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lundi 26 juin 2017

S comme...

En S, vous trouverez plein de vieilleries, pas mal de guitares acoustiques, des cheveux longs et des physiques hirsutes, des filles et des garçons et même un vrai excité... Mais pas de metal, alors que de Scorpions à Sepultura, il y avait de quoi. S comme sérénité ? Je vous laisse juger. Enjoie !

S comme...
SANTANA "Welcome" (1973)
Renouvellement

Il fallait s'y attendre. Déjà sur les deux crus de l'année précédente,  1972, Caravanserai et Love Devotion Surrender, enregistré en compagnie du sideman de Miles Davis John McLaughlin, Carlos Santana et son éponyme formation donnaient de très clairs signes que leur fusion originelle avait fait long feu, c'est entériné avec ce Welcome de 1973, un album où les natifs de San Francisco s'abandonnent presque totalement à un jazz fusion ayant alors le vent en poupe.
Mais si le genre est "in", ça ne fait pas pour autant du groupe et de son moustachu une bande de vils opportunistes et ne débouche pas sur un album qui sonne forcé de quelque manière que ce soit. Ce naturel est d'ailleurs évident dès le Going Home d'ouverture, morceau librement adapté de la Symphonie du Nouveau Monde d'Antonin Dvořák et arrangé avec le concours de Mme feu-John Coltrane, Alice (avec qui Carlos collaborera d'ailleurs sur le contesté Illuminations l'année suivante), qui fait plus que son petit effet, épate par son flow mystico-jazzé harmonieux et trippant. La suite, un grand bain fusionnant où ne sont pas tout à fait oubliées les racines latino-américaines du groupe (en particulier sur Samba de Sausalito, une composition du percussionniste José Areas, et Yours Is the Light, vocalisé par la brésilienne Flora Purim, étant là pour satisfaire aux appétits de l'auditoire traditionnel de Santana) qui ne sont, toutefois, plus que portion congrue de l'expression du combo, une épice parmi tant d'autres du cosmique ensemble. Oui, cosmique, parce que Santana et les siens planent haut, trippent fort sur ce Welcome libre et fier où toutes les envies, toutes les ambitions de la formation semblent se concrétiser. Il faut dire qu'avec le concours de quelques guests bien senties, dont le remarqué retour de John McLaughlin sur le planant et très réussi Flame - Sky, Carlos a assemblé un parfait ensemble pour accoucher de l'album qu'il souhaitait. On notera aussi le nouveau chanteur, Leon Thomas, dont la tonalité soul & blues apporte définitivement sa pierre à l'impressionnant édifice comme exemplifié par un beau When I Look into Your Eyes.
Excellemment produit par Carlos, le claviériste Tom Coster et le batteur Michael Shrieve, Welcome est un triomphe de fusion réussie, une galette tout à fait de son temps qui, si elle n'est pas la plus universellement recommandée de la formation, demeure un de ses immanquables highlights et, donc, une étape, parce que Santana continuera son développement dans les opus suivants, qu'on se doit de ne pas manquer.

1. Going Home 4:11
2. Love, Devotion & Surrender 3:38
3. Samba de Sausalito 3:11
4. When I Look into Your Eyes 5:52
5. Yours Is the Light 5:47
6. Mother Africa 5:55
7. Light of Life 3:52
8. Flame - Sky 11:33
9. Welcome 6:35
Bonus
10. Mantra 6:10

Carlos Santana – electric guitar, acoustic guitar, bass guitar, kalimba, percussion, vocals
Tom Coster – Yamaha organ, Hammond organ, electric piano, acoustic piano, organ, marimba, percussion, strings arrangements, vocals
Richard Kermode – Hammond organ, mellotron, electric piano, acoustic piano, marimba, shekere, percussion
Douglas Rauch – bass guitar
Michael Shrieve – drums
José "Chepito" Areas – percussion, conga, timbales
Armando Peraza – percussion, conga, bongos, cabasa, vocals
&
Alice Coltrane - piano, arrangements (1)
Leon Thomas – lead vocals (2, 4, 7), whistling (5)
Wendy Haas – vocals (2, 4)
Flora Purim – lead vocals (5)
John McLaughlin – guitar (8)
Joe Farrell – solo flute (4)
Bob Yance – flute (4, 5)
Mel Martin – flute (4, 5)
Douglas Rodriguez – rhythm guitar (4)
Tony Smith – drums (3)
Jules Broussard – soprano saxophone (6)
Greg Adams – strings arrangements (7)


S comme...
SILLY SISTERS "Silly Sisters" (1976)
Fausses Sœurs, Vrai Folk

En vacances de son groupe de référence, Steeleye Span, aidée d'une consœur (June Tabor encore une débutante qui s'affirmera vite comme une vraie force vive de la scène folk britannique), Maddy Prior produit une merveille de petit album tout en fraicheur et en délicatesse, l'éponyme des Silly Sisters.
La première chose qui frappe, à entendre ces deux dames chanter ensemble, c'est la complémentarité de leurs organes, le doux, léger, mutin presque de Maddy, le plus sombre et dramatique de June, en harmonies, l'effet bœuf est garanti. Ensuite vient la musique, que du très classique en fait, du folk anglais typique de ces années 70 ce qui est tout sauf surprenant à détailler les pontes du genre qui le peuple (de Danny Thompson de Pentangle à Andy Irvine et Johnny Moynihan des irlandais de Planxty en passant par le comparse de Maddy au sein de Steeleye Span, Martin Carthy), c'est un fameux who's who présentement entièrement dédié à la cause de la doublette féminine qui les a attiré à elle. Mais, finalement, c'est quand, débarrassées de ces messieurs, ces dames se livrent sans artifice instrumental qu'elles tutoient le divin. Il faut dire que le répertoire, composé, comme dans le groupe de référence de Maddy, essentiellement d'airs traditionnels, a été particulièrement finement choisi permettant aux deux interprètes de s'y glisser avant tant d'aise et de grâce qu'on peine souvent à ne pas croire que ce sont bien elles, les auteures de ces bucoliques mélopées.
Attention cependant, on ne plonge pas dans l'œuvre des sœurs si facilement, pas fille de joie pour deux sous, d'un charme discret et raffiné, cette musique peut demander un temps d'adaptation avant de gagner l'auditeur. Un peu de patience donc, et le bonheur sera au bout du chemin de cet album qui n'eut, dix ans plus tard, qu'un héritage hélas inférieur. Mais celui-ci, ha celui-ci, fantastique !

1. Doffin' Mistress 2:13
2. Burning of Auchindoon 1:08
3. Lass of Loch Royal 4:09
4. The Seven Joys of Mary 3:18
5. My Husband's Got No Courage In Him 3:12
6. Singing The Travels 2:50
7. Silver Whistle 4:12
8. The Grey Funnel Line 3:05
9. Geordie 4:02
10. The Seven Wonders 4:35
11. Four Loom Weaver 2:39
12. The Game Of Cards 3:20
13. Dame Durden 3:00

Maddy Prior - vocals
June Tabor - vocals
Martin Carthy - guitar
Nic Jones - fiddle
Tony Hall - melodeon
Andy Irvine - mandolin
Johnny Moynihan - bouzouki
Gabriel Mckeon - uillean pipes
Danny Thompson - bass


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SLOCHE "Stadaconé" (1976)
Sans déconner !

