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samedi 13 mai 2017

N comme...

On a eu trop de "N" dernièrement, non, vous ne trouvez-pas ? Aussi a-je décidé de ne pas trop en proposer cette fois, sauf alphabétiquement puisque telle est la jeu de la série. Et à part ça ? Enjoie !

N comme...
NAZARETH "The Naz Box" (2011) 
Pas si Naz !

Et s'il était temps de réévaluer le statut de Nazareth, courageuse, terrienne et travailleuse formation de Hard Rock from Scotland à la belle consistance discographique ?
A l'instar d'Atomic Rooster, de Foghat, d'Uriah Heep, de Budgie (et j'en passe), Nazareth n'a que très épisodiquement connu le succès qu'il méritait et ne reste gravé dans l'inconscient collectif quasiment que pour sa power-ballad et mégatube, Love Hurts. Pourtant, comme le prouve ce généreux et bien foutu coffret, le répertoire de la formation mérite plus que l'anonymat où il se trouve plongé. Découpé en 3 parties (et quatre CDs), la sélection offre une introduction compréhensive et intelligemment agencée (même si incomplète vu l'impressionnante discographie de Nazareth).
Les deux premiers disques se concentrent sur la carrière studio de la formation. Aucun album n'ayant été remisé (sauf le très moyen The Fool Circle de 1981 et ce qui suit la date de parution du coffret, évidemment), on y entend l'évolution du groupe et son adaptation aux changements ébranlant la scène rock. Solides et inspirés dans les 70s, un peu moins intéressants dans les 80s (comme beaucoup de leurs collègues), remontant progressivement la pente depuis, ils finiront par retrouver des couleurs et sortir deux belles galettes dans ce nouveau millénium. Le troisième et la moitié du 4ème CDs sont constitués d'archives live de la BBC datant de 1972 à 1977 permettant d'apprécier le groupe au sommet de sa gloire scénique dans des captations de belle qualité. Et Comme il en faut toujours un peu dans ce genre d'exercice, quelques raretés viennent compléter la tracklist et sont autant de petits plus, pas forcément essentiels mais majoritairement bien sympathiques, que l'auditeur appréciera. Ajoutons que tous ces enregistrements ont été dûment remasterisés pour que la fête soit plus belle.
Alors évidemment, Nazareth n'a jamais rien révolutionné (ni prétendu le faire d'ailleurs) et certains titres ici présents sentent un peu la naphtaline, pas forcément les plus anciens d'ailleurs. Reste que cette formation, trop peu souvent évoquée, demeure une des rares à n'avoir jamais baissé la garde, rendu les armes, sûre qu'elle était de son destin. S'il en était besoin, ce coffret démontre qu'ils avaient bien raison.

CD 1
Studio 1971-1978
1. Dear John 3:47
2. Friends (B-side) 3:40
3. Woke U p This Morning 3:12
4. If You See My Baby (single) 3:00
5. Razamanaz 3:50
6. Bad Bad Boy 3:58
7. Broken Down Angel 3:45
8. Go Down Fighting 3:06
9. This Flight Tonight 3:24
10. Shanghai d in Shanghai 3:44
11. Loved and Lost 5:12
12. Hair of the Dog 4:11
13. Love Hurts 3:53
14. My White Bicycle 3:26
15. Vancouver Shakedown 4:05
16. I Want To Do Everything For You 4:19
17. Expect No Mercy 3:26
18. Place In Your Heart 3:00
19. New York Broken Toy 3:36
20. Star 4:54

CD 2
Studio 1977-2011
1. May The Sunshine (single mix) 3:31
2. Holiday 3:37
3. Hearts Grown Cold 4:14
4. Every Young Man s Dream 3:17
5. Crazy (A Suitable Case For Treatment) 3:25
6. Boys In the Band 3:05
7. Dream On 3:26
8. Whippin Boy 4:42
9. Where Are You Now 3:55
10. Sweetheart Tree 3:02
11. Cinema 4:43
12. Hit the Fan 3:37
13. Piece Of My Heart 4:26
14. Hire and Fire 5:12
15. Every Time It Rains 4:12
16. Cry Wolf 4:14
17. Cant' Shake Those Shakes 3:22
18. Light Comes Down 3:29
19. Day At the Beach 4:56
20. Big Dogz Gonna Howl 4:00

CD 3
1972-1976
1. Turn On Your Receiver (Bob Harris jingle) 1:11
BBC live tracks
2. Called Her Name 4:31
3. Country Girl 4:19
4. Black Hearted Woman 9:59
5. Goin Down 4:29
6. Alactaraz 4:56
7. Vigilante Man 4:51
8. Ruby Baby 4:41
9. Woke Up This Morning/Boogie 9:46
10. Changing Times 6:12
11. Honky Tonk Downstairs 4:07
12. What You Gonna Do About It 5:09
13. You Got Me Hummin 4:22
14. Guilty 4:14

CD 4
BBC live tracks
1. Telegram 5:59
2. Night Woman 7:32
3. Born To Love 4:35
4. Gone Dead Train 3:59
5. Kentucky Fried Blues 4:05
6. Teenage Nervous Breakdown 3:40
Previously unreleased tracks
7. Paper Sun 5:22
8. Storm Warning 3:48
9. Mexico (demo) 2:45
Outtakes from Sound Elixir
10. Laid To Wasted 3:42
11. Read the Book 3:22
12. SOS 4:11
Outtakes from Snakes N Ladders
13. Sunshine Of Your Love 4:41
14. See You See Me 4:35
15. Heatwave 2:32

Chant: Dan McCafferty (1968-2013)
Basse: Pete Agnew (1968-present)
Guitare: Manny Charlton (1968-1990), Zal Cleminson (1978-1980), Billy Rankin (1981-1983, 1990-1994), Jimmy Murrison (1994-present)
Batterie: Darrell Sweet (1968-1999; décédé), Lee Agnew (1999-present)
Claviers: John Locke (1980-1982; décédé), Ronnie Leahy (1994-2002)


N comme...
NEARLY GOD "Nearly God" (1996)
Down and Up

Nearly God est le second album qui ne veut pas dire son nom d'un ex-Massive Attack, Tricky, présentement à son plus étouffant, claustrophobe même. Et un sacré contre pied au Maxinquaye qui l'avait vu se faire un nom dans un trip-hop qui a le vent en poupe prouvant qu'Adrian Thaws, son vrai nom, a d'autres envies musicales et une autre ambition que d'être un artiste fédérateur, vendeur. Dans les faits, albums de démos selon son auteur et collection polyphonique passionnante pour l'auditeur, Nearly God n'est pas l'album le plus confortable qui soit. C'est évident dès un Tattoo qui, reprise ô combien ré-imaginée d'un titre de Siouxsie and the Banshees, sur le papier, réunit tous les prérequis du Trip-Hop, beat dub-voisin, cordes éthérées, voix parlée/rappée aucunement agressive, mais s'avère un étouffant petit machin qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher et établit, d'un même élan, la feuille de route d'un album tout sauf putassier. De fait, la suite est à l'avenant et dépasse même souvent ce coup de semonce originel particulièrement quand Tricky invite d'autres vocalistes à enrichir ses névroses (Björk et Terry Hall sur deux titres chacun, la bonne copine Martina Topley Bird sur quatre mais aussi Neneh Cherry et Alison Moyet sur une piste chacune).  Et donc, entre état de grâce maladif (Poems, Black Coffee, I Sing for You), ambiance ouvertement dépressives (I Be the Prophet) et éclairs de lumières salvateurs (un peu partout et c'est très bien comme ça) Tricky fait beaucoup plus que d'asseoir sa domination sur un genre, il s'ouvre à de nouveaux possibles et emmène avec lui un auditoire qui, up d'être tenu si down, se délecte d'un exercice d'équilibriste aussi savant que réussi. Nearly God ? C'est peut-être encore, 20 ans après sa surprenante apparition, le plus beau moment de la carrière d'un artiste qui n'en manque pourtant pas, et un opus chaudement recommandé donc, comme vous l'aurez compris.

1. Tattoo 5:31
2. Poems 6:54
3. Together Now 3:10
4. Keep Your Mouth Shut 6:02
5. I Be the Prophet 4:55
6. Make a Change 6:01
7. Black Coffee 4:50
8. Bubbles 3:26
9. I Sing for You 6:21
10. Yoga 4:33

Producer – Tricky
Vocals – Bjork (tracks: 4, 10), Martina Topley Bird (tracks: 2, 5, 7), Terry Hall (tracks: 2, 8), Tricky (tracks: 1 to 5, 7, 8, 10), Neneh Cherry (3), Alison Moyet (6), Cath Coffey (9), Dedi Madden (9)
Songwriting – Bjork (tracks: 4, 10), Terry Hall (tracks: 2, 8), Tricky (tracks: 2 to 6, 8 to 10)


N comme...
NELSON, OLIVER "The Blues and the Abstract Truth" (1961)
Elémentaire, mon cher Nelson !

La richesse du catalogue du légendaire label de jazz Impulse! n'est plus à démontrer. De Mingus à Pharoah Sanders, d'Archie Shepp aux Coltranes (Alice et John) et à tous ceux que j'oublie, tous ont contribué à faire de ce label une des sources favorites de l'amateur de jazz "qui cherche". Il est cependant un artiste, et un album, qu'on a trop souvent tendance à négliger: The Blues and the Abstract Truth du saxophoniste/arrangeur Oliver Nelson.
Et pourtant, quelle merveille d'album ! Et quel line-up aussi ! D'ailleurs, je vous laisse vous référer plus bas, les noms parlent d'eux-mêmes. Et donc, The Blues and the Abstract Truth, sorti chez Impulse! en 1961 et mis en son par un des producteurs maison, Creed Taylor est un gargantuesque festin !
Rien que de très normal vu le prestigieux casting, me direz-vous (ou pas d'ailleurs, vous faites ce que vous voulez, ça ne regarde que vous mais, pour l'exemple, faisons comme si vous me le disiez. Merci et désolé de ce long intermède...). Oui et non parce que, sans Mr. Oliver Nelson à la baguette, nous n'aurions probablement pas eu ce jazz ludique et échevelé qui sait onduler entre classicisme et fine expérimentation tout en restant admirablement mélodique.
Sachant que ces sessions sont, comme c'était presque toujours le cas à l'époque, du live en studio. On se doute alors que les arrangements, attribués au leader de la formation donc, ont dû être finement calibrés et que les répétitions, en vue de l'enregistrement, n'on pu être que studieuse.
Et je tire donc mon chapeau à Oliver Nelson, nom trop souvent et injustement confiné dans un semi-oubli ou dans un semi-culte (selon qu'on ait, ou pas déjà entendu son album culte), pour avoir réussi ici une œuvre de très haute tenue tout en demeurant étonnamment accessible.
C'est donc, à mon humble avis, un de ces albums essentiels à qui à encore du mal à franchir la limite entre ce que le jazz propose de plus mélodique et les répertoires, au hasard, d'Ornette Coleman ou de John Coltrane. Un pont vers un monde meilleur... Un immanquable !

