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dimanche 7 août 2016

L’Été Mange-Disques - 7 Reconversions

Ce n'est pas parce que, toute sa vie, on est parti en Bretagne qu'on ne peut pas opter pour la Côte d'Azur, ou vice-versa. Ben en musique, c'est pareil. On peut passer de l'acoustique à l'électrique, de la pop au disco, du gros keupon au hip-hop le plus irrévérencieux ou à la chanson la plus traditionnelle. En bref, on a le droit de changer d'avis comme va vous le démontrer la sélection ci-dessous. Enjoie !

DiMaNCHe
Bob Dylan "Highway 61 Revisited" (1965)
ou "Electric Revolution"

Le coup d'avant, Bring It All Back Home, avait préparé le terrain mais c'est sur Highway 61 Revisited que Bob Dylan largue largement les amarres avec une scène folk dont il était devenu la principale attraction. Ce changement d'habillage, parce qu'on retrouve bien le songwriting de Dylan, vaudra à Bob les foudres des intégristes folk furieux d'avoir perdu l'uns de leurs plus beaux poulains mais, surtout, les louanges d'un nouveau public compensant largement ceux qui avaient déserté. Parce qu'il faut dire que, sur des bases certes électrisés mais néanmoins traditionalistes (beaucoup de blues et encore pas mal de folk sur l'album), Highway 61 Revisited est une sacrée réussite. Une sacrée réussit qui commence en trombe par un historique Like a Rolling Stone où, de l'orgue d'Al Kooper à la guitare Mike Bloomfield sans évidemment oublier les paroles et la mélodie de chant de Dylan, le nouveau Bob s'affirme avec la même classe qui caractérisait l'ancien. La suite de l'album, qu'elle soit franchement rock (Tombstone Blues, From of Buick 6, Highway 61 Revisited), glisse vers le blues (It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry, Ballad of a Thin Man) ou ne soit, finalement, qu'une relecture électrifiée de ce à quoi Dylan a habitué son auditoire (Queen Jane Approximately, Just Like Tom Thumb's Blues, Desolation Row), constitue le mètre étalon de ce que Bob continuera majoritairement de proposer tout du long de sa longue et productive carrière avec ce petit plus d'inspiration, cet alignement bienvenu des planètes, ce hasard cosmique incontrôlable qui en fait un authentique classique en plus de l'évènement mutateur que l'on sait. Bob confirmera ces nouvelles et excellentes dispositions dès un presque aussi indispensable Blonde on Blonde l'an suivant sans, toutefois, cette fraicheur des premières fois qui caractérise cet Highway 61 Revisited indispensable, c'est le mot.

1. Like a Rolling Stone 6:13
2. Tombstone Blues 6:00
3. It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry 4:09
4. From a Buick 6 3:19
5. Ballad of a Thin Man 5:58
6. Queen Jane Approximately 5:31
7. Highway 61 Revisited 3:30
8. Just Like Tom Thumb's Blues 5:32
9. Desolation Row 11:21

Bob Dylan - vocals, guitar, harmonica, piano, police car
Mike Bloomfield - electric guitar
Charlie McCoy - guitar
Paul Griffin, Al Kooper - piano, organ
Frank Owens - piano
Harvey Brooks, Russ Savakus - bass guitar
Bobby Gregg, Sam Lay - drums

BOB DYLAN

LuNDi
Bee Gees "Main Course" (1975)
ou "Going Disco"

Si les Bee Gees ne s'adonnent pas encore totalement à l'ultime transgression, à la transformation d'un groupe s'inspirant largement des Beatles en rois de la piste de danse, c'est bel et bien sur Main Course, leur déjà treizième album, que le germe est planté. Évidemment, il reste de ces ballades tire-larmes dont les frangins se sont fait la spécialité (Songbird et Country Lanes sont deux beaux exemples de leur absolu savoir-faire en la matière) mais c'est bien dans une triplette de singles aussi groovy qu'irrésistibles (Jive Talkin', Fanny et Nights on Broadway) que réside le sel, la nouveauté mais aussi la future orientation des frères Gibb. Parce qu'ils ont porté autant de soin à ces petites chansons à danser qu'à leurs grands moments pop symphoniques passés (écoutez Odessa), que la combinaison des voix de Barry, Robin et Maurice colle excellemment à ce nouveau son et que, c'est bien connu, l'atmosphère mondiale de crise donne des envies de se secouer pour oublier, les Bee Gees triomphent, au bon moment au bon endroit, il raflent la mise et s'inventent un second souffle. La suite ? Vous la connaissez, Saturday Night Fever et des hits à gogo mais c'est bien là, sur Main Course que tout a commencé, en beauté. Recommandé.

1. Nights on Broadway 4:31
2. Jive Talkin' 3:43
3. Wind of Change 4:54
4. Songbird 3:35
5. Fanny (Be Tender with My Love) 4:02
6. All This Making Love 3:03
7. Country Lanes 3:29
8. Come on Over 3:26
9. Edge of the Universe 5:21
10. Baby As You Turn Away 4:23

Barry Gibb – lead, harmony and backing vocal, rhythm guitar
Robin Gibb – lead, harmony and backing vocal
Maurice Gibb – bass, rhythm and electric guitars,lead, harmony and backing vocal
&
Alan Kendall – lead guitar, steel guitar
Dennis Bryon – drums, percussion
Blue Weaver – pianos, keyboards, synthesizers, clavinet
Joe Farrell – saxophone on "Wind of Change"
Ray Barretto – percussion on "Wind of Change"
Don Brooks – harmonica on "Songbird"
Arif Mardin – orchestral arrangement
Gene Orloff – concertmaster

BEE GEES

MaRDi
Fleetwood Mac "Rumours" (1977)
ou "Elle court, elle court..."

Vendu à plus de 30 millions d'exemplaires, doté de singles imparables entourés de chansons de qualité, Rumours, 11ème album des anglo-américains de Fleetwood Mac (depuis l'arrivée de la doublette Nicks, Buckingham sur leur second éponyme paru deux ans plus tôt) est un triomphe artistique autant que commercial. Pourtant pas un album ayant été enregistré dans des conditions idéales... Parce que les cieux ne sont pas exactement d'un bleu sans nuages dans la formation. Déjà parce que la relation tumultueuse entre Stevie Nicks et Lindsey Buckingham conduit à de nombreuses bisbilles entre les deux amants intermittents qui forment aussi une fameuse équipe de songwriters pas pour rien dans la miraculeuse relance artistique et commerciale de Fleetwood Mac. Ensuite parce que le mariage entre John et Christine McVie (née Perfect, ça ne s'invente pas !) bat sérieusement de l'aile et prendra d'ailleurs bientôt fin, à peine la tournée achevée. Rajoutez à ça le déchainement de paparazzo et de la presse people d'époque qui, à l'odeur du sang, rapplique tel une meute assoiffée, et raconte pas mal de conneries ce qui n'arrange rien. Bref, ce n'est pas la joie, heureusement, au moins !, que tout va bien dans la vie de ce grand fou de Mick Fleetwood ! Tout ceci aurait dû conduire à une galette désastreuse, un brouet infect pourri par les batailles rangées et les désaccords s'il n'y avait eu la farouche volonté de chacun des musiciens de se surpasser et d'offrir les plus belles lettres de leurs plus belles plumes. Le résultat ne se fait pas attendre, porté par une série de singles atteignant tous le Top 10 des charts étasuniens, avec même un Number One (Dreams, signé Stevie Nicks), l'album se vend comme des petits pains à une foule affamée, et décroche même la timbale avec une double première place aux States et dans leur Grande Bretagne "semi-natale" (et une 27ème en France, heu...). Il faut dire que ce rock policé, poppisé ratisse large et ne cherche aucunement à choquer. C'est de "feelgood music" dont il s'agit, un machin léger, ensoleillé, expertement joué et enregistré évidemment et qui, miracle !, détient ce petit supplément d'âme, cette substance qui en fait plus qu'une bête œuvre de passage, plus qu'une simple sucrerie pour les tympans. A l'évidence, toutes ces chansons ont été construites dans le but de flatter l'oreille de l'auditeur avec leur hooks mélodiques bien trouvés, leur harmonies vocales mixtes parfaites, leur flow digne d'une highway désertique (ha ! rouler dans une décapotable vers Monument Valley au son de Dreams !). Que de bonnes chansons en plus, parce que ce Fleetwood Mac sait aussi bien faire dans l'enjoué (l'irrésistible morceau d'ouverture, Second Hand News), dans le rock californien le plus léché et ear-friendly (Dreams évidemment mais aussi les autres mégatubes, Don't Go et Go Your Own Way, et quelques autres titres (aussi réussis) tel étant le principal terrain de chasse de la formation en cette seconde moitié des seventies) que dans les délicatesses arpégées (Never Going Back Again, trop petite merveille produit de la délicieuse imagination de Lyndsey Buckingham) ou pianotées (la jolie ballade Songbird si délicatement interprétée par son auteure, Christine McVie). 12 morceaux, 44 minutes, pas de blablas, que des résultats... Et 30 millions de consommateurs satisfaits (sans compter les pirates !)... Ça en impose ? C'est mérité ! Mais qui dit Deluxe dit bonus et le moins que l'on puisse dire est que la bonne maison Warner Bros n'a pas été avare en matériau de belle qualité. D'abord, il y a le live ou plutôt les lives de multiples sources de la tournée Rumours ayant été assemblées pour l'obtention du résultat de qualité honnête qui vaut surtout parce que, hors bootlegs, aucun live officiel de cette tournée n'était encore paru. Qualité honnête parce qu'avec un son live, les compositions perdent un tout petit peu de leur superbe qui devait beaucoup à la précision de leur enregistrement et de leur production. Pas indigne pour autant, c'est une plaisante expérience d'autant que quelques morceaux plus anciens s'y sont glissés pour le bonheur de tous. Ensuite, et c'est là le vrai essentiel de ce Deluxe, on découvre les archives, les chutes de studio qui, comme à l'accoutumée quand elles sont bien choisies, nous proposent aussi bien quelques bonus intéressants que d'autres nous permettant, furtivement, fugitivement de se croire, petite souris planquée dans un recoin du studio d'enregistrement et goûtant au "work in progress" d'une œuvre désormais légendaire. Un vrai petit bonheur de si belle qualité qu'il ne sera pas forcément exclusivement réservé aux fans qui sont tout de même, bien sûr !, sont cœur de cible (comme on dit). Album intemporel, pilier inaltérable d'un classic rock triomphant, Rumours demeure, plus de trois décennies après sa sortie, une Rolls d'album, un machin simplissime et imparable qu'on a parfois aimé haïr tant il en imposait mais qui, finalement, emporte le morceau, encore plus dans le luxueux remaster Deluxe ici présent. Et si on pressent qu'il eût été possible de soigner encore mieux le son pour se rapprocher du vinyle originel, la qualité est tellement accrue par rapport aux précédentes édition CD qu'on aurait mauvaise grâce à faire la fine bouche au moment d'évidemment recommander l'acquisition et l'écoute répétée à volume respectable de ce monument absolument pas en péril, preuve d'un Fleetwood Mac qui de 1975 à 1979 tutoyait les étoiles.