 Des québécois qui fusionnent leur prog', un second et dernier album au titre aussi improbable qu'incompréhensible, Stadaconé kesako ?, c'est Sloche, formation obscure mais ô combien satisfaisante pour les amateurs du genre.
Le genre ? Un progressif fusionnant quelque part entre Mahavishnu Orchestra et Gentle Giant, pas bien éloigné de leur compatriotes de Maneige. le changement majeur, sur ce second album sinon musicalement dans l'exacte lignée de son prédécesseur, vient de l'abandon du chant, on retrouve, pas pour compenser mais indéniablement pour enrichir, un percussionniste (Gilles Ouellet) dans une œuvre, du coup, avec donc pas de chant mais un champs percussif étendu, encore plus libre des contingences souvent imposées par le format chanson. Ici, en 6 instrumentaux volubiles, gracieux et mélodiques, où chaque musicien a largement l'opportunité d'afficher son abattage technique, les québécois prouvent qu'on peut, à la fois, groover comme un vrai groupe de funk fusion (Stadaconé, l'exemplaire instrumental titre, un Cosmophile qui porte bien son nom),  que faire dans la relative bizarrerie via des constructions plus expérimentales (Il Faut Sauver Barbara, Isaacaron), ou glisser vers un rock à guitare bien évoqué (Ad Hoc et la magnifique performance soliste de Caroll Bédard) sans jamais renoncer à son esthétique harmonique forte.
Bien mis en son, admirablement joué, doté de compositions à l'échafaudage aussi solide que leur fantaisie est  savoureuse, Stadaconé, puisque répétons-le il s'agit de l'ultime œuvre du sextet, laisse de vrais regrets, et un paquet de bonne musique.

1. Stadaconé 10:17
2. Le Cosmophile 5:40
3. Il Faut Sauver Barbara 4:16
4. Ad Hoc 4:30
5. La 'Baloune' de Varenkurtel au Zythogala 4:57
6. Isacaaron (Le Démon Des Choses Sexuelles) 11:19

Réjean Yacola - keyboards
Martin Murray - keyboards
Caroll Bédard - guitars
Pierre Hébert - bass
André Roberge - drums & percussions
Gilles Ouellet - celesta, percussions


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STAPLETON, CHRIS "Traveller" (2015)
Southern Man's Blues

Voici typiquement le genre d'album qui n'a pas la moindre chance de faire un tabac chez nous, dans un pays qui, pourtant, vit largement dans une société consumériste d'obédience étatsunienne. Il faut dire que, chez nous, la country, c'est une petite chanson de Johnny, d'Eddy, de Dick voire de Hugues et puis c'est tout, c'est tout l'effet que ce genre bouseux transatlantique typique fait au porteur de beret sur la tête et baguette sous le bras, puisqu'on est dans les clichés. Et c'est bien dommage parce qu'à l'image de l'inaugural opus de cet hirsute individu tout de stetson chapeauté, qui est une vraie petite merveille !, cette galaxie de nuances (quel est le rapport entre Billy Cyrus et Townes Van Zandt à part l'assidu port d'un couvre chef de cowboy ?) a bien des trésors à délivrer. Et donc, Chris Stapleton, plutôt du genre outlaw le gars (descendance des Willie Nelson, Waylon Jennings et autres David Allan Coe), et pas seulement pour le look, un petit gars qui roule sa bosse depuis une bonne dizaine d'années en tant que songwriter reconnu, qui a mené un temps une des formations les plus en vue du revival bluegrass, The SteelDrivers, bref, qui a pris son temps pour enfin concocter un premier opus qu'il pourrait entièrement assumer. En l'occurrence, ce qui s'offre à nous passée la country pop (plutôt bien fichue d'ailleurs) de Traveller, est à un bel opus en équilibre entre outlaw country et rock sudiste, ceci fait avec beaucoup de sensibilité et de nuance, deux qualités pas si courantes dans les genres qu'accouple l'opus. Les highlights de la chose ? Toutes les chansons sont d'un excellent niveau mais Tennessee Whiskey et ses atours soul, le solide country rock sudiste Parachute où Chris donne enfin du plein volume de son rocailleux organe, Whiskey and You où tout en retenue il évoquerait presque le divin Townes Van Zandt, la ballade au coin du feu Daddy Doesn't Pray Anymore, les bon gros blues que sont Might As Well Get Stoned, versant rock, et Was It 26, côté plouc, brillent un peu plus que leurs jolies voisines d'un album si totalement réussi qu'on le conseillera même à ceux pour qui le genre dans sa globalité est étranger, voire désagréable, bigre ! Et, au fait, Traveller a beaucoup de succès aux Etats-Unis, il a été n°1 des charts toute catégorie confondues, s'est déjà écoulé au-delà du million, ce qui devient rare en ces temps de gratuité quasi-systématique, et même récolté deux Grammy Awards... Et c'est totalement mérité parce qu'on tient bien là la première belle œuvre d'un auteur qu'on suivra, lui dont le cocktail country sudiste nous a présentement si complètement séduit.

1. Traveller 3:42
2. Fire Away 4:04
3. Tennessee Whiskey 4:52
4. Parachute 4:13
5. Whiskey and You 3:56
6. Nobody to Blame 4:04
7. More of You 4:37
8. When the Stars Come Out 4:16
9. Daddy Doesn't Pray Anymore 4:09
10. Might as Well Get Stoned 4:37
11. Was It 26 4:49
12. The Devil Named Music 6:07
13. Outlaw State of Mind 5:37
14. Sometimes I Cry 4:02

Chris Stapleton — acoustic guitar, electric guitar, mandolin, lead vocals
Dave Cobb — acoustic guitar, percussion
J.T. Cure — bass guitar, upright bass
Derek Mixon — drums, percussion
Mickey Raphael — harmonica
Morgane Hayes-Stapleton — background vocals
Robby Turner — pedal steel guitar
Michael Webb — mellotron, organ, piano


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STEELEYE SPAN "Parcel of Rogues" (1973)
Évolution

En électrifiant et raffinant leur son, mais en conservant leur éthique traditionnelle, les anglais de Steeleye Span opèrent une transformation en douceur qui finira de les établir comme une des formations qui comptent dans un revival folk britannique dont il seront l'uns des plus beaux fleurons.
Dans les faits, Parcel of Rogues est déjà le 5ème album de Steeleye Span depuis 1970, un rythme soutenu que le large répertoire traditionnel à leur disposition et leur inspiration propre réussissent sans problème à soutenir, ce n'est donc pas une surprise que d'entendre, une fois encore, le quintet réunir une belle collection de chansons. Plus surprenante est la façon adoptée pour l'occasion, là où les devanciers de l'opus proposaient une folk tout à fait "dans les rails", traditionaliste dirait-on, tout à fait sage si indéniablement inspirée, une belle dose d'électricité à été ajoutée, utile progression d'un son qui, à être trop défini, prenait le risque de tourner en rond. Du coup, ce petit supplément, qui épice l'approche plus qu'il ne la révolutionne, le Steeleye Span des quatre premiers albums s'en trouve validé, sert exactement ce à quoi ces petits malins l'avaient imaginé, à donner un sérieux coup de jeune et, forcément, une énergie accrue qui donne aussi une chance de briller à un six-cordiste de qualité, Bob Johnson, qui ne manque pas l'opportunité nouvellement offerte. A part ça, c'est avec plaisir qu'on retrouve les harmonies vocales émouvantes de Maddy Prior et de ses compagnons, cette musique terrienne et sensible, aussi, et une sélection intégralement comprise, comme d'habitude, de reprises de thèmes traditionnels prouvant l'érudition du groupe en plus de sa capacité de s'approprier ce répertoire.
Si Parcel of Rogues demeure une des plus belles pièces du catalogue d'un groupe qui ne cessa que très fugitivement de produire, deux petites années sur une carrière quadri-décennale (78-80), c'est parce qu'il allie l'intensité originelle d'une folk pure à l'innocence de nouvelles dispositions électriques. Ca en fait, à n'en pas douter, un album incontournable pour les fans du genre, une excellente porte d'entrée pour ceux qui ne se seraient pas encore frottés au groupe ou au style pratiqué ou, plus généralement, à toutes celles et tous ceux qui aiment la bonne musique, parce que c'en est, indéniablement !