1. Stolen Moments 8:46
2. Hoe-Down 4:43
3. Cascades 5:32
4. Yearnin' 6:24
5. Butch and Butch 4:35
6. Teenie's Blues 6:33

Oliver Nelson – alto saxophone, tenor saxophone
Eric Dolphy – flute, alto saxophone
George Barrow – baritone saxophone
Freddie Hubbard – trumpet
Bill Evans – piano
Paul Chambers – bass
Roy Haynes – drums


N comme...
NICKS, STEVIE "In your dreams" (2011)
Nicks en Rêve

Quand la moitié mâle d'Eurythmics s'occupe de la destiné de la voix de Fleetwood Mac deuxième période, ça donne In Your Dreams, septième album solo de Stevie Nicks, et c'est plutôt pas mal du tout.
Sans doute le fait que l'album sonne beaucoup comme du Fleetwood Mac avec Stevie, avec une chanson récupérée dans un lointain passé (Secret Love) et même la présence de Lindsey Buckingham sur une autre (Soldier's Angel), soit quelque part entre folk, pop et soft rock, contribue-t-il largement à sa réussite. Peut-être aussi parce que Dave Stewart a su parfaitement tisser une toile qui sied si bien à la personnalité vocale de la dame, et cosigner 7 des 13 compositions avec elle prouvant qu'il est, avant tout, un très apte caméléon musical en plus d'un excellent metteur en son. Surtout parce que l'ensemble, d'une rare cohérence est, donc, la plus proche version de son groupe historique de toute sa carrière solo, et coule comme un long et majestueux fleuve dans un paysage luxuriant, et conséquemment flatte l'oreille plus qu'aucune autre de ses apparitions solitaires.
Alors certes, les mauvais esprits iront taxer tout ceci d'hautement dérivatif (ce qui n'est pas tout à fait faux) mais, pour toutes ces raisons, si vous appréciez Stevie et Fleetwood Mac, il vous est recommandé de vous précipiter sur cet In Your Dreams qui porte si bien son titre et vous comblera... Au-delà de vos rêves les plus fous. En un mot comme en mille, une réussite.

1. Secret Love 3:15
2. For What It's Worth 4:32
3. In Your Dreams 3:58
4. Wide Sargasso Sea 5:36
5. New Orleans 5:34
6. Moonlight (A Vampire's Dream) 5:26
7. Annabel Lee 5:58
8. Soldier's Angel 5:16
9. Everybody Loves You 5:16
10. Ghosts Are Gone 6:06
11. You May Be The One 5:26
12. Italian Summer 4:38
13. Cheaper Than Free 3:38

Stevie Nicks - vocal, keyboards, percussion
David Stewart - guitar, production, vocals
Ned Douglas - keyboards and programming
Ricky Peterson, Mike Rojas - Hammond organ, piano
Zac Rae - Hammond organ
Mike Rowe - keyboards, Hammond organ
Glen Ballard - guitars, keyboards and piano
Lindsey Buckingham - guitars, vocal
Tom Bukovac, Rob Cavallo, Neale Heywood, Waddy Wachtel - guitars
Greg Leisz - mandolin
Mike Campbell - electric, acoustic and lap steel guitars, bass, keyboards, drums, percussion
Mike Bradford, Simon Smith, Michael Rhodes - bass
Al Ortiz - electric, acoustic and bass guitars
Chad Cromwell, Steve Ferrone, Mick Fleetwood, Blair Sinta - drums
Scott Campbell - drum programming and additional percussion
Lenny Castro, Mike Fasano - percussion
Sharon Celani, Lori Nicks - backing vocals
Ann Marie Calhoun, Torrey DeVitto - violins


N comme...
NIRVANA "Bleach" (1989)
Au commencement...

Si Nevermind sera l'explosion commerciale et l'affirmation d'une nouvelle scène destinée à "tuer" ces années 80 sur-gonflées au fric et à la frime, c'est bel et bien avec Bleach, sur le label chez qui tout commença, Sub Pop, que la toute la première banderille est plantée, peut-être la toute meilleure création du Nirvana de Kurt Cobain... Parce que si Nevermind est l'impressionnante machine à charts que nous connaissons, un album qui doit beaucoup à la cohérence que lui a insufflé son producteur, le futur Garbage Butch Vig, c'est bien sur Bleach que toute la sève, toute la substance d'un trio revenant aux fondamentaux d'un (punk) rock qu'on a trop domestiqué et qui retrouve, de fait, toutes les griffes nécessaires à une juste excitation post-adolescente, mais pas illettrée pour autant. Parce qu'il est indéniable que ces trois-là, leur leader et principal compositeur en particulier, Kurt Cobain bien sûr, on une vraie culture de la musique qu'ils revisitent, une musique qui a beaucoup à voir avec certains Stooges, certains MC5 et même, moins loin d'eux que ça, d'Hüsker Dü et de Sonic Youth. Et donc présentement, sans Dave Grohl qui arrivera plus tard, sous la direction du légendaire Jack Endino, Nirvana balance sa première salve de bombes électriques avec, en ouverture typique (tout Nirvana y est ou presque) un Blew triste et colérique particulièrement bien senti bientôt suivi d'un Floyd the Barber qui doit beaucoup aux Melvins (une influence assumée de Kurt), d'un About a Girl qui montre que ces gars-là s'y entendent aussi pour pondre de la petite chanson pop désabusée, d'une reprise de Shocking Blue énergétiquement exécutée (l'orientalisant Love Buzz), d'un Negative Creep hautement colérique et du coup très impressionnant de rageuse dépression, d'un Sifting rampant, lourd et menaçant, ou d'un Big Cheese, seule composition partagée par Cobain avec son bassiste, Krist Novolesic, bruyant, maladif et pourtant distrayant... Et le reste n'est pas non plus, aussi ! Parce qu'il est indiscipliné, cru, direct, et d'une sincérité qu'il est impossible de contester, parce qu'il n'est pas de ceux qui brossent l'auditeur dans le sens du poil mais pas plus de ceux qui le violentent avec un plaisir sadique, parce qu'il est un des détonateurs d'une résurgence rock primale nécessaire, Bleach est un immanquable, tout simplement.

1. Blew 2:55
2. Floyd the Barber 2:18
3. About a Girl 2:48
4. School 2:42
5. Love Buzz 3:35
6. Paper Cuts 4:06
7. Negative Creep 2:56
8. Scoff 4:10
9. Swap Meet 3:03
10. Mr. Moustache 3:24
11. Sifting 5:22
12. Big Cheese 3:42
13. Downer 1:43

Kurt Cobain - vocals, guitar (20/02/1967-05/04/1994)
Krist Novoselic - bass
Chad Channing - drums
&
Dale Crover - drums on "Floyd the Barber", "Paper Cuts", and "Downer"


N comme...
NLF3 TRIO "Music For 'Que Viva Mexico!'" (2006)
Futur antérieur

C'est sur les cendres des excellents Prohibition (écoutez donc 14 Ups and Downs de 1998 si vous ne me croyez pas), avec seulement un membre évanoui dans la nature, Quentin Rollet, que se forme ce NLF3 Trio (ou NLF3 tout court) groupe de musique expérimentale accessible, entre post rock et musiques électroniques, qui tente sur son troisième long-jeu le pari de créer une nouvelle bande son au méconnu et inachevé Que Viva Mexico! (dont une version sortira finalement en 1979) de Sergueï Eisenstein, un triomphe ceci dit en passant.
Concrètement, le projet remonte à 2004 quand, à l'initiative de la Fondation Cartier qui commissionna le projet, eut lieu une série de ciné-concerts où le trio interpréta sa musique sur les images d'un maître russe, le Cuirassé Potemkine c'est lui !, parti tester ses capacités à Hollywood. Musicalement, il y a l'évidente influence du légendaire Ennio Morricone (influence d'ailleurs totalement assumée par le groupe) mais aussi celles du jazz ou de l'ambient sans que ça n'en soit jamais vraiment. A partir de là, comme c'est d'ailleurs toujours le cas des musiques de films, on peut légitimement se poser la question de savoir si la musique, conçue comme une illustration sonore d'images absentes de la version audio peut se suffire à elle-même. Présentement, la réponse est un franc et massif oui. Franc et massif parce que la musique du trio, expressive autant qu'expressionniste, sait véhiculer de belles émotions à l'auditeur même privée de ses images qui bougent. Il n'y a pourtant rien de fondamentalement nouveau dans le cocktail rétro-moderniste élaboré par le trio, de petites mélodies entêtantes, d'autres plus éthérées, une instrumentation navigant entre les époques, les continents aussi (il y a forcément quelques échos latinos dans cette musique, vu le thème impossible de faire autrement) le tout passé au filtre post-rockant de musiciens aussi polyvalents que doués, pas exactement des prodiges de technique (quoique...) mais sachant texturer leur musique de moult instruments donnant une ampleur, une richesse assez inouïe à leur création.
Le mieux sera évidemment, parce que ce genre de musique se vit plus qu'elle ne se décrit, de se confronter à la chose et d'ainsi apprécier le talent de messieurs Laureau frères et Morillon parce que NLF3 est un secret trop bien gardé qu'on n'a de cesse de recommander aux amateurs de musique instrumentale de qualité très supérieure.

1. Tema principal 3:30
2. Prologo (el entierro del trabajador) 3:06
3. Sandunga 2:34
4. La boda 2:54
5. Abundio y concepcion 2:28
6. Las campanas 3:34
7. La fiesta terrible 4:38
8. La corrida 4:23
9. Bourgeoisie 1:00
10. Maguey 3:26
11. Adversidad 2:49
12. Tension en la camara lenta 3:15
13. Martires en la tierra 6:15
14. La soldadera 2:02
15. Epilogo 4:46

Nicolas Laureau - Fender Rhodes, guitars, synthesizers, glokenspiel, piano, microkorg, Theremin, melodica, dulcimer, bows, violin, ukulele
Fabrice Laureau - bass, voice, percussion, microkorg, casiotone, ukulele, guitars, drum machine
Ludovic Morillon - acoustic guitar, drums, bontempi, percussion


N comme...
NO DOUBT "Tragic Kingdom" (1995)
Le ver est dans le fruit

Y en a qui vous diront que c'est de la musique pour adolescents à l'esgourde encore mal dégrossie ou, pire, pour adolescentes en recherche d'un illusoire modèle en la personne de la charmante Gwen Stefani, Tragic Kingdom, premier album chez une major des ska-punk-poppeux de No Doubt est, avant tout, une galette fraiche et dynamique, efficace et distrayante comme on en a, plus souvent qu'on le croit, besoin.
Enfin, ça c'est si on se contente du son parce que, comme l'exprime la pochette, le ver est souvent dans le fruit et les thèmes abordés un peu moins légers que ne le laisserait paraître la sautillante décharge mélodique. Concrètement, c'est 3ème album du groupe, celui où, avec un peu de compromission radiophonique, il booste son ska-punk d'atmosphères pop et new-waveuse qui lui vont parfaitement au teint. C'est aussi un album riche en tubes (Just a Girl pour la bonne humeur, Don't Speak pour le cœur brisé, Spiderwebs pour danser Jamaica style ou presque, Excuse Me Mr. pour un pogo soft) entourés d'excellentes chansons (le groovy Different People, le classic rock The Climb, le ska-punk entraînant Sixteen, ou le ska-rock qui le suit immédiatement, Sunday Morning, et même un discoïde You Can Do It taillé pour le dance-floor) qui donnent, au final, une tracklist d'une rare consistance. Evidemment, la star incontestable de la galette est Gwen Stefani et sa voix immédiatement reconnaissable mais, vraiment, la partie offerte par des musiciens talentueux mérite d'être explorée avec un peu plus d'attention que pour la moyenne des albums du genre.
Et dire que l'album a 20 ans, et pas une ride ! On appelle ça un classique, non ? Alors laissez vos préjugés de côté et plongez dans la musique d'un No Doubt sachant faire dans le festif sans perdre toute substance.

1. Spiderwebs 4:28
2. Excuse Me Mr. 3:04
3. Just a Girl 3:29
4. Happy Now? 3:43
5. Different People 4:34
6. Hey You! 3:34
7. The Climb 6:37
8. Sixteen 3:21
9. Sunday Morning 4:33
10. Don't Speak 4:23
11. You Can Do It 4:13
12. World Go 'Round 4:09
13. End It on This 3:45
14. Tragic Kingdom 5:31

Gwen Stefani – vocals
Tom Dumont – guitar
Tony Kanal – bass
Adrian Young – drums, percussion
Eric Stefani – keyboards, piano
Phil Jordan – trumpet
&
Bill Bergman – saxophone (11, 12)
Gerard Boisse – saxophone (5, 7, 14)
Stephen Bradley – keyboards, trumpet
Aloke Dasgupta – sitar (6)
Melissa Hasin – cello (8, 10)
Nick Lane – trombone (11, 12)
Les Lovitt – trumpet (11, 12)
Gabrial McNair – additional percussion, trombone
Stephen Perkins – steel drums (1)
Greg Smith – baritone saxophone (11, 12)
Matthew Wilder – additional keyboards (3, 6)


vendredi 31 mars 2017

H comme...