CD 1: Album
1. Second Hand News 2:56
2. Dreams 4:17
3. Never Going Back Again 2:14
4. Don't Stop 3:13
5. Go Your Own Way 3:43
6. Songbird 3:20
7. The Chain 4:30
8. You Make Loving Fun 3:36
9. I Don't Want to Know 3:16
10. Oh Daddy 3:56
11. Gold Dust Woman 4:59
12. Silver Springs 4:48

CD 2: Live 77, "Rumours" World Tour
1. Intro :48
2. Monday Morning 2:38
3. Dreams 4:07
4. Don't Stop 3:51
5. The Chain 5:40
6. Oh Daddy 4:47
7. Rhiannon 7:55
8. Never Going Back Again 2:20
9. Gold Dust Woman 7:03
10. World Turning 7:31
11. Go Your Own Way 4:54
12. Songbird 4:00

CD 3: More from the Recording Sessions
1. Second hand news early take) 2:26
2. Dreams (take 2) 5:35
3. Never Going Back Again (acoustic duet) 2:19
4. Go Your Own Way (early take) 4:04
5. Songbird (demo) 4:33
6. I Don't Want to Know (instrumental, take 10) 4:23
7. Keep Me There (early take) 3:42
8. The Chain (instrumental) 5:14
9. Keep Me There (demo) 5:29
10. Gold Dust Woman (with vocal) 4:18
11. Oh Daddy (early take) 5:25
12. Silver Springs (early take) 3:48
13. Planets of the Universe (early take) 5:31
14. Doesn't Anything Last (demo) 4:28
15. Never Going Back Again (acoustic duet) 1:03
16. Never Going Back Again (instrumental) 2:36

Lindsey Buckingham - guitars, banjo, dobro, percussion, vocals
Stevie Nicks - vocals, tambourine
Christine McVie - keyboards, piano, Hammond organ, clavinet, vocals
John McVie - bass guitar
Mick Fleetwood - drums, percussion, harpsichord

FLEETWOOD MAC

MeRCReDi
XTC "English Settlement" (1982)
ou "Pop Ecstasy"

Le premier chef d'œuvre de XTC ? C'est bien possible parce qu'avec English Settlement la formation poursuit sa mue et, même, l'accélère se rapprochant de ce fait de la plus britannique des formations des années 60, les Kinks, sans pour autant perdre la personnalité naissante qu'on avait apprécié sur Drums & Wires et Black Sea. Pour certains, l'album va trop loin, souffre des maux dont souvent sont atteints les doubles albums, cette manie 70s qu'on aurait cru oubliée, que, du coup, il y a tout de même un peu de remplissage notamment au rayon des morceaux un peu bizarres. Ces pleutres ne comprennent simplement pas l'art du combo qui, toujours, et présentement très bien, s'est ménagé quelques espaces pour de prospectifs délires. Qui plus est, si d'un double il s'agit en effet, il ne comporte que 15 chansons et ne s'éparpille donc pas trop. Côté étrangetés, pour l'exemple, on citera les deux saillies d'influence africaine, pas loin des Talking Heads de Remain in Light que sont Melt the Guns et It's Nearly Africa, toutes deux excellentes, ou deux morceaux sautillants à souhait perdus vers la fin de l'opus (Fly on the Wall, Down in the Cockpit). Sinon, entre post new-wave en apesanteur et "grand-bretonnité" de plus en plus confortablement assumée et savoureuse (Partridge en relève de Ray Davies, c'est évident !), le groupe étend le registre qu'on lui connaissait avec finesse et intelligence. Et, bien sûr, il y a la production de Hugh Padgham, qui succède présentement à Steve Lillywhite, qui, précise et rouée, sait parfaitement mettre en valeur chacun des aspects d'un répertoire stylistiquement riche et varié. English Settlement est aussi le dernier album de XTC conçu pour la scène, le dernier avant que Partridge ne craque psychologiquement et que le groupe se retire de toute activité publique pour se concentrer sur ses travaux studio, comme les Beatles mais pour d'autres raisons donc. En ces débuts d'années 80, Deux groupes issus de la vague punk, même si pas se la même, dominent la portion créative du rock mondial : les américains des Talking Heads qui restent sur un historique Remain in Light et, évidemment !, XTC qui, avec English Settlement, sortent leur premier chef d'œuvre et démontrent qu'il faudra compter avec eux, ce que le futur a indéniablement confirmé.

1. Runaways 4:34
2. Ball and Chain 4:32
3. Senses Working Overtime 4:50
4. Jason and the Argonauts 6:07
5. No Thugs in Our House 5:09
6. Yacht Dance 3:56
7. All of a Sudden (It's Too Late) 5:21
8. Melt the Guns 6:34
9. Leisure 5:02
10. It's Nearly Africa 3:55
11. Knuckle Down 4:28
12. Fly on the Wall 3:19
13. Down in the Cockpit 5:27
14. English Roundabout 3:59
15. Snowman 5:03

Colin Moulding - lead vocals, backing vocals, fretless bass, Fender bass, mini-Korg, piano, percussion
Andy Partridge - lead vocals, backing vocals, electric guitar, semi-acoustic electric 12-string guitar, semi-acoustic electric guitar, acoustic guitar, mini-Korg, Prophet V, anklung, alto sax, percussion, frog
Dave Gregory - electric 12-string guitar, electric guitars, nylon-string Spanish guitar, semi-acoustic electric 12-string guitar, Prophet V, mini-Korg, backing vocals, percussion, piano
Terry Chambers - drums, drum synthesiser, percussion, backing vocals
&
Hugh Padgham - backing vocals on "Ball and Chain"
Hans de Vente - backing vocals on "It's Nearly Africa"

XTC

JeuDi
Beastie Boys "Some Old Bullshit" (1994)
ou "Punk Roots"

Avant de devenir la plus irrévérencieuse des formations de Hip-Hop, les Beastie Boys commirent des exactions électrico-secouantes dévoilées, comme le titre de la galette l'indique, tel Some Old Bullshit qu'il serait cependant un peu hâtif de démettre. Parce qu'à écouter ces titres sauvés du placard, les Beastie Boys, les plus punk de tous les rappers, indéniablement, ont plus évolué que radicalement changé d'orientation en optant pour la rime et le rythme en lieu et place du cri et des distorsions supersoniques. On schématise un peu, bien-sûr, parce qu'il y a bien ici les premiers indices du changement qui ne va plus tarder à arriver, avec l'effet que l'on sait via le légendaire Licenced to Ill. comme le drolatique proto-hip hop Cooky Pus ou le reggae/dub Beastie Revolution, rien de révolutionnaire ou d'affolant mais définitivement une voie (et voix) intéressante dans laquelle les Beasties surent cheminer. Le reste ? De courtes saillies hardcore punk absolument typiques de ce que faisaient beaucoup de groupes américains d'alors, influencés qu'ils étaient par les tutélaires Minor Threat de l'immense Ian MacKaye, bien mené en l'occurrence si totalement exempt de quelque originalité que ce soit. Bref, essentiels ces débuts débraillés ? Sans doute pas mais, comme d'habitude avec les Beastie Boys, une bonne tranche de fun sur laquelle il serait malvenu de rechigner, d'autant qu'elle explique le groupe de Hip-Hop que le trio deviendra.