1. One Misty Moisty Morning 3.30
2. Alison Gross 5.29
3. The Bold Poachers 4.18
4. The Ups And Downs 2.45
5. Robbery with Violins 1.47
6. The Wee Wee Man 4.01
7. The Weaver and The Factory Maid 5.21
8. Rogues in a Nation 4.34
9. Cam Ye O'er Frae France 2.49
10. Hares on The Mountain 4.33

Maddy Prior - vocals
Tim Hart - vocals, guitar, appalachian dulcimer
Bob Johnson - vocals, guitar
Rick Kemp - bass guitar, drums
Peter Knight - violin, viola, mandolin, piano, recorder, harmonium


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STEWART, AL "Year of the Cat" (1976)
Bonne Année

Il a tellement été un classique de son temps, les 70s, tellement traîné dans les brocantes et les bacs des disquaires d'occasion (à l'époque du vinyl, souvenez-vous !) qu'on a fini par prendre le Year of the Cat d'Al Stewart pour argent comptant sans plus vraiment se le mettre dans l'oreille, sorte de passager familier de nos errances musicales lointaines il parait usé avant même qu'on ne le glisse, numérisé dans son petit format iridescent, dans le tiroir prévu à cet effet. Erreur. Erreur parce que le bel album que voici ! Il faut dire que dès l'emballage, la pochette conçue par Storm Thorgerson et la mise en son d'Alan Parsons (on nage en pleine galaxie floydienne !), les petits plats dans les grands, pour une musique classic (soft) rock où subsistent, forcément !, les racines folk du bonhomme, qui roule dans l'oreille de l'auditeur d'un joli et planant Lord Grenville, du rythmé On the Border, de l'ensoleillé Sand in Your Shoes, de la belle folk-rock un poil pop, un poil bluesy de Flying Sorcery au verbeux morceau éponyme final et sa pompe raisonnable (sans compter les trois bons bonus de ce remaster, donc, et en oubliant sciemment le reste d'une sélection où rien ne manque sa cible), on est totalement sous le charme... A condition d'apprécier le soft rock des septantes à son apogée, évidemment. Parce que c'est ça Year of the Cat, un album évidemment totalement maîtrisé par d'excellents musiciens, un luxe d'arrangement millimétrés bien-sûr, mais surtout un opus à la cool qui évoquera aux quinquas qui y étaient les vapeurs d'une jeunesse depuis longtemps évanouie.

1. Lord Grenville 5:00
2. On the Border 3:22
3. Midas Shadow 3:08
4. Sand in Your Shoes 3:02
5. If it Doesn't Come Naturally, Leave It 4:28
6. Flying Sorcery 4:20
7. Broadway Hotel 3:55
8. One Stage Before 4:39
9. Year of the Cat 6:40
Bonus
10. On the Border [live] 3:48
11. Belsize Blues 3:30
12. Story of the Songs 9:42

Al Stewart - vocals, guitar, keyboards
Peter White - guitar, keyboards
John Perry - background vocals
Tim Renwick - guitar
Andrew Powell - string arrangements
Bobby Bruce - violin
Marion Driscoll - percussion
Stuart Elliott - drums, percussion
George Ford - bass
Phil Kenzie - alto saxophone
Don Lobster - keyboards
David Pack - background vocals
Tony Rivers - background vocals
Graham Smith - harmonica
Peter Wood - keyboards


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STOOGES, THE "Funhouse" (1970)
House of Holy Noise

Le moins connu des Stooges ? Probablement, et pourtant, quel abattage ! Parce que le sax hurlant de Steve Mackay, qui arrive tout juste, et encore juste sur la deuxième face de ce séminal Funhouse, mais sera dès lors de toutes les formations des furieux étatsuniens, c'est tout de même quelque chose ! Or donc, puisque c'est de ce surpuissant souffleur de chaos dont il s'agit à l'occasion de sa regrettée disparition, et sans oublier la très haute tenue d'une première face où les Stooges n'ont jamais été aussi tight (merci Don Gallucci, de chez les Kingsmen, et sa production offrant un cadre presque live aux bostoniens et aux progrès de Ron Asheton sur ses six cordes), intéressons nous à cette face B qui commence très fort avec un 1970 en forme de perfection garage où le soli furieusement jazzy de Mackay vient juste à point pour créer l'élément de surprise qui couronne la réussite, se poursuit avec un Fun House délicieusement jazzy (et un Steve omniprésent) et se conclut sur un apocalyptique et jouissif grand n'importe quoi L.A. Blues tout en furie et sorties de routes... Fort, très fort. A l'image, en vérité, d'un album capturant la substantifique moelle de ces Stooges chenapans protopunks d'absolue référence, avec Iggy qui influencera tellement ce que signifie un frontman possédé, qui ne feront plus mieux mais ça, c'est une autre histoire et le regretté Dave Alexander à la basse vrombissante... Funhouse ? Immanquable, tout simplement !

1. Down on the Street 3:42
2. Loose 3:33
3. T.V. Eye 4:17
4. Dirt 7:00
5. 1970 5:14
6. Fun House 7:45
7. L.A. Blues 4:52

Iggy Pop – vocals
Ron Asheton – guitar
Dave Alexander – bass guitar
Scott Asheton – drums
Steve Mackay – saxophone
&
Don Gallucci – production, organ overdubs


jeudi 16 juin 2016

Hard Boxin'! (Volume 2)

Trois nouveaux coffrets où l'on tourne autour du hard rock plus qu'on y rentre. Nazareth, certes, est l'archétype du genre mais la suite.... Du sudiste, du FM, on étire les lignes, repousse les limites et tout ça pour quoi ? Pour vous, fidèles visiteurs, pour votre immense plaisir ! Enjoie.

Pas Si NaZ !
Nazareth "The Naz Box" (2011)
ou "Tour d'Horizon"

Et s'il était temps de réévaluer le statut de Nazareth, courageuse, terrienne et travailleuse formation de Hard Rock from Scotland à la belle consistance discographique ?
A l'instar d'Atomic Rooster, de Foghat, d'Uriah Heep, de Budgie (et j'en passe), Nazareth n'a que très épisodiquement connu le succès qu'il méritait et ne reste gravé dans l'inconscient collectif quasiment que pour sa power-ballad et mégatube, Love Hurts. Pourtant, comme le prouve ce généreux et bien foutu coffret, le répertoire de la formation mérite plus que l'anonymat où il se trouve plongé. Découpé en 3 parties (et quatre CDs), la sélection offre une introduction compréhensive et intelligemment agencée (même si incomplète vu l'impressionnante discographie de Nazareth).
Les deux premiers disques se concentrent sur la carrière studio de la formation. Aucun album n'ayant été remisé (sauf le très moyen The Fool Circle de 1981 et ce qui suit la date de parution du coffret, évidemment), on y entend l'évolution du groupe et son adaptation aux changements ébranlant la scène rock. Solides et inspirés dans les 70s, un peu moins intéressants dans les 80s (comme beaucoup de leurs collègues), remontant progressivement la pente depuis, ils finiront par retrouver des couleurs et sortir deux belles galettes dans ce nouveau millénium. Le troisième et la moitié du 4ème CDs sont constitués d'archives live de la BBC datant de 1972 à 1977 permettant d'apprécier le groupe au sommet de sa gloire scénique dans des captations de belle qualité. Et Comme il en faut toujours un peu dans ce genre d'exercice, quelques raretés viennent compléter la tracklist et sont autant de petits plus, pas forcément essentiels mais majoritairement bien sympathiques, que l'auditeur appréciera. Ajoutons que tous ces enregistrements ont été dûment remasterisés pour que la fête soit plus belle.
Alors évidemment, Nazareth n'a jamais rien révolutionné (ni prétendu le faire d'ailleurs) et certains titres ici présents sentent un peu la naphtaline, pas forcément les plus anciens d'ailleurs. Reste que cette formation, trop peu souvent évoquée, demeure une des rares à n'avoir jamais baissé la garde, rendu les armes, sûre qu'elle était de son destin. S'il en était besoin, ce coffret démontre qu'ils avaient bien raison.