H par 7, vous connaissez désormais la chason, non ? (recomptez !) Alors du Québec au Japon, de l'Amérique à la Germanie, de la France industrieuse à l'Angleterre groovy, je vous souhaite un bon voyage en sons. Enjoie !

H comme...
HARMONIUM "Si On Avait Vesoin d'une Cinquième Saison" (1975)
De la Belle Province

C'est le second album de nos cousins de la Belle Province, ces québécois qui se sont fait un nom, à l'international !, sans abandonner la langue de lointaines origines qui leurs sont si chères, une démonstration de progressif symphonique qui laisse, 40 ans après, toujours béat d'admiration, c'est Harmonium et leur Si On Avait Besoin d'Une Cinquième Saison de 1975, un immense album.
On est, en vérité, saisi dès une calme introduction de flute vite secondée par d'harmonieux arpèges acoustiques sur un Vert qui, bucolique comme pas deux, porte idéalement son titre, et rappelle stylistiquement les premières exactions progressives de Genesis, sur Trespass ou, quand la clarinette s'agite et que le tempo décolle, les jazzeries débutantes d'un King Crimson, rien que du très recommandé, donc. Dixie, plus chanson, tirant aussi sur la corde folk avec, en sus, un piano dixie, forcément !, confirme la déclaration d'intention du rock progressif pratiqué par Harmonium qui, toujours mélodieux, toujours fantaisiste, explore les possibles décontractés d'un genre que le quintet maîtrise à la perfection. Comme exemplifié, d'ailleurs, par une planerie réussie telle que Depuis l'Automne où, de mellotrons emphatiques en chaeurs légers, Serge Fiori et Cie enfoncent le clou. Une construction, début acoustique puis crescendo symphonique light, plus ou moins reproduite sur le sympatoche En Pleine Face où un accordéon, instrument relativement rarement employé dans le progressif, vient agréablement nous taquiner l'oreille. Tout ça avant la grosse pièce, la quasi-inévitable suite ambitieuse, cet Histoires Sans Paroles qui, dépourvu de tout texte mais pas de toute voix, met les deux solistes naturels de la formation, Pierre Daigneault et sa flute baladeuse et Serge Locat en précieux claviériste, à l'honneur d'une pièce qui, malgré ses 17 minutes qui peuvent à priori faire peur, passe comme une lettre à la poste, bien habitée qu'elle est pas un ensemble instrumental cohérent et sensible.
Et Si On Avait Besoin d'une Cinquième Saison, bien produit quoiqu'un petit remaster serait le bienvenu, second des trois opus d'Harmonium et indéniablement leur plus réussi, même si les deux autres (l'éponyme de 1974 et L'Heptade en 1976) méritent le détour, justifie à lui seul l'intérêt de la communauté progressive pour une formation au parcours aussi météorique que passionnant. Recommandé.

1. Vert 5:35
2. Dixie 3:26
3. Depuis l'automne 10:28
4. En pleine face 4:50
5. Histoires sans paroles 17:12
- L'isolement
- L'appel
- La rencontre
- L'union
- Le grand bal

Serge Fiori - guitar, lead vocals
Michel Normandeau - guitar, vocals
Louis Valois - bass guitar, electric piano
Pierre Daigneault - flutes, clarinets
Serge Locat - keyboards


H comme...
HANCOCK, HERBIE "Maiden Voyage" (1965)
Jeune Pousse exploratoire

Un nouvel album décisif dans la jeune carrière d'un pianiste de jazz qui va compter dans les décennies à venir, voici Herbie Hancock et son déjà 5ème long-jeu depuis 1962, Maiden Voyage.
Déjà, il y a le groupe réuni pour l'occasion, que des stars en devenir ou déjà affirmées, de Freddie Hubbard à la trompette à George Coleman au sax ténor, compléments idéal du mélodiste et instrumentiste d'exception qu'est déjà Hancock, à une section rythmique à faire saliver d'envie tout amateur de jazz qui se respecte (Ron Carter et Tony Williams, excusez du peu !), une assurance tous risques concernant l'interprétation. Ensuite il y a les compositions, cinq, toutes signées d'Herbie, et là, mazette, quelle fête ! Dans un cadre moins aventureux que son prédécesseur (le très recommandé Empyrean Isles de 1964), Hancock trouve la parfaite balance entre expérimentation et mélodie, jazz modal et hard bop, sachant prendre des risques, comme ses compagnons de session, sans jamais perdre l'auditeur dans d'absconses démonstrations. Un développement qu'on peut largement imputer au passage d'Hancock au sein du groupe du grand Miles Davis avec qui il collabore depuis 1963.
Doté, également, d'une production claire et nette mettant parfaitement en valeur la qualité des interprétations de chaque excellent musicien impliqué, Maiden Voyage demeure une des aeuvres les plus évidemment recommandées de l'impressionnant répertoire d'un jazzman d'exception. Un classique, ça s'appelle.

1. Maiden Voyage 7:57
2. The Eye of the Hurricane 6:01
3. Little One 8:47
4. Survival of the Fittest 10:03
5. Dolphin Dance 9:16

Herbie Hancock -- piano
Freddie Hubbard -- trumpet
George Coleman -- tenor saxophone
Ron Carter -- bass
Tony Williams -- drums


H comme...
HELLOWEEN "Walls of Jericho" (1985)
Speedy Germains

Ils ont, depuis, beaucoup joué de leur image, de ce nom en forme de jeu de mot et des citrouilles l'accompagnant mais, en 1985, Helloween est loin de l'exploitation commerciale et du metal accrocheur qui les rendra célèbres. En 1985, Helloween est à l'avant-garde du speed metal européen et plus précisément allemand, et Walls of Jéricho, implacable déclaration d'intention, un classique si différent du reste de la carrière de la formation qu'on aurait presque tendance à l'oublier.
Et si Walls of Jéricho est si différent de ce qui suivra, ça tient tout simplement au vocaliste menant la charge. Au chant mélodique et puissant d'un Michael Kiske ou d'un Andy Derris, les deux qui le suivront au poste, Kai Hansen, qui continuera évidemment en tant que guitariste et compositeur avant de se sentir à l'étroit et de lancer son Gamma Ray, préfère une approche plus barbare et éraillée, qui colle parfaitement à l'écriture sans compromis alors développée par la formation. De fait, pas de ballade en vue, pas de refrain "fête de la bière à Munich" non plus mais un metal, largement inspiré de modèles britanniques tels que Judas Priest et Iron Maiden, mais plus vite, plus fort, parce que ce Helloween première période veut tout casser, et en a les moyens. C'est déjà évident sur le EP éponyme qui ouvre le bal de cette réédition agencée chronologiquement, ça l'est encore plus pour l'album, ce Walls of Jéricho qui, avec quelques autres (de Grave Digger, de Running Wild et de Rage, alors connu sous le nom d'Avenger) contribuera largement à lancer la vague power/speed metal qui frappera très fort une Allemagne qui ne s'en est toujours pas remise, étant entendu qu'Helloween sont les meilleurs du lot tout simplement parce qu'ils ont les meilleurs chansons, la meilleur maîtrise de l'idiome, la meilleure reconstruction accélérée d'icelui aussi, bref, le bon cocktail au bon moment.
Et la recette du succès c'est que vous connaissez déjà tout ça à part la saine et entraînante vitesse d'exécution où, en résumé, un titre rapide d'un aîné (Judas Priest au hasard) passe ici pour un aimable mid-tempo. Une bonne petite claque qui vous accroche d'emblée avec un speed, énergique et accrocheur Ride the Sky doté d'un exemplaire démonstration de double guitare qui plus est, comme son pendant de la seconde partie, How Many Tears, celui-ci encore plus travaillé avec un beau long break instrumental que ne renierait pas la Vierge de Fer, mais aussi un Guardians en implacable rifforama, le thrashy mid-tempo Gorgar pour l'écrasante puissance de ses riffs, ou encore Judas, la bonus track de bon ton où on sent déjà Helloween transiter vers sa seconde phase, plus mélodique, plus pop oserait-on. Mais ici, avec l'énergie de la jeunesse, un matériau déjà bien rodé dans les clubs de Germanie et donc efficacement troussé en studio, Helloween est le parfait exemple, le maître étalon d'une petite révolution du heavy metal, une qui ne vient pas d'Angleterre pour une fois.
Evidemment, les deux Keeper of the Seven Keys sont toujours chaudement recommandé, plus loin on conseillera de jeter une oreille sur l'excellent The Dark Ride, mais, vraiment, c'est ce débutant Walls of Jéricho qui emporte la timbale et continue, 30 ans après sa sortie, de gagner moult voix chez de jeunes chevelus qui, pourtant, n'étaient même pas un distant projet dans la tête de leurs géniteurs. Et ça c'est le signe, le signe que ce premier Helloween est ce qu'il est convenu d'appeler un classique, tout simplement. Et tant pis si les bonus de cette édition Deluxe (le second cd donc, ne sont pas franchement inoubliables.

CD 1
1. Starlight 5:17*
2. Murderer 4:26*
3. Warrior 4:00*
4. Victim of Fate 6:37*
5. Cry for Freedom 6:02*
6. Walls of Jericho/Ride the Sky 6:45
7. Reptile 3:45
8. Guardians 4:19
9. Phantoms of Death 6:33
10. Metal Invaders 4:10
11. Gorgar 3:57
12. Heavy Metal (Is the Law) 4:00
13. How Many Tears 7:15
14. Judas 4:43
* EP 1985

CD 2
1. Murderer (remix) 4:34
2. Ride the Sky (remix) 6:46
3. Intro/Ride the Sky (live) 7:17
4. Guardians (live) 4:26
5. Oernst of Life 4:46
6. Metal Invaders (demo version) 4:37
7. Surprise Track (White Christmas - I'll Be Your Santa Claus) 2:08

Kai Hansen - Vocals, guitar
Michael Weikath - Guitar, cover concept
Markus Grosskopf - Bass
Ingo Schwichtenberg - Drums
&
James Hardaway - E-mu Emulator II


H comme...
HENRY, JOE "Civilians" (2007)
Welcome to Americana

Vous ne connaissez pas encore Joe Henry ?, vous avez raté ses excellents Short Man's Room (1992) ou Trampoline (1996) ?, pour ne citer qu'eux dans un catalogue d'une belle consistance en sa douzaine d'unités, approchez, mais approchez donc et laisser vous charmer par l'americana sociale et mélodieuse d'un baladin pas comme les autres.
Concrètement, Civilians est le 11ème album de Joe Henry, dont la carrière, débutée au milieu des années 80, n'a pas franchement eu un important retentissement chez nous. Chez lui oui, parce que, tissant sa toile d'opus en opus, raffinant une americana progressive (dans le sens qu'elle fait progresser le style) jusqu'à atteindre la quasi-perfection dix ans plus tard sur le précité Trampoline. Ici, une dizaine de piges plus tard encore, entouré d'une bande de musiciens plus précieux les uns que les autres (de Greg Leisz à Bill Frisell en passant par Loudon Wainwright III ou Van Dyke Parks), il ne fait pas autre chose que d'encore continuer son ouvrage de recréation d'une musique folk américaine qu'il fait totalement sienne.
Parce que, dès le swing western/jazz terriblement bien arrangé d'ouverture, Civilians, avec ses cordes (guitares incluses) discrètes, ses chœurs dynamiques, et sa mélodie, bien sûr, qui fait immédiatement mouche on sait qu'on est en d'excellentes mains. La suite est une belle collection variée et cohérente où folk, jazz, blues et country s'épousent pour le meilleur. Ainsi va t'on d'une country folk douce-amère (Parker's Mood, You Can't Fail Me Now, Our Song, Shut Me Up) où le cousinage vocal avec Tom Petty de Joe fait merveille, à des chansons aux plus dramatiques (le lent et majestueux Civil War, la country néo-paysanne de Scare Me to Death, un Wave qu'on imaginerait bien chez Springsteen), à de plus ludiques ou légères occurrences comme l'entraînant Time Is a Lion qu'on se plait à reprendre en chœur ou le jazz à piano majeur d'I Will Write My Book ô combien bien troussé.
On ne le dira jamais assez, la discographie de ce Joe Henry si injustement méconnu est une caverne d'Ali Baba de la roots music où on peut piocher quasiment au hasard sans prendre le risque de l'erreur mais, tout de même, en compagnie des deux précités, on n'a de cesse de pointer ce très réussi Civilians, un énorme satisfaction à sa sortie, un vrai classique désormais.