1. Egg Raid On Mojo (Demo Version) 1:41
2. Beastie Boys 0:56
3. Transit Cop 1:18
4. Jimi 2:06
5. Holy Snappers 1:22
6. Riot Fight 0:30
7. Ode to… 1:33
8. Michelle's Farm 1:38
9. Egg Raid On Mojo 1:20
10. Transit Cop (Demo Version) 1:21
11. Cooky Puss 3:19
12. Bonus Batter 2:21
13. Beastie Revolution 5:09
14. Cooky Puss (Censored Version) 3:19

Michael Diamond - Vocals
Adam Yauch - Bass
John Berry - Guitar
Kate Schellenbach - Drums

BEASTIE BOYS

VeNDReDi
Kent "Tous les Hommes" (1991)
ou "En Chanson"

Ayant Starshooterisé quelques années avant d'entreprendre une carrière solitaire, c'est un Kent presque méconnaissable qui, en 1991, termine sa mue par un joli album de chansons françaises à l'ancienne, Tous les Hommes. Parce que la transformation du punk à rire en disciple de Brel ne s'est pas faite en un jour et que, jusqu'à Le Mur du Son (1987), c'est encore ripoliné au jeunisme que son répertoire se présente. Et puis A Nos Amours, 1990, et Tous les Hommes surtout, et pas seulement pour son gros tube mérité (Tous les Mômes) et un Kent nouveau qui assume son plaisir à faire comme avant avec le flair d'aujourd'hui, une sorte d'avant-garde de la nouvelle chansons française, en somme. A partir de là, de belles instrumentations permettant d'entendre, pêle-mêle, accordéons, scies musicales ou vibraphones sur des compositions de qualité arrangées aux petits oignons avec, certes, quelques morceaux, surtout vers la fin, glissant trop vers la chanson-rock dont Kent s'était si gracieusement défait sur le reste de l'opus, font de Tous les Hommes la véritable pierre philosophale de ce Kent tout nouveau tout beau qui, depuis, a largement confirmé les belles dispositions dans lesquelles il s'affiche ici. En résumé ? Un bon parolier et mélodiste, une nouvelle voie qui lui colle à merveille à la peau (et à la voix) pour un album évidemment recommandé à tous les amateurs de chanson française intemporelle de qualité, c'en est.

1. Tous Les Mômes 4:35
2. Au Revoir, Adieu 3:35
3. Je Suis un Kilomètre 3:30
4. On Fait c'Qu'On Peut 3:10
5. L'Idole Exemplaire 2:58
6. Au Fond des Bermudes 3:37
7. Ni Plus, Ni Moins 3:32
8. Montréal 3:29
9. Illusion d'Optique 4:15
10. Chienne de Vie 4:20
11. J'Aime Bien Mourir un Jour 3:11
12. L'Homme Est une Erreur 3:45

Kent - chant, guitare

Arnaud Méthivier - accordéon

Marc Perrier - basse

Pierre Mortarelli - contrebasse

Manu Lacordaire - batterie, percussions
Jacques Bastello - guitare, chœurs

Michel Marin - saxophone, harmonica
Sipolo (1, 6) - scie musicale

François Bréant (1, 3) - vibraphone

KENT

SaMeDi
Scott Walker "Tilt" (1995)
ou "Avant-Gardiste"

Si les précédentes offrandes de Scott Engel, aka Walker, avaient dévoilés d'immenses tentations pour l'expérimentation, tant dans la mise en son que dans la composition, c'est clairement avec Tilt que le ténébreux américain largue les amarres d'avec une pop qui, jusqu'alors, avait toujours été des composantes de son art. Quitte, en se délectant de l'usage de l'instrument studio, à en oublier de proposer de vraies chansons ? Presque. Mais peut-être que, simplement, là n'est plus le propos, que ce Scott Walker qui se lâche complètement est désormais plus versé dans la confection maniaque de poèmes sonores impressionnistes que de ditties répétitives, sûrement même. L'odyssée de l'étrange commence pourtant presque normalement, par une ballade dramatique, Farmer in the City, toute en corde et voix affectée, certes plus décalée que ce qui fit la réputation d'Engel mais finalement assez raccord avec ce qu'on aurait pu imaginer d'un artiste chercheur qui, brisant enfin le silence, évolue plus qu'il ne révolutionne. Malin, Scott nous l'aura donc faite "en douceur" parce que la suite, des tentations industrieuses de The Cockfighter, des textures mélodiques percussives de Bouncer See Bouncer, d'un Manhattan qu'on décrirait presque comme une improbable rencontre entre Simple Minds et Genesis, entre heroic rock et rock progressif symphonique, s'il n'était si étrangement habité et si mélodiquement à la marge, du faux primitivisme d'un Face on Breast où batterie et guitare, pourtant à minima, mènent le "bal", etc., parce qu'on ne va tout de même pas faire toutes les "chansons" sauf à dire qu'elles sont toutes aussi bonnes que particulières, c'est à un catalogue d'expérimentations auquel on a affaire, avec de vrais bouts de grandes mélodies dedans, qui peut laisser froid voire carrément repousser mais qui, pour ceux qui suivent, en vrac et dans tous les sens, les passionnantes carrières de John Cale, Robert Wyatt, ou de feu-David Bowie, que Walker influença beaucoup en ses jeunes années d'ailleurs, ils trouveront un opus sans compromis mais pas sans qualités et même bourré d'icelles. Difficile ? Probablement, mais le jeu en vaut la chandelle parce que, indéniablement, Tilt, plus qu'un retour, est, dans la série des auto-réinventions qui ne manquent pas, une des plus extraordinaires qu'un artiste nous ait jamais offerte. Bravo !

1. Farmer in the City (Remembering Pasolini) 6:38
2. The Cockfighter 6:01
3. Bouncer See Bouncer... 8:50
4. Manhattan (flȇrdelē´) 6:05
5. Face on Breast 5:15
6. Bolivia '95 7:44
7. Patriot (A single) 8:28
8. Tilt 5:13
9. Rosary 2:41

Scott Walker – Vocals
Ian Thomas – Drums
John Giblin – Bass
Brian Gascoigne – Keyboards
David Rhodes – Guitars
&
- "Farmer in the City"
Strings of Sinfonia of London, arranged and conducted by Brian Gascoigne
Elizabeth Kenny – Chitarrone
Roy Carter – Oboe
- "The Cockfighter"
Hugh Burns – Guitar
Alasdair Malloy – Percussion
Louis Jardim – Percussion
Andrew Cronshaw – Horns and Reeds
Brian Gascoigne – Celeste and Organ of the Methodist Central Hall
- "Bouncer See Bouncer..."
Jonathan Snowden – Flutes
Andy Findon – Bass Flute
Jim Gregory – Bass Flute
Roy Jowitt – Clarinet
Roy Carter – Oboe
Brian Gascoigne – Woodwind Orchestration and Organ of the Methodist Central Hall
Peter Walsh – Prog Bass Drum
- "Manhattan"
Alasdair Malloy – Percussion
Louis Jardim – Percussion
Brian Gascoigne – Organ of the Methodist Central Hall
Andrew Cronshaw – Concertina
- "Face on Breast"
Ian Thomas – "Bass Drum on lap and kit all at once"
Colin Pulbrook – Hammond Organ
Scott Walker and Peter Walsh – Whistles
- "Bolivia '95"
Hugh Burns – Guitars
Alasdair Malloy – Percussion
Louis Jardim – Percussion
Andrew Cronshaw – Ba-wu flute
Greg Knowles – Cimbalom
- "Patriot (a single)"
 Strings of Sinfonia of London, orchestrated and conducted by Brian Gascoigne
Jonathan Snowden – Piccolo
John Barclay – Trumpets
Ian Thomas – Military Bass Drum and Cymbals
- "Rosary"
Scott Walker – Guitar

SCOTT WALKER

dimanche 31 juillet 2016

L’Été Mange-Disques - 7 Erreurs

En vacances, parfois, il est bon de se perdre, parfois, ça procure de belles émotions et crée de jolis souvenirs, parfois c'est le Radeau de la Méduse... Hé bien, en musique, c'est exactement pareil !, ce que cette série de 7 va se faire fort de démontrer. Et... oui, tout de même, Enjoie !

DiMaNCHe
Judas Priest "Turbo" (1986)
ou "Chic ou Toc ?"

De la difficulté de changer de braquet quand on est un groupe déjà largement établi... Parce que Turbo valut son lot d'opprobre à un Judas Priest ayant décidé d'adoucir son heavy metal à l'aulne d'une scène flirtant de plus en plus avec la pop et les aspirations commerciales. Un mauvais album pour autant ? Pas si sûr... Parce qu'il y a un paquet de bonne chansons dans ce Judas Priest si atypique du fait de l'usage de guitares synthés en plus d'une écriture étonnement accrocheuse et accessible. Une surprise ? Au-delà de l'aspect sonique de la galette, pas vraiment, Judas Priest ayant toujours aimé les refrains aisément mémorisables au potentiel tubesque indéniable (il n'y a qu'à écouter Living After Midnight, United ou You've Got Another Thing Comin' pour s'en convaincre). Mais, donc, il y a ce polissage de l'approche, cet inclinaison pop metal qui, euphémisme, ne plaira pas à tous à l'époque et continue de faire débat aujourd'hui. Et pourtant, nous avons probablement échappé au pire Halford, Tipton, Downing & Cie ayant, préalablement, envisagé de collaborer avec les affreux Stock, Aitken & Waterman (vous savez, ces faiseurs de hits britanniques à qui l'on doit les premiers soubresauts de Kylie Minogue, ou les carrières météoriques de Jason Donovan ou Rick Astley), il se dit même que des démos existent de ce mariage contre nature, rien n'est prouvé cependant. Et donc, de bonne chansons, un beau lot d'icelles pour qui peut supporter le parti-pris d'un groupe ayant, reconnaissons-leur, eu le courage d'essayer autre chose. Des exemples ? Presque toute la galette en fait mais un peu plus encore le performant Turbo Lover, l'hymne ado-rebelle un peu idiot mais terriblement accrocheur qu'est Parental Guidance ou la power-ballad Out in the Cold. D'ailleurs l'album sera couronné d'un juste succès réussissant même à mieux se classer dans les charts étasuniens que ceux de leur mère patrie, ce pour quoi il avait d'ailleurs été conçu, assurément. Reprenons, Turbo est une sacrée galette de pop metal dont le plus gros défaut, celui qui lui vaut sa funeste réputation, est d'être attribué à une formation représentant le plus orthodoxe des heavy metal. A partir de là, l'écouter ou pas, dépend de votre goût pour de telles exactions.