CD 1
Studio 1971-1978
1. Dear John 3:47
2. Friends (B-side) 3:40
3. Woke U p This Morning 3:12
4. If You See My Baby (single) 3:00
5. Razamanaz 3:50
6. Bad Bad Boy 3:58
7. Broken Down Angel 3:45
8. Go Down Fighting 3:06
9. This Flight Tonight 3:24
10. Shanghai d in Shanghai 3:44
11. Loved and Lost 5:12
12. Hair of the Dog 4:11
13. Love Hurts 3:53
14. My White Bicycle 3:26
15. Vancouver Shakedown 4:05
16. I Want To Do Everything For You 4:19
17. Expect No Mercy 3:26
18. Place In Your Heart 3:00
19. New York Broken Toy 3:36
20. Star 4:54

CD 2
Studio 1977-2011
1. May The Sunshine (single mix) 3:31
2. Holiday 3:37
3. Hearts Grown Cold 4:14
4. Every Young Man s Dream 3:17
5. Crazy (A Suitable Case For Treatment) 3:25
6. Boys In the Band 3:05
7. Dream On 3:26
8. Whippin Boy 4:42
9. Where Are You Now 3:55
10. Sweetheart Tree 3:02
11. Cinema 4:43
12. Hit the Fan 3:37
13. Piece Of My Heart 4:26
14. Hire and Fire 5:12
15. Every Time It Rains 4:12
16. Cry Wolf 4:14
17. Cant' Shake Those Shakes 3:22
18. Light Comes Down 3:29
19. Day At the Beach 4:56
20. Big Dogz Gonna Howl 4:00

CD 3
1972-1976
1. Turn On Your Receiver (Bob Harris jingle) 1:11
BBC live tracks
2. Called Her Name 4:31
3. Country Girl 4:19
4. Black Hearted Woman 9:59
5. Goin Down 4:29
6. Alactaraz 4:56
7. Vigilante Man 4:51
8. Ruby Baby 4:41
9. Woke Up This Morning/Boogie 9:46
10. Changing Times 6:12
11. Honky Tonk Downstairs 4:07
12. What You Gonna Do About It 5:09
13. You Got Me Hummin 4:22
14. Guilty 4:14

CD 4
BBC live tracks
1. Telegram 5:59
2. Night Woman 7:32
3. Born To Love 4:35
4. Gone Dead Train 3:59
5. Kentucky Fried Blues 4:05
6. Teenage Nervous Breakdown 3:40
Previously unreleased tracks
7. Paper Sun 5:22
8. Storm Warning 3:48
9. Mexico (demo) 2:45
Outtakes from Sound Elixir
10. Laid To Wasted 3:42
11. Read the Book 3:22
12. SOS 4:11
Outtakes from Snakes N Ladders
13. Sunshine Of Your Love 4:41
14. See You See Me 4:35
15. Heatwave 2:32

Chant: Dan McCafferty (1968-2013)
Basse: Pete Agnew (1968-present)
Guitare: Manny Charlton (1968-1990), Zal Cleminson (1978-1980), Billy Rankin (1981-1983, 1990-1994), Jimmy Murrison (1994-present)
Batterie: Darrell Sweet (1968-1999; décédé), Lee Agnew (1999-present)
Claviers: John Locke (1980-1982; décédé), Ronnie Leahy (1994-2002)


SouTHSiDe
Lynyrd Skynyrd "Lynyrd Skynyrd" (1991)
ou "Treasure Box"

Pour toutes celles et tous ceux qui veulent plonger dans l'histoire et la musique de Lynyrd Skynyrd, plus fameux des groupes de Southern Rock avec l'immanquable Allman Brothers Band, il y a une référence qui s'impose, un coffret éponyme de 1991 où est proposé un résumé augmenté de la vie musicale du groupe dans sa période de gloire originelle de 1973 à 1977, et l'accident, comprenant aussi un très utile détour archéologique sur leurs premières années, de galères ou de formation selon d'où l'on se place, de 70 à la signature chez MCA. qui ne comprend donc pas les vrais débuts sous le nom de My Backyard ou un des autres patronymes qu'ils adopteront où, dès 1964, les copains d'enfance Ronnie Van Zant, Bob Burns, Allen Collins et Gary Rossington fomentent ce qui reste la première incarnation de ce qui deviendra en 1969 Leonard Skinnerd (changeant pour l'orthographe que nous connaissons dès l'année suivante) d'après un prof de sport particulièrement rétif aux cheveux longs de ces garçons du sud qui mena la vie dure à certains membres du groupe (Rossington en particulier). Travailleurs acharnés, les petits gars se retrouvent vite une sensation locale qu'ils soient en tête d'affiche de leurs propres gigs ou en première partie de visiteurs plus roués qu'eux, dans tous les cas, un apprentissage live qui portera ses fruits. Suivront quatre albums où le (plus subtil et nuancé qu'il n'y parait) mélange de blues, de rock et de country music (discrète cette dernière mais décisive quant à la définition sonore du combo) fera son bel effet avec des albums qui s'écoulent comme des petits pains, des concerts triomphaux et même d'authentiques hits desquels Sweet Home Alabama (une réponse aux Southen Man et Alabama de Neil Young respectivement issus d'After the Goldrush et d'Harvest) sera le plus emblématique mais aussi le plus contesté parce que semblant soutenir le gouverneur réactionnaire de l'état, une fausse conception que dénoncera Ronnie Van Zant : "Nous avons pensé que Neil tirait tous les canards pour en abattre un ou deux", pas faux. Bref, ce généreux coffret éponyme, a tout pour être l'introduction parfaite en plus d'un complément idéal (que les fans n'ont pas manqué du fait de ses nombreux trésors inédits) d'une discographie absolument recommandée d'un groupe qui mérite franchement qu'on dépasse l'image stéréotypée et donc forcément caricaturale de rednecks bas du front qu'on a trop souvent tendance à leur coller au paletot.

Disc 1 (1970-1973)
1. Free Bird (Demo) 4:07
2. Junkie (Demo) 3:48
3. He's Alive (Demo) 3:09
4. One More Time (Original version) 5:02
5. Gimme Three Steps (Original version) 4:08
6. Trust (Original version) 4:12
7. Comin' Home 5:29
8. Mr. Banker 5:18
9. Down South Jukin' (Demo) 2:53
10. Truck Drivin' Man 5:15
11. I Ain't the One (Demo) 3:46
12. Poison Whiskey (Demo) 3:08
13. Tuesday's Gone 7:32
14. Things Goin' On 4:58
15. Free Bird 9:09

Disc 2 (1974-1976)
1. Sweet Home Alabama 4:43
2. Was I Right Or Wrong? (Demo) 5:08
3. Workin' for MCA 4:46
4. Don't Ask Me No Questions 3:24
5. Swamp Music 3:31
6. The Ballad of Curtis Loew 4:50
7. The Needle and the Spoon 3:52
8. Call Me the Breeze 5:06
9. Saturday Night Special 5:08
10. Made in the Shade 4:39
11. Am I Losin'? 4:33
12. On the Hunt 5:26
13. (I Got the) Same Old Blues 4:07
14. Double Trouble (Live) 3:03
15. Roll Gypsy Roll2:49
16. All I Can Do Is Write About It (Acoustic version) 4:20
17. Four Walls of Raiford (Undubbed demo) 4:12

Disc 3 (1976-1977)
1. Gimme Back My Bullets (Live) 3:37
2. Searchin' (Live) 4:00
3. Simple Man (Live) 6:48
4. Crossroads (Live) 4:17
5. T for Texas (Blue Yodel #1) (Live) 8:42
6. Whiskey Rock-A-Roller (Live) 4:16
7. Ain't No Good Life 4:38
8. What's Your Name? (Alternate mix) 3:38
9. Georgia Peaches 3:12
10. What's Your Name? 3:31
11. I Never Dreamed 5:19
12. I Know A Little 3:26
13. Honky Tonk Night Time Man 4:02
14. That Smell 5:47
15. You Got That Right 3:45

Ronnie Van Zant - vocals
Allen Collins - guitar
Bob Burns - drums
Leon Wilkeson - bass
Billy Powell - keyboards
Ed King - guitar, bass
Artimus Pyle - drums
Steve Gaines - guitar, vocals
Gary Rossington – guitars
Rickey Medlocke – vocals, drums, mandolin


u.S. SToRy
Journey "Time3" (1992)
ou "Rockin' on the Radio"