1. Civilians 4:36
2. Parker's Mood 4:16
3. Civil War 4:42
4. Time Is a Lion 3:55
5. You Can't Fail Me Now 4:13
6. Scare Me to Death 4:54
7. Our Song 6:20
8. Wave 4:30
9. Love Is Enough 4:49
10. I Will Write My Book 4:12
11. Shut Me Up 6:16
12. God Only Knows 5:03

Joe Henry – vocals, acoustic guitar, handclaps, knee slaps, and corduroy
Bill Frisell – electric and acoustic guitar
Greg Leisz – acoustic guitar, mandolin, Weissenborn, and lap steel
Patrick Warren – piano, Chamberlin, pump organ, and more
David Piltch – upright and electric bass
Jay Bellerose – drums and percussion
Loudon Wainwright III – backing vocals
&
Van Dyke Parks – piano on "Civil War" and "I Will Write My Book"
Chris Hickey – additional backing vocals on "Civilians" and "Time Is a Lion"
The Section Quartet on "Our Song":
Eric Gorfain – first violin
Daphne Chen – second violin
Leah Katz – viola
Richard Dodd – cello


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HINT "Dys" (1996)
Chercher le Noise... Trouver le Beau

Deuxième chapitre d'une histoire hélas trop courte, pas facile de faire une musique différente dans un pays au business souvent ultra-conformiste, Dys est une merveille d'album de, lançons-nous, post-noise-progressive-electronic music, ouais, tout ça !, mais il faut dire qu'ils en ont dans le cœur et dans le chou les trois angevins de Hint ! Comme, en plus, les petits problèmes de mise en son qui plombait quelque peu leur précédent opus, 100% White Puzzle (dont certains titres sont d'ailleurs ici offerts en bonus dans des versions remixées du plus bel effet), ont été résolus, c'est sereinement qu'on peut se concentrer sur ce qu'Arnaud Fournier, Hervé Thomas et Pascal Ianigro ont à nous proposer. En l'occurrence, c'est à l'alliance de la variété et de la qualité à laquelle nous sommes confrontés avec, d'emblée, histoire de bien préparer l'auditeur à la trépanation fine à laquelle il s'expose, un Dys- qui, mêlant noise rock rampant, saxophone free jazz hurlant et salutaires décrochages planants, prouve l'étendue stylistique et l'indéniable talent du trio. La suite est, en somme, le développement de cette piste inaugurale avec du noise-core de compétition (Flexible, Global Futuro), de l'ambient-jazz (ou pas d'ailleurs) d'une vraie beauté mélodique (Inlandsis, Équilibre Instable, Oil Tanker Shipwrecking) et tous les possibles de ces éléments à priori incompatibles mais ici accouplés avec classe, goût et intelligence. A mon sens, le groupe fera encore mieux avec son ultime opus, Wu-Wei, deux ans plus tard mais, déjà, ici, la formule (qui n'en est pas vraiment une) atteint sa plénitude et fait de Dys-, l'album, un immanquable de la musique alternative de France et d'Hint un des tous meilleurs groupes à la marge au monde en 1996, il y a 20 ans déjà.

1. Dys- 4:40
2. Flexible 4:46
3. Inlandsis 5:42
4. Lady of pain 3:08
5. Aquarium 4:54
6. Équilibre instable 2:04
7. Vatnajökull 0:33
8. Oil-tanker shipwrecking 5:14
9. Global futuro (indoor use only) 5:17
10. The hap (no america mix) 4:32
11. Eyes in axis (diaphonic interferences mix) 6:33
12. 100% white puzzle (K2 mix) 6:52

avec
Arnaud Fournier
Hervé Thomas
Pascal Ianigro


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HONDA, YUKA "Heart Chamber Phantoms" (2010)
Heart Collector

Yuka Honda est japonaise mais vit à New York. Yuka Honda a fait partie avec Cibo Matto, collaboré avec le Plastic Ono Band ou Sean Lennon. Heart Chamber Demons est son troisième album solo.
Au programme, un hybride de jazz, d'électronique mélodieuse et de petites déviations ludiques bienvenues. Yuka Honda, maîtresses des samplers mais aussi multi-instrumentiste, y construit des ambiances cotonneuses, pas vraiment futuristes ou alors rétro-futuristes, steampunk en quelque sorte, relecture inspirée d'un idiome ancien sans le violenter, utilisant les outils d'aujourd'hui sans forcément essayer de tout changer. Heart Chamber Phantoms porte, de fait, magnifiquement son titre. Il a indéniablement du cœur, recueilli et confortable il s'écoute plus favorablement en chambre, il est aussi, indéniablement, hanté d'une longue tradition. Et c'est beau, mélodiquement chatoyant, bien arrangé et habité par Miss Honda et ses amis/invités, desquels on citera un Sean Lennon tout en discrétion, l'utile et intense violoncelliste zornien Erik Friedlander, ou Michael Leonhart pour sa trompette "milesienne"...
Electro-jazz atypique à la beauté aussi fragile qu'évidente, la musique de Yuka Honda est chaudement recommandée, en particulier ce très réussi Heart Chamber Phantoms.

1. Phantom With An Armor 4:08    
2. Hydrosphere 4:46    
3. Last Night, Late, By The Lake 4:56    
4. Heart Chamber, Part I: Rock 4:02    
5. Heart Chamber, Part II: Zoe 4:12    
6. Waters On Mars 3:44    
7. Little Hope 4:24    
8. Robot Elephant's Tears 4:01    
9. Cycle Of Water 5:59    
10. Don't Be So Naive 5:35

Yuka Honda - pro-tools, keyboards, sampler, bass, guitar, tenorion, percussion, vocals
Sean Lennon - drums, synth bass, percussion
Dougie Browne - drums
Michael Leonhart - trumpet, flugelhorn, mellophone, vibraphone, bass, wine glass, keyboards, percussion
Shimmy Hirotaka Shimizu - guitar
Erik Friedlander - cello
Pete Drungle - piano
Jeff Hill - bass
Courtney Kaiser - vocals
Scott Seader - vocals


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HOT CHOCOLATE "Hot Chocolate" (1975)
Chaud devant !

Au cœur des septantes, des londoniens décident de faire la nique à leurs cousins nord-américains dans un genre assez rare de ce côté de l'Atlantique, la soul/funk, c'est Hot Chocolate et leur divin second album, cet éponyme de 1975 qui voit une formation avec autant de conscience sociale et de sensualité qu'un Marvin Gaye, s'affirmer comme une belle surprise dont la provenance en surprit plus d'un. Il faut dire qu'à l'image de l'énorme tube de la galette, You Sexy Thing, que vous connaissez tous, c'est à une belle fête de funk bien groovy, bien cuivré mais, surtout, d'une implacable efficacité à laquelle nous nous voyons conviés. Original ? Certes pas mais avec une voix aussi crédible que celle du regretté Errol Brown (R.I.P., 06/05/2015) qu'on entrevoye régulièrement le cousinage avec quelques tauliers du genre (d'Ohio Players en passant par Earth, Wind & Fire ou Kool & the Gang) tient plus de la communion d'esprit que de la lourde référence. Parce que, voilà, que ce soit sur un funk tribal qui rappellerait presque la tribu Clinton (Call the Police), sur un autre où les tours de cuivres n'ont rien à envier à leurs collègues (écossais, eux) d'Average White Band (Hello America) ou sur une belle ballade bien larmoyante comme on aime (A Warm Smile, plus hippie que funky en fait mais pas moins intéressant pour autant), ces anglo-jamaïcains n'ont, présentement, absolument pas à redouter la concurrence. Hélas, la suite de leur aventure, pas dénuée d'intérêt, ça non, sera nettement moins satisfaisante que ce second opus dont, re-hélas, on a trop tendance à ne sortir que son épatant single. Mais Hot Chocolate était plus qu'un bête one-hit-wonder de plus... Ici, il est même chaudement recommandé aux amateurs de funk/soul typique des septantes.

1. Hello America 3:25
2. The Street 5:09
3. Call The Police 3:59
4. Dollar Sign 2:58
5. You Sexy Thing 4:05
6. A Child's Prayer 3:52
7. A Warm Smile 5:24
8. Amazing Skin Song 4:05
9. Love's Coming On Strong 3:42
10. Lay Me Down 3:29
Bonus
11. Cheri Babe 2:52
12. Sexy Lady 3:20
13. Blue Night 4:02
14. You Sexy Thing (B-Side Version) 4:01
15. Everything Should Be Funky 3:06
16. You Sexy Thing (Single Version) 4:04

Errol Brown – lead vocals
Tony Wilson – bass guitar, vocals
Harvey Hinsley – lead guitar, acoustic guitar, backing vocals
Patrick Olive – percussion, bass guitar, backing vocals
Tony Connor – drums, electric Piano, backing vocals
Larry Ferguson – keyboards
The CCS Horns – 2 trumpets, 1 trombone, alto, baritone and tenor saxophones


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HÜSKER DÜ "Candy Apple Grey" (1986)
L'Ouverture

Peut-être parce qu'ils avaient l'impression de tourner en rond, plus sûrement parce qu'ils étaient convaincus d'avoir accouché de leurs classiques en la matière avec New Day Rising et Flip Your Wig, sans doute profitant du transfert du label indé SST vers la major Warner Bros, Hüsker Dü varie les plaisirs avec son cru de 1986, Candy Apple Grey.
Du coup, ceux qui attendaient exclusivement leur dose d'électricité "qui a du chou" pourront repasser. Du chou, y en a toujours, de l'électricité aussi, et parfois les deux se combinent mais, cette fois, l'affaire est particulièrement variée, et n'en sort pas gagnant qui l'on attendait forcément... En effet, si Hüsker Dü est un trio, et même un power trio, en matière de force créative, c'est à un duo aux compositions partagées entre le chanteur et guitariste Bob Mould et le chanteur et batteur Grant Hart (qui se partagent d'ailleurs aussi la production de l'album), et Greg Norton, lui, joue de la basse et il est très heureux comme ça.
Or donc, l'habitude avait vu Mould dominer qualitativement Hart, cette fois, la tendance est inversée. Avec trois des meilleurs compositions de l'opus, et pas vraiment par surprise de celles qui marquent le plus une ouverture vers une musique plus mélodique, nommément le très efficace rocker Don't Wanna Know If You Are Lonely, le délicieusement revivaliste avec son bon gros orgue Sorry Somehow, ou la belle ballade piano/voix No Promise Have I Made, Hart fait fort. C'est dire, même quand il fait dans le plus habituel (l'efficace Dead Set on Destruction), il réussit son coup et remplit donc avec l'ovation qui lui est due son 40%.
Et les 60% de Mould ? Du bon et du moins bon. Du bon avec de l'accrocheur joliment troussé (le relativement tempéré I Don't Know for Sure), avec de l'acoustique aussi surprenant que satisfaisant (Too Far Down), du presque pop qui fonctionne même s'il est un peu longuet (Hardly Getting Over It et ses 6 minutes sans grandes variations), du bon gros rock bien carré et rentre-dedans (Eiffel Tower High) mais aussi un Crystal un peu lourdaud en ouverture de l'album et, à l'autre bout de l'album, un All This I've Done for You un peu trop "automatique... pas très inspiré. Du coup, si Mould s'en sort bien, et que l'album se tient donc forcément bien avec 8 titres réussis ou très réussis et seulement deux laissant à désirer (sans être indignes, hein !), il nous laisse un petit goût d'autant plus amer dans la bouche qu'on le sait capable de mieux.
Mais bon, Candy Apple Grey, qui sera le plus gros succès du groupe si pas son travail le plus accompli, est une foutue bonne galette, pas exactement un classique mais presque, un album bien troussé par des musiciens qui se connaissent par caeur et font mieux que "faire le métier". C'était il y a presque 30 ans, et ça le fait toujours, on ne devrait pas avoir besoin d'en dire plus !