1. Turbo Lover 5:33
2. Locked In 4:19
3. Private Property 4:29
4. Parental Guidance 3:25
5. Rock You All Around the World 3:37
6. Out in the Cold 6:27
7. Wild Nights, Hot & Crazy Days 4:39
8. Hot for Love 4:12
9. Reckless 4:17
Bonus
10. All Fired Up (Recorded during the 1985 Turbo sessions) 4:45
11. Locked In (Live at Kiel Auditorium, St. Louis, Missouri; 23 May 1986) 4:24

Rob Halford – vocals
K. K. Downing – guitar
Glenn Tipton – guitar
Ian Hill – bass guitar
Dave Holland – drums
&
Jeff Martin – backing vocals on "Wild Nights, Hot & Crazy Days"

JUDAS PRIEST

LuNDi
Metallica "Load" (1996)
ou "New Mets ?"

Alors qu'ils avaient parfaitement réussi la transition vers un metal plus mainstream mais tout de même suffisamment fidèle à leurs origines soniques pour que les fidèles ne prennent pas ombrage avec le multi-platiné Black Album, les petits gars de Metallica décident de pousser le bouchon carrément beaucoup plus loin, parce qu'ils en ont envie et qu'être le plus gros groupe de metal de tous les temps et ne pas oser assouvir ses pulsions, ce serait idiot. Et donc Hetfield, Ulrich et leurs deux fidèles lieutenants, pas de doute sur qui commande chez les Mets !, osent et laissent galoper libres les chevaux de leur inspiration (appréciez l'image !). Et ça donne... Un album varié où le country rock, le rock sudiste, un metal alternatif teinté de pop et le stoner metal qui monte viennent ouvrir de nouveaux panoramas à ces Four Horsemen qui avaient déjà mis pas mal d'eau dans leur vin le coup d'avant. Du coup, il y a une vraie logique à les entendre ainsi évoluer, à constater qu'avec une quinzaine d'années et une demi-douzaine d'albums à leur compteur ces quatre trentenaires désormais riches comme Crésus ont, fatalement, de nouvelles envies. C'est tout à leur honneur d'ailleurs parce que, en l'espèce, Metallica prend le vrai risque de s'aliéner la partie la plus ancienne de son public, celle qui les suit depuis les débauches thrash de Kill 'Em All. Et c'est ce qui arrivera, fatalement, parce que, pour certaines personnes, de bonnes chansons ne suffisent pas, il leur faut, en plus, l'emballage auquel ils sont habitués... Fuck that! Parce que si tout n'est pas parfait sur Load, si, indéniablement, quelques chansons ressemblent fort à du remplissage (on pensera surtout au "ventre-mou" de l'album, Cure, Poor Twisted Me, Wasting My Hate, rien d'indigne mais rien d’affolant non plus), il reste, sur un album dépassant les 70 minutes !, largement de quoi contenter l'amateur de metal moderne et inspiré. Alors, évidemment, ça envoie moins que ça n'eût envoyé, et, de fait, la mesure et la nuance (toutes proportions gardées) semblent bien être, ici, les nouvelles mammelles de Metallica. Mais que les fidèles les plus aventureux se rassurent, de Metallica, il s'agit bel et bien, encore et toujours. C'est bien-sûr le cas sur les morceaux qui dépotent le plus, un Ain't My Bitch qui pour avoir de vraies influences stoner n'en a pas moins les flaveurs thrashy des quatre de la Bay Area, un King Nothing aux allures de petit frère évolué du mégatube Enter Sandman, un House That Jack Built qui même mené à un train de sénateur à tous les atours du Metallica péri-progressif, ou un Outlaw Torn qui pour sudiste que sont indéniablement ses tentations jammy porte la marque instrumentale de ses créateurs, mais, plus généralement, c'est ce qu'on détecte dans chaque montée de sève de chaque morceau en possédant, soit l'immense majorité d'iceux. Parce qu'outre Mama Said, ballade sudiste ô combien réussie, même quand James, Lars et Cie surprennent (Until It Sleeps et ses airs de grunge poppy, un King Nothing entre roots rock et mélodies pop, un Bleeding Me et un Outlaw TornMetallica s'adonne à l'exercice southern rock avec personnalité et talent, et, évidemment, le petit bout de ballade tire-larmes précité) on n'a jamais le moindre doute sur l'identité de la formation qu'on est en train d'écouter, et qui réussit son pari de l'élargissement au-delà de ce qu'on pouvait espérer, et sans se trahir, donc. Fort. A vrai dire, si vous prenez le gratin du présent, y ajoutez les quelques (très) bon moments de sa "séquelle", Re-Load, vous obtiendrez un Metallica quasiment du niveau des trois classiques originaux, certes un Metallica qui a beaucoup changé mais n'a nullement perdu l'inspiration qui fit de lui le plus gros groupe metal de tous les temps. Load ? Une réussite qu'on n'attendait pas par un groupe qu'on n'attendait pas là, une divine surprise.

1. Ain't My Bitch 5:04
2. 2 X 4 5:28
3. The House Jack Built 6:38
4. Until It Sleeps 4:28
5. King Nothing 5:29
6. Hero of the Day 4:21
7. Bleeding Me 8:18
8. Cure 4:54
9. Poor Twisted Me 4:00
10. Wasting My Hate 3:57
11. Mama Said 5:20
12. Thorn Within 5:51
13. Ronnie 5:17
14. The Outlaw Torn 9:48

James Hetfield – vocals, lead, rhythm guitar
Kirk Hammett – lead, rhythm and slide guitar
Lars Ulrich – drums
Jason Newsted – bass guitar, backing vocals

METALLICA

MaRDi
Kiss "Dynasty" (1979)
ou "Baiser vendu ?"

La fin des haricots ou Kiss à la relance ? Les deux mon général ! A la relance parce que Kiss, qui n'était plus passé par la case studio depuis Love Gun en 1977 et n'avait occupé le terrain que par un presque live (Alive II, 3 faces de live très largement retravaillées en studio, et une studio de piètre intérêt) et quatre albums solo de très inégale qualité (bonne pour Paul et Ace, nettement moins pour Gene et surtout Peter) revient enfin aux affaires. La fin des haricots parce que la formule d'un hard rock franc et direct commence sérieusement à se déliter sur un album ne possédant plus la cohérence stylistique d'hier. Parce que, s'il y a toujours une bonne part de party rock'n'roll, il y a aussi une nouvelle légèreté avec, en particulier, deux disco rocks qui surprendront beaucoup les fans... Et réaffirmeront le succès commercial de la formation, notamment chez nous où elle brillait par son absence dans les hit-parades. Force est de constater l'efficacité mélodique des deux ditties en question : Sure Know Something et, évidemment, I Was Made for Lovin' You, tube planétaire s'il en fut. Côté rock, une bonne reprise des Rolling Stones (2,000 Man) et quelques tourneries typiques des maquillés (Dirty Livin', Magic Touch, Hard Times, Save Your Love) viennent contenter une fan-base qu'on imagine inquiète des nouveaux développements soniques du quatuor même si on remarque que le tranchant passé s'est largement émoussé. Et l'inspiration quelque peu perdue comme semble le prouver les nombreux compositeurs externes venus renforcer les musiciens de la formation, en particulier Vini Poncia, co-auteur avec Paul Stanley des deux tubes de l'album mais également claviériste et choriste. On notera aussi qu'il s'agit du premier album où les quatre musiciens originaux n'apparaissent plus tous, les parties de Peter Criss, sauf sur son morceau, Dirty Livin', ayant été gommées car jugé d'un niveau insuffisant par le groupe et leur producteur. Il sera remplacé par Anton Fig déjà présent sur l'album solitaire d'Ace Frehley. A la décharge du pauvre batteur, qui ne rejouera plus avec ses anciens comparses avant la reformation maquillée de 1995, il faut préciser qu'il se relève à peine d'un grave accident de voiture... Et que ses abus de substances en tous genres n'aident pas. Dynasty (prononcez "die nasty") est tout de même un bon album, le dernier d'une belle série qui ne reprendra qu'avec Lick It Up en 1983 (même si son prédécesseur, Creature Of The Night est plus que correct). A l'époque dénoncé par les fans de rock qui charcle comme une concession à la mode du jour, alors que seuls les deux tubes précités sont symptomatiques du prétendu glissement, il a étonnamment bien vieilli et demeure, pour les amateurs du groupe et de ce genre de rock "bon vivant", une expérience agréable... A défaut de plus.