Fusion dans ses premières années, archétype du rock FM américain ensuite, Journey est finalement un exemple typique de l'évolution de bien des dinosaures des seventies d'une musique alambiquée et recherchée à la conquête des charts que ces musiciens supérieurement doués obtinrent quand ils l'appelèrent de leurs vœux, parce qu'ils savaient trousser de la chanson pour les masses, ils ne s'en étaient simplement pas souciés avant. Chez Journey, cette transition est personnalisée par l'arrivée d'un nouveau chanteur, Steve Perry, qui, prenant la place d'un Gregg Rollie remisé aux claviers et aux chœurs, permit à la formation d'avoir enfin l'étendard idéal, le frontman qui fera vibrer les minettes de sa belle voix androgyne et permettra à ces quasi-vétérans, Gregg Rollie. a tout de même fait Woodstock avec Santana !, et même Schon a débuté, tout jeune, chez le moustachu latino, d'aborder les années 80 comme l'une des valeurs sûres d'un Stadium Rock alors en totale domination nord-américaine. En tout logique commerciale, rien d'anormal là-dedans vu la cible ouvertement grand public du groupe, la première partie de leur carrière, avant Perry donc, est vide expédiée avec 8 titres en début du premier cd, dont 3 inédits ce qui réduit encore plus la portion congrue allouée aux 3 premiers opus de la formation surtout quand on considère qu'Escape (1981), plus gros carton de Journey, est honoré de 7 extraits, diantre. Pour ce qui est d'une sélection équilibrée, il faudra donc repasser et, de fait, ce Time3 est un étrange animal combinant un best of tout à fait légitime, pas un hit qui manque à l'appel, à une compilation de raretés (live, inédits, versions alternatives) qui fera le bonheur des fans à qui, comme toujours dans ces gros déballages, l'objet est prioritairement destiné, mais aussi à ceux qui veulent découvrir cet immanquable de l'AOR (album oriented rock) et auront moult motifs de satisfaction dans un coffret d'autant mieux foutu que son gros livret leur donnera tous les détails de l'histoire d'une formation encore assez peu connue chez nous.

Time 1
1. Of a Lifetime 6:53
2. Kohoutek 6:45
3. I'm Gonna Leave You 7:00
4. Cookie Duster (previously unreleased) 4:21
5. Nickel and Dime 4:15
6. For You (previously unreleased) 3:59
7. Velvet Curtain/Feeling That Way (previously unreleased) 4:29
8. Anytime 3:28
9. Patiently 3:24
10. Good Times (previously unreleased) 2:41
11. Majestic 1:15
12. Too Late 2:58
13. Sweet and Simple 4:13
14. Just the Same Way 3:18
15. Little Girl 5:49
16. Any Way You Want It 3:23
17. Someday Soon 3:34
18. Good Morning Girl 1:44

Time 2
1. Where Were You 3:03
2. Line of Fire 3:06
3. Homemade Love 2:55
4. Natural Thing 3:46
5. Lights (live) 3:31
6. Stay Awhile (live) 2:13
7. Walks Like a Lady (live) 7:12
8. Lovin', Touchin', Squeezin' (live) 4:56
9. Dixie Highway (live) 6:48
10. Wheel in the Sky (live) 5:14
11. The Party's Over (Hopelessly in Love) 3:42
12. Don't Stop Believin' 4:11
13. Stone in Love 4:27
14. Keep on Runnin' 3:40
15. Who's Crying Now 5:02
16. Still They Ride 3:50
17. Open Arms 3:19
18. Mother, Father 5:28

Time 3
1. La Raza Del Sol (previously unreleased - alternate version) 3:24
2. Only Solutions 3:39
3. Liberty (previously unreleased) 2:56
4. Separate Ways (Worlds Apart) 5:24
5. Send Her My Love 3:56
6. Faithfully 4:28
7. After the Fall 5:02
8. All That Really Matters (previously unreleased) 3:55
9. The Eyes of a Woman 4:33
10. Why Can't This Night Go on Forever 3:42
11. Once You Love Somebody 4:40
12. Happy to Give 3:49
13. Be Good to Yourself 3:53
14. Only the Young 4:06
15. Ask the Lonely 3:55
16. With a Tear (previously unreleased) 3:26
17. Into Your Arms (instrumental) 4:10
18. Girl Can't Help It (previously unreleased - live video mix) 4:16
19. I'll Be Alright Without You (previously unreleased - live video mix) 4:59

Neal Schon – lead guitar, backing vocals (1973–1985)
Ross Valory – bass, backing vocals (1973–1985)
Steve Smith – drums, percussion, backing vocals (1978–1985)
Jonathan Cain – keyboards, rhythm guitar, backing vocals (1980–1985)
Gregg Rolie – keyboards, lead vocals, co-lead vocals, background vocals, harmonica (1973–1980)
George Tickner – rhythm guitar (1973–1975)
Aynsley Dunbar – drums, percussion (1974–1978)
Robert Fleischman – lead vocals (1977)
Steve Perry – lead vocals, keyboards, piano (1977–1985)
&
Touring musician
Prairie Prince – drums, percussion (1973–74)
Session musician
Stevie "Keys" Roseman – keyboards (1980)


vendredi 6 mai 2016

La Barbe ! (série en cours, volume 5) et Bonus Triste

Allen Ginsberg vous l'aurait confirmé, la barbe ce n'est pas une mode, pas un attribut viril, c'est le signe d'un mec qui a autre chose à battre que de se pomponner devant le miroir à coup de crème hydratante et de lame trop aiguisée. Or donc, les artistes qui suivent n'ont cure de ces affects métrosexuels et s'adonnent à leur art... Tous poils dehors ! Enjoie.

PS : En descendant plus bas, vous trouverez un hommage à un cher disparu de fraiche date et de bien trop jeune âge : Hubert Mounier aka Cleet Boris. 

KeNTuCKy BeaRD
Chris Stapleton "Traveller" (2015)
ou "Southern Man's Blues"

Voici typiquement le genre d'album qui n'a pas la moindre chance de faire un tabac chez nous, dans un pays qui, pourtant, vit largement dans une société consumériste d'obédience étatsunienne. Il faut dire que, chez nous, la country, c'est une petite chanson de Johnny, d'Eddy, de Dick voire de Hugues et puis c'est tout, c'est tout l'effet que ce genre bouseux transatlantique typique fait au porteur de beret sur la tête et baguette sous le bras, puisqu'on est dans les clichés. Et c'est bien dommage parce qu'à l'image de l'inaugural opus de cet hirsute individu tout de stetson chapeauté, qui est une vraie petite merveille !, cette galaxie de nuances (quel est le rapport entre Billy Cyrus et Townes Van Zandt à part l'assidu port d'un couvre chef de cowboy ?) a bien des trésors à délivrer. Et donc, Chris Stapleton, plutôt du genre outlaw le gars (descendance des Willie Nelson, Waylon Jennings et autres David Allan Coe), et pas seulement pour le look, un petit gars qui roule sa bosse depuis une bonne dizaine d'années en tant que songwriter reconnu, qui a mené un temps une des formations les plus en vue du revival bluegrass, The SteelDrivers, bref, qui a pris son temps pour enfin concocter un premier opus qu'il pourrait entièrement assumer. En l'occurrence, ce qui s'offre à nous passée la country pop (plutôt bien fichue d'ailleurs) de Traveller, est à un bel opus en équilibre entre outlaw country et rock sudiste, ceci fait avec beaucoup de sensibilité et de nuance, deux qualités pas si courantes dans les genres qu'accouple l'opus. Les highlights de la chose ? Toutes les chansons sont d'un excellent niveau mais Tennessee Whiskey et ses atours soul, le solide country rock sudiste Parachute où Chris donne enfin du plein volume de son rocailleux organe, Whiskey and You où tout en retenue il évoquerait presque le divin Townes Van Zandt, la ballade au coin du feu Daddy Doesn't Pray Anymore, les bon gros blues que sont Might As Well Get Stoned, versant rock, et Was It 26, côté plouc, brillent un peu plus que leurs jolies voisines d'un album si totalement réussi qu'on le conseillera même à ceux pour qui le genre dans sa globalité est étranger, voire désagréable, bigre ! Et, au fait, Traveller a beaucoup de succès aux Etats-Unis, il a été n°1 des charts toute catégorie confondues, s'est déjà écoulé au-delà du million, ce qui devient rare en ces temps de gratuité quasi-systématique, et même récolté deux Grammy Awards... Et c'est totalement mérité parce qu'on tient bien là la première belle œuvre d'un auteur qu'on suivra, lui dont le cocktail country sudiste nous a présentement si complètement séduit.