1. Crystal 3:28
2. Don't Want to Know If You Are Lonely 3:29
3. I Don't Know for Sure 2:27
4. Sorry Somehow 4:25
5. Too Far Down 4:37
6. Hardly Getting Over It 6:02
7. Dead Set on Destruction 2:59
8. Eiffel Tower High 2:49
9. No Promise Have I Made 3:39
10. All This I've Done for You 3:09

Bob Mould - guitar, vocals, keyboards, percussion
Grant Hart - drums, vocals, percussion, keyboards
Greg Norton - bass guitar


jeudi 24 décembre 2015

Double Dose de Plaisir (Volume 2)

Une double dose de plaisir pour un Noël anticipé ? Parce qu'on ne fait pas les choses à moitié chez le Zornophage ! Vous y retrouverez d'énormes classiques (tellement classiques que je n'y ai même pas mis d'extrait) et d'autres, plus récents, que vous ne connaissez sans doute pas encore. Allez, Ho Ho Ho, Joyeux Noël et toutes ces sortes de choses, et, bien-sûr, Enjoie !

BoB Deluxe
Bob Dylan "Blonde on Blonde" (1966)
ou "Double Blonde"

C'est un Bob Dylan au sommet de sa gloire, au summum de son inspiration aussi. C'est un Bob Dylan qui a gagné la bataille de l'électricité, trouvé un nouveau public et imposé une liberté de ton inhabituelle dans une scène folk dont il s'éloigne de plus en plus. C'est un Bob Dylan bien entouré, enfin, et donc prêt à en découdre sur une double galette noire depuis dûment entrée dans la légende, Blonde on Blonde, évidemment.
Présentement, sur les talons de deux albums qui ont affiché sa notable évolution, nommément Bring It All Back Home et Highway 61 Revisited, Dylan a une pression phénoménale sur ses frêles épaules tant tout le monde ou presque s'attend à ce qu'il ne parvienne pas à maintenir l'hallucinant niveau dont il fait montre depuis le tout début de sa carrière discographique, 4 ans et demi plus tôt seulement. C'est avec un double album que le Zim' réalise son tour de force, le premier du genre dans la musique populaire destiné à un public plutôt jeune ceci dit en passant, un sacré pari relevé par un artiste dont l'inspiration ne se dément nullement. Parce qu'il faut le dire, avec un groupe évoluant de celui employé sur les deux fameuses galettes précédentes, Bob épate par les trésors qu'il est encore et toujours capable de délivrer. Des textes, bien-sûr, parce que la plume du petit gars de Duluth est une des plus sûres de son époque, des mélodies aussi parce que si Dylan n'est objectivement pas le plus grand vocaliste de la création, les limitations de son timbre n'amoindrissent en aucun cas la porté harmonique de sa production. Ainsi a-t-on droit à quelques morceaux destinés à devenir d'authentiques classiques (Rainy Day Women #12 & 35, I Want You et Just Like a Woman sur lesquels il n'est pas besoin de faire l'article) entourés d'une sélection qui, franchement, en impose. A titre informatif, on citera Visions of Johanna (une déchirante ballade), Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again (où ce diable prouve que le blues est aussi, encore et toujours, dans ses divines cordes), Absolutely Sweet Marie (où Bob prouve qu'il sait aussi faire de la pop) ou Sad Eyed Lady of the Lowlands (une longue ballade dit-on dédicacée à sa chérie d'alors) mais, vraiment, c'est toutes les pistes de cette mine à chansons précieuses qui méritera votre attention pointilliste et, conséquemment, récoltera votre absolue admiration.
Blonde on Blonde, c'est aussi un Bob Dylan qui brûle le cierge de son inspiration par les deux bouts ce qui ne tardera pas à annoncer des heures moins enthousiasmantes, mais pas avant d'avoir dûment exploré des racines étatsuniennes traditionnelles (John Wesley HardingNashville Skyline) pour le magnifier. Blonde on Blonde c'est aussi, surtout !, une immanquable galette d'un artiste essentiel, mais ça, vous le saviez déjà.

1. Rainy Day Women #12 & 35 4:36
2. Pledging My Time 3:50
3. Visions of Johanna 7:33
4. One of Us Must Know (Sooner or Later) 4:54
5. I Want You 3:07
6. Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again 7:05
7. Leopard-Skin Pill-Box Hat 3:58
8. Just Like a Woman 4:52
9. Most Likely You Go Your Way And I'll Go Mine 3:30
10. Temporary Like Achilles 5:02
11. Absolutely Sweet Marie 4:57
12. 4th Time Around 4:35
13. Obviously 5 Believers 3:35
14. Sad Eyed Lady of the Lowlands 11:23

Bob Dylan – vocals, guitar, harmonica, piano
&
Bill Aikins
– keyboards
Wayne Butler – trombone
Kenneth Buttrey – drums
Rick Danko or Bill Lee – bass guitar (New York)
Bobby Gregg – drums (New York)
Paul Griffin – piano (New York)
Jerry Kennedy – guitar
Al Kooper – organ, guitar
Charlie McCoy – bass guitar, guitar, harmonica, trumpet
Wayne Moss – guitar, vocals
Hargus "Pig" Robbins – piano, keyboards
Robbie Robertson – guitar, vocals
Henry Strzelecki – bass guitar
Joe South – bass guitar, guitar

BOB DYLAN

PSyCHéBLue
The Jimi Hendrix Experience "Electric Ladyland" (1968)
ou "Jimiland"

Progmonster de chez Guts of Darkness :
"Riche. Intense. Intelligent. Puissant. Mystique. Il doit manquer des milliers de pages à mon dictionnaire puisque je me retrouve tout à coup à cours d'adjectifs mélioratifs pour tenter seulement de vous décrire le torrent d'émotion qui vous submerge à l'écoute de ce disque mythique. Ce n'est pas possible autrement.
Non, je ne deviens pas gâteux. Je ne vous écris pas sous l'effet d'une soudaine nostalgie de vieux soixante-huitard mal embouché, chose que je ne suis pas d'ailleurs (pas embouché, soixante-huitard je veux dire). Parce que, merde quoi, il ne s'agit pas de n'importe quoi ! Je vous parle de "Electric Ladyland", le double album de la fin des années soixante qui surpasse facilement tous les autres. Un monument de musique pop qui revisite à coup de baguette magique tout ce qui fût, tout ce qui est et tout ce qui sera. Ce disque a tout simplement des allures de chef-d'oeuvre visionnaire ou chaques notes se revêtissent d'une importance capitale, tout en s'abandonnant à l'insouciance et à l'urgence de l'instant.
Bon, ouais, ça va, j'avoue, "Little Miss Strange" fait peut-être exception à cette règle d'excellence qui habite le troisième disque de l'Experience. Mais on peut se dire aussi que ce titre, s'il est présent, l'est de manière tout à fait emblématique, comme dernière trace d'une époque à jamais révolue. Car après cette pause légère (en fait, bien venue après ce sommet de blues psychédélique qu'est "Voodoo Chile", jouissant de plus des interventions lumineuses de l'organiste de Traffic, Steve Winwood), on repart de plus belle avec une série de titres toujours aussi terriblement accrocheurs, remplis de pépites d'inventivités tant harmoniques que rythmiques à vous en donner le vertige. Ce sont l'adaptation musclée du "Come On (Let the Good Times Roll)" de Earl King, "Gypsy Eyes", "Burning of the Midnight Lamp" et "Rainy Day, Dream Away", autant d'incontournables du songbook d'Hendrix. Mais on n'est pas au bout de nos peines ; avant de refermer le disque sur d'autres monuments laissés au patrimoine de l'humanité ("House Burning Down", sa version du "All Along the Watchtower" de Dylan et le célebrissime "Voodoo Child"), s'intercale le vrai gros morceau de la session. J'ai nommé "1983", sa suite en deux parties, qui pourrait bien suffire à toute personne désireuse de goûter au progressif sans se risquer à s'y plonger d'avantage. Jazz, psyché, rock, tout est là, tout ça à la fois.
Toute cette part de notre culture musicale réunit et extrapolée en un peu moins d'une heure et vingt minutes. "Electric Ladyland" serait-il donc l'album parfait ? Je ne suis pas loin de le penser. Et vous ?"
...J'aurais pas mieux dit.

1. ...And the Gods Made Love 1:21
2. Have You Ever Been (To Electric Ladyland) 2:11
3. Crosstown Traffic 2:25
4. Voodoo Chile 15:00
5. Little Miss Strange 2:52
6. Long Hot Summer Night 3:27
7. Come On (Part I) 4:09
8. Gypsy Eyes 3:43
9. Burning of the Midnight Lamp 3:39
10. Rainy Day, Dream Away 3:42
11. 1983... (A Merman I Should Turn to Be) 13:39
12. Moon, Turn the Tides... Gently Gently Away 1:02
13. Still Raining, Still Dreaming 4:25
14. House Burning Down 4:33
15. All Along the Watchtower 4:01
16. Voodoo Child (Slight Return) 5:12

Jimi Hendrix – lead vocals, guitar, piano, percussion, comb and tissue paper kazoo, electric harpsichord, bass on "Have You Ever Been (To Electric Ladyland)", "Long Hot Summer Night", "Gypsy Eyes", "1983", "House Burning Down", and "All Along the Watchtower"
Noel Redding – backing vocals, bass on "Crosstown Traffic", "Little Miss Strange", "Come On (Let the Good Times Roll)", "Burning of the Midnight Lamp", and "Voodoo Child (Slight Return)", acoustic guitar and lead vocals on "Little Miss Strange"
Mitch Mitchell – backing vocals, drums (except on "Rainy Day Dream Away" and "Still Raining, Still Dreaming"), percussion, lead vocals on "Little Miss Strange"
&
Jack Casady
– bass on "Voodoo Chile"
Brian Jones – percussion on "All Along the Watchtower"
Al Kooper – piano on "Long Hot Summer Night"
Dave Mason – twelve string guitar on "All Along the Watchtower", backing vocals on "Crosstown Traffic"
The Sweet Inspirations – backing vocals on "Burning of the Midnight Lamp"
Steve Winwood – organ on "Voodoo Chile"
Chris Wood – flute on "1983... (A Merman I Should Turn to Be)"
- On "Rainy Day, Dream Away" and "Still Raining, Still Dreaming":
Larry Faucette – congas
Mike Finnigan – organ
Buddy Miles – drums
Freddie Smith – tenor saxophone


THE JIMI HENDRIX EXPERIENCE

FRee SToNeS
The Rolling Stones "Exile on Main St" (1972)
ou "Blue Exile"