1. I Was Made for Lovin' You 4:30
2. 2,000 Man 4:54
3. Sure Know Something 4:00
4. Dirty Livin' 4:19
5. Charisma 4:25
6. Magic Touch 4:41
7. Hard Times 3:30
8. X-Ray Eyes 3:46
9. Save Your Love 4:41

Paul Stanley - vocals, rhythm guitar (bass guitar on "I Was Made for Lovin' You" and "Magic Touch", lead guitar on "Sure Know Something")
Gene Simmons - vocals, bass guitar
Ace Frehley - vocals, lead guitar (all guitars on "2,000 Man", bass guitar on "2,000 Man", "Hard Times" and "Save Your Love")
Peter Criss - drums, percussion and lead vocals only on "Dirty Livin'"
&
Anton Fig - drums on all tracks except "Dirty Livin'"
Vini Poncia - backing vocals, keyboards

KISS

MeRCReDi
Neil Young "Trans" (1982)
ou "Nine Inch Neil"

Pour bien parler de Trans et, conséquemment, bien le défendre, il n'est pas inutile, en guise de préambule, de le contextualiser dans la carrière du Loner comme dans sa vie privée, le sens, la profondeur qu'il y gagne en fait une toute autre œuvre, plus grande. Nous sommes donc au début des années 80, période particulièrement délicate pour les géants des années 60 et 70 comme vous le savez sans doute tous déjà. Pour Neil, tout devrait bien aller, il vient de signer un juteux contrat avec un label qui monte (Geffen) et effectue un retour discographique fébrilement attendu par une cohorte de fans d'avance enthousiastes qui voit dans cette nouvelle ère un possible renouveau après deux derniers albums pas forcément très inspirés (Hawks And Doves, Re-ac-tor) qui en seront pour leur frais quand tombera l'opus nouveau, Trans. Parce que, si professionnellement Neil a tout pour être heureux, ce bonheur est irrémédiablement entaché par le lourd handicap mental de son dernier né, Ben, et son incapacité de communiquer avec lui par des méthodes traditionnelles. Forcément, musicien qu'il est, c'est par le truchement de son art qu'il s'essaye à l'impossible. Ce détail, non explicité à l'époque de la sortie, forcément influe largement sur l'orientation musicale de l'album, qui fait figure de mouton noir dans un catalogue jusque alors largement dédié au rock et à la folk. Ici, voix robotisées et synthétiseurs mènent la danse pour ce qu'il est convenu de considérer comme l'album électronique du canadien. On s'en doute, pas plus les fans que la critique ne marcha dans la combine et Trans de se retrouver voué aux gémonies tel l'affreux barbarisme que beaucoup entendaient. Pourtant la plupart des compositions se tient bien et le parti-pris expérimentaliste fonctionne plutôt mieux que ce qu'on aurait pu craindre à la description sonique du contenu. Ainsi, malgré leur vocaux vocodérisés, des chansons comme Transformer Man ou Sample and Hold valent leur pesant de chemises à carreaux et vestes en jeans... Et le reste est à l'avenant d'une création unique de (Nine Inch) Neil (avec, qui plus est, un beau casting au menu). Album bancal, imparfait mais étonnamment attachant, Trans n'est sans doute pas l’œuvre Younguienne la plus essentielle de sa longue et excellente discographie, on l'admettra sans peine. Passer outre serait cependant une erreur, il a gagné, avec le temps, une patine, un charme qui le rend, de l'avis de votre serviteur, nettement plus aisément "ingérable" aujourd'hui qu'à l'époque de sa parution. Et puis, un album fait avec le cœur et d'aussi nobles motifs ne peut pas être totalement mauvais, n'est-ce pas ?

1. Little Thing Called Love 3:13
2. Computer Age 5:24
3. We R in Control 3:31
4. Transformer Man 3:23
5. Computer Cowboy 4:13
6. Hold On to Your Love 3:28
7. Sample and Hold 8:03
8. Mr. Soul 3:19
9. Like an Inca 9:46

Neil Young: guitar, bass, synclavier, vocoder, electric piano, vocal
Nils Lofgren: guitar, piano, organ, electric piano, synclavier, vocal
Ben Keith: pedal steel guitar, slide guitar, vocal
Bruce Palmer, Billy Talbot: bass
Ralph Molina: drums, vocal
Joe Lala: percussion, vocal
Frank Sampedro: guitar, stringman

NEIL YOUNG

JeuDi
Yes "90125" (1983)
ou "Pop ? Oui !"

Que se passe-t'il quand de vieilles barbes progressives en mal de renouvellement recrutent un jeune et bouillonnant guitariste/chanteur sud-africain pour leur nouveau projet, Cinema ? Il se passe, déjà, que le passé n'en finit pas de ressurgir et que le jeune homme, Trevor Rabin, se voit forcé de jouer les troisièmes-voix pour le chanteur revenant, que, du coup, le projet reprend l'identité patronymique des septantes, mais que, tout de même, outre quelques harmonies vocales et de beaux restes de virtuosité, ça n'a vraiment plus grand chose à voir avec le groupe qui donna au monde un Fragile, un Relayer ou un Tales from Topographic Oceans. Et après tout, tant mieux parce que, franchement, entendre en 1983 exactement ce que Yes produisait 10 ans plus tôt, ça aurait un petit quelque chose de pathétique ici absolument évité. Or donc c'est un nouveau Yes, un Yes qui combine l'extrême efficacité d'un rock fm ultra-léché, tous les atouts et tous les tics de "l'instrument studio" tel qu'on l'entendait en ces 80s et, rassurons-nous, quelques signes distinctifs qui font que, tout de même, quoiqu'il s'agisse indéniablement d'une nouvelle voie (et nouvelle voix), on reconnait les chevelus babacoolisants des 70s. Enfin, sur les morceaux les plus aventureux parce que, force est de constater que les plus pop des chansons proposées ici (le mégatube Owner of the Lonely Heart mais aussi sa plus convaincante séquelle, Hold On) on en est à se raccrocher à de petits riens, les chœurs essentiellement, la voix si particulière de Jon Anderson, aussi. Parce que pour du progressisme pur et dur, de celui qui fit de Yes un des leaders naturels du courant symphonique, il n'y a guère que quelques éclats sur Changes (son intro mais pas sur son refrain stadium rock pas exemple), le court instrumental Cinema (le plus "vrai Yes" du lot) et un Hearts de clôture en forme de rappel d'à qui nous avons présentement affaire même avec une mise en son si typiquement moderne (pour l'époque) signée de Trevor Horn qui fut du line-up précédent, et donc du sous-estimé Drama, où il chipa même la place de l'emblématique chanteur. Bref, relance commerciale comme on en vit rarement, album d'une absolue efficacité totalement de son temps et, finalement, plus de 30 ans après sa sortie, un opus qui tient bien la route et a plutôt mieux vieilli que ce qu'on aurait pu penser, 90125 n'est sans doute pas le Yes le plus typique du répertoire, euphémisme inside, mais pas pour autant une œuvre qu'on peut démettre... Un coup de bol monumental de musiciens supérieurement talentueux et, donc, immensément adaptables. Bien joué.

1. Owner of a Lonely Heart 4:27
2. Hold On 5:15
3. It Can Happen 5:39
4. Changes 6:16
5. Cinema 2:09
6. Leave It 4:10
7. Our Song 4:16
8. City of Love 4:48
9. Hearts 7:34
Bonus
10. Leave It (Single Remix) 3:56
11. Make It Easy 6:12
12. It Can Happen (Cinema Version) 6:05
13. It's Over 5:41
14. Owner of a Lonely Heart (Extended Remix) 7:05
15. Leave It ("A Capella" Version) 3:18

Jon Anderson – lead vocals
Chris Squire – bass guitars, vocals
Trevor Rabin – guitars, keyboards, vocals
Alan White – drums, percussion, vocals, Fairlight CMI
Tony Kaye – keyboards, vocals
&
Dipak Khazanchi – sitar and tambura on "It Can Happen"
Graham Preskett – violin on "Leave It"
Trevor Horn – backing vocals

YES

VeNDReDi
Bob Dylan "Christmas in the Heart" (2009)
ou "Zimgle Bells... all the way!"

Un album de Noël par Bob Dylan ? Tiens, donc, quelle drôle d'idée... Le truc absolument incroyable, et je le dis d'autant plus tranquillement que je ne suis pas un zélote du Zim qui, à mon humble avis, a beaucoup plus raté que réussi passé Desire, c'est que ce brigand de Dylan ne fait pas dans le folklorique avec clochettes omniprésentes et tout le tintouin mais dans l'authentique avec des versions si habitées qu'on sent bien qu'on dépasse ici la simple opportunité commerciale. Du coup Christmas in the Heart, qui porte bien son titre, ressemble vraiment beaucoup à un album de Dylan, pas dans la note mais dans l'âme,  et tout de même un peu beaucoup à un album de Noël, puisque c'en est indéniablement un. Alors, certes, ce n'est pas du grand Dylan mais ce n'est pas non plus du mauvais Dylan non plus, c'est pépère se souvenant de ses tendres années, d'un Noël que la famille Zimmerman, juive mais avant tout américaine, célébrait en grandes pompes, au grand bonheur du petit Robert dont les oreilles résonnaient de ces mélodies graciles et dont les yeux pétillaient devant l'arbre dûment décoré. Ces sentiments revisités, avec les musiciens qui constituent alors son groupe de scène, dont certains travaillent depuis un bout de temps avec Bob (le fidèle bassite Tony Garnier, qui joue avec lui depuis 1989, tout de même !) et d'autres sont de belles additions à la famille (le blues'n'soulman Phil Upchurch, le Lobo David Hidalgo), bénéficient aussi d'une sélection aux petits oignons n'oubliant ni les essentiels pop (Here Comes Santa Claus du cowboy Gene Autry, un Winter Wonderland présentement gentiment swing, I'll Be Home for ChristmasBob se la joue Bing Crosby à la voix détruite, le quasi-obligatoire Little Drummer Boy où il ne se la joue heureusement pas Nana Mouskouri!, etc.) ni ceux qu'on a plus l'habitude d'entendre à la messe (Hark the Heral Angels Sing de Mendelssohn, les traditionnel O Come All Ye Faithful, The First Noel ou O Little Town of BethlehemDylan chante émotionnellement très juste), et ne se privant petit décrochage presque hors-sujet, presque seulement parce que Noël est une fête de paix, avec Do You Hear What I Hear?, chant d'appel paix datant de l'époque de la crise de missiles à Cuba, qui se glisse confortablement dans l'ensemble. Alors, Christmas in the Heart, un grand Dylan ? Non. Un grand album de Noël ? Non plus. Mais certainement pas l'abomination qu'on aurait pu imaginer, un album digne et émouvant d'une vieille légende qui n'a peut-être plus grand chose à dire mais prouve, présentement, qu'il a encore quelques petites cartes planquées dans son jeu.

