (Overture - Hornpipe) - George Frederick Handel 5:17

CD 3
1. Marche de Triomphe - André Danican Philidor 2:16
2. La Marche des Mousquetaires - André Danican Philidor 1:26
3. Symphonies pour le Festin Royal du Comte d'Artois (Suite in G minor: Contredanse) - André Danican Philidor 3:12
4. Quatrième Concert de simphonies in A major, Op. 4 No. 2 (Chaconne) - Antoine Dauvergne 5:07
5. Prélude pour le Te Deum - Marc-Antoine Charpentier 1:37
6. Messe propre pour les couvents de religieux et religieuses (Offertoire sur les grands jeux) - Louis Couperin 5:02
7. Regina coeli, H 32 - Marc-Antoine Charpentier 2:42
8. Panis Angelicus, C. 131 - Louis-Nicolas Clérambault 3:32
9. Requiem (Introit) - André Campra 3:13
10. In convertendo, motet (Tune repletium est gaudio nostrum) - Jean-Philippe Rameau 3:09
11. La Plainte, ou Tombeau de Mesdemoiselles de Visée, filles de l'auteur - Robert de Visée 4:12
12. Plainte sur la mort de Monsieur Lambert - Dubuisson (Jean Lacquemant) 5:19
13. Troisième Concert (Tambourins 1 et 2) - Jean-Philippe Rameau 2:16
14. Suite in G minor (Plainte (lentement)) - Marin Marais 3:21
15. Le Canal de Versailles (Ouverture) - André Danican Philidor 1:37
16. Isis (Air des trembleurs. L'hiver qui nous tourmente s'obstine à nous geler) - Jean-Baptiste Lully 1:53
17. Les Indes Galantes (Air de Zima: Régnez, plaisirs et jeux) - Jean-Philippe Rameau 3:15
18. Les Indes Galantes (Chaconne) - Jean-Philippe Rameau 5:36
19. Symphonies pour les soupers du Roi (Caprice de Villers-Cotterêts) - Michel-Richard de Lalande 16:10

J.-S. BACH