Grand album de blues rock malade d'un combo en exil forcé pour diverses et peu reluisantes raisons fiscales et judiciaires, Exile on Main St est, surtout !, le grand chef d'œuvre de la seule mouture des Rolling Stones à avoir jamais possédé un authentique guitar-hero dans ses rangs, celle avec Mick Taylor, évidemment.
Dans les faits, l'album final est un collage de trois sessions s'étalant de 69 à 72, un collage qui, mis bout à bout, fait totalement sens, un collage qui recadre les Rolling Stones dans ce qu'on attend fondamentalement d'eux, une version sale gosse british du rock et du blues américain, ce qu'explicite divinement la pochette... en collage. Cette cohérence de ton, malgré l'espacement des enregistrements donc, ce côté à la fois laid-back et énervé, on s'en fout mais on va tous péter !, est la force de ces dix-huit chansons bricolées avec moult guests venu palier les absences de, surtout, Bill Wyman et Charlie Watts sans doute trop occupés à mener la belle vie sur la Côte d'Azur, lieu d'élection de leur doux exil. Et donc, ce qui devrait être un grand fourre-tout, le Double Blanc de Jagger/Richards, s'avère le plus aboutis, le plus poisseux aussi, des albums de ces londoniens à nuls autres pareils. En chanson, ça donne une très solide collection, ce n'est pas toujours le cas chez les Rolling Stones, où quelques pépites se démarquent tout de même : Rocks Off où le riff typique de Richards et la morgue bluesy de Jagger font tellement merveille qu'on n'aurait presque pas besoin de ce piano honky-tonk, des ces cuivres staxiens en diable et de la guitare de Mick mais si en fait, Tumbling Dice qui sait pousser ces Pierres Qui Roulent dans leurs derniers retranchements soul'n'blues, Tom and Frayed en impeccable country rock à faire pâlir d'envie tous ceux, nombreux !, qui s'adonnent alors à l'exercice, ce Ventilator Blues rampant en résurgence de Chicago via le Delta qui confirment que les angliches "ont des lettres" et les moyens de leurs envies, Let It Loose en magnifique ballade rock rondement menée et si joliment enrichie d'aptes flaveurs gospel qu'on n'y résiste pas, ou Shine a Light où, vraiment !, Taylor est trop bon pour qu'on ne le dise pas... Comme ces perles articulent un album dans réel faux-pas, quelques dérapages contrôlés, ça oui !, le bonheur est évidemment au bout du chemin.
Exile on Main Street ? C'est sans le moindre doute la dernière grande-œuvre des Rolling Stones, un album séminal et essentiel, et pas seulement pour les afficionados du groupe, un album que tout amateur de rock qui se respecte se doit de posséder dans sa collection, un immense classique, quoi.

1. Rocks Off 4:31
2. Rip This Joint 2:22
3. Shake Your Hips 2:59
4. Casino Boogie 3:33
5. Tumbling Dice 3:45
6. Sweet Virginia 4:27
7. Torn and Frayed 4:17
8. Sweet Black Angel 2:54
9. Loving Cup 4:25
10. Happy 3:04
11. Turd on the Run 2:36
12. Ventilator Blues 3:24
13. I Just Want to See His Face 2:52
14. Let It Loose 5:16
15. All Down the Line 3:49
16. Stop Breaking Down 4:34
17. Shine a Light 4:14
18. Soul Survivor 3:49

Mick Jagger – lead vocals, harmonica, percussion; guitar on "Tumbling Dice" and "Stop Breaking Down"
Keith Richards – guitars, backing vocals; lead vocals on "Happy"; electric piano on "I Just Want to See His Face"; bass guitar on "Casino Boogie", "Happy" and "Soul Survivor"
Mick Taylor – guitars, slide guitar; bass guitar on "Tumbling Dice", "Torn and Frayed", "I Just Want to See His Face" and "Shine a Light"
Bill Wyman – bass guitar
Charlie Watts – drums
&
Nicky Hopkins
– piano
Bobby Keys – saxophone, percussion on "Happy"
Jim Price – trumpet, trombone, organ on "Torn and Frayed"
Ian Stewart – piano on "Shake Your Hips", "Sweet Virginia" and "Stop Breaking Down"
Jimmy Miller – drums on "Tumbling Dice" (the outro), "Happy" and "Shine a Light", percussion on "Sweet Black Angel", "Loving Cup", "I Just Want to See His Face" and "All Down the Line"
Bill Plummer – upright bass on "Rip This Joint", "Turd on the Run", "I Just Want to See His Face" and "All Down the Line"
Billy Preston – piano and organ on "Shine a Light"
Al Perkins – pedal steel guitar on "Torn and Frayed"
Richard Washington – marimba on "Sweet Black Angel"
Clydie King, Venetta Fields – backing vocals on "Tumbling Dice", "I Just Want to See His Face", "Let It Loose" and "Shine a Light"
Joe Green – backing vocals on "Let It Loose" and "Shine a Light"
Gram Parsons – backing vocals on "Sweet Virginia"
Chris Shepard – tambourine on "Turd on the Run"
Jerry Kirkland – backing vocals on "I Just Want to See His Face" and "Shine a Light"
Mac Rebennack, Shirley Goodman, Tami Lynn – backing vocals on "Let It Loose"
Kathi McDonald – backing vocals on "All Down the Line"

THE ROLLING STONES

UNDeR WaTeRS
Pink Floyd "The Wall" (1979)
ou "Concept névrotique"

Sous la coupe d'un Roger Waters plus que jamais en contrôle de la destiné d'un quatuor qu'il considère désormais comme le véhicule de sa cafardeuse inspiration, Pink Floyd produit le dernier grand concept album de 70s finissantes, à une époque où, punk oblige, le format, et le style psychédélico-progressif pratiqué par le groupe, n'a plus vraiment le vent en poupe. Vous y êtes ? Alors place aux mots d'Oli de W-Fenec :
"The Wall est l'album d'une vie, celle de Roger Waters, un concept album autobiographique qui interpelle le monde en 1979 mais qu'il avait en tête depuis toujours. Avant de se lancer dans l'écriture finale de l'album, il avait présenté deux idées : celle-là, sombre et personnelle et une autre The Pros and Cons of Hitch-Hiking, concept album construit autour d'un auto-stoppeur, album qu'il enregistrera plus tard en solo. L'histoire de Waters, mûre, s'est imposée. En même temps que la musique, il imagine un film mais le projet qui est devenu un double album est suffisamment ambitieux... le film viendra deux ans plus tard (une fois le succès assuré) avec les incroyables participations de Bob Geldorf (le rôle de Pink), Gerald Scarfe (dessinateur) et Alan Parker (réalisateur). The Wall est le résultat de l'enfance de Roger et de sa starisation. Il se construit un mur, son mur à l'intérieur duquel il est prisonnier. Les briques qui le façonnent sont la guerre avec ses incertitudes et ses bombes ("Goodbye Blue Sky", "Vera", "Bring the Boys Back Home"), la guerre qui lui prend son père ("Another Brick in the Wall - part 1"), sa mère ultra possessive et protectrice ("Mother"), le système éducatif anglais qui réprime sa créativité ("Another Brick in the Wall - part 2"), puis les problèmes relatifs à la célébrité ("In the Flesh", "The Show Must Go On") et l'explosion de son couple ("Young Lust", "Nobody Home"). Face à tout cela, Roger n'arrive à pas à réagir, ne trouve pas les moyens de fuir comme il le conseille dans un délire mégalomaniaque ("Run Like Hell"), il s'enferme, culpabilise, tente de se suicider ("Goodbye Cruel World"), il attend la fin, sa fin ("Waiting for the Worms").
L'album est sombre, violent ("In the Flesh ?"), formidablement triste ("The Thin Ice", "Hey You", "Outside the Wall"), on s'apitoie sur un Roger isolé, incompris, qui cherche désespérément un peu de réconfort ... il le trouve dans "Comfortably Numb", rare titre (Roger Waters a quasiment tout écrit seul) où David Gilmour (qui n'a pas autant de tourments !) participe, il l'enrichit majestueusement de parties de guitares magistrales, Wright, plus discret, joue sur les atmosphères et la tension pendant que Mason alterne retenue et défoulement ("Run Like Hell").
The Wall est la psychanalise de Waters interprétée par un Pink Floyd qui nous offre un nouveau visage : le chant n'a jamais eu autant d'importance, l'ambiance n'a jamais été aussi glauque ("Don't Leave Me Now"), jamais un album n'avait mis aussi mal à l'aise son auditeur.
Le succés est lui, toujours aussi planétaire, dans certains pays les étudiants contestataires s'approprient "Another Brick in the Wall - part 2", les autorités interdisent la vente de l'album..., aujourd'hui encore ce titre est connu de tous (we don't need no education) et subi des reprises plus ou moins heureuses (de Pearl Jam à Artsonic en passant par Class of '99 et des DJs innommables). Cet album de a contribué à l'écriture de la légende Pink Floyd et clôt le dernier grand chapitre, The Final Cut, sorte de suite malheureuse de The Wall (la guerre et le père de Waters y étant omniprésents) marquant plus le début de la carrière solo de Waters que la fin de celle du groupe dont il vient de prendre (et perdre) définitivement possession.
"
On précisera que, remasterisation dernière génération oblige, c'est aussi à un festin sonore, de ceux qui font oublier la galette noire originelle, pas moins !, dont il s'agit. A vos souris, en gros !

CD 1
1. In the Flesh? 3:16
2. The Thin Ice 2:27
3. Another Brick in the Wall (Part I) 3:21
4. The Happiest Days of Our Lives 1:46
5. Another Brick in the Wall (Part II) 3:59
6. Mother 5:32
7. Goodbye Blue Sky 2:45
8. Empty Spaces 2:10
9. Young Lust 3:25
10. One of My Turns 3:41
11. Don't Leave Me Now 4:08
12. Another Brick in the Wall (Part III) 1:48
13. Goodbye Cruel World 0:48

CD 2
1. Hey You 4:40
2. Is There Anybody Out There? 2:44
3. Nobody Home 3:26
4. Vera 1:35
5. Bring the Boys Back Home 1:21
6. Comfortably Numb 6:23
7. The Show Must Go On 1:36
8. In the Flesh 4:15
9. Run Like Hell 4:20
10. Waiting for the Worms 4:04
11. Stop 0:30
12. The Trial 5:13
13. Outside the Wall 1:41

Roger Waters - bass, vocals, rhythm guitar, synthesizers, sound effects
David Gilmour - lead and rhythm guitars, vocals, bass, synthesizers
Nick Mason - percussion
Richard Wright - piano, hammond organ, electric piano, synthesizers, bass pedals
&
Bruce Johnston
– backing vocals
Toni Tennille – backing vocals
Joe Chemay – backing vocals
Jon Joyce – backing vocals
Stan Farber – backing vocals
Jim Haas – backing vocals
Children of Islington Green School – vocals
Bob Ezrin – piano, hammond organ, synthesizers, reed organ, backing vocals
James Guthrie – percussion, synthesizer, sound effects
Jeff Porcaro – drums
Joe Porcaro, Blue Ocean & 34 others – snare drums
Lee Ritenour – guitars
Joe (Ron) di Blasi – classical guitar
Fred Mandel – hammond organ
Bobbye Hall – congas, bongos
Frank Marrocco – concertina
Larry Williams – clarinet
Trevor Veitch – mandolin
New York Orchestra – orchestra
New York Opera – choral vocals
Unnamed children's choir from New York – children’s choral vocals
"Vicki & Clare" – backing vocals
Harry Waters – child's voice, "Goodbye Blue Sky"
Chris Fitzmorris – male telephone voice
Trudy Young – voice of the groupie
Phil Taylor – sound effects

PINK FLOYD

RoYaL !
Prince "Sign "O" the Times" (1987)
ou "Funk progress"