1. Here Comes Santa Claus 2:35
2. Do You Hear What I Hear? 3:02
3. Winter Wonderland 1:52
4. Hark the Herald Angels Sing 2:30
5. I'll Be Home for Christmas 2:54
6. The Little Drummer Boy 2:52
7. The Christmas Blues 2:54
8. O' Come All Ye Faithful (Adeste Fideles) 2:48
9. Have Yourself a Merry Little Christmas 4:06
10. Must Be Santa 2:48
11. Silver Bells 2:35
12. The First Noel 2:30
13. Christmas Island 2:27
14. The Christmas Song 3:56
15. O Little Town of Bethlehem 2:17

Bob Dylan - vocals, guitar, electric piano, harmonica
Tony Garnier - bass guitar
George Recile - drums, percussion
Donnie Herron - steel guitar, mandolin, trumpet, violin
David Hidalgo - accordion, guitar, mandolin, violin
Phil Upchurch - guitar
Patrick Warren - piano, organ, celeste

BOB DYLAN

SaMeDi
Attila "Attila" (1970)
ou "Billy avant Joel"

Comme quoi une réputation tient parfois à pas grand-chose. Prenez l'Attila de Billy Joel, une pochette ridicule, une musique anecdotique et, surtout !, un leader connu pour tout autre chose ensuite et vous obtenez ce que certains considèrent comme le pire album de l'histoire du Rock'n'Roll. Pire album de l'histoire du Rock'n'Roll, vraiment ? Ca va loin là ! Parce que, honnêtement, ce hard rock typique de la toute fin des années 60 et du tout début des années 70 ne mérite pas ça ! On y retrouve un Billy Joel s'égosillant franchement, jouant de son orgue souvent filtré par de multiples effets et branché sur un bon gros Marshall deux-corps qui, du coup, sonne souvent comme une guitare électrique. On y retrouve aussi un batteur badaboumant à tout va, Jon Small et oubliant ce faisant tout art de la nuance. Vous me direz, le hard rock et l'art de la nuance, ça fait souvent deux, et vous n'aurez pas tort, mais, franchement, depuis plus de 3 décennies que je me plonge dans les méandres de l'improbable et de l'inattendu, j'ai entendu bien pire, bien bien pire ! Alors oui, c'est vieillot, les paroles ne sont pas bien finaudes et ça prête, conséquemment souvent à sourire. D'autant que la production flirte plus souvent avec l'amateurisme qu'avec la haute-fidélité mais, parce qu'il y a un "mais", ça s'écoute bien. Et si Billy Joel a depuis renié la chose, enfin, pas tout à fait puisqu'un titre figure sur son coffret de 2005, My Lives, c'est sans doute en le considérant comme un faux-pas de jeunesse et, sans doute, une étape pas inutile pour celui qui deviendra, pour simplifier, l'Elton John américain. Alors non, mille fois non, Attila, unique album d'Attila n'est pas le plus mauvais album de l'histoire du Rock'n'Roll, probablement même pas le plus mauvais album de l'année 1970, juste une galette anecdotique d'un hard rock d'un autre temps par des musiciens manquant encore de maturité et de vision artistique. En résumé, Attila est fun et ce n'est déjà pas si mal. Avis aux amateurs !

1. Wonder Woman 3:38
2. California Flash 3:32
3. Revenge Is Sweet 4:00
4. Amplifier Fire (Part I: Godzilla/Part II: March of the Huns) 7:39
5. Rollin' Home 4:52
6. Tear This Castle Down 5:49
7. Holy Moses 4:30
8. Brain Invasion 5:41

Billy Joel - chant, orgue
Jon Small - batterie

ATTILA

dimanche 10 juillet 2016

L’Été Mange-Disques - 7 à Danser

Et bien ! Dansez maintenant... Après le rêve, la danse, parce que les vacances sont aussi faites pour ça ! Et donc une sélection à faire suer et gigoter du Camping des Flots Bleus à une très select party à Ibiza. Enjoie !

DiMaNCHe
Underworld "dubnobasswithmyheadman" (1994)
ou "Electrorevolution"

De la musique électronique, de la techno disait-on alors, oui mais, pas seulement. Parce que leurs racines vont plus loin que la Rave Generation, Underworld ont d'autres ambitions, d'autres conceptions dans leur version mélodique et trippante de l'intelligent techno. Underworld a déjà sorti deux albums avant Dubnobasswithmyheadman, deux galettes d'électro-rock funky qui n'ont pas franchement marqué les mémoires. L'hydre officiant présentement, un trio composé de Karl Hyde et Rick Smith, seuls survivants de la précédente incarnation, et de Darren Emerson venu amener son expertise du mix, des samples, lui qui officie "dans la scène" (hip hop et electro) depuis ses 14 ans. Le résultat est une transformation totale, un nouveau groupe carrément ! Une approche supra-mélodique de la musique électronique aussi, avec de vraies chansons parfois un peu déconstruites (Mmm Skyscraper I Love You, Dirty Epic), mais de vraies chansons, et de sacrées mélodies (mais écoutez-moi cet emballage final, River of Bass et le jazzy/funky M.E. en apothéose harmonique !) ! Parce qu'il y a la voix de Hyde, moins la guitare quoiqu'elle apparaisse épisodiquement (M.E. à la Benson), son écriture héritée du punk et de la new wave (y a du Clash et du Depeche Mode planqué là-dedans !) qui fait d'Underworld autre chose, un peu plus, même s'il en est aussi, qu'une des merveilles électroniques venant alors de la prude Albion (de The Orb à Orbital en passant par Prodigy, Fluke ou Leftfield... ça se bouscule au portillon), un album à danser qui peut aussi s'écouter en salon, un album de salon sur lequel on peut aussi danser. Underworld, avec ou sans Emerson qui finira par quitter le navire, sortira d'autres très beaux albums (je recommande Second Toughest in the Infants et Beaucoup Fish), jamais plus ils ne parviendront à réaliser une aussi parfaite fusion d'électro-pop et de musique électronique, une fusion alors aussi trippante que passionnante à écouter dans le détail et, donc, un album très très chaudement recommandé, que vous soyez fan de techno ou pas.

1. Dark & Long 7:35
2. Mmm…Skyscraper I Love You 13:08
3. Surfboy 7:33
4. Spoonman 7:41
5. Tongue 4:50
6. Dirty Epic 9:55
7. Cowgirl 8:29
8. River of Bass 6:26
9. M.E. 7:08

Darren Emerson - keyboards and mixing
Karl Hyde - vocals, guitars
Rick Smith - keyboards and mixing, vocals

UNDERWORLD

LuNDi
Michael Jackson "Off the Wall" (1979)
ou "Enough yet?"

C'est l'album du retour en solo du petit prince de la soul, avec une nouvelle équipe menée par celui qui lui offrira ses plus beaux succès, Quincy Jones, l'album d'un Michael Jackson qui a compris qu'en métissant son funk/soul de blancs artifices, il toucherait un public plus large, plus client du format album auquel il se dévoue, aussi. Parce que, si présentement, Michael n'est pas encore le roi de la pop qu'il deviendra quatre ans plus tard avec l'album de tous les records, Thriller, c'est bien ici qu'il commence le chemin et, même, on ira jusqu'à dire cette soul/funk blanchie juste ce qu'il faut (pas comme son auteur qui est encore bien black !), qui a donc tout pour attirer les foules dans la nouvelle carrière de l'ex-enfant star, est le meilleur compromis auquel soit arrivé Jackson dans sa carrière solo. Et les chansons ? Il y a les tubes, bien-sûr, nombreux et plus irrésistibles les uns que les autres (Don't Stop 'Til You Get Enough, du disco certes mais suprême !, Rock with You, de la soul sensuelle et cordée qui groove caliente, Off the Wall ou l'archétype de l'exercice sudatoire de club et pourtant mélodiquement tout doux, Girlfriend et sa pure soul seventies qui va si bien au teint de Jackson et She's Out of My Life en idéale ballade saccharosée et tire-larmes) mais aussi le reste (un I Can't Help It délicatement jazzy, merci Quincy ou l'exercice de Philly Funk de Get on the Floor, pour l'exemple) d'un album compositionnellement inspiré forcément mais, surtout, joué (il y a du monde dont le Brothers Johnson, Louis, qui nous a quitté en mai 2015 à la grosse basse mais aussi George Duke, Phil Upchurch, Paulinho Da Costa, etc., que du beau monde !), arrangé et produit aux petits oignons, et l'écrin, ce n'est pas rien ! Bref, vous l'aurez compris, Off the Wall c'est du Michael Jackson suprême, tout simplement.

