dimanche 3 novembre 2013

Oscar on Broadway

Oscar Peterson Trio "West Side Story/Porgy & Bess" (1959/62)
ou "At the Musicals"


Deux œuvres rendant hommage à deux grands classiques de la musique américaine distante de 3 ans (une éternité pour une formation jazz hyperactive), l'Oscar Peterson Trio, réunies pour leur thème... Un rapprochement bien vu, un beau doublé aussi pour cette édition Verve de 2012.

Bon, on connait Oscar Peterson, pianiste canadien (ben oui !) surnommé le Maharajah du clavier par Duke Ellignton (excusez du peu !), deux-cent et quelques albums à son actif, 8 Grammy Awards (dont un Lifetime Achievement Award en 1997, honneur suprême) pour une carrière d'une soixantaine d'années stoppée par sa disparition en 2007. Un grand, quoi !

L'ordre chronologique n'ayant pas été choisi, c'est la session West Side Story de 1962 qui ouvre le cd. L'album sort peu de temps après le film (qui fut le triomphe que l'on sait), c'est donc une commande, un album opportuniste aussi mais pas inintéressant pour autant parce que Peterson est un soliste inspiré et un arrangeur malin et que sa fidèle section rythmique le suit avec classe, parce que ses versions savent ne pas être trop fidèles aux thèmes de Leonard Bernstein tout en en conservant, évidemment, leurs mélodies si expressives. Mention spéciale au rêveur Somewhere (où Ray Brown sort l'archet), au groove ludique et infectieux de Tonight et à l'irrésistible charme upbeat d'I Feel Pretty sur un album réussi à défaut d'être extraordinaire, un bon Oscar Peterson Trio donc, à défaut d'un grand.

Suit Porgy & Bess, opéra de George Gershwin créé en 1935 dont on sait l'énorme quantité de versions jazz existantes, et le lourd précédent de la version de Miles Davis et Gil Evans un an plus tôt. En 1959, au big band du duo, Oscar préfère l'intimité de son trio, la liberté d'interprétation aussi de thèmes qu'il fait siens. Oscar ne réinvente pas, il n'a pas cette prétention, il s'accapare. Et quel talent en l'espèce ! Son Summertime groove implacablement, son It Ain't Necessarily So itou, mais plus soft. Et quand il se lance dans l'option ballade (sur I Wants to Stay Here ou Oh Bess, Where's My Bess?) il convainc également délivrant des torrents de sensibilité de son doigté expert. Une belle version de 10 thèmes marquants par un trio d'exception, c'est aussi simple que ça. Et un complément au "boombastic" big band du King of Cool, le versant de salon.

Deux beaux albums, un peu plus Porgy & Bess que West Side Story, d'un beau trio de jazz classique typique de son époque... Inusable aussi parce que, parfois, la simplicité a du bon et que simplicité ne veut évidemment pas dire simplisme comme le prouvent Oscar Peterson et ses acolytes.


West Side Story (1962)
1. Something's Coming 3:54
2. Somewhere 5:35
3. Jet Song 7:48
4. Tonight 4:36
5. Maria 4:54
6. I Feel Pretty 4:28
7. Reprise 4:00
Oscar Peterson Plays Porgy & Bess (1959)
8. I Got Plenty o' Nuttin' 6:23
9. I Wants to Stay Here 6:21
10. Summertime 3:50
11. Oh Dey's So Fresh and Fine (Strawberry Woman) 0:54
12. Oh, Lawd, I'm on My Way 2:35
13. It Ain't Necessarily So 4:00
14. There's a Boat Dat's Leaving Soon for New York 7:12
15. Oh Bess, Where's My Bess? 4:55
16. Here Come de Honey Man 1:09
17. Bess You Is My Woman Now 3:29


Oscar Peterson - piano
Ray Brown - double bass
Ed Thigpen - drums

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