Il en parle tellement bien de ce Signe O' the Times de Roger "Prince" Nelson, Korama de chez Forces Parallèles, que, sans coup férir, je lui laisse la main :
"Nous voici donc en 1987, et Prince, désormais seul aux manettes, sort son nouvel album un an tout pile après Parade. Sign O' The Times : le disque de tous les classements, de toutes les discothèques idéales, de tous les superlatifs. Pourquoi une telle unanimité ?
Peut-être parce que Sign O' The Times est en réalité le “best of” de trois projets refusés par Warner, signant le début des bisbilles entre l’artiste et sa maison de disque : le double Dream Factory concocté en 1986 avec The Revolution, le side project Camille, alter égo féminin de Prince interprété par Prince lui-même et dont la voix est pitchée dans les aigus, et le triple Crystal Ball regroupant ces deux précédents projets en y ajoutant des nouveautés. Devant le refus de Warner de sortir un triple album, Prince n’a d’autre choix que de le réduire à un double. Il conserve 15 titres triés sur le volet du projet Crystal Ball, et enregistre un duo avec Sheena Easton. Ça donnera le 16ème titre, “U Got The Look”.
Peut être parce que Sign O' The Times est aussi un album somme. Un véritable catalogue de genres musicaux, retraçant trente ans de musique populaire tout en se payant le luxe d’être novateur. C’est bien simple, tout y passe :
- de la soul à la Curtis Mayfield ? “Slow love” et “Adore”. Check.
- de la ritournelle pop à la Beatles ? “Starfish and Coffee” et “Strange Relationship”. Check.
- un petit hommage jazzy à Joni Mitchell ? “The Ballad Of Dorothy Parker”. Check.
- du funk robotique façon Herbie ? “It” et “Hot Thing”, deux techno-funk minimalistes avec une grosse louche de sexe pour faire bonne mesure. Check.
- du blues 21eme siècle ? “Forever In My Life”. Avec en plus, une petite subtilité qui en fait tout le sel : les chœurs sont constamment en avance sur ce que prononce le lead. Inversion des rôles. Check.
- du rock à guitare virant hymne de stade ? “I Could Never Take The Place of Your Man”, mais surtout “The Cross” qui démarre dans un quasi silence pour terminer en explosion de guitares (on en fait des belles choses avec un Mi et un La…). Check.
- de la pop efficace calibrée charts ? “U Got The Look”. Check.
- du jam funk festif ? “It’s Gonna Be A Beautiful Night”, premier titre live paru officiellement sur disque, et c’est en France que cela a été capturé (Paris 1986) ! Check.
Peut être enfin parce que Sign O' The Times possède en son sein de véritables osnis (objets sonores non identifiés) - enfin, des trucs encore plus bizarres que le reste du disque, pour être exact. Des titres qui font que cet album est définitivement ailleurs et écrase forcément la concurrence de l’époque.
Commençons par le titre qui ouvre l’album et donne son nom à cet opus, je veux bien sûr parler de “Sign O' The Times”. Un beat de Linn Drum, des percussions synthétiques, et ce “Oh yeah” qui résonne comme une invitation. Et là, Prince nous envoie sa chanson la plus politique depuis un bail. Prince devient, le temps d’un titre, un Dylan funk, évoquant tour à tour le sida, l’explosion de Challenger, les homeless, la drogue… Dance on man ! Sur ce rythme robotique, une guitare se balade, comme autant de ponctuations d’un discours désabusé. Cette guitare se fera hargneuse dans les versions live. La chronique du déclin du rêve américain.
Deuxième ovni, “Housequake”. Mais c’est quoi, ça ! C’est funk, c’est jazz, et ça renvoie le rap naissant à ses chères études. C’est autre chose, on ne sait pas quoi, mais c’est unique. Ce titre, c’est l’essence de Prince. Un morceau qui est toujours d’actualité, vingt cinq ans après sa sortie.
Enfin, troisième morceau d’exception, le troublant “If I Was Your Girlfriend”, attribué à Camille. Drôle de morceau construit sur une basse slappée sur fond de nappe synthétique, un beat de Linn Drum et un motif mélodique au clavier doté d’un son d’accordéon. Et les voix de Prince, la lead étant pitchée dans les aigus alors que les chœurs étant pitchés dans les graves. De tant d’artifices devrait naître une certaine distance, mais c’est au contraire toute une humanité, toute une sensibilité étrange qui se dégage, les lyrics renforçant la confusion des sentiments et des genres.
Voila peut être pourquoi Sign O' The Times est, encore aujourd’hui, classé parmi les disques incontournables. Alors, doit on se féliciter du choix de la Warner d’avoir refusé les autres projets ? Au vu du résultat, on serait tenté de dire oui. Mais à la vérité, quand on connait les titres écartés - et qui sortiront quasiment tous dans les années qui suivront - Prince avait largement de quoi remplir un triple album qui tienne la route. Tout simplement parce que sa boulimie créatrice était sans limite durant cette période, et qu'il était intouchable, tout comme son modèle Stevie Wonder dominait outrageusement la musique entre 1972 et 1976.
"
Personellement, ça demeure mon Prince préféré, celui où les expérimentations de son passées se rencontrent et s'épousent en un tout ô combien recommandable que, si vous l'avez jusqu'à ce jour manqué, c'est mal !, je ne puis que chaudement vous conseiller.

CD 1
1. Sign o' the Times 4:57
2. Play in the Sunshine 5:05
3. Housequake 4:42
4. The Ballad of Dorothy Parker 4:01
5. It 5:09
6. Starfish and Coffee 2:50
7. Slow Love 4:22
8. Hot Thing 5:39
9. Forever in My Life 3:30

CD 2
1. U Got the Look 3:47
2. If I Was Your Girlfriend 5:01
3. Strange Relationship 4:01
4. I Could Never Take the Place of Your Man 6:29
5. The Cross 4:48
6. It's Gonna Be a Beautiful Night 9:01
7. Adore 6:30

Prince - all vocals and instruments except as noted below
Wendy Melvoin - guitar and backing vocals (7), tambourine and congas (12, 15)
Lisa Coleman - backing vocals (7), Fairlight sitar and wooden flute (12), keyboards and backing vocals (15)
Sheila E. - drums and percussion (10), percussion and rap (15)
Dr. Fink - keyboards (15)
Miko Weaver - guitar (15)
Brown Mark - bass (15)
Bobby Z. - drums (15)
Eric Leeds - saxophone (3, 7, 8, 15, 16)
Atlanta Bliss - trumpet (3, 7, 15, 16)
Susannah Melvoin - backing vocals (2, 4), vocals (15)
Jill Jones - vocals (15)
Sheena Easton - co-lead vocals (10)

PRINCE

BRiT aNGST
Manic Street Preachers "Generation Terrorists" (1992)
ou "Punk's Not Dead"

Oser un double album studio dès son premier opus, il faut être un peu punk, carrément décadent et assurément plein de morgue et d'envie pour s'y essayer. Ca tombe bien c'est exactement le cas d'un quatuor gallois répondant au doux nom de Manic Street Preachers.
Mais quelle est exactement l'ambition de ces quatre gars quand ils se lancent dans un projet semblant destiné à rabibocher le plus "pomp" du rock avec l'éthos punk d'un Clash ? Et comment parvenir à réaliser telle tour de force quand on n'en est, fondamentalement, qu'au tout début d'une carrière prometteuse, le MSP s'étant fait un nom avant de signer chez la major Columbia ? En ne faisant rien comme tout le monde, forcément ! En ayant un guitariste/parolier, Richey Edwards, qui ne chante pas ni ne joue de guitare sur l'album, icelles enregistrées par le chanteur, James Dean Bradfield, en osant, de la power-ballade la plus typique qui soit (Motorcycle Emptiness, un machin à deux doigts de Whitesnake, carrément !), du riff à la Keith Richards pour un post-glam réussi (Slash 'n' Burn), du stadium rock grungisé de compétition (You Love Us), une lecture très personnelle de l'electro (Repeat (Stars and Stripes) ou les Manic Beaties pour situer), ou de la pop (ici punkisée) comme ils en réussiront beaucoup quelques années plus tard (So Dead)... En élargissant, en s'essayant à tous les possibles sur une base rock hard en solide et utile fondation ce que confirme dès son titre l'ultime chanson de l'opus originel, Condemned to Rock 'n' Roll. Une belle collection de mec "qui en ont".
Et puis il y a les bonus, édition Deluxe commémorative du 20ème anniversaire de l'album oblige, et là, majoritairement grâce aux moult démos préparatoires de l'album, on peut constater des changements, des enrichissements, une faim grandissante de faire du punk rock théâtral qui séduira surtout les vrais fans du groupe, les autres, passée une première écoute amusée, relègueront la chose au rang des souvenirs.
Presque aussi têtes à claques qu'Oasis (ça s'est amélioré depuis pour les gallois), mais tellement plus talentueux, c'est l'évidence dès ce premier long-jeu aux ambitions pas toutes réalisées mais terriblement gonflées, les Manic Street Preachers s'installaient, en 1992, comme une force avec laquelle il allait falloir compter dans le petit monde du rock britannique, prédiction depuis largement confirmée.

CD 1 - Album
1. Slash 'n' Burn 3:59
2. Nat West–Barclays–Midlands–Lloyds 4:32
3. Born to End 3:55
4. Motorcycle Emptiness 6:08
5. You Love Us 4:18
6. Love's Sweet Exile 3:29
7. Little Baby Nothing 4:59
8. Repeat (Stars and Stripes) 4:09
9. Tennessee 3:06
10. Another Invented Disease 3:24
11. Stay Beautiful 3:10
12. So Dead 4:28
13. Repeat (UK) 3:09
14. Spectators of Suicide 4:40
15. Damn Dog 1:52
16. Crucifix Kiss 3:39
17. Methadone Pretty 3:57
18. Condemned to Rock 'n' Roll 6:06
Bonus
19. Theme from M*A*S*H (Suicide Is Painless)

CD 2 - Bonus
1. Slash 'n' Burn (House in the Woods Demo) 3:59
2. Nat West–Barclays–Midlands–Lloyds (Marcus Demo) 4:01
3. Born to End (Marcus Demo) 2:54
4. Motorcycle Emptiness (House in the Woods Demo) 6:26
5. You Love Us (Heavenly Version) 4:26
6. Love's Sweet Exile (House in the Woods Demo) 3:15
7. Little Baby Nothing (House in the Woods Demo) 4:25
8. Repeat (Marcus Demo) 2:42
9. Tennessee (House in the Woods Demo) 2:55
10. Another Invented Disease (House in the Woods Demo) 3:32
11. Stay Beautiful (Marcus Demo) 3:13
12. So Dead (House in the Woods Demo) 4:24
13. Repeat (House in the Woods Demo) 3:11
14. Spectators of Suicide (House in the Woods Demo) 5:49
15. Damn Dog (Live) 1:47
16. Crucifix Kiss (Marcus Demo) 3:41
17. Methadone Pretty (House in the Woods Demo) 4:11
18. Suicide Alley (South Wales Demo) 2:34
19. New Art Riot (South Wales Demo) 2:54
20. Motown Junk (London Studio Demo) 2:53
21. Motown Junk 3:59

James Dean Bradfield – lead vocals, lead, rhythm and acoustic guitars
Richey Edwards – rhythm guitar, lyrics
Sean Moore – drum programming, drums, percussion, backing vocals
Nicky Wire – bass guitar
&
May McKenna
– backing vocals on "Another Invented Disease"
Jackie Challenor – backing vocals on "Another Invented Disease"
Lorenza Johnson – backing vocals on "Another Invented Disease"
Dave Eringa – piano, organ on "Nat West–Barclays–Midlands–Lloyds", "You Love Us", "Spectators of Suicide" and "Crucifix Kiss"
Traci Lords – vocals on "Little Baby Nothing"
Spike Edney – keyboards on "Little Baby Nothing"
Richard Cottle – keyboards on "Motorcycle Emptiness"