1. Traveller 3:42
2. Fire Away 4:04
3. Tennessee Whiskey 4:52
4. Parachute 4:13
5. Whiskey and You 3:56
6. Nobody to Blame 4:04
7. More of You 4:37
8. When the Stars Come Out 4:16
9. Daddy Doesn't Pray Anymore 4:09
10. Might as Well Get Stoned 4:37
11. Was It 26 4:49
12. The Devil Named Music 6:07
13. Outlaw State of Mind 5:37
14. Sometimes I Cry 4:02

Chris Stapleton — acoustic guitar, electric guitar, mandolin, lead vocals
Dave Cobb — acoustic guitar, percussion
J.T. Cure — bass guitar, upright bass
Derek Mixon — drums, percussion
Mickey Raphael — harmonica
Morgane Hayes-Stapleton — background vocals
Robby Turner — pedal steel guitar
Michael Webb — mellotron, organ, piano

CHRIS STAPLETON

BaRBaGReC 1
Vangelis "Heaven and Hell" (1975)
ou "De Nouvelles Ambitions"

Pour son 5ème album solo, le premier enregistré dans son tout nouveau studio londonien, Evangelos Odysseas Papathanassiou (Vangelis pour la postérité) a mis les petits plats dans les grands. Déjà parce qu'il propose ici sa composition la plus ambitieuse, ensuite parce qu'il ose, tout en restant fondamentalement progressif, plus progressif que jamais en vérité, glisser vers une musique orchestrale qui, forte de l'orchestre synthétique du maître de cérémonie, d'un chœur classique (l'English Chamber Choir) et de deux invités pour les virgules en chanson (dont une avec Jon Anderson qu'on ne présente évidemment plus et entame ici une collaboration qui s'avèrera fructueuse), en impose carrément. Dans les faits, la première face, Heaven ?, est la plus lyrique et accessible et est excellemment conclue par, donc, Jon Anderson (So Long Ago, So Clear), quand la seconde, Hell alors !, est plus oppressive, sombre et expérimentale. Les deux constituent un tout certes un brin pompier, Vangelis l'a toujours été, le sera toujours, on ne le changera pas, qui, même quatre décennies après sa conception, passe comme une lettre à la poste. Que les amateurs de Klaus Schulze, Tangerine Dream et consorts se le tiennent pour dit, ce Vangelis-là est pour eux, et pour tous les amateurs de progressisme orchestrale, évidemment. Heaven and Hell ? Le paradis, c'est d'enfer !

1. Heaven and Hell, Part One 22:05
- Bacchanale
- Symphony to the Powers B
- Movement 3
- So Long Ago, So Clear

2. Heaven and Hell, Part Two 21:16
- Intestinal Bat
- Needles and Bones
- 12 O'Clock
- Aries
- A Way


Vangelis - synthesizers, Bösendorfer grand piano, percussion, arrangements
Jon Anderson - vocals on "So Long Ago, So Clear"
Vana Veroutis - vocals on "12 O'Clock"
English Chamber Choir, conducted by Guy Protheroe

VANGELIS

oLD BeaRD
Roy Harper "Man and Myth" (2013)
ou "Hats Off!"

Roy Harper revient après treize longues années d'un assourdissant silence. Rien que ça devrait faire la une de tous les médias musicaux. À la mode des vieux revenants, il a 72 ans, Roy s'est entouré de jeunes pousses à commencer par Jonathan Wilson dont les albums solo, Gentle Spirit en particulier, ont tous fait leur petit effet. Il revient aussi à ce qu'il sait faire le mieux et dont il s'est trop souvent égaré : un folk rock libre (progressive diraient certains) où il peut donner libre court à sa verve textuelle et son talent mélodique.
Man & Myth, donc. L'homme et le mythe. Avec une pochette qui fait (un peu) peur (Roy diabolique) et le support d'un indé qui compte (Bella Union), il fallait bien ça pour sortir le vieil ours de sa tanière... Et déboule avec un album du feu de dieu ! Déjà il y a la voix, bien conservée, vieillie mais toujours bien là. Ensuite il y a les chansons, pas innovantes mais diablement bien troussées. On s'y souvient souvent des moult musiciens qu'Harper influença : Led Zeppelin évidemment (Hats off to Roy Harper !) mais aussi The Who, les Fleet Foxes ou Joanna Newsom (avec qui il a tourné en 2011). Entre Folk et Rock, entre modernité et classicisme, entre humanité et magie, Roy trace sa route ravigoté par l'intérêt inespéré d'une jeune génération qui a, pour le coup, tout compris (voir Stormcock ou Folkjokeopus pour ceux qui en douterait). En toute logique il revient donc à des sources rappelant beaucoup ses opus de la fin des années 70 et du début des années 70. C'est aussi, parce qu'il a l'âge qu'il l'a et qu'il l'assume parfaitement (comme admirablement chanté sur la magnifique folk ballad Time Is Temporary), que Man & Myth apparait comme un album somme pour un artiste n'ayant plus prévu de faire parler de lui, le baroud d'honneur d'un beau vieux qui sait encore en envoyer (l'envolée de The Enemy, le classic rock Cloud Cuckooland avec Pete Townsend au solo !), tripper comme un damné (la diptyque de clôture, Heaven Is Here/The Exile) ou nous tirer quelques larmes (January Man). Le tableau est complet et particulièrement bien brossé par un line-up compétent et des arrangements gouteux.
Y a pas à mégoter, Man & Myth est un bel album, sans faux-pas, sans faute de gout. Un album à l'ancienne mais pas vieillot. Et dire que Mr Harper a 72 ans ! Forcément l'écoute d'un pareil tour de force, d'une telle vivacité venant d'un homme de son âge étonne, réjouit surtout ! Roy Harper, éternel second couteau, 13 ans de silence depuis le pourtant très réussi The Green Man, est venu, a vu et a vaincu... C'est aussi simple que ça.

1. The Enemy 7:34
2. Time Is Temporary 4:57
3. January Man 4:32
4. The Stranger 5:26
5. Cloud Cuckooland 5:44
6. Heaven Is Here 15:24
7. The Exile 7:55

Roy Harper - guitar and vocals
Jonathan Wilson - banjo, guitar, mandolin, bass and backing vocals
John Fitzgerald - bouzouki,Oud,Bass, Guitar engineering
Pete Townsend - electric guitar
Tony Franklin - bass guitar
Jake Blanton - bass guitar
Richard Gowen - drums and percussion
Omar Velasco - clavinet and mellotron
Jason Borger - keyboard
James King - alto saxophone
Bill Shanley - guitar
Neal Morgan - percussion

ROY HARPER

VooDoo BeaRD
Dr. John "Gris-Gris" (1968)
ou "Le Docteur est Fou !"

Où l'on s'intéresse aux spectaculaires débuts d'un musicien à la carrière longue et fructueuse mais qui n'égala jamais son premier chef d'œuvre. Évidemment, commercialement, cette étrange pièce de musique ne fit pas florès. Il faut dire que cette fusion de blues, de psychédélisme fortement influencée par le culte vaudou n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler de l'easy-listening tant et si bien qu'Ahmet Ertegun, alors patron du label Atlantic l'envoya paître sur le sous-label Atco n'y voyant aucun potentiel. On lui doit même la fameuse saillie "how can we market this boogaloo crap?". Et pourtant, le temps ayant fait son œuvre, Gris Gris est désormais vu comme un des meilleurs albums de son auteur et une galette assurément culte. Alors, si vous avez l'estomac bien accroché ou êtes en quête de sensations fortes, précipitez vous sur ces 33 minutes de folie douce, vous ne serez pas déçus. Chaudement recommandé (si vous ne l'aviez pas encore compris).