1. Don't Stop 'Til You Get Enough 6:06
2. Rock with You 3:40
3. Working Day and Night 5:14
4. Get on the Floor 4:39
5. Off the Wall 4:06
6. Girlfriend 3:06
7. She's Out of My Life 3:38
8. I Can't Help It 4:30
9. It's the Falling in Love 3:48
10. Burn This Disco Out 3:41
Bonus
11. Quincy Jones Interview #1 0:37
12. Introduction to Don't Stop 'Til You Get Enough Demo 0:13
13. Don't Stop 'Til You Get Enough (Original Demo from 1978) 4:48
14. Quincy Jones Interview #2 0:30
15. Introduction to Workin' Day and Night Demo 0:10
16. Working Day and Night (Original Demo from 1978) 4:19
17. Quincy Jones Interview #3 0:48
18. Rod Temperton Interview 4:57
19. Quincy Jones Interview #4 1:32

Michael Jackson - lead and backing vocals, co-producer, percussion
Randy Jackson - percussion
Michael Boddicker - keyboards, synthesizers, programming
Larry Carlton - electric guitar
George Duke - keyboards, synthesizers, programming
David Foster - keyboards, synthesizers, programming
Gary Grant - trumpet, flügelhorn
Marlo Henderson - guitar
Jerry Hey - trumpet, flügelhorn
Kim Hutchcroft - saxophone, flute
Louis Johnson - bass guitar
Quincy Jones - producer
Greg Phillinganes - keyboards, synthesizers, programming
Steve Porcaro - keyboards, synthesizers, programming
William Reichenbach - trombone
John "JR" Robinson - drums 
Phil Upchurch - guitar
Bobby Watson - bass guitar
Wah Wah Watson - guitar
David Williams - guitar
Larry Williams - saxophone, flute
Richard Heath - percussion
Paulinho da Costa - percussion
David "Hawk" Wolinski - electric piano
Patti Austin - backing vocals
Jim Gilstrap - backing vocals
Augie Johnson - backing vocals
Mortonette Jenkins - backing vocals
Paulette McWilliams - backing vocals
Zedrick Williams - backing vocals
Horn and string arrangements by Jerry Hey and performed by The Seawind Horns, Ben Wright, Johnny Mandel

MICHAEL JACKSON

MaRDi
Donna Summer "Bad Girls" (1979)
ou "Hot Stuff!"

Donna Summer triomphe depuis qu'elle s'est associée au producteur electro-disco italien Giorgio Moroder dans une redéfinition radicale de sa soul-pop originelle (dont l'électronique italien était mais avec un bien moindre impact), depuis 1975 et l'explicite Love to Love You Baby, une vraie chanson sexy pour un album qui ne l'est pas moins, en plus d'imposer la dame comme l'indéniable icône d'une nouvelle scène, cette disco music qui fait danser toute la planète, quelque soit sa couleur de peau. En 1979, c'est donc une artiste établie, aux nombreux tubes et albums généralement couronnés de succès, dont les hasardeux débuts sur un timide Lady of the Night ne sont plus qu'un lointain souvenir. Présentement, la Dame débarque avec, carrément !, un double album, Bad Girls où, évidemment, il n'y a plus d'extravagances d'une face comme sur Love to Love You Baby et sa chanson titre de près de 17 minutes (à la Yes, pour le temps, mais en nettement plus sensuel et moins compliqué !) mais qui a su évoluer en collant à la tendance, en s'ouvrant de plus en plus vers un rock blanc de blanc tout en restant, fondamentalement, le même soit une musique largement destinée à se secouer rythmiquement en nombre jusqu'à obtenir la sudation voulue. De fait avec des chansons plus ramassées, ce qui est devenu la norme chez Miss Summer depuis I Remember Yesterday, dans un format très similaire au Once Upon a Time précédant, déjà double, mais avec surtout une collection de chansons d'une tenue plus entendue depuis son essentiel second long-jeu (le multi-précité) dont les hyper-accrocheurs disco rock d'introductions, Hot Stuff et Bad Girls, ou le tube fun 100% dancefloor, Dim All the Lights, un archétype de bonne disco music, ne sont pas des moindres et surtout les annonciateurs de la qualité de ce qui les entoure où, souvent, Donna (et Giorgio) réussit l'authentique tour de force de préparer les années 80 à venir. Dernier grand album d'un genre ô combien mineur mais dont il ne faut pas, pour autant, nier l'impact durable sur la musique à faire gigoter, Bad Girls est aussi l'un des sommets d'une artiste qui, nous ayant quitté en 2012 à tout juste 63 ans, n'aura pas connu son rachat critique clairement en court et mérité.

1. Hot Stuff 5:14
2. Bad Girls 4:55
3. Love Will Always Find You 3:59
4. Walk Away 4:27
5. Dim All the Lights 4:40
6. Journey to the Center of Your Heart 4:36
7. One Night in a Lifetime 4:12
8. Can't Get to Sleep At Night 4:45
9. On My Honor 3:34
10. There Will Always Be a You 5:07
11. All Through the Night 6:01
12. My Baby Understands 4:03
13. Our Love 4:51
14. Lucky 4:37
15. Sunset People 6:27

Donna Summer - lead and background vocals
Giorgio Moroder - bass, synthesizer, guitar
Harold Faltermeyer - bass, drums, keyboards, synclavier
Bruce Sudano - synthesizer
Joe Esposito - background vocals
Keith Forsey - background vocals, drums, percussion
Jai Winding – piano
Jeff "Skunk" Baxter, Jay Graydon and Paul Jackson, Jr. – guitar
Al Perkins – pull and steel guitar
Sid Sharp – strings
Pete Bellotte, Scott Edwards and Bob Glaub – bass
Gary Grant, Jerry Hey, and Steve Madaio – trumpet
Gary Herbig – saxophone
Dick Hyde and Bill Reichenbach – trombone
Stephanie Straill, Julia and Maxine Willard, Pamela Quinlan – backing vocals

DONNA SUMMERS

MeRCReDi
Kraftwerk "Trans-Europe Express" (1977)
ou "Le flacon et l'ivresse"

A mater les gueules de premiers communiants des 4 teutons on pourrait croire qu'on a affaire à de la pop chrétienne ou autre ringarderie crétine du genre... Si on ne connait pas Kraftwerk, qui n'en sont plus alors à leurs premiers coups d'éclat, bien sûr. Coup de bol parce qu'un visuel pareil pour un premier album, c'eût été la cata assurée. Au lieu de ça, Trans-Europe Express, sixième album des quatre de Düsseldorf, loin des explorations art-rock des trois premiers albums du début des années 70, est l'archétypale réussite d'une approche toute électronique entamée avec Autobahn (1974), qui tiendra le monde en haleine jusqu'au début des années 80 (Computer World, 1981) avant de se voir rattrapé par l'actualité et d'y perdre son particularisme, son unicité. Présentement, tout va encore très bien et Kraftwerk, fermement mené par la paire Ralf Hütter/Florian Schneider, produit une musique électronique jamais aussi abordable et mélodique qu'ici. Et tubesque avec un Showroom Dummies, un Trans-Europe Express ou un Metal on Metal/Abzug (ici séparés) et leur irrésistibles hooks dont les échos s'entendent jusque dans l'électro-pop et la dance music d'aujourd'hui, et un petit tour de force avec l'hommage à Franz Schubert, etc. Etc. parce que tout l'album est un tour de force de mélodie et de minimalisme et, osons !, le sommet de l’œuvre de Kraftwerk qui n'en manque pourtant pas. Alors, évidemment, il y a la pochette repoussoir (heureusement masquée dans l'édition remasterisée de 2009 ici commentée), c'est bien le seul défaut d'un album sans faille d'une formation alors au sommet de son art.

1. Europe Endless 9:40
2. The Hall of Mirrors 7:56
3. Showroom Dummies 6:15
4. Trans-Europe Express 6:52
5. Metal on Metal 6:43
6. Franz Schubert 4:26
7. Endless Endless 0:55

Ralf Hütter - voice, synthesizer, orchestron, synthanorma-sequenzer, electronics, producer
Florian Schneider - voice, vocoder, votrax, synthesizer, electronics, producer
Karl Bartos - electronic percussion
Wolfgang Flür - electronic percussion

KRAFTWERK

JeuDi
Daft Punk "Discovery" (2001)
ou "French Success"

Triomphe d'electro-pop aux moult références (de Van Halen à 10cc en passant par l'Electric Light Orchestra, Giorgio Moroder ou Chic, elles ne manquent pas, toutes plus surprenantes les unes que les autres !), et donc jeu de piste ô combien ludique en plus d'une totale réussite pour le duo versaillais, Discovery demeure l'inégalé chef d’œuvre du catalogue de Daft Punk, et un incontournable tout court. Il faut dire qu'ils ont pris le temps, largement appris de leur premier opus aussi, avant d'accoucher au successeur d'un Homework d'ailleurs très réussi mais immensément éloigné des trouvailles soniques, d'une abattage mélodique ici très au-dessus de la moyenne. Pas bêtes, les Daft Punk auront tout de même retenu l'art du gimmick qui tue (souvenez-vous, Around the World, Da Funk, sans le genre qui vous trotte longtemps dans l'encéphale, ils se posaient un peu là !) y ajoutant, donc, une ambition musicale, dirons-nous, rétro-moderniste où une house music décontractée se nourrit de références que les bien-écoutants considèreront comme has-been mais qui, présentement, s'intègrent et enrichissent un tout déjà fort attrayant. Parce qu'outre des arrangements franchement supra-funs, Bangalter et Homem-Christo ont mis de vraies chansons dans leur mix, et ça fonctionne du feu de Zeus ! Parce que, enfin, comment résister à groove disco-électronique et à l'infectieuse mélodie de ce One More Time d'ouverture, comment ne pas craquer pour un Digital Love qui vient chasser sur les terres néo-pop de leurs cousins de Phoenix, comment ne pas secouer son popotin en reprenant en chœur l'excellent funk robotique de Harder, Better, Faster, Stronger, comment ne pas écraser une petite larme (de crocodile) sur le doucereux Something About Us ? Comme en plus les transitions instrumentales, ces petites (et pas si petites) vignettes de pur fun (Oh ! Crescendolls, c'est Rio à Ibiza !, Nightvision avec ses centimètres-cubes à la dizaine, Voyager ou la disco à l'italienne plane à 20.000, Short Circuit qui Rock It à la Herbie, et j'en passe !) sont l'idéal complément d'un opus absolument brillamment conçu, il n'en faut pas plus pour recommander à ceux qui seraient encore passés à côté, mais comment est-ce possible ?, ce second Daft Punk, c'est le mot, d'anthologie.