MANIC STREET PREACHERS

PLaNe-HeR
The Gathering "How to Measure a Planet?" (1998)
ou "Dreamland"

Des Hollandais abandonnant leurs oripeaux gothiques pour de nouveaux habits électro rock planant du plus bel effet ? C'est la transformation de The Gathering avec How to Measure a Planet? (un double, pas moins !) et c'est Dead de chez Trashocore qui nous en parle :
"Lorsque l'on place "How To Measure A Planet?" dans sa platine, il faut tout de même se remettre en tête qu'un an seulement avant lui, les hollandais de the Gathering avaient sorti le plutôt métallique et tout bonnement excellent "Nighttime Birds". Vous l'aurez compris, entre ces deux albums, le groupe a opté pour une direction musicale bien différente, laissant derrière un style qu'ils avaient contribué à créer pour explorer de nouveau horizons. A l'époque, ce nouvel opus a fait un tomber des têtes dans le cheptel des fans du groupe à cause justement de cette nouvelle orientation.
Et pourtant, si vous êtes un temps soit peu sensible, vous ne pourrez pas résister à un tel album. Pour un premier essai, les hollandais ont fait très fort, transformant l'ambiance très froide du précédent album, en une ambiance chaude et intimiste où se mêlent la douceur de la voix d'Anneke et la beauté de la musique distillée par le reste du groupe. Le travail de composition a été réalisé tout en subtilité, la magie de cet l'album reposant sur une savante utilisation de tous les instruments et de multiples arrangements qui lui donnent une grande richesse. Petit bémol : je ne sais pas si c'est dû à la production ou aux qualités intrinsèques d'Anneke, mais bien que le chant demeure très bon, il l'est bien moins que sur les précédents albums, dégageant moins de puissance et se révélant même parfois un peu hésitant.
L'album se décompose en deux CDs (et vu la durée totale, il fallait bien ça). Le premier disque (le plus important) est gorgé de titres plus magnifiques les uns que les autres, dans la majorité très calmes et atmosphériques ("Frail", "Red Is A Slow Colour", "Marooned"), parfois plus électriques ("Great Ocean Road", "Travel") et parfois très très calmes ("Rescue Me", "My Electricity", "The Big Sleep"). Mis à part le single "Liberty Bell" qui est sans conteste le titre le plus mauvais de l'album (Dommage...), l'ensemble est d'une qualité exemplaire, très touchant et prenant comme the Gathering a toujours su le faire.
Le second CD fait plus office de bonus avec 5 titres (dont "How To Measure A Planet?" qui dure près de 30 minutes !!!) et surtout trois excellents morceaux : "Illuminating", "Locked Away" et "Probably Built In The Fifties".
Le tout possède une durée vraiment impressionnante (plus d'une heure quarante de musique) que vous aurez sûrement du mal à vous enfiler en une fois, mais l'ensemble vaut vraiment la peine d'être écouté.
Bien loin de son grand frère "Nighttime Birds", "How To Measure A Planet?" marque donc un tournant dans le carrière de ce grand groupe qu'est The Gathering, annonçant un changement de cap qu'ils ne quitteront plus pour en arriver à leur style actuel que l'on peut découvrir sur le sublissime "Souvenirs". Malgré quelques imperfections, le groupe signe tout de même une de ses meilleures productions, dégageant tout ce dont un album de cette trempe doit dégager : émotions et sensibilité. Tout simplement magnifique.
"
Si les ambitions du groupe ont, depuis, été revue à la baisse, et sans doute étant trop élevées pour eux était-ce une bonne idée, reste ce How to Measure a Planet? plus qu'intéressant et assurément réussi et attachant jusque dans ses (rares) maladresse, un album recommandé.

CD 1
1. Frail (You Might as Well Be Me) 5:04
2. Great Ocean Road 6:19
3. Rescue Me 6:22
4. My Electricity 3:32
5. Liberty Bell 6:01
6. Red is a Slow Colour 6:26
7. The Big Sleep 5:01
8. Marooned 5:56
9. Travel 9:06

CD 2
1. South American Ghost Ride 4:25
2. Illuminating 5:51
3. Locked Away 3:24
4. Probably Built in the Fifties 7:26
5. How to Measure a Planet? 28:33

Anneke van Giersbergen – lead vocals/guitars
René Rutten – guitars
Frank Boeijen – keyboards
Hugo Prinsen Geerligs – bass
Hans Rutten – drums


THE GATHERING

SKyHiGH
Godspeed You Black Emperor! "Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas to Heaven!" (2000)
ou "Post-Symphonic"

Une œuvre transcendantale, le must ultime d'un post-rock orchestral absolument pas brainy mais définitivement trippy, ce sont les canadiens de Godspeed You Black Emperor! et leur incontesté chef d'œuvre, Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas to Heaven! (ce nom !, ce titre !), une légende de plein droit.
De fait, passé à la postérité qu'il est, ce qui n'est que justice, on ne s'étendra pas sur le contenu de l'opus parce que, vraiment, on ne décrit pas ces crescendos de cordes tumultueuses, ces puissantes vagues instrumentales émotionnelles qui savent emporter l'auditeur dans un monde qui n'est plus vraiment le notre, on le vit, on s'immerge dans ces quatre suites instrumentales d'une vingtaine de minutes chacune qui, tant héritières des exploration krautrock que du mouvement du classique minimaliste en général et de Philip Glass en particulier, ne demandent à l'auditeur qu'un complet abandon de soi. Et vous pouvez faire confiance à ces lascars-là pour vous transporter dans des paysages mentaux jusqu'alors inexploré.
Ha, Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas to Heaven!... What a trip!

CD 1
1. Storm 22:31
I. Lift Yr. Skinny Fists, Like Antennas to Heaven...
II. Gathering Storm/Il Pleut à Mourir [+Clatters Like Worry]
III. 'Welcome to Barco AM/PM...' [ L.A.X.; 5/14/00]
IV. Cancer Towers on Holy Road Hi-Way
2. Static 22:35
I. Terrible Canyons of Static
II. Atomic Clock
III. Chart #3
IV. World Police and Friendly Fire
V. [...+The Buildings They Are Sleeping Now]

CD 2
1. Sleep 23:17
I. Murray Ostril: '...They Don't Sleep Anymore on the Beach...'
II. Monheim
III. Broken Windows, Locks of Love Pt. III.
2. Antennas to Heaven 18:57
I. Moya Sings 'Baby-O'...
II. Edgyswingsetacid
III. [Glockenspiel Duet Recorded on a Campsite In Rhinebeck, N.Y.]
IV. 'Attention...Mon Ami...Fa-Lala-Lala-La-La...' [55-St. Laurent]
V. She Dreamt She Was a Bulldozer, She Dreamt She Was Alone in an Empty Field
VI. Deathkamp Drone
VII. [Antennas to Heaven...]

Thierry Amar – bass guitar
David Bryant – electric guitar
Bruce Cawdron – drums
Aidan Girt – drums
Norsola Johnson – cello
Efrim Menuck – guitar
Mauro Pezzente – bass guitar
Roger Tellier-Craig – guitar
Sophie Trudeau – violin
&
Alfons
– horn
Brian – horn

GODSPEED YOU BLACK EMPEROR!

HoMeMaDe
Eels "Blinking Lights and Other Revelations" (2005)
ou "Les petites histoires de Mister E."

Une collection de chansons enregistrées en 1998 et 2004, un machin sur deux CDs et 33 chansons, dire que la sixième sortie des Eels de Mark Oliver Everett est une impressionnante somme tient du doux euphémisme. Comme, en plus, la qualité est au rendez-vous, on l'accueille avec tout l'enthousiasme mérité. Ha oui, Blinking Lights and Other Revelations porte beau.
Alors forcément, comme il y a beaucoup d'outtakes et de sessions différentes, le tout ne brille pas forcément de la folle cohésion qu'avaient chacun des précédents albums d'Eels. Mais il y a le songwriting de Mark Oliver Everett et, là, on est assuré que la qualité sera au rendez-vous parce qu'indéniablement, le monsieur s'est affirmé comme une belle plume ce que confirme la massive sélection du double album. Il y a aussi de belles guests venues prêter main forte, tout en entérinant sa place dans un club informel de happy-fews d'exception, dont Peter Buck de R.E.M. sur deux chansons (To Lick Your Boots, To See Natalie), John Sébastian (oui de Lovin' Spoonful, sur le délicieux Dusk: a Peach in the Orchard), ou, honneur ultime, de Tom Waits venu pousser la chansonnette sur un très réussi Going Fetal. Pas qu'Everett ait vraiment besoin de tous ces gens, puisque de nombreux autres musiciens renforce son quatuor d'alors. A la limite, Mister E ne nous balancerait que des machins enregistrés seul dans sa chambre, à l'acoustique et au chant, qu'on n'ergoterait pas sur le minimalisme du bidule tant l'écriture se suffit à elle-même. Mais pas ici, même si en effet la tessiture acoustique domine, où la richesse des arrangements vient taquiner la couenne des 33 bulles d'inspiration.
Vous avez besoin de plus pour vous ruer sur cet excellemment réussi Blinking Lights and Other Revelations ? Mais vous êtes fous ? Quand il s'agit de Mark Oliver Everett et de ses frémissantes Anguilles, le nom seul devrait suffire !

CD 1
1. Theme from Blinking Lights 1:44
2. From Which I Came/A Magic World 3:13
3. Son of a Bitch 2:27
4. Blinking Lights (For Me) 2:01
5. Trouble with Dreams 4:33
6. Marie Floating Over the Backyard 2:03
7. Suicide Life 2:41
8. In the Yard, Behind the Church 4:05
9. Railroad Man 4:16
10. The Other Shoe 2:32
11. Last Time We Spoke 2:22
12. Mother Mary 3:21
13. Going Fetal 2:21
14. Understanding Salesmen 2:43
15. Theme for a Pretty Girl That Makes You Believe God Exists 2:06
16. Checkout Blues 2:27
17. Blinking Lights (For You) 2:00

CD 2
1. Dust of Ages 2:21
2. Old Shit/New Shit 3:17
3. Bride of Theme from Blinking Lights 1:52
4. Hey Man (Now You're Really Living) 3:02
5. I'm Going to Stop Pretending That I Didn't Break Your Heart 3:56
6. To Lick Your Boots 3:30
7. If You See Natalie 3:41
8. Sweet Li'l Thing 3:27
9. Dusk: A Peach in the Orchard 1:17
10. Whatever Happened to Soy Bomb 2:26
11. Ugly Love 2:58
12. God's Silence 1:26
13. Losing Streak 2:52
14. Last Days of My Bitter Heart 1:35
15. The Stars Shine in the Sky Tonight 3:31
16. Things the Grandchildren Should Know 5:22

E – vocals, guitar, keyboards, melodica, production
Butch – drums, percussion
The Chet – guitar
Koool G. Murder – bass guitar
Puddin' – drums
&
Wayne Bergeron
– trumpet
Bobby, Jr. – "wails" ("Last Time We Spoke")
Peter Buck – guitar ("To Lick Your Boots", "If You See Natalie")
Matt DeMerritt – saxophone
Wally Gagel – keyboards
Ludvig Girdland – violin
Joe Gore – guitar
Probyn Gregory – horns
David Hlebo – saxophone
Jim Jacobsen – keyboards, horn, string arrangements, programming
Jim Lang – strings, mixing
Bill Liston – woodwinds
Andy Martin – trombone
Joe Meyer – horn
Dick Mitchell – flute
John Sebastian – organ ("Dusk: A Peach in the Orchard")
Todd Simon – trumpet
Gerri Sutyak – cello
Michael Valerio – bass guitar
Tom Waits – vocals ("Going Fetal")

E de EELShttp://mangemesdix.blogspot.com/2015/12/double-dose-de-plaisir-volume-2.html?showComment=1450976477807#c2314098629638848970