1. Gris-Gris Gumbo Ya Ya 5:36
2. Danse Kalinda Ba Doom 3:39
3. Mama Roux 2:59
4. Danse Fambeaux 4:56
5. Croker Courtbullion 6:00
6. Jump Sturdy 2:20
7. I Walk on Guilded Splinters 7:37

Harold Battiste: bass, clarinet, percussion
Dr. John: keyboards, guitar, percussion, vocals
Richard 'Didimus' Washington: guitar, mandolin, percussion
Plas Johnson: saxophone
Lonnie Boulden: flute
Steve Mann: guitar, banjo
Ernest McLean: guitar, mandolin
Bob Frasier, Bob West: bass
Mo Pedido: congas
John Boudreaux: drums
Dave Dixon, Jessie Hill, Ronnie Barron: backing vocals, percussion
Joni Jonz, Prince Ella Johnson, Shirley Goodman, Sonny Ray Durden, Tami Lynn: backing vocals

DR. JOHN

eLeCTRiC BeaRD
Pride & Glory "Pride & Glory" (1994)
ou "New Direction"

Découvert par Ozzy Osbourne qu'il vient de quitter, Zakk Wylde n'a pas été long pour trouver sa nouvelle voix (et voie) comme on l'entend dans le premier et unique album de Pride & Glory, celle d'un aggro metal flirtant avec des racines rock, blues et country qui lui va, en vérité, merveilleusement au teint. Parce qu'ici, Zakk assume d'être un plouc et d'aimer ça, et ça s'entend parce que d'un Losin' Your Mind, sorte de country hard'n'heavy avec son petit banjo et sa lourde rythmique, à la country rigolarde de l'excellent Hate Your Guts final, c'est un Wylde audiblement content d'être là, si bien acccompagné (la section rythmique, composée du polyvalent bassiste James LoMenzo, ex-White Lion et futur Megadeth, tu parles d'un grand écart, et Brian Tichy qu'on aura remarqué chez Stevie Salas, Gilby Clarke ou Billy Idol, font l'excellent travail dont ces deux grand professionnels sont capables). Si bien accompagné qu'il se laisse même aller à des ambitions le rapprochant de Led Zeppelin (The Chosen One) ou à une ballade avec piano et cordes qu'il réussit d'ailleurs fort bien (Sweet Jesus). Parce que si Zakk a de bonnes chansons, une excellente maîtrise de son instrument évidemment, tout ça on le savait de son passage chez l'affreux de Birmimgham, il a aussi une bonne voix bien rocailleuse aussi apte à blueser, rocker, crooner que de faire s'activer les glandes lacrymales. Bref, si Pride & Glory s'arrêtera là, avant de quelque part renaître en Black Label Society, c'est bien d'un album de toute première bourre dont il s'agit, un album qu'on recommande chaudement au amateur de metal infusé roots.

1. Losin' Your Mind 5:28
2. Horse Called War 5:00
3. Shine On 6:44
4. Lovin' Woman 3:46
5. Harvester of Pain 5:06
6. The Chosen One 6:49
7. Sweet Jesus 3:48
8. Troubled Wine 5:39
9. Machine Gun Man 4:56
10. Cry Me a River 4:37
11. Toe'n the Line 5:19
12. Found a Friend 6:03
13. Fadin' Away 4:56
14. Hate Your Guts 4:36

Zakk Wylde – lead and backing vocals, guitars, piano, mandolin, banjo, harmonica
James LoMenzo – bass, backing vocals, double bass, twelve-string guitar on "Fadin' Away"
Brian Tichy – drums, percussion
&
Paul Buckmaster
– musical arrangements on "The Chosen One", "Sweet Jesus", and "Fadin' Away"
Featuring the Seattle Symphony conducted by Paul Buckmaster

ZAKK WYLDE

BaRBaGReC 2
Georges Moustaki "Le Métèque" (1969)
ou "Chanson Poilue"

Bien qu'il appartienne clairement à son époque, le second opus de George Moustaki, sans titre mais souvent appelé Le Métèque, du nom de sa première et plus emblématique chanson, 8 ans après un premier opus qui passa totalement innaperçu (il faudra d'ailleurs attendre 2013 pour qu'il soit enfin réédité), ressemble aujourd'hui à une galette hors du temps, elle qui parait faire écho à une tradition baladine séculaire. Dans les faits, c'est l'heure de la concrétisation après, donc, de longues galères  mais aussi de fructueuses collaborations avec certains artistes en vue (Piaf, par exemple, pour qui il composera Milord, mais aussi Montand, Barbara ou Reggiani) pour cet émigré italo-grec né à Alexandrie, ce Guiseppe Mustacchi débarqué dans l'hexagone en 1951 à seulement 17 ans et dont le choc musical absolu, celui auquel il fera écho jusqu'à la fin de sa vie en mai 2013, sera la rencontre avec un autre Georges, Brassens. Pas qu'on l'entende tant que ça ici, cette influence puisque, outre par l'usage systématique de la guitare acoustique, l'instrument de Moustaki, comme base parce que cet album Polydor, fondamentalement, c'est déjà la créature d'un artiste qui a trouvé son ton dont il s'agit. Un artiste qui s'est engagé, du côté de la contestation évidemment, lors des évènements de mai 68 mais n'en fait pas pour autant de la chanson militante. Non, l'art Moustaki c'est une certaine douceur de vivre, un côté hippie sans vraiment en être avec de jolies chansons en arpèges aux paroles fines et douces, vaporeuses mais pas insubstantielles pour autant... Un petit miracle qui, en vérité, ce qui n'enlève absolument rien au reste de sa discographie souvent de fort belle qualité, ne se reproduira plus lors de la carrière de Georges. Et donc, sans vendre plus avant une galette si réussie qu'elle passa aisément à la postérité, il me reste à vous recommander, seul ou en coffret, ce second Moustaki dont vous me direz des nouvelles !

1. Le Métèque 2:30
2. La mer m'a donné 2:45
3. Gaspard 2:50
4. Voyage 2:15
5. Le Facteur 4:11
6. Natalia 1:55
7. Ma solitude 2:59
8. Il est trop tard 2:40
9. La Carte du tendre 3:01
10. Le Temps de vivre 2:52
11. Joseph 2:25
12. Rue des Fossés-Saint-Jacques 1:29

Georges Moustaki : chant, guitare
Françoise Walch : chant
Raymond Gimenès : guitare
Sylvano : guitare
Alain Goraguer - arrangements et direction musicale
(autres musiciens inconnus)

GEORGES MOUSTAKI

DaNCiNG BeaRD
Johannes Brahms "21 Danses Hongroises" (1982)
ou "Abbado on Brahms"

Pour le dernier opus de ce 5ème volume de ma sélection poilue, je vous propose le commentaire d'un amazonien qui a fait beaucoup mieux que je ne saurais, moi-même, faire, Jean Le Goff :
"Claudio Abbado a enregistré en 1982 les 21 Danses Hongroises de Brahms avec le Philharmonique de Vienne. Au total, le CD comprend 21 morceaux très courts, de 1'16 à 4'08, pour un enregistrement total de 48'16. Plutôt que de danses folkloriques hongroises à proprement parler (la musique populaire hongroise n'a été recensée qu'au début du 20è siècle par Bela Bartok et Zoltan Kodaly), il s'agit plutôt de danses créées ou recréées par Brahms à partir de musiques tziganes ou de compositions traditionnelles hongroises, allant d'une grande exubérance à une atmosphère plus mélancolique.
Les danses 1 à 10 expriment le sentiment de vitalité et de fougue, les suivantes sont plus mélancoliques, correspondant d'ailleurs à deux phases d'écriture successives chez Brahms (la série 1 à 10 a été publiée en 1869, la série 11 à 21 en 1880). La version pour orchestre ici interprétée est la plus célèbre, plus que celle pour piano à quatre mains. C'est une oeuvre romantique puissante, avec des accentuations rythmiques caractéristiques faisant ressortir la « puissance d'éléphant tendre et désespéré » de Brahms selon l'expression d'Antoine Goléa.
Ces Danses Hongroises dans leur interprétation par Claudio Addado font partie de différentes Discothèques idéales en 55, 100 ou 250 CD. Elles sont curieusement ignorées par Roland de Candé dans son ouvrage sur les chefs d'oeuvre de la musique classique. Pour une interprétation plus hongroise des Danses, voir Ivan Fischer, Budapest Festival Orchestra, 1998
"