1. One More Time 5:20
2. Aerodynamic 3:27
3. Digital Love 4:58
4. Harder, Better, Faster, Stronger 3:45
5. Crescendolls 3:31
6. Nightvision 1:44
7. Superheroes 3:57
8. High Life 3:22
9. Something About Us 3:51
10. Voyager 3:47
11. Veridis Quo 5:44
12. Short Circuit 3:26
13. Face to Face 3:58
14. Too Long 10:00

Daft Punk – vocals, vocoders (on "Digital Love", "Harder, Better, Faster, Stronger", "Something About Us"), sequencers, sampling, synthesizers, Wurlitzer electric piano, guitars, bass, talkbox, drum machines, production (on All tracks), concept, art direction
Romanthony – lyrics, vocals (on "One More Time" and "Too Long"), co-production on "Too Long"
DJ Sneak – lyrics on "Digital Love"
Todd Edwards – lyrics, vocals and co-production on "Face to Face"

DAFT PUNK

VeNDReDi
James Brown "Hell" (1974)
ou "Chaud comme l'Enfer"

Quand l'original funkster, Mister Jaaaaaames Brown!, of course, se laisse aller aux débordements de ses petits collègues à la peau claire, un double album studio, c'te folie !, ça donne Hell, son cru de 1974 où surprises et confirmations voisinent harmonieusement. Présentement, James Brown, toujours affublé du surnom de Super New New Heavy Funk, toujours entouré d'un groupe de tueurs dont Maceo Parker ou Fred Wesley ne sont pas les moindres sommités, est à la relance depuis le double (déjà) de l'an passé, The Payback, mais pas stationnaire pour autant comme on va l'entendre. Parce qu'il y a de la variété sur ce infernal album !, et même de vraies surprises considérant qu'on tient là un James Brown en plein dans sa période funk classique, avec encore une bonne partie de ses fidèles JB's à bord. Mais le parrain à d'autres idées en tête... S'il explore évidemment toujours la verve groovy, sensuelle et rythmique, ce funk aux beats implacables dont il est évidemment un des révélateurs au monde (Coldblooded et Sayin' It Doin' It en forme de latin funk infectieux, My Thang en pur assaut "gigotatoire" intimement suant, ou le jammy et jazzy mais toujours funky final, Papa Don't Take No Mess, et ses 14 minutes (!) de bonheur) il ose présentement revenir vers ses amours de jeunesses via une soul jazzée dont il s'acquitte plus qu'honorablement (des détours par les classiques revisités que sont When the Saints Go Marchin' In, rigolote dans sa version disco, These Foolish Things (Remind Me of You), Stormy Monday à des ballades émotionnellement égosillées comme A Man Has to Go Back to the Cross Road Before He Finds Himself et Sometime, à, même !, une étrange relecture cha-cha d'un de ses anciens tubes, Please Please Please, ça se bouscule au portillon... avec des fortunes diverses mais toujours une écoute au moins amusée). Le petit miracle de l'affaire étant que l'album, en mettant son côté pseudo-conceptuel sur une Amérique qui va mal en 1974, rien n'a vraiment changé (en bien), et, donc, malgré sa variété de sa production et ses quelques longueurs, erreurs oserait-on..., reste non seulement bon mais cohérent, unifié qu'il est par la personnalité larger than life d'un mec à l'égo aussi surdimensionné que son talent, peut-être pas le plus grand vocaliste ou mélodiste (quoiqu'il ait quelques très belles plages à son catalogue) mais, et d'une, un bourreau de travail, de deux, un mec capable de faire chauffer l'antarctique ! Non, je n'exagère pas. Et donc, on recommande chaudement (forcément) ce Hell si diaboliquement bon qu'on en oublierait presque que, bientôt, James tombera dans le piège (pour lui) de la disco, qu'il ne fait heureusement qu'effleurer ici, mais ça, c'est une autre histoire !

1. Coldblooded 4:45
2. Hell 5:03
3. My Thang 4:20
4. Sayin' It and Doin' It 3:05
5. Please, Please, Please 4:07
6. When the Saints Go Marchin' In 2:43
7. These Foolish Things (Remind Me of You) 3:14
8. Stormy Monday 3:15
9. A Man Has to Go Back to the Cross Road Before He Finds Himself 2:52
10. Sometime 4:15
11. I Can't Stand It '76' 8:10
12. Lost Someone 3:35
13. Don't Tell a Lie about Me and I Won't Tell the Truth on You 5:05
14. Papa Don't Take No Mess 13:51

James Brown - Piano, Vocals
David Matthews - Piano
Fred Wesley - Percussion, Tambourine, Trombone, Background Vocals
Joe Beck - Guitar
Charlie Brown - Guitar
Sam T. Brown - Guitar
Hearlon "Cheese" Martin - Guitar
Jimmy Nolen - Guitar
Gordon Edwards - Bass
Chuck Rainey - Bass
Fred Thomas - Bass
Bob Both - Percussion
Sue Evans - Percussion
Ralph MacDonald - Percussion
James Madison - Drums
Harvey Mason, Sr. - Drums
John Morgan - Drums
John Starks - Drums
Johnny Griggs - Congas
James Buffington - French Horn
Eddie Daniels - Reeds
David Tofani - Reeds
Pee Wee Ellis - Baritone Sax
Jim Parker - Alto Sax
Maceo Parker - Alto Sax
David Sanborn - Alto Sax
St. Clair Pinckney - Tenor Sax
Joe Farrell - Tenor Sax
Frank Vicari - Tenor Sax
Isiah "Ike" Oakley - Trumpet
Jon Faddis - Trumpet
Lew Soloff - Trumpet
Michael Gipson - Trombone
Tom Harrell - Trombone
Maretha Stewart - Background Vocals
Hilda Harris - Background Vocals
Martha Harvin - Background Vocals
Deborah McDuffie - Background Vocals
Lyn Collins - Background Vocals
Johnny Scotton - Background Vocals

JAMES BROWN

SaMeDi
Prince "Dirty Mind" (1980)
ou "Prince and the (First) Revolution"

S'il fallait décrire en quelques mots la transformation de Prince pour ce Dirty Mind ? Prince libéré, Prince déniaisé mais, surtout !, Prince à la pointe, Prince qui ose ! Parce qu'en se permettant une fusion funky qui en emprunte à la new wave (plus blanc, tu meurs !) et à la pop (on le sait, Prince, adore les Beatles auxquels il rendra d'ailleurs un hommage appuyé, quelques années plus tard, sur l'inégal Arount the World in a Day), le petit homme de Minneapolis tombe sur un mirifique filon. Du coup, il désale salement son écriture transformant l'aimable et assez standard chanteur soul/funk en implacable machine de guerre groovy et sexuée qui n'a peur de rien, pas même d'une androgynie, d'un doute plus qu'entièrement assumé, revendiqué. Provocation ? Sans doute un peu, mais quelle claque aussi ! Parce qu'en plus il a exactement les chansons qui vont bien, le bougre !, avec le funk robotique (merci Kraftwerk) d'un Dirty Mind d'ouverture, les atours new wave d'un glorieusement troussé When You Were Mine et même du vrai rock'n'roll sur le très réussi si beaucoup trop court Sister, ce sans oublier les plus "black moments" du moite Gotta Break Heart Again ou des très "shake your booty" Uptown et Partyup. Une collection d'anthologie, quoi, que, c'est à noter, Prince n'est pour la première fois pas le seul à enfanter avec les guests que sont les deux futurs The Revolution, Lisa Coleman et Doctor Fink, ce dernier étant même participé à la composition de la chanson-titre. Évidemment, Prince faisant le reste, soit presque tout, on reste encore près de ses habitudes débutantes mais, déjà, l'avenir semble se préparer. Et ça tombe bien parce que Dirty Mind c'était l'avenir en 1980, une fusion inédite qui fera florès et influencera chez les afro-américains comme chez les WASP, c'est dire l'astronomique portée du machin ! En fait, si vraiment vous m'y poussez, je ne vois qu'un défaut à cette troisième livraison, son extrême brièveté parce que, enfin, quand c'est aussi bon que ça, on en voudrait quand même plus que cette minuscule demie-heure. Sinon ? Obligatoire !

1. Dirty Mind 4:14
2. When You Were Mine 3:47
3. Do It All Night 3:42
4. Gotta Broken Heart Again 2:16
5. Uptown 5:32
6. Head 4:44
7. Sister 1:31
8. Partyup 4:24

Lisa Coleman – vocals on "Head"
Doctor Fink – synthesizer on "Dirty Mind" and "Head"
Prince – all other vocals and instruments

PRINCE