1. No.1 In G Minor 2:53 
2. No.2 In D Minor 2:35 
3. No.3 In F Major 2:18 
4. No.4 In F Sharp Minor 4:08 
5. No.5 In G Minor 2:16 
6. No.6 In D Flat Major 3:04 
7. No.7 In F Major 1:33 
8. No.8 In A Minor 2:48 
9. No.9 In E Minor 1:36 
10. No.10 In F Major 1:36 
11. No.11 In D Minor 2:25 
12. No.12 In D Minor 2:17 
13. No.13 In D Major 1:35 
14. No.14 In D Minor 1:32 
15. No.15 In B Flat Major 2:40 
16. No.16 In F Minor 2:16 
17. No.17 In F Sharp Minor 2:45 
18. No.18 In D Major 1:22 
19. No.19 In B Minor 1:56 
20. No.20 In E Minor 2:25 
21. No.21 In E Minor 1:16
un streaming de l'album

Claudio Abbado & the Wiener Philharmoniker
 
JOHANNES BRAHMS

Le BoNuS DoNT oN Se SeRaiT BieN PaSSé...
Où le Zornophage se recueille en musique de la disparition d'un mec qu'il n'a jamais personnellement connu mais lui est toujours apparu comme quelqu'un de vraiment cool en plus d'un talent multi-facettes comme on n'en rencontre pas si souvent par chez nous. Or donc, Hubert Mounier nous a quitté le 2 mai 2016 à seulement 53 ans. In memoriam...

FiN D'aFFaiRe
L'Affaire Louis Trio "(Europium)" (1997)
ou "Bouquet Final"

Or, donc, le dernier opus de l'Affaire Louis Trio 'floppa"... Cruelle injustice pour un impeccable album de pop diablement bien troussé. La faute à qui ? La faute à quoi ? Une pochette qui ne donne pas envie ? Sans doute. L'air du temps qui, en 1997, privilégie une génération plus abrasive et frontale ? Il y a de ça. La faute à pas de chance aussi parce que, mes aïeux, quelle galette. Presque 20 ans après, alors qu'on l'aura sans doute remisé non sans l'avoir, à l'époque, moult fois écoutées, on y retrouve que Cleet Boris (Hubert Mounier) était un sacré fomenteur de belles petites chansons malines et addictives, que son frère, Vincent, et leur compagnon de presque toujours, François Lebleu aka Karl Niagara (disparu il y a huit ans déjà) qui suivra d'ailleurs Hubert dans sa carrière solo, font un beau complément d'équipe. On n'oubliera évidemment pas qu'on découvrait ici une jeune pousse qui n'allait pas tarder à faire parler d'elle, Benjamin Biolay responsable des arrangements de cordes et de quelques chœurs graciles, bien joué. Sans rentrer plus dans le détail, en espérant que vous pourrez un jour mettre la main sur l'édition collector, belle boîte métal en forme de gros cachet jaune renfermant, surtout, quatre bonus prolongeant joliment l'expérience, force est de constater que l'Europium de l'Affaire Louis trio est un superbe album pop qu'on recommandera chaudement à tous ceux à qui le genre, vous savez, celui qui a fait de Beatles, influence évidente ici, le plus gros groupe de tous les temps, parle.

Album
1. Le Calendrier Mondial 3:28
2. La Vague 2:58
3. Le Roi de la Fête 3:44
4. Le Palais Idéal 4:27
5. Nouveau Jour 3:44
6. Comme l'Homme 3:00
7. L'Homme Qui A Dit Non à Ava Gardner 2:59
8. Personne 3:44
9. Au Rendez-Vous des Amis 3:19
10. Les Quatre Vérités 3:49
11. Juliette 6:51

Disque Bonus
1. Adam 3:28
2. Le Coup du Siècle 2:34
3. AC/DC 3:14
4.  Une Belle Journée 1:25

Vocals, Backing Vocals, Bass, Guitar – Cleet Boris (Hubert Mounier)
Guitar, Bass – Karl Niagara (Vincent Mounier)
Drums, Percussion, Backing Vocals – Bronco (François Lebleu)
& 
Backing Vocals, String Arrangements – Benjamin Biolay
Backing Vocals – Nathalie Margerit
Cello – Joël Schetzman
Guitar – Jean-Louis Solans
Piano, Synthesizer – Christian Fradin
Saxophone – Alain Guillard
Trumpet – Yvon Guillard
Violin – Elsa Benabdallah, Florent Bremond, Karen Brunon


SoLo Boy
Hubert Mounier "Le Grand Huit" (2001)
ou "L'affaire est dans le sac"

A l'écoute de son inaugural album solo, ceux qui sont familiers du glorieux passé d'Hubert Mounier, une belle brochette de galettes à la tête de l'Affaire Louis Trio, ne seront pas surpris de retrouver la belle écriture pop d'un garçon attachant. Ils ne seront pas non plus surpris d'y retrouver un Benjamin Biolay en principal maître d’œuvre de la réalisation des volontés de son pote avec qui, après tout, il a commencé quelques années plus tôt sur le toujours recommandé si chroniquement indisponible éponyme de fin de carrière de l'Affaire. Pas à dire que ce Grand Huit soit la copie carbone des exactions pop rock du trio, non !, Hubert et Benjamin, et François Lebleu également ex de l'Affaire et ici largement impliqué, on concocté un opus plus léger, plus doux-amer où cordes émouvantes et programmations malines tissent une toile qui sied à merveille aux mots et mélodies d'Hubert. Et justement, puisqu'on évoque les mots et les mélodies, il est temps d'évoquer les chansons de ce Grand Huit, et quelle belle collection d'icelles ! Parce que de la douceur d'une petite pop song électroacoustique d'introduction (Nelson), d'influences trip-hop parfaitement digérées (La Vue sur la Mer), d'un petit tour de manège dynamiquement électro-pop (Le Grand Huit), des sommets pop aériens souvent atteints (comme sur le bien nommé le Grand Ciel ou un Adam emprunté au disque bonus de l'ultime opus de l'Affaire), à une chanson planquée mais tout de même recommandée (La Dernière Chanson), rien ne déçoit et, même, tout émeut parce que cet Hubert-là, s'il reste indéniablement reconnaissable comme le sautillant vocaliste de Chic Planète, a développé une grammaire pop douce, fine et rouée que ne renierait pas, pas exemple, l'excellent Andy Partridge (XTC). Hélas, pour impeccablement réussi que soit Le Grand Huit, et il l'est !, l'album n'aura pas le succès escompté, toute la carrière solo d'Hubert n'aura pas le succès escompté d'ailleurs,  n'en demeure pas moins une galette fort recommandée à ceux qui auront la chance, puisqu'elle est indisponible depuis déjà trop longtemps, de mettre la min dessus. Bonne chasse en espérant, en attendant, que les MP3 fassent l'affaire. Enjoie !

1. Nelson 3:47
2. La Rivière 3:35
3. La Vue Sur La Mer 4:41
4. Le Grand Huit 4:16
5. Depuis Tout Ce Temps 3:31
6. Le Même Ciel 3:39
7. Une Fée 2:35
8. L'Homme De La Jungle 3:32
9. Adam 4:53
10. Et Pourtant 3:22
11. La Nuit La Plus Longue 2:48
12. La Dernière Chanson 5:24

Hubert Mounier - chant, choeurs, guitare, basse
Benjamin Biolay - guitares, programmations, piano, claviers, cuivres, arrangements
François Lebleu - batterie, programmations, claviers, guitare
Laurent Verneray - basse, contrebasse
Denis Benarosh - percussions, batterie
Eric Sauviat - guitares
Boris Jardel - guitare
Erwin Autrique - programmations
Gaëlle Escoffier - voix martienne
Nicolas Tsolis - programmations, claviers, arrangements
Ghislaine Benabdallah, Céline Flanes, Hélène Lenglart, Joan Rouzaud - violon
Catherine Marolo, Dahlia Adamopoulos - alto
Isabelle Sajot, Eric Villeminey - violoncelle